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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Laurel & Hardy, #Jess Robins
Le Veinard (The lucky Dog - Jess Robins, 1921)

Il vient d'être chassé par sa logeuse : son loyer commençait à atteindre des sommes comparables au budget de la Défense.

Le voilà à la rue : au sens propre comme au sens figuré.

C'est là qu'il fait la rencontre de sa vie : un chien, bâtard magnifique.

Il rencontre aussi une jeune femme (Florence Gilbert), malheureusement accompagnée.

Qu'à cela ne tienne, il engage tout de même la conversation.

Et c'est formidable : elle adore les chiens !

Et comme dans Une Vie de chien, ce dernier est le déclencheur du bonheur du héros.

 

Il - le héros - c'est Stan Laurel, la vedette du film. Oliver Hardy n'est qu'un faire-valoir occasionnel. Il ne s'agit pas de leur première véritable collaboration, comme on l'imagine habituellement, chacun étant complémentaire de l'autre. Il s'agit avant tout d'un film de Laurel dans lequel Hardy a un petit rôle, tout comme Jack Lloyd qui joue l'amoureux de la jeune femme. Mais cela n'empêche pas deux confrontations entre ces deux géants, pour notre plus grande joie.

Leurs apparences sont très différentes. L'unité de costume viendra :

- Laurel est un jeune dandy à la démarche un tantinet alcoolique (ce qui est possible, vu son attirance vers la dive bouteille),  porte un canotier sur une chevelure bien partagée par une raie légèrement à gauche. Ce n'est pas un personnage geignard comme on le découvrira avec Hardy, mais s'il montre un peu de courage, il a facilement peur. Il est entreprenant avec les demoiselles, même si elles sont accompagnées. C'est un personnage tout à fait normal, une espèce de grand échalas aux manières pas toujours bien correctes.

- Hardy n'est donc qu'un personnage secondaire. Vêtu de sombre, il a déjà la moustache et une lâcheté à fleur de peau (voir la scène du pistolet). Il est en outre affublé de sourcils très épais, ce qui accentue son côté méchant (méfiez-vous des gens aux gros sourcils !). Son utilisation subalterne ne lui permet pas de s'exprimer autant que Laurel, mais leurs rencontres laissent présager des possibilités alléchantes.

Leur première rencontre se passe en pleine rue : Hardy est un malfrat qui détrousse les passants. Et ça se conclut chez la jeune femme, avec la belle scène du pistolet chargé qui ne veut pas tirer.

Pour le reste, ce n'est pas une histoire bien rigoureuse, mais que nous importe : il fallait faire rire (même avec une histoire  un peu bancale).

Et de ce côté-là, c'est réussi.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #F. W. Murnau, #Muet, #Comédie dramatique
L'Aurore (Sunrise: A Song of two humans - Friedrich Wilhelm Murnau, 1927)

La lune s'est levée, pleine. Un homme - Ansass (George O'Brien) - avance dans la lande à sa lumière. Il est venu rejoindre sa maîtresse : une femme de la ville (Margaret Livingston). Elle est belle, elle est brune, elle est libre, elle fume, et comble de l'audace : sa jupe monte au-delà de la cheville !

Alors pour cet homme de la campagne, elle personnifie tout ce qui lui est étranger mais le fait rêver : la ville et ses plaisirs, son faste, ses frasques.

Entre eux deux, c'est la passion : elle veut qu'il quitte tout pour elle et vienne la rejoindre à la Ville. Mais il y a sa femme, Indre (Janet Gaynor). Pour elle aussi, c'est la passion. Mais dans le sens premier du terme : la douleur. La douleur d'avoir perdu celui qu'elle aimait, la douleur d'être seule, avec son enfant ou dans son grand lit.

Alors quand il lui propose de l'emmener de l'autre côté du lac, elle veut saisir cette dernière chance de le retrouver. Mais il n'a qu'une idée en tête : s'en débarrasser pour vivre avec l'autre, l'étrangère de la ville.

 

La quintessence du film muet. L'un des plus beaux films jamais réalisés, par l'un des plus talentueux des maîtres du cinéma.

Malheureusement, ce film n'est véritablement connu que des inconditionnels de ce même cinéma muet, parmi lesquels le professeur célèbre Allen John et moi-même. Surtout lui, d'ailleurs. Et malheureusement très rarement programmé à la télévision, encore moins au cinéma.

Quel film, pourtant. C'est justement alors que le cinéma va subir sa pire révolution (le parlant) que s'enchaînent les films parmi les plus aboutis. En 1927, en plus de l'Aurore, on peut voir Metropolis de Fritz Lang, The Lodger d'Alfred Hitchcock, Le Roi des rois de Cecil B. DeMille, L'inconnu et London after Midnight de Tod Browning, Casanova de Volkoff, et l'incontournable Napoléon d'Abel Gance ! (il y en a même qui ont vu Octobre, mais ça, c'est juste pour faire sourire mon ami Allen John !)

Le cinéma est arrivé à maturité. Et Murnau est certainement celui qui le montre à la perfection avec ce magnifique film (euphémisme !).
C'est une féérie d'images, un festival de techniques cinématographique et un jeu impressionnant de deux grands acteurs : George O'Brien et (surtout) Janet Gaynor. Et il y a un côté Lillian Gish chez elle...

 

Tout le cinéma est là :

- La première rencontre entre Ansass et la femme se situe sous la lune (l'autre personnage important du film, révélateur des émotions et des péripéties) , symétriquement à l'astre nocturne, faisant suite à un travelling dans la lande amenant une caméra subjective écartant les branches d'un saule, afin de révéler la présence de la femme.

- Alors qu'Ansass étreint sa maîtresse, dans le même temps, Indre embrasse son enfant, pleurant ses amours mortes, dans un montage parallèle très pertinent.

- Surimpressions lors de la séquence d'ouverture ou pendant la fête foraine donnant un sentiment d'euphorie et de foule, mais aussi dans un moment d'intimité où Ansass repense à cette femme. Ce souvenir nous apparaît alors et le caresse tendrement.

Pour paraphraser Chaplin dans The Kid, il s'agit d'« un film avec une larme, et peut être un sourire. »

 

Parce qu'en plus de nous raconter une histoire d'amour malheureuse, Murnau glisse quelques éléments comiques assez irrésistibles : chez le photographe (J. Farrell McDonald, avec des cheveux !), au bal avec la femme dont les bretelles de la robe tombent...

Mais c'est avant tout la relation entre Indre et Ansass qui nous tient en haleine tout le long du film. Ce retour de flamme - des braises au début, puis un feu de joie - s'il s'inscrit dans une morale de bon ton est tout de même impressionnant.  De bon ton car l'adultère est toujours mal vue, et aussi parce que la femme de la ville a un genre peu recommandable, par rapport à cette jeune paysanne.
Paysanne, mais d'où ?

Murnau, en signant ce premier film américain brouille volontairement les cartes (géographiques). Et il l'annonce dès le début : il s'agit d'une histoire intemporelle et universelle. Elle peut se passer n'importe où, n'importe quand !

 

Quand ils arrivent dans la grande ville, de par sa foule et son effervescence, on se croirait dans Le dernier des Hommes. Alors on pense à Berlin, que Murnau vient de quitter. Mais la séquence dans la fête foraine nous fait penser à Coney Island, et donc les Etats Unis où Murnau vient de débarquer. Le tramway non plus ne nous aide pas : on en trouve un à Berlin comme à San Francisco !

Et les deux protagonistes principaux ne nous aident pas non plus. Si Ansass a plutôt le type américain, Indre, de par sa coiffure et son habillement ressemble plutôt à une jeune Allemande. Alors...

Mais est-ce là le plus important ? Murnau réussit à faire un film allemand en Amérique : le cinéma est bel et bien un art universel.

 

Et quand enfin l'aube paraît... Je n'en dis pas plus, vous irez vous rendre compte par vous-même !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Muet, #Comédie
Monte là-dessus ! (Safety Last! - Sam Taylor, Fred C. Newmeyer, 1923)

Un jeune homme, Harold (Lloyd), derrière des barreaux, dit adieu à sa fiancée Mildred (Davis).

Derrière lui, une potence avec une corde.

Il est prêt pour le long voyage.

En effet, il va prendre le train, et la potence n'est autre qu'un relai de poste pour le machiniste.

Dès la première séquence, le ton est donné qui prévaudra pour tout le film : la vérité est ailleurs.

Le film n'est qu'une succession de mensonges : le spectateur en est la première victime, puis ce sont la bien aimée de Harold et les gens qui travaillent avec Harold au magasin, directeur inclus.

Harold fait croire à sa logeuse qu'il est absent, se fait passer pour un mannequin d'exposition, et surtout se fait passer pour un homme fortuné qui a réussi dans la grande ville auprès de sa fiancée.

Alors évidemment, quand elle décide de lui rendre une visite surprise, les choses se gâtent.

Mais comme il n'est plus à un mensonge près...

