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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Harry Langdon, #Muet, #Comédie

Troisième long métrage avec Harry Langdon, il s'agit aussi du troisième volet qui va faire de lui une star incontournable à Hollywood.

Malheureusement pour peu de temps.

Comme pour L'Athlète incomplet, c'est Frank Capra qui tient les rênes, et on retrouve Priscilla Bonner en jeune promise.

Harry (Langdon) Shelby est un rêveur. Il flotte dans des univers merveilleux engendrés par ses lectures.

Mais aujourd'hui, c'est son anniversaire, et son père lui offre un pantalon, au grand désaccord de sa mère : elle préfèrerait qu'il reste son petit garçon.

Parce que Harry, comme dans ses rôles précédents, est une espèce de grand garçon sur le point de devenir un adulte. Et porter un pantalon va considérablement changer sa vie.

Sa vie était toute tracée : il épouserait Priscilla (Bonner) - voisine et amie d'enfance - et tout le monde serait heureux.

Sauf que.

Sauf que Bebe Blair (Alma Bennett), une trafiquante de drogue en cavale passe dans son coin. Un pneu crevé la retient juste assez longtemps pour que Harry en tombe éperdument amoureux. Elle joue de cette situation puis, une fois la roue réparée, elle repart vers d'autres cieux.

Sauf que.

Sauf qu'elle a laissé tomber une lettre d'amour qu'elle gardait dans son sac. Et Harry la trouve et pense qu'elle lui est destinée...

Alors évidemment, il n'est plus question de Priscilla.

Enfin si. Mais au moment de se marier, Harry a des nouvelles de Bebe et part à sa recherche.

Dans ce troisième opus des longues aventures de Harry, le ton est très différent. On rit, certes, à la maladresse récurrente de notre héros, mais on est frappé par la noirceur du propos.

Harry, contre toute attente s'amourache d'une truande, et va même jusqu'à l'assister dans sa cavale. Une limite vient d'être franchie. Lui, si naïf, si gentil, devient mauvais. Au moment de son mariage, il ne voit qu'une solution pour l'empêcher : tuer sa promise !

Nous sommes bien loin des velléités courageuses de L'Athlète incomplet ou Plein les Bottes.

Certes, Capra déjoue son intention criminelle, mais il n'en reste pas moins qu'il avait cette pulsion mauvaise ! De plus, il faudra une bonne dose de violence et même un bain de sang (!) pour que Harry quitte Bebe et s'en retourne auprès des siens.

Nous sommes loin de l'adolescent attardé que nous connaissons bien avec ce film. La rupture a une cause immédiate : le pantalon. Dès que Harry l'enfile, c'en est terminé du monde protégé de l'enfance. Il tombe dans l'âge adulte avec violence. Le temps de l'innocence est terminé. Il a beau toujours avoir cet air poupin et son visage de clown triste, Harry a grandi, mais pas aussi bien qu'on l'aurait imaginé, voire souhaité.

Il reste tout de même de belles scènes burlesques, comme la rencontre avec Bebe et la démonstration de vélo pour ne citer que celle-ci.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Harry Langdon, #Muet, #Comédie

Deuxième long métrage avec Harry Langdon - Frank Capra est passé du scénario à la réalisation - l'Athlète incomplet donne une meilleure image de Harry Langdon que le faisait le long métrage précédent, Plein les Bottes. [Là encore, il faut passer sur le titre français qui n'est pas du meilleur effet. En effet, le titre original - l'Homme fort - se prête plus à l'intrigue du film parce que cet homme fort n'est pas celui qu'on croit.]

L'intrigue est plus complexe. Elle concerne deux histoires : celle de Paul Bergot (Harry Langdon), et celle de la petite ville de Cloverdale.

Paul Bergot est un soldat sur le front belge. Il reçoit régulièrement des lettres de sa marraine de guerre, Mary Brown (Priscilla Bonner). Fait prisonnier, il est démobilisé et regagne les Etats-Unis avec son ancien ennemi, le grand Zandow (Arthur Thalasso), l'homme le plus fort du monde.

Cloverdale est une petite bourgade américaine plus si tranquille que ça depuis que Mike McDevitt (Robert McKim) - truand notoire et trafiquant d'alcool - a pris en main l'hôtel de ville pour en faire un lieu de spectacle et de débauche. Son ennemi, le Révérend "Holy" Joe Brown (William V. Mong), qui a une fille nommée Mary (tiens, tiens...).

Enfin aux Etats-Unis, Paul recherche Mary, sans succès.

Heureusement le destin veille, et les deux intrigues se rencontrent : le grand Zandow doit se produire à Cloverdale !

Oui, l'homme fort n'est pas celui qu'on croit puisque Zandow, victime du tord-boyau local ne peut assurer son numéro, et c'est Paul qui doit le remplacer au pied levé.

Rassurez-vous, c'est une comédie, tout se terminera bien. Et pourtant, ce n'était pas gagné d'avance.

Avec l'Athlète incomplet, Capra et Langdon nous offrent un film formidable (n'ayons pas peur des mots !). Ce film est de loin meilleur à Plein les Bottes, Capra étant plus à l'aise dans ce format que son prédécesseur.

Et Harry Langdon est tout simplement merveilleux !

Il a le même type de personnage que précédemment : un grand enfant naïf, faible, et un tantinet dans la lune. A cela deux raisons : sa petite taille et son air poupin, dont il joue. Il faut le voir refuser puis se débattre quand Lily (Gertrude Astor) - une fausse Mary Brown - lui fait des avances, ou encore quand il entre dans le studio d'art par inadvertance, alors qu'une femme y pose nue...

Mais sous ses airs de petit homme frêle, se cache un garçon courageux (jusqu'à un certain point).

Avec ce film, on dépasse les limites dans lesquelles Harry Langdon évoluait dans son long métrage précédent. Les gags s'enchaîne avec plus de rythme et plus de recherche. Comme Chaplin ou Keaton, Langdon a un personnage standard : veste un petit peu trop juste, pantalon un tantinet trop long, et surtout, un chapeau abimé, toujours le même. La comparaison avec Chaplin et Keaton n'est pas anodine, comme le dirait mon grand ami, le professeur célèbre Allen John (allez-voir son blog*, si, si !) : Langdon est tout sauf une resucée de ces deux grands artistes, ou encore de Harold Lloyd. Il a son humour et ses manières, qui sont, certes, différents mais valent largement autre chose qu'un entrefilet dans une encyclopédie du cinéma. Il y a beaucoup de pudeur chez Langdon (voir la rencontre avec Mary pour s'en convaincre), mais son humour est aussi ravageur que celui des autres.

Il est grand temps de (re)découvrir cet artiste oublié et dénigré !

* C'est ici :

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Harry Edwards, #Harry Langdon, #Joan Crawford, #Muet, #Comédie

Tramp, ça ne veut pas toujours dire clochard. Ici, c'est le bruit que font les gens qui marchent. Parce que c'est un film de chaussures.

Harry (Langdon) est cordonnier dans la boutique de son père. Mais son père, infirme, ne peut plus payer le loyer. Ils vont devoir partir.

Heureusement, Harry, en bon fils, décide de partir trouver l'argent nécessaire.

Et ça tombe bien, Burton, le numéro un des chaussures américaines organise une course à pieds à travers les Etats-Unis.

Par un quiproquo, Harry fait la connaissance de la (très belle) fille de Burton, Betty (Joan Crawford) : celle qui pose pour les affiches publicitaires (et dont il est amoureux !). Elle l'inscrit à la course, et voilà Harry parti pour quelques milliers de kilomètres de traversée.

Avec ce film, c'est le grand saut pour Harry Langdon. Cantonné à des courts métrages, dirigés essentiellement par Harry Edwards, Langdon se lance dans un premier long métrage, sous les ordres de ce même réalisateur.

Harry Langdon était un acteur comique à part. Il n'avait pas le génie de Keaton ou Chaplin. Mais, malgré tout, il possédait un je-ne-sais-quoi qui le rendait attachant.

Son visage aux grands yeux écarquillés lui confère une allure naïve et faible. Et bien entendu, il est très maladroit. Mais cette maladresse est aussi un atout, puisqu'elle lui permet de se sortir de situations assez embarrassantes (voir la scène du bagne).

C'est aussi cette impression de faiblesse qui séduit Betty Burton et l'encourage à le faire participer à la course. Parce qu'on ne peut résister à son regard de cocker.

Car Harry est un grand enfant. Quand son père lui annonce qu'il n'ont plus d'argent, c'est à son vélo tout d'abord qu'il pense. Puis, lors du vol des myrtilles, qui voit-on débouler, la bouche maculée et le pullover rempli de choses ?

Pas étonnant donc, que le fils de Harry et Betty ressemble à son père comme deux gouttes d'eau !

Ce film est le premier des trois qui vont consacrer Harry Langdon. Mais Harry Edwards, habitué des courts métrages, ne semble pas complètement à son aise dans une longue histoire. Heureusement pour Harry (et aussi pour nous), il laissera la place à Frank Capra pour les deux suivants.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Eugenio Mira, #Thriller
Grand Piano (Eugenio Mira, 2013)

Onze ans après Phone Game, voici un nouveau film qui aurait pu s'intituler la Voix qui tue.

Mais, alors que Phone Game se passait (essentiellement dans une cabine téléphonique, ici, le héros, Tom Selznick (Elijah Wood) est prisonnier d'une scène d'auditorium.

Parce que c'est un grand pianiste. L'un des plus grands qui ait jamais existé, sinon le meilleur. Son problème ? Le trac. Pas le petit malaise récurrent de chaque soir, et qui passe dès les premières mesures. Non. Le grand. Celui qui fait réellement se tromper.

Ca faisait cinq ans qu'il n'a pas joué devant un public. La dernière fois, justement, il s'était planté. Alors ça décourage de recommencer.

Surtout que parmi les œuvres au programme, le morceau casse-gueule de la dernière fois : la Cinquette de Patrick Godureaux, son ancien mentor.

Double motif de tension, donc. Et puisque ce n'est pas suffisant, Tom se retrouve à la merci d'un déséquilibré (c'est comme ça qu'on dit, je crois) qui lui promet de le tuer s'il joue une seule fausse note.

Nous voyons le concert se préparer et arrivons, bien entendu, au moment que nous attendons depuis le début : celui de l'exécution (des œuvres musicales, bien entendu !).

A première vue, il paraît inconcevable qu'un soliste quitte la scène pendant une œuvre. Mais l'habileté du scénario tient dans sa dernière apparition publique qui le tétanise depuis. Le public se dit que la pression est trop forte (etc), mais de toute façon, il revient à temps.

Alors le moment de bravoure arrive, et on comprend les motivations de notre « déséquilibré ».

Parlons de lui, tiens. Jusqu'aux toutes dernières minutes, ce n'est qu'une voix. Celle de John Cusack. Une voix posée, déterminée. Elle est toujours accompagnée d'effets inquiétants pour Tom.

Malgré tout, c'est Elijah Wood qui porte le film. Il est très un pianiste. très convaincant, ne se contentant pas seulement de placer ses mains sur le clavier. D'un autre côté, comme c'est lui qui joue... Ca nous change des acteurs qui ne font que remuer les bras à droite et à gauche puisqu'on ne voit pas leurs mains.

Pour le reste, un huis clos bien mené, même si on aurait préféré voir un peu plus John Cusack - qui pour le coup ne parle plus quand il apparaît ! - les films « à la voix qui tue » ayant cette limite : voir le « déséquilibré », c'est aussi le connaître et en avoir moins peur...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Denis Villeneuve
Prisoners (Denis Villeneuve, 2013)

Les Etats Unis. Les vrais. Pas ceux des grandes villes, submergées de gratte-ciels. Ceux des gens normaux, où il faut travailler pour vivre, où les femmes ne sont pas toutes des top models. Bref, la vraie vie.

