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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lillian Gish, #Muet, #Drame

Huit ans après A travers l’Orage, Lillian Gish est à nouveau la proie des éléments.

Mais cette fois-ci, c’est du sur mesure : elle a choisi le scénario, le metteur en scène et son partenaire.

Comme dans la Lettre écarlate sorti deux ans auparavant, Victor Sjöström est aux commandes, et Lars Hanson son partenaire. Pour jouer le méchant, on a fait appel à Montagu Love, un habitué du genre.

Letty (Lillian Gish) débarque au Pays des Vents, chez son cousin. Celui-ci est marié, a trois enfants et une femme très jalouse. Comme Letty prend de plus en plus de place dans cette famille, elle la force à s’installer ailleurs.

Ca tombe bien, elle a rencontré un homme charmant dans le train : Whit Roddy (Montagu Love).

Sauf que ce monsieur est tellement charmant qu’il a déjà une femme. Alors en avoir une deuxième ne l’emballe guère. Il veut bien – à la rigueur – une maîtresse, mais on est au début du vingtième siècle, tout de même !

Alors elle se rabat sur les indigènes : Lige (Lars Hanson), un paysan du crû, amoureux d’elle (qui ne le serait pas ?).

Mais le mariage est bâti sur du sable (celui que le vent fait voler), alors, évidemment, il n’y a pas de quoi être heureux.

Surtout que Roddy revient…

Lillian Gish a trente-cinq ans quand sort le film. Mais qu’importe, c’est toujours une (très) jeune première. Elle est absolument éblouissante dans ce film fait pour elle. Elle expose son talent dans les grandes largeurs. Jamais elle n’a été aussi fabuleuse. Et je ne dis pas ça parce que je suis amoureux d’elle !

Et c’est le vent qui lui offre l’un de ses plus beaux rôles, sinon le plus beau. Parce que son véritable partenaire n’est pas Lars Hanson. C’est ce vent omniprésent et lancinant qui partage la vedette.

Sans cesse, Sjöström y fait référence et insère des plans de coupe où il se déchaîne. L’allégorie indienne du cheval sauvage est finement trouvée. Il y a dans ce vent une fougue et une force irrésistible. On en arrive presque à l'entendre. [Ne pas oublier de couper la bande-son, elle n'apporte rien]

Et comme le dit Lige au tout début : il rend fou, surtout les femmes.

Parce que nous sommes à une époque où les femmes sont avant tout des ménagères. Alors Letty reste chez elle, à voir et entendre le vent souffler. Même toutes portes closes, le vent fait bouger les objets en équilibre. Alors quand le vent du nord – le plus terrible – se lève, la folie qui guettait Letty, s’empare d’elle. Le visage de Lillian Gish devenant terrifiant de justesse dans cet état anormal. Avec en plus les mouvements de caméras accentuant le dérangement de son esprit.

Et comme si ça ne suffisait pas, c’est à ce moment que Roddy revient la harceler.

Mais – et c’est là que Sjöström est véritablement un maître – la confrontation entre ces deux êtres que tout oppose n’est pas formellement avérée : en effet, en proie à ce vent affolant, Letty a-t-elle vraiment vécu cette confrontation ? S’est-il réellement passé quelque chose entre Roddy et elle ? Aurait-elle pu imaginer tout ça ?

Sjöström choisit de ne pas répondre directement. C’est Lige qui a la bonne réponse : le vent enfouit tout.

Nous avons vu ce qui a pu se passer. A nous de nous faire notre opinion.

La mienne est faite…

A vous de faire la vôtre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tod Browning, #Lon Chaney, #Muet, #Drame

Si Lon Chaney est la star du film, ce n’est pas pour autant le personnage principal. Bien entendu, il joue un rôle de méchant, ce qu’il a toujours fait avec beaucoup de brio.

C’est Priscilla Dean, la « fleur sans tache ».

Mary Stevens est une crocheteuse qui travaille avec Stoop Connors (Lon Chaney) et accessoirement pour son « parrain » Fadem (Spottiswood Aitken), un fourgue qui a tout du fourbe.

Après un larcin, elle se réfugie chez Kent Mortimer (Wellington A. Playter), un homme qui vient de tout perdre, jusqu’à sa fiancée, qui ne peut décemment pas rester avec quelqu’un de condition inférieure…

Une fois la surprise passée, il accepte Mary.

C’est alors que la « rose de caniveau » se met à s’épanouir : elle renonce à son ancien métier et se trouve une situation honnête. Mortimer la retrouve et commence à la fréquenter.

Mais Mary a gardé le fruit de son dernier « travail » : le collier de perles volé à l’ancienne fiancée de Mortimer.

Elle sait qu’elle ne peut rendre ce collier sans perdre l’homme qu’elle aime…

Il s’agit ici de la quatrième collaboration du tandem Lon Chaney – Tod Browning. C’est aussi le quatrième film que Browning tourne avec Priscilla Dean. Il était temps que ces deux acteurs se rencontrent… Ils joueront encore ensemble un an plus tard dans Outside the Law.

Même si nous suivons les déboires de Mary, c’est tout de même Stoop qui retient notre attention. Lon Chaney est un truand franchement mauvais. Il annonce, dans son allure, le personnage de Blackbird dans le film éponyme, avec toutefois une dose de faiblesse voire de lâcheté. Il n’est pas omnipotent, et quand la situation lui échappe, il lui reste toujours un revolver.

Mais il a toujours ce visage inoubliable. Il passe du sourire à la menace avec une habileté et un naturel formidables. Et ses plus grands rôles sont encore à venir…

Au final, nous avons une histoire édifiante (pré-Prohibition), où une deuxième chance n’est jamais gâchée, avec des acteurs qui jouent juste. Malheureusement, quelques plans ont disparu, mais c’est toujours un plaisir de retrouver Lon Chaney, l’autre homme qu’on pouvait aimer haïr…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Buster Keaton, #Edward Sedgwick, #Muet, #Comédie

Dernier film muet de Buster Keaton, c’est un film partiellement sonore (applaudissements, rires…). C’est aussi le troisième long métrage qui se passe sur un bateau.

Elmer (Gantry, bien entendu, le roman de Sinclair Lewis étant paru en 1927) réalise le rêve de sa vie : il épouse la comédienne Trilby Drew (Dorothy Sebastian), dont il suit la carrière et ne rate aucune de ses représentations.

Sauf que.

Sauf qu’elle ne l’aime pas. Sauf qu’elle aime un autre comédien qui a une aventure avec une autre femme, une blonde. Sauf que ce comédien doit se fiancer avec elle (la blonde). Alors, par dépit, elle épouse Elmer (d’où le titre original), qui n’en revient pas.

Mais Elmer déchante vite. Les seuls moments d’intimité qu’il a avec elle arrivent quand elle est inconsciente.

Alors elle s’en va, en attendant qu’il la quitte réellement et puisse divorcer.

Mais si la rupture est inévitable, les retrouvailles le sont tout autant. Et Elmer la retrouvera… Sur un bateau.

Mais ce n’est pas The Navigator. Ici, l’amour n’est pas (encore) réciproque.

On retrouve ici le même ton doux-amer qui prévalait pour The Cameraman. Là encore, le personnage de Buster Keaton est malmené par la vie : il aime une femme qui ne l’aime pas ; il est un (très) piètre acteur ; il se retrouve involontairement embarqué dans une histoire de trafiquants. Et si la fin est heureuse, c’est – encore une fois – au tout dernier moment. Il est peu probable qu’un « repasseur de pantalons » devienne l’époux d’une star du théâtre.

Mais c’est du cinéma, c’est Keaton, alors tout est possible.

Pourtant, Keaton aurait aimé faire de ce film son premier parlant. La MGM a pour sa part préféré une version partiellement sonorisée, timorée à l’idée de perdre un de ses acteurs phares si le test du parlant était défavorable. Cette bande sonore n’apportant pas grand-chose : la demi-mesure n’étant jamais une bonne solution. Et puis les rires du restaurant ont une certaine tendance à me lasser.

Mais nous retrouvons Buster Keaton plus bondissant que dans The Cameraman : il se déchaîne sur le bateau, rappelant ses précédents films marins.

Parlons du titre français.

Pour une fois, il n’est pas si mal choisi que ça… Pas de « Malec », ni de « Frigo », c’est déjà ça. Mais surtout, le terme de figurant fait appel à deux réalités :

  • la figuration qu’effectue Elmer dans la pièce de Trilby Drew. Après une séance de maquillage d’anthologie, nous assistons à une figuration un peu trop présente – malheureusement accompagnée des rires du public – où, là encore, les tentatives d’Elmer sont vouées à l’échec. Il remplace l’acteur pour pouvoir embrasser la star, mais au moment d’y parvenir, tout s’écroule…
  • le statut d’Elmer dans ce mariage « par dépit » où il n’a que le rôle de mari, mais pas la fonction.

On pourrait même trouver une troisième réalité, prémonitoire celle-là : Keaton va peu à peu perdre son statut de star, jusqu’à ne plus faire que quelques apparitions – notables, tout de même.

Mais ça reste du Keaton, alors on savoure – une dernière fois – cette aventure muette en regrettant un peu, tout de même, l’avènement du parlant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Buster Keaton, #Edward Sedgwick, #Muet, #Comédie

A New York, Buster fait des portraits minutes pour les passants.

Alors qu’il prend un type en photo, une grande cérémonie intervient avec défilé et papiers qui volent. Le genre de réception qui fut réservé à Tintin, à la fin de l’album en Amérique.

A cette occasion, il se retrouve pressé contre Sally, secrétaire aux MGM News.

Enivré de son parfum, il lui propose un portrait… Mais elle s’en va le laissant avec ses photos.

La visitant à son travail, il décide de devenir caméraman. Surtout pour pouvoir la côtoyer…

Mais être caméraman n’est pas un métier qui s’improvise. Tout d’abord, ça coûte cher. Une fois le modèle de base (en occasion !) acheté, il filme tout ce qu’il trouve intéressant.

Ensuite, le problème, c’est qu’il faut toujours tourner la manivelle dans le même sens.

Ca nous permet un magnifique court métrage dans le film, où Buster nous gratifie d’une séquence dans un sens puis dans l’autre, d’une superposition rue/cuirassé, et enfin d’une dernière séquence diffusée simultanément dans quatre secteurs. Bien entendu, c’est un fiasco et il est éconduit par le patron des informations.

Et pourtant…

Pourtant, s’il ne s’était agi que de tourner la manivelle dans un sens puis dans l’autre, je ne pense pas qu’on aurait obtenu le même résultat…

Pourtant, Sally l’encourage à persévérer. Elle accepte même de sortir se promener avec lui. Mais comme tout ce qu’il entreprend depuis le début, ça ne se termine pas comme escompté.

Elle va alors lui laisser une dernière chance.

Vous imaginez aisément comment ça va se conclure…

Voici un film qui annonce la fin du muet. Le Chanteur de Jazz est sorti, relançant la Warner. Keaton sort son avant-dernier film muet : c’est le chant du cygne.

Il y a beaucoup de mélancolie, voire de tristesse dans l’histoire de ce caméraman timide. Tout ce qu’il entreprend tombe à l’eau, même sa promise… Quand tout est terminé, qu’il a revendu se caméra et qu’il retourne à ses portraits minutes, il rate même ses adieux. La pellicule envoyée ne se révèle pas ce qu’il imaginait. Même sa sortie, il la rate : il est engagé !

Malgré tout, ce film nous offre des scènes inoubliables : les escaliers, la cabine de bain, la guerre des Tongs…

Mais ce que Keaton réussit à faire, c’est montrer l’envers du décor des reportages. Il va même jusqu’à arranger les combats entre les Chinois ! [Comme si c’était la pratique…]

Il n’empêche qu’il nous donne une belle leçon de reportage, filmant malgré tout au plus près !

Mais c’est le chant du cygne. Keaton aura de moins en moins sa place dans le cinéma, hélas. La scène finale de célébration peut sembler prémonitoire. On termine là où on a commencé, pendant une grande fête municipale à portée (inter)nationale. Mais cette célébration n’est pas destinée à son personnage comme celui-ci le croit. C’est Lindbergh qui est revenu et célébré par New York après son vol transatlantique ! Cette fin en demi-teinte atténuant le retournement de toute dernière minute du film…

Le film suivant de Keaton sera son dernier muet : Spite Marriage (Le Figurant), où la tristesse s’installera encore plus.

Tout ceci ne nous empêche pas malgré tout de rire de bon cœur aux trouvailles de celui qui fut l’un des grands maîtres du burlesque.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Clarence Badger, #Muet, #Clara Bow, #Comédie

Sept ans après The Flapper, voici un nouveau mythe qui débarque : It (« ça »).

Qu’est-ce que it ?

Ce n’est pas bien clair, malgré les explications (trois fois) de Mme Elinor Glyn, créatrice du terme.

Mais si on cherche bien, on pourrait parler de ce que les Français appellent le Charme, avec jusque ce qu’il faut de sex-appeal.

Et là, Betty Lou Spence en a à revendre. C’est bien simple, c’est la fille it.

Mais c’est facile, puisque Betty Lou Spence, c’est Clara Bow.

Elle est le charme personnifié. Elle a tellement de it en elle qu’elle EST it.

Betty travaille dans le grand magasin de Mr Waltham. Elle vend du tissu, et doit parfois se battre avec les clientes revêches.

Cyrus Waltham (Antonio Moreno) a pris la succession de son père. C’est son premier jour. Il est accompagné de son fidèle grand ami Monty (William Austin), un dandy oisif à la recherche de la perle rare : la fille it !

Il n’y a pourtant pas besoin d’aller la chercher bien loin : elle est au rayon textile ! Mais à chaque fois que Cyrus se trouve en présence de Betty, il ne la regarde pas. Ce qui est un peu normal, elle n’est qu’employée.

Par contre, elle n’échappe pas à Monty qui entame une cour auprès d’elle.

Mais Betty n’a qu’un seul but : conquérir Cyrus. Elle va donc utiliser le très consentant Monty pour y parvenir.

Clara Bow, comme Olive Thomas ans le film éponyme, est une flapper. Mais cela va plus loin. Il y a, dans le personnage de Betty, une assurance et une force que ne connaît pas obligatoirement la flapper. Il y a en plus une innocence, voire de la naïveté chez Olive Thomas ou Colleen Moore, qui n’est plus là chez Clara Bow. La scène dans laquelle elle protège son amie menacée des se voir retirer son fils par les dames patronnesses et caractéristique de cette assurance et de cette force. Elle prend sur elle d’affirmer que cet enfant est sien et qu’il n’a pas de père (un scandale en 1927 !).

Cyrus, dès qu’il lève la tête sur Betty tombe sous son charme. C’est là qu’est le coup de foudre du titre français. Encore un titre malheureux, tiens… Car un coup de foudre ne dure pas, alors que Cyrus tombe de façon irrémédiable sous le charme de Betty : il ne peut la réprimander après avoir éconduit une cliente acariâtre ; sur son bateau, il ne peut détourner son regard de cette femme moitié nature, moitié lascive qui se prélasse sur le bastingage.

Et il faut dire que Clara Bow est irrésistible. Même aujourd’hui, on ne peut rester insensible à cette façon qu’elle avait de se tenir, de lancer des regards… Bref, elle était It, et même plus encore !

[En prime, un jeune acteur au regard de velours, bourré lui aussi de it, qui s’épanouira dans la décennie suivante : Gary Cooper !]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #George Lucas, #Indiana Jones, #Aventures
Les Aventuriers de l'Arche perdue (Raiders of the lost Ark - Steven Spielberg, 1981)

Déjà quatre-vingts ans !

En 1936, le gouvernement américain fait appel à une pointure de l’archéologie nationale, le docteur Henry Jones (junior). Il faut dire que Jones n’est pas n’importe qui (sauf pour le spectateur qui ne l’a jamais vu). Déjà, c’est Harrison Ford. Alors comme tout le monde (ou presque) a vu Star Wars, ça simplifie les choses.

Toujours est-il que le Dr Jones n’est pas de ces archéologues qui dégagent une trouvaille à coups délicats de pinceau. Non, lui, son rayon, c’est l’action. Non seulement il se rend sur place, mais en plus, s’il y a du danger, il est aux premières loges. Mais…

Mais il y a Louis Belloq (Paul Freeman). Un autre archéologue. Un Français. Un Français qui a la fâcheuse habitude de récupérer les trouvailles de ce bon docteur Jones.

 

A cette époque – 1936 – sévit en Europe la lie de l’humanité menée par Hitler, sous le regard bienveillant des autres pays européens.

Et si le gouvernement américain a décidé de s’adresser à Indiana (c’est son nom de scène) Jones, c’est que la situation est grave : les Allemands ont découvert le site abritant l’Arche d’Alliance.

Comme nous sommes en 1936, il est normal que Jones et son collaborateur et ami Marcus Brody (Denholm Elliot) rafraîchissent les souvenirs des agents du FBI : pour notre part nous avons vu David et Bethsabée de Henry King, alors nous savons ce qu’est cette arche, celle qui abrita les fameux dix Commandements.

 

Quoi qu’il en soit, voici Indiana Jones à la poursuite de ce fabuleux trésor archéologique : celui qui un jour fit de tous ces chercheurs ce qu’ils sont.

Mais c’était il y a quatre-vingts ans…

Pour nous, c’était il y a seulement trente-cinq ans. Quand Lucas (George) et Spielberg (Steven) se sont unis pour le meilleur (et seulement ça) et nous ont proposé un nouveau regard sur l’archéologie.

 

Pour ma part, je suis allé voir ce film un mercredi, jour de congé.

Après avoir bien grugé les gens patients (c’était le jour de la sortie !), avec deux autres copains, nous nous retrouvâmes en tête de file et dûmes accepter trois places disséminées dans la plus grande salle du cinéma Gaumont de Nantes (et de cette même ville).

Mais avec Indiana Jones, c’est le retour de la grande aventure. Nous sommes en présence d’un personnage intelligent (docteur) et plein de ressources (toujours armé dans ses déplacements). En plus, il a affaire à la lie de l’humanité. Tout est là pour nous faire adhérer.

 

Et ça marche. C’est une heure cinquante-cinq de plaisir que les deux géants (Lucas & Spielberg) nous offrent. Et on en redemande. Ca tombe bien, il y aura des suites !

Quoi qu’il en soit, Lucas et Spielberg réussissent à relancer le film d’aventure historique. Harrison Ford est parfait en professeur d’université-sex symbol-aventurier. Avec en plus une dose d’humour second degré qui ne gâte rien (voir le « duel » avec l’homme au sabre dans les rues du Caire). Pas étonnant que trente ans plus tard, Spielberg ait adapté Tintin au cinéma. Ils sont, sinon de la même famille (bien qu’un cousinage éloigné soit évident), de la même trempe.

 

La différence entre Indiana Jones et Tintin ?

Les femmes, bien entendu. Mais il faut dire que Tintin n’a pas beaucoup de choix…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alan Crosland, #Muet, #Comédie

Une flapper, c’est une jeune fille délurée, une espèce de garçonne. Ici, c’est Olive Thomas qui lance la mode. Nous suivons donc avec délectation les aventures de Genevieve « Ginger » King, jeune fille de seize ans qui rêve de grandir un peu plus vite afin de profiter de la vraie vie, personnifiée par un dandy qui passe devant son pensionnat tous les jours : Richard Channing (William P. Carleton).

Alors qu’elle sre persuade qu’elle peut le séduire, lui voit très clair dans son jeu ety aurait tendance à s’en amuser. Mais le destin veille, et ce qui était à l’origine une plaisanterie commence à tourner au drame.

Au pensionnat, il y a une autre jeune fille de caractère : Hortense (Katherine Johnston), qui sort avec Thomas « the Eel » (l’anguille) Morran (Arthur Housman). Cette dernière ne joue pas dans la même cour. Quand Ginger s’affuble d’une tenue un tantinet provocante pour séduire Channing, Hortense vide le coffre fort du pensionnat et s’enfuit avec son amant, à New York pour y mener grand train et accomplir d’autres méfaits (Morran est bien connu des forces de police). Invitée par ces derniers, Ginger se retrouve mêlée à leurs turpitudes…

L’intrigue mise à part, c’est le personnage de Ginger qui nous intéresse. Olive Thomas y campe une jeune fille délurée, certes, mais incroyablement naïve. Et c’est de cette opposition que naît le comique de situation. Le moment phare étant son retour à Orange Springs, petite bourgade ultra-calme des Etats-Unis, où son apparition en femme fatale, annonçant les canons des années 1920, est extrêmement drôle. On s’amuse des regards horrifiés des gens de cette société extrêmement prude. Et Ginger aussi !

Olive Thomas est formidable dans ce rôle mi-ingénue, mi-délurée. Elle trace la voie d(‘actrices qui vont exploser dans les années suivantes : Louise Brooks et surtout avant elle, Colleen Moore, la flapper par excellence.

Il est fort dommage que mademoiselle Thomas soit morte dans les mois qui suivirent la sortie du film. Une carrière de flapper s’ouvrait à elle… Elle avait vingt-cinq ans.

[A noter que les intertitres (quasiment tous d’époque) contribuent au comique du film, parfois surimpressionnés d’images en mouvement]

Petit jeu pour mon ami le prof. célèbre, monsieur Allen John: où est Norma Shearer ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Cameron, #Alien, #Science-Fiction
Aliens, le Retour (Aliens - James Cameron, 1986)

Rappelez-vous, Ripley (Sigourney Weaver) s’en était sortie (avec Jonesy le chat). Mais ça c’était avant. Cette fois-ci, c’est James Cameron qui est aux commandes, fort du succès de son Terminator. Il a emmené avec lui Michael Biehn (Hicks), Lance Henriksen (Bishop), Bill Paxton (Hudson) et Gale Ann Hurd (productrice et accessoirement sa femme… à ce moment-là). [Schwarzy était trop décalé dans un tel film… (quoi que… !)]

Mais surtout, il a réussi à trouver une suite plausible au premier opus.

 

Il a repris les mêmes ingrédients : vaisseau spatial (qui se déplace en faisant du bruit) ; « accouchement » d’un alien ; un androïde en morceaux ; un personnage corrompu ; la destruction totale ; et bien entendu Ripley !

Mais cette fois, il ajoute un commando de Marines. Ce sont des soldats surentraînés, emmenés par un sergent gueulard fumeur de cigares dans la lignée des sergents instructeurs qu’on trouvera dans Le Maître de guerre quelques mois plus tard.

Cela nous permet quelques blagues de casernes ainsi qu’un engagement sans faille dans le combat, les armes étant la seule chose que ces gens connaissent et apprécient, Drake (Mark Rolston) étant un magnifique archétype.

 

Malgré ces troufions à la réflexion limitée, nous assistons à un spectacle formidable. Cameron maîtrise son œuvre où rien n’est gratuit. Chaque action entreprise entraîne une réaction plus tard. Ripley, après son retour sur terre est employée au stockage de cargaisons lourdes. Elle a donc appris à ce servir d’un engin qui la sauvera dans cet épisode. Hicks lui apprend à se servir d’une des ses armes, elle retiendra la leçon et utilisera cette compétence à bon escient.

Alors que Alien se situait exclusivement dans le vaisseau, ici, nombre de lieux sont exploités. Il n’en demeure pas moins un sentiment d’oppression et d’enfermement. Même si l’extérieur nous permet de souffler (légèrement), on retourne inexorablement à l’intérieur et l’enfermement. On bloque les portes pour contenir la menace, mais aussi pour s’en protéger. Mais même enfermés, il y a toujours possibilité d’être attaqué.

Et même si la fin a un goût de « déjà vu », on ne peut s’empêcher de trembler derrière Ripley.

 

Un mot sur le titre français, maintenant : Aliens, le Retour. Pourquoi cet ajout, sinon pour appâter le chaland ? J’aurai bien une idée… Les Aliens sont de retour sur les écrans ? Non. Ripley étant déjà venue sur l’astéroïde « contaminé », on peut parler de retour. Et surtout, c’est surtout le retour là où tout a commencé. Et aussi – quand même – ça fait vendre !

Mais ne gâchons pas notre plaisir. Savourons le retour de Ripley et des créatures maléfiques (de l’homme et de l’Alien, laquelle l’est le plus ?).

 

Et s’il doit rester une image de ce film ? Ripley, armes en bandoulière, exterminant les créatures… C'est Schwarzenegger, mais en largement plus séduisant !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Jackson, #Heroic Fantasy

La deuxième moitié des années 1990 a vu naître une révolution numérique au cinéma digne de la sortie du King Kong de Cooper & Schoedsack. C’était un déluge d’effets spéciaux, tous plus époustouflants les uns que les autres. Mais.

Mais l’histoire avait tendance à être creuse voire inexistante.

Et puis Peter Jackson est arrivé. Et là, on a pu voir ce que donnait une utilisation réfléchie et au service d’une intrigue d’effets numériques bluffant.

Il s’agit de la deuxième adaptation du roman de Tolkien. Mais cette fois-ci, c’est en décors réels, avec des acteurs en chair et en os. [Avec, peut-être, une préférence pour les yeux bleus…]

Et ce n’était pas gagné, parce que le livre est extrêmement connu et beaucoup d’amateurs d’heroic fantasy attendaient Jackson au tournant.

Pour ma part, difficile d’être déçu : l’histoire est respectée et les effets sont – je l’ai déjà écrit – époustouflants !

On suit avec délectation la formation de cette communauté qui veut sauver le monde. Et on est incrédule devant ces hobbits si petits mais si naturels : on ne s’est pas contenté de réduire les personnages, seule leurs tailles sont réduites, leurs têtes gardant des proportions normales. Et quand on voit Gimli (John Rhys-Davies), on se demande où est passé Salah, l’ami d’Indiana Jones !

Quant au reste, tout n’est que merveilles : les habitations hobbites, la dernière maison simple et la résidence de Galadriel sont des décors inoubliables.

La distribution est aussi très pertinente, Ian McKellen (Gandalf) en tête. Il arrive à passer d’un Gandalf pensif, très sérieux, à un autre Gandalf insouciant en un tournemain (« Toujours suivre son flair »). Christopher Lee (Saroumane) est un méchant toujours remarquable et Viggo Mortensen (Aragorn) un héros en devenir très séduisant au visage très doux. Et les femmes ? Deux retiennent notre attention : Arwen (Liv Tyler) et Galadriel (Cate Blanchett). Mais elles ne restent que des esquisses. Arwen ne prendra de l’épaisseur que dans le troisième épisode, quant à Galadriel, elle reste évanescente, personnage très secondaire du livre mais inoubliable grâce à l’interprétation de Cate Blanchett.

Enfin, il y a Elijah Wood (Frodo) et Sean Astin (Sam), ils ne prendront leur essor que dans le deuxième épisode.

Ayons aussi une petite pensée pour Sean Bean (Boromir), qui joue déjà un personnage qui meurt dans la première partie…

Il s’agit essentiellement de poser les bases du roman. Nous sommes dans un monde décalé où quatre races d’humanoïdes cohabitent… Mais de loin. Jackson, comme Tolkien avant lui, réussit à nous présenter ce monde comme plausible et s’appuie, pour ce faire sur des décors naturels extraordinaires. De plus, nous avons un grand méchant qui se résume à un œil – une armure habité au début) – mais certainement quelqu’un sans visage, dont l’âme (très) noire suffit et rend inutile une figure. Cette noirceur se retrouve dans l’anneau qui est l’autre être vivant du film : il ne cesse de vouloir être découvert. Autre signe de sa malfaisance terrible : quand Bilbo l’abandonne et le laisse tomber sur le sol, il ne rebondit pas. Il tombe lourd, dans un bruit mat, chargé de toute la méchanceté et toute la rouerie de Sauron.

Et puis il y a les combats. S’ils sont violents, ils n’en deviennent pas pour autant gore, ce qui donne un peu plus de tenue au propos : l’utilisation hyperréaliste de l’hémoglobine n’étant pas toujours un atout.

En attendant avec un plaisir anticipé et une impatience inchangée depuis quinze ans, la deuxième partie, une question reste en suspend tout de même : comment un type comme Steven Tyler (Aerosmith) peut-il avoir une fille aussi belle ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle, #Science-Fiction, #Catastrophe

En 2002, c’était au tour de Danny Boyle de nous proposer sa vision post-apocalyptique du monde.

Du monde ? Non, seulement de l’Angleterre, et de Londres en particulier. Et là, ça déménage.

Londres est vide. Pas un chat. Des souvenirs gisent sur le pont de Westminster : des petits Big Ben à la pelle. Et puis des rues vides. Désespérément vides. Et au milieu de ce désert urbain : Jim (Cillian Murphy). Imaginez un jeune homme qui se réveille après environ un mois de coma… Seul ! Nu, intubé, hirsute, mais seul, complètement seul.

Enfin pas vraiment. Il y a aussi les autres, les infectés.

Tout a commencé vingt-huit jours plus tôt. Ce jour-là, un commando contre l’expérimentation animale investit un centre de chimpanzés. Après avoir pris les photos témoignant des tortures infligées, ils décident de libérer les animaux.

Un seul suffira. On lui avait inoculé une forme de rage. Dès lors, le virus va se propager.

Danny Boyle exploite ici la grande peur des insulaires britanniques : l’épidémie.

Quelle ironie : alors que pour introduire un animal sur l’Ile, il faut passer par tout un protocole de quarantaine, ici, libérer un chimpanzé infecté d’un virus létal suffit à rendre obsolète tout le système.

Parce qu’en plus, Danny Boyle colle à l’actualité en utilisant un commando pro-animaux. Ce qui, à l’origine, part d’une intention louable – libérer des animaux maltraités – devient la cause d’une véritable élimination humaine. Parce qu’il existe des groupes qui agissent ainsi. [D’ailleurs, Terry Gilliam les avait utilisés dans la sous intrigue de L’Armée des 12 singes]

Boyle se déchaîne en nous présentant les conséquences tant redoutées de cet acte (cf. campagne « Keep rabies out of Britain »).

Cinq ans plus tard, Francis Lawrence nous proposera Je suis une Légende, sur un canevas similaire d’élimination virale. « Déjà vu » pourra-t-on penser en le voyant, tant la situation décrite est similaire : solitude, attaque de personnes infectées.

Mais la force de Boyle est de toujours montrer des humains, qu’ils soient sains ou non. On est proche de La Nuit des Morts vivants dans la séquence du siège, mais là où les zombies avançaient gauchement et un peu malgré eux, ici, les enragés sont très alertes et loin d’être idiots. Le personnage le plus humain étant Frank (Brendan Gleeson, toujours impeccable) qui, infecté, repousse sa fille afin de la protéger pendant ses derniers instants de lucidité.

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