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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harry Langdon
Papa d'un Jour (Three's a Company - Harry Langdon, 1927)

Un, c’est le mari (Cornelius Keefe).

Deux, c’est Gladys, la femme (Gladys McConnell).

Trois, c’est… Harry (Langdon, bien sûr).

« Un, deux, trois », c’est ainsi que nous sont présentés les acteurs du film. Rien d’autre.
Mais s’il est le numéro trois, c’est tout de même Harry le personnage principal.

 

Le titre original (Three’s a Crowd) fait référence à un dicton anglo-saxon – « two’s company, three’s a crowd » – qui signifie que la troisième personne est inutile, voire encombrante.

Mais reprenons.

Harry travaille pour la compagnie Atlas, une société de déménagement. Il est l’unique employé d’un patron exigeant et matinal (Arthur Thalasso).
Gladys est une jeune femme enceinte déçue par son mari et qui donc l’abandonne. Seule, dans le froid elle est recueillie par Harry. Mais le terme de la grossesse est arrivé et la femme accouche d’un bébé qui a les yeux de sa mère et les pieds de son « papa » occasionnel.

Mais le vrai père veut retrouver sa femme.

 

Il s’agit ici du premier film réalisé par Harry Langdon, émancipé de Capra et d’autres réalisateurs.
Si le résultat n’a pas le ressort comique de ses grands succès (Sa dernière Culotte, L’Athlète incomplet…), il n’en garde pas moins la poésie intrinsèque au personnage lunaire de Langdon.
Il a toujours son côté naïf et vaporeux qui fait son charme.

La première séquence avec son patron nous ramène à un domaine connu où nous pouvons nous demander pourquoi ce patron le garde à son service : sa stature est loin der correspondre à celle d’un déménageur, et son efficacité est très contestable. De plus son organisation domestique est, sinon très orthodoxe, en tout cas très efficace !

 

Et cette femme qui lui tombe du ciel, c’est un désir devenu réalité comme l’explique l’épouse de son patron : un véritable conte de fée.

Mais Harry sait qu’il ne sera pas éternellement le père, malgré les prévisions du professeur De Motte. Et cela nous permet d’assister à un rêve magnifique, où le vrai père de l’enfant est le méchant, rejeté même par sa femme, et que Harry va devoir combattre. Et comme c’est un rêve, les personnages et les accessoires apparaissent soudainement mais naturellement : personne ne s’inquiète de tous ces changements subits.

 

Je le redis, on rit moins que dans les autres films susmentionnés, mais par contre, le sujet choisi est plutôt déroutant pour un comique comme Langdon. Non pas parce qu’il exprime très bien sa délicatesse, mais par le contenu de l’intrigue : une femme abandonne son mari alors qu’elle est enceinte, et va accoucher chez un parfait inconnu. N’oublions pas que nous sommes en 1927 ! Certes, le code Hays n’est pas encore d’actualité, mais tout de même, il y avait de quoi exciter les ligues de vertu !

 

Mais, de par cette situation (ainsi que le titre original), la fin – du point de vue de Harry – ne peut pas être heureuse. Et cette fin annoncée est amenée avec la subtilité de ce grand acteur, seul dans la rue, sa lampe à pétrole (accessoire primordial du film) dans la main, tel Diogène cherchant un homme.

Reste alors la délicatesse d’un comique éthéré, un peu oublié (hélas) à côté des géants : Chaplin, Keaton et Lloyd…

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Lionel Barrymore, #James Stewart
Vous ne l'emporterez pas avec vous (You can't take it with you - Frank Capra, 1938)

Alice Sycamore (Jean Arthur) est amoureuse de Tony Kirby (James Stewart). Sauf que.

Sauf que si la famille de Tony est très riche et respectable, il n’en va pas de même de la famille d’Alice.

Chez les Sycamore, chacun fait ce qu’il lui plaît : le grand-père Vanderhof (Lionel Barrymore) collectionne les timbres et joue de l’harmonica ; Essie (Ann Miller) – sœur d’Alice – danse sur des musiques de son mari Ed (Dub Taylor), sous l’œil attentif de son professeur le Russe Kolenkhof (Mischa Auer), sans oublier l’atelier à la cave où on fabrique des pétards et autres accessoires de fête.

Alors quand Alice veut que les deux familles se rencontrent, l’originalité de la famille n’est pas obligatoirement un atout auprès de sa future belle-famille…

 

Ce qui est formidable, dans le cinéma de Frank Capra, c’est qu’on finit (presque) toujours avec un sourire. Quoi qu’il arrive, on termine sur une fin heureuse, où le bonheur que tout le monde recherche est, en fin de compte, à portée de main.

Mais dans ce film, le moyen d’y arriver est encore plus évident : faire ce qu’on a envie.


Il faut dire que les Vanderhof-Sycamore sont des experts de ce principe. Chacun vit en bonne intelligence avec les autres et fait ce qu’il veut.
Alors quand le rencontre, qui était bien planifiée se trouve être avancée, les Kirby se retrouvent face à des gens qu’on peut aisément qualifier de dingues.
Mais au-delà de cette folie – finalement pas si évidente que ça – c’est un mode de vie que nous présente Capra. Et Vanderhof, malgré son détachement apparent des choses terrestres, est tout sauf un illuminé. On peut même dire qu’il est en quelque sorte le porte-parole de Capra lui-même : pas un grand supporter du gouvernement de l’époque, dirigé par Franklin Roosevelt…
Et c’est le moment où un représentant de ce même gouvernement vient demander à Vanderhof un arriéré d’impôt de 22 ans (!) que s’exprime le mieux son point de vue hostile, qu’on retrouvera aussi dans son film suivant : Mr Smith au Sénat.

 

Mais au-delà de cet aspect politique, c’est avant tout un film sur l’amitié et une très belle illustration de la maxime célèbre : « l’argent ne fait pas le bonheur ».

Car en fin de compte, ce qui est essentiel, ce n’est pas d’amasser un maximum d’argent : c’est bien connu, les linceuls n’ont pas de poche (d’où le titre). 

C’est l’amour le plus important, l’amour fraternel qui prévaut. Et le véritable déclenchement de cette prise de conscience par Kirby père (Edward Arnold), c’est quand coup sur coup son ancien ami Ramsey (H.B. Warner) et son propre fils se détachent de lui, au moment où il va réaliser son rêve financier le plus important de sa vie professionnel. Là se posera le choix crucial : l’argent ou l’amour ?

 

Mais ce film est aussi l’occasion de retrouver l’immense Lionel Barrymore, qui est malheureusement rattrapé par sa santé : l’arthrite l’oblige à se déplacer en béquilles pendant tout le film, le scénario ayant été modifié pour faire passer ce handicap pour un accident récent. Mais s’il fut diminué physiquement, il n’en reste garde pas moins un œil pétillant et une attitude espiègle tout au long du film.
De plus, il est non seulement le pilier qui soutient cette maisonnée et par la même occasion le quartier tout entier, sorte de vieux sage qui, s’il ne s’est pas retiré du monde est régulièrement sollicité dans les moments de crise.

 

Ce personnage altruiste, même s’il a des idées très individualistes, annonce George Bailey – qui sera d’ailleurs interprété par le même James Stewart – dans La Vie est belle : un homme qui s’il n’est pas riche à millions, est tout de même riche d’amis, ces amis que l’argent ne pourra jamais acheter.

 

Il y a aussi dans ce film – qui fut tourné il y a maintenant 80 ans – une portée prémonitoire. En effet, la situation économique de l’époque est assez similaire à celle qu’on vit actuellement – la menace fasciste en plus (quoi que…) – où les riches s’enrichissent toujours plus et les pauvres (la « racaille » dont parle Kirby Sr.) toujours plus pauvres et en outre méprisés (la crise ne sera résorbée qu’avec la deuxième guerre mondiale).

Et en plus, Tony  Kirby (Jr) est un magnifique visionnaire, puisqu’il veut réfléchir à une nouvelle source d’énergie naturelle et qui, même si elle existe depuis l’Antiquité, semble utopique à la fin des années 1930 : l’énergie solaire !

 

Un film qui se laisse toujours très agréablement regardé et vous donne, bien entendu, le sourire aux lèvres quand s’écrit le mot fin.
 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Claude Zidi
Les Sous-doués passent le bac (Claude Zidi, 1980)

Bébel (Daniel Auteuil), Julien (Philippe Taccini), Caroline (Françoise Michaud), Gaëtan (Gaëtan Bloom) et les autres, sont de véritables cancres, traînant leur jeunesse dans une « boîte à bac », le cours Louis XIV dirigé d’une main de maîtresse par Lucie Jumaucourt (Maria Pacôme) aidée des membres de sa famille.
Cette année, les élèves doivent avoir leur bac !

 

Depuis Jean-Charles et ses cancres, en passant par la Potachologie de René Goscinny illustrée par Cabu, l’humour potache a ses adeptes en France (et ailleurs, rassurez-vous). Alors bien évidemment, Claude Zidi n’est pas passé à côté.

 

Oui, on rit. Même presque 40 ans après.
On se demande ce qu’un acteur comme Raymond Bussières, qui a joué pour les grands (Clouzot et l’Assassin habite au 21, Carné et Les Portes de la Nuit…) vient faire dans cette histoire. Mais que voulez-vous, il faut bien vivre aussi.

 

Alors on regarde, amusé, et on se rend compte que de tous ces potaches qui ont percé au cinéma, seul Daniel Auteuil tient le haut de l’affiche. Beaucoup des autres ont fait aussi leur chemin. Comme quoi…

On s’amuse aussi de rencontrer un jeune examinateur qui n’est autre que Richard Bohringer, ou encore un jeune père qui a réellement au moins dix ans de moins que l’exige son rôle : Féodor Atkine.

 

Ce n’est certes pas un film extraordinaire, mais il a la grande prétention de faire rire (cf. Pierre Desproges : Criticon, 16 février 1986). Alors on rit, ou on sourit... Ce n'est pas toujours léger, mais bon. On rit de la bêtise de Galabru, de la surdité de Deschamps, de la machine à apprendre…

 

… Et puis on passe à autre chose.

 

 

Joyeux Noël !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Terry Gilliam
Bandits, bandits (Time Bandits - Terry Gilliam, 1981)

Kevin (Craig Warnock) est un petit garçon anglais, vivant dans une maison anglaise dans un lotissement anglais. Il est aussi passionné d’histoire et plus particulièrement de l’Antiquité grecque avec ses mythes et ses héros.

Un soir qu’il va se coucher, des personnes sortent de son armoire : ce sont six nains qui ont volé la carte du temps de l’Etre Suprême.

Kevin va alors les suivre dans le temps et bien sûr, dans l’espace…

 

Il s’agit du deuxième long métrage de Terry Gilliam, (presque) libéré des Monty Python. Non pas que ce groupe soit une prison, mais c’est surtout son esprit qui fut envoûtant et difficile d’en sortir.

On retrouve donc plusieurs petites histoires dans la grande Histoire (ou apparentée) dans lesquelles la bande de pirates du temps que sont les six nains cherchent à s’enrichir.

Bien sûr, cette histoire de voyager dans le temps pour de l’argent nous rappelle les aventures de Timoléon et du professeur Stanislas imaginés par les dessinateurs Fred et Alexis (1974-75).


Mais nous sommes chez Terry Gilliam et l’importance est donc mise sur le merveilleux. En effet, le personnage central, Kevin, est un petit garçon ordinaire à qui il arrive des aventures extraordinaires, comme pour la plupart des personnages de Gilliam. Que ce soit Sam Lowry (Brazil), Sally Salt (Les aventures du Baron de Münchhausen) ou encore Jack Lucas (The Fisher King), le merveilleux rejoint la réalité pour ne faire qu’un, et pas seulement dans la tête des personnages.

Et partant du principe que c’est une histoire extra-ordinaire, quoi de plus naturel que de mettre en avant une bande de vrais nains : Randall le chef (David Rappaport), Wally (Jack Purvis) ou encore Fidgit (Kenny « R2D2 » Baker) pour ne citer qu’eux.


Mais comme Gilliam n’oublie pas ses racines, on peut trouver au générique deux de ses anciens complices : John Cleese (Robin des Bois) et Michael Palin (Michael) - par aillerus coscénariste - qui, avec Shelley Duvall (Pansy), fait plusieurs apparitions.

Ceci explique en partie la teinte pythonesque du film. Il faudra attendre Brazil avant que Gilliam se détache définitivement (?) de cette influence, et ce malgré la présence de ce même Michael Palin.

 

Ce sont donc ce qui fait le célèbre « nonsense », mélange d’absurdité et de non-sens très britannique (excusez donc ce pléonasme).
Mais surtout, c’est l’histoire qui est malmenée, qui devient source de comique : Napoléon (Ian Holm), Robin des Bois et Agamemnon (Sean Connery) ne sont plus vraiment ce qu’ils étaient. Napo est un frustré obnubilé par sa taille, quant à Robin des Bois, je vous laisse le découvrir.


Mais on retrouve aussi des références artistiques comme c’est souvent le cas : La Joconde apparaît dans l’épisode napoléonien, ainsi que le fameux « masque d’Agamemnon », utilisé comme tel.

Et puis il y a le méchant. C’est même le Mal avec une majuscule. Et encore une fois, c’est David Warner qui l’interprète.

Certes, le film ne semble pas complètement abouti et un peu bricolé. Mais si Gilliam a l'air de s’en tirer par une pirouette , il faut constater quand même que les éléments du basculement final sont présents dans la séquence d’affrontement du Mal. C’est d’ailleurs une séquence où le décor est absolument magnifique : noir comme le Mal, mais tellement fantastique. Il y a toujours ce même souci du décor  qu’on retrouve dans ses films où même le quotidien prend une autre dimension.

 

Toujours un plaisir à revoir...

 

 

PS : Et encore une fois, le titre français est un tantinet bâclé : les « Voleurs du Temps », ou « dans le Temps » deviennent seulement  des « bandits ».

Et en plus deux fois : pour ceux qui n’auraient pas compris ?

 

PPS : à noter qu’une grande partie de la distribution se retrouvera dans Brazil et même certains dans Münchhausen.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Comédie
Les Ripoux (Claude Zidi, 1984)

« Ripou=pourri, pourri=ripou, t’as compris ? » (René)

 

Le premier, c’est René Boisrond (Philippe Noiret), un flic. Cinquantaine bien tassée, moustache réglementaire chez ces messieurs de la maréchaussée, épaules tombantes avec le poids des ans.

L’autre, c’est François Lesbuche (Thierry Lhermitte), un policier. Jeune, beau et dynamique, la tête haute, des projets plein la tête. Il voudrait être commissaire.

Enfin ça, c’est au début. Parce qu’à force de fréquenter René, François dévie progressivement de la ligne qu’il s’était donné…

 

Quand le film est sorti, on se disait que c’était l’énième film comique de Claude Zidi – il avait sorti auparavant Banzaï qui, malgré la présence de Coluche et l’intrigue en rapport avec les voyages ne volait pas bien haut – et donc, on ne s’attendait pas à des miracles.

Pourtant, ce fut un succès phénoménal (justifié) puisque le film remporta même trois Césars en 1985.

Il faut dire qu’avec ce film, Claude Zidi a pu montrer qu’il ne faisait pas que dans le comique grossier voire gras, le personnage de René étant à la fois un personnage grand-guignolesque (c’est Noiret, que voulez-vous !) et subtile, ce qui manquait un peu à ses anciennes comédies.

En effet, Philippe Noiret allie la subtilité à son jeu parfois un tantinet outré. Et ça marche très bien. La recette du duo (presque) mal assorti est aussi une des composantes du succès du film.

Ces duos, en effet sont toujours source de gags du fait de la différence évidente des personnages. Mais ici, cette différence, si elle prévaut (un jeune et un vieux) s’estompe peu à peu : François suivant l’exemple (mauvais) de son aîné. Et c’est cet aîné le personnage central de cette comédie.

 

Cette comédie, qui n’empêche pas certains effets de gros comique, y allie tout de même une dose de subtilité, le plus souvent exprimée par ce même René, vieux flics revenu de tout. Il y a dans ce personnage toute la désillusion du métier mais avec tout de même une teinte d’affection. En effet, si René est là pour protéger les citoyens, il n’en est pas moins homme et a appris à connaître ces petits délinquants qui font grimper les statistiques. Et même s’il sait que leurs activités sont illégales, il n’en a pas moins une certaine tendresse pour eux, les gourmandant plutôt que de les serrant après un délit.

 

Les deux autres composantes sont les femmes (surtout pour François) et les chevaux (grande passion de René). Les femmes sont présentes dans cette histoire plutôt masculine : Simone (Régine), qui vieillit doucement avec René et la jeune Natasha (Grace de Capitani), dont s’éprend follement François.

Elles sont là pour apporter un peu de stabilité dans la vie de ces deux flics, dont le quotidien n’est pas toujours rose (voir à ce sujet Polisse, de Maïwenn en 2010). Pour François, Natasha est le repos du guerrier : il rentre et pose son arme, pour ne s’occuper que d’elle. Pour rené, c’est une vieille compagne qui partage sa solitude et son désenchantement alors que l’âge le rattrape doucement.

Seulement voilà le magnifique paradoxe du film : ce sont toutes les deux des prostituées. Et pour un flic, ça ne se fait pas trop de partager sa vie avec ces dames…

 

Avec ce film alliant l’humour et la subtilité, Claude Zidi rend à sa façon hommage à la police. Mais sans tomber non plus dans l’hagiographie. Ce ne sont pas les héros aux prouesses extraordinaires que nous suivons. Non, de simples flics, avec leur bons côtés et leurs défauts : des êtres humains, faillibles.
Et autour du duo vedette évoluent d’autres figures connues du cinéma, mais toujours dans de courtes apparitions. De ces acteurs qu’on a déjà vu mais dont on ne connaît pas toujours le nom : René Morard (Fernand), François Cadet (l’hôtelier), Jacques Ciron… Sans oublier le grand Julien Guiomar.

Et puis un inconnu alors, dans un tout petit rôle de bagarreur arrêté pour voie de fait (normal, on l’avait traité d’enc…) : Ticky Holgado.

 

Mais le film, s’il fonctionne, c’est aussi grâce à l’étroite collaboration entre Zidi et son coscénariste et dialoguiste : Didier Kaminka.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edmond T. Gréville
Les Mains d'Orlac (The Hands of Orlac - Edmond T. Gréville, 1960)

Les Mais d’Orlac III : le retour des mains maudites.

 

Oui, il est de retour. Le pianiste maudit est cette fois-ci interprété par Mel Ferrer. Il s’appelle toujours Stephen (prononcer [stefεn]), et les mains sont toujours celles de Vasseur.

Quant à l’intrigue, elle reprend plutôt celle de Robert Wiene que celle de Karl Freund. Mais avec une distribution assez prestigieuse : en plus de Mel Ferrer, on a la chance de pouvoir voir Christopher Lee, Donald Pleasence (splendide, non ?) et la belle Dany Carrel.


Mais malgré la présence de ces stars, la question demeure : était-il bien nécessaire de faire ce film ?

Parce que, à part la possibilité d’entendre Christopher Lee et Mel Ferrer deviser en français, il n’y a pas grand chose à sauver.

 

Ce n’est pas complètement désagréable à regarder, mais tout de même un peu plat. S’attaquer à un tel film après les deux autres versions a un côté suicidaire. Le film, s’il s’attache plus au sort du pianiste, ne prend jamais la dimension fantastique qu’on aurait pu en attendre.

Que Stephen Orlac s’abîme les mains suite à un accident d’avion, pourquoi pas, on est dans une version plus modernisée. Mais justement, c’est le seul élément qui change. Pour le reste, seule les coiffures et allures des gens nous indiquent que nous sommes à une autre époque.

Donc finalement, la « modernisation » n’apporte rien de plus.


Envolée la dimension obsessionnelle de Paul Orlac (1924) ou celle de Gogol (1935). Il ne reste que celle de Stephen, qui ne l’empêche finalement pas trop de vivre.

Il manque vraiment ce qui faisait le sel des deux précédents films : la portée fantastique voire fantasmagorique lors de l’apparition du faux Vasseur affublé de ses prothèses tombe à plat, comme le film en général.

 

Quel gâchis d’avoir à portée de mains (c’est le cas de le dire) de grands acteurs et arriver à produire un film aussi fade.

On aurait attendu mieux de quelqu'un qui a fait ses classes sur le Napoléon de Gance...

 

Dommage, vraiment.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dean Parisot, #Comédie, #Morgan Freeman
RED 2 (Dean Parisot, 2013)

Trois ans après, ils reviennent, un peu plus âgés, certes, mais toujours aussi efficaces.

Bien entendu, Morgan Freeman n’est plus là, mais on découvre un nouveau retraité, lui aussi d’office, mais dans un hôpital psychiatrique en plein cœur de Londres : le professeur Bailey (Anthony Hopkins).

 

Si le premier opus fut une agréable découverte, cette suite est tout de même un tantinet convenue et ne possède la magie du premier qu’à de rares moments. Il est tout de même agréable de revoir ces vieux compagnons d’armes ans des histoires improbables (tant que ça ?), mais le plaisir s’est émoussé. Et même les scènes d’action les plus intense manquent de cette fraîcheur qui rendait irrésistibles ces retraités extrêmement dangereux dans le film précédent. Même Marvin (John Malkovich) n’est plus aussi paranoïaque qu’avant, c’est dire.

 

Mais heureusement, Anthony Hopkins est là, dans un rôle de vieux gâteux qui ne l’est pas tant que ça, toujours aussi british, mais avec une certaine fêlure qui lui sied tout à fait.

 

Pour le reste, on retrouve l’arsenal habituel de gros flingues et revolvers, le tout avec une sous intrigue amoureuse : quand paraît Katja (Catherine Zeta-Jones), ancienne petite amie de Frank (Bruce Willis). Il y a des couples qui se font et se défont dans les coups durs : ici, pas de soucis, c’est l’inaction qui pourrait séparer Frank et Sarah (Mary-Louise Parker), plus qu’une rivale !

 

Le seule petit changement, finalement, c’est l’usage de la bande dessinée pour les transitions entre les différents lieux de l’intrigue. Red est avant tout une BD de chez E.C. Comics : des dessins de Cully Hamner et des textes de Warren Ellis.

 

Et même si les retrouvailles – brèves – entre Victoria (Helen Mirren) et Ivan (Brian Cox) sont jubilatoires, elles ne représentent qu’une infime parenthèse dans un film où on tire plus (un peu trop d’ailleurs) qu’on ne s’explique entre gens civilisés – avant de tout de même s’entretuer, cela va sans dire – comme auparavant.

 

Dommage.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Star Wars, #Rian Johnson
Star Wars Episode VIII : Les derniers Jedi (Star Wars: Episode VIII - the last Jedi - Rian Johnson, 2017)

Et l’aventure continue.

Nous retrouvons nos héros à l’aube d’une bataille contre Snoke (Andy Serkis), l’infâme dirigeant du Premier Ordre.
Mais surtout, nous retrouvons Luke Skywalker (Mark Hamill), déniché par Rey (Daisy Ridley), prête à devenir à son tour chevalier (pas chevalière, en tout cas) Jedi.

Il ne manque que Han Solo (Harrison Ford) et nus aurions tout notre monde. En effet, R2D2 (Anthony Daniels) et C3-PO (Jimmy Vee) sont aussi là, plus fringant (R2-D2) et peureux (C3-PO) que jamais.

 

Comme dans l’épisode (moyen) précédent, on retrouve l’analogie de la trilogie IV-V-VI : Rey, à l’instar de Luke part retrouver un maître Jedi afin d’être initiée, et encore une fois, on assiste à une confrontation entre l’affreux méchant et cette nouvelle Jedi, en présence de l’héritier présomptif de Vader. Et encore une fois, ce dernier se retourne contre son maître.

Mais là s’arrête l’analogie, nous partons pour une nouvelle série, le Réveil de la force n’étant, semble-t-il, qu’un épisode de transition.

 

J.J. Abrams, qui avait réalisé l’épisode précédent, a laissé la place à Rian Johnson et ce qu’on peut en dire, c’est que la série continue enfin. Il y a de magnifiques scènes de combat spatial, avec destruction du vaisseau ennemi (de la Résistance) dans un silence absolu. Et là, l’effet est saisissant. Le vaisseau se disloque dans un festival d’explosions silencieuses… Jusqu’à ce que le son reprenne ses droits.
A un moment, on a rêvé que le réalisateur s’était décidé à respecter le silence des espaces infinis de Pascal. C’est bien connu : « dans l’espace, personne ne vous entendra crier sonoriser les moindres actions des engins spatiaux qu’on laisse tomber la vraisemblance.

 

Parce que l’intérêt du film est ailleurs.
C’est surtout le retour de Luke qui retient notre attention. Il est là, le véritable réveil de la Force. Et son retour nous offre un bel affrontement avec Kylo Ren (Adam Driver), vrai héritier de son grand-père, lui aussi tenaillé par des sentiments opposés le rapprochant de son opposé (en tout point) Rey.

 

Pourtant, dès le début, ce n’était pas gagné. Depuis que l’empire Disney a racheté la franchise, on retrouve certains éléments parasites par rapport à cette magnifique saga. Le texte d’introduction puis certaines scènes du début sont véritablement estampillées Disney, de même que les drôles de créatures de l’île où s’est retiré Luke : sorte de croisement d’une chouette et d’un pingouin.

Mais là encore, passons.


Je terminerai en mentionnant le personnage de DJ, interprété par Benicio del Toro : un truand (qui pourrait nous en rappeler un autre malheureusement disparu) dont la seule motivation est l’argent, mais qui, malheureusement disparaît assez rapidement. Dommage, on aurait pu s’amuser plus longtemps…


Enfin, on assiste aux retrouvailles de Leia (Carrie Fisher) et Luke. C’est un moment d’émotion intense, surtout quand on sait qu’elle mourut après le tournage. Cette rencontre finale est l’un des plus beaux moments du film (qui lui est, bien entendu, dédié).


Attendons la suite patiemment : si l’épisode IX est dans la lignée (voire dans une progression constante), on pourra se réjouir de sa sortie.

 

Alors, encore une fois : A suivre…

 

PS : pourquoi un pluriel dans le titre français ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Ritchie, #Sherlock Holmes
Sherlock Holmes : Jeu d'ombres (Sherlock Holmes: a Game of shadows - Guy Ritchie, 2011)

Sherlock Holmes (Robert Downey Jr.) et John Watson (Jude Law) sont de retour. Ainsi que la belle Irene Adler (Rachel McAdams) et l’inspecteur Lestrade (Eddie Marsan).

Mais si ces deux derniers ne font qu’une courte apparition, nous avons le plaisir de rencontrer deux nouveaux personnages : Mycroft Holmes (Stephen Fry), frère aîné de Sherlock et le célèbre professeur Moriarty (Jared Harris), méchant patenté, qui n’est plus une ombre.

 

C’est donc reparti pour une nouvelle aventure (la dernière semble-t-il, tout du moins avec cette distribution…) d’un des duos les plus célèbre de la culture populaire mondiale. En effet, Holmes et Watson ne sont pas seulement des héros de papier : la réplique de Holmes (élémentaire…) est sur toutes les lèvres dès qu’on parle de lui ou qu’une situation quotidienne paraît évidente. C’est le plus grand détective de la littérature, et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Hercule Poirot (allez relire Agatha Christie).

Mais revenons au film. Guy Ritchie reprend l’intrigue quelques temps après la fin du film précédent, et surtout nous présente le seul rival possible de Sherlock : le professeur Moriarty*.

Nous avons affaire à un personnage extrêmement bien armé, un négatif du détective. Lui aussi est brillant et le sait, mais là où Holmes entend rendre justice et préserver la paix, Moriarty assassine impunément et entend semer la guerre. C’est un méchant magnifique, digne de Conan Doyle : on retrouve le flegme britannique additionné d’un grand sang-froid et d’une attitude réservée voire glaciale, comme sait l’être un gentleman. Tout comme Holmes, il ne cède pas à l’émotion, poursuivant sans relâche son objectif létal.

Et leur confrontation finale est une explosion de déductions – élémentaires (bien sûr) – pour eux, reprenant la méthode holmésienne de combat, anticipant chaque mouvement en fonction de son contexte. Le tout dans un ralenti qui a tendance à un peu trop être présent dans le film.

Certes, ce ralenti nous permet de mieux apprécier la même scène en vitesse normale, mais ça devient lassant à un moment.

 

Mais si l’opposant est réussi (et comment** !) l’adjuvant – Mycroft – l’est tout autant. Stephen Fry a l’allure du Mycroft dessiné par Sidney Paget pour le Strand Magazine, ainsi qu’une attitude so British encore plus caractéristique que celle du docteur Watson, ce dernier cédant tout de même à ses émotions (il se marie !). Mycroft est très certainement pire que Sherlock, toujours imperturbable mais l’esprit éternellement aux aguets. Sa façon de déambuler dans sa demeure en présence de Mrs Watson vaut vraiment le coup d’œil.

 

Quoi qu’il en soit, nous assistons à une conclusion de leur « relation » – « partenariat », préfère Watson) – qui va dans le sens de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle : Moriarty et Holmes sont engloutis par la cataracte de (Reichenbachfall dans le roman). Mais cette relation va se terminer dans une apothéose de péripéties merveilleuses, allant de l’enterrement de vie de garçon de Holmes à la véritable lune de miel de Watson et Madame (Kelly Reilly).

Nous retrouvons le sel de ce qui fit notre bonheur dans le premier film : l’intrusion inévitable de Holmes dans la vie de Watson, comme celle d’un ancien amant délaissé. Oui, j’exagère un peu. Mais tout de même, leur dernière activité commune est une valse dont la conclusion résume cette relation particulière. Un grand moment, bien que court.

 

Une dernière enquête magnifique pour un personnage qui ne l’est pas moins.

 

 


 

 

 

 

* Mycroft aurait pu être cet égal s’il n’était encore supérieur à son frère, droit d’aînesse (pourquoi pas) exige.

 

** Condition sine qua non d’un bon film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Karl Freund
Les Mains d'Orlac (Mad Love - Karl Freund, 1935)

Un autre réalisateur, une nouvelle histoire.

 

Orlac (Colin Clive) est toujours un pianiste et compositeur virtuose, et encore une fois, il perd l’usage de ses mains dans un accident de train. Mais il a changé de prénom, il s’appelle maintenant Stephen, comme dans le roman.

Encore une fois, un docteur – le docteur Gogol (Peter « M » Lorre) lui greffe une autre paire de mains. Et encore une fois, ce sont les mains d’un assassin, un lanceur de couteau de cirque, Rollo (Edward Brophy*).
Et encore une fois, il a une femme très belle – Yvonne (Frances Drake) – et ils sont très amoureux l’un de l’autre.

 

Mais si le film de Robert Wiene insistait sur Orlac et son traumatisme, Karl Freund, lui, insiste sur la femme et le docteur qui a réalisé l’opération. Le docteur Gogol est interprété par un compatriote de Freund, ce qui explique aussi la teinte germanique du film. En effet, on retrouve l’ambiance des ombres du cinéma allemand qui précéda l’arrivée des nazis au pouvoir. Et il y a dans le personnage de Gogol une parenté évidente avec Hans Beckert, le psychopathe de M le Maudit : le même regard globuleux chargé de folie (d’où le titre original) et le délire de cet homme qui aime mais n’est pas aimé en retour.

Parce que Gogol aime. Il aime Yvonne d’un amour ardent mais malheureux.

 

Yvonne est en effet très belle : c’est en quelque sorte un croisement entre Dorothy Lamour et Olivia de Havilland. Et Yvonne est, avec Gogol, un des personnages centraux du film. Mais elle ne peut pas aimer Gogol.

Son aspect tout d’abord, est assez répulsif : totalement chauve, les yeux globuleux dont un est plus ouvert que l’autre. Bref, un personnage on ne peut plus inquiétant. Et Peter Lorre est formidable dans ce rôle de savant fou. Fou mais distingué et capable d’aimer. Sauf qu’il est aussi capable de tuer par amour (d’où encore une fois le titre original Mad Love).

 

Quant à Orlac, il n’est ici qu’un personnage secondaire, torturé par l’opération qu’il a subi et beaucoup plus assujetti à ses mains, lançant compulsivement des couteaux ou autres projectiles pointus. Mais pourtant sa présence n’est pas dénuée d’intérêt. En effet, nous sommes dans la mouvance des films d’épouvante, instaurée par la Universal en 1931 avec Frankenstein de James Whale. Dans ce film, le docteur Frankenstein était interprété par ce même Colin Clive qu’on retrouve dans le rôle d’Orlac. Et encore une fois, s’il a le rôle de jeune (enfin pas tant que ça) premier, il a encore une fois un rôle éclipsé par le monstre, en l’occurrence ici le docteur Gogol. De plus, il est passé sous contrat à la MGM, qui a distribué le film. Enfin, on ne peut pas passer à côté du petit détail « qui tue » : Françoise (May Beatty), la gouvernante de Gogol s’exclame à travers les vapeurs de son ivresse permanente : « it’s alive… »

 

Même s’il s’est un tantinet éloigné de l’intrigue originale de Maurice Renard, Karl Freund nous offre un film beaucoup plus inquiétant que celui de Robert Wiene. Déplacer l’intrigue vers le chirurgien donne plus de force à cette histoire de possession quasi diabolique.  Et avoir choisi Peter Lorre pour interprète accentue le sentiment d’épouvante recherché.

Lorre est, encore une fois, extraordinaire, dans un autre genre de folie. Quel film et quel rôle pour son premier long métrage américain, même s’il est dirigé par un autre Allemand.

Dirigé de main de maître, cela va sans dire, et Freund nous montre qu’il n’a rien oublié de son métier de cameraman : il use des éclairages – et donc des ombres – avec brio, ainsi que des cadrages pertinents, et d’inévitables surimpressions pour les scènes de rêve, donnant une sensation d’angoisse beaucoup plus forte que ne l’avait fait Wiene.

Sans oublier la panoplie de Rollo, assassin guillotiné puis ramené à la vie par ce même infâme Gogol : absolument terrifiant.


Un (tout) petit bémol toutefois à propos du film. Si la durée est considérablement raccourcie (de 113 minutes dans la version allemande, à 68 ici), on assiste tout de même à une fin qui aurait mérité un peu plus de développement, plutôt que de s’arrêter ainsi.

Mais ne boudons pas notre plaisir, et savourons un film qui, avec le temps est devenu un incontournable du cinéma d’épouvante.

 

A revoir, sans aucun doute.

 

 

 

PS : A noter que la petite fille qui est opérée par Gogol (ou plutôt son assistant), Cora Sue Collins a eu 90 ans en avril dernier…

 

 

 

*Nom de cirque s’il en est, rappelez-vous le nom des deux frères dans Freaks : c’était déjà Edward Brophy qui jouait un des deux Rollo

 

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