Un avion survole la « jungle ». Je sais, en Afrique, il n'y a pas de jungle, on dit la savane, tout comme il n'y a pas de Tigre, n'en déplaise à Jane). Il n'empêche, il y a bien un avion qui survole cette partie de l'Afrique. A son bord, le futur Lord Greystoke (Morton Lowry), sa femme (Laraine Day) et leur héritier.
Mais des turbulences surviennent et l'avion s'écrasent. Le silence s'installe, rapidement troublé par les cris du seul sur vivant : le fils (moins d'un an). Ce sont les chimpanzés qui le découvrent et l'emmènent à Tarzan (l'immuable Johnny Weissmuller).
Tarzan est intrigué : pensez donc, un bébé. Il n'en a jamais vu sans poil. Mais rapidement, il s'apprivoisent l'un et l'autre, et comme le dit Jane (Maureen O'Sullivan, toujours aussi belle) : « Le roi a un fils ! »
Cinq ans plus tard, un nouveau safari débarque dans la province de Tarzan : ce sont les Greystoke, à la recherche d'un éventuel survivant du crash de l'avion...
Trois ans après le (très) moyen Tarzan s'évade, Richard Thorpe retente l'aventure d'adapter Tarzan. Et cette fois-ci, on se dit qu'il recolle au roman de Rice-Burroughs : un bébé recueilli par les singes après la mort de ses parents. Et en plus, c'est un héritier Greystoke...
Mais non. Rapidement, le bébé est refilé à Tarzan (jeté par Cheetah) pour la plus grande joie de Jane. Mais si le début rappelle le récit fondateur du mythe Tarzan, rapidement, Thorpe retourne aux codes de la série : un safari de blancs avec porteurs noirs ; une sombre histoire de profit ; les animaux des documentaires de la MGM ; et, bien entendu, une tribu (les Zambeles) hostile et cruelle qui tue ses prisonniers pour en faire des sortes de poupées réduites, après un rituel sanglant.
Cette fois-ci, ce sont deux méchants que nous avons : des parents du jeune Greystoke, attirés par l'héritage de cet enfant en Angleterre. Mais comme toujours, le plus méchant sera châtié, après destruction du village des Zambeles par une horde d'éléphants. Rien que de très normal.
L'intérêt, comme la vérité, est ailleurs : la famille de Tarzan s'agrandit.
Depuis cinq ans que le Code Hays est en vigueur, Thorpe bouscule l'ordre établi en balançant dans les bras de Tarzan un fils littéralement tombé du ciel. Or, nous savons que ce fameux Code réprouvait toute union hors mariage. Et Jane a beau prétendre que Tarzan est son mari, il n'y a pas eu de cérémonie le prouvant. Quant à un écrit, n'y pensons même pas. Ils vivent ensemble « maritalement », comme on dit de nos jours, mais pas comme l'entendaient les tenants de l'ordre moral de l'époque. Avec l'arrivée de cet enfant dans la série, c'est un tabou qui est envisagé : la relation charnelle entre Jane et Tarzan. En effet, depuis le temps qu'ils vivent ensemble, et comme Jane présente Tarzan comme son mari, on peut raisonnablement imaginer qu'ils ne font pas que dormir ensemble... Il semblait logique qu'un enfant naisse de cette union.
Mais, pas de ça dans le cinéma hollywoodien de 1939 ! Alors on fait tomber du ciel un bébé, et le tour est joué. Bien joué, monsieur Thorpe !
Pour le reste, c'est un épisode qui suit un schéma bien rôdé, même si cette fois-ci aucun porteur ne tombe dans le ravin lors de l'escalade du Mutia. Mais ce sont tout de même les Noirs les premiers sacrifiés par les Zambeles.
Et puis les traversées de rivière se font toujours avec des crocodiles alentours, et cette fois-ci, pas de bête féroce dans le tableau de chasse de Tarzan : seulement quelques mygales pas vraiment rapides, alors pas étonnant qu'elles soient éliminées.
Malgré tout, on ne peut s'empêcher de remarquer le côté déjà vu du film. Surtout pour nous, plus de soixante-quinze ans après sa sortie, qui pouvons voir et revoir cette série quand bon nous semble. N'oubliez pas que les spectateurs ont attendu trois ans pour voir cette nouvelle aventure (réjouissante). Et cette fois-ci, l'attente fut récompensée.
Malgré tout, il va falloir trouver autre chose pour relancer la série.
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