 

C'est Thanksgiving. La fête la plus américaine qui soit. On y célèbre la première année de survie des Pères Pèlerins. Bref, l'autre moment incontournable pour tout Américain, après Halloween, et avant Noël.

Cette année, les Dover vont déjeuner chez leurs voisins les Birch pour cette occasion. Ils ont même amené du gibier que le fils Dover a abattu, lors d'une sortie de chasse avec son père Keller (Hugh Jackman). Les Birch sont noirs, les Dover sont blancs. Nous sommes dans un cadre de melting pot très cher à ces mêmes Américains.

Et puis survient le drame : pendant l'après-midi, les deux plus jeunes filles des deux familles disparaissent. Vraisemblablement enlevées par un maniaque conduisant un camping-car.

Alors intervient celui qui ne célébrait pas Thanksgiving, Loki (Jake Gyllenhaal). Le policier.

A partir de là va se développer l'enquête. Ou plutôt les enquêtes. D'un côté Loki, en suivant le code du parfait (?) inspecteur de police, de l'autre, la manière expéditive d'un père de famille dont on a enlevé la fille, aidé par l'autre père : les deux arriveront à la même conclusion.

 

« Encore un film d'enlèvement d'enfant », me direz-vous. Oui. Et non. Car cette fois, le réalisateur (Denis Villeneuve, très inspiré) utilise avec pertinence les ellipses. Il ne s'intéresse qu'à la construction d'une hypothèse et au début de sa réalisation. Quand l'affaire est entendue : fondu au noir, et on passe à autre chose. Nous savons ce qui va se passer, nul besoin de devenir bavard en nous le montrant.

 

L'autre force de ce film est le choix des deux personnages principaux. Hugh Jackman a laissé ses griffes de Wolverine pour nous offrir un père en colère très convaincant. Prêt à tout, et même « préparé » à tout. Il déborde d'humanité. C'est un personnage torturé par cette situation, qui se raccroche à la religion comme à une bouée de sauvetage. C'est certainement ce qui l'empêche de commettre l'irréparable.

 

En face de Jackman, Jack Gyllenhaal campe un policier tout en nuance. Il a toujours conclu positivement ses enquêtes, semble-t-il. Mais cette fois, ça ne se déroule pas comme prévu. Chaque piste se transforme en impasse. Alors ce flic « infaillible » perd patience. Il faut dire que c'est un nerveux. Il ne cesse de cligner des yeux, ces yeux qui deviendront la seule clé vers le salut.

 

Villeneuve nous propose donc un film d'enlèvement d'enfants truffé de fausses pistes. On y retrouve les portraits de tueurs pédophiles qu'on a l'habitude de voir : personnages complexés, attardés intellectuellement, relevant d'un traumatisme infantile (Paul Dano & David Dastmalchian très convaincants !). Mais...

 

Le tout avec en prime un prêtre délinquant sexuel (1) !

 

Au final, un film pas si simple que ça, qui se tient, et nous tient, par conséquent, en haleine de bout en bout... Jusqu'à l'ellipse ultime !

 

          (1) Non, ce n'est pas un pléonasme !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Fincher, #Alien, #Science-Fiction
Alien 3 (David Fincher, 1992)

Ripley (Sigourney Weaver) revient. Les survivants du deuxième épisode sont morts. Elle est seule. Enfin, c'est ce qu'elle croit. La séquence générique nous suggère le contraire.

Elle atterrit sur une planète pénitencier spécialisée dans les criminels « double Y ». Double Y ? Juste une histoire de chromosome : des hommes doublement mâles !

Alors évidemment, pour une femme seule, tous ces hommes...

Mais le temps leur manque : Ripley a amené avec elle un spécimen qui s'est développé et commence à éliminer les prisonniers (et pas seulement eux) les uns après les autres.

 

Nous retrouvons notre chasseuse d'aliens préférée dans une nouvelle aventure. Aux commandes, un débutant : David Fincher. C'est son premier long métrage. Et, ma foi, il s'en sort plutôt bien. Le cahier des charges est respecté :

  • huis clos ;
  • naissance d'un alien ;
  • décès multiples ;
  • chasse à l'intrus
  • victoire de Ripley.

 

Avec un petit plus. Comme toujours. Dans le deuxième, c'était la prolifération des aliens qui devenait un problème. Ici, c'est la contamination de Ripley qui pose problème. Enfin pas pour tout le monde, bicôze la Compagnie (les vrais méchants) veille. Il n'est pas question de laisser Ripley s'en sortir et ruiner leurs efforts dans le domaine de la biotechnologie, voire du bio-armement.

Alors ils envoient un nouvel androïde, celui de l'épisode précédent (Lance Henriksen). Ce n'est pas la seule référence aux épisodes précédents :

  • on rebranche l'androïde ;
  • les appels au monstre sont les mêmes que ceux qui furent envoyés à Jonesy, le chat ("Kitty, kitty...") ;
  • la déclaration finale de Ripley lors du premier épisode est rappelée.

 

Et cette fois-ci, pas d'arme. Pas d'artifice donc pour se débarrasser de cet importun. JUste de la réflexion et une stratégie efficace.

Cette fois-ci, Ripley est femme (c'est bien ce qu'on lui reproche dans cet univers !). Elle a des désirs de femme, surtout un, relatif à son isolement prolongé (!).

Jamais, elle n'a été, ni ne sera autant femme. Cela va de l'assouvissement du désir - la conception (?) - jusqu'à l'accouchement - naissance de l'alien (délivrance ?) - au moment fatidique. Et à ce moment-là, elle a le geste de la mère pour son enfant : elle le garde contre elle.

C'est un geste à double sens : tout d'abord, elle garde son bébé contre elle après sa naissance ; mais surtout, elle le maintient contre elle afin d'être sure de s'en débarrasser.

 

On notera au passage la présence de deux acteurs que j'aime beaucoup : le regretté Pete «

Kobayashi » Postlethwaite, et Charles « Tywin Lannister» Dance.

 

Bonne séance.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Francis Ford Coppola, #Robert de Niro

Décembre 1958. Nous retrouvons la famille Corleone, trois ans après le premier opus. Michael (Al Pacino) est toujours le chef de famille, et il règle toujours ses affaires en faisant des offres qu’on peut difficilement refuser… Michael est toujours en quête de légalité. Il a émigré à Las Vegas, mais rien n’a changé.

Ou plutôt si. Le monde change : bientôt les Barbudos prendront le pouvoir à Cuba, et aux Etats-Unis, Kennedy sera élu. Une nouvelle ère s’ouvre. Alors Michael s’associe avec un grand ponte : Hyman Roth (Lee Strasberg). Mais Roth est un adversaire coriace, et Michael sera à deux doigts de tomber.

Parallèlement, nous assistons à l’avènement de Vito Corleone, de son départ précipité de Sicile (en 1901), à ses débuts de protecteur de quartier (dans les années 1920). Nous voyons apparaître successivement Santino, Fredo, Michael et bien entendu Connie, les enfants de Vito, ainsi que Clemenza et Tessio, les futurs hommes de main du « Parrain ».

 

Ce deuxième épisode de la saga Corleone est magnifique. Il se base sur quelques chapitres du livre, écartés dans le premier film. Coppola recrée sous nos yeux Little Italy en 1917. C’est magique. Il ne manque que le linge entre deux immeubles ! Pour le reste, Vito (Robert de Niro impeccable), suivant les pas de son père met en place sa stratégie que tout le monde connaît : « je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser. » Le personnage de Vito est de plus riche de sentiments. La famille est quelque chose d’important pour lui, comme l’honneur et le devoir. Il faut le voir s’inquiéter de la santé de Fredo pour le comprendre.

 

Ce parallèle est important pour la saga : elle détermine deux instants cruciaux de la famille Corleone : l’avènement de Vito d’une part, l’évolution de la famille vers une ère nouvelle d’autre part. Mais c’est sans conteste la partie retro que l’on préfère. Elle est superbement reconstituée. Il paraît évident qu’elle inspirera Sergio Leone pour Il était une fois en Amérique, qui, en plus, utilisera le même acteur.

On ne peut que regretter la mort de Mario Puzo alors que lui et Coppola avaient en projet la période intermédiaire : comment Vito est devenu chef d’une grande famille de New York. C’est comme ça.

 

Pour le reste, c’est du grand Coppola. Nous avons l’incontournable montage parallèle final, qui, là encore, permettra à Michael de solder ses comptes et son passé. Mais c’est aussi l’heure de la solitude : Kay va le quitter, sa mère et Fredo vont mourir. Il ne restera plus que lui et Connie.

La scène de l’anniversaire de Vito de 1941 (on parle de l’attaque de Pearl Harbour) est assez caractéristique du film : les enfants attendent leur père pour lui faire une surprise. Mais, rapidement, la situation va s’envenimer et Michael se retrouvera (déjà) seul. Cette solitude s’installe inexorablement, et atteindra son point d’orgue dans le troisième volet.

 

Pour l’heure, nous assistons à l’évolution du monde de Michael, en bien comme en mal. Cet épisode est aussi beaucoup plus marqué que le précédent : plusieurs indices temporels nous permettent de nous repérer dans l’histoire. Alors que dans le premier épisode, on savait que le film commençait juste après la deuxième guerre mondiale, nous avons ici des références plus tangibles de l’époque : la prise de pouvoir par Fidel Castro à Cuba, des références à l’administration d’Eisenhower. Pour la partie passé, les dates sont carrément inscrites et nous permettent de nous plonger dans le temps.

 

On dit souvent que la suite d’un film est toujours mineure. Cela ne s’applique pas pour ce film. ON reste dans une intrigue solide, avec des acteurs justes et efficaces. La présence de Mario Puzo – l’auteur du livre – est pour quelque chose. Il est clair que Coppola et lui ont fait un travail remarquable.

 

Mais trêve d’éloges : regardez-le !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel & Ethan Coen, #Comédie, #George Clooney

Hollywood, années cinquante : péplum, comédie musicale ou de mœurs, western chantant, et au milieu de tout cela, Eddie Mannix (Josh Brolin).

Eddie Mannix, catholique pratiquant, ment à sa femme : il n’a pas vraiment arrêté de fumer !

Par contre, il n’arrête pas non plus de régler les problèmes du studio : une mère célibataire, un acteur-cowboy bombardé dans une comédie de mœurs raffinée, un péplum religieux qui ne doit pas heurter les consciences… Et, parce que ce n’est pas tout, il doit prendre une grande décision sur son avenir : rester au studio et en baver ou accepter un petit job pépère chez Lockheed.

Comme si cela ne suffisait pas, son acteur vedette, Baird Whitlock (George Clooney), est enlevé par une cellule communiste des auteurs de cinéma.

 

Bien entendu, cette histoire est improbable, voire un simple prétexte. Même si Eddie Mannix a réellement existé, c’est essentiellement la reconstitution qui prime avant tout. Et là, les frères Coen n’ont pas fait dans la demi-mesure. C’est un hommage constant à Hollywood, et même mieux, au chant du cygne de l’âge d’or du cinéma, car les années soixante vont faire exploser le cinéma tel qu’on le connaissait alors.

 

Alors on savoure avec beaucoup de gourmandise. On est obligé de penser à Ben Hur, quand on voit George Clooney en Romain rencontre Jésus ; on se souvient de Un Jour à New York quand on admire Channing Tatum danser ; ou encore n’importe quel film avec Esther Williams, quand Scarlett Johansson apparaît en sirène… Bref, nous assistons à une mise en abîme merveilleuse.

Et puis on s’amuse de ce petit monde : Laurence Laurentz (Ralph Fiennes, formidable) essaye d’apprendre à Hobie Doyle (Alden Ehrenreich, plouc à souhait) à parler ; les sœurs Thora & Thessaly Thacker (Tilda Swinton, magnifique) à la recherche d’un scoop plus ou moins croustillant ; et bien entendu Baird Whitlock, le personnage d’abruti réservé à George Clooney, comme d’habitude chez les frères Coen, etc*...

 

Alors, préparez-vous à un voyage dans le temps fabuleux, quand fumer était autorisé, les mères célibataires un véritable scandale et le communisme une menace extrêmement sérieuse !

 

* On retrouve même le couple ennemi Clancy Brown/Christophe Lambert de Highlander : cherchez bien, ils sont tous les deux là !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lon Chaney, #Muet, #Drame

D’un côté les bons : Consuelo (Norma Shearer) et Bazeno (John Gilbert). De l’autre les méchants : Le baron Regnard (Marc McDermott) et le comte Mancini (Tully Marshall).

Au milieu : Paul Beaumont (Lon Chaney) – celui qui se fait gifler (d’où le titre original).

Paul Beaumont est un anthropologue de génie. Il vient de mettre au point sa théorie de l’espèce. Mais il est doublé par son mécène, le baron Regnard, qui en plus de lui piquer sa découverte, lui prend dans la foulée sa femme, le laissant ridicule et ridiculisé aux yeux du monde scientifique (giflé en public).

Alors, comme il a fait rire les savants en étant giflé, il trouve sa nouvelle voie : il fera rire en prenant des claques.

Rapidement, il devient la coqueluche du cirque parisien. Les gens se déplacent en masse pour le voir déguster.

Dans ce cirque, il y a aussi le beau Bezano. C’est un cavalier accompli et un redresseur de torts à l’occasion. Mais quand Consuelo, fille du comte Mancini, se propose pour l’accompagner dans son numéro, il ne tergiverse pas. Que ne ferait-on pour les (très) beaux yeux de Norma Shearer ? [Ce qui prouve qu’il arrivait à Irving Thalberg d’avoir du goût…]

Mais les hommes étant ce qu’ils sont, le comte Mancini un aristocrate désargenté, le baron Regnard plein aux as, et Consuelo un cœur à prendre (semble-t-il…), les deux méchants s’arrangent… Mais « Celui qui se fait gifler » veille…

Victor Sjöström, recruté par Mayer suite au succès de ses films suédois, signe ici un film tout en nuance, comme il sait le faire. Il a à sa disposition un trio vedette – même si Norma Shearer n’est encore qu’une actrice de seconde zone. Elle a un potentiel et le montre. Et surtout, elle a de très beaux yeux. Mais si John Gilbert est un jeune premier comme il faut, c’est, bien entendu (encore), Lon Chaney qui porte le film. Pas de déformation, pas de rôle de grand méchant. Non. Un rôle de personnage humilié qui cherche la rédemption : d’une certaine façon, ce personnage annonce Letty dans Le Vent.

Mais Lon Chaney, s’il n’a pas à se déformer ou s’affubler d’un maquillage qui enlaidit, possède ce jeu de regards qui font tout son talent. Il est difficile à un partenaire, aussi talentueux soit-il, de s’imposer devant un tel monstre. C’est pourquoi les deux autres protagonistes qui tirent leur épingle du jeu sont les deux affreux : Regnard, un magnifique salaud sans scrupule, et Mancini, un fourbe vénal. Devant eux, Chaney déroule.

Mais ce qu’on retient surtout de ce film, ce sont les quelques moments d’intimité. Si le cirque ne vit que pour et par le public, les artistes ont besoin de calme et de solitude. Il faut voir Lon Chaney ramasser son cœur en tissus rembourré, au milieu de la piste, son visage restant éclairé dans l’obscurité pour apprécier pleinement ces moments intimistes. Le raccommodage du costume par Consuelo amène aussi un grand moment d’émotion pour le clown… Et puis l’insouciance des amoureux, échafaudant leur bonheur pendant que les deux crapules scellent le destin de la jeune fille, dans un montage parallèle mémorable…

Et puis il y a les surimpressions que n’aurait pas renié Fritz Lang…

Un très beau film, où deux maîtres se rencontrent : Sjöström, le Cinéaste, et Chaney, l’Acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Colleen Moore, #Alfred E. Green, #Muet, #Comédie

Ella (Colleen Moore) vit à Roseville, petite ville du Colorado. Elle habite avec sa belle-mère (Vera Lewis) – on dit aussi marâtre – et les deux filles de cette dernière : Lotta (Doris Baker) et Pressie (Emily Gerdes).

Hélas, Ella n’est que la servante de ces trois personnes, sa belle-mère ayant définitivement épuisé son père…

Mais heureusement, il y a Waite Lifter (Lloyd Hughes), le livreur de glace, son (bon) ami.

Un jour, un concours de beauté a lieu à Roseville. La lauréate se verra attribuer, en plus d’une récompense substantielle, une chance de tourner à Hollywood !

C’est à l’issue du bal que sera décerné le prix.

Ella décide de participer. Et bien entendu, elle l’emporte.

Ca vous rappelle quelque chose ? Normal. En anglais, Cendrillon se dit « Cinderella ». Et tous les ingrédients du conte (de Perrault ou des frères Grimm, ça dépend de votre nationalité) sont là : Ella qui fait le ménage, le bal, le prince charmant… Et même la chaussure qu’elle perd !)

Et ce que vit Ella Cinders ressemble fortement à un conte de fée.

Sauf que…

Sauf que le film est essentiellement basé sur des malentendus :

  • C’est un malentendu qui fait qu’elle gagne le concours ;
  • A son arrivée à Hollywood, ce n’est pas elle qui est attendue ;
  • Waite Lifter n’est pas celui qu’on croit ;
  • Quand Waite retrouve Ella, il se méprend sur son compte…

Le film fourmille de situations qui ne sont pas ce qu’elles montrent. Et c’est bien normal, nous sommes au cinéma. Tout n’est qu’illusion.

Au-delà de cette mise en abime très réussie, Alfred E. Green aborde un aspect peu développé de l’industrie du cinéma : les jeunes femmes qui débarquent de leur campagne pour réussir au cinéma. Ici, le sujet est traité avec beaucoup d’humour, mais on ne peut s’empêcher de rire jaune parfois. La situation d’Ella étant des plus catastrophiques à son arrivée dans la nouvelle Babylone : les organisateurs du concours étant des escrocs, elle se retrouve sans rien. On lui conseille même de retourner d’où elle vient. Mais elle refuse, préférant vivoter en attendant de trouver son graal, un engagement.

Mais nous sommes dans une comédie et tout se terminera bien.

Quoi que…

Je vous laisse juge de cette fin que je trouve en demi-teinte.

Le film repose sur les (frêles ?) épaules de Colleen Moore. Elle était l’une des flappers les plus en vue. Et on ne peut s’empêcher de penser à Olive Thomas dans le film éponyme, tant Ella partage le côté mi-ingénue/mi-délurée de son personnage. Mais Colleen Moore va encore plus loin dans le ridicule des situations. Il faut la voir s’entraîner aux exercices oculaires ou participer malgré elles aux situations de tournages qu’elle considère véridiques. Elle rencontre même Harry Langdon – autre vedette de la 1st National Pictures – sans le reconnaître, ce qui le met un tantinet mal à l’aise, mais ne l’empêche pas d’aider cette jeune fille aux abois, la transformant en table !

C’est aussi une comédie sur le cinéma – comme plus tard Show People de King Vidor, dévoilant au spectateur comment sont tournées les séquences, en studio ou en plein air. L’irruption d’un train en plein milieu du tournage étant caractéristique de l’activité hollywoodienne : le metteur en scène (à casquette, bien entendu) ne se formalise pas tant que ça de cette interruption, persuadé d’avoir fait le nécessaire pour ne pas être dérangé.

Mais ce qui ressort le plus de tout ceci, c’est la volonté évidente du metteur en scène de nous égarer dans certaines situations, révélant au dernier moment – par travelling arrière, entre autres – que ce que nous avons vu n’était pas vrai, juste une scène de tournage : un film dans le film.

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