Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Rex Ingram, #Aventures
Le Prisonnier de Zenda (The Prisoner of Zenda - Rex Ingram, 1922)

Rudolf Rassendyll est un riche oisif anglais dont un cousin éloigné va être couronné roi de Ruritanie. C'est alors pour lui une bonne occasion d'aller visiter ce beau pays.

Il faut savoir que les Rassendyll et la famille royale on les mêmes ascendants. Ce sont deux branches que le temps et la géographie ont séparées.

Une fois sur place, il est remarqué par les plus proches conseillers du roi Rudolph (ils ont le même prénom, en plus).

Ils l'ont remarqué parce qu'il a la particularité d'être un sosie parfait de son altesse !

Quand vous saurez que le frère du roi est un infâme coquin qui ne rêve que de s'emparer du trône, et que pour ce faire, il envoie une bouteille de vin drogué afin d'empêcher le couronnement : qui dit pas de prétendant, dit pas de roi. Et qui dit pas de roi, dit « la place est pour moi ! »

Bien entendu, quand le jour J arrive, le futur roi est incapable de se réveiller. Il ne reste qu'une seule solution aux conseillers : Rassendyll doit prendre sa place !

 

C'est déjà la troisième adaptation du roman d'Anthony Hope. Et Rex Ingram s'en sort très bien. La substitution amène quiproquos et décalages, quelques pointes d'humour bienvenues dans une histoire plutôt sordide. On a plaisir à voir Lewis Stone dans le premier rôle, chose qui n'arrivait pas toujours, et surtout autrement que dans une tenue de soirée impeccable. Il est un Rassendyll-Rudolph V très convaincant, montrant par là même qu'il était capable de jouer autre chose que des gentlemen. A ses côtés, la toujours très belle Alice Terry (femme du réalisateur) campe une Flavia très correcte.

Comme toujours dans ce genre de film, c'est vers les méchants qu'on se tourne. Le duc Michael (Stuart Holmes) est moustachu à souhait, fourbe, et bien entendu entouré de quelques affreux : Rupert of Hentzau (Ramon Novarro), bellâtre, coureur, opportuniste, mais avec juste ce qu'il faut d'honneur pour le sauver ; De Gautet (S. E. Jennings), avec sa fine moustache de traître ; et enfin Bersonin (Fairfax Burger), (plusieurs fois) balafré, monoclé et prussien, le képi de travers juste comme il faut pour nous faire penser à Erich von Stroheim dans Foolish Wives (sorti l'année précédente).

Ingram, en plus de s'amuser dans cette belle histoire, nous montre son savoir faire cinématographique : travellings, panoramiques et autres gros plans émaillent le film, donnant à l'intrigue un peu plus de tension.

Et puis il y a l'incontournable confrontation entre les sosies. Et Ingram ne fait pas dans la demi-mesure. Là ou un autre aurait placé deux fois l'acteur en surexposition, l'un en face de l'autre, il va plus loin : Rudolph Rassendyll (Lewis Stone) serre la main de Rudolph V (Lewis Stone). Qui dit mieux ?

Alors oui, nous connaissons (presque tous) la version de Richard Thorpe avec Stewart Granger, mais celle-ci vaut vraiment le déplacement, si ce n'était la copie proposée par Grapevine qui est d'une qualité très médiocre...

 

PS : Parmi les (petits) seconds rôles, Snitz Edwards et John George, dans des rôles plutôt habituels...

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max: Fury Road (George Miller, 2015)

Trente ans après, il revient.

Mais cette fois-ci, il est hanté par ses cauchemars : son passé.

Encore une fois, même si son passé a un léger rôle à jouer, le film se regarde indépendamment de la trilogie initiale.

Mel Gibson - trop âgé, bien entendu - a laissé sa place à Tom Hardy. Mais dans l'ensemble, le rôle de passeur de Max lui convient puisqu'il s'agit encore d'atteindre un lieu mythique - en camion comme dans le deuxième - un espace vert où la nature a conservé ses droits.

Qui sont les personnes à la recherche de cet eldorado ? Des femmes. Les concubine du terrible (et horrible) Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne, qui fait son grand retour - souvenez-vous, c'était le toecutter), qui veulent fuir ce dictateur.

Bien entendu, ça ne lui plaît pas du tout, et il va partir à leur recherche, emmenant avec lui son armée de War Boys, tous prêts à mourir pour un seul de ses regards.

Et Max, dans tout ça ?

Il était tranquille, au volant de sa voiture (comme d'habitude) quand il a été capturé par les sbires de ce redoutable personnage. Rapidement - mais non sans méfiance - il va rejoindre les fuyardes.

Parce que ce sont exclusivement des femmes qui se sont enfuies : les concubines étant dirigées par Furiosa (Charlize Theron, manchote pour l'occasion).

Et bien entendu, Max cède et va les aider à atteindre la terre promise... Qui, là encore, n'est pas celle qu'on croit.

 

Dans ce nouvel épisode, George Miller semble faire une synthèse des deux opus précédents. On a la poursuite mythique du deux, avec les motivations du trois.

Là encore, ça commence par une poursuite en voiture (rapide, par contre), mais rassurez-vous, il y en aura deux autres beaucoup plus conséquentes. Si Max ne parle pas beaucoup (une habitude), il n'est pas aussi transparent que dans le second volet. Il plutôt a la consistance du troisième. On retrouve donc le héros plus proche de ce qu'il fut à l'origine, avec le rythme du second, qui avait un peu disparu sous le dôme du tonnerre...

C'est parfois un peu trop, le rythme du début étant parfois à la limite du supportable.

Le film est conçu en trois partie :

  1. exposition de l'histoire, fuite puis première poursuite en voiture (première demi-heure) : nous découvrons la Citadelle, ses habitants, ses coutumes plus ou moins barbares, nous emmagasinons les informations nécessaires pour comprendre la fuite, puis nous assistons à la première grande poursuite, le tout sur un rythme effréné.
  2. voyage, poursuite du but fixé (une heure) : les poursuivants distancés, nous assistons à leur progression vers l'eldorado promis, dans une alternance de rythmes plus ou moins lents, nous permettant de nous remettre de la première partie.
  3. résolution de la quête, deuxième poursuite (dernière demi-heure) : tous les éléments de l'histoire se résolvent, les personnages (Furiosa et concubines) acquérant un nouveau statut. On pourrait presque parler de transfiguration.

Ces trois éléments nous renvoient à la structure d'un conte traditionnel.

Mais cela n'a rien d'étonnant, parce que quand nous allons voir un film, nous voulons avant tout voir une belle histoire !

 

Et Max ? Comme d'habitude, il retourne à sa solitude, avec ses propres démons...

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max : Au-delà du Dome du tonnerre (Mad Max: Beyond Thunderdome - George Miller, 1985)

On reprend les mêmes (ou presque) et on recommence. Là encore, même si on est dans une trilogie, il n'est pas nécessaire d'avoir vu les épisodes précédents pour comprendre. Max (Mel Gibson fidèle au poste) est toujours là, au volant de son engin. Mais comme le temps a passé, il est maintenant tiré par des chameaux, l'essence n'étant plus disponible.

Non seulement, il n'y a plus d'essence, mais il semble qu'un cataclysme atomique a aggravé la situation : l'utilisation d'un compteur Geiger nous révèle la présence de radioactivité dans l'eau.

Nous sommes toujours en Australie (ce qu'il en reste), mais ce n'est plus qu'un immense désert au milieu duquel se dresse la ville susnommée.

A Bartertown, tout se négocie (to barter = troquer, échanger). Surtout, Bartertown est dirigée d'une main de maîtresse par Aunty (Tina Turner), qui a construit la ville et en détient la puissance : le méthane produit par des porcs, exploité par Master (Angelo Rossitto).

Suite à un marché passé avec Aunty, mais qui tourne mal, Max est envoyé mourir dans le désert.

Il est recueilli par un groupe d'enfants. Dès lors, la véritable quête peut commencer.

 

Comme dans l'épisode précédent, nous avons une communauté qui aspire à un eldorado. Mais cette communauté est composée - exclusivement - d'enfants. Ce sont les oubliés, les grands absents de Bartertown.

Comme dans l'épisode précédents, nous avons une horde hétéroclite d'individus plus ou moins louches - mais plus ou moins organisés en ville - dont les coiffures n'ont pas beaucoup évolué depuis l'opus précédent.

Mais cette fois, le chef est une chef-fe, et pas spécialement psychopathe. La présence de Tina Turner ayant d'ailleurs beaucoup fait pour le succès du film.

Et surtout, comme dans l'épisode précédent, il n'était pas concevable d'avoir Mad Max sans poursuite en voiture.

Par contre, la poursuite est plus courte et moins impressionnante, baissant par conséquent le nombre de morts violentes du film. Avec en prime une fin en mi-teinte de cette même poursuite.

Parce que l'intérêt est ailleurs. L'intrigue se resserre autour de Max, qui doit, à un moment choisir d'accepter son destin. Il sera à nouveau passeur.

Alors qu'il était conducteur dans le deuxième film, il devient marcheur. Et ce n'est donc pas un hasard si les enfants l'appellent « capitaine Walker » (to walk = marcher).

Mais alors que les deux premiers films se jouaient sur la route, c'est dans les airs que viendra le salut, avec l'intervention de Jedediah (Bruce Spence), qui est le prolongement du pilote de l'autogire dans le film précédent (dont il jouait déjà le rôle).

Et puis il y a l'eldorado, ce lieu mythique que les enfants rêvent d'atteindre, et atteignent en fin de compte. Mais on est loin de la cité d'or des Conquistadors, ou même du paradis terrestre escompté. Mais peu leur chaut, c'est leur eldorado.

Et Max ? Il retourne à sa solitude, ayant accompli son travail de passeur.

 

P. S. : ce film nous permet de retrouver pour la pénultième fois Angelo Rossitto, plus de cinquante ans après Freaks. Parfois, il suffit de peu de choses pour être heureux...

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max 2 : le Défi (Mad Max 2: The road Warrior - George Miller, 1981)

Ca commence aussi par une poursuite en voiture. Mais cette fois-ci, c'est Max (Mel Gibson, encore lui) qui est poursuivi. Par d'autres barbares de la route.

Et ça se termine encore par une autre poursuite.

Par contre, à coup d'archives en noir et blanc, George Miller nous expose le contexte futuriste qui faisait défaut dans le premier opus. A coup d'images d'actualités des années 1940s à 1960s, un mystérieux narrateur nous explique comment on est arrivé à ce monde de chaos (guerres, violences urbaines), et en fin de séquence, ce qui est arrivé à Max avant.

 

Il y a beaucoup de similitudes entre les deux films, mais cette fois-ci, les protagonistes ont un but véritable, ce que n'avaient pas les autres dans le numéro un : récupérer l'essence, pour les méchants, atteindre un monde paradisiaque pour les gentils.

Et Max, au milieu de tout ça ? Il sera le passeur. Celui qui permettra d'atteindre cet eldorado maritime gorgé de soleil.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : Max n'a pas l'intention de rejoindre cette communauté. Comme vu dans le premier volet, Max continue sa route, imperturbable, jusqu'au bout.

 

Beaucoup pensent que ce deuxième épisode est mieux que le premier. Il faut dire que devant le succès du précédent, le budget a été multiplié par dix.

Alors, évidemment, les images s'en ressentent. Tout de même, je reste un tantinet sceptique.

Nous retrouvons donc Max très peu de temps après avoir éliminé le Toecutter (il porte les stigmates de ses blessures). Mais il n'a pas changé : il est seul et entend le rester.

Pourtant, il accepte - un peu forcé par les circonstances il est vrai - d'aider cette communauté qui n'est certainement pas constituée de doux rêveurs. Car s'ils ont des rêves d'un monde meilleur, ils aussi des armes redoutables : arcs, flingues et lance-flamme.

En face, la horde de barbares est plutôt réussie : Humungus (Kjell Nilsson), un mystérieux chef tout puissant cachant son visage sous un masque et qui n'est pas sans rappeler Jason des Vendredi 13 ; l'autre grand méchant étant Wez (Vernon Wells), punk iroquois homosexuel qui entre facilement en transe. Bref, que du beau monde.

Et ces méchants se distinguent des précédents par une violence plus forte, comme tout le film, d'ailleurs.

 

Mais si les méchants ont gagné en relief, il n'en va pas de même pour Max. Il n'est que chauffeur dans cette aventure. Certes, il a perdu sa famille, mais tout de même, son personnage manque de consistance. Il n'a pas vraiment de conscience comme précédemment. Il est devenu une sorte de mercenaire de la route. Mais après ce qu'il a vécu, comment pourrait-il en être autrement ?

