Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan à New York (Tarzan's New York Adventure (Richard Thorpe, 1942)

Si la civilisation ne vient pas à Tarzan, alors... Tarzan ira à elle !

 

En vingt minutes, le cahier des charges de la série est quasiment rempli : des étrangers qui débarquent dans le domaine de Tarzan ; l'un d'entre eux - Buck Rand (Charles Bickford) -  est une fripouille patentée ; ils sont attaqués par une tribu hostile (le retour - bref - des Jaconis) ; arrivée de Tarzan pour les sauver. Il ne manque que le sauvetage par les éléphants, à la dernière minute (mais il y sera tout de même, rassurez-vous !). Pourtant, c'est à l'arrivée de Tarzan que tout bascule. Les intrus seront sauvés, certes, mais pas grâce à Tarzan. Et en plus, ils vont emmener son fils !

Tarzan n'a alors plus qu'une solution : aller récupérer Boy (Johnny Sheffield).  C'est à dire rejoindre la civilisation.

 

Nous sommes dans la continuité de l'épisode précédent. La fois passée, la civilisation avait essayé de s'installer dans le domaine de Tarzan, avec  ses camions, son cinéma et sa soif de l'or. D'ailleurs, le début est très similaire avec le générique sur fond de carte d'Afrique, puis les images d'introduction : le rappel de l'escarpement en haut duquel vit Tarzan, et les images puisées dans les docs animaliers de la MGM. Différents cette fois-ci, histoire de donner un petit peu de lustre au film. Malgré tout, les anciennes archives seront tout de même utilisées un peu plus tard...

L'intérêt de cette histoire réside dans la découverte de la civilisation par Tarzan : il faut l'habiller, il doit patienter... Bref il doit se plier aux règles. Mais les règles - c'est bien connu - ne sont faites que pour être contournées, surtout par Rand et son acolyte Sargent (Cy Kendall). Nous assistons donc à quelques péripéties (les « aventures » du titre original) de Tarzan à New York, juste assez décalées pour nous faire sourire, mais aussi pour conforter Jane d'avoir fait le bon choix en restant avec Tarzan.

Ici encore, on retrouve un adjuvant sacrificiel. Après Rawlins (Tarzan s'évade) et Lord Lancing (Tarzan trouve un Fils), c'est Manchester Mountford, le dresseur d'animaux. Il n'a ni le côté comique du premier, ni la grandeur du second, mais son sacrifice est indispensable, et bien entendu fatal.

Mais plus que les manquement à l'étiquette de Tarzan, on s'amuse des réactions de Cheeta dans New York. Richard Thorpe semble s'être amusé à nous montrer le chimpanzé semer le chaos à chaque endroit où il/elle passe.

Mais tout se termine bien - ce dont ne douta pas un seul instant - et que restera-t-il de cet escapade « civilisatrice » ? Le maillet du juge.

 

C'est l'épisode le plus court du duo Johnny Weissmuller - Maureen O'Sullivan. C'est la dernière fois qu'ils interprèteront le couple mythique Jane-Tarzan. C'est aussi la dernière contribution de Richard Thorpe pour cette série. Bref, ça sent la fin. Pourtant, Weissmuller tournera encore six épisodes.

Là encore, c'est une autre histoire. Et même six autres !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Robert Wiene
Le Cabinet du docteur Caligari (Das Cabinet des Doktor Caligari - Robert Wiene, 1920)

Il est grand. Très grand. Il est maigre. Très maigre. Il est vêtu de noir, ce qui accentue ces deux traits. Il s'approche de la jeune femme. Il a un couteau à la main. Il lève le bras...

Mais il ne peut pas. Elle est trop belle. Il ne peut pas la tuer.

Alors il l'enlève.

 

C'est l'une des poursuites les plus célèbres du cinéma. Cesare (Conrad Veidt), transportant Jane (Lil Dagover) à travers le dédale de la ville aux perspectives changeantes.

Treize ans après, un autre grand monstre résistera, par amour, à la tentation de tuer sa victime : ce sera King Kong.

 

Dès le début, les deux personnages semblent inquiets, torturés. Apparaît une jeune femme (Jane). C'est - dit-il - la fiancé du plus jeune, Franzis (Friedrich Fehér). Alors Franzis raconte son histoire. Celle de sa rencontre avec le docteur Caligari (Werner Krauss), hypnotiseur de foire célèbre, et de sa créature, Cesare le somnambule.

Nous sommes dans ce qu'on a appelé - à tort ? - de l'Expressionnisme. Il est clair que les décors rappellent les toiles de Nolde (pour ne citer que lui), mais ce mouvement Expressionniste était déjà moribond quand le film est sorti. Il laissait progressivement la place à ce qu'on appela la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité), héritée de ce mouvement qui connut son apogée pendant la première guerre mondiale (1).

 

Malgré tout, on peut considérer Caligari comme une œuvre (un petit peu) expressionniste.

Le premier élément  c'est la ville, Holstenwall. Une ville bien singulière : des maisons biscornues entassées pour former une pyramide sur laquelle trône une cathédrale tordue.

Car tout est tordu dans le décor. C'est en cela qu'on le considère expressionniste. Il flotte, tout le long du film, une impression de malaise, voire de mal-être, du fait de ces perspectives incongrues. C'est comme s'il existait plusieurs lignes de fuite dans un paysage, comme si tout partait dans tous les sens, comme dans un cauchemar.

