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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan trouve un Fils (Tarzan finds a Son! - Richard Thorpe, 1939)

Un avion survole la « jungle ». Je sais, en Afrique, il n'y a pas de jungle, on dit la savane, tout comme il n'y a pas de Tigre, n'en déplaise à Jane). Il n'empêche, il y a bien un avion qui survole cette partie de l'Afrique. A son bord, le futur Lord Greystoke (Morton Lowry), sa femme (Laraine Day) et leur héritier.

Mais des turbulences surviennent et l'avion s'écrasent. Le silence s'installe, rapidement troublé par les cris du seul sur vivant : le fils (moins d'un an). Ce sont les chimpanzés qui le découvrent et l'emmènent à Tarzan (l'immuable Johnny Weissmuller).

Tarzan est intrigué : pensez donc, un bébé. Il n'en a jamais vu sans poil. Mais rapidement, il s'apprivoisent l'un et l'autre, et comme le dit Jane (Maureen O'Sullivan, toujours aussi belle) : « Le roi a un fils ! »

Cinq ans plus tard, un nouveau safari débarque dans la province de Tarzan : ce sont les Greystoke, à la recherche d'un éventuel survivant du crash de l'avion...

 

Trois ans après le (très) moyen Tarzan s'évade, Richard Thorpe retente l'aventure d'adapter Tarzan. Et cette fois-ci, on se dit qu'il recolle au roman de Rice-Burroughs : un bébé recueilli par les singes après la mort de ses parents. Et en plus, c'est un héritier Greystoke...

Mais non. Rapidement, le bébé est refilé à Tarzan (jeté par Cheetah) pour la plus grande joie de Jane. Mais si le début rappelle le récit fondateur du mythe Tarzan, rapidement, Thorpe retourne aux codes de la série : un safari de blancs avec porteurs noirs ; une sombre histoire de profit ; les animaux des documentaires de la MGM ; et, bien entendu, une tribu (les Zambeles) hostile et cruelle qui tue ses prisonniers pour en faire des sortes de poupées réduites, après un rituel sanglant.

Cette fois-ci, ce sont deux méchants que nous avons : des parents du jeune Greystoke, attirés par l'héritage de cet enfant en Angleterre. Mais comme toujours, le plus méchant sera châtié, après destruction du village des Zambeles par une horde d'éléphants. Rien que de très normal.

L'intérêt, comme la vérité, est ailleurs : la famille de Tarzan s'agrandit.

Depuis cinq ans que le Code Hays est en vigueur, Thorpe bouscule l'ordre établi en balançant dans les bras de Tarzan un fils littéralement tombé du ciel. Or, nous savons que ce fameux Code réprouvait toute union hors mariage. Et Jane a beau prétendre que Tarzan est son mari, il n'y a pas eu de cérémonie le prouvant. Quant à un écrit, n'y pensons même pas. Ils vivent ensemble « maritalement », comme on dit de nos jours, mais pas comme l'entendaient les tenants de l'ordre moral de l'époque. Avec l'arrivée de cet enfant dans la série, c'est un tabou qui est envisagé : la relation charnelle entre Jane et Tarzan. En effet, depuis le temps qu'ils vivent ensemble, et comme Jane présente Tarzan comme son mari, on peut raisonnablement imaginer qu'ils ne font pas que dormir ensemble... Il semblait logique qu'un enfant naisse de cette union.

Mais, pas de ça dans le cinéma hollywoodien de 1939 ! Alors on fait tomber du ciel un bébé, et le tour est joué. Bien joué, monsieur Thorpe !

Pour le reste, c'est un épisode qui suit un schéma bien rôdé, même si cette fois-ci aucun porteur ne tombe dans le ravin lors de l'escalade du Mutia. Mais ce sont tout de même les Noirs les premiers sacrifiés par les Zambeles.

Et puis les traversées de rivière se font toujours avec des crocodiles alentours, et cette fois-ci, pas de bête féroce dans le tableau de chasse de Tarzan : seulement quelques mygales pas vraiment rapides, alors pas étonnant qu'elles soient éliminées.

Malgré tout, on ne peut s'empêcher de remarquer le côté déjà vu du film. Surtout pour nous, plus de soixante-quinze ans après sa sortie, qui pouvons voir et revoir cette série quand bon nous semble. N'oubliez pas que les spectateurs ont attendu trois ans pour voir cette nouvelle aventure (réjouissante). Et cette fois-ci, l'attente fut récompensée.

 

Malgré tout, il va falloir trouver autre chose pour relancer la série.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan s'évade (Tarzan escapes - Richard Thorpe, 1936)

C'est James McKay qui devait tourner le film, en 1935. Une fois terminé, la MGM a décidé que ça n'allait pas. Alors on a demandé à John Farrow de recommencer. Mais c'est finalement Richard Thorpe qui signe le produit fini.

Et quel produit ! On retrouve les ingrédients des films précédents : safari, tribu hostile et cruelle, méchant fourbe (châtié bien entendu à la fin) et animaux en pagaille (la plupart du temps des images prises sur des films documentaires de la MGM), qui contribueront au sauvetage final, comme à l'habitude.

 

On commence avec l'arrivée d'Européens, encore une fois, mais ceux-ci ont un nom qui ne nous est pas étranger, ce sont Rita et Eric Parker (Benita Hume et William Henry), les cousins de Jane (Maureen O'Sullivan, toujours là, et toujours belle). Ils sont venus la chercher pour une sombre histoire d'héritage. Pour les accueillir, un drôle de petit bonhomme, Rawlins (Herbert Mundin) qui est associé au « chef blanc » du coin, le capitaine Fry (John Buckler, malheureusement décédé peu de jours avant la sortie du film). Fry est le nouveau méchant, un mélange de Holt (Tarzan l'Homme singe) et Arlington (Tarzan et sa Compagne). Lui aussi a le réflexe de fouetter les Africains (noirs) quand ils ne veulent plus avancer. Et tout ce beau monde porte de magnifiques casques coloniaux.
Amis ce film possède tout de même quelques nouveautés :

- Jane est habillée. Finies, les peaux de bêtes qui la couvraient à peine. Cette fois - code Hays oblige - elle porte ce qui ressemble à une jupe (avec entrejambe), et pendant la (courte) séquence sous l'eau, il na pas été question de l'enlever.

- Tarzan a un mot de passe sensationnel : « Ungawa ». A peine entendu dans l'épisode précédent, il en fait un usage fréquent dans cette nouvelle aventure. C'est un mot très pratique puisqu'il signifie aussi bien « va-t-en », « allons-y », ou encore « remonte l'ascenseur s'il te plaît ».

- Tarzan et Jane ont une maison. Pas une villa, mais une habitation dans les arbres, dans le plus pur style Robinson Suisse, avec eau courante (qu'on fait monter de la rivière en bas par des bambous creux, et l'ascenseur précédemment mentionné, actionné par un éléphant.

Bref, la vie sauvage de Jane s'est grandement améliorée.

Mais pour le reste, nous assistons à une nouvelle aventure, proche des deux précédentes dont les variantes sont la cruauté de la tribu hostile : une nouvelle façon de tuer les porteurs noirs, les éléments blancs étant à chaque fois épargnés.

Et puis il y a Rawlins. C'est lui qui donne le ton comique au film. Il vole la vedette à Cheetah. Il est petit courageux de loin voire un tantinet lâche,  mais sait apprécier Tarzan à sa propre valeur. Une réussite.

Enfin, il y a le Code Hays. Quand le film sort, cela fait deux ans que les puritains ont commencé à réglementer le cinéma. Pourtant, ce même Code, à cheval sur la morale et la décence, ne relève pas un élément qui pouvait passer pour scandaleux à cette époque : Tarzan et Jane dorment sur un même lit. Tout d'abord, ce n'est pas un vrai lit, mais plutôt des peaux de bêtes disposées sur le sol, et même si nos deux héros dorment dans une maison (rudimentaire tout de même), il n'était pas possible d'y caser les deux lits jumeaux qui fleurissent dans les films des années 1930 : Jane explique qu'ils ont des nids un peu partout dans la « jungle » pour dormir ; et du point de vue de la vraisemblance de l'intrigue, ces deux accessoires auraient tout de même fait déplacés.

Reste un film tout de même mineur par rapport aux deux premiers, mais Thorpe prenait ses marques avant de tourner le suivant, qui sortira trois ans plus tard...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #László Nemes
Le Fils de Saul (Saul Fia - László Nemes, 2015)

Terrible.

Le film s'ouvre sur un paysage vert. Flou. Une ombre s'approche jusqu'à se distinguer. C'est un homme à la lèvre tuméfiée. Il est marqué. Il est fatigué. Il s'appelle Saul (Géza Röhrig). Il est juif. Il accompagne un groupe. Il croise un soldat. C'est un Allemand. Il continue son parcours avec son groupe. Ils entrent dans un bâtiment. Une voix annonce qu'il faut se déshabiller pour aller prendre une douche. Alors Saul aide ceux qu'il a accompagnés.

La porte se ferme. Les occupants frappent à la porte. Saul et ses compagnons commencent à rassembler les effets de ceux qui sont dans la « douche ».

Saul fait partie d'un commando spécial (Sonderkommando). Il s'occupe de vider puis nettoyer les chambres à gaz.

Et puis un jour, on trouve un rescapé quand on nettoie. C'est un jeune garçon. Saul le reconnaît tout de suite : c'est son fils. Dès lors, il  n'aura de cesse de trouver un rabbin afin de l'enterrer dignement.

 

La recette du succès, c'est d'être là au bon endroit, au bon moment.

Saul est toujours au bon moment. Mais jamais au bon endroit.

Déjà, il est à Auschwitz. L'espérance vie d'un élément des Sonderkommandos est de quelques mois. Nous sommes en octobre 1944. Si près, et pourtant si loin de la fin de la guerre.

Dès le début, László Nemes prend le point de vue de Saul. Nous allons le suivre, et seulement lui. Tout est flou alentour. Seul son visage et le haut de son buste nous importent - de face, de profil, de dos -, ainsi que ceux qui gravitent assez près de lui. De temps en temps, Saul devient flou pour laisser place à la réalité : celle des camps de concentration, et entre autres les exécutions.

Pour le reste, c'est Saul qui nous intéresse.

Il est normal que le monde alentour soit flou : Saul est seul (quand on meurt, on est toujours seul), il ne doit penser qu'à sauver sa propre peau. Il n'y a pas de place pour l'altruisme. Parfois la solidarité, mais pas plus. Chacun est un mort en sursis, alors on n'a pas le temps, ni le devoir de s'attacher.

Alors Saul évolue dans cet univers - ô combien - hostile, à la recherche d'une chimère : un rabbin, un vrai.

Il y en a un, un officiel - rabbi Frankel (Jerzy Walczak) -, qui veut bien réciter un kaddish, mais pas plus. Alors Saul guette chaque nouvel arrivage à la recherche d'un autre rabbin « parmi les morts ».

 

Saul est - malheureusement pour lui - toujours « au bon endroit ». Il suit toutes les étapes de l'entreprise de mise à mort des Juifs : de l'arrivé à la dispersion des cendres dans la rivière proche. Il est là quand les « morts » arrivent, les accompagnent jusqu'aux « douches » puis nettoie les traces de leur « passage ». Il est là aussi quand l'officier allemand décide de renouveler ce Kommando. Il faudra se débarrasser de ceux qui le constituent. Il est aux premières loges aussi quand les prisonniers décident de se révolter. Il va suivre tous les faits marquants du camp, mais toujours dans sa propre bulle. Tout le reste semble irréel. Seul compte son fils et sa sépulture. Et Ella (Juli Jakab) : son ancienne femme ? La mère de son fils ?

Mais Ella l'est n'est qu'une apparition fugace. A-t-elle seulement existé ? Le paquet qu'elle lui a remis a disparu quand il doit le livrer.

On ne le sait pas.

Et puis il y a l'exclamation, par deux fois, du rabbin Frankel : « tu n'as pas de fils ! »

Saul jure que si, que c'est sa vie d'avant. Et il s'accroche à cette idée, à cet espoir jusqu'au bout. Jusqu'à la séparation inévitable : un baptême mortel.

 

Et puis on sait.

A la fin, on sait qui était le « fils de Saul ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cedric Gibbons, #Tarzan
Tarzan et sa Compagne (Tarzan and his Mate - Cedric Gibbons, 1934)

Un an a passé.

Harry Holt (Neil Hamilton) est retourné à son commerce. Il pense toujours à Jane (Maureen O'Sullivan). Cette fois-ci, il accueille son vieil ami Martin Arlington (Paul Cavanagh) afin de partir avec lui récupérer l'ivoire du cimetière des éléphants grâce à Tarzan (Johnny Weissmuller).

On assiste alors au départ d'une nouvelle expédition (avec plus d'hommes, surtout armés). Mais Harry ne compte pas seulement récupérer de l'ivoire. Si Jane pouvait revenir avec lui...

 

Ce deuxième opus, - avec Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan - est construit comme le premier : même objectif (l'ivoire) ; même genre d'expédition ; même itinéraire ; encre des porteurs qui tombent dans le ravin ; et encore une tribu hostile. Cette fois-ci, ce sont les Mangeurs de Lion. Enfin c'est comme ça que les appelle Tarzan. Et, bien entendu, une nouvelle charge d'animaux.

Ce qui change, c'est le ton utilisé. Ce n'est plus van Dyke, mais Cedric Gibbons, le responsable des décors de la MGM. Il sera par la suite remplacé par Jack Conway (qui n'apparaît pas dans le générique). Cet épisode de Tarzan est plus dur que le précédent. Si Harry Holt a perdu de sa méchanceté - il n'y a pas autant de scène de fouettage des porteurs noirs - son acolyte Arlington est un individu peu recommandable : coureur de jupon invétéré, il ne recule devant rien pour arriver à ses fins : il tente de séduire Jane puis essaie de tuer Tarzan. Rien que ça ! Mais la morale sera sauve, il sera châtié de sa méchanceté.
Puisqu'on parle de morale, je ne peux m'empêcher d'évoquer la séquence de bain qui fut retrouvée et remontée dans la version actuelle : Tarzan et Jane décident d'aller se baigner. Tarzan jette Jane à l'eau mais sa robe se prend aux branches et y reste accrochée. S'ensuit un ballet nautique dans lequel Tarzan se baigne avec une Jane totalement nue* ! Et ça dure, et ça dure !

Bien entendu, cette séquence - qui dormait dans les coffres de la MGM avant d'être (re)découverte - fut censurée et retirée lors de l'application du code Hays. Une autre version avait été filmée avec la jeune femme en costume deux pièces, et encore une autre sans le haut. Il va sans dire que ces deux autres versions connurent le même sort.
A propos du code Hays et de ses conséquences : le costume de Jane - parfois très lâche, ne permettant pas seulement d'imaginer (!) - va considérablement évoluer dans le prochain épisode. Ici, elle porte un deux-pièces plus que suggestif. La prochaine fois, ce sera ce qui ressemble le plus à une robe tout en permettant à Jane de garder son côté sauvageonne.

Pour le reste, Gibbons et Conway déroulent selon le modèle de van Dyke et finalement, peu de surprises. Tarzan acquiert du vocabulaire et ajoute d'autres animaux à son tableau de chasse : un rhinocéros et un crocodile. D'ailleurs, nul ne peut tomber dans une rivière ou essayer de la traverser sans faire venir ces mêmes crocodiles. C'était le cas avec van Dyke, il en va toujours de même ici.

Et Cheeta ? Fidèle à lui-même : un peu d'élément comique, et une aide précieuse pour sauver notre héroïne. Avec en plus, un épisode « familial »...

 

*Ne vous excitez pas trop : ce n'est pas Maureen O'Sullivan qui nage, mais Josephine McKim, une championne de natation américaine, qui comme Johnny Weissmuller a participé aux Jeux Olympiques de 1924 et 1928.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Woody S. van Dyke, #Tarzan
Tarzan l'Homme singe (Tarzan the ape Man - Woody S. van Dyke, 1932)

Une petite pensée pour Hubert

 

Le cri.
C'est son cri qu'on retient en premier.

C'est ce cri qui fait qu'il est Tarzan avant tout. Qu'il est le seul et unique, que les autres, même s'ils ne sont pas des copies resteront toujours loin derrière.

Tarzan, c'est Johnny Weissmuller, avant tout un athlète, mais surtout la personnification du héros d'Edgar Rice Burroughs.

Combien de générations d'enfants a-t-il fait rêver ?

 

Jane Parker (Maureen O'Sullivan) vient d'arriver en Afrique : elle y rejoint son père James (C. Aubrey Smith) qui fait du commerce avec les populations autochtone, avec son partenaire Harry Holt (Neil Hamilton).

Mais leur objectif est autre : ils veulent découvrir le fameux cimetière des éléphants afin de fournir de l'ivoire pour le monde entier (et toucher au passage la prime de 1.000.000 de Livres...). Jane est ravie de cette idée et décide de les accompagner.

Sur leur chemin, en plus des dangers intrinsèques à la savane et la brousse, un personnage enlève Jane : c'est Tarzan, un homme qui vit avec les singes et communique avec les animaux.

 

Du roman original de Burroughs, peu de choses, sinon cet homme sauvage qui vit au milieu des singes. Van Dyke part du principe que les spectateurs connaissent son histoire - malheureuse - avec la mort de ses parents. Mais surtout van Dyke met en place les personnages qui feront le succès de cette série qui comportera douze épisodes (dont la moitié avec Maureen O'Sullivan) et se poursuivra jusqu'en 1948.

Tarzan fait partie des films exotiques chers au cinéma américain, avant d'être éclipsé par les histoires fantastiques de James Whale ou encore Cooper & Schoedsack, et toute cette vague de films où les créatures d'épouvante vont se succéder pendant quelques décennies. Mais Tarzan tiendra bon et rassemblera petits et grands pour ses aventures.

L'Afrique de van Dyke est avant tout sauvage. Mais Parker et Holt sont avant tout des colons. Ils se comportent en supérieurs aux Africains. Dès le début, il y a une tentation documentaire, quand Jane arrive. Holt lui fait découvrir les peuplades avec lesquelles il traite (je n'ai pas dit qu'il les exploitait). Mais quand l'expédition se met en marche, Parker et surtout Holt montrent leur vrai visage : les porteurs sont tous noirs - ce qui est normal, c'est la population majoritaire en Afrique - et menés par Riano (Ivory Williams), qui n'hésite pas à utiliser le fouet pour faire avancer l'expédition. Et quand Riano n'y arrive plus, c'est Holt lui-même qui fouette ses porteurs afin de les faire avancer.

Une telle expédition est totalement inconcevable de nos jours - du fait de la préservation des espèces, même si ça ne décourage pas les braconniers - surtout quand on voit le nombre d'hippopotames tués lors du passage de la rivière. Et Jane n'est pas passive, tuant un hippopotame un peu trop entreprenant. Et puis ce cimetière des éléphants n'est qu'une chimère, qui fera fantasmer les chasseurs d'ivoire jusqu'au milieu du vingtième siècle.

 

Mais Tarzan, c'est aussi l'avènement du bon sauvage cher à Rousseau. Sa rencontre avec Jane le présente comme un enfant découvrant peu à peu le monde - en accéléré - et essayant de l'apprivoiser. Si la première réaction de Jane est la peur - c'est toujours pareil quand on ne connaît pas - elle ne dure pas : rapidement elle va apprécier ce rude sauvage totalement glabre (ça explique qu'il ne soit pas hirsute, comme le voudrait la logique), jusqu'à l'aimer. « Il m'appartient» finit-elle par avouer, après leurs adieux.

Et puis il y a le dernier ingrédient des films à venir : la tribu hostile. Ici ce sont des nains noirs (on a récupéré ceux qui travaillaient à la MGM et on les a carrément peints !). Ils sont cruels - c'est obligatoire - et offrent leur victime en sacrifice à un énorme gorille (Ray Corrigan). Là encore, on remarque le parti pris de l'époque : seuls les éléments noirs de l'expédition sont tués par cette créature.

Enfin, je n'oublierai pas la troisième star de ce film, après Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan : Cheeta. C'est un personnage imaginé pour le film et qui a un rôle très important. C'est lui qui va alerter Tarzan quand Jane et ses compagnons sont enlevés par les nains. Van Dyke n'hésite pas à montrer de larges séquences de ce chimpanzé, nous permettant d'admirer son adresse et son agilité.

 

A noter que les dialogues - dont le célèbre « Tarzan. Jane. Tarzan. Jane... » sont d'Ivor Novello, celui qui fut l'étrange locataire d'Alfred Hitchcock dans le film éponyme.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Andrew Niccol
Time out (In Time - Andrew Niccol, 2010)

« Le temps, c'est de l'argent. » (Benjamin Franklin, 1748)

Ici l'argent, c'est le temps. On travaille pour vivre, mais plus longtemps. Tout coûte du temps : téléphoner : une minute de votre compteur (à rebours) personnel ; un café, ce sera quatre minutes, etc. Bref, on ne prend pas le temps de vivre, on prend le temps pour vivre.

Vingt cinq ans puis une année plus ou moins renouvelable, ça dépend de votre activité...

Et quand l'année est achevée, quand tous les zéro sont apparus, vous êtes morts.

Voici le monde dystopique dans lequel vit Will Salas (Justin Timberlake). Dystopique ? Une utopie qui tourne obligatoirement mal. Il est pauvre, vit dans un ghetto de pauvres isolé du monde des riches par des barrières dont le franchissement coûte plus d'une année...

Et puis un soir, il tombe sur la chance de sa vie. Un homme qui en marre de la vie (il a déjà 105 ans) lui lègue plus d'un siècle.

Mais est-ce vraiment la chance de sa vie ?

 

Ce n'est pas la première fois qu'Andrew Niccol nous propose un tel monde : rappelez-vous Bienvenue à Gattaca. Mais cette fois-ci, ceux qui ne sont pas fortunés meurent. Car c'est un monde duel où les pauvres passent leur temps à acheter le temps que les riches leur vendent à des tarifs de plus en plus prohibitifs.

Mais toujours,  dans ces mondes, ce ne sont pas les riches qui vivent le plus. En effet, quand vous avez l'éternité devant vous, pas besoin de se presser pour décider de faire quelque chose.

Alors que quand vous vivez au jour le jour, chaque instant est important.

 

Nous ne sommes pas loin du « carpe diem » de Horace : chaque instant de plus de survie des habitants du ghetto est une richesse incroyable. Alors quand Will reçoit plus d'un siècle, il n'en revient pas. Il ne peut s'empêcher de courir, comme il l'a toujours fait.

Mais un riche qui se suicide dans un quartier pauvre, c'est louche. Heureusement, les gardiens du temps sont là, avec à leur tête Raymond Leon (Cillian Murphy). Leon est une victime du devoir. Il n'est pas spécialement méchant. C'est une espèce de Javert moderne, pour qui les choses doivent rester en l'état. Quelqu'un du ghetto ne doit pas en sortir, tout doit rester à l'identique. Et se retrouver en face de Will Salas, c'est revivre ce qui s'est passé avec le père de celui-ci. Alors comme pour Javert, on ne peut pas ressentir une haine totale envers cet individu : il ne fait que son boulot.

 

Parce que les véritables méchants, les salauds, ce sont les riches : plus ils ont de temps et plus ils en gagnent. Alors on ne peut pas compter sur eux pour faire évoluer les choses.

Comme dans Gattaca, nous avons un personnage qui veut - et va - sortir de son milieu. Et encore une fois, il prendra appui sur quelqu'un déjà dans le système. Ici, c'est Sylvia Weis (Amanda Seyfried), fille d'un magnat du temps, qui conserve dans un coffre son « premier million [d'années] ».

La comparaison temps (dans le film) = argent (dans notre monde) est évidente, mais si une promesse d'amélioration se dégage du film, je n'en vois pas autant dans notre monde, où l'argent a pris une place extrêmement importante.

 

Quoi qu'il en soit, Andrew Niccol nous dépeint un monde jeune très déconcertant où trois générations peuvent se côtoyer - chez les riches, bien sûr - sans qu'on puisse dire qui est qui dans la lignée.

De plus, à chaque fois que notre héros semble à peu près en sûreté, un cadavre possédant la longue ligne de zéro est là pour lui rappeler la brièveté de son existence, et qu'il doit toujours continuer à courir.
Un peu comme l'esclave à Rome, pendant un triomphe, qui tenait les lauriers au-dessus de la tête du vainqueur mais lui répétait sans cesse : 

« Souviens-toi que tu es mortel... Souviens-toi que tu es mortel... »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tim Burton
Miss Peregrine et les Enfants particuliers (Miss Peregrine's Home for peculiar children - Tim Burton, 2016)

« Peregrine », ça veut dire « pèlerin », comme le faucon du même nom (Falco peregrinus). Et c'est normal que miss Peregrine (Eva Green) s'appelle ainsi, puisque c'est en cet oiseau qu'elle se transforme. C'est une ombrune (en v-o ymbryn). Elle s'occupe d'enfants particuliers et les protège.

De qui ? Du méchant docteur Barron (Samuel L. Jackson) qui recherche les enfants particuliers afin de manger leurs yeux.

Un jour Jake (Asa Butterfield) va voir Abe (Terence Stamp) - son grand-père qu'on prend pour un doux illuminé - qui se sent menacé. Sauf que cette fois-ci, on peut douter de sa folie : Jake le retrouve mort, ses yeux ayant disparu. Et en plus, il échappe à une attaque d'un drôle de géant...

Il part alors à la recherche de Miss Peregrine et ses enfants si particuliers... En 1943 !

 

Il y a chez Tim Burton une fascination pour le bizarre et la mort assez contagieuse, avec toujours une pointe d'humour plus ou moins noir. Mais cette fois-ci, pas d'humour. Ou si peu qu'on peut le négliger.

Au contraire, beaucoup de noirceur. Merveilleuse, certes, mais noirceur tout de même. Et pourtant on reste optimiste pendant toutes ces pérégrinations (c'est vraiment le terme adéquat, non ?). Et on savoure cette belle histoire sur la différence où cette fois-ci, elle n'est pas sujette à une condamnation extérieure comme dans la série X-Men, les enfants vivant en autarcie dans une boucle spatio-temporelle. Ils n'ont que très peu de contact avec le monde extérieur, et de toute façon, ce qu'ils peuvent y faire n'a pas d'incidence, ils revivront le lendemain ce même jour : celui de la destruction de leur maison...

Avec Miss Peregrine, on retrouve le grand Tim Burton, celui de Edward aux Mains d'argent ou Big Fish, qui nous entraîne dans un rêve merveilleux (mais noir, je le redis !) où il nous présente ses monstres les plus effrayants : certains des enfants eux-mêmes, ainsi qu'une brochette de Sépulcreux (Hollows), sorte d'échassiers à la gueule remplie de dents acérées et de repoussants tentacules.

Et au milieu de tous ces gens particuliers : Jake, un gamin timide, solitaire et pas très bien dans sa peau. Bref, le véritable héros burtonien. Comme Charlie face à Willie Wonka, Ed Bloom dans la ville de Spectre ou encore Adam et Barbara Maitland à propos de Beetlejuice, Jake est confronté à un choix qui changera sa vie. Et - heureusement - il fait le bon choix.

Est-il utile de préciser que les séquences contenant les monstres sont époustouflantes ? Oui. C'est un festival de merveilleux noir. Avec en prime un clin d'œil à Ray Harryhausen, quand une armée de squelettes entre en scène.

 

Un régal.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Don Chaffey, #Ray Harryhausen
Jason et les Argonautes (Jason and the Argonauts - Don Chaffey, 1963)

La Toison d'or.

Une peau de bélier scintillante accrochée à un arbre de la lointaine Colchide (région de l'actuelle Géorgie).

Qui n'en a pas rêvé ?
C'est le cas de Jason (Todd Armstrong), fils d'Eson dont Pélias (Douglas Wilmer) a usurpé le trône.

Jason a l'intention de récupérer son bien en revenant avec la toison d'or, sûr ainsi du soutien du peuple. Mais la route est longue et semée d'embûches.

C'est pourquoi il fait construire par Argos (Laurence Naismith qui sera le juge de la série Amicalement vôtre) un navire formidable - l'Argo - et engage un équipage extraordinaire : les Argonautes.

 

Nous sommes cinq ans après Le septième Voyage de Sinbad, et Ray Harryhausen nous propose de nouveaux monstres. Cette fois-ci, c'est dans la mythologie grecque que les scénaristes ont puisé leur histoire. Comme pour Sinbad, le générique, reproduisant une fresque grecque nous annonce les aventures à venir jusqu'à la Toison.
Cette fois-ci, les héros sont grecs donc coiffés de casques à plumets caractéristiques.

Mais comme pour Sinbad précédemment, il règne une certaine liberté quant à l'histoire originelle. Oui Jason a bel et bien conquis la Toison d'or. Oui, Héraclès (Nigel Green) était avec lui une partie du voyage. Mais si Castor (Ferdinando Poggi) répond présent, où est son frère Pollux ? Et Orphée (il n'avait pas encore rencontré Eurydice) ? Et Thésée ? [d'un autre côté, ces trois derniers auraient pu faire un peu d'ombre à notre héros...]

 

Mais qu'importe. Nous suivons - encore une fois - avec délectation les aventures surannées de ce héros mythique, combattant avec bravoure les monstres de Harryhausen : des harpies, un hydre à sept têtes et des squelettes qui ne sont pas sans rappeler celui qu'affronta Sinbad. Sans parler du géant Talos, qu'on pourrait presque qualifier de colosse aux pieds d'argile, s'il n'était en bronze !

Et puis il y a les dieux : Zeus et Héra surtout, avec un petit rôle pour Hermès, le messager. Zeus (Niall McGinnis) est omnipotent, mais surtout ventripotent. Il n'a rien à voir avec la représentation qu'on se fait de ce dieu des dieux (Laurence Olivier, dans Le Choc des Titans sera plus conforme à l'idée qu'on se fait de lui). Quant à Héra (Honor Blackman), elle est - pour une fois - d'une aide précieuse à Jason : c'est normal, il n'est pas - lui - le fruit d'amours divines de son mari foudroyant. Et ces divins personnages s'amusent de voir se dépêtrer les mortels, dans la lignée des récits mythologiques. Même si on pourrait aller un tantinet plus loin.

 

Comme dans Sinbad, c'est le combat contre les squelettes que je préfère : leur sortie de terre est inoubliable, et le combat vaut bien celui de Sinbad.

Avec en prime une magnifique décapitation.

Bref. Du divertissement : de l'aventure, des bagarres, de l'amour - avec la belle Médée (Nancy Kovack) - et les créatures de Harryhausen. Du cinéma, quoi.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Nathan Juran, #Ray Harryhausen
Le septième Voyage de Sinbad (The 7th Voyage of Sinbad - Nathan Juran, 1958)

- Un cyclope cornu ;

- une femme-serpent bleue ;

- une mini-princesse ;

- un aiglon à deux têtes ;

- son plus proche parent ;

- un dragon ;

- un squelette armé et...

- Une lampe contenant un génie !

Voici les ingrédients de ce film réalisé par Nathan Juran, mais surtout animé par Ray Harryhausen.


Au début, il y avait Méliès.

Puis King Kong a débarqué.

Et enfin, Ray Harryhausen est arrivé avec un procédé magique : Dynamation.

 

Il est vrai que pour des yeux actuels, habitués aux effets spéciaux numériques, ce film fait pâle figure. Mais il faut toujours remettre un film dans son contexte. En 1958, voilà ce qui se faisait de mieux - à mon avis - en matières d'effets spéciaux. Tout en gardant en tête que ces effets étaient au service de l'histoire, comme l'ont oublié quelques réalisateurs de la fin des années 1990...

Sinbad (Kerwin Mathews) est un marin chevronné et un diplomate hors pair. En effet, en mission à Shangra pour le calife de Bagdad, il ramène la paix ainsi que Parisa (Kathryn Grant), la fille du sultan, en vue de l'épouser et sceller à jamais l'amitié entre ces deux peuples.

Mais - et autrement il n'y aurait pas d'histoire - il se perd en mer et accoste in extremis (les marins n'en pouvaient plus) sur l'île de Colossa où sévissent les cyclopes cornus (et les aigles à deux têtes, mais ça, c'est plus tard).

Et surtout, sur cette île vit le magicien Sokurah (Torin Thatcher) qui possède une lampe habitée par Baronni (Richard Eyer), enfant-génie. Ca nous change d'ailleurs des génies de quinze mètres de haut avec moustache et barbe pointue...

Dès le début, Sokurah a un rôle ambigu. Mais rapidement, on se rend compte qu'il sera le vrai méchant de cette histoire, avec son crâne chauve et ses manières trop polies pour être honnêtes.

Bien entendu, le brave Sinbad sauve Sokurah du cyclope - il ne sait pas encore que c'est le méchant ! - mais dans l'action, le cyclope récupère la lampe.

Sokurah va donc forcer Sinbad à le ramener sur son île. C'est là qu'intervient la mini princesse, les aigles et le dragon. Mais je n'en dis pas plus.

Certes, ce n'est pas le film du siècle, mais tout de même. Et oui, on est dans une Bagdad approximative où les turbans sont de mise. Chaque tête masculine est enveloppée d'un tissus, du calife au dernier des prisonniers. Que voulez-vous, nous sommes dans les mille et unes nuit...

Comme toujours avec Harryhausen, ce sont les animations qui font le succès du film. Et là, on est servi. ON a même droit à un combat entre un cyclope et le dragon digne de celui de King Kong entre le gorille et le tyrannosaure : le clin d'œil, si ce n'est un hommage, est flagrant !

Et puis les séquences avec la princesse miniature ont un charme désuet fort agréable : il faut la voir shooter dans un grain de raisin, assise sur le bord de l'assiette de Sinbad pour s'en convaincre.

Quant à ma scène préférée, c'est sans conteste le combat de Sinbad contre le squelette.

Bluffant !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Steven Spielberg
Le bon gros Géant (The BFG - Steven Spielberg, 2016)

Ce qu'il y a de bien avec Spielberg, c'est qu'on n'est rarement déçu.

Dix ans après Tim Burton, c'est lui qui adapte un autre roman du grand Roald Dahl.

Disons-le tout de suite, l'histoire, si elle suit plus ou moins le livre n'est pas d'une fidélité absolue. Mais qu'importe. Comme pour Tintin et le Secret de la Licorne, l'essentiel est là : nous sommes dans le monde de Dahl et de son livre.

Et puis Spielberg est - à mon avis - le cinéaste de l'enfance (mais j'ai dû déjà le dire) - alors nous évoluons dans un monde où la frontière entre le rêve (bien entendu) et les réalité est ténu. On pense tout de suite à Hook, mais y a pas que ça. Il y aurait pas aussi du ET ?

Si. Y en a aussi.

 

Sophie (Ruby Barnhill) est - malheureusement pour elle - orpheline et insomniaque. Un soir qu'elle ne dort pas et qu'une bande de poivrots déambule sous les fenêtres de l'orphelinat, elle croit apercevoir une forme. Ce n'est pas (encore) un rêve, c'est un géant (Mark Rylance). Il n'a pas de nom. Une fois, quelqu'un l'a appelé « Bon gros Géant », alors Sophie l'appelle par ses initiales, c'est plus court. C'est vrai qu'il est amical (« friendly » dit le titre original). Et inoffensif, en plus.

Sauf que ce géant vit avec d'autres géants. Des vrais. Des affreux. Des méchants. Et très grands. Parce que notre « BGG » n'est qu'un petit géant. Un peu comme un enfant au milieu d'un monde d'adultes, bien entendu hostile. Alors bien entendu, les deux « enfants » vont s'unir, pour survivre.

Et puis il y a les images. C'est - comme toujours - très bien fait, ce géant chasseur de rêve nous enchante. La scène où il emmène Sophie chasser les rêves est magnifique, multicolore, féérique. D'ailleurs, chaque séquence mettant en scène les rêves (sortes de fées multicolores) rappellent la magie de Clochette dans Hook.

Certains regrettent que ce ne soit qu'un « film pour enfant ». C'est bien dommage de le réduire ainsi. Et puis le cinéma est l'un  des arts qui se rapprochent le plus de l'enfance. Combien de fois avons-nous été, sommes-nous et serons-nous émerveillés ? Car il faut des yeux d'enfants pour s'émerveiller d'une ombre qui grimpe le long d'un escalier, d'un mime qui joue le vol d'une montre ou encore d'une princesse qu'on réveille d'un baiser, non ?

Sinon, ça ne marche pas, la magie s'estompe et on ne se contente plus que de réalisme. Si encore il était poétique...

 

Alors on ouvre grand ses yeux, on ouvre encore plus grand son esprit, et on savoure ce film qui n'est « que du cinéma »...

« Que du cinéma »... Ca semble tellement peu, alors que tout est là. C'est tout simplement immense.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'aime !

 

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