Mais ce qui le caractérise le mieux, c'est le nom que lui donne le narrateur : guerrier de la route. C'est un guerrier, un petit peu justicier (son passé dans la police a quand même déteint sur sa personnalité), efficace, mais malgré tout seul. Irrémédiablement seul.

 

Enfin de compte, Miller nous propose un deuxième opus énergique et efficace des aventures de son héros, sans être toutefois vraiment la suite du premier, la fin de la séquence noir et blanc devenant plus un prétexte pour raccrocher les deux films.

En effet, chaque film peut se regarder indépendamment l'un de l'autre. Ce qui peut expliquer aussi le manque de relief de Max.

Dommage.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max (George Miller, 1979)

Max Rockatansky (Mel Gibson) - c'est son nom complet - porte un badge en bronze. Il est policier, quelque part, en Australie, en bord de mer. Sa femme s'appelle Jessie (Joanne Samuel), et ils ont un fils, Sprog.

C'est un intercepteur de la police de la route. C'est à dire qu'il arrête les criminels. Et les arrêter, soit il le fait avec des menottes, soit c'est tout au bout de la route. Dans ce dernier cas, la vie du criminel s'arrête aussi.

Nous sommes dans un futur plus ou moins proche (de 1979), qui aurait donc pu se passer dans notre passé actuel. Vous me suivez ?

Dans ce futur approximatif, peu de place reste à la loi.

C'est pourquoi un gang de motards a toute facilité d'imposer ses propres règles.

Leur chef : Toecutter (Hugh Keays-Byrne), « le coupeur d'orteils ». Un affreux. Un vrai chef, violent et méchant à souhait.

Alors quand le Toecutter s'en prend au collègue-ami de Max, puis à sa famille, plus rien ne va l'arrêter. Il n'est plus policier.

 

Voici un road movie très particulier. En effet, le héros est seul, et il ne souhaite pas rejoindre un lieu plus ou moins mythique. Ca commence par une poursuite en voiture qui n'a rien à envier à celles qu'on peut voir de nos jours. Parce qu'en plus, le budget n'était pas énorme.

Il n'y a pas d'eldorado en vue. Les protagonistes roulent vers leur destin, sans pour autant approcher un quelconque bonheur. Nous sommes dans un futur qui, sans être post-apocalyptique n'est vraiment pas idéal. Il n'y a plus vraiment de société comme on la connaît aujourd'hui. Seulement des bourgades - qui ressemblent à des lieux-dits - où peu de personnes se manifestent. Et vu ce qui arrive à ceux qui le font, on comprend que la plupart des gens restent chez eux. Même la justice n'est plus ce qu'elle était. Sitôt arrêté, un complice du Toecutter est relâché, la faute étant presque reportée sur les policiers.

Bref, c'est une vision de la fin des années 1970 plutôt désabusée.

 

Et Max ?

Dès le début, il est seul. Tout d'abord, on aperçoit ses bottes. Puis, ce sont ses mains qui vont lentement enfiler des gants. Et quand c'est au tour de son visage d'être montré, on se rend compte qu'il porte des lunettes de soleil. Ce n'est que plus tard qu'on apercevra son regard bleu (sous sa coupe de cheveux très fin seventies...).

Max, à l'instar du film est désabusé par cette situation où finalement, il n'a pas vraiment de rôle à jouer, sinon celui d'exécuteur des hautes œuvres, les arrestations étant nulles. Et si Max refuse ce rôle, la vie le rattrape et l'oblige à l'accepter.Et une fois la limite entre policier et vengeur franchie, il n'y aura plus de retour en arrière possible.

 

Et pour aller où ?

Nulle part.

Max avance au volant de sa voiture, dans la nuit, sans but précis, sur les longues routes désertes d'Australie, jusqu'au bout.

Au bout de la route ?

Au bout de la vie ?

Les deux ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marilyn Monroe, #Joshua Logan, #Comédie
Bus Stop (Joshua Logan, 1956)

Bo (Don Murray) est un vrai cowboy. Il vit dans un ranch, comme un cowboy, parle comme un cowboy, a les manières d'un cowboy. Et c'est d'ailleurs là que le bât blesse.

Parce que question manières, tout est à faire.

il faut dire qu'il n'a jamais vraiment quitté son ranch. Alors pour Virgil (Arthur O'Connell), son mentor-tuteur-père putatif, c'est un peu gênant de se déplacer avec un tel phénomène.

Parce qu'ils sont en route pour un rodéo. Normal, pour un cowboy.

Mais Bo est un pur. Il n'a jamais connu de fille. Et quand il rencontre pour la première fois Chérie (Marilyn Monroe), c'est comme si un ange lui apparaissait.

Son nouveau but dans la vie (après le rodéo), c'est épouser Cherry (il a du mal avec le Français).

Sauf qu'on épouse pas une inconnue comme ça, surtout sans son consentement.

 

Joshua Logan nous propose ici un road movie très particulier. Si on se réfère à la définition du genre, on est à peu près dans le cadre : nous avons deux compères qui partent pour une destination presque mythique. Je dis presque mythique puisqu'ils vont à un rodéo, ce qui est tout de même du domaine cowboy. Pas de voiture non plus, seulement un bus.

Mais surtout, Bo va se lancer, malgré lui, dans une quête. Et cette quête est la plus noble, puisqu'il s'agit du grand amour.

 

Mais comme le dit l'histoire, ce n'est pas gagné. Car si Bo veut conquérir Chérie, il va devoir d'abord abandonner ses manières de cowboy. Mais surtout, il va devoir se comporter comme quelqu'un de civilisé : ne pas décider pour les autres et respecter leur intégrité.

Et nous assistons alors à une renaissance. D'une certaine façon, Bo quitte l'adolescence pour entrer dans l'âge adulte. Mais pour cela, il va devoir ravaler son orgueil. C'est le chauffeur du bus qui l'aidera, à sa façon. Mais une fois qu'il a touché le fond (et le sol, dans le cas présent), Bo est prêt à se relever, en homme différent. Don Murray est très convaincant en jeune cheval fou qui s'assagit.

 

Mais pour qu'il y ait ce passage, il faut que le prix à gagner en vaille le coup. Ce prix, c'est Chérie. Et Marilyn Monroe est une magnifique Cherry. [je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle est la cerise sur le gâteau... Hum, passons]

Mais si Chérie succombe, c'est avant tout parce qu'elle n'est pas très différente de Bo. Les manières en plus. Elle aussi vient d'un trou paumé à peine indiqué sur les cartes. Et finalement, son idée du bonheur n'est pas très éloignée de ce que lui propose - très maladroitement - Bo. Et puis c'est Marilyn, alors...

 

Alors on se laisse prendre par cette romance, et on s'amuse des relations entre Bo et Chérie pendant le rodéo...

En se disant que malgré tout, cette quête vers un grand amour est sans cesse à poursuivre, même quand le plus dur semble fait, ce que réalise Bo en montant une dernière fois dans le bus.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rex Ingram, #Rudolph Valentino, #Drame
Les quatre Cavaliers de l'Apocalypse (The four Horsemen of the Apocalypse - Rex Ingram, 1921)

La conquête, la guerre, la pestilence et la mort.

Tels sont ces quatre cavaliers qui sèment la désolation partout où ils passent.

Tout commence dans une hacienda d’Amérique du Sud, dirigée par Madariaga (Pomeroy Cannon). C’est un patron aimé, mais surtout craint.

Il a deux filles qui ont épousé deux hommes très différents : l’une un allemand, von Hartrott(Alan Hale), l’autre un Français, Desnoyers (Josef Swickard). L’Allemand n’a pas la préférence, et le jour où le couple français a un fils, Madariaga est aux anges : voilà – enfin – son héritier, Julio (Rudolph Valentino).
Cet héritier grandit et devient l’un des plus grands danseurs de tango du pays. Mais il doit retourner au pays de son père, où, sous des dehors d’artiste, il s’adonne à une vie oisive.

Et puis un jour, c’est la rencontre de trop : Marguerite Laurier (la belle Alice Terry), mariée trop tôt à un ami de Desnoyers.

C’est tout de suite la grande passion entre Marguerite et Julio, au grand dam du mari.

Mais, alors que tout semble se régler pour les deux amants (divorce en cours, réunion prochaine), François Ferdinand est assassiné. La guerre éclate, annonçant l'arrivée prochaine des quatre cavaliers.

Même si la guerre occupe la deuxième moitié du film, il s'agit d'une histoire d'amour impossible. Impossible du fait des circonstances et surtout de la morale (l'action se passe en 1914 !). Mais (mal)heureusement, la guerre arrange tout. Parfois même définitivement.

Alors parlons de la guerre. Rex Ingram nous fait un portrait fidèle de cette guerre que les Américains n'ont connu que sur la fin : Julio est un Poilu (il n'est pas rasé quand son père vient le voir) ; les soldats se grattent la tête (poux) mais aussi le dos (puces) ; la solidarité bat son plein (Julio partage tous ses paquets) ; et puis on assiste à une (courte) vie dans les tranchées.

L'autre versant de la guerre, c'est l'occupation. Le château de Desnoyers doit accueillir des Allemands qui se comportent comme seuls savent le faire les vainqueurs dans un territoire conquis. Ce sont des brutes avinées dont le lieutenant-colonel von Richthosen est un magnifique spécimen, joué par l'incomparable Wallace Beery, absolument pas en subtilité. Un vrai Teuton, barbare à souhait.

Mais si la guerre va régler certains points, elle en soulève d'autres : Julio s'engage du côté français, certes, mais ses cousins sont en face. Et le devoir oblige à tirer.

Rassurez-vous, il n'y aura pas de cas de conscience. Ce seront des bons petits soldats.

Au-delà de cette histoire faussement scandaleuse (finalement, la morale est sauve), nous assistons à la naissance d'un mythe : Rudolph Valentino.

Il est Julio, cet Argentin arrogant, sûr de lui, séducteur. Un tantinet horripilant, même. Mais quand il se met à danser le tango avec Beatrice Dominguez, on passe dans une autre dimension. Alors que le premier couple nous sert un tango conventionnel, voire prude, dès que Valentino dirige, un grand souffle de sensualité se lève sur l'écran. Il est irrésistible.

Pourtant, malgré ce rôle de tombeur absolu, en rencontrant la belle Marguerite, il nous montre qu'il peut aussi être l'homme d'une seule femme, allant jusqu'à s'engager dans la guerre afin de ne plus souffrir de leur séparation.

Bref, un grand acteur est né, dont l'aura survivra à sa mort prématurée cinq ans plus tard.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Histoire, #Drame
Gangs of New York (Martin Scorsese, 2002)

Five points.

Ce n'est pas un score, c'est une carrefour. Celui de cinq rues de New York : Mulberry, Anthony Street, Cross Street, Orange Street et Little Water Street. Dans Manhattan.

En 1846, et même après, c'est une espèce de bidonville où survivent les nouveaux arrivants sur ce nouveau continent. Et, bien entendu, surtout des Irlandais. Il y a des gens qui vivent les uns au-dessus des autres, mais aussi en-dessous des autres. Enfin qui essaient de survivre.

Leur chef : « Priest » Vallon (Liam Neeson). Sous les yeux de son fils, il se prépare pour l'affrontement final.

Contre qui ? Contre Bill « the Butcher » Cutting (Daniel Day-Lewis), le chef des Natives, ces Américains pur souche, racistes, et qui, de par ce fait, se considèrent supérieurs à tous les autres et, s'ils ne les persuadent pas de retourner d'où ils viennent, leurs font la guerre.

Alors c'est la guerre. Un affrontement à l'ancienne, à mains nues ou au couteau, avec tout ce qui peut servir d'arme.

Cette fois-ci, « Priest » Vallon a perdu, Bill Cutting l'a défait définitivement. Son fils est « confié » à l'assistance publique.

Seize ans plus tard, « Amsterdam » Vallon sort de maison de redressement avec une idée en tête : venger la mort de son père.

 

Martin Scorsese nous offre ici un magnifique film de gangsters en costumes. Parce que pour une fois, les costumes ne cachent pas quelque pudibonderie ou hypocrisie. Non. Les costumes servent surtout à se reconnaître dans la mêlée : chapeaux haut de forme pour les Natives, guenilles pour les Dead Rabbits.

Au-delà de l'affrontement, c'est un pan de la Guerre Civile américaine qui est évoqué dans ce film. Quand Amsterdam revient à Five Points, c'est en pleine guerre de Sécession. L'enrôlement (pour le Nord) se fait à tour de bras. Cela permet une magnifique séquence pleine de cynisme dans le port de New York :

- les immigrants descendent du bateau et sont accueillis par l'administration ;

- les hommes signent leur reconnaissance de nationalité américaine ainsi que leur contrat d'enrôlement ;

- puis, ils sont habillés et équipés pour la guerre ;

- ensuite, ils prennent un autre bateau qui les descendra vers le théâtre des opérations, pendant qu'on y décharge les cercueils de ceux qui sont tombés récemment et qui seront rendus à leur famille.

 

Et pendant la Guerre, les affaires continuent et Bill Cutting règne en patron sur Five Points alors que s'y déroulent maints forfaits : vols, extorsion, violences caractérisées (etc).

Le tout avec la bénédiction du représentant de l'Etat (Jim Broadbent), qui, en plus, organise la conscription.

Nous assistons alors à la montée de la colère des habitants de New York qui en ont assez de cette guerre civile lointaine et veulent retrouver une vie normale. Et cette colère s'amplifie à mesure que Scorsese nous fait lire les coupures de presse annonçant les morts.

Et quand a lieu l'affrontement final, c'est le jour où l'armée décide d'intervenir : tirant sur la foule au fusil voire au canon, détruisant par là-même en partie Five Points.

 

Mais, comme chez John Ford, la civilisation est en marche et ceux qui la refusent disparaîtront avec elle.

En effet, les Natives, forts de leur droit du sol (et du sang) ne peuvent éternellement contrôler l'arrivée massive des immigrants de la vieille Europe. Et ces immigrants (irlandais, allemands, polonais) s'uniront pour faire de l'Amérique ce qu'elle est encore aujourd'hui : un creuset où sont mélangés différentes populations afin de créer l'Américain rêvé, fier et reconnaissant de son nouveau sol.

Au vu des élections prochaines (2024), on peut se demander si ce modèle va perdurer. Mais je disais déjà ça il y a huit ans...

 

La vanité, enfin, est une composante du film. Elle concerne Bill Cutting, bien entendu, mais aussi Amsterdam. Quand il est soigné dans les catacombes, Scorsese nous montre des empilements de crânes. Or, les peintres plaçaient toujours un crâne dans leurs natures mortes, afin de souligner la vanité des hommes. Et ici, Scorsese ajoute un élément essentiel à cette vanité : dans le plan final, on y voit les tombes de « Priest » Vallon et Bill Cutting, l'une à côté de l'autre - comme deux chefs qui se respectent et se respectaient - s'enfouir lentement mais totalement alors que New York évolue pour devenir celle que nous connaissons.

 

Il ne reste plus rien de ces « grands » hommes.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marc Forster, #Drame
Neverland (Finding Neverland - Marc Forster, 2004)

Il n'y a pas de quoi révolutionner le cinéma, non. Mais un je ne sais quoi qui nous amène « un sourire, et peut-être, une larme. »

James Barrie (Johnny Depp) est coincé dans sa vie victorienne, avec sa femme victorienne, dans sa maison victorienne, dans cette société victorienne. Pourtant, la vieille Victoria est morte depuis deux ans quand commence le film. Mais plus de cinquante ans de règne, ça laisse des traces. C'est une société sclérosée, refermée sur elle-même, prude... Bref, ennuyeuse à souhait. Mais que voulez-vous, c'était aussi ça, l'Angleterre au début du vingtième siècle.

James est un dramaturge. Malheureusement pour lui, son inspiration a choisi d'aller faire un tour, et ce qu'il produit n'est pas terrible. Tout se délite. Surtout sa femme (victorienne) Mary (Radha Mitchell) avec qui il fait chambre à part...

 

Mais, un jour qu'il part chercher l'inspiration dans le parc, il fait la connaissance des enfants Llewellyn-Davies, que leur mère (Kate Winslet) emmène jouer. Et là, sa vie bascule.

Il se prend d'amitié pour eux et retrouve alors son inspiration juvénile. Et à force de croiser ces enfants, d'élaborer des aventures pour eux, lentement une nouvelle histoire se met en place. Ce sera Peter Pan.

Mais la maladie est le quotidien des enfants et après avoir perdu leur père, les enfants voient leur mère décliner.

 

Ce qui est bien avec le cinéma, c'est que tout est permis. Et quand on fait un biopic, on arrange toujours un peu les choses. Alors oui, Marc Forster triche avec la vérité. Mais est-ce là le principal ? Non. Ce qui est magique (je pèse mes mots), c'est l'élaboration de ce qui sera l'un des plus grands best-sellers de l'enfance. Nous assistons à la mise en place d'une histoire qui fait encore rêver les enfants. Et la scène de la première de la pièce, avec la présence des orphelins du voisinage est une très bonne illustration du pouvoir onirique de cette histoire. Le placement des enfants, disséminés dans un théâtre qui n'était pas conçu pour eux est le coup de génie, l'inspiration suprême de Barrie pour contribuer au succès de sa pièce.

Alors on se laisse faire, comme les adultes à la représentation et on plonge la tête la première dans cet univers, comme le fait Kate Winslet dans une scène d'un onirisme fantastique.

 

Alors oui, c'est beau, c'est bien fait, émouvant à souhait, les acteurs jouent juste. Il n'y a pas de raison de bouder son plaisir. Et en plus, on découvre un petit jeune homme qui fera parler de lui, dans le rôle de Peter : Freddie Highmore.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Arthur Penn, #Gangsters
Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967)

Elle s'ennuie, seule, nue, sur son lit, contre les barreaux. Elle s'ennuie. Elle regarde par la fenêtre, histoire de.

Il est là. Il regarde la voiture, imagine où il pourrait aller avec.

Elle le voit. Elle lui parle.

Il répond.

Elle s'habille. Elle descend.

Ils s'en vont avec la voiture.

C'est le début de leur aventure. De leurs aventures. Le début de leur fin.

Elle, c'est Bonnie Parker (Faye Dunaway).

Lui, c'est Clyde Barrow (Warren Beatty).

 

En 1931, l'Amérique vit la grande Dépression depuis la fin 1929. Peu d'espoir pour les gens, dans l'Amérique profonde. On pense aux Raisins de la colère, à Notre Pain quotidien, ces films sur les gens chassés de chez eux par la crise. Peu d'espoir, sinon un seul, entrevu deux fois, en miroir, au début et à la fin : Franklin D. Roosevelt.

Mais Bonnie & Clyde ont choisi de partir. La crise ne les a pas vraiment touchés. Juste l'ennui pour Bonnie, et un passé peu recommandable pour Clyde.

Alors ils partent, et ils pillent. Parce que Clyde est armé. Il a un gros pistolet. Bonnie caresse ce pistolet en métal froid. Et c'est tout. Parce que Clyde n'est pas du genre « amoureux ».

Tant pis, Bonnie se résigne. Pas de relation physique.

 

Ou plutôt si. Mais pas dans un lit. Clyde, ce qui le fait jouir, c'est de braquer une banque. Mais la première fois, avec Bonnie, ça ne se passe pas comme il faut. C'est parfois ainsi la première fois. Alors ils persévère : il sort son pistolet et il le brandit fièrement, activant la remise des espèces. Jusqu'au jour où ça fonctionne. Jusqu'au jour où il pourra - enfin - transposer cette relation horizontalement. Malheureusement, il sera déjà trop tard.

 

Arthur Penn s'attaque au road movie de gangsters. Un mélange de genre plutôt réussi. Bien entendu, c'est une vision romancée, voire idéalisée de Bonnie & Clyde. Mais qu'importe. Nous suivons les tribulations du gang Barrow sur les routes américaines, accompagné d'une musique enjouée de banjo (Foggy Mountain Breakdown) : un véritable décalage entre ce qui s'est produit, le caractère criminel de leurs activités et le ton léger ainsi donné.

 

Parce que ce film a une tendance à admirer ce couple sulfureux. La critique - (très) conservatrice, on est avant 1968 - tombera sur le film et reprochera cette vision idyllique. Mais le public ne s'y trompera pas et l'encensera, en faisant, avec le temps un film culte.

Parce qu'au-delà de l'errance criminelle de deux jeunes gens (23 et 25 ans le jours de leur mort), c'est aussi l'errance d'une jeunesse - celle de 1966-67 - qui ne croit plus en rien et va s'épanouir l'année suivante.

 

Mais « heureusement », force reste à la loi. Bonnie & Clyde sont exécutés, de façon expéditive, à la manière de ce bon juge Lynch : sans procès, dans une embuscade, le temps de vider les chargeurs.

Et là, s'installe le silence. Pas de commentaire.

The end.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog