Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mel Brooks, #Science-Fiction, #Fantastique, #Comédie

Formidable !

Plus de quarante ans après, tout est là :

le docteur Frankenstein (Gene Wilder), la Créature (Peter Boyle), Elizabeth (Madeline Kahn), Igor (prononcer « aï-gor ») le serviteur handicapé (Marty Feldman) et... Frau Blücher (Cloris Leachman + hennissements). Il y a même l'aveugle à la recherche de compagnie (Gene Hackman).

Et puis aussi l'ambiance : le château en haut de la colline, les passages secrets, le laboratoire poussiéreux, et la musique envoutante.

Mais...

 

Mais c'est Mel Brooks, et nous atteignons un nouveau sommet... De la parodie !

L'intérêt d'une parodie - je l'ai déjà écrit - réside dans le formidable. Il ne faut jamais lésiner sur les moyens. Là encore, c'est réussi.

En un seul film, Mel Brooks reprend Frankenstein et La Fiancée de Frankenstein pour en faire un magnifique feu d'artifice d'humour.

Et il a de l'aide : Gene Wilder (qui a aussi écrit l'histoire), Marty Feldman et ses yeux globuleux, Terri Garr et bien entendu la créature, Peter Boyle.

Et Mel Brooks déroule.

 

Frederic Frankenstein (prononcer « fronkenstine ») est un descendant du professeur célèbre, surtout pour son expérience prométhéenne. C'est un rationnel qui refuse cette ascendance.

Mais pris par l'ambiance et après avoir lu les notes de son ancêtre, il se prête au jeu et se lance dans la même aventure. Bien entendu, le résultat est le même : il ne fallait pas !

Mais pour notre plaisir, oh que si, il fallait !

 

Brooks et Wilder ont réussi à garder la trame de base et à l'assaisonner à leur sauce. Les moments forts sont repris : la profanation de sépulture ; le laboratoire où doit apparaître la vie ; la petite fille et les marguerites ; et l'incontournable expédition punitive des villageois en colère.

Mais, bien entendu, rien n'est sérieux. Et c'est tant mieux. On s'amuse de cette parodie tout en appréciant les différentes références cinématographiques : King Kong, Nosferatu, et même Citizen Kane, pour ne citer que ces films...

 

Tout le monde s'amuse dans ce film, il suffit de voir les chutes pour s'en convaincre. Et le spectateur aussi.

1974 fut année faste pour Brooks qui sortit en outre Le Shérif est en prison, avec le même Gene Wilder.

Alors, ne boudons pas notre plaisir !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Whale, #Boris Karloff, #Horreur, #Fantastique, #Science-Fiction

Quatre ans après Frankenstein, James Whale reprend ses personnages (presque) là où ils étaient et imagine une suite. C'est la première, et - malheureusement - pas la dernière.

Et pour ce faire, il retourne à la source : Mary Woolstonecraft Shelley, l'auteure originale.

Mary Shelley (Elsa Lanchester) raconte à son mari et leur ami Lord Byron la suite des aventures du célèbres docteur et de sa créature.

Nous les retrouvons au moment où le moulin a brûlé et Frankenstein est ramené chez lui, inconscient. Et le monstre ? La dernière fois, il était écrasé par une poutre enflammée... Mais il en a réchappé : le plancher s'est effondré et en dessous, de l'eau a préservé la créature...

Ouf. On peut commencer une nouvelle histoire !

Pas si nouvelle que ça, car finalement, il est toujours question de créer la vie.

Cette fois-ci, c'est le docteur Pretorius (Ernest Thesiger), un ex-professeur de philosophie qui a enseigné Henry, qui vient relancer notre savant préféré. Ce professeur peu recommandable a poussé ses expériences jusqu'à créer des personnages hauts de trente centimètres, qui pourraient annoncer Les Poupées du diable de Tod Browning, l'année suivante...

Mais Frankenstein n'est pas d'accord, alors ce mauvais professeur va le menacer pour arriver à ses fins, s'en prenant à celle qui fut sa première fiancée : Mme Elizabeth Frankenstein (Valerie Hobson).

Et le monstre (Boris Karloff), dans tout ça ?

Le monstre vit sa vie, fuyant les humains.

Scène charnière : il entend un ermite aveugle jouer du violon et s'approche, charmé par la musique. Le vieil homme l'accueille et le traite en ami, lui apprenant le langage et les manières. Mais bien entendu, ce répit est de courte durée, deux villageois perdus interviennent, et débusquent le monstre qui s'enfuit.