 

Et au milieu de ce cauchemar, celui qui l'attise : le docteur Caligari. C'est un homme vieux, à la mine patibulaire, courbé par le poids des ans (ou sa culpabilité, allez savoir), qui se produit de foire en foire pour montrer sa merveille : Cesare le somnambule. Il porte un manteau ample et un chapeau haut-de-forme, comme la plupart des personnage du film, ce qui nous indiquerait que l'action se situe au XIXème siècle. Mais cette histoire est intemporelle, comme l'explique la dernière séquence (que je vous laisse découvrir, si ce n'est déjà fait !). Intemporelle, et de toute façon, le temps n'a pas d'importance dans cette histoire.

 

Seuls les (quatre) protagonistes et les décors importent :

- Les acteurs : Franzis, le narrateur, témoin plus ou moins actif de l'histoire ; Caligari, le méchant, celui qui commande à sa créature de tuer ; Cesare, le somnambule, marionnette de Caligari ; Jane, la dernière victime, la jeune fille pure.

- Les décors, parce qu'ils reflètent les âmes tourmentées et torturées des personnages.

Après Caligari - et je rejoins mon ami le professeur Allen John - on va parler (abusivement) de cinéma expressionniste. Abusivement parce que si Caligari, par ses décors, rappelle le mouvement pictural, il n'en va pas de même des autres films, plus ancrés dans une réalité plus ou moins sublimée (Les trois Lumières, par exemple). Parce que Caligari, en dehors de son intrigue, n'a rien de réaliste. Les portes, les fenêtres, tout concourt à montrer que rien n'existe vraiment, que l'histoire que nous raconte Franzis est tellement terrible que même sa façon de la raconter est distordue.

 

Siegfried Kracauer en a fait le repère initial de son ouvrage De Caligari à Hitler (1947), afin d'expliquer que le nazisme était annoncé dans le cinéma allemand entre 1919 et 1933. C'est un point de vue, que je ne partage pas vraiment. Il faut remettre le film - et les suivants - dans leur contexte historique : en 1919, le Kaiser abdique - avait-il le choix ? - et va s'installer, cahin-caha, la République de Weimar. C'est une période de trouble de près de quinze ans, pendant laquelle l'Allemagne va survivre entre désordre politique et financier jusqu'à l'arrivée de l'homme (qu'on croyait alors) providentiel. Cette période d'instabilité sociale amène des craintes et des menaces (mouvement spartakiste en 1919, putsch de Munich en novembre 1923...). Et le cinéma n'est que le reflet des inquiétudes de cette période. Le docteur Caligari est une menace pour la ville de Holstenwall. Tout comme le sera Mabuse et Haghi (Les Espions, 1928) chez Lang, ou Nosferatu chez Murnau. D'ailleurs, Nosferatu lui aussi sort d'un cabinet, comme Cesare, pour aller perpétrer ses méfaits.

 

Mais laissons-là ces extrapolations et terminons en disant que ce décor expressionniste est certainement le plus célèbre du cinéma, qu'il sera maintes fois repris dans d'autres formes artistiques.

Et Robert Wiene, malgré tout ce qu'il aura (plus ou moins bien) fait n'aura marqué le cinéma que par ce film.

 

Inoubliable.

 

              (1) Que les nazis qualifieront d'« art dégénéré ».

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #English, #Abel Gance
Napoleon (Abel Gance, 1927)

Tremendous. Amazing. Prodigious.

 

After Griffith (Orphans of the Storm, 1921) and Ingram (Scaramouche, 1923), it was time the French cinematographers told their own version of the French Revolution.

And, speaking as a Frenchman, I can tell you I am not disappointed. Even if Robespierre is still considered as a villain. And this time, the main characters look more alike their historical models. We also can enjoy a great movie sequence : La Marseillaise (read below).

But this is the story of Napoleon. In the film, it begins in 1783 and ends in 1796, before Napoleon becomes the emperor - and dictator - we all know.

The film starts in Brienne, when young Napoleon (Vladimir Roudenko) was a pupil in this military school. He is 14 and plays with the other boys. They have a snowball fight, where he (already) acts like a strategist. And it ends before entering in Italy, beginning a series of conquests which will lead him to the throne of France.

Between these two events, Abel Gance shows us what one could find in History books in those days. Nothing misses: the foul snowball; Napoleon crossing the Mediterranean Sea with a flag for a sail; the fight for the Redoute of Toulon; and of course, his love affair with Josephine de Beauharnais (Gina Manès).

But even if this is a biopic, this film is far more than that. This is what we call CINEMA!

It was released the same year as Sunrise (F. W. Murnau) And here too, we can see all the film technologies which were known at that time: push-in, pull-back, pan, subjective camera, flashback... And the very end of the film is made with three sets stuck together (27 years before the first CINEMASCOPE film!) which give us a grand feeling of Napoleon and his destiny (One year later, Claude Autant-Lara released Construire un Feu which used the Hypergonar, former name of the Cinemascope).

This is a feast of images. With Abel Gance, two other illustrious filmmakers helped in making this film a masterpiece: Viktor Tourjanski and Alexandre Volkoff.

The camera is (nearly) always on the move. The rhythm is always changing: slow and fast sequences - and especially fast ones - give us a breathtaking effect.

This frenzy of images reach a few climaxes : the snowball fight, La Marseillaise, August the 10th 1792... This is incredible! We are flooded by images: five images are overlaid on another, creating a climax.

As this is a film made by Abel Gance, you can be sure to find a sort of orgiastic sequence: the Victim Ball. In this scene, we can see people having a big feast with gallons of wine and half-naked young women, dancing like in a bacchanal: this was Abel Gance!

But Napoleon is overall its actor: Albert Dieudonné. He does not act like Napoleon. He IS Napoleon. He looks like him, he walks like him, he sees like him. He is the future Emperor. His exaltation gives his soldiers - the future "Grande Armée" - the epic spirit they lacked to go to war. His eyes have all the eloquence we cannot hear in a silent film. This is why the silent films will always be superior to talking pictures.

There is also a more intimate Napoleon : he does not know what to say to Josephine; he accepts to play blind man's buff with her children... He is as clumsy as he is a good strategist. These moments show us a human person. He can be approached. But these moments do not last. Even with his family in Corsica, there is a gap of superiority between him and the other members that they accept. He is even above his mother: he is not a normal son. There is a  natural grandeur inside him that they recognize and respect.

But Napoleon is above all a series of extraordinary sequences, iconic shall we say.

- The snowball fight: it is part of the golden legend of Napoleon. But Gance shoots it as a founding scene. This moment announces what and who he will be. The camera is very near the action. We can almost live it. Sometimes the camera is subjective, sometimes, it is steady, but most of the time, we are inside the fight, very near the action. In this sequence, a recurring character is introduced: Tristan Fleury (Nicolas Koline) who will witness all the steps of Napoleon's rise, form Brienne Military School to the Gates of Italy.

La Marseillaise: three great films have a pertinent use of this anthem. La grande Illusion (Jean Renoir, 1937), Casablanca (Michael Curtiz, 1943) and Napoleon. This is when this song becomes a national anthem. And here again, Gance and the film editor (Marguerite Beaugé) make it a magical moment. The screen is divided in three and even nine parts where we can see (and almost hear) people sing (thanks to the music by Carl Davis), leading to a peak with Damia impersonating this song. She is the Marseillaise, struggling for her freedom.

The night of August the 10th, 1792: on this night, Gance shows us two important events. The end of Royalty and Napoleon's crossing of the Mediterranean Sea in the middle of a storm. But there is also a storm in the National Assembly where the other scene takes place. This is why Gance uses a parallel montage where the camera moves like a tidal wave (a pendulum movement), ready to drown the people, in Paris or in the sea. As I said before, there is also five sequences overlaid one on another, le last (and not least!) being the blade of the guillotine falling down!

- The Gates of Italy: for this final sequence, Gance uses another image format. Instead of the 35mm which has been used all through the film, he uses three times this format by sticking them together, trying to give as much continuity between them. Some people come from the left side, walk in the centre and end in the right side with as much continuity as possible. This will enable a very large panoramic view, but also three location for the upcoming war.

And this is where Napoleon-Dieudonné is the greatest: he WILL be an emperor!

 

Conclusion:

Three hundred and thirty-two minutes of pure cinema: a great pleasure and much emotion!

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #James Mangold
Logan (James Mangold, 2017)

2029.

Il n'y a plus de mutant. Enfin pas de nouveaux venus. Seulement les vieux, qui attendent la mort, quand ils peuvent mourir.

Parce que Logan (Hugh Jacman) - James Howlett - est immortel. Il est le Wolverine. Celui qui sort des lames de ses mains, entre ses doigts.

Mais depuis quelques temps, les lames sortent moins bien. Il a des cheveux gris. Il boite.

Il vieillit.

Il vit à l'écart, avec un homme qui ne sort jamais à découvert : Caliban (Stephen Merchant). Il vit aussi avec un vieux paralytique : Charles Xavier (Patrick Stewart).

On dit même que ce vieil infirme a autrefois dirigé une école très particulière. Pour des enfants eux aussi, très particuliers.

Alors quand Gabriela (Elizabeth Rodriguez) débarque dans leur vie avec sa fille Laura (Dafne Keen), ils réalisent que leur tranquillité est terminée. Cette gamine est recherchée.

Recherchée par des gens qui ne lui veulent pas que du bien.

 

Wolverine est de retour. Mais ce n'est plus le même. C'est lui, sans être lui. On l'a réveillé alors qu'il cuvait : alors il n'est pas très content. Jusque là, rien de bien changé.

Mais c'est son aspect qui nous frappe : il a vieilli. Ses cheveux grisonnent, il boite, et il encaisse de plus en plus difficilement. Il a toujours ses réflexes, certes, mais il arrive en bout de course.

C'est la même chose pour Charles Xavier. Il est nonagénaire, maintenant. Lui aussi arrive en bout de course.

Alors quand Laura débarque dans leur vie plus ou moins tranquille, c'est une révolution. L'ultime épreuve des X-Men, ou plutôt de ce qu'il en reste.

 

James Mangold ne fait pas dans la dentelle : ça cogne, ça flingue et ça découpe à tour de bras. Mais malgré tout, il travaille à l'ancienne : ce n'est pas - comme je le craignais - un déferlement de prises de vue d'un dixième de seconde mises bout à bout. Il prend son temps. On a le temps de voir ce qui se passe. On a le temps de digérer les informations. Un peu trop parfois, tant les images sont crues. Ce n'est pas Wolverine qui impressionne le plus, c'est Laura. Elle a l'agilité et les pouvoir de son aîné, mais c'est une enfant. C'est en cela que le film est terrible.

Malgré tout, Mangold reste dans un registre humain. Ce en sont pas des prouesses toujours plus incroyables les unes que les autres. Il reste dans une forme de réalisme (malgré le côté futuriste de l'intrigue) qui rend les images plus proches de nous et parfois un peu rudes.

C'est aussi ce réalisme qui donne tout son sel à ce film, brisant par là une espèce de tabou : que deviennent les super-héros quand ils vieillissent ?

Une fois la question posée, le reste suit et le film enchaîne scènes d'action et de répit, avec en bout de course, inéluctablement - même pour Wolverine, semble-t-il - la mort. La mort qu'il attend et qu'il désire depuis le premier épisode.

Mais Wolverine est immortel, nous le savons tous.

Alors nous assistons à ce que nous subodorions dès premières passes d'arme de Laura. Et avec un certain plaisir. Wolverine vieillit. Mais il grandit. Il a des responsabilités, lui qui a toujours tout fait pour les fuir. Et il ira jusqu'au bout. Cette fille qui lui tombe du ciel, n'est-ce pas aussi sa rédemption - thème cher au cinéma américain - qui arrive ? N'a-t-il pas vécu toutes ces décennies que pour cet instant-là ?

 

Avec cet ultime épisode (en date), c'est une page qui se tourne. Est-ce la dernière ?

Comme le dit mon ami Farid : « ça m'étonnerait qu'ils lâchent une telle franchise ».

Il a certainement raison.

Hélas ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Le Trésor de Tarzan (Tarzan's secret Treasure - Richard Thorpe, 1941)

Dans ce cinquième opus de la série avec Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan, Richard Thorpe essaie de rompre avec le schéma des épisodes précédents. Pas d'Anglais qui débarque d'un bateau, pas d'expédition vers le pays de Tarzan (enfin pas tout de suite) : nous sommes déjà en haut de l'Escarpement Metia et retrouvons la petite famille dans sa vie de tous les jours.

Même s'ils sont loin de la civilisation, leur confort s'améliore un peu plus. Après la maison dans les arbres, c'est la cuisine à l'eau chaude naturelle qui nous est présentée.  Cela permet de cuire le poisson ainsi que les œufs durs, surveillés par Cheeta et chronométré par un sablier en noix de coco. Bref, une vie sauvage qui ressemble tout de même beaucoup à la vie civilisée.

Et puis il y a le bain - habituel - où la famille s'ébroue avec bonheur. Et dans le fond de la rivière, Boy (Johnny Sheffield, un tout petit peu plus âgé) découvre des cailloux brillants : c'est de l'or. Et avec cet or, c'est la civilisation qui entre dans le monde de Tarzan.

Pas directement, mais insidieusement : Jane parle à son fils de ce qu'on fait avec de l'or dans le monde qu'elle a abandonné. Alors ça donne des idées à Boy : il va rejoindre la civilisation et s'acheter un avion avec l'or qu'il a trouvé.

Mais au lieu de trouver la civilisation, c'est elle qui le trouvera par l'intermédiaire de l'expédition du professeur Elliot (Reginald Owen), qui comprend aussi M. O'Doul (Barry Fitzgerald), caméraman, Medford (Tom Conway) et Vandemeer (Philip Dorn) des guides  pas bien nets...
Et quand Boy leur montre l'or qu'il a trouvé, ces deux derniers personnages passent définitivement du côté obscur, prêts à tout pour trouver l'or de la montagne dont seul Tarzan connaît l'emplacement (d'où le titre).

 

Avec cette nouvelle aventure, Thorpe semble avoir trouvé le ton et le rythme  de ces aventures. Même si, pour cause de restriction budgétaire, il réutilise des séquences antérieures (surtout prises dans Tarzan s'évade, ou dans les archives animalières de la MGM déjà utilisées).

Le renouveau dont je parlais s'annonce : Thorpe introduit des éléments de la civilisation occidentale dans le monde de Tarzan : camions, caméra, cinéma. C'est une nouvelle épreuve pour lui, même s'il pressent un sort funeste. Mais la civilisation n'en porte que le nom : l'avidité de Medford et Vandemeer entraîne encore une fois des événements malheureux dont ils feront les frais (normal, les méchants sont toujours châtiés !).

Malgré ce renouveau, les vieilles recettes fonctionnent encore : pas de rivière sans crocodile, pas de sauvetage sans troupeau d'éléphant...

Le sort des porteurs s'est un (petit) peu amélioré : aucun d'eux ne tombe dans le ravin lors de l'ascension, et pas de coup de fouet, cette fois-ci. Il faut dire qu'à l'origine, l'expédition est à caractère scientifique et on imagine mal un ethnologue comme le professeur Elliot faisant marcher ses porteurs à coups de fouet ! Par contre, quand les deux affreux prennent le commandement de l'expédition, c'est à coup de fusil qu'ils se font obéir !

Malgré tout, lors des rituels cruels de la tribu hostile (incontournable) - les Jaconi - ce sont tout de même les porteurs qui sont suppliciés (réutilisation des méfaits de Tarzan s'évade). Comme toujours, l'un des éléments de l'expédition a un bon fond : c'étaient Rawlins (Herbert Mundin) dans Tarzan s'évade et Sir Thomas Lancing (Henry Stephenson) dans Tarzan trouve un fils. Ici, c'est O'Doul. Mais si les deux précédents sont abattus sans scrupule, ici, O'Doul s'en tire, et avec les honneurs. C'est d'ailleurs un personnage attachant campé par Barry Fitzgerald : Irlandais avant tout (buveur invétéré, donc), pas toujours très courageux - il rejoint Rawlins sur ce point - mais comique surtout, à l'image de l'Irlandais Michaleen Oge Flynn qu'il interprètera dans L'Homme tranquille. Une réussite.

 

Cette introduction (timide) des éléments civilisateurs annonce l'épisode suivant, qui va dans la droite ligne de celui-ci : ce sera à Tarzan d'aller à la rencontre de cette civilisation.

 

Mais ceci est une autre histoire...

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan trouve un Fils (Tarzan finds a Son! - Richard Thorpe, 1939)

Un avion survole la « jungle ». Je sais, en Afrique, il n'y a pas de jungle, on dit la savane, tout comme il n'y a pas de Tigre, n'en déplaise à Jane). Il n'empêche, il y a bien un avion qui survole cette partie de l'Afrique. A son bord, le futur Lord Greystoke (Morton Lowry), sa femme (Laraine Day) et leur héritier.

Mais des turbulences surviennent et l'avion s'écrasent. Le silence s'installe, rapidement troublé par les cris du seul sur vivant : le fils (moins d'un an). Ce sont les chimpanzés qui le découvrent et l'emmènent à Tarzan (l'immuable Johnny Weissmuller).

Tarzan est intrigué : pensez donc, un bébé. Il n'en a jamais vu sans poil. Mais rapidement, il s'apprivoisent l'un et l'autre, et comme le dit Jane (Maureen O'Sullivan, toujours aussi belle) : « Le roi a un fils ! »

Cinq ans plus tard, un nouveau safari débarque dans la province de Tarzan : ce sont les Greystoke, à la recherche d'un éventuel survivant du crash de l'avion...

 

Trois ans après le (très) moyen Tarzan s'évade, Richard Thorpe retente l'aventure d'adapter Tarzan. Et cette fois-ci, on se dit qu'il recolle au roman de Rice-Burroughs : un bébé recueilli par les singes après la mort de ses parents. Et en plus, c'est un héritier Greystoke...

Mais non. Rapidement, le bébé est refilé à Tarzan (jeté par Cheetah) pour la plus grande joie de Jane. Mais si le début rappelle le récit fondateur du mythe Tarzan, rapidement, Thorpe retourne aux codes de la série : un safari de blancs avec porteurs noirs ; une sombre histoire de profit ; les animaux des documentaires de la MGM ; et, bien entendu, une tribu (les Zambeles) hostile et cruelle qui tue ses prisonniers pour en faire des sortes de poupées réduites, après un rituel sanglant.

Cette fois-ci, ce sont deux méchants que nous avons : des parents du jeune Greystoke, attirés par l'héritage de cet enfant en Angleterre. Mais comme toujours, le plus méchant sera châtié, après destruction du village des Zambeles par une horde d'éléphants. Rien que de très normal.

L'intérêt, comme la vérité, est ailleurs : la famille de Tarzan s'agrandit.

Depuis cinq ans que le Code Hays est en vigueur, Thorpe bouscule l'ordre établi en balançant dans les bras de Tarzan un fils littéralement tombé du ciel. Or, nous savons que ce fameux Code réprouvait toute union hors mariage. Et Jane a beau prétendre que Tarzan est son mari, il n'y a pas eu de cérémonie le prouvant. Quant à un écrit, n'y pensons même pas. Ils vivent ensemble « maritalement », comme on dit de nos jours, mais pas comme l'entendaient les tenants de l'ordre moral de l'époque. Avec l'arrivée de cet enfant dans la série, c'est un tabou qui est envisagé : la relation charnelle entre Jane et Tarzan. En effet, depuis le temps qu'ils vivent ensemble, et comme Jane présente Tarzan comme son mari, on peut raisonnablement imaginer qu'ils ne font pas que dormir ensemble... Il semblait logique qu'un enfant naisse de cette union.

Mais, pas de ça dans le cinéma hollywoodien de 1939 ! Alors on fait tomber du ciel un bébé, et le tour est joué. Bien joué, monsieur Thorpe !

Pour le reste, c'est un épisode qui suit un schéma bien rôdé, même si cette fois-ci aucun porteur ne tombe dans le ravin lors de l'escalade du Mutia. Mais ce sont tout de même les Noirs les premiers sacrifiés par les Zambeles.

Et puis les traversées de rivière se font toujours avec des crocodiles alentours, et cette fois-ci, pas de bête féroce dans le tableau de chasse de Tarzan : seulement quelques mygales pas vraiment rapides, alors pas étonnant qu'elles soient éliminées.

Malgré tout, on ne peut s'empêcher de remarquer le côté déjà vu du film. Surtout pour nous, plus de soixante-quinze ans après sa sortie, qui pouvons voir et revoir cette série quand bon nous semble. N'oubliez pas que les spectateurs ont attendu trois ans pour voir cette nouvelle aventure (réjouissante). Et cette fois-ci, l'attente fut récompensée.

 

Malgré tout, il va falloir trouver autre chose pour relancer la série.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan s'évade (Tarzan escapes - Richard Thorpe, 1936)

C'est James McKay qui devait tourner le film, en 1935. Une fois terminé, la MGM a décidé que ça n'allait pas. Alors on a demandé à John Farrow de recommencer. Mais c'est finalement Richard Thorpe qui signe le produit fini.

Et quel produit ! On retrouve les ingrédients des films précédents : safari, tribu hostile et cruelle, méchant fourbe (châtié bien entendu à la fin) et animaux en pagaille (la plupart du temps des images prises sur des films documentaires de la MGM), qui contribueront au sauvetage final, comme à l'habitude.

 

On commence avec l'arrivée d'Européens, encore une fois, mais ceux-ci ont un nom qui ne nous est pas étranger, ce sont Rita et Eric Parker (Benita Hume et William Henry), les cousins de Jane (Maureen O'Sullivan, toujours là, et toujours belle). Ils sont venus la chercher pour une sombre histoire d'héritage. Pour les accueillir, un drôle de petit bonhomme, Rawlins (Herbert Mundin) qui est associé au « chef blanc » du coin, le capitaine Fry (John Buckler, malheureusement décédé peu de jours avant la sortie du film). Fry est le nouveau méchant, un mélange de Holt (Tarzan l'Homme singe) et Arlington (Tarzan et sa Compagne). Lui aussi a le réflexe de fouetter les Africains (noirs) quand ils ne veulent plus avancer. Et tout ce beau monde porte de magnifiques casques coloniaux.
Amis ce film possède tout de même quelques nouveautés :

- Jane est habillée. Finies, les peaux de bêtes qui la couvraient à peine. Cette fois - code Hays oblige - elle porte ce qui ressemble à une jupe (avec entrejambe), et pendant la (courte) séquence sous l'eau, il na pas été question de l'enlever.

- Tarzan a un mot de passe sensationnel : « Ungawa ». A peine entendu dans l'épisode précédent, il en fait un usage fréquent dans cette nouvelle aventure. C'est un mot très pratique puisqu'il signifie aussi bien « va-t-en », « allons-y », ou encore « remonte l'ascenseur s'il te plaît ».

- Tarzan et Jane ont une maison. Pas une villa, mais une habitation dans les arbres, dans le plus pur style Robinson Suisse, avec eau courante (qu'on fait monter de la rivière en bas par des bambous creux, et l'ascenseur précédemment mentionné, actionné par un éléphant.

Bref, la vie sauvage de Jane s'est grandement améliorée.

Mais pour le reste, nous assistons à une nouvelle aventure, proche des deux précédentes dont les variantes sont la cruauté de la tribu hostile : une nouvelle façon de tuer les porteurs noirs, les éléments blancs étant à chaque fois épargnés.

Et puis il y a Rawlins. C'est lui qui donne le ton comique au film. Il vole la vedette à Cheetah. Il est petit courageux de loin voire un tantinet lâche,  mais sait apprécier Tarzan à sa propre valeur. Une réussite.

Enfin, il y a le Code Hays. Quand le film sort, cela fait deux ans que les puritains ont commencé à réglementer le cinéma. Pourtant, ce même Code, à cheval sur la morale et la décence, ne relève pas un élément qui pouvait passer pour scandaleux à cette époque : Tarzan et Jane dorment sur un même lit. Tout d'abord, ce n'est pas un vrai lit, mais plutôt des peaux de bêtes disposées sur le sol, et même si nos deux héros dorment dans une maison (rudimentaire tout de même), il n'était pas possible d'y caser les deux lits jumeaux qui fleurissent dans les films des années 1930 : Jane explique qu'ils ont des nids un peu partout dans la « jungle » pour dormir ; et du point de vue de la vraisemblance de l'intrigue, ces deux accessoires auraient tout de même fait déplacés.

Reste un film tout de même mineur par rapport aux deux premiers, mais Thorpe prenait ses marques avant de tourner le suivant, qui sortira trois ans plus tard...

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #László Nemes
Le Fils de Saul (Saul Fia - László Nemes, 2015)

Terrible.

Le film s'ouvre sur un paysage vert. Flou. Une ombre s'approche jusqu'à se distinguer. C'est un homme à la lèvre tuméfiée. Il est marqué. Il est fatigué. Il s'appelle Saul (Géza Röhrig). Il est juif. Il accompagne un groupe. Il croise un soldat. C'est un Allemand. Il continue son parcours avec son groupe. Ils entrent dans un bâtiment. Une voix annonce qu'il faut se déshabiller pour aller prendre une douche. Alors Saul aide ceux qu'il a accompagnés.

La porte se ferme. Les occupants frappent à la porte. Saul et ses compagnons commencent à rassembler les effets de ceux qui sont dans la « douche ».

Saul fait partie d'un commando spécial (Sonderkommando). Il s'occupe de vider puis nettoyer les chambres à gaz.

Et puis un jour, on trouve un rescapé quand on nettoie. C'est un jeune garçon. Saul le reconnaît tout de suite : c'est son fils. Dès lors, il  n'aura de cesse de trouver un rabbin afin de l'enterrer dignement.

 

La recette du succès, c'est d'être là au bon endroit, au bon moment.

Saul est toujours au bon moment. Mais jamais au bon endroit.

Déjà, il est à Auschwitz. L'espérance vie d'un élément des Sonderkommandos est de quelques mois. Nous sommes en octobre 1944. Si près, et pourtant si loin de la fin de la guerre.

Dès le début, László Nemes prend le point de vue de Saul. Nous allons le suivre, et seulement lui. Tout est flou alentour. Seul son visage et le haut de son buste nous importent - de face, de profil, de dos -, ainsi que ceux qui gravitent assez près de lui. De temps en temps, Saul devient flou pour laisser place à la réalité : celle des camps de concentration, et entre autres les exécutions.

Pour le reste, c'est Saul qui nous intéresse.

Il est normal que le monde alentour soit flou : Saul est seul (quand on meurt, on est toujours seul), il ne doit penser qu'à sauver sa propre peau. Il n'y a pas de place pour l'altruisme. Parfois la solidarité, mais pas plus. Chacun est un mort en sursis, alors on n'a pas le temps, ni le devoir de s'attacher.

Alors Saul évolue dans cet univers - ô combien - hostile, à la recherche d'une chimère : un rabbin, un vrai.

Il y en a un, un officiel - rabbi Frankel (Jerzy Walczak) -, qui veut bien réciter un kaddish, mais pas plus. Alors Saul guette chaque nouvel arrivage à la recherche d'un autre rabbin « parmi les morts ».

 

Saul est - malheureusement pour lui - toujours « au bon endroit ». Il suit toutes les étapes de l'entreprise de mise à mort des Juifs : de l'arrivé à la dispersion des cendres dans la rivière proche. Il est là quand les « morts » arrivent, les accompagnent jusqu'aux « douches » puis nettoie les traces de leur « passage ». Il est là aussi quand l'officier allemand décide de renouveler ce Kommando. Il faudra se débarrasser de ceux qui le constituent. Il est aux premières loges aussi quand les prisonniers décident de se révolter. Il va suivre tous les faits marquants du camp, mais toujours dans sa propre bulle. Tout le reste semble irréel. Seul compte son fils et sa sépulture. Et Ella (Juli Jakab) : son ancienne femme ? La mère de son fils ?

Mais Ella l'est n'est qu'une apparition fugace. A-t-elle seulement existé ? Le paquet qu'elle lui a remis a disparu quand il doit le livrer.

On ne le sait pas.

Et puis il y a l'exclamation, par deux fois, du rabbin Frankel : « tu n'as pas de fils ! »

Saul jure que si, que c'est sa vie d'avant. Et il s'accroche à cette idée, à cet espoir jusqu'au bout. Jusqu'à la séparation inévitable : un baptême mortel.

 

Et puis on sait.

A la fin, on sait qui était le « fils de Saul ».

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cedric Gibbons, #Tarzan
Tarzan et sa Compagne (Tarzan and his Mate - Cedric Gibbons, 1934)

Un an a passé.

Harry Holt (Neil Hamilton) est retourné à son commerce. Il pense toujours à Jane (Maureen O'Sullivan). Cette fois-ci, il accueille son vieil ami Martin Arlington (Paul Cavanagh) afin de partir avec lui récupérer l'ivoire du cimetière des éléphants grâce à Tarzan (Johnny Weissmuller).

On assiste alors au départ d'une nouvelle expédition (avec plus d'hommes, surtout armés). Mais Harry ne compte pas seulement récupérer de l'ivoire. Si Jane pouvait revenir avec lui...

 

Ce deuxième opus, - avec Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan - est construit comme le premier : même objectif (l'ivoire) ; même genre d'expédition ; même itinéraire ; encre des porteurs qui tombent dans le ravin ; et encore une tribu hostile. Cette fois-ci, ce sont les Mangeurs de Lion. Enfin c'est comme ça que les appelle Tarzan. Et, bien entendu, une nouvelle charge d'animaux.

Ce qui change, c'est le ton utilisé. Ce n'est plus van Dyke, mais Cedric Gibbons, le responsable des décors de la MGM. Il sera par la suite remplacé par Jack Conway (qui n'apparaît pas dans le générique). Cet épisode de Tarzan est plus dur que le précédent. Si Harry Holt a perdu de sa méchanceté - il n'y a pas autant de scène de fouettage des porteurs noirs - son acolyte Arlington est un individu peu recommandable : coureur de jupon invétéré, il ne recule devant rien pour arriver à ses fins : il tente de séduire Jane puis essaie de tuer Tarzan. Rien que ça ! Mais la morale sera sauve, il sera châtié de sa méchanceté.
Puisqu'on parle de morale, je ne peux m'empêcher d'évoquer la séquence de bain qui fut retrouvée et remontée dans la version actuelle : Tarzan et Jane décident d'aller se baigner. Tarzan jette Jane à l'eau mais sa robe se prend aux branches et y reste accrochée. S'ensuit un ballet nautique dans lequel Tarzan se baigne avec une Jane totalement nue* ! Et ça dure, et ça dure !

Bien entendu, cette séquence - qui dormait dans les coffres de la MGM avant d'être (re)découverte - fut censurée et retirée lors de l'application du code Hays. Une autre version avait été filmée avec la jeune femme en costume deux pièces, et encore une autre sans le haut. Il va sans dire que ces deux autres versions connurent le même sort.
A propos du code Hays et de ses conséquences : le costume de Jane - parfois très lâche, ne permettant pas seulement d'imaginer (!) - va considérablement évoluer dans le prochain épisode. Ici, elle porte un deux-pièces plus que suggestif. La prochaine fois, ce sera ce qui ressemble le plus à une robe tout en permettant à Jane de garder son côté sauvageonne.

Pour le reste, Gibbons et Conway déroulent selon le modèle de van Dyke et finalement, peu de surprises. Tarzan acquiert du vocabulaire et ajoute d'autres animaux à son tableau de chasse : un rhinocéros et un crocodile. D'ailleurs, nul ne peut tomber dans une rivière ou essayer de la traverser sans faire venir ces mêmes crocodiles. C'était le cas avec van Dyke, il en va toujours de même ici.

Et Cheeta ? Fidèle à lui-même : un peu d'élément comique, et une aide précieuse pour sauver notre héroïne. Avec en plus, un épisode « familial »...

 

*Ne vous excitez pas trop : ce n'est pas Maureen O'Sullivan qui nage, mais Josephine McKim, une championne de natation américaine, qui comme Johnny Weissmuller a participé aux Jeux Olympiques de 1924 et 1928.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Woody S. van Dyke, #Tarzan
Tarzan l'Homme singe (Tarzan the ape Man - Woody S. van Dyke, 1932)

Une petite pensée pour Hubert

 

Le cri.
C'est son cri qu'on retient en premier.

C'est ce cri qui fait qu'il est Tarzan avant tout. Qu'il est le seul et unique, que les autres, même s'ils ne sont pas des copies resteront toujours loin derrière.

Tarzan, c'est Johnny Weissmuller, avant tout un athlète, mais surtout la personnification du héros d'Edgar Rice Burroughs.

Combien de générations d'enfants a-t-il fait rêver ?

 

Jane Parker (Maureen O'Sullivan) vient d'arriver en Afrique : elle y rejoint son père James (C. Aubrey Smith) qui fait du commerce avec les populations autochtone, avec son partenaire Harry Holt (Neil Hamilton).

Mais leur objectif est autre : ils veulent découvrir le fameux cimetière des éléphants afin de fournir de l'ivoire pour le monde entier (et toucher au passage la prime de 1.000.000 de Livres...). Jane est ravie de cette idée et décide de les accompagner.

Sur leur chemin, en plus des dangers intrinsèques à la savane et la brousse, un personnage enlève Jane : c'est Tarzan, un homme qui vit avec les singes et communique avec les animaux.

 

Du roman original de Burroughs, peu de choses, sinon cet homme sauvage qui vit au milieu des singes. Van Dyke part du principe que les spectateurs connaissent son histoire - malheureuse - avec la mort de ses parents. Mais surtout van Dyke met en place les personnages qui feront le succès de cette série qui comportera douze épisodes (dont la moitié avec Maureen O'Sullivan) et se poursuivra jusqu'en 1948.

Tarzan fait partie des films exotiques chers au cinéma américain, avant d'être éclipsé par les histoires fantastiques de James Whale ou encore Cooper & Schoedsack, et toute cette vague de films où les créatures d'épouvante vont se succéder pendant quelques décennies. Mais Tarzan tiendra bon et rassemblera petits et grands pour ses aventures.

L'Afrique de van Dyke est avant tout sauvage. Mais Parker et Holt sont avant tout des colons. Ils se comportent en supérieurs aux Africains. Dès le début, il y a une tentation documentaire, quand Jane arrive. Holt lui fait découvrir les peuplades avec lesquelles il traite (je n'ai pas dit qu'il les exploitait). Mais quand l'expédition se met en marche, Parker et surtout Holt montrent leur vrai visage : les porteurs sont tous noirs - ce qui est normal, c'est la population majoritaire en Afrique - et menés par Riano (Ivory Williams), qui n'hésite pas à utiliser le fouet pour faire avancer l'expédition. Et quand Riano n'y arrive plus, c'est Holt lui-même qui fouette ses porteurs afin de les faire avancer.

Une telle expédition est totalement inconcevable de nos jours - du fait de la préservation des espèces, même si ça ne décourage pas les braconniers - surtout quand on voit le nombre d'hippopotames tués lors du passage de la rivière. Et Jane n'est pas passive, tuant un hippopotame un peu trop entreprenant. Et puis ce cimetière des éléphants n'est qu'une chimère, qui fera fantasmer les chasseurs d'ivoire jusqu'au milieu du vingtième siècle.

 

Mais Tarzan, c'est aussi l'avènement du bon sauvage cher à Rousseau. Sa rencontre avec Jane le présente comme un enfant découvrant peu à peu le monde - en accéléré - et essayant de l'apprivoiser. Si la première réaction de Jane est la peur - c'est toujours pareil quand on ne connaît pas - elle ne dure pas : rapidement elle va apprécier ce rude sauvage totalement glabre (ça explique qu'il ne soit pas hirsute, comme le voudrait la logique), jusqu'à l'aimer. « Il m'appartient» finit-elle par avouer, après leurs adieux.

Et puis il y a le dernier ingrédient des films à venir : la tribu hostile. Ici ce sont des nains noirs (on a récupéré ceux qui travaillaient à la MGM et on les a carrément peints !). Ils sont cruels - c'est obligatoire - et offrent leur victime en sacrifice à un énorme gorille (Ray Corrigan). Là encore, on remarque le parti pris de l'époque : seuls les éléments noirs de l'expédition sont tués par cette créature.

Enfin, je n'oublierai pas la troisième star de ce film, après Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan : Cheeta. C'est un personnage imaginé pour le film et qui a un rôle très important. C'est lui qui va alerter Tarzan quand Jane et ses compagnons sont enlevés par les nains. Van Dyke n'hésite pas à montrer de larges séquences de ce chimpanzé, nous permettant d'admirer son adresse et son agilité.

 

A noter que les dialogues - dont le célèbre « Tarzan. Jane. Tarzan. Jane... » sont d'Ivor Novello, celui qui fut l'étrange locataire d'Alfred Hitchcock dans le film éponyme.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog