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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Charles Brabin, #Boris Karloff, #English
The Mask of Fu Manchu (Charles Brabin, 1932)

It all started very well: Boris Karloff, Myrna Loy and Lewis Stone on the same movie! We could start dreaming.

Boris Karloff is Fu Manchu: doctor in philosophy, Right and Mathematics. Rather an intellectual. Rightful heir of Lon Chaney, he has a magnificent head for a villain. Because Fu Manchu is the villain. He spent most of his life seeking a golden mask (the one in the title) and a great sword which belonged to Genghis Khan. Therefore, he'll be able to raise an army and throw out of his country all invaders (mostly English people).

Myrna Loy is Fah Lo See, Fu Manchu's daughter. She is a beautiful Asian with light eyes (???). Like her father, she is as cruel as she is beautiful.

Fu Manchu is the prototype of the Asian villain as we could imagine it in those days: slanted eyes, peaked eyebrows, with a long thin drooping moustache, long sharp nails, and wearing a magnificent shiny outfit. Last of those stereotypes: Fu Manchu has a sharp sadistic brain which aims to a certain refinement in cruelty. A distinguished villain: in his manners as in his cruelty.

Opposite Fu Manchu, stands Lewis Stone as Naylan Smith of the British Secret Services. He is brave, dynamic and very strong. With him, we can see Sheila Barton (Karen Morley) and her fiancé Terry Granville (Charles Starrett), two other strong characters with strong minds (especially Sheila).

 

It all starts with an exceptional expedition, just as in Lost World (Harry O. Hoyt, 1925), in which we could also see Lewis Stone. Here ends the comparison.

The MGM had to produce horror and monster movies. But after Freaks (Tod Browning, 1932) which was a great flop, they asked Charles Brabin to try something else.

Unfortunately, it did not work very well. Even if Boris Karloff is a great Fu Manchu, we expected something else, something better. There is something missing in this film which made Frankenstein and Dracula smashing hits. Maybe a certain unity in the story.

There is one and only Tod Browning, or James Whale.

So Charles Brabin sinks in the story like in a swamp, mixing elements with no great success: Fu Manchu, a great distinguished mind, is surrounded by a bunch of fanatics which seem to have escaped from Arabian Nights! Therefore, it is difficult for us to believe in this story. The settings too, reinforce the fact that it is not likely: we can see very classicist Oriental furniture  and very modern rooms (as they thought them in 1932), with no teal link (Fu Manchu is not Dr No!).

Moreover, the actors - especially Charles Starrett and Karen Morlay - do not always act very well.

What a pity: the original idea of this story was good. And we can see great Chinese torture worth the shot : the bell, the crocodile scale, and the silver fingers are quite amazing. Spectators in 1932 have certainly been pleased with such scenes! But such tortures will not last when the Hays Code arrives.

And these tortures cannot help with the story. Fu Manchu is a fantastic character, very well achieved (and his daughter too). But a good villain only does not make a great film. This villain needs a strong hero against him. Here, the heroes are too weak to stand a chance.

Another reason why the movie is not as great as it should be: it "only" lasts sixty-eight minutes. It is too short for such a story.

Too bad.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Charles Brabin, #Boris Karloff
Le Masque d'or (The Mask of Fu Manchu - Charles Brabin, 1932)

Rendez-vous compte : Boris Karloff, Myrna Loy et Lewis Stone sur la même affiche ! On se prend à rêver.

Boris Karloff est Fu Manchu : docteur en philosophie, droit et mathématiques, bref, une grosse tête. En digne héritier de Lon Chaney, Boris Karloff s'est fait une magnifique tête de méchant. Parce que Fu Manchu est un sacré méchant. Il recherche le sabre et le masque d'or (d'où le titre français) de Gengis Khan, afin de lever une armée pour chasser les envahisseurs (les Anglais, surtout) de son pays.

Myrna Loy est Fah Lo See, la fille de Fu Manchu. C'est une beauté asiatique aux yeux clairs (?). Elle est bien comme son père : sa cruauté est aussi grande que sa beauté.
Fu Manchu est l'archétype de l'Asiatique tel qu'on le représentait dans l'imaginaire populaire : yeux bridés, sourcils montant en pointe, moustache longue et fine tombante, ongles longs à certains doigts (index et majeur), le tout dans un habit de lumière. Et comme les stéréotypes ont la vie dure, il est en outre doté d'un esprit sadique confinant au raffinement. Bref : un méchant distingué dans ses manières comme dans sa cruauté.
En face de lui, Lewis Stone est Naylan Smith des services secrets britanniques. Il est courageux, impétueux et très fort. Il est accompagné de Sheila Barton (Karen Morley) et son fiancé Terry Granville (Charles Starrett) deux autres fortes personnalités (surtout elle !).

 

Ca commence par une expédition exceptionnelle, comme le Monde perdu (Harry O. Hoyt, 1925), dans lequel jouait d'ailleurs Lewis Stone. Mais ici s'arrête la comparaison.

La MGM s'est lancée à son tour dans les films d'horreur et d'épouvante. Après Tod Browning et son Freaks - échec cuisant - elle demande à Charles Brabin de réaliser un autre essai.

Hélas, ça tombe à plat. Boris Karloff a beau camper un magnifique personnage, l'effet est nul. Il manque quelque chose qui fit le sel de Frankenstein ou Dracula : une unité.

N'est pas Tod Browning ou James Whale qui veut.

Charles Brabin s'enfonce dans son histoire en mélangeant plusieurs genres : le distingué (et terrible) docteur Fu Manchu, maîtrisant aussi bien les sciences que les tortures est entouré d'une bande de fanatiques mal dégrossis qui semblent échappés des Mille et une Nuits ! On n'y croit que très difficilement. Les décors allient un classicisme oriental et des parties ultramodernes - pour 1932 - avec peu de réussite [Là encore, n'est pas le docteur No qui veut !]. Pourtant, le budget total était plus élevé que celui de Frankenstein !

De plus, le jeux des acteurs - Charles Starrett et Karen Morley en tête - est parfois limite, voire faux.

Et pourtant : il y avait une bonne idée de départ. Et surtout, on assiste à des scènes de supplice (chinois) assez formidables. Entre le supplice de la cloche, celui de la bascule aux crocodiles et les « doigts d'argent », le spectateur en a pour son argent ! Un tel déferlement de cruauté et de sadisme ne sera plus possible avec le code Hays.

Mais malheureusement, ça ne fait pas décoller l'intrigue. Fu Manchu a beau être réussi, il est le seul - avec sa fille - à sortir du lot. Et un méchant réussi ne suffit pas. Il faut aussi un héros et une histoire crédibles.

C'est peut-être ça qui manque. Ou alors la durée : soixante-huit minutes, c'est quand même trop court, pour une telle histoire.

Dommage.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ernst Lubitsch, #Comédie dramatique
Jeux dangereux (To be or not to be - Ernst Lubitsch, 1942)

Varsovie, août 1939.

La troupe du « grand comédien polonais » Jozef Tura (Jack Benny) répète Gestapo, une pièce contre Hitler et son régime. Le soir, ce même Tura interprète un Hamlet pas toujours convaincant. La preuve : à chaque fois, Stanislav Sobinski (Robert Stack, tout jeune), un jeune lieutenant d'aviation sort au moment du célèbre soliloque. En fait, il va rejoindre Maria (Carole Lombard), la femme du même Tura, qui n'est disponible que pendant ce morceau d'anthologie.

La guerre éclate et la troupe se voit contrainte d'éliminer un traître. Mais une fois tué, il faut le remplacer. C'est le grrrrand Tura qui va s'y atteler. S'ensuit une suite de quiproquos et de jeux de dupes avec comme décor de fond, le régime nazi.

 

Peut-on rire de tout ? Lubitsch nous confirme que oui. Parce que, arriver à faire rire sur un sujet grave et brûlant n'est pas à la portée de tout le monde : les Etats-Unis sont entrés en guerre en décembre 1941, le film sort en février 1942. Hitler est devenu l'ennemi commun des personnages du film et des spectateurs. Hollywood avait commencé à préparer l'opinion publique américaine à son entrée en guerre. En effet, quand le film a été tourné, Pearl Harbour n'avait pas encore été attaquée. D'autres films antérieurs à l'intervention américaine étaient déjà sortis : Les Hommes de la mer (John Ford, 1940), Correspondant 17 (Alfred Hitchcock, 1940)...

Mais ici, la sortie du film coïncide presque avec l'entrée en guerre. Toujours est-il que ce film est d'actualité à sa sortie. Et doublement depuis la mort de Carole Lombard un mois plus tôt... Dans un accident d'avion : « que peut-il arriver dans un avion ? » disait-elle dans le film, avant que cette réplique ne soit coupée...

To be or not to be devient donc un film de propagande extrêmement fort du fait de son actualité. Et aussi par le message qu'il veut faire passer : la Résistance sera toujours là et contrera l'action nazie.

Mais nous sommes chez Lubitsch, alors tout ceci est traité avec (fausse) légèreté : peu d'effusion de sang, quelques inserts réalistes, et une bonne dose d'humour. Même dans les moments qui semblent les plus dramatiques, il suffit d'un élément pour que la tension disparaisse et laisse la place au rire.

Le comique de situation a un très grand impact dans cet histoire. Nous assistons à une accumulation de situations plus inextricables les unes que les autres, dont la portée va en augmentant tandis que le film avance. On part d'une toute petite infidélité (qui n'en est pas vraiment une), une comédienne qui reçoit un jeune homme pendant le soliloque d'Hamlet, un petit message faussement codé (« to be or not to be ») et de fil en aiguille, on en arrive à l'intervention de Hitler « soi-même » ! De plus, les nazis sont ridicules à souhait : « Concentration-Camp-Erhardt » (Sig Ruman) et son ordonnance Schultz (Henry Victor) en tête !

Les acteurs choisis portent aussi une très grande responsabilité dans cette atmosphère comique, et en premier lieu Jack Benny. Jozef Tura est un mari jaloux, un piètre acteur, mais malgré tout, il joue le rôle de sa vie en essayant de sauver son pays. Et malgré la formidable Carole Lombard, c'est lui le personnage principal de cette histoire.

Et puis il y a les répliques qui ajoutent à l'accumulation comique du film :

« Alors, on m'appelle "Concentration-Camp-Erhardt" ? » (Jozef Tura, Erhardt)

« Ce qu'il a fait à Shakespeare, c'est ce que nous avons fait à la Pologne. » (Erhardt)

«  Buvons-nous à la Guerre-Eclair ?

- Je préfère un lent encerclement. » (Siletzski & Maria Tura)

Et bien entendu :

« To be or not to be » !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Lloyd, #Charles Laughton, #Aventures
Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty - Frank Lloyd, 1935)

Un fameux trois-mâts (fin comme un oiseau), la mer à perte de vue... Et le capitaine Bligh (Charles Laughton).

Des arbres à pain, la tempête, des hommes qui rament... Encore le capitaine Bligh.

Tahiti, les jolies Vahinés (habillées !), le paradis sur terre... Et toujours le capitaine Bligh !

 

Le capitaine Bligh a beau être un marin extraordinaire, c'est un homme inhumain. il est enfermé dans le devoir. Surtout le devoir de dominer les autres. Tout est prétexte à punition : une remarque, une erreur, une bagarre, et c'est le châtiment assuré. Les hommes ne l'aiment pas ? Peu importe, ils ne sont pas là pour ça : ils doivent remplir leur devoir.

Charles Laughton crève l'écran. Il campe un Bligh plus vrai que nature. Il y a une suffisance dans son attitude qui est répugnante. Tout comme son aspect : ces sourcils épais et sa moue dédaigneuse d'homme mécontent achèvent de le rendre antipathique.

Rapidement, il devient insupportable pour ses hommes... Comme pour les spectateurs !

C'est ce qu'on appelle un méchant très réussi.

Plusieurs fois, on aimerait que les marins lui fassent un sort, mais à chaque fois, ils retardent l'échéance : une mutinerie est une faute très grave qui entraîne irrémédiablement la pendaison au grand mât devant la flotte. Mais à force de torturer ses marins, il atteint le point de non-retour : Fletcher Christian (Clark Gable), son second prend la tête de la mutinerie annoncée.

 

Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle, à une période où même l'Australie avait été découverte, mais où la vie d'un marin ne vaut pas tripette, surtout avec un capitaine comme Bligh : « la forme de vie animale la plus vile d'un navire ». De cette mutinerie sortira un nouveau code de la mer pour la flotte anglaise (c'est ce qui est annoncé dès le début). Mais en attendant, nous suivons - (un peu) horrifiés - les châtiments infligés aux marins par Bligh : fouettés, attachés aux haubans, passés sous la coque du navire... Un véritable sadique. Pas étonnant alors que la mutinerie se mette en place.

 

Il y a dans cette histoire - romancée - un parallèle (évident ?) avec l'histoire américaine. Tout d'abord, Laughton était anglais, alors que Gable était américain. Fletcher semble symboliser cette Amérique qui se révolte contre l'oppression anglaise (en 1776) et qui devra assumer son choix de sécession. D'ailleurs, Christian promet - Moïse moderne - un nouveau havre à ses marins, où ils seront libérés de la tyrannie de l'amirauté anglaise. L'analogie est pertinente : les Etats-Unis ont souvent été le lieu de tous les rêves, surtout celui de la Liberté !

 

On notera enfin la présence - parmi tant d'autres - du vétéran Donald Crisp (ici un ancien voleur qui a choisi la marine pour ne pas aller en prison), qu'on avait déjà pu admirer dans un autre film de galion (le Pirate noir d'Albert Parker), ainsi que le regretté Herbert Mundin (qu'on retrouvera dans Les Aventures de Robin des bois de Michael Curtiz), seul personnage à l'aspect comique dans un film bien sombre.

Quant à Clark Gable, il est toujours aussi beau, séduisant, athlétique, épris de justice : le héros que nous voulons suivre !

Mais malheureusement pour lui, Charles Laughton prend toute la place !

 

Et dire que c'est une histoire vraie et que ce tortionnaire de Bligh s'en est sorti... Avec les honneurs !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Prison, #Drame, #Mervyn LeRoy
Je suis un Evadé (I am a Fugitive from a chaingang - Mervyn LeRoy, 1932)

1919. Les soldats américains reviennent d'Europe, couverts de gloire, et sont accueillis en héros à leur descente de bateau. Ils rentrent chez eux pour reprendre leur ancienne activité. James Allen (Paul Muni) est de ceux-là. Mais la guerre l'a changé. Il veut devenir quelqu'un d'autre. Il a des projets. Alors il essaie de les réaliser. Mais de petits boulots en petits boulots, il décline progressivement. Jusqu'à sa rencontre avec Pete (Preston Foster). Pete invite James dans la gargote du coin. Affamé, il accepte. Sauf que Pete n'a pas l'intention de manger. C'est l'argent du resto qui l'intéresse. Le braquage tourne mal, James, entraîné malgré lui est arrêté et condamné à dix ans de travaux forcés. Au bout de deux ans de conditions inhumaines, il s'évade et refait sa vie.

 

Moins de trois semaines après la sortie de Scarface, Paul Muni est de retour sur les écrans. Cette fois-ci, il est un honnête homme. Mais malgré tout, victime des circonstances. Quel changement !

Il y a une véritable culture du film pénitentiaire aux Etats-Unis. Ca a commencé avec Charlot s'évade, et ça continue encore de nos jours, la télévision ayant même pris le relais, nous proposant des séries se passant en prison.

Ici, Mervyn LeRoy dénonce. Comme le feront d'autres cinéastes après lui. On est très loin des gags de Chaplin. C'est aussi une autre conception de la prison que Big House (George W. Hill) ou encore Le Code criminel (Howard Hawks) qui sont sortis un peu avant.

Dans ce film (tiré d'une histoire vraie), LeRoy dénonce le traitement inhumain infligé aux bagnards. A travers James Allen - Jean Valjean - moderne, c'est le système pénitentiaire de certains états du Sud américain qui est remis en cause. Le quotidien éveillé (seize heures d'une journée) est exposé de façon objective. Le dur labeur, comme les à-côtés : nourriture, punition, mort...

 

Le constat est terrible. Mais malgré tout, il existe encore des bagnes aux Etats-Unis, et je ne suis pas persuadé que les conditions aient beaucoup évolué.

Pour faire passer ce message, la vérité fut un tout petit peu arrangée : en effet, Robert E. Burns (celui qui a vraiment vécu ces conditions et les a décrites) avait réellement volé avant d'aller au bagne. Ici, afin que la critique porte et que l'identification soit totale, on montre James Allen comme le jouet des circonstances, le pauvre type au mauvais endroit, au mauvais moment. Il paraît évident que s'il n'avait pas été totalement innocent, l'impact aurait été moindre. Il fallait un héros propre (sans compter les films de gangsters qui fleurissaient à la même période !). Et Paul Muni est extrêmement convaincant. Son personnage a tout pour réussir. Et on y croit à un moment. Après son évasion, il trouve un boulot dans la construction et gravit peu à peu les échelons jusqu'à devenir l'un des responsables de l'entreprise. On assiste au rêve américain. Celui qui nous dit qu'avec de la volonté, de la persévérance et du courage, on peut réussir. Et c'est quand la consécration arrive que tout s'écroule : il est dénoncé par Marie (Glenda Farrell, qui retrouve LeRoy après Little Caesar), une femme qu'il n'a jamais aimée.

 

C'est à ce moment que LeRoy balance son deuxième missile : en plus d'être inhumain envers les bagnards, l'institution judiciaire se montre fourbe. Alors que James revient de son plein gré - avec la promesse d'être rapidement gracié - il est à nouveau emprisonné dans un centre pire que le premier sans aucune perspective de libération !

Il y a un autre aspect social dans ce film. James Allen est un vétéran de la Grande Guerre. Quand il revient, la société - son ancien patron, sa famille - s'attend à ce qu'il reprenne sa vie d'avant. Mais Allen est changé. La guerre l'a transformé. Comme beaucoup de rescapés de ce conflit, il n'est plus comme avant. Beaucoup ont complètement changé de vie, abandonné leur famille, l'esprit parfois ravagé par ces années passées au front. Et si sa mère l'accepte. Son frère - un pasteur - pas du tout. Au contraire. Il l'encourage, après avoir été soldat à la guerre,  à devenir un « soldat de la paix », obéissant sagement à ce merveilleux patron qui a l'obligeance de le reprendre. Bref, une belle alliance entre le patronat et l'Eglise, mais je ne fais pas de politique...

 

Quoi qu'il en soit, au vu de ce qui lui est arrivé en Europe puis aux Etats-Unis, il y a de fortes chances que James Allen ait basculé dans l'anarchie. Il n'aspire plus qu'à une chose : la liberté.

Et si ce souhait était purement idéaliste au début du film, il devient une absolue nécessité quand la lumière s'éteint sur sa dernière réplique. Réplique que je ne vous dévoilerai pas, allez (re)voir ce magnifique film !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Karl Freund, #Boris Karloff, #Horreur, #Fantastique
La Momie (The Mummy - Karl Freund, 1932)

C'est toujours pareil : dès qu'il y a une interdiction, elle doit être enfreinte.

Ici, c'est la même chose : on lui a dit de ne pas ouvrir le coffret. Mais il l'a fait. Résultat : il a réveillé la momie.

Il, c'est Ralph Norton (Bramwell Fletcher), un jeune et brillant archéologue (nous sommes en 1921, sur un site égyptien), qui - hélas - devient fou. Celui qui a interdit, c'est le chef de l'expédition, Sir Joseph Whemple (Arthur Byron), lui-même assisté du docteur Muller (Edward van Sloan). Quant à la momie, elle a disparu, emmenant avec elle le papyrus de Thoth, supposé ramener les morts à la vie (en tout cas, ça a marché pour elle/lui).

Dix ans après, Frank Whemple (David Manners) - fils du précédent - dirige à son tour une expédition en Egypte. Il est approché par un curieux (et inquiétant) Egyptien, Ardath Bey (Boris Karloff). Celui-ci lui indique la tombe d'une princesse égyptienne qu'il mettra au jour.

 

Pas besoin d'être grand prêtre d'Amon pour savoir que la momie et Ardath Bey sont une seule et même personne. De plus, le maquillage original de la momie nous fait reconnaître ce grand acteur (qui d'ailleurs n'apparaît pas longtemps dans ses bandages). L'intérêt est ailleurs : il s'agit d'une histoire d'amour.

L'amour entre une prêtresse d'Isis (et accessoirement fils de pharaon) et un grand prêtre d'Amon. Elle mourut prématurément, il essaya de la ramener à la vie. Mais découvert, il fut momifié et enseveli vivant. Bref, une histoire terrible.

Mais il faut remettre le film dans son contexte. Depuis Dracula, souffle un vent d'épouvante sur le cinéma américain. Il y eut ensuite Frankenstein. A nouveau, les studios Universal se lancent dans une histoire fantastique avec des acteurs déjà utilisés dans les films précédents. Il y a d'ailleurs plusieurs similitudes avec Dracula : David Manners et Edward van Sloane dans des rôles presque identiques ; une intrigue ésotérique ; une course contre la montre pour sauver une jeune femme...

Et cette fois-ci, c'est Karl Freund - qui fut chef-opérateur sur Dracula (eh oui, lui aussi y était) - qui passe à la réalisation. Pas étonnant alors qu'on nous propose un film extrêmement vivant où la caméra ne cesse de se déplacer. Il y a très peu de plans fixes. Chaque détail est filmé, chaque déplacement aussi. Le tout entrecoupé de montages parallèles qui donnent au film un certaine dynamique pas toujours fréquente en 1932.

Certes, quatre-vingt-cinq ans et quelques suites après, on a connu plus impressionnant. Mais là encore, il faut considérer le film comme un produit de son époque. Les spectateurs de 1933 (le film est sorti le 22 décembre 1932) furent autrement surpris et intrigués par cette histoire de mort-vivant au regard inquiétant !

Et c'est tout à fait normal : Boris Karloff possède un visage inquiétant, une démarche inquiétante, un regard (très) inquiétant, et une stature imposante ! Après Frankenstein et le Masque d'or, il revient dans un rôle effrayant inoubliable.

 

Et puis, comme le code Hays n'est pas encore en service, on peut admirer (la belle) Zita Johann dans des tenues fort légères...

 

 

PS : une réflexion ironique (?) de Whemple à propos de l'expédition en Egypte sous l'égide du British Museum : « le B. M. travaille pour la science, pas pour le pillage »...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Milos Forman, #Drame, #Danny DeVito
Vol au-dessus d'un Nid de coucou (One flew over the cuckoo's Nest - Milos Forman, 1975)

Une voiture arrive, dans le lointain. C'est le matin.

L'intérieur d'un dortoir, dans un hôpital.

Une porte. Grillagée.

L'infirmière chef vient d'arriver. Miss Ratched (Louise Fletcher, impeccable et imperturbable).

Nous sommes dans un hôpital psychiatrique, avec ses pensionnaires, ses infirmiers aux gros bras, ses habitudes.

Bref, un endroit bien défini, au rituel immuable.

Arrive alors Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson, inoubliable). C'est un truand à la petite semaine, violent, simulateur, et qui compte terminer son temps de détention tranquillement.

Mais si on sait quand on entre dans ce genre d'établissement, la date de sortie est la véritable inconnue. McMurphy l'apprend. A ses dépens.

 

Jack Nicholson est extraordinaire. Son personnage de faux fou est une réussite. Non seulement, il simule, mais en plus, son action déstabilise l'hôpital lui-même. Il en arriverait presque à soigner ses congénères. Mais la nurse Ratched veille et circonscrit tout débordement, on pourrait presque parler dans son cas de répression.

 

Parce que la folie de McMurphy, c'est son désir de liberté. Et cette folie est contagieuse. Mais Ratched - et l'institution - ne le voient pas du même œil, et quand cela va trop loin, une dose d'électrochocs remet les idées - et les pensionnaires - en place. On est obligé de penser aux méthodes des pays communistes dans cette histoire. Milos Forman avait réussi à quitter la Hongrie pendant l'écrasement du Printemps de Prague, mais le ressentir est toujours là. McMurphy est son porte-parole, Ratched et l'institution représentent son ancien pays qui réprima - parfois définitivement - les élans et aspirations de liberté.

 

Les patients de l'hôpital aussi valent aussi le détour. On y découvre de nouveaux venus dans le cinéma (Brad Dourif, Danny deVito, ou encore Christopher Lloyd), mais surtout de véritables gueules inquiétantes : Vincent Schiavelli et Michael Berryman, en tête (c'est le cas de le dire) !

Bref, des fous plus vrais que nature, dans des scènes qui sont devenues cultes : jeux de cartes, sortie en mer, fête nocturne...

 

Bien sûr, il y a l'affrontement entre McMurphy et Ratched. Nicholson a son visage de fou plus vrai que nature, auquel répond le visage impassible voire inflexible de Louise Fletcher. En plus de l'état policier hongrois, l'infirmière représente la société américaine de 1963 : elle est empesée et stricte, autoritaire et intransigeante. Elle contient encore le flot libertaire qui va souffler à partir de 1967 et balayer cet état d'esprit sclérosé et archaïque. Miss Ratched est une véritable saloperie. Magnifique interprétation de Louise Fletcher.

 

Et puis il y a les visages : souriants, tristes, inquiets, inquiétants, curieux... Chaque scène est entrecoupée de visages (patients, infirmiers, personne extérieure) en gros plan, amenant une déstabilisation du spectateur, voire une gêne : il faut voir Christopher Lloyd hurler de joie puis s'arrêter net, son visage devenant tout à coup menaçant pour comprendre ce malaise. En face de ces visages malgré tout vivants, ceux des deux infirmières : impassibles, fermés.

 

Inhumains.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Yves Robert, #Pierre Richard
Le grand Blond avec une chaussure noire (Yves Robert, 1972)

Ca commence comme une suite de la French Connection : une histoire de drogue dans une voiture, un soi-disant trafiquant arrêté et questionné, un détecteur de mensonges qui s'emballe.
Et puis c'est tout. Parce que c'est autre chose : la vérité est ailleurs, c'est bien connu.

Toulouse, Perrache, Milan. Ce ne sont pas des destinations, mais des personnes haut placées dans les services secrets français. Milan (Bernard Blier) lorgne le poste de Toulouse (Jean Rochefort), lequel, avec l'aide de Perrache (Paul le Person), veut s'en débarrasser (de Milan, pas de son poste). Ils inventent alors un faux agent secret : le grand blond... Avec une chaussure noire (l'autre est marron).

 

C'était la France des années 1970. Celle des 504, des R15 et des Mercedes Benz 300. C'était la fin des trente glorieuses et Giscard n'était pas encore président. Mais en ce qui nous concerne, c'était le temps des seconds rôles à trognes célèbres : Maurice Barrier, Roger Caccia, Jean Saudray... Il ne manque que Lionel Vitrant et Dominique Zardi !

Et au milieu de tout ça : le grand blond. François Perrin (Pierre Richard). Francis Veber vient de créer le personnage. Il n'a aucune idée de ce qui se trame autour de lui, ce qui crée un comique dévastateur.

 

Pierre Richard reprend son personnage de maladroit un tantinet distrait qui fit son succès dans ses deux films précédents. Mais surtout, c'est un homme normal dans une situation particulière : inconscient des jeux de pouvoir qui se trament autour de lui, il évolue normalement. Rien de bien transcendant. A part peut-être, une histoire d'adultère, essentielle pour l'intrigue, mais franchement pas extraordinaire.
C'est de cette banalité que naît le comique du film : à chacun de ses choix, chacun de ses déplacements, voire de ses paroles, les espions (les vrais qui l'épient) cherchent une explication : pourquoi ne va-t-il pas chez le dentiste ? Pourquoi tire-t-il la chasse d'eau ? Pourquoi une chaussure noire ? (vous aurez la réponse à cette dernière question) Qu'est-ce que c'est que ce gugusse ?

 

Ce gugusse, c'est un piège à con. Et Milan tombe dedans, pour notre plus grand plaisir. Ce gugusse, c'est un compromis du burlesque et du parlant : il nous fait rire dans les deux cas. Le concert (Mozart) est une scène caractéristique du talent de Pierre Richard, capable de nous faire rire sans parler : le chef d'orchestre (Yves Robert, tiens, tiens...) perdant rapidement patience devant les simagrées de son premier violon.

Et au milieu de ce monde d'hommes, Mireille Darc. Toujours belle, envoutante, époustouflante (Pierre Richard a découvert sa tenue au moment du tournage de la scène) :  femme fatale pour agent autrement fatal.

 

Et en plus, les dialogues sont à la hauteur :

« Il jette du pain aux canards ? Oh merde… »

« J'ai préféré un grand blond avec une chaussure noire à un grand noir avec un loden vert.

- Dites-moi, mon petit vieux, pour faire de la littérature : attendez la retraite. »

« Pourquoi un violoniste ?
- Vous m'aviez dit de choisir n'importe qui.
- Oui mais pourquoi un violoniste ?
- Parce qu'il avait une chaussure noire. »

 

Finalement, le piège fonctionne très bien, on fonce droit dedans et on s'amuse de cette histoire improbable d'espionnage, comme (presque) toujours avec Yves Robert.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Julien Duvivier, #Jean Gabin, #Drame
Pépé le Moko (Julien Duvivier, 1937)

Un homme derrière des barreaux crie le nom de la femme. La femme se bouche les oreilles. C'est de la sirène du bateau qu'elle protège ses oreilles.

L'homme s'effondre. Il est mort.

Pépé (Jean Gabin), c'est le brigand bien aimé. A la Casbah, tout le monde le connaît, l'apprécie, le protège. Même l'inspecteur Slimane (Lucas Gridoux) le ménage. Il le ménage pour mieux l'arrêter. Mais pour cela, il faut que Pépé quitte la Casbah et descende en ville.

Et en ville, il y a la belle Gaby (Mireille Balin). Gaby, ce sera l'arme ultime de Slimane pour se débarrasser de Pépé.

 

Julien Duvivier a fait traversé la Méditerranée à ses personnages. Mais avec eux, il a amené leur désespoir et cela ne les empêchera pas d'être rattrapé par leur destin. Surtout Pépé. Alors on regarde, impuissant, le drame se jouer. Gabin est toujours aussi impressionnant : il frappe, il charme, il chante... Mais il crie aussi, quand Pierrot (Gilbert Gil) est mort, qu'il est ivre et que plus rien n'a d'importance. Il crie comme il savait le faire, quand le désespoir le tenaille. Il y aura d'autres crises, dans d'autres films, mais celle-ci est terrible : c'est un homme seul - même s'il est entouré - qui étouffe dans une ville qui n'est pas la sienne. Pépé, son rêve, c'est de retourner à la civilisation : la Casbah, c'est juste une planque. Lui, ce qu'il veut, c'est Paris et son métro. Alors quand Gaby débarque dans sa vie, c'est une bouffée d'air parisien qui le submerge et remise tous ses soucis. S'il quitte la Casbah, il sera arrêté ? La belle affaire. Cette femme vaut le coup de risquer sa liberté, voire sa vie.

 

Avec Pépé le Moko, Duvivier verse dans l'exotisme. Plus que dans La Bandera où le désert n'était qu'anecdotique. Ici, la Casbah est plus vraie que nature, avec ses ruelles blanches, ses maisons blanches, ses toits blancs, ses marchands ses porteurs d'eau. Et ses femmes. Des femmes de partout : d'Alger, bien sûr, mais d'ailleurs aussi, des Gitanes comme Inès (Line Noro), une ancienne gloire oubliée du music-hall (Fréhel, émouvante, elle-même presque oubliée aussi à cette époque...) qui pleure en chantant un ancien succès, et toutes las autres, anonymes, décrites au début du film dans la présentation de la Casbah.

 

On déambule dans la Casbah comme ces riches touristes à la recherche de sensations fortes, ou complètement groggy, comme Pépé quand il la descend vers son destin (fatal, on est chez Duvivier). Tellement groggy que les rues se mettent à danser et s'effacent pour laisser place à la mer qui accueillera le bateau emportant Gaby.

L'autre force du film, c'est sa distribution. Comme disait Mocky : « Il appartient aux films interprétés par des acteurs qui aujourd’hui n’existent plus, c’est-à-dire les seconds rôles qui pourraient être des premiers rôles. »

Et question seconds rôles, il y a du gratin : Charpin (Régis, le salaud), Dalio (L'Arbi), Saturnin Fabre (Grand-Père), Gabrio (Carlos), Modot et son bilboquet, et j'en passe. Il ne manque que Le Vigan !

 

Enfin, il y a les dialogues. Il y a Duvivier, il y a Jacques Constant, et surtout, il y a Henri Jeanson. Et on se régale, malgré la noirceur du film :

« T'es trop p'tit, mon grand. »

« Avoir l'air d'un faux-jeton à ce point-là, j'te jure que c'est d'la franchise. »

« Inès le matin, Inès le midi, Inès le soir... T'es pas une femme t'es qu'un régime ! »

« J'leur donne mon corps, mais j'garde ma tête. »

« Je te le jure sur la tête de mon père ! - Tu risques pas grand chose, il a été guillotiné. »

 

Après La Bandera, où Gabin jouait le rôle d'un truand en cavale devenu soldat, Duvivier va plus loin avec son mauvais garçon : il aime. Il aime à en crever. Son histoire d'amour (malheureuse) nous touche et nous transporte. On s'identifie. On veut y croire (même si on sait que ce ne sera pas possible.

Et si Pépé meurt, ce n'est pas pour ses crimes comme les truands américains de la même époque (Scarface, L'Ennemi public...), c'est avant tout par amour.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #René Clair, #Drame, #Policier
Dix petits Indiens (And then there were none - René Clair, 1945)

Dix personnes dans une maison, sur une île, un vendredi. Le prochain passage du bateau aura lieu lundi. Ces dix personnes vont devoir apprendre à vivre ensemble.

A moins que ce soit mourir...

 

René Clair adapte ici ce qui est - à mon avis - le roman le plus noir de la grande Agatha (Christie, pour les ramollis du bulbe). Alors que ses autres romans amènent toujours une (ré)solution, ici, il n'y a personne qui va en réchapper. Tous sont condamnés à réaliser la comptine jusqu'au dernier vers : « et il n'en resta plus aucun. »

Mais, comme c'est René Clair, il faut que ça se termine bien. [Pour les ceusses qui ne l'ont pas encore lu, je vous laisse aller découvrir la vraie fin !]

Cette fin heureuse m'avait fait hausser les sourcils, mais comme la grande Agatha (toujours la même !) en avait tiré une pièce de théâtre avec cette fin (à moitié) heureuse, je l'ai tout de suite rabaissé. Et puis qu'est-ce que ça peut faire, si ça se tient ?

Parce que ça se tient. On suit avec délectation les disparitions successives des protagonistes, essayant de deviner qui sera le prochain ainsi que le modus operandi, histoire de voir en quoi il suit la comptine. Et puis la distribution nous aide : on y retrouve - entre autres - quelques gloires dans des seconds couteaux pertinents : Barry Fitzgerald (le Juge Quincannon), Walter Huston (le docteur Armstrong), Roland Young (Mr Blore) et la troublante Judith Anderson (Emily Brent).
Et puis il y a Mr Owen. U. N. Owen (jeu de mots), l'hôte des lieux. Celui qu'on ne voit pas, Némésis qui les accuse tous d'avoir tué à un moment de leur vie. Parce que tous sont des criminels. Et ils sont là pour payer, et donc mourir, la justice immanente veillant à l'exécution des sentences définitives.

Mais je l'ai déjà dit, nous sommes chez René Clair, et l'humour affleure : l'arrivée en bateau, entre le mal de mer de Blore et le foulard de Vera Claythorne (June Duprez), le ton est donné. Il y aura l'attitude de Rogers (Richard Haydn) face aux accusations qui donnera un beau moment comique. Pour le reste, on reste dans l'univers un tantinet british du roman, avec juste ce qu'il faut d'humour du même nom.

Alors on se régale, en se disant tout de même que les mentalités sont en train d'évoluer : de Dix petits Nègres (titre anglais), on est passé à Dix petits Indiens (titre français), jusqu'au titre américain (voir ci-dessus) qui ne fait plus référence à personne.

 

Mais l'histoire (plus ou moins sordide) subsiste, et c'est bien ce que nous attendions, non ?

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