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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Richard Brooks
Les Professionnels (The Professionals - Richard Brooks, 1966)

1917.

Quatre hommes. Chacun un pro dans son domaine :

Jack Sharp (Woody Strode), archer ; Hans Ehrengard (Robert Ryan), palefrenier ; Bill Dolworth (Burt Lancaster), artificier ; Rico Fardan (Lee Marvin), représentant en mitrailleuse, et accessoirement chef d'expédition.

Ces quatre hommes sont partis récupérer une femme (Claudia Cardinale, toujours aussi belle !), enlevé par l'infâme Jesus Raza (Jack Palance) à son mari Joseph Grant (Ralph Bellamy).

 

Quel gâchis. Un nombre impressionnant de morts pour quoi ? Une sombre histoire de cornard. Alors qu'on attend de ces héros qu'ils aillent délivrer une frêle jeune femme, presque pure (elle est mariée, alors ça m'étonnerait !), ils se retrouvent embarqués, malgré eux dans un mélo digne du théâtre de boulevard, s'il n'y avait tous ces morts.

 

Et c'est là que Richard Brooks est magnifique. Il brouille les cartes avec brio pour nous emmener dans une aventure mâtinée d'enjeux révolutionnaires. Parce que Rico et Bill sont d'anciens révolutionnaires. Ils ont combattu avec Villa, et même Raza ! Alors cette expédition, c'est un peu une renaissance, un retour aux sources. Chaque lieu réveille un souvenir. Sans parler des gens, Chiquita (Marie Gomez) la première, ancienne maîtresse de Bill (et de bien d'autres !).

 

Mais là encore, c'est un western crépusculaire. Les héros ne sont plus ce qu'ils étaient. Ils ont blanchi (sous le harnais, bien sûr). Cette expédition est plus un adieu au passé qu'un véritable exploit. D'ailleurs, où est l'exploit, quand on étudie le bilan humain ?

Nous assistons donc à un baroud d'honneur. En 1917, l'Ouest sauvage n'existe plus. La civilisation s'est établi partout aux Etats-Unis. Rico arrive au point de rendez-vous en voiture.  Mais il reste le Mexique, pour les aventuriers un tantinet nostalgiques de la grande époque. On retrouve aussi les ingrédients indispensables du western : les grands espaces et la nature hostile, avec une longue séquence dans la Vallée de la Mort qui n'est pas sans rappeler le calvaire de McTeague dans Les Rapaces (1925).

 

Trois ans plus tard, Sam Peckinpah emmènera lui aussi ses bandits de l'autre côté du Rio Grande, dans La Horde sauvage, presque à la même époque (1913).

Mais Brooks fait preuve malgré tout de retenue. Même si le sang coule et que les « bandits » tombent sous les balles, on n'atteint pas le degré de violence de Peckinpah. Brooks ne fait que poser des jalons. Peckinpah continuera et achèvera le travail autour du western crépusculaire.

 

En attendant, ce western se savoure avec gourmandise, comme une douceur sucrée. Il faut dire que le casting pouvait faire rêver les spectateurs de 1968. Même si certains sont vieillissants, les interprètes sont merveilleux. Les quatre professionnels, bien entendu, mais aussi Ralph Bellamy qui est, encore une fois, un beau salaud !

On savoure d'autant plus que le western spaghetti va se fourvoyer et perdre de sa saveur première, et qu'il faudra attendre les années 1980 pour le grand retour du genre au cinéma.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Jean-Jacques Annaud
Le Nom de la rose (Der Name der Rose - Jean-Jacques Annaud, 1986)

Une abbaye retirée, au nord de l'Italie.

Des moines qui meurent, sans raison apparente, sinon surnaturelle.

Un moine franciscain, Guillaume de Baskerville (Sean Connery) et son novice Adso de Melk (Christian Slater).

Et un inquisiteur aussi effroyable que cruel, Bernardo Gui (F. Murray Abraham).

Et malgré tout cela, une question théologique (qui semble pourtant) de premier ordre : le Christ possédait-il ses vêtements ?

 

Du roman théologique d'Umberto Eco, ne reste que quelques rares références : essentiellement l'hérésie dulcinienne, et son cri de ralliement prononcé par Salvatore (Ron Perlman),«  Penitenziagite ». Mais toute la réflexion autour des hérésies a disparu . D'un autre côté, tant mieux, il aurait été difficile de montrer les différentes réflexions sans transformer ce film en documentaire un tantinet indigeste. Le livre - magnifique - ne pouvait être adapté qu'en prenant appui sur l'enquête de Guillaume, racontée par son novice, témoin partial de ce qui se déroule.

Dès l'annonce des personnages, un sonnerie retentit : Baskerville. Tout de suite, c'est Sherlock Holmes qui nous vient à l'esprit, et son aventure (certainement) la plus célèbre : le Chien des Baskerville.

Alors pas étonnant que Guillaume soit un disciple de la raison, usant de déductions et de logique pour résoudre un mystère surnaturel qui ne l'est pas.

Mais au-delà de cette intrigue policière, c'est la reconstitution et le jeu des acteurs qui font la force de ce film.

Nous sommes en 1327, dans une période trouble de la chrétienté, en plein Moyen-Age. D'un côté les moines vivant facilement dans leur abbaye, de l'autre, de pauvres gens vivant des restes de cette même abbaye, balancés comme à des chiens.

Alors quand le légat du pape débarque, la différence est encore plus grande. Cette même différence est d'ailleurs bien montrée quand ces prélats aisés repartent, le légat, à la fenêtre de son carrosse, esquissant des gestes de bénédiction envers des gueux dont il n'a que faire  (son visage traduit très bien cela).

Et puis les acteurs. Une seule femme : la fille (Valentina Vargas). Très belle, avec une plastique très agréable. Mais elle ne parle pas. Ou si peu. On pourrait (presque !) croire que les préjugés et préceptes envers les femmes de l'intrigue ont rejailli sur son rôle !

Pour le reste, deux acteurs dominent cette production.

Sean Connery, en moine ultra-rationnel, à la limite de l'athéisme est formidable. Il a une relation idéale avec son novice : le maître avec son disciple, le tout teinté d'un paternalisme (dans le bon sens du terme), impliquant une affection qui s'exprime à certains moments importants : le soulagement de voir Adso en vie lui suffit. Mais c'est tout ce que Guillaume ne dit pas qui est important. Adso, qui vit une expérience à l'opposé des vœux monacaux en rapport avec la chasteté, est perturbé. Et Guillaume, au lieu de le blâmer, l'écoute et ne le juge pas. Et dans cette période d'obscurantisme, une telle position d'un homme d'église est étonnante.

L'autre acteur qui fait - à mon avis - un numéro extraordinaire est Ron Perlman. Oui, j'ai une grande tendresse pour ce rôle. Salvatore est avant tout un monstre, comme on en trouve dans Freaks. Il est bossu, a une seule dent devant et ne sait pas parler correctement. Le sabir qu'il exprime, mélange des langues dominantes de l'Europe de 1327 (sauf l'Allemand), ajoute à son anormalité. Déjà, dans la Guerre du feu (1982), le précédent film de Jean-Jacques Annaud, il interprétait un homme préhistorique qui se rapprochait plus du primate que de l'homo sapiens. Ici, il est phénoménal. Salvatore, de par sa difformité (physique et morale) est une véritable victime expiatoire, en conformité avec les canons de l'Inquisition, représentée par Bernardo Gui (personnage historique qui a réellement existé).

Et puis il y a les autres : ces moines au physique ordinaire. Pas de bellâtre (ou si peu de temps). C'est une véritable collection de trognes : du bibliothécaire à l'apothicaire, des « gueules », accentuées par des tonsures pas toujours heureuses...

 

Pour le reste, on laisse les puristes râler quant à l'adaptation du livre, et on savoure une belle enquête sur fond de Moyen-Age, avec un Sean Connery - malgré lui - vieillissant certes, mais toujours aussi sexy.

N'est-ce pas, mesdames ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Guerre, #Stanley Kubrick
Docteur Folamour (Dr Strangelove - Stanley Kubrick, 1964)

"Mein Führer, I can walk!" (« Mein Führer, je peux marcher ! »).

Telle est la dernière réplique du film, prononcée par celui qui donne son nom au film, le docteur Folamour (Strangelove - Peter Sellers). Pourtant, Folamour n'est pas un personnage central de l'intrigue. Mais son intervention est une démonstration formidable du talent de celui qui l'interprète : l'immense Peter Sellers.

 

Deux ans après Lolita, Kubrick nous propose une comédie extrêmement grinçante qui renvoie à la sempiternelle question : peut-on rire de tout ?

Pour ce foire, il fait appel à deux acteurs qui ont déjà joué pour lui : en plus de Sellers, c'est Sterling Hayden (L'ultime Razzia, 1956) qui interprète le rôle d'un général paranoïaque (Ripper) qui déclenche le propos de l'intrigue du film.

Le troisième acteur important du film est George C. Scott, qui joue le rôle d'un général de l'Etat-major, qui, s'il n'est pas aussi dingue que Ripper est tout de même un tantinet dérangé...

Mais il faut remettre le film dans son contexte (historique dirions-nous).

 

En 1964, quand le film sort, le cataclysme craint est de l'histoire ancienne, la crise des missiles de Cuba est passée et s'est résorbée favorablement. Il n'en reste pas moins des inquiétudes dans chaque camp, la peur de la bombe atomique étant très répandue dans le monde entier à cette époque. D'où le sous-titre du film : « comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe ».

Il est clair qu'avec un tel film, on peut difficilement s'en faire à ce propos, quand on voit cette bande de fous haut placés s'exciter autour d'un sujet aussi grave.

Mais le comique de la situation est avant tout le fait de Peter Sellers. Comme dans Lolita, il a un rôle multiple. Mais si dans le précédent film, il n'était qu'un seul et même personnage, ici, il en joue trois. Tous différents : Lionel Mandrake (un militaire britannique), Merkin Muffley (Président des Etats-Unis) et Folamour (scientifique allemand qui changea de nom avec sa nationalité).

Mandrake ne peut pas rivaliser de folie avec Ripper, dont il est l'ordonnance, ce dernier étant déjà fortement atteint. Tout comme Muffley qui de par se fonction ne peut pas être un personnage comique. Quant à Folamour, c'est une autre histoire.

 

C'est donc avec Folamour que Peter Sellers se déchaîne en nous montrant un scientifique, lui aussi bien dérangé, qui malgré son origine allemande avérée est tout de même dans la grande Salle de Guerre du Pentagone. Mais c'est surtout pendant ses interventions qu'il atteint un haut niveau comique : alors qu'il annonce des choses importantes, son discours est pollué par son bras droit (dont la main est gantée) qui ne cesse de vouloir se lever. Ce bras, et la main à son bout veulent vire leur vie : se lever pour saluer (le bras) attraper ce qui est à portée, le cou de Folamour, par exemple afin de le serrer (la main). Bref, des réflexes d'un passé qu'il est bien difficile de cacher : Folamour est avant tout un ancien nazi. Un régal !

Parce que malgré tout, dans ce personnage comique, on retrouve certains dignitaires scientifiques du IIIème Reich qui fuirent après la guerre et trouvèrent refuge en Amérique, qu'elle soit du Sud ou du Nord...

Leur connaissance en devant pas être perdue pour tout le monde...

 

Détail ironique final : c'est Vera Lynn qui chante à la fin (We'll meet again, 1939), une chanson pleine d'espoir, symbole d'une après-guerre ensoleillée qui adviendrait quand tout serait terminé...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Guerre, #Jean-Pierre Melville
L'Armée des ombres (Jean-Pierre Melville, 1969)

Sept hommes dans une cellule.

Sept hommes enchaînés.

Parmi eux, Philippe Gerbier (Lino Ventura). C'est le seul qui a des cigarettes. Alors il les partage.

Il n'y en a que six.

 

S'il y a une scène forte dans ce film, et qui donne le ton quant au propos développé, c'est celle-là. Ces hommes sont condamnés. Sans procès. Ils vont mourir. Leur crime : avoir cru en leur pays. Avoir lutté pour leur dignité. Et ces hommes, de parfaits inconnus les uns pour les autres vont partager la dernière cigarette, la bien nommée « du condamné ».

C'est aussi la scène qui introduit la célèbre musique de ce film. Cette musique dramatique qui sera longtemps le générique des Dossiers de l'Ecran sur la deuxième chaîne de télévision française.

 

Après les superproductions internationales glorifiant l'esprit de la Résistance française (Le jour le plus long, Paris brule-t-il ?), après la Grande Vadrouille qui, comme le dit mon ami le professeur Allen John, montrait une France unanimement résistante, Jean-Pierre Melville se penchait sur la « petite » Résistance. Celle des petits, des obscurs, des sans-grades... Bref, celle dont ne parlait pas dans les manuels d'histoire.

Se basant sur un livre de Joseph Kessel, dans lequel ce dernier racontait la vie d'un réseau lyonnais dirigé par Gerbier, Melville nous fait vivre malgré tout une épopée à échelle humaine, agrémentée de souvenirs de sa propre vie dans la Résistance, des gens qu'il y a croisés.

Mais c'est justement en prenant le contrepied des superproductions citées plus haut qu'il nous propose un film vraiment inoubliable.


Alors que la Résistance - De Gaulle est encore président pendant le tournage - est glorifiée un peu partout en France, son symbole étant à la tête de l'Etat, Melville nous décrit des épisodes où les protagonistes sont tout sauf des héros. Ils ont des valeurs. Mais ils sont avant tout humains. Comme le dit Gerbier : la vie est la chose la plus précieuse qui soit. Et c'est pourquoi il se mettra à courir.

Mais la Résistance au jour le jour, ce sont aussi des besognes pas très glorieuses : parmi elles, exécuter un traître. Cette exécution est aussi un grand moment de cinéma. On assiste à la mise en place, puis à la conclusion, quand la tête du mort retombe. Entre les deux, des visages, marqués par l'acte qu'ils commettent.

 

Et il en va du film comme de cette exécution. Tout est suggéré. Rien n'est montré.

Les attaques aériennes ? Un avion éclairé par un projecteur, des explosions dans le ciel, à travers un hublot. Rien de démonstratif.

Tout n'est que suggestion. Les Résistants torturés ? On les voit avant l'interrogatoire puis après. Mais nul besoin de montrer la violence des coups, la cruauté des bourreaux. Seul le résultat compte.

Comme toujours, l'imagination fait le reste, et les effets de ces scènes n'en sont qu'amplifiés.

Et puis il y a l'absurdité de cette guerre. Ce climat de suspicion permanent, de guerre civile, presque, où un frère ne peut pas parler à un autre frère, de peur d'être dénoncé. Et l'absurdité atteint son paroxysme quand on sait que ces deux frères travaillent dans le même réseau.

 

Presque cinquante ans après, ce film n'a pas perdu de sa force. De par ses acteurs (Lino, bien sûr, mais aussi Simone Signoret, Paul Meurisse ou Paul Crauchet, pour ne citer qu'eux) et la maîtrise immense du metteur en scène. Et puis aussi par la simplicité de cette histoire. Ces hommes et ces femmes qui se sont soulevés et ont essayé, à leur échelle, de combattre une armée d'occupation, ainsi que d'autres Français qui avaient choisi, eux, la facilité.

 

Alors en des temps troublés comme ceux qu'on vit en ce moment en France, il est bon de revoir un tel film, et se souvenir que certaines idées valent le coup d'être défendues, et d'autres combattues.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Yates, #Fantastique
Les Animaux fantastiques (Fantastic Beasts and where to find them - David Yates, 2016)

Qui ne connaît pas Newt Scamander (Eddie Redmayne) ?

Tout bon élève qui est passé à Hogwarts - ou qui y étudie encore - connaît l'auteur du livre incontournable Vie et Habitat des animaux fantastiques (Fantastic beasts and where to find them), utilisé par tout bon professeur de Soins aux créatures magiques.

Mais malheureusement, aucun de nous n'est étudiant à Hogwarts, ni n'a effectué sa scolarité là-bas... Nous ne sommes que des « Moldus » (Muggles)...

Donc, Newt Scamander.

Il débarque à New York, en 1926, alors que des phénomènes étranges se passent : il semble que des forces occultes sèment le chaos partout où elles passent...

Newt, lui, a une valise. Dans cette valise, des créatures magiques.

Parce que Newt Scamander est un sorcier...

 

Presque dix ont passé depuis le dernier opus de la saga Harry Potter, et il faut l'avouer, l'univers merveilleux imaginé par J. K. Rowling manquait beaucoup à ses lecteurs. Mais depuis que Voldemort est trépassé, il n'y avait plus grand chose à faire.

Alors, comme on fait toujours au cinéma, on va voir dans le passé. On prend un élément de la série (heptalogie ?) et on développe. Comme dans la série de la Guerre des étoiles.

Mais il n'était pas question de reprendre une intrigue à Hogwarts : « déjà vu », comme disent les anglophones. Quel serait l'intérêt de revoir le même genre d'aventures où un personnage découvre cette fameuse école de sorcellerie... ?

De plus, et pour appliquer un précepte indispensable du cinéma : il faut un vrai, un bon gros méchant. Plus il sera réussi, et plus ça marchera. Alors on cherche, et fatalement, on trouve celui qui peut nous amener une autre histoire amenant un déséquilibre - non pas dans la Force, mais dans la Magie ! - Gellert Grindelwald. Il est mentionné dans Harry Potter et les Reliques de la mort (tome 7 de l'épopée), et semble un prédécesseur digne de Voldemort.

C'est donc parti pour une nouvelle série de films, où l'intrigue se situe dans l'entre-deux-guerres.

C'est aussi l'occasion de découvrir de magnifiques créatures échappées de l'imagination de J. K. Rowling, surpassant de loin les quelques hippogriffes et dragons de la série première. La visite de l'intérieur de la valise de Scamander est une véritable féérie. On fait un véritable rêve éveillé. On pense aussi au Bon gros Géant de Spielberg, dans la façon de créer ce rêve. Mais David Yates, lui, nous propose un film beaucoup plus violent, beaucoup plus habité par le Mal que Spielberg.

C'est un déferlement d'images choc dans les rues de New York. Et si les sorciers réparent tous les dégâts, il n'en reste pas moins des images apocalyptiques du New York des Roaring Twenties. Avec, en prime, des références au Volstead Act (amendement interdisant la consommation d'alcool entre 1919 et 1933 aux Etats-Unis) qui montrent que finalement, les sorciers sont des humains comme les autres et que de temps en temps, ils ne rechignent pas à lever le coude si l'occasion se présente (et encore plus si c'est interdit !).

Alors en route vers une nouvelle saga qui devrait nous emmener, si je ne m'abuse (comme dirait le docteur), à la deuxième guerre mondiale et faire apparaître un jeune Albus Dumbledore.

 

A suivre, donc...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Charlot dans le Parc (In the Park - Charles Chaplin, 1915)

Au parc, sous le soleil.
Un couple d'amoureux (Leo White & Leona Anderson), une nurse (Edna Purviance*) et son gentil fiancé (Bud Jamison), un pickpocket (Lloyd Bacon)...

Et un vagabond (Charles Chaplin) !

 

Tout est en place pour un après-midi bucolique, s'il n'y avait ces deux derniers personnages. Parce que le vagabond, même si c'est Chaplin qui l'interprète, n'est pas un individu très fréquentable : il n'a aucun scrupule à fouiller le pickpocket qui lui fait les poches !

C'est aussi un homme sans véritables manières, prenant des privautés assez inconvenantes envers la jolie nurse... Bref, ce n'est pas encore quelqu'un de très fréquentable.

Autour de lui, on retrouve Leo White à nouveau souffre-douleur du vagabond, avec les incontournables gags autour de son chapeau (comme dans Charlot fait la Noce) ; ainsi que Bud Jamison qui, cette fois-ci n'a rien de l'athlète qu'il interprétait dans Charlot Boxeur . Il joue le rôle d'un gentil gros, amoureux de la belle nurse. Son interprétation - et surtout ses déplacements - nous font penser à un gentil gros qui travaillait en même temps que Chaplin, un petit peu plus loin, pour la Keystone : Roscoe Arbuckle.

C'est aussi sur lui que marche le vagabond, une fois qu'il est assommé (autre passage comique obligé)...

Encore une fois, c'est un festival de coups de pieds au derrière, genre toujours comique, si j'en juge par les réactions de ma chère fille (12 ans), qui s'amuse toujours autant de ces facéties.

Parce que, comme le dit Anselme Debureau (Etienne Decroux) dans Les Enfants du Paradis : « Un coup de pied, quand il est bien donné, peut faire rire le monde entier » (Jacques Prévert).
En même temps, on observe avec attention les expériences de Chaplin qui engrange les gags, essaie de nouvelles choses, avec ce souci perfectionniste que nous lui connaissons : des mains qui fouillent, une bouche ouverte, des briques qui gisent... Autant d'occasions de nous faire rire.

 

Alors on rit, et de bon cœur.

 

*Cette fois encore, pas de baiser. Juste une accolade...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Charles Vidor
Gilda (Charles Vidor, 1946)

Buenos Aires, 1945.

Johnny Farrell (Glenn Ford), infatigable joueur (et par là même un tantinet tricheur...) vient de débarquer.

Et si le secret du succès, c'est d'être au bon endroit au bon moment, alors Johnny n'a aucune chance : Il n'est ni au bon endroit, ni au bon moment.

Et pourtant : c'est là qu'il rencontre Ballin Mundson (George McReady) qui lui sauve la vie ; là que Mundson l'embauche dans son casino dont il va vite devenir le gérant ; là qu'une vie aisée s'offre à lui.

Mais c'est là aussi qu'il rencontre Gilda (Rita Hayworth). La femme de Mundson.

Elle est belle. Elle est sensuelle. Elle fut à lui. Avant. Dans une autre vie...

 

Elle est belle. Elle chante. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte de longs gants, noirs eux aussi, qu'elle enlève avec sensualité... Un nouveau mythe cinématographique vient de naître.

Il faut attendre le dernier quart d'heure pour la voir enfin dans sa robe noire, gantée de noire et chanter Put the Blame on Mame. Mais au vu du résultat, l'attente n'est qu'un détail. Elle a beau être doublée (par Anita Ellis) à ce moment là, le charme agit totalement. La pâleur de sa peau contraste avec le noir de sa robe, lui conférant une virginité virtuelle (elle est mariée, ne l'oubliez pas). Cette innocence virginale s'effaçant quand doucement elle ôte son gant droit...

 

Nous sommes dans un film noir. Noir comme les âmes des protagonistes, noir comme la photographie de Rudolf Maté, qui joue avec la pénombre avec beaucoup de maîtrise. Ce sont régulièrement des prises en contre-jour où des visages dans l'ombre qui donnent à ce film une dimension inquiétante tout du long. Même les premiers échanges visuels entre Gilda et Johnny sont noirs : se retrouver dans cette situation est inattendu et dérangeant.

S'ensuit un pas de deux entre Gilda et Johnny pendant lequel la haine et l'amour se mêlent intimement vers un dénouement qui ne peut pas être heureux. L'amour et la haine sont deux sentiments très forts, mais aussi très proches : on ne peut haïr que ce qu'on a aimé. Et vu le degré de haine que transmettent les deux protagonistes, on se dit qu'ils se sont énormément aimés...

 

En parallèle de cette histoire d'amour/haine, une intrigue autour d'intérêts financiers avec un élément politique très actuel (en 1945-46) : la fin de la guerre contre l'Allemagne est célébrée au casino, bien entendu, mais deux curieux personnages font leur apparition dans cette Argentine bien éloignée de l'Europe. Ce sont deux Allemands dont les liens avec l'ancien régime nazi ne sont pas occultés. Sont-ils des criminels de guerre ? On ne le saura pas, et ce n'est pas le propos du film. Mais il est étonnant de voir que six mois plus tard, Hitchcock propose une autre histoire qui se passe en Amérique du Sud (Brésil, cette fois-ci), où certains protagonistes sont bel et bien des anciens criminels de guerre nazis (Notorious)...

 

Mais revenons à Rita Hayworth. Sa silhouette, sa voix juste assez grave pour être sensuelle font d'elle une Gilda inoubliable.

Un sex-symbol est né.

Près de dix ans après, une autre bombe sexuelle va s'imposer. Elle aussi aura une silhouette inoubliable et saura chanter : Marilyn Monroe.

Mais, là encore, c'est une autre histoire...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science Fiction, #James Cameron
Terminator 2 : Le Jugement dernier (Terminator 2: Judgment Day - James Cameron, 1991)

Il est de retour : « I'll be back », avait-il dit dans le premier épisode.

Cette fois-ci encore, il n'est pas seul.

Un autre Terminator a débarqué, et celui-ci n'a rien de commun avec le modèle (T-800 - Arnold Schwarzenegger) que l'on connaît déjà.

C'est un T-1000 (Robert Patrick), composé de métal liquide et qui lui permet de prendre la forme de tout ce qu'il touche.

Cette fois-ci, les deux Terminators sont encore à la recherche de Connor. Mais ce n'est plus Sarah, l'enjeu, c'est son fils John (Edward Furlong), le futur leader de la Résistance aux Machines, en 2029.

 

Encore plus fort.

En sept ans, beaucoup de choses ont changé, et surtout les effets spéciaux. James Cameron utilise (avec brio) le morphing pour tous les changements du T-1000. C'est un régal pour les yeux, doublé d'une certaine fascination devant ces changements qui paraissent si « naturels »...

Et puis les ingrédients qui ont fait le succès du premier sont là : fusillades, poursuites en voiture ET moto, structure interne du Terminator (son « squelette »...).

Parlons tout de suite du petit souci :

- Le film sort en 1991 ;

- il est censé se passer en 1994 ;

- En comptant la gestation suite à la fécondation en 1984, on arrive logiquement à une naissance  en 1985 ;

- John Connor ressemble plus à un ados de 13 ans (l'âge d'Edward Furlong pendant le tournage) qu'à un gamin de 9 ans.

Mais comme le dit Fillon : « et alors ? », et comme l'a montré Tex Avery : au cinéma, tout est possible. Alors ne boudons pas notre plaisir.

 

Le film est bourré de clins d'œil au premier opus (si vous avez la flemme de le voir, et que vous parlez anglais, allez sur IMdB), mais ce sont surtout plusieurs éléments autour du robot qui sont frappants :

- l'œil du robot, à nu, avec sa rétine lumineuse, signe de vie, revient encore ici dans la scène de l'affrontement final (sans oublier qu'il le protège (encore une fois) avec une belle paire de lunettes de soleil ;

- le bras gauche du robot, qu'il répare dans le premier et que cette fois-ci il dénude afin de révéler sa nature à l'ingénieur Dyson (Joe Morton). C'est ce bras qui est à l'origine de cette suite et des suivantes, même s'il semble qu'aucune suite n'est possible.

A ce propos, il était couru d'avance que des suites arriveraient, avec un budget toujours plus important : on ne tue pas la poule aux œufs d'or. Mais il est bien dommage de ne pas avoir laissé en suspens l'incertitude de l'avenir des Connor. Que voulez-vous, « bizness is bizness » comme on dit...

 

Mais l'intérêt de ce film réside tout de même dans les Terminators, surtout l'ancien modèle qui vient protéger mais se retrouve malgré lui dans une situation d'apprentissage. On se réjouit de son évolution, humanisée (il ne tue plus), mais surtout langagière.

Mais on peut tout de même regretter la disparition de la boucle temporelle : à la fin du premier, les machines ont perdu, puisque c'était leur dernière tentative de prendre le dessus sur les hommes qui allaient l'emporter. Le télescopage de deux époques, qui faisait le sel du premier à disparu, malgré les références (plus lointaines) à cet avenir puisqu'il devient incertain.


Je terminerai sur un détail amusant : à deux reprises, des personnages rencontrent leur « double » (reproduit par le T-1000). Mais malgré la débauche d'effets spéciaux, il n'y a eu aucun trucage : ce sont tout bonnement des jumeaux (Don & Dan Stanton) ou des jumelles (Linda et Leslie Hamilton) qui se font face...

 

Etonnant, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fritz Lang, #Western
Les Pionniers de la Western Union (Western Union - Fritz Lang, 1941)

Un homme seul, poursuivi. Vance Shaw (Randolph Scott)

Un autre homme, blessé. Edward Creighton (Dean Jagger).

Une rencontre.

Creighton travaille pour la Western Union (d'où le titre) afin d'établir la ligne télégraphique entre Omaha et Salt Lake City, afin de relier l'Est et l'Ouest des Etats-Unis.

Alors Shaw rejoint l'expédition : c'est une façon de se mettre à l'abri de ses poursuivants.

Mais d'autres poursuivants viennent tourmenter la Western Union : Jack Slade et sa bande de renégats, bande dont Shaw fut autrefois membre...

 

Un an après le Retour de Frank James, Fritz Lang nous offre un nouveau western. Inspiré du roman de Zane Grey Western Union (1939), il raconte comment le télégraphe a pu relier l'est et l'ouest, alors que les Etats-Unis vivaient leur terrible Guerre Civile. Edward Creighton a réellement existé et dirigé la construction de cette ligne télégraphique. Autour de Creighton, on trouve toute une clique de personnages pittoresques qui semblent tout droits sortis de d'un western de John Ford : entre l'ancien trappeur qui fut scalpé par les Indiens "et le cuisiniers pas très courageux et à qui il arrive toute sorte d'épisodes comiques... Et bien entendu, la jeune et jolie fille (Virginia Gilmore) - sœur de Creighton (!) - que Vance Shaw et Richard Blake (Robert Young) courtisent.

Mais c'est Shaw qui est certainement le personnage le plus languien.

 

C'est un homme seul, qui, à un moment de sa vie, a fait les mauvais choix, et essaie de vivre, faute de pouvoir réparer ces erreurs. Mais même s'il n'est pas un enfant de chœur, il ne peut pas laisser un homme mal en point seul : voilà pourquoi il aide Creighton blessé, et le retrouvera pour cette aventure autour du « fil qui chante ».

Mais rapidement il est rattrapé par son (lourd) passé et ne peut échapper à son destin.

 

Quoi qu'il fasse, ses vieux démons reviennent le hanter. Mais ces démons sont bel et bien réels : Jack Slade et ses sbires - ses anciens « associés » - eux non plus, ne sont pas des enfants de chœur. Ils sont même plus que cela pour Shaw. Et tant que ces tristes personnages seront dans les parages, Shaw ne pourra pas tourner la page, ni évoluer. Il y a chez Shaw un peu d'Eddie Taylor (You only live once, 1937) : cet homme sans cesse hanté par son passé criminel et qui, malgré ses tentatives pour se ranger, est rattrapé par sa faute originelle, celle qui le marquera indélébilement et l'empêche d'accéder à une quelconque rédemption, sinon par la mort.

Quant à savoir si le sort de Shaw est plus favorable que celui d'Eddie, il faut voir le film.

 

Et puis ce film est aussi un bon complément de l'album de bandes dessinées de Lucky Luke par Morris & Goscinny : Le Fil qui chante. Il raconte la même sorte d'expédition, mais dans l'autre sens, entre Carson City et Salt Lake City. Cette BD s'inspire bien entendu du film, reprenant, à sa façon, certains épisodes, comme les pourparlers avec les Indiens pour savoir si le « fil qui chante » est, oui ou non, une « bonne médecine » !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Alice Guy
La Fée aux choux (Alice Guy, 1896)

Un jardin, délimité par une grille.

Dans ce jardin, des choux. Certains avec des têtes qui dépassent.

Une femme - une fée - au milieu...

Cette femme, c'est Alice Guy.

Nous sommes peu de temps après le train de la Ciotat des frères Lumières.

Et déjà, les fictions s'imposent.

Et en plus, c'est une femme !

Alors Alice Guy se filme amenant des naissances... Normal, c'est la fée des choux.

Elle se penche et un bébé apparaît. (A priori ce ne sont que des garçons : les filles, c'est bien connu, naissent dans des roses !)

C'est magique. Les enfants apparaissent...

 

Et puis il y a eu polémique.

Une histoire de date, de tournage et tout le toutime...

Il est étonnant de remarquer que pour les hommes, on évite toujours les controverses...

Alors appréciez ce film pour ce qu'il est : le premier d'une femme qui se fera (difficilement, finalement) un nom dans le cinéma.

Appréciez ces naissances quasi miraculeuse (on est au cinéma, en vrai, ça ne se passe pas exactement comme ça !) grâce à cette bonne fée.

Nous passons, avec ce film à des fictions : les frères Lumières nous laissaient voir des tranches de vie, des événements on ne peut plus réalistes.

Alors laissons-nous emporter par ce film merveilleux (dans tous les sens du terme), et je dédie un mot de cinq lettres aux censeurs qui n'ont pas su voir que le cinéma, c'était aussi ce que proposait Alice Guy : des histoires qui n'étaient pas du tout réalistes mais permettaient (déjà) d'emmener le spectateur dans un autre univers, de rêver...

Bienvenue au cinéma...

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