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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Méliès, #Muet, #Comédie

Ca commence par une assemblée de savants. On les reconnaît à leur grande barbe (blanche). Ils sont habillés à la dernière mode copernicienne (fin XVIème-début XVIIème siècle). L’un d’eux prend la parole pour exposer sa théorie : on peut aller SUR la lune. Il suffit d’un gigantesque canon et d’une capsule en forme d’obus (fabriquée par des ouvriers à la mode fin XIXème-début XXème). Malgré les récriminations de l’un d’entre eux (il y a toujours quelqu’un pour refuser le progrès quand il est là), il est décidé de faire le voyage.

 

Vingt-cinq ans avant Fritz Lang (soixante quinze ans avant Lucas !), Méliès invente le voyage interplanétaire !

Alors on prend les méthodes 1900. A cette époque, pour envoyer un objet loin, il n’y avait pas mieux que les canons. Donc le projectile aura une forme d’obus (aérodynamisme oblige), et il suffit d’utiliser un canon ad hoc pour l’envoyer.

Finalement, on n’est pas si loin de Tintin : Hergé utilise la science de son époque et prend pour modèle les V2.

 

Donc, voici nos savants envoyés sur la lune avec un magnifique travelling avant sur la lune qui… Reçoit un astronef dans l’œil droit ! (scène d’anthologie, s’il en est).

Ensuite… Ensuite, c’est du bonus : les savants sont aux prises avec des Sélénites qui explosent quand on les frappe un peu trop fort… Rien que de très naturel chez Méliès.

 

L’intérêt étant la magie de cet effet spécial qui ne laisse aucune trace du personnage disparu, comme on aurait pu l’imaginer d’un film de cette période. Parce que ce film est toujours d’actualité. Les effets spéciaux de Méliès sont précurseurs du cinéma actuel. Certes, ça ressemble à des décors de carton-pâte. Mais il faut, pour pleinement apprécier ce chef-d’œuvre, le voir avec des yeux de néophytes : quand le film est projeté pour la première fois, il ne faut pas oublier que le cinéma existe depuis moins de dix ans. Il ne faut pas non plus oublier que les films proposés sont plutôt documentaires (famille, sortie d’usine, scènes de rue…). Il faudra attendre l’année suivante, pour que les Américains se mettent sérieusement (quoi que… N’était-ce pas sérieux déjà avant ?) à la fiction avec Le Vol du grand rapide. Mais ceci est une autre histoire.

 

Une question reste toutefois : qu’aurait fait Méliès avec les possibilités technologiques actuelles ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Francis Ford Coppola, #Cinéma, #Gangsters, #Marlon Brando

D’abord il y avait le roman de Mario Puzo (1969). Maintenant, il y a la fresque cinématographique de Coppola.

Il y a aussi un avant et un après le Parrain. Avant, jamais on n’avait pris un tel point de vue sur des truands. Les trois grands films de gangsters – Little Caesar, The public Enemy & Scarface – qui ont posé les bases du genre n’ont pas cette approche. A chaque fois, il s’agit de caïds sans scrupule dotés d’un esprit déséquilibré (il n’était pas question qu’on puisse s’identifier à eux !).

 

Ici, pas de scrupule non plus, mais pas d’aliénation mentale. Ce sont des gens normaux – leur morale mise à part. Il n’est pas question d’agir sous le coup de la colère. Le seul qui agit ainsi, c’est Sonny (James Caan), le fils ainé. Mais on sait où ça le mène.

Au contraire, Vito – puis Michael – sont des gens froids qui font leur travail. Ce qui se passe, cette violence n’est pas le résultat d’une vengeance ou quelque autre raison personnelle : il s’agit des affaires (« business »). Ce sont les affaires (illégales, évidemment) qui régissent leurs actions : diriger pour faire de l’argent. Vito Corleone (formidable Marlon Brando), puis Michael (Al Pacino) ne sont rien d’autre que des chefs d’entreprise, des hommes d’affaires. Leur empire est structuré comme une armée, ce qui aide beaucoup en cas de guerre des gangs.

 

Mais au-delà du film de gangsters, nous assistons à une tragédie classique. La première séquence – scène d’exposition – jette les bases du film (et même de la saga). Vito marie sa fille (Talia Shire), et pendant que les convives s’amusent et dansent, les affaires continuent. On vient voir Vito – le Parrain – pour lui demander des services (qui sont tout sauf gratuits !). Mais cela est fait avec les formes : respect et honneur sont les maîtres-mots de ce monde.

Le respect est la base des rapports entre ces hommes. On n’élève pas la voix, on mesure ses paroles. La réprimande de Vito envers Sonny qui s’emporte, est d’une sévérité glaçante. Vito est un homme de peu de mots ou d’actes mais à chaque fois, il touche juste : il fait toujours une offre qu’on ne peut pas refuser.

 

Si, dans ce système héréditaire, Sonny devait hériter, on sait rapidement qu’il ne peut égaler son père. Seul Michael a les épaules, le charisme et l’attitude paternelles. Lui aussi parle peu. Et quand il agit, il a la parcimonie implacable de son père : il frappe où il faut, quand il faut.

Et puis il y a l’honneur. Un membre de sa famille est abattu : Michael doit laver l’honneur familial dans le sang. Nous sommes proches de Don Diègue demandant à Rodrigue de laver son affront. Michael, comme Rodrigue, tuera les responsables (ou du moins, les fera tuer).

Mais « ça n’a rien de personnel. Seulement les affaires. »

 

Normal, puisque les affaires, et la famille, c’est la même chose.

Avec ce film, Coppola révolutionne le genre. A la violence sans tache des années 1930-50, succède une nouvelle violence héritée du western crépusculaire : le sang devient un élément visuel très fort. Non seulement il laisse une trace (sur le manteau de Vito, par exemple), mais en plus, il coule (presque) à flot (voir la mort de Moe Green, par exemple).

Leone (Il était une Fois en Amérique) et Scorsese (Goodfellas, Casino) sauront exploiter cette technique nouvelle pour notre plus grand bonheur.

Et puis pour être sûr que c’est du Coppola, l’avant-dernière séquence au montage parallèle est plus que pertinente : magistrale !

 

Deux ans plus tard, Coppola nous propose une suite des aventures du parrain : une offre qu’on ne peut décidément pas refuser.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raymond Bernard, #Comédie

Entre deux épisodes de la trilogie marseillaise, Raimu a tourné avec Raymond Bernard cette histoire improbable qui fleure bon la Provence. A partir d’une nouvelle de Daudet, et grâce au dialogue de Pagnol, nous assistons à une de ces histoires « marseillaises » qui vont essaimer le cinéma français dans les années 1930. Viendront César, la Femme du boulanger, la Fille du Puisatier

Tartarin est un bourgeois de Tarascon, président du cercle de chasse de cette ville. Et c’est justice que cet homme dirige ce cercle, c’est une gâchette phénoménale pour tirer… Des casquettes ! Mais Tartarin, c’est surtout Raimu, fort de ses deux prestations dans Marius et Fanny. Mais cette fois, il est plus humble. Il faut dire que c’est un érudit à qui on prête des vues sahariennes et des projets de chasse au lion. Sachant qu’il n’a jamais quitté sa ville !

Parce que nous sommes dans une comédie « marseillaise » où l’exagération est la principale caractéristique. On songe à l’air de la calomnie du Barbier de Séville : d’une petite phrase à propos d’un éventuel courrier reçu d’Afrique, on arrive à une invitation en bonne et due forme d’un prince saharien pour l’accompagner à chasser le lion de l’Atlas.

Après avoir tergiversé quelques mois, Tartarin cède et se rend en Algérie, à la poursuite d’un éventuel lion saharien.

La traque en elle-même prend peu de temps du film et est secondaire, finalement. Parce que le plaisir réside ailleurs. C’est à Tarascon qu’on a le plus de joie à suivre notre héros. Ses péripéties sont rehaussées par une truculence des personnages secondaires – déjà visible dans Marius et Fanny – parmi lesquels on reconnaît trois autres protagonistes de la trilogie : Charpin, Maupi et Millie-Mathis. Ce petit monde de ragots et forfanterie – qui se retrouvera dans La Femme du boulanger, quatre ans plus tard – accumule les stéréotypes prêtés aux Marseillais : l’exagération frisant le mensonge arrivant en tête.

Alors on se laisse aller, à suivre cet homme a priori humble mais qui est dirigé par son ventre : il faut voir Raimu marcher dans n’importe quel endroit, nombril en avant !

Et finalement, ce qui aurait dû être un fiasco mémorable se transforme en une épopée mythique dans laquelle Tartarin devient héros… Malgré lui !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Sergio Leone, #Robert de Niro
Il était une Fois en Amérique (Once upon a Time in America - Sergio Leone, 1984)

« Yesterday… »

La magnifique chanson de Paul McCartney revient deux fois dans le film. En miroir : au début et à la fin, comme God bless America (Irving Berlin).

Et entre les deux ? Un magnifique film de Sergio Leone. Avec ce film, il boucle un cycle qui commença quinze ans plus tôt avec Il était une fois dans l’Ouest.

Leone n’a pas fait énormément de films, comparés à d’autres (même Kubrick en a fait plus !), mais quelle quintessence !

 

Avec Il était une fois en Amérique, Leone reprend les thèmes de ses deux précédents films et les étire pour en faire une (nouvelle) fresque.

Parce que la vengeance et le temps qui passent sont là, ainsi que la violence. Inexorables. Dans les deux précédents opus, la mémoire était imprécise (Il était une Fois dans l’Ouest), ou nostalgique (Il était une fois la Révolution), et n’apparaissait que par flashes successifs. Ici, c’est le présent qui s’invite dans l’histoire. Et c’est le passé qui joue le plus grand rôle, même si, là encore, il se résoudra dans le présent.

Le présent, c’est 1968 (tiens, tiens...). Le passé : la Prohibition. Entre les deux ? Rien, ou presque.

 

Le passé, c’est l’ascension, pendant une dizaine d’années, d’un gang de jeunes truands juifs new-yorkais, jusqu’à l’abandon du Volstead Act, en décembre 1933.

Nous suivons en particulier l’évolution de David « Noodles » Aaronson (Robert de Niro). Comme dans Il était une fois la Révolution, il est question d’une amitié. Elle est partagée par Max Bercovicz (James Woods), ainsi qu’à un moindre niveau par Philip « Cockeye » Stein (William Forsythe) et Patrick « Patsy » Goldberg (James Hayden, qui est mort peu de temps après le tournage).

Alors la violence se déchaîne, crue, implacable. Plus terrible que celle de Frank dans Il était une Fois dans l’Ouest, sous fond de politique.

 

Et la vengeance ? Elle se construit pendant tout le film, jusqu’à la confrontation finale, mais…

Mais ce n’est pas elle qui est le véritable enjeu du film. C’est la nostalgie.

Noodles revient dans le quartier de son enfance et de son ancienne vie, Brooklyn. C’est un vieil homme, maintenant, la petite soixantaine. Il ne sait pas ce qu’il vient y chercher – une lettre anonyme l’a convoqué – mais il y trouve son passé. Il retourne sur le lieu de son bonheur. Chez Fat Moe, où il épiait Deborah, la sœur de Moe, qui s’entraînait à la danse dans l’arrière salle. Ce fut son seul grand amour. Amour réciproque, mais impossible, la vie étant souveraine. Et quand il peut enfin assouvir cet amour, il gâche tout.

 

Alors quand il revient chez Moe, trente-cinq ans après, il retourne épier l’arrière salle, et il se souvient… « Yesterday… Suddenly… », chante Paul… Jamais cette chanson ne fut aussi bien utilisée. Elle marque la nostalgie, mais fait surgir soudainement le passé dans la vie présente de Noodles. Et il se souvient. De tout. Du bien, comme du mal. La musique d’Ennio Morricone soulignant encore plus le côté nostalgique, rappelant les instants de bonheur de Mallory dans Il était une fois la Révolution.

 

En fin de compte, Noodles est passé à côté de sa vie : la femme qu’il aimait et qui l’aimait, l’argent, le succès, rien ne fut pour lui.

Et finalement, est-ce que le meilleur moment de sa vie, ce ne furent pas ses trips à l’opium, où tout se dissolvait dans une félicité éthérée ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Martin Scorsese, #Robert de Niro

“But in the end, we fucked it all up” (« à la fin, on a tout bousillé ») dit Nicky Santoro au tout début.

 

Ca commence par du Bach. La Passion selon St Matthieu. Un homme – Sam « Ace » Rothstein (Robert de Niro) entre dans sa voiture, met le contact, et… Boom. Plus de voiture. Le feu envahit l’écran alors que se déroule le générique, accompagné du final de la Passion. C’est un final grandiose, avec orchestre et chœur. Mais ce qui est intéressant, c’est que Bach fait se terminer son œuvre sur un accord dissonant (on ne l’a pas ici). Sans faire de Sam une figure christique (ce qu’il n’est absolument pas), le parallèle avec la musique est pertinent : l’histoire que nous allons voir va mal se terminer. L’harmonie possible ne durera pas.

Alors on entre dans l’intrigue. Sam est un bookmaker, le plus doué de tous. Des mafieux – ses employeurs – lui proposent de diriger un casino dans le temple du jeu : Las Vegas. Et pendant sa gérance, le casino fera des profits incroyables.

 

Mais c’est Scorsese. Alors évidemment, Sam aura beau grimper, il retombera là où il a commencé. Sinon pire.

Et pourtant : quand il arrive, tout lui réussit. Il rencontre même la femme de sa vie : Ginger (Sharon Stone). Mais si lui l’aime, ce n’est pas réciproque. Et bien entendu, ça va dégénérer.

Et pour aider à la descente, il y a l’ami d’enfance : Nicky Santoro (Joe Pesci). Nicky est un sanguin, et surtout un truand hors norme. Tuer est son quotidien, son boulot, comme il l’explique à son banquier, tout de suite moins rassuré.

Le problème, c’est Nicky. Chaque fois que Sam fait un progrès dans son casino, Nicky s’installe encore plus dans cette ville qu’il veut mettre en coupe. Leur progression parallèle se poursuivra jusqu’à la chute annoncée.

 

Quinze ans après Raging Bull, et surtout six ans après Goodfellas, Scorsese retrouve son duo de choc : de Niro & Pesci. Nous sommes dans une intrigue plus proche de Goodfellas du fait du milieu mafieux. Mais ce n’est ni une suite, ni une copie, comme certains avaient pu le croire à sa sortie. Les thèmes sont similaires, mais Scorsese va encore plus loin. La violence est encore plus forte, plus crue, mais indissociable de cet univers. Pesci est incroyable de méchanceté. Il surpasse de loin son rôle précédent de Tommy DeVito, même si leurs destins sont identiques. On retrouve aussi Frank Vincent (dans le rôle de Marino, le bras droit de Nicky) qui, cette fois-ci, prendra sa revanche sur les précédents films. De Niro retrouve aussi James Woods (en junky formidable), avec lequel il avait joué dans le dernier film de Leone (Once upon a Time in America), et chose curieuse, quand de Niro le rencontre et lui parle, l’autre est incapable d’articuler un mot.

 

Comme pour Goodfellas, nous avons des personnes qui racontent ce qui leur arrive. Nicky et Sam nous font vivre leur ascension en la commentant. Même Frank Vincent se doit d’arrêter le cours du film et figer l’image pour justifier son action.

Pour le reste, Scorsese déroule son histoire de chute vers la destruction finale : pas seulement celle des êtres, mais aussi celle des lieux qui ont vu les choses arriver. Et pour accompagner cette destruction : le retour de la Passion de Bach, véritable final tragique.

Parce que la musique, à l'instar de Goodfellas, est importante. C’est une marque du temps (on y entend certains standards de l’époque), mais aussi un soutien formidable de l’action. Le règlement de compte final se fait avec les accords de The House of the rising sun des Animals. Se distordant avec l’overdose fatale de Ginger.

 

Un film inoubliable, à tout point de vue.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Max Linder, #Muet, #Comédie

Avant-dernier film américain de Max Linder, tourné juste avant son autre chef-d’œuvre L’étroit Mousquetaire. Il est surtout connu pour une des scènes : le miroir.

Voici une scène d’anthologie.

Max est un riche jeune homme. Son majordome est amoureux de sa servante et pendant leur marivaudage, ils cassent le miroir de Max. Celui-ci, lendemain de fête oblige, a la gueule de bois. Mais il doit se préparer, et donc, se raser. Comme le miroir est brisé, c’est son cuisinier qui va jouer son reflet.

Max et son reflet sont magnifiquement synchrones. On rit de cette situation, accentuée par des dialogues (muets, certes, mais il y a des intertitres) qui apportent encore plus d’humour.

Ce film est placé sous le signe du 7, comme le sera Fiancées en folie (avec Buster Keaton), quatre ans plus tard. Ca commence par la fête de Max, où sept convives sont autour d’une table.

Puis, ce sont sept séquences qui vont rythmer ce film.

  1. Le miroir
  2. La rupture avec sa fiancée
  3. Le voyage
  4. Dans la gare
  5. La poursuite
  6. La Justice
  7. Final, sept ans plus tard

Chaque partie est constituée de gags savoureux qui seront utilisés par la suite par d’autres : on pense à Cops pour la poursuite, les Lumières de la Ville pour l’homme ivre…

Il y a une filiation certaine avec Chaplin : si Max est riche, alors que le vagabond est pauvre, tous deux profitent des situations et ne savent résister à une jolie femme, et tous deux usent de déguisements pour s’en sortir.

Mais surtout, ce film est une accumulation de faux-semblants.

Rien n’est ce qu’il paraît :

  • Le reflet est faux ;
  • Le meilleur ami n’en est pas un ;
  • En voyage, les hommes dans la rue ne sont pas bienveillants ;
  • L’homme d’entretien du train n’est pas celui qu’on croit ;
  • Le chef de gare, en réalité, est absent ;
  • Même les lions ne sont pas dangereux (pour Max !).

Et ces sept ans de malheur – mais aurait-il pu en être autrement ? – finalement se résument à une très courte période de désagréments.

Un film à savourer sans modération.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ridley Scott, #Science-Fiction, #Alien

« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. »

C’était le slogan du film, à sa sortie.

Après Lucas et Star Wars, voici Ridley Scott, qui part à son tour à la conquête de l’espace.

Mais alors que Lucas faisait dans le grandiose et la superproduction, Scott nous propose un huis clos passionnant.

Sept acteurs. Sept passagers d’un vol interplanétaire. C’est l’ordinateur de bord – Mother – qui les réveille dans leur longue « hibernation » : un signal de vie a été capté.

Ils se rendent sur une planète où ils découvrent un vaisseau spatial abandonné qui contient de nombreux objets ovoïdes, dont l’un éclot : l’astronaute présent en fera les frais, il s’agit d’un être extraterrestre extrêmement agressif (mais on ne le sait pas encore, on s’en doute seulement). Hélas – mais c’est la condition sine qua non pour que le film soit intéressant – ils ramènent ce huitième passager dans leur vaisseau et reprennent leur route.

Nous allons alors suivre l’élimination progressive des membres de l’équipage par cette créature maléfique.

 

Le personnage central, au début, c’est Kane (John Hurt), le premier en tout. C’est lui qui se réveille le premier, lui qui va en éclaireur, et bien entendu, lui qui est attaqué le premier. Il mourra aussi le premier.

Deux ans après Star Wars, Scott prend ses distances avec Lucas. Si l’espace est le point commun, les propos sont très différents.

Pas d’histoire d’hégémonie politique, pas de combats interstellaires. Des individus dans un monde clos, qui vivent, puis vont essayer de survivre.

Pas de costume spécial : ni grande robe, ni armure colorée. Des gens normaux. Qui sont habitués à vivre dans le vaisseau. Ils se comportent normalement, ils font juste leur boulot. On est alors étonné de les voir fumer. Nous qui avons été nourris avec On a marché sur la Lune, il est difficile de concevoir qu’on fume dans un tel appareil, alors que le souci numéro un nous semblerait l’oxygène.

 

Par contre, du point de vue technologique, près de quarante ans après, on sourit devant le matériel informatique qui n’a pas beaucoup évolué depuis 2001, l’Odyssée de l’espace. L’écran de contrôle lors de l’atterrissage en est la meilleure illustration.

Mais l’art de ce film n’est pas là. C’est le huis clos le plus important. Le rythme aussi, où Scott joue avec les nerfs de ses personnages (ainsi qu’avec les nôtres), envoyant des fausses pistes félines. Parce que le chat – Jones – est l’un des personnages les plus importants du film (et en plus, il survit !). C’est à travers lui que nous voyons la première agression, lors d’un gros plan judicieux.

 

Et l’alien ? Très peu de choses. On ne le voit pas très souvent. Mais sa présence est tout de même constante. Si sa première apparition peut sembler loufoque, son évolution inquiète et même effraie.

Et puis il y a Ripley (Sigourney Weaver). C’est son premier grand rôle. Sigourney Weaver est impeccable, mais encore loin de la guerrière qu’elle deviendra au fur et à mesure des épisodes. Et en plus, elle est très jolie. Elle ne quittera plus le haut de l’affiche, et c’est tant mieux pour nous !

 

La fin ne présage pas de suite. La quête – se débarrasser de la créature – étant résolue, on présume logiquement que la navette rejoindra la Terre. D’ailleurs, il faudra attendre presque dix ans avant une suite. Mais ceci est une autre histoire.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tony Gilroy, #Espionnage, #Jason Bourne

L’héritage de Jason Bourne, c’est le bazar qu’il a laissé en sautant du pont, à la fin de l’épisode précédent, disparaissant définitivement (?) de la circulation.

Et quel bazar ! (je vous renvoie à l’opus précédent, si vraiment vous voulez le savoir, mais ce n’est pas nécessaire, les explications sont donnés dans le film) Nous assistons alors au nettoyage d’une branche illégale de la CIA, ce qui est pure fiction, nous savons bien que la CIA n’a rien à cacher…

En parallèle, nous suivons l’héritier de Jason Bourne : Aaron Cross (Jeremy Renner). Il y a du Bourne dans sa prestation, mais tout le monde n’est pas Matt Damon. Alors il est différent. Mais on comprend à son entraînement (le même que JB) comment il peut arriver à se sortir de situations très difficiles.

La situation peut rappeler le premier épisode : fuite à deux, mais cette fois-ci, c’est lui qui aide la femme le premier. Mais Marta Shearing (Rachel Weisz) n’a rien de Marie. Elle est plus stable, mais c’est d’elle toutefois qu’on veut se débarrasser.

Et Cross arrive la sauver, partant, comme JB et Marie à l’autre bout du monde, un tueur (d’une branche qui n’existe pas…) à leur trousse.

Pour le reste, c’est du même tonneau : des méchants qui veulent éviter le scandale (cette fois-ci, c’est Edward Norton qui s’y colle), des bagarres et l’inévitable poursuite en voiture-moto-course à pied.

Cette fois-ci, le rythme est plus lent (ce qui n’est pas désagréable) même si la dernière demi-heure est fidèle aux trois autres épisodes en hyper-action.

Si le rythme est plus lent, c’est avant tout parce que nous sommes dans une continuité par rapport à The Bourne Ultimatum. Les personnages y sont aperçus, avec quelques images du film précédent. C’est surtout l’ampleur des dégâts causés par Bourne qui sont la raison de ce rythme plus lent. Comme pour The Bourne Supremacy, il s'agit d'un film de transition. On peut se demander si cette alternance transitionnelle n'est pas faite pour reposer le spectateur entre deux épisodes maous !

Quoi qu’il en soit, Jeremy Renner est crédible dans ce rôle de super agent, mais son passé dans Mission: Impossible - Ghost Protocol ou The hurt Locker aide beaucoup.

Bien entendu, à la fin, nous savons que rien n’est terminé. Il y aura un nouvel épisode. Reste à savoir qui jouera dedans. On sait au moins que Matt Damon sera de retour…

Encore un mois à attendre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Fincher, #Action, #Thriller
The Game (David Fincher, 1997)

Nicholas van Orton (Michael Douglas) est comblé. Il a réussi dans la finance, il possède une grande maison de famille, il a épousé une belle femme et a même eu le droit d’en divorcer.

Il a aussi un frère, Conrad (Sean Penn), qui a moins bien réussi. Quasiment pas, d’ailleurs.

Aujourd’hui, il a quarante-huit ans. Comme son père. Le jour où il s’est jeté du toit de la belle maison. Et son frère lui a offert un cadeau original : la participation à un jeu. Nicholas n’est pas très emballé, mais il accepte tout de même de se plier aux tests d’admission.

Le jeu peut commencer.

Et rapidement, ce qui ne devait être qu’un jeu devient un cauchemar. Il faut dire qu’en Anglais, « game » ne veut pas seulement dire jeu. Ca signifie aussi gibier. Parce que c’est ce que devient Nicholas : un gibier dans une chasse qui lui a complètement échappé.

Nous avons, ici, un scénario très habile. Fincher nous emmène et fait de nous ce qu'il veut. De par son intrigue et aussi de par l’utilisation du décor et des accessoires. Rien n’est laissé au hasard. Nous suivons les péripéties qui s’enchaînent en alternant rythme lent et accéléré avec beaucoup de jubilation.

Nicholas, qui, au début, est une espèce de financier arrogant, assez désagréable, se métamorphose avec les épreuves pour devenir sympathique. Iol faut dire que ce qui lui tombe dessus est assez haletant. Et Michael Douglas est très convaincant dans ce rôle hybride d’homme d’affaire (cf. Wall Street) qui se transforme en homme d’action (cf. Romancing the Stone), entouré de seconds rôles ambigus mais attachants (Deborah Kara Unger, et le regretté James Rebhorn, entre autres).

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Paul Greengrass, #Espionnage, #Jason Bourne

Passons encore une fois sur un titre racoleur et un tantinet éloigné du film.

Cette fois-ci, il est temps de refermer la première partie des aventures de notre héros. Il ne lui manque que le début, comment tout a commencé.

Alors on reprend exactement où on était resté dans The Bourne Supremacy.

On récupère les survivants, et on en ajoute d’autres. Un trio de méchants assez réussi : Ezra Kramer (Scott Glenn), Noah Vosen (David Strathairn) et Albert Hirsch (Albert Finney, mon préféré). Trois ans après, Paul Greengrass repart sur les chapeaux de roues. Il s’est un (petit) peu calmé mais le rythme reste toujours soutenu, les caméras sur l’épaule étant toujours la norme. Le cahier des charges est respecté : bagarres, échanges de coups de feu, poursuite en voiture. Mais cette fois-ci, une variante dans la poursuite qui se fait en scooter puis à pied dans les rues (étroites) de Tanger.

Si l’épisode précédent n’était qu’une transition, ici, c’est du sérieux. Bourne est plus inspiré que dans l’opus précédent, et Greengrass aussi, d’ailleurs. On dirait qu’il a enfin pris la mesure de son personnage, et qu’avant, c’était juste un galop d’essai, une prise de contact.

Quoi qu’il en soit, on savoure cet opus, en sachant pertinemment que ce n’est pas fini, le scénario nous offrant une nouvelle chance de revoir Matt Damon dans ce personnage pas si innocent que ça, mais toujours très attachant.

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