[Notons au passage que l'un des villageois n'est autre que John Carradine. Il faut dire que ce film regorge de second rôles plus ou moins célèbres. En plus de John Carradine, on peut reconnaître - entre autres - Walter Brennan et aussi (pour les initiés) John George qui fut le partenaire de Lon Chaney dans L'Inconnu.]

Donc le monstre est maintenant doué de parole, voire d'esprit. La fréquentation de l'aveugle l'humanise : deux fois, on le verra pleurer.

Et cette humanisation est pertinente. Elle explique la fin. Celle qui est devenue heureuse...

 

Reste la fiancée. A moins que ce soient LES fiancées, puisque Frankenstein est fiancé à Elizabeth.

Mais non. La fiancée, c'est celle qu'on voit sur l'affiche, celle qui sera créée - sous la contrainte - par Henry et qui n'aura d'yeux que pour lui.

Et quelle fiancée ! Elle non plus n'a pas de nom au générique (comme Boris Karloff dans le premier opus). Mais il ne faut pas être très physionomiste pour la reconnaître (je vous laisse trouver).

Comme le monstre, elle est couturée. Comme lui, elle est hagarde et peu assurée dans ses déplacements. Et comme lui, elle ne fait que geindre pour s'exprimer. Elle fut créée pour tenir compagnie au monstre. Mais le résultat de la confrontation est prévisible, et bien entendu, inévitable... Là encore, je vous laisse (re)découvrir.

Et pourtant, ils étaient faits l'un pour l'autre !

Malgré tout, cette nouvelle créature est fascinante. Est-ce son aspect ? Sa coiffure ? Un peu des deux ? Là encore, il s'agit d'un personnage inoubliable, qui n'apparaît que dans les cinq dernières minutes !

 

N'oublions pas enfin Minnie (Una O'Connor), servante d'Elizabeth, qui a un rôle plutôt comique dans un film qui ne l'est pas beaucoup. Elle a le verbe facile et s'excite d'un rien. Elle sera la dame de compagnie de Lady Marianne dans le Robin des Bois de Curtiz, et surtout, servira de modèle à Frau Blücher (hennissements) dans le Frankenstein Junior de Mel Brooks.

 

Mais là aussi, c'est une autre histoire.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Whale, #Boris Karloff, #Fantastique, #Science-Fiction, #Horreur

Mary Shelley est une auteure très célèbre, mais pour une seule œuvre : Frankenstein. C'est Percy, son mari, qui a eu droit à tous les honneurs.

Et pourtant... Si on demande à n'importe quelle personne de citer un titre de Shelley, c'est neuf fois sur dix Frankenstein qui sera nommé. Cette notoriété posthume est très certainement due au film admirable de James Whale.

Comme le rappelle mon cher ami le professeur Allen John, Frankenstein (Colin Clive) est un scientifique, spécialisé dans l'anatomie.

Le sous-titre du roman de Mary Shelley est le Prométhée moderne. En effet, le professeur n'a qu'une seule idée en tête : créer la vie !

N'oublions pas que Prométhée, dans la mythologie grecque, est le titan qui crée l'homme et leur apporte ensuite le feu, les deux éléments significatifs du film : la vie créée par Henry Frankenstein, puis le feu qui détruit son œuvre.

Mais Frankenstein, c'est avant tout la créature. C'est elle qu'on attend, c'est elle qu'on veut voir. Et il faut attendre la toute fin de la première demi-heure pour être satisfait.

Et l'attente est payante. Boris Karloff est époustouflant. Sa stature, le maquillage et sa démarche en font un monstre extraordinaire. On est subjugué et fasciné par une telle apparition.

C'est une créature maléfique, dès le début, nous le savons : Fritz (Dwight Frye) a volé un cerveau dégénéré. Et pourtant...

Si la créature devient monstrueuse, ce n'est pas vraiment de sa faute. Comme on dit, elle le produit de son éducation. Et cette éducation, c'est ce même Fritz qui la fournit : tourmentant sans cesse le monstre, le fouettant ou l'effrayant avec sa torche allumée. Il y a chez Fritz une dose de sadisme assez forte, qui se retournera contre lui. Pas étonnant après, que la créature tourne mal. Exit Fritz.

Il y aura trois victimes. C'est la troisième qui déclenche tout : Maria (Marilyn Harris).

Maria est une petite fille que son papa laisse dans le jardin pour aller travailler. C'est - bien entendu - le moment que choisit le monstre pour arriver. Malgré le destin funeste de cette scène, c'est avant tout celle qui nous montre bien qui est le monstre : la créature n'est rien d'autre qu'un esprit simple dans un corps de colosse. Il n'y a pas de malice naturelle. S'il tue (Fritz ou Waldmann), c'est parce que les contingences l'obligent. Alors Maria n'a pas peur de lui. Au contraire, elle l'invite à jouer avec elle. Lui est heureux. ils lancent des marguerites dans l'eau et les regardent flotter avec ravissement.

Par analogie, le monstre essaie la même chose avec Maria. Mais elle ne flotte pas et se noie. Ce n'est qu'un accident, finalement.

De plus, cette scène terrible (la mort d'un enfant) se déroule alors que dans le même temps le village s'apprête à célébrer le mariage de Henry et sa fiancée (Mae Clarke). L'effervescence et la joie de la célébration à venir laissent progressivement place au silence des grandes tragédies alors que le père de Maria avance dans le village et que les convives découvrent l'horreur...

Après cela, rien d'étonnant que les villageois se mettent en quête de (leur) justice, bien entendu expéditive...

Il y a dans ce film de Whale des réminiscences du Metropolis de Fritz Lang.

Oui, le laboratoire fut très inspiré par celui de Rotwang. Là encore, on crée la vie. Mais c'est dans le générique qu'il faut trouver la première référence : on voit des yeux peints qui tournent en surimpression sur un visage hideux, tels ceux qui observent, subjugués la fausse Maria qui danse. L'autre référence arrive à la fin, quand les villageois, autre foule en furie, ont cerné le monstre : ils lui font subir le même sort qu'à Maria.

Mais je rejoins encore une fois le professeur Allen John en déclarant que la fin du monstre est triste et cruelle : le monstre est éliminé pour le seul crime qui n'en est pas un.

Mais heureusement, Whale et son équipe vont s'en tirer par une pirouette, et finalement, quatre ans plus tard le monstre reviendra !

Mais ça c'est une autre histoire.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Merian C. Cooper, #Ernest B. Schoedsack, #Fay Wray, #Fantastique, #Aventures

Carl Denham (Robert Armstrong) est un omnicinéaste. Il inonde le marché de ses films documentaires. Mais ce n'est pas pour autant Robert Flaherty. Pour Denham, il faut faire du documentaire vivant, il faut de l'action. C'est pourquoi, pour sa dernière production qu'il va tourner à l'autre bout du monde, il a besoin d'une jeune femme. Sauf que.

Sauf qu'il est connu comme le loup blanc et que ces demoiselles ont pris l'habitude de se méfier des tournages estampillés Denham. Le voilà donc à quelques heures du grand départ sans premier rôle féminin. Qu'importe. La rue est pleine de jeunes femmes - c'est New York ! - et puisque la crise est passée par là, il sera plus facile e trouver une jeune femme pas trop regardante... Parce que Denham est un pragmatique. Voire un cynique, mais ça, c'est moi qui le dis.

Et ça tombe bien : une jeune femme se fait prendre la main dans le sac au moment où Denham rencontre un ami primeur. Pour éviter la prison à cette jeune femme désespérée, il l'emmène se restaurer. Elle se nomme Ann Darrow, et elle ressemble tellement à Fay Wray que ce n'est pas possible de ne pas l'engager. La jeune femme est prête à tout pour s'échapper de son quotidien peu reluisant. Alors un tel engagement - en tout bien tout honneur, bien entendu - est véritablement l'occasion qu'elle n'osait espérer.

Denham a son actrice, le bateau peut partir... Pour six semaines de voyage !

Sa destination : l'île de Kong !

Kong, c'est une légende des mers du sud. Un dieu, un monstre ou un esprit, ou que sais-je encore. Un mystère que le grand Denham veut percer.

Non seulement il va le percer, mais en plus, il a l'intention de l'exploiter. C'est un pragmatique, vous disais-je.

 

Un an après Les Chasses du Comte Zaroff, Cooper et Schoedsack reviennent avec un nouveau film d'aventure exotique mâtiné de suspense. Mais cette fois, ils passent dans la catégorie supérieure. King Kong est à tout point de vue extraordinaire.

Les spectateurs qui ont eu le privilège de le voir à sa sortie (ils sont de moins en moins nombreux...) ont peut-être ressenti qu'il se passait quelque chose. Car pour la dernière fois, le cinéma a innové. La dernière fois, c'était quand la Warner Bros a montré qu'on pouvait faire des films parlant. C'était fin 1927. Depuis, la technique a évolué et de grands films sont sortis grâce à ce procédé. Mais jamais un film comme King Kong. Avec ce film, Cooper et Schoedsack ,donnent leur lettres de noblesse aux effets spéciaux.

Non, ils n'ont pas inventé les effets spéciaux. Méliès avait déjà bien débroussaillé le terrain. Mais avec King Kong, la surimpression devient un art.

Alors que Fritz Lang (et d'autres, bien entendu) l'utilisait beaucoup dans ses séquences de rêves ou de réflexion, ici, elle prend pied dans la réalité (du film). On passe avec beaucoup de brio et surtout grâce à un montage très précis d'une scène d'animation (Kong ne mesurait que 18 pouces, soit un tout petit peu plus que 45 centimètres !) où Ann Darrow se débat dans la patte du « géant », à Fay Wray, à l'endroit exact où Ann a été déposée, et qui continue de remuer.

 

King Kong, c'est aussi - comme Les Chasses du Comte Zaroff - un film d'atmosphère. Quand le bateau approche de l'île, bien entendu, le brouillard est tombé. Le brouillard réapparaît dans les marais. Ces mêmes marais qui avaient vu Bob Reinsford échapper à Zaroff dans le film précédent. Parce qu'en plus de sa parenté atmosphérique, les décors ont été recyclés. On reconnaît certains endroits (le tronc d'arbre géant qui enjambe le ravin, par exemple). Il existe aussi une parenté dans la tension. Plus que dans Les Chasses, le milieu naturel est inquiétant, voire hostile. On découvre plusieurs dinosaures échappés du Monde perdu de Hoyt (1925), mais avec un souci de réalisme impressionnant.

 

Et puis il y a Kong. D'où vient-il ? Comment est-il arrivé ? S'il vit dans un monde où il côtoie et domine les dinosaures, tout est possible. Quoi qu'il en soit, il y a une pointe d'humanité chez ce gorille terrifiant. Et, bien entendu, c'est la femme qui permet cette révélation. Kong est d'ailleurs cité au générique, comme n'importe quel autre acteur !

Kong avait l'habitude d'être « marié » à des indigènes brunes (une espèce de croisement des Polynésiens des Africains, on ne fait pas plus exotique !), lui proposer une jeune femme blonde (et en plus, c'est Fay Wray !) titille sa curiosité et développe sons sens esthétique.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Kong tombe amoureux de la jeune femme. Oui, cet amour est impossible. Et alors ? On est au cinéma, alors on peut rêver.

Kong s'empare de la femme et l'emmène dans son repère - sa garçonnière ? - en terrassant un tyrannosaure au passage. Et que fait-il dans sa garçonnière ? Il déshabille Ann, reniflant au passage les lambeaux de ses vêtements (puisque je vous dis qu'il a un côté humain !). Heureusement - pour la morale - il est dérangé et on reste dans un registre correct. Pourtant, lors de la première scène tournée par Denham sur le bateau, on avait pu apprécier les formes de Fay Wray dans une robe peu épaisse, qui ne faisait pas que suggérer ses formes...

 

La dernière partie du film se situe à New York. et là, c'est le déchaînement.

Déchaînement d'effet pour Denham qui présente sa créature au public, déchaînement de la foule dans une scène de panique d'anthologie. Rien ne nous est épargné : la foule qui sort précipitamment du théâtre, Kong attrapant ses victimes et les portant à sa bouche, l'accident de métro avec ses passagers bousculés, entassés, voire tombant du véhicule.

Du grand spectacle !

Reste le final : quel coup de publicité pour ce nouveau gratte-ciel : l'Empire State Building !

Après ce film, tout le monde aura envie de grimper là-haut, pour voir où est mort Kong !

Mais ceci est une autre histoire.

 

Dernier élément, et non des moindres qui fait de ce film un chef-d'œuvre : la musique de Max Steiner.

Rarement (surtout en 1933), une musique aura été au service d'un film. a moins que ce soit le film au service de la musique. Steiner - en plus de souligner magnifiquement l'atmosphère du film, sa couleur et son rythme - a écrit selon l'action. Le déplacement du chef indigène vers les intrus est des plus significatifs. Mais surtout, quand Kong arrive tout en haut du building, que les avions entrent dans la danse (c'est un ballet aérien), la musique s'efface pour laisser la place aux moteurs, aux mitrailleuses, sans véritable rupture. Comme si cette absence de musique était aussi de Steiner !

 

Terminons avec Denham. Il y a chez lui une grande part d'hypocrisie. Sa dernière sortie « c'est la Belle qui a tué la Bête » lui évite d'assumer sa propre responsabilité. Car en fin de compte, c'est bel et bien Denham qui a tué le géant. C'est quand même lui qui l'a cherché et une fois trouvé, a voulu le ramener au pays, afin de s'enrichir. Non ?

