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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #King Vidor, #Western
L'Homme qui n'a pas d'étoile (The Man without a star - King Vidor, 1955)

A l’instar de Lucky Luke, Dempsey Rae (Kirk Douglas) est un cow-boy solitaire. Il n’est pas loin de son foyer, puisqu’il a quitté son Texas natal quand les choses ont commencé à s’envenimer : les barbelés ont fait leur apparition.
Alors quand les petits éleveurs, pour contenir l’immense troupeau du Triangle (15.000 têtes), commencent à dresser des clôtures de fil de fer, il se dit qu’il est temps de partir.

Mais si les choses étaient aussi simples, il n’y aurait pas de film…

 

Neuf ans après le flamboyant Duel au Soleil, King Vidor revient au Western dans une histoire qui n’a absolument rien à voir avec la vision romantique qu’on retrouve chez Ford ou Walsh.

Nous sommes dans une histoire de la terre, une histoire – pardonnez-moi l’expression – très terre-à-terre. Et comme le dit Chris (Yul Brynner) dans Les sept Mercenaires : « à la fin, ce sont les paysans qui gagnent. »


Il est évident que ce film a servi à René Goscinny pour l’histoire Des Barbelés sur la prairie. Mais si dans ce livre on s’amuse beaucoup (la recette du café, par exemple), ici, il n’y a pas beaucoup d’occasions de se réjouir. Ou plutôt si. Il y en a. Mais plus le film avance et moins on sourit.

 

L’entame annonce un film initiatique avec un jeune blanc-bec, Jeff (William Campbell), que Dempsey récupère alors qu’il voyage clandestinement. Il le prend sous son aile et lui enseigne les bases de la vie de cow-boy : ne pas descendre de selle sans y être invité et dégainer le plus vite.

Mais si le premier précepte a du mal à entrer, le second devient rapidement (trop, au goût de Dempsey) une seconde nature.

C’est d’ailleurs la séquence où Jeffrey fait montre de son nouveau talent qui est l’une des plus importantes du film.

 

C’est l’aboutissement d’une situation qui dégénère. Et tout ça, comme d’habitude dans les westerns, à cause d’une femme : Reed Bowman (Jeanne Crain). Mais ce n’est pas n’importe quelle femme : elle est belle certes, mais c’est une femme de tête, aussi forte que n’importe quelle héroïne de John Ford. Alors évidemment, elle ne peut que tomber amoureuse de Dempsey, qui est l’archétype de l’homme libre : indépendant, séduisant et dangereux. Cette indépendance est trop importante pour chacun des deux pour qu’ils finissent ensemble. Ils se ressemblent trop.

 

La séquence commence par Dempsey qui débarque au saloon, à nouveau libre et prêt à repartir vers d’autres cieux. Libre, mais tout de même très bien accompagné par Idonee (Claire Trevor). Notons au passage que Claire Trevor joue encore une magnifique prostituée au grand cœur (« une femme bien » dira le shérif). Dempsey est heureux, il va même jusqu’à chanter, et puis Reed arrive, Jeff dégaine plus vite qu’un autre et la tension monte. Et Dempsey, énervé par la situation, la jalousie et l’alcool, a le geste de trop. Il le sait, et il s’en trouve bouleversé. Et Kirk Douglas nous gratifie d’une de ses plus belles prestations cinématographiques : il dégaine, le visage tordu par la colère. Mais réalisant ce qu’il vient de faire, il arrête son geste, regarde son arme, Jeffrey, et très doucement rengaine son arme alors que son visage se décompose progressivement, dans un silence tendu.
Et c’est Idonee, encore elle, qui a la meilleure réplique dans cette situation (vous irez l’écouter). Normal, c’est une prostituée expérimentée : les hommes, ça la connaît.

 

Et puis, comme dans chaque album de Lucky Luke, « l’homme qui n’a pas d’étoile », une fois la situation réglée, repart vers de nouveaux cieux, de nouvelles aventures (de nouvelles femmes ?), mais sans soleil couchant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Giuseppe Tornatore
Cinema Paradiso (Giuseppe Tornatore, 1988)

Salvatore di Vita (Jacques Perrin) vient d’apprendre la mort d’Alfredo (Philippe Noiret).

Alors il se souvient. Il se souvient du temps où il n’était que Toto (Salvatore Cascio), enfant de chœur qui s’endormait pendant l’office. Pourquoi ? Parce qu’il avait assisté, la veille au soir à la projection du dernier film qu’on allait montrer au Cinema Paradiso.

Il se souvient de son enfance de son père qui ne revenait pas de la guerre, de sa mère qui le grondait, et surtout d’Alfredo, le projectionniste. Comment ils sont devenus amis, comment il a grandi auprès de ce père de substitution, qui lui-même n’avait pas d’enfant.

 

De temps en temps, le cinéma se rend hommage. C’est le cas dans ce magnifique film de Giuseppe Tornatore, où le cinéma est montré tel qu’il a toujours été : une distraction magique qui fait voyager, rêver, vivre de grandes histoires, rire et pleurer.
Le cinéma italien, bien entendu, est à l’honneur. Mais les autres aussi le sont, (hélas) doublés, mais qu’importe. On assiste une grandiose histoire d’amour, entre un petit garçon, un vieux projectionniste et le cinéma. Et si l’un vient à manquer, les deux autres ne sont plus les mêmes.

 

Dans les trois parties que comporte le film : l’enfance de Toto, son adolescence et le temps présent (trente ans après son départ).

On assiste à chaque fois à une mort du cinéma (le lieu).

Dans l’enfance, c’est l’embrasement de la pellicule nitrate qui détruit la salle magique.

Puis, dans l’adolescence, c’est le départ de Toto pour Rome qui condamne à nouveau le lieu qui va doucement disparaître. On passe de la grandeur de la salle – un sanctuaire – lors de la projection de Catene (Le Mensonge d’une mère), à la déchéance jusqu’à devenir un cinéma pornographique que presque plus personne ne fréquentait.

Enfin, dans le temps présent, c’est le bâtiment qui disparaît irrémédiablement pour laisser place à un futur parking.

 

Pourtant, comme le dit Salvatore adulte, tout est pareil.

Oui, tout est pareil : les gens ont vieilli, mais ils sont toujours là. Même l’innocent du village (Nicola di Pinto), est toujours, trente ans plus tard, le propriétaire de la Place…

Mais le véritable temps de ce récit, c’est le passé.
Avant.

 

Avant que la société moderne n’étouffe les petites villes. Avant la télévision et les cassettes vidéo (le DVD n’existait pas à cette époque) qui ont tué les petits cinémas ruraux. [Qu’en dirions-nous aujourd’hui ?]

Et Tornatore, servi par une distribution formidable, nous rend l’un des plus beaux hommages qu’on puisse faire au cinéma, avec des gens normaux, presque insignifiants. Le cinéma n’est plus seulement le temple du rêve. Il est un lieu de vie comme un autre avec ses habitués, ses rituels : celui qui dort, celui qui crache sur les autres du balcon, les amours qui naissent… Le tout dans une atmosphère enfumée (à cette époque on fumait dans les cinémas, eh oui…).

Et puis il y a la raison d’être du cinéma : les émotions.

 

Elles sont brutes, naturelles. Et la projection de Catene est le point culminant de ces émotions : les regards sont figés, ça pleure, ça s’essuie les yeux, l’un d’eux récite même les répliques avant qu’elles arrivent. C’est un immense moment. Et cette profusion d’émotions n’est pas due à un film grandiose. Non, c’est une histoire de gens ordinaires, contemporaine et qui rappelle le quotidien des spectateurs.

 

Et puis il y a Toto. Son sourire irrésistible, sa sagacité et surtout son émerveillement devant ces images qui bougent et qui le transportent. Et ce regard est contrebalancé par celui du même, quarante ans plus tard, visionnant le dernier cadeau (posthume) d’Alfredo. La réalisation d’une sorte de promesse faite au tout début, alors que Toto resquillait pour venir le voir dans sa cabine de projection.
Là encore, ce regard est magnifique. A l’émerveillement succède la nostalgie. Ce ne sont à chaque fois que des regards, mais toujours chargés de cette émotion palpable, même si elle n’a plus la même signification.

 

Et dans cette dernière partie, quand le cinéma est détruit et que Toto regarde son cadeau, Tornatore revient à la base du cinéma : pas de parole, simplement des regards, des images. L’essence même du cinéma.

Pas étonnant alors d’y trouver Charles Chaplin (La Ruée vers l’or) et Rudolf Valentino (le Fils du Cheik)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Lawrence
Hunger Games : La Révolte, partie 2 (Hunger Games: Mockingjay, part 2 - Francis Lawrence)

« Bienvenue aux soixante-seizièmes Jeux de la Faim ! »

Finalement, Finnick (Sam Claflin), en disant cette phrase, résume très bien le film.
Nous assistons aux 76èmes et derniers Jeux. L’arène, c’est le territoire du Capitole. Nous retrouvons donc le décor de Brazil (Noisy-le-Grand), truffé de pièges, ou comme le disent si bien les militaires : P. A. C. P. M. I. (pièges à cons pour militaires isolées).

 

On retrouve les mêmes (ceux qui ont survécu), et on ajoute une ou deux personnes, histoire de varier. C’est ainsi qu’après Natalie Dormer (Cressida, la journaliste), nous retrouvons une deuxième actrice – qui fait une courte apparition – plus célèbre pour sa participation à Game of Thrones : la grande Gwendoline « Brienne » Christie (Cdt Lyme).

Pour le reste, le règlement des comptes et des conflits annoncé est respecté, et même au-delà des espérances pour certain(e)s.

 

Katniss (Jennifer Lawrence) est toujours aussi belle et me fait décidément penser (physiquement) à Isa, l’héroïne de François Bourgeon* (mais c’est personnel). Peeta (Josh Hutcherson) est toujours remonté contre celle qu’il aime, et Snow est toujours le même tyran, calme, sarcastique et extrêmement dangereux.

C’est aussi le temps de l’ultime face-à-face (il y en aura deux, finalement) entre Katniss et Snow, dans un décor en adéquation avec le nom du Président : l’hiver est arrivé (hum…) et la ville a revêtu son blanc manteau.

 

Seule la Présidente Coin  (Julianne Moore) prend un peu plus d’épaisseur. Elle remplit tout à fait bien son rôle, amenant ce que d’aucuns (comme moi) avaient senti dès ses premières interventions.
C’est aussi l’occasion de voir une dernière fois sur l’écran le grand Philip Seymour Hoffman, dont le rôle est subséquemment amoindri.

La Présidente Coin, une fois la rébellion terminée, met en scène la fin du despote. Cette mise en scène, d’ailleurs, ressemble beaucoup à celle de Leni Riefenstahl dans Le Triomphe de la Volonté : tenues d’apparat, foule venue se repaître rangée en superbes rectangles et guide (en allemand « Führer ») tout puissant à la tribune devant les oriflammes du nouveau pouvoir. Impressionnant.


Devant cette fin – tout de même prévisible – on en arrive à se demander l’intérêt de l’épisode trois : finalement, toutes ces informations ne nous sont pas tant indispensables que ça et on aurait pu étirer un petit peu plus cette dernière partie avec le strict minimum nécessaire et ainsi respecter le découpage initial de Suzanne Collins.

 

Mais on ne tue pas la poule aux œufs d’or…

 

* voir ci-dessous :

Hunger Games : La Révolte, partie 2 (Hunger Games: Mockingjay, part 2 - Francis Lawrence)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Lawrence
Hunger Games : La Révolte, partie 1 (Hunger Games: Mockingjay, part 1 - Francis Lawrence, 2014)

« Le geai moqueur* est un croisement du geai bavard (créature nichant dans le district 13) et d’un oiseau moqueur : il répète à l’envie une mélodie entendue, ou, le cas échéant, des bribes de phrase. Il est particulièrement utilisé pour transmettre des messages, qu'ils soient corrects ou erronés. » (Encyclopédie panémienne, volume 7**)

 

 

Donc, c’est reparti.

Mais cette fois-ci, fini le temps de l’innocence des Jeux (si on peut parler d’innocence pour de tels jeux…).

C’est le côté politique qui a pris la place du divertissement. La situation se résume en deux points :

  • d’un côté le Capitole, dirigé d’une main de fer par Coriolanus Snow (Donald Sutherland, toujours aussi formidablement roué, mais si peu vu) ;
  • de l’autre les Rebelles – les « Radicaux », préfère dire ce même Snow, dirigés eux par la présidente Alma Coin (Julianne Moore), chef(fe ?) du district 13, celui dont ne parlait pas car détruit.

Et au milieu de tout ça, Katniss (Jennifer Lawrence) et Peeta (Josh Hutcherson). Mais chacun de son côté : Katniss avec les rebelles, Peeta avec le Capitole.

 

Il n’y a plus de retour en arrière possible. C’est une lutte à mort entre Katniss et Snow, dont les autres personnages ne sont que les pions dans la partie d’échec que se livrent les deux symboles.

Parce que la situation échappe bel et bien à Katniss, alors que Snow fait ce pour quoi il a toujours été doué : diriger, sans partage, sans condition.

 

L’intrigue, suivant plus ou moins la trame du roman – je ne l’ai pas lu, alors je ne vous dirai pas ce que je pense de l’adaptation en elle-même – se devait de finir en apothéose avec un mouvement qui va au-delà de ces bêtes Jeux de la Faim. Et c’est aussi bien d’ailleurs, le concept de jeu où il ne doit en rester qu’un a fait long feu. Déjà, dans l’épisode précédent, le côté barbare du « divertissement avait été un tantinet édulcoré : on s’y tuait, mais moins visiblement.

 

Bien entendu, quand on voit les Rebelles, on pense à d’autres films :

  • la saga Guerre des Etoiles, avec cette lutte contre un empereur omnipotent et autocratique et ses adversaires eux aussi dénommés « rebelles » ; ainsi que le côté duel de la situation avec des gentils dirigés par une femme et des méchants par un homme ;
  • la trilogie Matrix, avec ses vaisseaux et l’espoir porté par un personnage pour une poignée de révoltés (nombreux tout de même…) contre l’ordre établi ;
  • le tout dans le décor de Brazil, du génial Terry Gilliam.

 

Mais nous sommes dans un registre classique, alors la trame l’est autant : nous arrivons à un climax.

La situation qui semblait s’améliorer (c-à-d. : les Rebelles semblent prendre le dessus) se détériore (finalement ils ne prennent pas tant que ça le dessus), et il n’y a pas d’autre issue que de faire un dernier épisode, histoire de clore définitivement la série.

 

Un film de transition, donc :

On y apprend de nouvelles choses, on découvre la face cachée des districts (ou plutôt enfouie) et on emmagasine des informations indispensables à la résolution de l’intrigue.

 

Vivement la fin, alors… Même si on peut raisonnablement la deviner !

 

PS : C'est pendant le tournage que l'immense Philip Seymour Hoffman s'est éteint, amenant quelques légères modifications dans l'intrigue.

 

*Titre original

 

**Non, je rigole, j’ai inventé

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Lawrence
Hunger Games : L'Embrasement (Hunger Games: Catching Fire - Francis Lawrnce, 2013)

Bienvenue aux soixante-quinzièmes « Jeux de la Faim ».

On retrouve les protagonistes du film précédent, moins Seneca (Wes Bentley), victime d’une indigestion à la fin du premier opus. Mais on gagne un nouveau personnage, et pas des moindres : le Haut Juge Plutarch (Plutarque ?) Heavenbee (Philip Seymour Hoffman, déjà sur la pente descendante). Nous sommes en pays connu : on connaît les ficelles du jeu, on reconnaît Caesar (Stanley Tucci) le formidable présentateur au sourire encore plus blanc que pour une publicité. Pas besoin donc de remontrer les différents mondes dans lesquels évoluent ces gladiateurs modernes.

Cette fois-ci, on appuie un peu plus sur la dimension politique de l’histoire. Coriolanus Snow (Donald Sutherland) est un véritable dictateur, secondé par son armée de pacificateurs (« peace keepers »), pas vraiment pacifiques. On entrevoit ce qui sera la dernière partie (en deux films) avec les premiers actes de révolte.

 

Mais le spectacle continue !

C’est toujours le même jeu, avec de nouvelles règles : ce ne sont pas de jeunes ados qui iront s’entretuer, mais d’anciens vainqueurs. Et, comme par hasard, il n’ »y a pas de choix pour le district 12 : Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) est la seule participante encore en vie. Et Peeta (Josh Hutcherson) est aussi de la partie.

 

Mais si le premier épisode insistait beaucoup sur la sauvagerie des combats et des scènes de violence en règle générale, ce deuxième volet insiste plus sur l’aspect déréglé de ces Jeux. La mécanique bien huilée qui a prévalu pendant 74 ans est en train de se gripper, voire de se détruire. La conclusion du précédent film semblait être, pour Snow et consorts, qu’on incident de parcours. Mais déjà avant le début des combats, les Jeux sont en sursis : le public n’en veut plus beaucoup. Ces jeux ne parviennent plus à cacher la véritable nature du système. La révolte gronde, malgré les exécutions – publiques, cela va (presque) de soi – faisant de Katniss le symbole de cette révolte.

 

Francis Lawrence (aucun lien de parenté avec la belle Jennifer) a définitivement remplacé Gary Ross, donnant un peu de recul dans les points de vue. Il y a peu de caméra à l’épaule et les plans se succèdent à un rythme plus normal. Mais il reste tout de même efficace dans ses scènes d’actions, avec aussi un peu moins de barbarie. On s’entretue, certes, mais différemment, et beaucoup moins. Les jeux du cirque ont perdu de leur côté meurtrier.

Et surtout, comme disent Mulder & Scully : « la vérité est ailleurs ».

Tout est donc prêt pour la troisième partie, qui annonce un grand final en deux temps, comme pour Harry Potter.

Etait-ce pour ne pas épuiser trop vite un tel filon ? Je n’ose le penser. Nous verrons bien.

 

Je terminerai en m’attardant sur les noms des personnages. Je parlais, la dernière fois, de l’Empire romain, et il semble que beaucoup de personnages aient été inspirés par cette période antique. En effet, on trouve différents noms romains : Brutus, Cæsar, Cinna, Claudius…

A ce propos, Seneca Crane haut juge dans le premier épisode – est contraint de s’empoisonner. Et, ô surprise, Sénèque – philosophe et dramaturge – s’est suicidé sur ordre de Néron… Etonnant, non ?

 

De là à en conclure que Snow finira comme l’imperator (chef de guerre) du même nom (Coriolan), je ne m’y risquerai pas.

Son patronyme « Snow », d’ailleurs, pourrait nous faire penser à la blancheur immaculée de la neige, s’il n’était pas ce dictateur terrible, drapé dans des  bonnes manières de façades. Un personnage réellement terrible. D’autant plus qu’il ne s’énerve jamais.

Dernière chose : Heavenbee (« abeille du paradis ») apparaît dans le ciel pour secourir notre héroïne (et les autres, bien sûr)…


A suivre, donc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Gary Ross
Hunger Games (Gary Ross, 2012)

« Tous les neuf ans, sept jeunes garçons et sept jeunes filles [d’Athènes] étaient envoyés en sacrifice en Crète, en expiation du meurtre d'Androgée, fils de Minos […] » (Apollodore – Ier ou IIème siècle avant JC)

 

District 12, beaucoup plus tard.

Quand ? On ne sait pas. Après la guerre, la mondiale : totale, nucléaire, destructrice et tout le toutim.

Un système dictatorial, autoritaire. Des gens parqués par district, du 1 au 12, le 12 étant le plus bas. Dans l’échelle sociale. Des mineurs : tellement bas qu’ils vont au plus profond de la terre pour ramener les richesses que les autres consommeront.

Et puis il y a le tribut. Deux jeunes gens qui auront le plaisir d’aller mourir pour l’amusement de tous, gladiateurs d’une ère moderne, dont l’arène est un microcosme naturel hostile.

 

Vous prenez plusieurs films et vous les synthétisez en un. Et vous épicez le tout d’un zeste de Koh-Lanta, et vous avez Hunger Games : Ben Hur et Spartacus pour l’aspect jeux du cirque, 1984 pour le cadre de vie en district 12, Brazil pour les gens de la haute, et bien entendu, Les Chasses du Comte Zaroff pour l’intrigue principale, sans oublier le clin d’œil à Highlander : « il ne peut en rester qu’un ».

 

Les Hunger Games (« jeux de la faim », mais de quelle faim parle-t-on ?) sont donc des jeux du cirque modernes, où chaque participant salue la foule avant de mourir, comme le faisaient si bien les gladiateurs du monde romain (« morituri te salutant… »). Mais de cette modernité ne nous est proposée que le monde qu’on pourrait qualifier d’aristocratique (ou des Alphas, si vous préférez Huxley). Les habitants du district 12 n’ont rien de moderne. Au contraire, ce sont des gens qui semblent coincés dans les années 1940 du fait de leurs tenues. Alors que les « aristos » des districts supérieurs semblent franchement s’être échappés du Brazil de Terry Gilliam : coiffures et tenues sont très parlants. Il est incongru alors de voir débarquer dans cet univers plutôt « rétro » des soldats en uniformes qui semblent sortis de Soleil vert. [Le mobilier des appartements des « tributs » aussi semble lui aussi sorti de ce même film…]

 

Et pour diriger tout ça, un grand chef. Appelez-le comme vous voulez – Lider Maximo, Duce, Führer – mais ici, il s’appelle Coriolanus (tiens, tiens, on parlait de Rome plus tôt) Snow (Donald Sutherland). C’est un bon patriarche à la barbe fleurie, la figure emblématique du bon vieux papa gâteau rassurant. Sauf qu’il est tout sauf rassurant. Et que ses jeux sont tout saufs francs. Car, ne l’oublions pas, à l’instar de n’importe quel émission de « télé-réalité », il n’y a que le spectateur qui ne sait pas que c’est truqué. Mais alors que ce qu’on peut regarder sur nos propres télés est plus ou moins bon enfant, ici, les perdants sont définitivement éliminés.

 

Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, moi aussi, j’ai pensé au film de Boisset : Le Prix du danger. Dans ce film, un concurrent (Gérard Lanvin) se rendait compte qu’il n’avait aucune chance de s’en sortir, que le candidat n’était que le jouet des producteurs. Il en va de même ici. Sauf que le nombre de décès prématuré est plus important.

Mais nous sommes bien dans une sorte de télé-réalité, où les caméras sont omniprésentes et influent sur le sort des jeux. Et le réalisateur lui-même use de caméras à l’épaule pour nous emmener au cœur de l’action, dans un but de réalisme absolu.

Certes, c’est adapté d’une saga romanesque, mais les références demeurent. Et plusieurs

Et si nous sommes dans une saga de plusieurs tomes (3), alors une suite est inévitable. Quelques éléments sont mis en place pour nous annoncer cette suite : soulèvement au district 11, par exemple. Il doit bien y avoir une raison d’avoir inséré cette séquence…

 

L’année suivante, sortait Hunger Games : L’Embrasement.

Mais ceci est une autre histoire.

Enfin, la même, mais la suite.

Enfin, vous voyez, quoi…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Alan J. Pakula, #Robert Redford
Les Hommes du Président (All the President's Men - Alan J. Pakula, 1976)

17 juin 1972, Washington DC.

Cinq hommes sont arrêtés pour avoir tenté de cambrioler le Watergate, quartier général du Parti Démocrate, en cette une année d’élection présidentielle aux Etats-Unis.

Rapidement, on s’aperçoit que ce faux cambriolage était la partie émergée de l’iceberg. Et ce dernier, à l’instar du Titanic, va couler le président Nixon, malgré sa réélection.

Deux petits reporters du prestigieux Washington Post, Carl Bernstein (Dustin Hoffman) et Bob Woodward (Robert Redford), sont à l’origine de la découverte d’un scandale sans précédent.

 

Il s’agit d’une histoire vraie, adaptée d’un livre écrit par les deux journalistes, qui s’est déroulée et conclue moins de deux ans avant la sortie du film, à l’initiative de Robert Redford, cité au générique. Nous sommes dans les années 1970, une période où le cinéma américain dénonçait les dérives démocratiques de l’Amérique. Et Alan J. Pakula n’est pas à son coup d’essais. Deux auparavant, il avait sorti A Cause d’un assassinat, inspiré par la mort de Kennedy et ses zones d’ombre.


Mais cette fois-ci, pas de doute possible. L’histoire a été confirmée dans son entier, amenant la démission de Nixon le 9 août 1974, moins de deux ans après sa réélection.
Nous assistons alors à toute la mécanique qui a conduit les deux reporters sur la trace du Président, l’amenant à l’issue fatale. Une petite histoire de rien du tout, un cambriolage raté. Un reporter au bon endroit, au bon moment (évidemment, sinon, point de succès !), et c’est un écheveau bien emmêlé qui se dévide progressivement et nous amène à la vérité subodorée dès le départ.

 

Mais cette découverte est longue et fastidieuse, voire décourageante. Les deux protagonistes se heurtent aux témoins qui ont été briefés voire menacés, mais aussi à leur hiérarchie, dont le rédacteur en chef Ben Bradlee (Jason Robards) n’est pas tout de suite de leur côté.

Et puis il y a tout le sale boulot qu’on ne voit pas toujours dans les films de presse : éplucher des listes, téléphoner à des centaines de personnes, démarcher ces mêmes personnes, et même se tromper… Bref, un temps infini d’investigations qui ne mène pas toujours où on aurait voulu. Jusqu’au moment où la vérité se laisse entrevoir, mais où les menaces se précisent. L’ombre derrière laquelle se cachait leur source – le célèbre « Deep Throat* » (Hal Holbrook) redevient ce qu’elle a toujours été : une menace.

Car il est amusant de noter que la vérité vient de l’ombre, alors que c’est d’habitude la lumière qui éclaire… D’ailleurs, jamais on ne voit totalement Holbrook, lors des trois confrontations. Juste quelques parties du visage légèrement éclairées. Il est la personnification de cette vérité qu’il révèle à chaque fois partiellement.

 

Encore une fois, les Américains nous donnent une belle leçon de démocratie**. Quand on pense au cinéma français qui met parfois plusieurs décennies pour enfin aborder un thème qui fâche : Stavisky, quarante ans après les faits ; Ben Barka quarante ans (n’oublions pas tout de même un film de Boisset sept ans après mais sans les vrais nom)…

Bref, la réaction n’est pas toujours bien prompte, en France.

 

Une petite curiosité au passage. On nous donne un seul numéro de téléphone d&ans tout le film, et pour une fois, il ne commence pas par 555. C’est normal, c’est le véritable numéro de la Maison Blanche : 456 1414. [Pour info, vous pouvez appeler l’Elysée au 01 42 92 81 00]

 

 

* Mark Felt (1913-2008)

** c’était avant, bien sûr, parce que depuis qu’ils ont changé de président, c’est un tantinet différent…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gilles Grangier, #Jean Gabin, #Michel Audiard
Le Cave se rebiffe (Gilles Grangier, 1961)

Max le Menteur est de retour. Mais il a changé de nom : il s’appelle cette fois-ci Ferdinand Maréchal (Jean Gabin). Il a abandonné ses cactus pour une histoire de fausse monnaie que lui a proposé son ami Charles Lepicard (Bernard Blier), ancien tenancier de maison close, au chômage depuis mars 1951, grâce aux bons offices de Madame Marthe Richard.

Il faut dire qu’ils ont à disposition un cador de la gravure, Robert Mideau (Maurice Biraud), dont la femme Solange (Martine Carol) a été levée par le sieur Eric (Franck Villard), lui-même une sommité dans son genre, si on en croit Gabin-Maréchal.

 

Bref, nous sommes à nouveau dans l’univers d’Albert Simonin, huit ans après Touchez pas au Grisbi. Mais si ce dernier film avait un ton réaliste et dramatique, on est ici dans une véritable comédie, orchestrée par un Gilles Grangier qui retrouve l’un de ses acteurs fétiches : Gabin. Le tout est servi par des dialogues de Michel Audiard de toute beauté, son art montant en puissance avant de s’épanouir deux ans plus tard avec Les Tontons flingueurs. Mais nous n’en sommes pas encore là.

 

Là encore, Gabin interprète un gangster sur le retour, qui vient effectuer un dernier baroud d’honneur. Mais si Max de Touchez pas au Grisbi joue de malchance, il n’en va pas de même pour maréchal, quoi qu’en dise le générique de fin. Oui, ce générique s’empresse de condamner l’histoire qu’on vient de voir, rappelant les cadres juridiques de cette malhonnête affaire. Mais nous savons bien que les extraditions du Venezuela (Maréchal arrive de Caracas) vers la France étaient plutôt rares… Mais qu’importe, il fallait respecter la morale (1968, c’était 7 ans après).

 

Ce film fut un succès malgré certains critiques désapprouvant ce « cinéma à Papa », mais la postérité leur donna tort : ce film, surtout grâce à ses dialogues, est maintenant considéré comme un classique de la comédie policière. Il faut dire aussi que la distribution est prestigieuse. Outre les gens cités précédemment, on trouve aussi deux rescapés du Corbeau de Clouzot : Antoine Balpétré, en homme d’affaires véreux, et l’inimitable Ginette Leclerc absolument magnifique en mère maquerelle au chômage.

 

Et pour l’une des scènes les plus belles du film, nostalgique à souhait : Françoise Rosay. Madame Pauline, sous couvert d’un commerce de fleurs et plumes, est une receleuse de papier monnaie qu’elle propose à des prix imbattables, étant l’une des seules à le faire… Maréchal vient la trouver et nous avons alors droit à une évocation du milieu d’antan qui n’est pas piquée des hannetons. C’est un véritable plaisir de l’entendre discuter avec Gabin des différentes disparitions des uns et des autres, naturellement, comme si une mort par balles était une chose banale, voire normale. Mais dans ce milieu, elle l’est. Et ces souvenirs pittoresques ne l’empêchant pourtant pas de verser une larme pour l’un des morts : le seul qui fut terrassé par une cirrhose ! Cette scène se conclut sur un dialogue magnifique :

Pauline : À quoi je le reconnaîtrais ?
Le Dabe : Un beau brun, avec des petites bacchantes, grand, l'air con !
Pauline : Ça court les rues, les grands cons !
Le Dabe : Ouais ! Mais celui-là c'est un gabarit exceptionnel ! Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! Il serait à Sèvres !

[je vous laisse aller (re)voir la suite quand le « grand con » vient prendre livraison]

 

Un classique, oui, qu’on ne se lasse pas de revoir.

Pour les dialogues d’Audiard, la gouaille de Gabin et aussi pour Blier !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #Jean-Paul Le Chanois
L'Ecole buissonnière (Jean-Paul Le Chanois, 1949)

1920

Après quatre ans de conflit, une blessure et un an dans divers hôpitaux, monsieur Pascal (Bernard Blier), instituteur « normalien » fait sa toute première rentrée dans un petit village de Provence : Salèzes.

C’est un drôle de personnage, que ce nouveau maître : pensez donc, il ne porte même pas de chapeau. Et en plus, il encourage ses élèves à aller étudier en dehors de la classe sous le prétexte (fallacieux, il va sans dire) de réaliser des enquêtes.

Mais les bons notables du pays ne sont pas dupes : il les encourage à aller à l’école buissonnière*…

 

Le film commence comme une pagnolade. On retrouve cette Provence chère à l’écrivain d’Aubagne, où le temps s’écoule doucement, comme le rythme de travail de certains autochtones. On retrouve même deux acteurs de ses films : Edouard Delmont et Marcel Maupi. Mais il ne faut pas s'y tromper.

Cette histoire est inspirée de celle de Célestin Freinet, cité dans le générique, pour qui l’enseignement ne se fait pas toujours – ni obligatoirement – dans la classe.

 

On y retrouve donc les deux piliers de cette nouvelle pédagogie (en 1920) à travers la coopération (mentionnée aussi en clin d’œil dans le générique) et l’imprimerie. Mais surtout, on y trouve des enfants, pas obligatoirement mauvais, mais las des techniques – un tantinet – archaïques de l’ancien maître, monsieur Arnaud (Delmont).

 

Près de soixante-dix ans après la sortie du film, on ne peut que noter le côté visionnaire de cette méthode qui y est dévoilée. Même s’il dut quitter de l’Education nationale, ses idées y ont tout de même fait leur chemin fait leur chemin dans les écoles publiques, étant toujours d’actualité aujourd’hui.

 

Mais nous sommes au cinéma. Et Jean-Paul le Chanois nous expose cette « Ecole Moderne », où les enfants sont acteurs de leurs apprentissages. Et Bernard Blier est un instituteur très crédible, en proie à l’hostilité réactionnaire portée par le maire, dont l’autorité semble menacée par une future armée de gens sages, et un antiquaire qui a des idées qui ont le même âge que sa marchandise. En proie aussi à ses doutes quand il découvre cette école aussi vieille que l’enseignement qui y est dispensée, et surtout aussi délabrée. [Et le vieil Arnaud en est une personnification vivante, l’odeur en moins.]

 

Et le film s’inscrit dans ceux de l’après-guerre, où on voulait un autre avenir pour les enfants que ces années terribles, voyant en eux la société de demain. Sur certains points, on pense à La Cage aux rossignols (1945), mais si Dréville suscite l’émotion par la musique et le chant, ici, Le Chanois fait appel à la raison pour obtenir le même résultat. On est ému par le jeune Albert (Pierre Coste), archétype du mauvais élève qui passe – encore une fois – le sacro-saint Certificat d’Etudes, et déclame la Déclaration des Droits de l’Homme. Il y a une tension et une émotion palpable à ce moment-là, de la même force que la Marseillaise dans Casablanca.

 

Enfin, il est dommage que la femme de Freinet, Elise, n’ait pas été une seule fois créditée au générique, alors que c’est elle qui a écrit le synopsis original, inspiré des débuts de son mari (et d’elle-même, par la même occasion…).

 

 

 

* D’où le titre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Yves Robert
Nous irons tous au Paradis (Yves Robert, 1977)

Ils sont de retour !

Un an après Un Eléphant ça trompe énormément, revoici les quatre amis : Antoine (Jean Rochefort) et sa femme Marthe (Danièle Delorme), Bouly (Victor Lanoux) et ses femmes, Daniel (Claude Brasseur) et les hommes, Simon (Guy Bedos) et sa mère Mouchy (Marthe Villalonga).

 

Et encore une fois, il est questions des amours des uns et des infidélités des autres.

Mais si le premier opus s’appesantissait plus sur la relation extraconjugale d’Antoine, celui-ci tend à donner à chacun une place égale. Mais c’est toujours Antoine le narrateur.

Même si ce sont les mêmes personnages, on ne part pas complètement de la situation précédente qui voyait Antoine sauter d’un toit sous les yeux ébahies des femmes dont la sienne, révélant in fine son infidélité.

 

Quelques changements toutefois sont survenus entre les deux films.

Antoine et Marthe s’aiment comme au premier jour, mais Antoine n’est plus un gratte-papier d’un quelconque ministère : il s’occupe d’une adaptation de la bible en dessins animés. Bouly s’est installée avec Daisy (Elisabeth Margoni) et gère un club sportif, ce qui lui permet de zyeuter les jeunes femmes dans les vestiaires, surtout quand elle prennent une douche. On ne se refait pas.

Quant aux deux autres, rien n’a changé : Daniel est toujours attiré par les hommes, ce qui est complètement accepté par les trois autres, et Simon a toujours les mêmes relations avec sa mère…

 

Mais quelque chose a changé. Une sorte de maturité qui emmène inexorablement ces quatre grands adolescents attardés vers l’âge adulte. Ils mûrissent. Mais cela ne les empêche tout de même pas de s’amuser ensemble. Mais malgré tout, on sent que les liens qui les unissent se distendent, et que la rupture guette.

Et cette rupture aura raison (momentanément) de leur amitié. C’est quand ils réalisent un de leur rêve qu’elle a lieu : ils achètent une maison AVEC court de tennis.

Et chacun va changer, doucement, alors que la quarantaine les a rejoints.

 

On dit qu’on change, passée la quarantaine, et nos quatre héros nous le prouvent. Daniel essaie de nouvelles expériences hétérosexuelles, Antoine ne regarde plus les femmes comme autrefois, Simon essaie de se caser malgré Mouchi, et Bouly, qui parle toujours beaucoup des femmes sans beaucoup les pratiquer, se découvre une âme de papa poule pour famille (très) nombreuse recomposée.

 

Ce film est d’une certaine façon le pendant comique de Vincent, François, Paul et les autres. Mais dix ans avant. Et si le ton général est léger, il n’en demeure pas moins une place laissée au tragique : la mort de Mouchi, contre toute attente, rappelant cruellement la fragilité de l’existence. Mais cette disparition, douloureusement vécue par Simon, avec un Guy Bedos magnifiquement émouvant, amène toutefois un bout de bonheur : c’est à ce moment que ces quatre amis – à la vie, à la mort, bien sûr – se retrouveront définitivement.

 

Et puis je ne terminerai pas sans parler des dialogues merveilleux d’humour de Jean-Loup Dabadie :

« Sur les nerfs, sur les nerfs… T’es pas sur tes nerfs, t’es sur les miens ! » (Bouly)

« Faut être malade pour appeler un médecin à l’hôpital ! » (Simon)
« Tes ailes de géant, elles t’empêchent pas de marcher, non ? » (Bouly)
Un film d’amis, d’amitié…
Normal : Yves Robert était le cinéaste de l’amitié.

 

 

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