 

On retrouve le trio Hal Roach, Sam Taylor et Jean C. Havez pour l'une des comédies les plus célèbres avec Harold Lloyd, si ce n'est la plus connue.

Elle est célèbre pour la scène - devenue culte - du jeune homme accroché à l'aiguille d'une horloge murale, en haut du Bolton Building. Elle se situe dans une séquence où Harold se fait passer pour un monte-en-l'air escaladeur de buildings comme on en trouvait à cette époque aux Etats-Unis, un de ces aventuriers des temps modernes qui voulaient faire parler d'eux en prenant des risques insensés.
Et pourtant, cette séquence arrive seulement à la fin du film, pendant les vingt dernières minutes.

Avant cela, on s'en sera donné à cœur joie dans le magasin en suivant Harold se dépêtrer

- d'une bande de mégères venues le harceler à son rayon - textiles - s'arrachant sa présence pour obtenir satisfaction dans leur commande ;

- de sa fiancée venue lui rendre visite, et donc se faire passer pour ce qu'il n'est pas auprès d'elle comme des autres employés !

Les scènes dans le magasin sont toutes plus drôles les unes que les autres, Harold jonglant entre sa fiancée, ses clientes et ses collègues pour notre plus grand bonheur.

Mais bien entendu, c'est tout de même la séquence d'escalade qui marque le plus. Il s'agissait d'un mensonge supplémentaire : se faire passer pour l'escaladeur - en fait son meilleur ami (Bill Strother) - et échanger avec cet ami en cours d'ascension, sans que personne ne s'en aperçoive.

Mais il faut bien que le menteur soit pris à son propre piège. Et c'est bien Harold qui va grimper tous les étages, sous les yeux de la foule ébahie, ainsi que ceux de Mildred, effrayée de le voir prendre tant de risques.

Quels risques, d'ailleurs ? Tomber ? Pas de si haut que ça, si on en croit le documentaire The third Genius (1989) de Kevin Brownlow et David Gill : tout a été fait en studio. Mais c'est là qu'est le sublime : ça ne se voit pas (sauf si on connaît les trucs, et même dans ce cas). C'est magnifique ! Cela n'aurait tout de même pas empêché Harold Lloyd de se casser un membre en cas de chute, tout de même. Et en plus, il avait déjà perdu deux doigts sur un autre film !

En plus d'être le film le plus connu de Harold Lloyd, c'est aussi celui qui verra sa dernière collaboration avec Mildred Davis. Maintenant qu'ils sont mariés, elle ne tournera plus (sauf en 1927 : Too many Crooks, son vrai dernier film).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Burton, #Comédie dramatique, #Danny DeVito
Big Fish (Tim Burton, 2003)

Edward Bloom (Ewan McGregor quand il est jeune, Albert Finney quand il est vieux) ne séduit pas, il envoute. Il a toujours une anecdote pour chaque moment de sa vie. Alors on l'écoute, et on se prend à rêver.

Pour son fils Will (Billy Crudup), c'est avant tout un baratineur. Il faut dire qu'il n'était pas là pour sa naissance, alors ça donne un motif de fâcherie. Et puis ses histoires, il les a tellement entendues qu'il s'en est lassé.

Mais maintenant, Edward est en train de mourir, et Will se dit qu'il serait temps de faire la paix. Même s'il faut pour cela l'entendre à nouveau narrer ses aventures abracadabrantesques.

Il se rend avec sa femme Joséphine (Marion Cotillard), qui elle, ne connaît pas toutes ces histoires...

Alors Edward raconte, une dernière fois, et nous spectateurs, découvrons ce monde (presque) fabuleux qui nous emmène de Ashton, Alabama à... Ashton Alabama. Mais en passant par Le Japon et la mystérieuse ville de Spectre où il n'était pas attendu si tôt ; rencontrant une sorcière (Helena Bonham Carter), Karl - un géant - (Matthew McGrory), Amos - un directeur de cirque - (Danny deVito), Jing & Ping - des siamoises - (Ada & Arlene Tai), et bien sûr celle qui sera sa femme : Sandra (Alison Lohman quand elle est jeune, Jessica Lange, quand elle est âgée).

 

Toutes ces histoires sont des prétextes. Prétexte à raconter pour Edward, prétexte à se fâcher pour Will. Mais Will n'a pas encore compris que son père ne vit qu'e par et pour ses histoires. Pour Will, c'est un tissus de mensonges sans cesse développé, renouvelé, embelli. Il ne supporte plus les élucubrations de ce père à l'imagination débordante. Mais pour Tim Burton, un personnage pareil est une aubaine. Son imagination débridée lui permet un véritable feu d'artifices d'images et de couleurs, dans des décors trop bien arrangés pour être vrais.

Mais c'est aussi l'occasion de s'arrêter sur les relations familiales entre un père encombrant et un fils avide de vérité quant à ses racines.

 

Les enfants ont toujours cette peur d'avoir été abandonnés à la naissance et adoptés par une autre famille. Ils ont besoin d'être rassurés, d'être confortés quant à leurs réelles racines. Et Edward n'est pas un parent très rassurant, racontant chaque épisode de sa vie antérieure comme s'il s'agissait d'une superproduction hollywoodienne, où tout s'enchaîne en dépit de la vraisemblance. Peu importe la vraisemblance, d'ailleurs, pour Edward, qui semble avoir fait sienne la citation de Boris Vian : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. »

Et comme toujours dans ces cas-là, cette réalité virtuelle a une base très réelle. Il a suffi à Edward de grossir très légèrement sa réalité pour la rendre féérique.

 

Mais finalement, ne faisons-nous pas tous un peu comme Edward ? Quand nous racontons une (més)aventure qui nous est arrivée, n'enjolivons-nous pas la réalité (à notre profit, bien sûr) ?

Et pour Edward, raconter sa vie de cette façon, n'est-ce pas finalement faire preuve d'une forme d'altruisme : en sublimant la réalité pour son auditoire, ne la rend-il pas un peu plus facile à affronter, voire à supporter ? 

Quant au gros poisson du titre, il est là. Tout le temps.

Il suffit d'ouvrir son esprit, et il apparaîtra. Tout d'un coup.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lacombe, #Henri-Georges Clouzot, #Policier
Le Dernier des six (Georges Lacombe, 1941)

Six copains dans un meublé. Un soir, la fortune leur sourit. Enfin.

Alors ils partagent le pactole et se séparent. Rendez-vous dans cinq ans.

D&ans cinq ans, l'argent qui aura fructifié sera redistribué.

Sauf que cinq ans après, un mort, puis un autre, puis un autre...

Heureusement (pour les survivants), le commissaire Wens veille au grain.

 

 « Patient mais... » (vous y ajoutez ce que vous voulez)

L'une des sorties les plus célèbres du commissaire Wenceslas Voroboetchik (Pierre Fresnay), dit Wens.

Il faut dire que vivre avec Mila Malou (Suzy Delair) oblige à la patience. Parce que, si cette jeune femme n'influe pas sur l'intrigue, elle le fait sur son compagnon. Et sur le spectateur !

Quelle emm... !

C'est Georges Lacombe qui dirige, mais c'est bel et bien Clouzot qui adapte. Tout est prêt pour qu'il passe derrière la caméra : Wens, Mila, des cadavres qui tombent comme des mouches, et des petits gestes. Des doigts qu'on tapote sur les carreaux, des accord qu'on plaque sur un piano, des cartes qu'on bat sans cesse, une pipe qu'on tape sur un livre dans le but illusoire de la vider, une feuille de papier qu'on ne cesse de déchirer... L'impatience absolue.

Tous ces petits gestes qui font que ces acteurs sont avant tout des êtres humains. Parce que Clouzot est le cinéaste de l'humain. Et Lacombe est un véhicule habile pour amener les images du (futur) maître. On ne sent presque pas sa patte.

Mais comme tous les êtres humains, ils sont attirés par l'argent. Enfin, surtout un sur six... Celui qui héritera au final !

On pense à Agatha Christie et ses Dix petits Nègres, bien entendu, mais nous sommes dans un film qui n'a absolument rien d'anglais. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir le numéro de tireur d'élite de Lolita (Michèle Alfa) - une femme, ça change, non ? - pour en être sûr : parmi les cibles, beaucoup de jeunes femmes dénudées : pas de volonté esthétique. Juste des femmes (presque) nues.

 

L'année suivante, ce même Clouzot, avec Pierre Fresnay et Suzy Delair nous proposera une nouvelle adaptation de Steeman. Et en plus, Jean Tissier sera du voyage.

Mais cette fois-ci, les personnages auront un peu plus d'épaisseur, et l'intrigue un peu plus de surprise...

Et quand Mila déclarera à l'imprésario : « Et pourtant monsieur j'ai du talent. Ca ne sait pas encore, parce que je le retiens, je le renferme, pour pas qu'il s'échappe... », c'est l'impression que nous avons en regardant ce film !

 

Encore un an et Clouzot pourra enfin faire du Clouzot !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ted Post, #Western, #Clint Eastwood
Pendez-les haut et court (Hang'em high - Ted Post, 1968)

C'est la fête à Fort Grant (Oklahoma).

Tout le monde est venu.

Il y en a qui viennent de loin, qui sont arrivés la veille et ont campé en dehors de la ville.

Ils sont venus en famille, avec les enfants sur les épaules, pour qu'ils voient mieux le spectacle.

Ca chante des cantiques, ça s'amuse, ça rit. Il y a des vendeurs de bière pour les grands (il fait chaud) et de salsepareille pour les petits.

Même le pasteur est là. C'est d'ailleurs lui qui dirige les chants et encadre le spectacle.

Et quel spectacle : une pendaison. Mieux même six d'un coup !

 

Le seul que ça n'intéresse pas, c'est Jed Cooper (Clint Eastwood). Il faut dire que les pendaisons, il en a soupé : il a été pendu (« une erreur judiciaire ») par une bande de justiciers adeptes des principes du juge Lynch.

Depuis, il est marshal pour le juge Fenton (Pat Hingle), surnommé « the hanging judge » (le juge qui pend), personnage créé d'après le juge Isaac C. Parker qui officiait à Fort Smith (Nevada), et était réellement affublé de ce surnom.

Cooper n'est pas marshal par sens du devoir : il veut retrouver et punir ceux qui ont voulu le pendre.

 

Premier western sans Sergio Leone pour Clint Eastwood, après la trilogie de l'Homme sans nom. Son personnage a un nom. Il a même un passé (ancien homme de loi). On pourrait presque rêver qu'il a un avenir.

Et cette fois-ci encore, il la joue personnelle. Accepter l'étoile de marshal, c'est pouvoir se venger légalement. Parce que Cooper n'a que cette idée en tête. Même dans un état désespéré, il ne renonce pas. C'est même ce qui le maintient en vie. Jusqu'à sa rencontre avec Rachel (Inger Stevens), une autre victime en quête de vengeance.

L'action se situe à la fin du XIXème siècle (l'Oklahoma a été ouverte à la colonisation en 1889, alors que la civilisation avait (presque) gagné tous les territoires américains. Malgré tout, Fort Grant est le seul endroit d'Oklahoma où la justice s'exerce légalement. C'est pour lutter contre les dérives expéditives - dont il fut une victime - que Cooper travaille avec Fenton. Mais malgré cela, il ne peut s'empêcher de critiquer cette soi-disant justice. Mais Fenton doit exécuter les criminels. C'est sa façon d'installer la Loi sur ce territoire.

 

Mais quelle justice, tout de même. Le procès est essentiellement à charge, le juge muselant Cooper afin de condamner un maximum de personnes, montrant ainsi la force de son tribunal.

Et pourtant. Il suffit de voir son visage, au moment des pendaisons simultanées pour comprendre que cette justice ne le satisfait pas complètement. Il y a du regret dans ce visage.

Mais le devoir l'emporte, avec les vies des suppliciés, dans une exécution qui devient un spectacle familial, où les citoyens se retrouvent, heureux de partager un moment de réjouissance. [Ce fut longtemps le cas en France, où les exécutions publiques étaient très courues, ne l'oublions pas !]

 

Après Furie (1936) et L'étrange Incident (1943), ce nouveau film décrit cette « justice » sommaire. Mais le ver est dans le fruit : Cooper ne peut pas être partial dans sa traque des responsables de son propre lynchage. De plus, il sait que ceux qu'il ramènera seront condamnés, « pour l'exemple», comme on dit dans ces cas-là.

Est-ce bien là la Justice ?

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Aventures
Master and Commander : de l'autre côté du monde (Master and Commander: the far side of the world - Peter Weir, 2003)

L'Atlantique.

Immense.

Indomptable.

Indompté.

Au milieu (?), HMS Surprise, navire de guerre commandé par le capitaine Lucky Jack Aubrey (Russel Crowe).

Son objectif : l'Achéron, frégate française en route vers le pacifique, pour y déplacer un peu plus la guerre entre l'Angleterre et la France de Napoléon.

C'est dans une brume épaisse que commence le film, et c'est sur un enfumage qu'il se termine. La boucle est bouclée, à défaut de tour du monde.

Mais comme l'indique le titre, c'est de l'autre côté du monde (le nôtre) que tout se joue.

C'est là qu'il faudra choisir entre la guerre et la paix, entre le savoir et l'ignorance, entre la barbarie et la civilisation.

 

Peter Weir, je l'ai déjà dit, est le cinéaste du passage. Et là encore, on assiste à différentes évolutions.

Un véritable passage physique, et pas des moindres : le Cap Horn, véritable tour de force maritime, et hantise des marins.

Passage initiatique, ensuite, où les (très) jeunes cadets subissent un terrible baptême du feu lors d'un abordage non moins terrible.

Passage vers un autre monde enfin, dans les Iles Galápagos - véritable lieu exotique s'il en est - où le docteur Mathurin (Paul Bettany), le temps d'un répit, peut découvrir un nouveau monde, véritable paradis terrestre pour la diversité de sa faune, et pour le naturaliste qu'il est.

Nous sommes en 1805, Nelson n'a pas encore été tué à Trafalgar, et Darwin - dont l'ombre plane au-dessus des Galápagos - n'est pas encore né.

 

Dans la Surprise, c'est un univers d'homme. La seule évocation féminine du film - mis à part le genre féminin d'un navire en Anglais - ce sont les femmes qui participent à la séance commerciale, lors d'une escale imprévue. Pour le reste, ce ne sont que des hommes. Des enfants même, tel le cadet Blakeney (Max Pirkis), pour qui ce voyage sera celui qui le fera passer de l'enfance à l'âge adulte, de la façon la plus rude qui soit.

 

Tous ces hommes sont Anglais - même les Irlandais comme Mathurin - et forment une communauté tendant à la fraternité. Ce lien très fort entre des êtres d'une même communauté est l'autre constante des films de Weir. Ici, c'est marins ne sont pas les joyeux pirates qu'on trouve dans Le Capitaine Blood, mais ils sont tout aussi efficaces.
Et là où Curtiz nous faisait voir un abordage romantique, Weir nous décrit froidement ce que devait être réellement ce passage d'un bateau à l'autre, avec un seul objectif en tête : tuer avant d'être tué. Le tout avec un réalisme formidable.

 

De plus, Weir recrée avec beaucoup de talent la vie à bord, entre deux escales, entre deux combats. Ce que vivent les hommes, leurs moments de joie comme les moments de désespoir - quand le bateau est immobilisé - ainsi que les rancœurs inévitables, les décisions douloureuses, et les morts qu'on place dans un sac de toile, puis qu'on coud avant de les passer par-dessus bord, en attendant que la mer les rende, au Jugement dernier.

Lucky Jack est un capitaine qu'on veut suivre, malgré sa justice parfois rude, et son idée des rapports entre les officiers et les hommes de main. Mais les incidents de la Bounty ont fait leur œuvre, et Aubrey est tout sauf Bligh.

 

Les deux hauts lieux de ce film sont le bateau, bien sûr, mais aussi les Galápagos. C'est à mon avis le lieu charnière de l'intrigue : c'est là que le docteur découvre un autre monde, mais c'est aussi là qu'il se soigne suite à sa blessure. C'est là qu'il pourra faire ses observations, mais c'est aussi là que se jouera l'avenir du conflit entre l'Achéron et la Surprise.

C'est aussi grâce à cette halte au cœur de cet archipel que l'enfumage susdit va naître, rien qu'en observant cette nature en perpétuelle évolution.

 

Mais chut, ne parlons pas d'évolution, rappelez-vous : Darwin n'est pas encore né !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Howard Hawks, #Marilyn Monroe
Les Hommes préfèrent les blondes (Gentlemen prefer Blondes - Howard Hawks, 1953)

Elles sont deux.

Elles sont belles.

Elles sont craquantes.

Elles chantent, elles dansent.

L'une est brune, l'autre est blonde.

La brune, c'est Dorothy (Jane Russel).

La blonde, c'est Lorelei (Marilyn Monroe).

 

Ce sont les meilleures amies du monde. Mais...

Mais elles ne voient pas la vie de la même façon : quand Lorelei s'extasie devant la fortune d'un riche héritier, Dorothy flashe sur les corps d'athlètes de l'équipe olympique.

Parce que c'est là que leurs mentalités varient.

Lorelei n'aiment que les hommes riches. Dans la mythologie germanique, la Lorelei attire les marins vers ses récifs, causant leur perte. Ici, les hommes riches ont remplacé les marins... Mais elle les attire aussi facilement.

Son deuxième rêve, dans la vie (après épouser un millionnaire), c'est que Dorothy épouse un homme riche.

Mais Dorothy déteste les hommes riches. Elle ne rêve que d'un jeune homme bien fait de sa personne qui lui propose une vie tout à fait normale.

 

Howard Hawks se met au musical. Le temps d'un film, il nous plonge dans un univers enjolivé où les paquebots sont remplis de riches héritiers (avec leurs valets) et Paris un immense supermarché de vêtements, où tous les problèmes se règlent grâce à des chansons.

Alors on savoure ce monde artificiel où évoluent les deux magnifiques femmes.

C'est aussi le tournant dans la carrière de Marilyn : elle se lance dans la comédie pour un rôle de premier plan. Elle est très belle, alors on se dit qu'elle est idiote. Et on n'a pas (totalement) tort. Elle manque cruellement de culture, mais peu lui importe, elle a un objectif et s'emploie à le réaliser. Et tant pis si elle passe pour une gourde, parce que finalement, on se rend compte qu'elle n'est pas si bête que ça. Et puis elle chante si bien...

 

Mais Les Hommes préfèrent les blondes, c'est aussi l'occasion de voir deux bombes sexuelles des années 1950, toutes les deux célèbres pour leur côté provocant :

- Jane Russel et ses poses lascives dans Le Banni n'ont pas laissé insensibles les hommes plus ou moins jeunes qui ont pu voir ce film ;

- Marilyn Monroe était célèbre aussi pour avoir posé dans un calendrier avec « moins que rien comme costume » - comme disait Brassens - l'année précédente.

Et là encore, cette association est magnifique : elles sont époustouflantes !

 

Et puis il y a les chansons. On retiendra A Little Girl from Little Rock, qui ouvre et ferme le film, ainsi que l'incontournable Diamonds are a girl's best Friend, où Marilyn est inoubliable, dans une chanson qui colle tout à fait à son personnage.

Une petite mention enfin pour Charles Coburn, qui joue un Lord « Piggie » Beekman très british et très comique, l'œil égrillard jusqu'au moment où Lady Beekman pointe son nez (et sa lèvre supérieure bien rigide) ; ainsi qu'une pensée pour George Winslow qui joue un très jeune riche héritier (il avait sept ans quand le film est sorti), complice de Lorelei dans une position inconfortable, voire incongrue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Alfred Hitchcock, #Thriller
C'est lui (Revenge - Alfred Hitchcock, 1955)

Elsa et Carl Spann sont un jeune couple qui vit dans une caravane, quelque part sur la côte de Californie. Ils sont ici car Elsa (Vera Miles) souffre de dépression, et le bord de la mer peut l'aider.

Pendant que Carl (Ralph Meeker) va travailler, elle prend le soleil, et accessoirement prépare des gâteaux.

Autrement, elle prend le soleil, en bikini, sous l'œil un tantinet envieux de sa voisine, Mrs Fergusen (Frances Bavier).

Quand Carl rentre en fin d'après midi, le gâteau est brûlé, et sa femme gît dans la chambre : elle a été agressée.

Carl n'a plus qu'une idée, se venger de son agresseur.

 

Le tracé de la silhouette d'un gros bonhomme, la musique de la Marche funèbre d'une marionnette de Charles Gounod, et l'inscription Alfred Hitchcock presents apparaît. L'ombre du maître s'ajuste sur le profil dessiné. Le spectacle peut commencer.

C'est ainsi que les téléspectateurs ont pu voir le premier épisode de cette nouvelle série d'histoires à suspense, le 6 octobre 1955.

Hitchcock ne fait pas qu'apparaître dans le générique, il présente cette « nouvelle » série télévisée. Comme c'est le premier épisode, pas de mise en scène particulière, comme ce sera le cas plus tard. Mais il y a déjà la pointe d'humour britannique qui fit son succès : « Le crime ne paie pas... Même à la télévision ! Il vous faut un sponsor. »

 

C'est l'Amérique des années 1950, celle de la consommation, de l'électroménager et - un peu - de l'insouciance. Il s'agit d'une période de prospérité économique qui permet à Carl de changer de travail à sa convenance (il est ingénieur). Elsa est femme au foyer, comme la majorité des Américaines : elle n'a pas supporté l'affluence de bonheur entre son métier de ballerine et son mariage. Elle essaie alors de faire un gâteau, pour faire plaisir à son mari.

Et là intervient l'ellipse habile : Carl rentre, la cuisine est enfumée - les gâteaux sont brûlés - et sa femme gît entre les deux lits. [N'oublions pas que le Code Hays est toujours en activité, et il n'est pas concevable que deux époux couchent dans le même lit, à moins qu'ils s'appellent Katharine Hepburn et Spencer Tracy]

Alors Carl va se venger.

Elsa reconnaît son agresseur, il le suit à son hôtel, une clé plate (de 16 ?) dans la manche. Ils montent ensemble. Il va le tuer. Mais plus que le meurtre en lui-même, c'est la façon de le filmer qui fait toute la différence. Carle entre derrière l'homme au complet gris (Ray Montgomery), on voit son reflet dans le miroir de la chambre puis il suit l'homme et nous ne voyons plus que les ombres des deux protagonistes, sur le mur où pend ce même miroir, pendant que la bande-son nous transmet le bruit des coups : court, sec, sourd et pourtant fort? C'est un vrai bruit de mort.

Carl a rendu sa justice.

Mais...

Mais cette série se caractérise aussi par un retournement de dernière minute, un basculement ultime qui oriente l'histoire - et la fin - vers une autre direction.

Laquelle ?

Allez voir...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Julien Duvivier, #Jean Gabin, #Guerre, #Drame
La Bandera (Julien Duvivier, 1935)

Rue Saint Vincent, Paris XVIIIème.

A un jet de pierre du Sacré Cœur, un couple ivre titube dans la rue.

Un homme sort d'une maison, en catimini.

La femme lui tombe dans les bras, sous un réverbère.

Il se dégage et s'en va.

La femme s'essuie le ventre : l'empreinte d'une main ressort sur son haut clair.

Cette empreinte, c'est du sang.

L'homme qui s'enfuit, c'est Gilieth (Jean Gabin).

La Bandera, c'est un bataillon de légionnaires espagnol. Les légionnaires viennent de partout. Ils ont chacun leur secret, et mourront avec. Gilieth, lui, fuit la police depuis cette nuit, rue Saint Vincent. Car, après une cavale désastreuse, et pour pouvoir manger, Gilieth s'est engagé dans la Légion, en même temps que Mulot (Aimos) et Lucas( Robert Le Vigan). Et si avec Mulot, c'est la grande amitié, avec Lucas, il en va autrement. Normal, Lucas est un policier, à la poursuite du meurtrier... De la rue Saint Vincent.

 

Voici - à mon avis - le film qui a vraiment lancé Gabin. Celui de la naissance du mythe, comme on dit. Nous sommes dans un film de Julien Duvivier, alors évidemment, ça doit mal se terminer. Mais qu'importe. Gabin est là, avec sa belle gueule, ses yeux bleus et sa prestance. Il est un légionnaire qui cherche l'apaisement, mais est poursuivi (sinon harcelé, comme on dit de nos jours) par un autre légionnaire, Lucas campé par un Le Vigan magnifique qui nous propose un beau salaud comme il savait si bien les faire. Le troisième larron, pendant de Lucas, c'est l'inénarrable Mulot, que personnifie Aimos, titi parisien jusqu'au bout des ongles. Mulot est l'anti-Lucas : il est franc et amical, sans arrière pensée, ne s'occupant pas des affaires des autres. Par contre, nous ne savons pas pourquoi il est là, si ce n'est pour manger, comme Gilieth. Veut-il échapper à autre chose que la faim ? Imaginons que non, cela nous laissera une idée (encore) meilleure de ce sympathique compagnon.

 

Mais la Légion, c'est un univers masculin rude, où même le commandant (Pierre Renoir) n'est pas un enfant de cœur : au front, une large balafre qui descend sur un monocle noir, souvenir probable d'une campagne sanglante, ainsi qu'un bras dans une gaine de cuir, autre souvenir douloureux. Il est rude, c'est un chef terrible, mais quand il annonce qu'il commandera un détachement qui partira vers la mort, tout le monde se porte volontaire !

Tous les membres de ce bataillon sont des hommes, des vrais. Avec leurs (mauvais) caractères et leurs habitudes : les joueurs de carte effrénés, le râleur forcené (Gaston Modot), etc.

 

Et puis il y a les femmes : la fille de Barcelone qui offre à manger à Gilieth (Viviane Romance), Planche-à-pain (Margo Lion) - nommée ainsi pour son absence de formes - et la (très) belle Aïsha (Annabella). C'est d'elle que vient le répit optimiste qu'on trouve toujours chez Duvivier avant la fin triste. C'est elle qui relance Gilieth vers une vie heureuse, et il y croit dur comme fer, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière rafale.

Et la fin triste ne nous surprend malheureusement pas, avec en prime une circonstance aggravante : Lucas survit !

L'année suivante, Duvivier gardera une partie de ceux qui ont joué ici dans son prochain film : La belle Equipe.

 

L'année suivante (encore !), Marie Dubos chante Mon Légionnaire, sur une musique de Marguerite Monnot et des paroles de Raymond Asso.

Coïncidence ?

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