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ernest B. Schoedsack, #Merian C. Cooper, #Fay Wray, #Aventures

Bob Reinsford (Joel McCrea) est un chasseur. Un vrai. Pas un chasseur du dimanche qui chasse le lapin ou le faisan. Non. Lui, son gibier, c'est plutôt le tigre de Sumatra.

D'ailleurs en rentrant aux Etats-Unis, son bateau heurte les récifs et coule. il est le seul survivant. Mais dans son malheur, il a la chance d'être proche d'une île. Sur cette île, une forteresse, celle du comte Zaroff (Leslie Banks), un émigré russe qui a fui la Révolution d'Octobre.

Et en plus, Zaroff est lui aussi un chasseur hors pair. Son gibier préféré : l'homme.

Rapidement, un désaccord s'installe entre les deux hommes, et Zaroff décide de régler ce différend à sa manière : il chassera de nuit Reinsford qui devra lui échapper jusqu'à l'aube, heure de fin de la chasse. La récompense : Eve Trowbridge (Fay Wray), une autre naufragée qui a échoué près de l'île.

C'est un an avant King Kong, que Pichel et Schoedsack ont tourné cette histoire exotique inquiétante. Et on y trouve d'ailleurs certaines similitudes : les décors, une partie de l'équipe technique, Robert Armstrong et la belle Fay Wray* !

Cela pourrait ressembler à un galop d'essai par rapport au film qui suivra l'année suivante. Mais il n'en est rien. Nous sommes dans un film d'atmosphère. Et même d'atmosphères.

On commence par le léger roulis d'un bateau emmenant un groupe d'amis. Puis, c'est l'austérité d'une forteresse, dirigée par un homme racé, sophistiqué mais glaçant. Enfin, c'est la nature sauvage de l'île qui n'a pas besoin d'être hostile, Zaroff l'étant suffisamment. Sans oublier le brouillard indispensable à la tension du film. Un brouillard protecteur pour certains, meurtrier pour d'autres.

Une fois que Zaroff a exposé ses préférences de nemrod, nous n'avons plus qu'une envie : voir une telle partie de chasse. Et on n'est pas déçu. Bien sûr, on est à fond avec Reinsford et sa compagne, mais force est de constater que Zaroff possède un charisme formidable : il est bien habillé, bien éduqué mais possède une magnifique balafre qui lui donne un côté inquiétant, surtout quand il la tripote en parlant de sa passion. De plus, ses acolytes ont quant à eux des mines franchement patibulaires : il faut voir Ivan (Noble Johnson) sourire pour s'en convaincre.

Les méchants étant réussis, le film ne peut que parfaitement fonctionner.

De plus, la chasse, est filmée au plus près de l'action, la caméra devenant parfois subjective, les spectateurs ayant ainsi l'impression de recevoir le branchage dans la figure...

Et puis le regard de Fay Wray, quand elle est emmenée par Zaroff et ses sbires, est des plus éloquents, le tout dans un gros plan superbe.

* Elle ne crie presque pas dans ce film.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Monty Python, #Terry Jones, #Comédie

Cinq ans après L'immense chef-d'œuvre Sacré Graal !, les Monty Python sont de retour pour un autre film improbable.

Cette fois-ci, ils nous proposent une histoire qui nous ramène au début du christianisme, quand Jésus prononçait le sermon des Béatitudes, un samedi après-midi, à l'heure du thé.

Dès la première scène, faussement sulpicienne, le ton est donné : Brian aura toute sa vie parallèle à l'autre, celui des évangiles. Ca commence par l'adoration - erronée - des mages et se termine, bien entendu par la crucifixion.

C'est entre ces deux événements que la différence se fait.

Car, si Jésus a eu le parcours que l'on sait, celui de Brian fut un tantinet plus tortueux.

Déjà, ça partait mal, lui qui se croyait 100% juif se retrouve à moitié romain, sa mère n'ayant pas vraiment été violée...

 

Mais Brian déteste les Romains. C'est pourquoi il rejoint le People's Front of Judea (ne pas confondre avec le Judean People's Front, ces déviationnistes !).

Lors d'une descente de la police romaine, Brian tombe d'un balcon à la place d'un illuminé plus ou moins prophète. Pour ne pas se faire remarquer, il commence un faux discours prophétique, le temps que les Romains s'éloignent.

A ce moment, sa vie bascule.

Les quelques badauds qui l'écoutaient veulent la suite de sa prêche, et vont le suivre jusque chez lui afin de profiter de son enseignement...

 

Encore une fois, les six compagnons jouent presque tous les rôles. On reconnaît Carol Cleveland, Charles McKeown et l'incontournable Neil Innes. Mais surtout, leur maître, Spike Milligan, est là : d'ailleurs, il se retrouve tout seul, impossible de le manquer. Et pour les plus perspicaces, il y a même George Harrison (par ailleurs producteur du film).

Encore une fois, on rit de bon cœur de cette suite ininterrompue de scènes toutes plus absurdes les unes que les autres. Malgré tout, l'histoire est un peu plus structurée que pendant leur premier film. Brian est un lien plus solide que l'était Arthur (encore une fois, c'est Graham Chapman qui tient le rôle principal).

Mais ce film est avant tout une critique féroce de la religion. Brian, messie malgré lui, se défend d'entraîner les gens à sa suite, et les encourage plutôt à penser par eux-mêmes. Mais c'est peine perdue. Chacun se ferme dans sa vérité en rapport avec les actions de ce nouveau prophète.

 

Pas étonnant que ce film ait été interdit pour blasphème en Irlande ou dans certains coins de Grande Bretagne (dont Aberystwyth, au pays de Galles, jusqu'en 2009 !).

L'humour autour du religieux est - malheureusement - toujours d'actualité. L'adresse de Brian à ses disciples est on ne peut plus raisonnable. Les exégèse entre ses nouveaux adeptes démontrent en quelques phrases comment on en arrive à des dérives intégristes dans une religion. N'oublions pas que la période choisie, celle du Christ, est une période de troubles religieux où un nouveau culte apparaissait régulièrement. Donc, l'aventure de Brian n'est pas si farfelue. C'est la façon de traiter le sujet qui rend ce film inoubliable.

 

Alors, rions avec Graham Chapman en Brian messie malgré lui, avec John Cleese en pharisien, avec Terry Gilliam en geôlier, avec Eric Idle en bègue, avec Terry Jones en mère abusive et avec Michael Palin, en ex-lépreux.

Et surtout n'oubliez pas de toujours regarder le bon côté de la vie !

Les Python avaient choisi de rire de la religion. On était en 1979.

Pourraient-ils le faire maintenant ?

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Harry Langdon, #Muet, #Comédie

Troisième long métrage avec Harry Langdon, il s'agit aussi du troisième volet qui va faire de lui une star incontournable à Hollywood.

Malheureusement pour peu de temps.

Comme pour L'Athlète incomplet, c'est Frank Capra qui tient les rênes, et on retrouve Priscilla Bonner en jeune promise.

Harry (Langdon) Shelby est un rêveur. Il flotte dans des univers merveilleux engendrés par ses lectures.

Mais aujourd'hui, c'est son anniversaire, et son père lui offre un pantalon, au grand désaccord de sa mère : elle préfèrerait qu'il reste son petit garçon.

Parce que Harry, comme dans ses rôles précédents, est une espèce de grand garçon sur le point de devenir un adulte. Et porter un pantalon va considérablement changer sa vie.

Sa vie était toute tracée : il épouserait Priscilla (Bonner) - voisine et amie d'enfance - et tout le monde serait heureux.

Sauf que.

Sauf que Bebe Blair (Alma Bennett), une trafiquante de drogue en cavale passe dans son coin. Un pneu crevé la retient juste assez longtemps pour que Harry en tombe éperdument amoureux. Elle joue de cette situation puis, une fois la roue réparée, elle repart vers d'autres cieux.

Sauf que.

Sauf qu'elle a laissé tomber une lettre d'amour qu'elle gardait dans son sac. Et Harry la trouve et pense qu'elle lui est destinée...

Alors évidemment, il n'est plus question de Priscilla.

Enfin si. Mais au moment de se marier, Harry a des nouvelles de Bebe et part à sa recherche.

Dans ce troisième opus des longues aventures de Harry, le ton est très différent. On rit, certes, à la maladresse récurrente de notre héros, mais on est frappé par la noirceur du propos.

Harry, contre toute attente s'amourache d'une truande, et va même jusqu'à l'assister dans sa cavale. Une limite vient d'être franchie. Lui, si naïf, si gentil, devient mauvais. Au moment de son mariage, il ne voit qu'une solution pour l'empêcher : tuer sa promise !

Nous sommes bien loin des velléités courageuses de L'Athlète incomplet ou Plein les Bottes.

Certes, Capra déjoue son intention criminelle, mais il n'en reste pas moins qu'il avait cette pulsion mauvaise ! De plus, il faudra une bonne dose de violence et même un bain de sang (!) pour que Harry quitte Bebe et s'en retourne auprès des siens.

Nous sommes loin de l'adolescent attardé que nous connaissons bien avec ce film. La rupture a une cause immédiate : le pantalon. Dès que Harry l'enfile, c'en est terminé du monde protégé de l'enfance. Il tombe dans l'âge adulte avec violence. Le temps de l'innocence est terminé. Il a beau toujours avoir cet air poupin et son visage de clown triste, Harry a grandi, mais pas aussi bien qu'on l'aurait imaginé, voire souhaité.

Il reste tout de même de belles scènes burlesques, comme la rencontre avec Bebe et la démonstration de vélo pour ne citer que celle-ci.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Harry Langdon, #Muet, #Comédie

Deuxième long métrage avec Harry Langdon - Frank Capra est passé du scénario à la réalisation - l'Athlète incomplet donne une meilleure image de Harry Langdon que le faisait le long métrage précédent, Plein les Bottes. [Là encore, il faut passer sur le titre français qui n'est pas du meilleur effet. En effet, le titre original - l'Homme fort - se prête plus à l'intrigue du film parce que cet homme fort n'est pas celui qu'on croit.]

L'intrigue est plus complexe. Elle concerne deux histoires : celle de Paul Bergot (Harry Langdon), et celle de la petite ville de Cloverdale.

Paul Bergot est un soldat sur le front belge. Il reçoit régulièrement des lettres de sa marraine de guerre, Mary Brown (Priscilla Bonner). Fait prisonnier, il est démobilisé et regagne les Etats-Unis avec son ancien ennemi, le grand Zandow (Arthur Thalasso), l'homme le plus fort du monde.

Cloverdale est une petite bourgade américaine plus si tranquille que ça depuis que Mike McDevitt (Robert McKim) - truand notoire et trafiquant d'alcool - a pris en main l'hôtel de ville pour en faire un lieu de spectacle et de débauche. Son ennemi, le Révérend "Holy" Joe Brown (William V. Mong), qui a une fille nommée Mary (tiens, tiens...).

Enfin aux Etats-Unis, Paul recherche Mary, sans succès.

Heureusement le destin veille, et les deux intrigues se rencontrent : le grand Zandow doit se produire à Cloverdale !

Oui, l'homme fort n'est pas celui qu'on croit puisque Zandow, victime du tord-boyau local ne peut assurer son numéro, et c'est Paul qui doit le remplacer au pied levé.

Rassurez-vous, c'est une comédie, tout se terminera bien. Et pourtant, ce n'était pas gagné d'avance.

Avec l'Athlète incomplet, Capra et Langdon nous offrent un film formidable (n'ayons pas peur des mots !). Ce film est de loin meilleur à Plein les Bottes, Capra étant plus à l'aise dans ce format que son prédécesseur.

Et Harry Langdon est tout simplement merveilleux !

Il a le même type de personnage que précédemment : un grand enfant naïf, faible, et un tantinet dans la lune. A cela deux raisons : sa petite taille et son air poupin, dont il joue. Il faut le voir refuser puis se débattre quand Lily (Gertrude Astor) - une fausse Mary Brown - lui fait des avances, ou encore quand il entre dans le studio d'art par inadvertance, alors qu'une femme y pose nue...

Mais sous ses airs de petit homme frêle, se cache un garçon courageux (jusqu'à un certain point).

Avec ce film, on dépasse les limites dans lesquelles Harry Langdon évoluait dans son long métrage précédent. Les gags s'enchaîne avec plus de rythme et plus de recherche. Comme Chaplin ou Keaton, Langdon a un personnage standard : veste un petit peu trop juste, pantalon un tantinet trop long, et surtout, un chapeau abimé, toujours le même. La comparaison avec Chaplin et Keaton n'est pas anodine, comme le dirait mon grand ami, le professeur célèbre Allen John (allez-voir son blog*, si, si !) : Langdon est tout sauf une resucée de ces deux grands artistes, ou encore de Harold Lloyd. Il a son humour et ses manières, qui sont, certes, différents mais valent largement autre chose qu'un entrefilet dans une encyclopédie du cinéma. Il y a beaucoup de pudeur chez Langdon (voir la rencontre avec Mary pour s'en convaincre), mais son humour est aussi ravageur que celui des autres.

Il est grand temps de (re)découvrir cet artiste oublié et dénigré !

* C'est ici :

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Harry Edwards, #Harry Langdon, #Joan Crawford, #Muet, #Comédie

Tramp, ça ne veut pas toujours dire clochard. Ici, c'est le bruit que font les gens qui marchent. Parce que c'est un film de chaussures.

Harry (Langdon) est cordonnier dans la boutique de son père. Mais son père, infirme, ne peut plus payer le loyer. Ils vont devoir partir.

Heureusement, Harry, en bon fils, décide de partir trouver l'argent nécessaire.

Et ça tombe bien, Burton, le numéro un des chaussures américaines organise une course à pieds à travers les Etats-Unis.

Par un quiproquo, Harry fait la connaissance de la (très belle) fille de Burton, Betty (Joan Crawford) : celle qui pose pour les affiches publicitaires (et dont il est amoureux !). Elle l'inscrit à la course, et voilà Harry parti pour quelques milliers de kilomètres de traversée.

Avec ce film, c'est le grand saut pour Harry Langdon. Cantonné à des courts métrages, dirigés essentiellement par Harry Edwards, Langdon se lance dans un premier long métrage, sous les ordres de ce même réalisateur.

Harry Langdon était un acteur comique à part. Il n'avait pas le génie de Keaton ou Chaplin. Mais, malgré tout, il possédait un je-ne-sais-quoi qui le rendait attachant.

Son visage aux grands yeux écarquillés lui confère une allure naïve et faible. Et bien entendu, il est très maladroit. Mais cette maladresse est aussi un atout, puisqu'elle lui permet de se sortir de situations assez embarrassantes (voir la scène du bagne).

C'est aussi cette impression de faiblesse qui séduit Betty Burton et l'encourage à le faire participer à la course. Parce qu'on ne peut résister à son regard de cocker.

Car Harry est un grand enfant. Quand son père lui annonce qu'il n'ont plus d'argent, c'est à son vélo tout d'abord qu'il pense. Puis, lors du vol des myrtilles, qui voit-on débouler, la bouche maculée et le pullover rempli de choses ?

Pas étonnant donc, que le fils de Harry et Betty ressemble à son père comme deux gouttes d'eau !

Ce film est le premier des trois qui vont consacrer Harry Langdon. Mais Harry Edwards, habitué des courts métrages, ne semble pas complètement à son aise dans une longue histoire. Heureusement pour Harry (et aussi pour nous), il laissera la place à Frank Capra pour les deux suivants.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Eugenio Mira, #Thriller
Grand Piano (Eugenio Mira, 2013)

Onze ans après Phone Game, voici un nouveau film qui aurait pu s'intituler la Voix qui tue.

Mais, alors que Phone Game se passait (essentiellement dans une cabine téléphonique, ici, le héros, Tom Selznick (Elijah Wood) est prisonnier d'une scène d'auditorium.

Parce que c'est un grand pianiste. L'un des plus grands qui ait jamais existé, sinon le meilleur. Son problème ? Le trac. Pas le petit malaise récurrent de chaque soir, et qui passe dès les premières mesures. Non. Le grand. Celui qui fait réellement se tromper.

Ca faisait cinq ans qu'il n'a pas joué devant un public. La dernière fois, justement, il s'était planté. Alors ça décourage de recommencer.

Surtout que parmi les œuvres au programme, le morceau casse-gueule de la dernière fois : la Cinquette de Patrick Godureaux, son ancien mentor.

Double motif de tension, donc. Et puisque ce n'est pas suffisant, Tom se retrouve à la merci d'un déséquilibré (c'est comme ça qu'on dit, je crois) qui lui promet de le tuer s'il joue une seule fausse note.

Nous voyons le concert se préparer et arrivons, bien entendu, au moment que nous attendons depuis le début : celui de l'exécution (des œuvres musicales, bien entendu !).

A première vue, il paraît inconcevable qu'un soliste quitte la scène pendant une œuvre. Mais l'habileté du scénario tient dans sa dernière apparition publique qui le tétanise depuis. Le public se dit que la pression est trop forte (etc), mais de toute façon, il revient à temps.

Alors le moment de bravoure arrive, et on comprend les motivations de notre « déséquilibré ».

Parlons de lui, tiens. Jusqu'aux toutes dernières minutes, ce n'est qu'une voix. Celle de John Cusack. Une voix posée, déterminée. Elle est toujours accompagnée d'effets inquiétants pour Tom.

Malgré tout, c'est Elijah Wood qui porte le film. Il est très un pianiste. très convaincant, ne se contentant pas seulement de placer ses mains sur le clavier. D'un autre côté, comme c'est lui qui joue... Ca nous change des acteurs qui ne font que remuer les bras à droite et à gauche puisqu'on ne voit pas leurs mains.

Pour le reste, un huis clos bien mené, même si on aurait préféré voir un peu plus John Cusack - qui pour le coup ne parle plus quand il apparaît ! - les films « à la voix qui tue » ayant cette limite : voir le « déséquilibré », c'est aussi le connaître et en avoir moins peur...

 

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog