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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Cronenberg
EXistenZ (David Cronenberg, 1999)

EXistenZ est un jeu vidéo mis au point par Allegra Geller (Jennifer Jason-Leigh). Mais attention, il s’agit d’un jeu sans aucun équivalent. Car, non seulement on joue, mais en plus, on vit ce jeu. Mais dès la séance de démonstration, les choses s’emballent et on essaie de tuer Allegra. En fuite avec son garde du corps Ted Pikul (Jude Law), elle décide de tester son jeu avec lui afin de voir s’il n’a pas été détraqué par les événements violents de la soirée.

 

Il s‘agit avant tout d’un film sur les dérives du numérique et de leur impact sur la vraie vie. En effet, nous passons constamment de la vie réelle à une réalité virtuelle où finalement, ces deux univers sont très proches l’un de l’autre, amenant des questions existentielles incontournables : suis ce que je pense être ou suis-je le personnage d’un jeu dirigé par une entité autre, bien qu’elle me ressemble.

Et bien entendu, David Cronenberg nous balade d’une réalité à l’autre sans nous prévenir, laissant ça et là des indices pour nous aider ainsi que ses personnages. Parce que nous sommes dans la même situation que ces derniers. On a du mal à cerner l’univers dans lequel ils évoluent, cherchant des indices afin de rationaliser les images.

 

Et c’est là qu’est la virtuosité de Cronenberg : nous emmener quelque part, nous aider à découvrir, puis nous décontenancer. A un moment, on ne sait plus où on est et on en arrive à douter de ce que nous voyons. Et si Allegra semble familière de ce monde virtuel, il n’en va pas de même de Pikul, toujours préoccuper par sa propre identité. Et pour cela, c’est à lui que nous nous identifions : Allegra a toujours une longueur d’avance dans cet univers.

 

Avec ce film, David Cronenberg tourne une page. En effet, dans les films suivants, il va se mettre à aborder des réalités plus tangibles que dans ses films précédents : il y a chez lui un souci de déformer la réalité, mélanger les mondes afin d’en faire des univers plutôt cauchemardesques (Videodrome, Scanners), mais tout de même distincts de notre réalité.
Mais ici, nous assistons à un aboutissement de cette dualité : sous prétexte de jeu vidéo virtuel, il repousse indéfiniment la frontière entre le réel et ce qui ne l’est pas.

De plus, il y a dans ce jeu vidéo un élément malsain, soutenu par la musique inquiétante de Howard Shore.

D’où vient le malaise ? Du « pod », un élément duel indispensable pour le jeu : c’est un composé hybride et organique qui tient lieu de console de jeu ainsi que de manette. Son aspect mou et rose le rapproche de l’humain, rappelant l’embryon. Et cette analogie est renforcée par les cordons utilisés pour se connecter : ils ont un aspect de cordons ombilicaux reliés à une matrice. Et pour Allegra, ce pod n’est rien d’autre que son enfant, qu’elle traite comme une mère en lui portant toute son attention et en le protégeant des agressions extérieurs.

 

Il y a un cousinage étonnant avec le Matrix des frères/sœurs Wachowski (sorti la même année, un mois plus tard) : en effet, ces deux films de la dualité entre les mondes réel et virtuel. Mais si les Wachowski partent du point de vue que la réalité est celle de la matrice et non celle qu’on vit quotidiennement, Cronenberg est plus ambigu, voire subtile : jamais il ne dit quelle est la réalité, permettant au spectateur une empathie plus forte pour son héros Pikul, puis, malgré tout, pour Allegra qui voit la situation lui échapper de plus en plus.

 

Et puis il y a les autres personnages, ceux que les héros rencontrent afin d’avancer dans le jeu. Adjuvants ou opposants, ils se meuvent dans le jeu comme des zombis, attendant patiemment un mouvement ou une phrase des héros pour agir ou parler. On assiste alors à des situations un tantinet comiques où ces personnages attendent, faisant toujours la même action pour patienter. C’est un des éléments qui nous permet d’identifier le monde dans le quel on se trouve.

Mais si c’était aussi évident que cela, le film ne serait pas aussi intéressant…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Schwentke, #Comédie, #Morgan Freeman
RED (Robert Schwentke, 2010)

Frank Moses (Bruce Willis, 55 ans) vit seul dans une grande maison alors que noël approche. Frank est retraité, et il passe son temps à lire des romans d’espionnage et regarder un noyau d’avocat germer.

Mais en cette période de noël, son ancien service a décidé de lui offrir un petit cadeau : le radier définitivement des fichiers.

Après en avoir réchappé, Frank décide de revoir ses anciens collègues de travail : ceux qu’il fréquentait quand il travaillait pour la CIA, avant la disparition du rideau de fer…

 

Nous faisons donc la connaissance de ceux qui, une vingtaine d’années auparavant (avant 1989, quoi), étaient employés par les différents service de contre-espionnage. Enfin bref : c’était des agents secrets.
Aux côtés de Frank, on retrouve Joe Matheson (Morgan Freeman, 73 ans) et Marvin Boggs (John Malkovich, 57 ans) pour la CIA, Victoria (Helen Mirren, 65 ans) pour le MI6, et Ivan Simonov (Brian Cox, 64 ans) pour le KGB. Bref des représentants des trois grands services secrets mondiaux d’avant.

C’est sûr, depuis la fin des régimes communistes, ces braves gens ont été un tantinet oubliés. Mais pas assez tout de même, puis que quelqu’un essaie de se débarrasser de Frank.

 

Nous sommes dans un film d’espionnage tout ce qu’il y a de conventionnel. A une exception près : les véritables vedettes sont âgées. Nous pénétrons alors dans un univers peu exploité au cinéma : la vieillesse de ces gens-là. Il faut dire qu’habituellement, leur espérance de vie est assez limitée voire réduite d’heure en heure.
Et ces vieilles gloires n’ont absolument rien perdu de leurs réflexes, compliquant une opération qui se voulait tout à fait normale, voire banale : éliminer des témoins gênants. Rien que de très naturel dans ce genre de milieu.


Mais c’est justement la présence de ces vieilles gloires qui fait tout le charme du film, le rendant bien improbable, mais tellement savoureux. En face de ces papis et mamie, on trouve une jeune garde, représentée par Cynthia Wilkes (Rebecca Pidgeon), directrice de service aux dents longues, et sous ses ordres William Cooper (Karl Urban), un jeune agent très talentueux dans le domaine des falsifications. Un genre de Frank Moses en plus jeune.

Et bien entendu, Robert Schwentke joue de cette différence d’âge, reprenant le sempiternel thème de lutte intergénérationnelle, où les jeunes ont tendance à pousser un peu trop vite les cartes vermeilles à la casse…

 

Et au milieu de tout ce beau monde : Sarah (Mary-Louise Parker), conseillère au fonds de pension qui ne connaissait Frank que parce qu’elle gérait son dossier…


Alors on s’amuse beaucoup. Il faut dire que parmi nos vieux  papis, on trouve un John Malkovich formidable : un agent à qui on a fait ingérer quotidiennement une dose de LSD a forcément des séquelles.
Mais cette aventure sous fond d’espionnage est avant tout une visite guidée des Etats-Unis : en effet, à chaque nouvelle ville traversée par Frank, on a droit à une carte postale en ouverture. Bien entendu, ce ne sont pas les sites les plus célèbres que nous visitons. Ce serait plutôt un circuit touristique des coulisses de la diplomatie mondiale : on fait un tour à Langley dans les locaux pas très accueillants de la Cia ; on pénètre l’ambassade de Russie… Bref, on voit ce que l’on veut d’habitude nous cacher.

 

Malgré tout, ces gens ont une vie : Frank aime Sarah et Sarah n’est finalement pas indifférente à ce grand chauve au gros pistolet ; Ivan aime Victoria, mais comme c’était la guerre froide, ils ne pouvaient pas trop se fréquenter ; et Marvin aime son cochon (si vous n’avez pas vu le film, vous ne pouvez pas comprendre.


Et entre toutes ces vieilles canailles s’installe un climat de tendresse teintée de nostalgie qui n’est pas pour déplaire.

 

C’est bien connu : c’était mieux avant.

 

 

 

PS : R-E-D = Retraité et Extrêmement Dangereux. Heureusement que cet acronyme convient au français, sinon, on se demande bien à quel titre nous aurions eu droit.

 

PPS: En prime, parmi les vielles gloires, on a le plaisir de retrouver Richard Dreyfuss (63 ans) et, dans un de ses derniers rôles, Ernest Borgnine (93 ans), gardien d’un service d’archives hautement confidentielles, et qui, bien entendu, n’existe pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Ritchie, #Sherlock Holmes
Sherlock Holmes (Guy Ritchie, 2009)

Une loupe.

Une pipe.

Un violon.

Sherlock Holmes est de retour au cinéma.


Après John Barrymore, Basil Rathbone ou encore Robert Stephens (pour ne citer qu’eux), c’est Robert Downey Jr. qui reprend le rôle du détective le plus célèbre. Et en plus, il nous gratifie d’une interprétation somptueuse. Il faut dire qu’il est bien entouré : avec Rachel McAdams (Irene Adler) et Jude Law (John Watson),  ils composent un trio qui donne un sacré coup de jeune aux aventures du héros de Sir Arthur Conan Doyle.

 

Parce que Guy Ritchie – britannique, cela va de soi – réussit à redonner vie à ce personnage mythique en reprenant un peu l’esprit des livres de Sir Arthur.

Certes, nous sommes en pleine ère victorienne (Le Tower Bridge ayant été mis en service en 1894, on peut dater la période aux alentours de 1890), mais malgré tout, Holmes est un personnage moderne qui ne répugne pas à utiliser ses poings pour réussir.

Alors que Basil Rathbone a amené le côté flegmatique du personnage qu’on lui connaît, ici, on brise les standards et on fait de Holmes un homme jeune, loin d’être coincé, mais l’esprit toujours aiguisé. Et puis, de toute façon, Downey étant américain, il partait avec un désavantage sur Rathbone, britannique s’il en fut.

L’autre bonne surprise, c’est Watson. Là, pas de problème, c’est un autre véritable britannique : Jude Law.

Makis alors que Watson nous apparaît comme un médecin bien pépère, un tantinet bedonnant et au flegme légendaire, nous avons la surprise de découvrir un docteur flegmatique certes, mais absolument pas sur le modèle attendu.

Watson est encore un jeune docteur, mais jouit tout de même d’une bonne réputation.

 

Il y a un autre détail étonnant : Watson quitte le 221B, Baker Street, pour un nouveau logement en vue d’un mariage ultérieur.

Oui, Watson quitte Holmes. Pour une femme. Et cette rupture, même si elle est programmée et autant que faire se peut effective, n’en revient pas moins souvent dans les rapports entre les deux amis. Il y aurait une dose d’homosexualité – latente – que je n’en serais pas surpris. Les producteurs non plus puisqu’ils ont de mandé  Guy Ritchie de cesser les insinuations s’il voulait pouvoir tourner une suite.

Il est clair que le lien entre Holmes et Watson est plus fort que dans certaines versions précédentes. Mais il n’en demeure pas moins que ce lien, malgré ce mariage imminent, ne pourra jamais être sectionné. Il ne peut y avoir de Holmes sans Watson : pour sa patience, pour son esprit plus pragmatique, et surtout pour son indispensable aide dans les enquêtes.


Et là encore, Watson nous montre que dans les grandes écoles anglaises, on ne fait pas qu’étudier la médecine. Les sports y sont pratiqués (combat, tir…) et se révèlent nécessaires dans ces nouvelles aventures du duo.

Mais si le flegme a quitté Holmes, il n’en va pas de même pour Watson, toujours impeccable, même dans les coups durs.

Mais la présence de femmes autour de nos deux gentlemen donne aussi un caractère authentique à leurs aventures. En effet, Watson aime une femme et compte bien l’épouser, malgré les critiques et stratagèmes de Holmes pour le discréditer auprès de sa bien-aimée.

Mais si Watson est amoureux, on peut en dire de même de Holmes, épris fébrilement de la belle Irène, mais n’avouant jamais qu’il en va ainsi, gardant enfouis en lui ses sentiments pour la belle aventurière : on est britannique ou on ne l’est pas.

Alors on suit avec beaucoup de jubilation cette histoire de Britanniques dans une époque hautement caractéristique et si propice au cinéma. Londres retrouve son lustre de la deuxième moitié du XIXème siècle sans pour autant faire oublier ses quartiers louches des bords de la Tamise.
 

Alors Ritchie déroule. Ca s’enchaîne dans un rythme effréné certes, mais ponctué de cet humour britannique cher au réalisateur. De plus, les dialogues rythment souvent l’action (à moins que ce soit le contraire), donnant encore plus de force à cet humour très particulier, mais tellement bon.

 

Bref, une belle réussite, n’est-elle pas ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Robert Wiene
Les Mains d'Orlac (Orlacs Hände - Robert Wiene, 1924)

Paul Orlac (Conrad Veidt) est un pianiste de renommée mondiale. A la fin d’une tournée, il rentre retrouver Yvonne (Alexandra Sorina), sa femme. Dans le train qui le ramène il pense à la douceur de ses cheveux, à la chaleur de son corps…

Mais le train a un accident et Paul perd ses mains.

Mais le docteur Serral (Hans Homma) est un génie doublé d’un artiste : il greffe une nouvelle paire de mains au malheureux Orlac.

Tout irait bien si ces mains n’étaient pas celle de Vasseur, un criminel qui vient d’être guillotiné.

 

C’est une histoire fantastique, et dans tous les sens du terme. Mais le seul bémol que je donnerai – et qui n’est pas si anodin que ça – c’est que c’est Robert Wiene qui a réalisé le film.

Wiene a montré son talent dans Le Cabinet du Dr Caligari, mais on sent qu’il atteint ses limites avec ce genre d’histoire : l’accident de train n’en finit pas, et à part pour une séquence, c’est Conrad Veidt qui, par l’étendue de son talent, démontre le mieux la torture et le tourment que vit Orlac. C’est un Fritz Lang ou un Alfred Hitchcock qui auraient pu rendre cette histoire grandiose. Alors contre mauvaise fortune, faisons tout de même bon cœur : la performance de Veidt est l’une de ses plus belles, avec celle de Cesare (déjà Conrad Veidt dans Caligari).
Il est un Orlac extrêmement convaincant, souffrant les mille et un tourments d’une situation qui lui échappe.

A l’instar de Cesare, Orlac est prisonnier de l’emprise qu’ont ses nouvelles mains sur lui. Il ne se contrôle pas toujours, et quand un nouvel assassinat a lieu et que ce sont les empreintes de Vasseur qu’on retrouve, sa raison vacille.

Bref, nous sommes dans un film où la folie rôde à chaque coin de rue (sombre).

 

Mais au-delà de cette histoire de mains criminelles, c’est – encore une fois – la prémonition si chère à Siegfried Kracauer* qui s’expose devant nos yeux : comment ne pas penser, plus de soixante-dix ans après l’expérience nazie, que ces mains qui contrôlent un homme et le dénaturent ne sont pas une représentation de cette main de fer qui s’installera moins de dix ans après la sortie du film. Ces mains qui annihilent la volonté trouvent leur écho dans le système politique hitlérien d’endoctrinement.

Bref, nous sommes bel et bien dans un film allemand.


Mais Orlac, c’est aussi une histoire de solitudes :

  • solitude d’Orlac, assujetti à ses mains, incapable de retrouver l’inspiration qui lui permettait d’exécuter de magnifiques oeuvres pour piano. La seule manière qu’il a de retrouver son inspiration perdue, c’est d’écouter des enregistrements qu'il en fit avant ;
  • Solitude d’Yvonne, délaissée par son mari qui n’ose plus la toucher, et relancée par des créanciers intransigeants ;
  • Solitude enfin du père d’Orlac (Fritz Strassny), misanthrope apparent, refusant de revoir son fils, et encore moins de l’aider.

 

Mais même si Wiene n’est pas Lang ou Murnau, son adaptation reste tout de même intéressante, les acteurs (surtout Veidt et Fritz Kortner dans le rôle de Nera) donnant une grande dimension à cette histoire pourtant improbable (jusqu’à la résolution finale, bien sûr).

 

Lang et Hitchcock ne tourneront pas cette histoire. Mais Karl Freund (opérateur et donc magicien allemand) s’y attellera avec en vedette un autre Allemand : Peter « M le Maudit » Lorre.

 

Mais ceci est une autre histoire, ou plutôt non : un autre film !

 

 

           * De Caligari à Hitler : une histoire psychologique du cinéma allemand, l’Age d’Homme, 1973

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Paul Greengrass, #Jason Bourne
Jason Bourne (Paul Greengrass, 2016)

Jason Bourne V : le retour.


Oui, Il revient. Et il n’est pas content. De toute façon, il n’est pas souvent content : il n’a pas le temps. Depuis le début de la saga, on ne lui a connu qu’un moment de répit : de la fin du premier film au début du second.

Et cette fois encore, il est aux prises avec la CIA et ses dinosaures, Bob Dewey (Tommy Lee Jones) en tête.

Mais si Jason revient, beaucoup de choses ont changé : il a vieilli. Tous ont vieilli : Dewey, bien sûr, mais aussi Nicky (Julia Stiles), et donc Jason.

Mais si tous sont plus vieux, on découvre une nouvelle recrue de la CIA : Heather Lee (Alicia Vikander). Elle est jeune, belle, a les dents longues et est beaucoup plus en phase avec l’époque moderne.

 

On repart pour 123 minutes d’action haletante, de poursuites en voitures hallucinantes et de manœuvres douteuses de l’Agence.

Bref, Matt Damon et Paul Greengrass (condition sine qua non de la présence de l’acteur) sont de retour.

Près de quinze ans ont passé depuis le premier opus, mais Bourne n’a rien perdu de son ingéniosité. Ni de son savoir faire au combat. Alors ça castagne, ça tire dans tous les sens, avec toujours le même refrain : arrêter Bourne. Ou au moins le faire rentrer dans le rang.

C’est vrai que le film est spectaculaire, mais à force, cela devient un tantinet routinier, voire lassant. On pourrait, dans une certaine mesure, comparer Bourne à Bond. Mais, d’une part, Bourne est américain, alors que Bond est anglais. Et d’autre part, il y a un humour chez Bond qu’on ne trouve nulle part chez Bourne. Et c’est peut-être pour ça que finalement, on se détache de plus en plus du personnage. La ritournelle « la CIA est pourrie de l’intérieur » a donné de belles choses auparavant (dans les années 1970 notamment). Mais ici, le propos dénonciateur (s’il existe vraiment) est noyé dans une déferlante d’effets à couper le souffle.
 

Dommage.

 

Et si on avait arrêté le film deux minutes plus tôt, juste avant de revenir à Washington ?

 

Là encore, dommage.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Drame, #Steven Spielberg
La Guerre des mondes (War of the Worlds - Steven Spielberg, 2005)

En souvenir de Maurice Pavageau, professeur de français qui me fit découvrir le roman de Wells et n’a pas pu découvrir ce film merveilleux.

 

 

Un narrateur (Morgan Freeman) au début et à la fin.

D’immenses tripodes.

Un rayon de la mort.

Des armées impuissantes.

Une fuite éperdue.

Et au milieu de tout ça, Ray (Tom Cruise), et ses enfants : Rachel (Dakota Fanning) et Robbie (Justin Chatwin).

 

Nous sommes dans La Guerre des mondes, le roman de Herbert George Wells (1898). Il ne manque que le mystérieux cylindre, prélude à la prise de conscience du narrateur et des autres.

Même Ogilvy (Tim Robbins) est là. Mais ce n’est plus un astronome, mais un personnage qui rappelle l’Artilleur rencontré par le héros et narrateur du livre. Et Spielberg n’a changé qu’un tout petit détail dans sa narration : XXIème siècle plutôt que XXème. Logique, s’il voulait insérer cette histoire dans le monde réel, tout comme l’avait fait Wells pour anticiper le siècle à venir.


Mais le film, même s’il respecte beaucoup le livre est avant tout un film de Spielberg. Je rejoins mon ami le professeur Allen John quand il dit que c’est le troisième volet des aventures extraterrestres de Spielberg, après Rencontres du troisième Type et E.T. En effet, nous retrouvons certaines similitudes quant à des personnages ou des situations. Mais si les deux premiers films traitaient d’un rapprochement intergalactique, ici, nous assistons, comme le dit Ogilvy, à une extermination. Pas étonnant alors que certains aient vu un rapprochement avec l’extermination des Juifs par les nazis. De plus, cette extermination nous renvoie à un autre film de Spielberg : La Liste de Schindler.

En effet, l’atomisation des corps transformés en cendre rappelle la drôle de neige qui tombe autour du camp. Quant aux vêtements qui s’envolent au gré du vent, ils nous rappellent les monceaux d’habits entassés dont les propriétaires ont disparu, victimes de ces mêmes nazis.

 

Et puis il y a Ray. Ray est un personnage de Spielberg d’un bout à l’autre : c’est un grand enfant qui n’assume absolument pas sa paternité. Séparé de sa femme qui a refait sa vie et attend un enfant, il stagne dans son boulot de grutier, récupérant ses enfants un week-end sur deux. Pour lui, le début des phénomènes est avant tout quelque chose de cool, voire d’amusant. Il y a évidemment une parenté entre lui et Roy Neary (de Rencontres), et pas seulement dans la proximité de leurs prénoms. Tous deux sont des ados attardés et plus intéressés par le bricolage que la vie de famille. Roy répare les jouets, Ray les moteurs. Mais aucun des ceux ne connaît ni ne s’intéresse à ses enfants.

Et tout comme pour Roy, la situation va faire évoluer Ray. Il va véritablement, et pour la première fois devenir parent. [NB : Roy ne devient pas parent, mais son attitude évolue beaucoup tout de même : il assume ses choix et devient (enfin) un adulte]

 

Pour Ray, la transformation ne va pas se faire tout de suite, mais dès que le processus est engagé (soudainement, abruptement), il n’y aura plus de retour possible, ni d’ailleurs souhaitable (pour lui).

Le déclenchement : la volonté de Robbie de s’engager dans la lutte contre ces créatures d’un autre monde (jamais dénommées Martiens, par ailleurs). Il y a dans la prise de position de Robbie et la prise de conscience de Ray un rapport de cause à effet sérieux : c’est parce qu’il laisse Robbie partir, qu’il prend enfin conscience de sa responsabilité de père. Qu’il prend conscience aussi de tout l’amour pour ce fils qui s’en va. Car laisser Robbie partir est avant tout une grande preuve d’amour : quand on aime quelqu’un, on respecte ses choix, même si ce ne sont pas les siens.

Ensuite, tout s’enchaîne logiquement jusqu’au dénouement final : la destruction totale des envahisseurs et la dernière intervention du narrateur pour nous expliquer le fin mot de l’histoire.

 

Et dans les presque deux heures qui séparent les deux lectures de Morgan Freeman, nous assistons à une mise en scène et des effets spéciaux époustouflants. ON a beau savoir que tout est presque numérique (j’exagère, je sais), on est bluffé par ce qu’on voit. La scène d’introduction enchaîne fondus et travelling arrière avec maestria, conservant des éléments d’un plan à l’autre, passant de l’infiniment petit à l’infiniment grand avec fluidité. Tout bonnement magique.

Après ce sont des scènes spectaculaires (euphémisme) de destruction et de ravage extraordinaires. Bref, du très grand art : ces scènes intenses tranchent avec des moments de calme où le merveilleux côtoie l’horreur. On pense à Rachel regardant les miroitements de l’eau qui se met alors à charrier des cadavres. Et le summum du merveilleux est atteint lors de l’attaque de l’armée américaine contre les tripodes : c’est un déluge de lumières et de fumée pour décrire alors une bataille extrêmement meurtrière, (tout est extrême dans ce film, ou presque) surtout pour les Terriens.

 

Une superbe adaptation, qui, comme toutes les adaptations, prend des libertés avec l’œuvre originale, mais ce sont aussi ces libertés qui font de ce film un chef-d’œuvre, éclipsant la version de Byron Haskin de 1953*.

 

 

* Le couple Gene Barry & Ann Robinson fait une apparition à la toute fin du film…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Russell Mulcahy
Highlander (Russell Mulcahy, 1986)

New York, Madison Square Garden, 1985.

Un regard dans la foule.

Parmi les spectateurs du match de catch, un jeune homme, immobile, pensif. C’est Russel Nash (Christophe Lambert), un antiquaire.

Sauf que Russel Nash, quatre cent cinquante ans avant était Connor McLeod, du Clan McLeod. Et qu’il n’est toujours pas mort.

Oui, il est immortel, comme quelques uns dans le monde. Mais à la fin, il ne pourra en rester qu’un.

 

It’s a Kind of magic, chantait Freddy Mercury. La chanson officielle du film. D’ailleurs, Queen ponctue certains moments du film dans un déluge de guitares tonitruantes, surtout quand passe le Kurgan (Clancy Brown).

Est-ce la chanson qui a fait le succès du film, ou le film qui fit celui de la chanson ? Un peu des deux, très certainement, mais nous ne sommes pas ici pour parler musique. Enfin si un peu tout de même…


A l’instar des guitares de Queen, le film déverse un déluge d’images : c’est un festival d’étincelles et de fumée, d’explosions et de lumières. On en prend plein les yeux (pour ne pas dire autre chose) ! Mais c’est aussi l »’une des limites du film.

On trouve deux grands combats : le Kurgan doit d’abords affronter Ramirez (Sean Connery) puis McLeod. Mais si ce dernier combat est vertigineux, le premier aurait tendance à tourner au grand guignol. Certes, le Kurgan est extrêmement fort, mais tout de même. Ses différents assauts rencontrent la muraille qu’ils font voler en éclat. Un peu trop merveilleux. Et c’est dommage, car toute la partie écossaise du film (quand Connor débute sa vie et a la révélation) est certainement la plus belle. On peut y admirer les montagnes et le château d’Eilean Donan, maintes fois utilisés par le cinéma et la télévision. Les scènes d’initiation prennent une autre dimension dans un tel décor. Et en plus, on a Sean Connery, véritable Ecossais, se moquant des us et coutumes de son jeune padawan.

 

Et avant tout, Highlander est un film des regards. Celui de McLeod, à Madison Square Garden : un éclairage particulier nous fait savoir que c’est lui l’élu, que nous allons le suivre.

Puis ce seront d’autres regards : celui émerveillé de Rachel devant ce magicien qui ne meurt pas ; celui intrigué de Brenda (Roxanne Hart) ; et celui en transe du Kurgan. Sans compter les différents miroir reflétant ces mêmes regards, toujours pertinent dans l’intrigue. Même celui de Christophe Lambert. Ce fut d’ailleurs une gageure de l’amener à parler anglais, son précédent film international étant Greystoke où ses répliques ne nécessitaient pas une grande maîtrise de la langue de Shakespeare… Mais s’il parle anglais, on a tout de même du mal à le prendre pour un Ecossais… 

 

Si l’intérêt du film s’émousse avec le temps (qui passe) – c’est mon cas – il est un personnage que j’ai plaisir à revoir à chaque fois, c’est le Kurgan. C'est comme ça, ça ne s’explique pas. Il faut dire que Clancy Brown, de par sa stature et son élocution éraillée, est impressionnant. Son côté skinhead/punk n’est pas piqué des hannetons, et son jeu outrancier est exactement dans le ton du personnage.

Quant au reste, c’est bien fait. Ca ressemble plus à un clip vidéo qu’à un film, avec toutefois un souci du détail très poussé. Chaque élément semble avoir sa place, et surtout un son qui lui correspond : l’assemblage de l’épée du Kurgan en est un bon exemple.

 

Mais si en 1985, les ados – cible privilégiée dont je faisais partie – s’extasiaient devant cette épopée, ceux d’aujourd’hui le trouveront peut-être un peu surfait, la technique numérique ayant balayé les effets spéciaux « à l’ancienne ».

Et la fin est un tantinet convenue…

 

Bref, ça a vieilli...

Le film ou moi ?

Les deux ?!

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Wes Ball
Le Labyrinthe : La Terre brûlée (Maze Runner: The scorch Trials - Wes Ball, 2015)

On retrouve nos héros, enfin les survivants seulement, qui viennent d’être évacués. Ils arrivent dans un complexe militaro-industriel magnifique, dirigé par un homme sympathique et jovial, ou tout du moins c’est l’image qu’il veut donner. Parce que, en fait, c’est Aidan Gillen qui interprète Janson, et comme dans Game of Thrones (il est Petyr « Littlefinger » Baelish), il n’est pas très clair. Et là, il n’est pas clair du tout. Et même encore plus.


Le titre reprend le terme Labyrinthe mais il n’en est nullement question ici, seulement pour rappeler d’où viennent les protagonistes principaux. Le titre original « The Scorch Trial » est plus parlant et proche de la réalité du film : on pourrait traduire par « l’épreuve (trial) de la terre brûlée ».
Cela nous replace dans la dimension initiatique de l’intrigue, annoncée en fin de première partie par le docteur Paige (Patricia Clarkson). Et en plus, cela rappelle le titre de la trilogie romanesque, l’Epreuve.

 

Donc nous retrouvons nos héros dans une nouvelle épreuve qui consistera à :

  1. s’évader de ce lieu maléfique ;
  2. retrouver un type qui donnerait une indication pour en trouver un autre ;
  3. échapper à Wicked, qui n’est plus aussi bon qu’on le prétendait dans le premier film ;
  4. survivre, bien entendu.

 

Et tout ça avec de nouveaux adjuvants – Brenda (Rosa Salazar) et Jorge (Giancarlo Esposito) – un tantinet commerçants, voire trafiquants, ainsi que de sacré opposants qui ne sont pas sans rappeler certains jeunes du Labyrinthe qui avaient été piqués. Ces opposants – les « fondus » (« cranks » en VO) – sont une espèce de morts vivants moitié zombis, moitié animaux qui se repaissent de chair fraîche. Ces joyeux lurons ne se meuvent que dans le noir, ce qui permet un peu de répit à nos héros.


Reste un troisième groupe : une armée de rebelles menés par Vince (Barry Pepper) qui sont, eux aussi intéressés par ces jeunes gens qui ont survécu au Labyrinthe et ont une particularité physique : ils sont immunisés contre le virus « Braise » (« Flare » en VO) qui transforme les hommes.

 

Bref, l’intrigue se corse et le Labyrinthe du début ressemble de plus en plus à une partie de pique-nique, au vu de ces nouvelles difficultés.

Le rythme du film s’emballe, bien entendu, sans pour autant nous abreuver de plans malgré cette accélération de l’action.

 

Et puis il y a les décors. Le Labyrinthe possédait une allure imposante et inquiétante et ces changements étaient vraiment impressionnants. Ici, c’est un paysage dévasté qui nous est proposé. Une jungle urbaine de délabrement, fréquentée la nuit ou dans les endroits sombres par les fameux fondus. Ce ne sont que buildings dévastés, délabrés et tombés les uns contre les autres. On peut même d’ailleurs apercevoir le Golden Gate Bridge dont seules les armatures témoignent de son existence, avec en fond les Rocheuses.

Un décor fabuleux malgré la désolation. Une magnifique apocalypse.

 

Bref, une épopée qui gagne en puissance et en spectacle.

Espérons qu’ils ne feront qu’un seul film pour conclure la trilogie de James Dashner, histoire d’éviter délayage qu’on a connu dans Hunger Games

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Zemeckis
The Walk : Rêver plus haut (The Walk - Robert Zemeckis, 2015)

11 septembre 2001. Personne n’a oublié cette date.

Mais bien avant, il y a eu le 7 août 1974.

Ce jour-là, Philippe Petit (Joseph Gordon-Levitt), un funambule, a traversé la distance qui sépare les Tours Jumelles du World Trade Center, sur un fil, au petit matin.

 

Et Robert Zemeckis nous raconte alors comment c’est arrivé. Rapidement, on apprend comme Philippe est devenu funambule, parce que ce n’est pas ça le plus important. Le plus important, c’est comment il a réussi un tel « coup » comme disent les Anglo-Saxons… Sauf la rencontre du vieux sages qui lui ouvrira les portes de cet exploit : Papa Rudy (Ben Kingsley).

Mais il faut avouer que c’est la mise en place de cet exploit le plus passionnant du film. Nous avons l’impression d’assister réellement à une entreprise illégale (ce qui fut le cas : une centaine de règlements ont été enfreints…).

 

Parce que  Zemeckis organise cette expédition comme pour un film de gangsters réalisant un casse : repérage, préparation, mise en place, accomplissement.

Et pendant 90 minutes, on assiste à tous ces préparatifs : les moments d’euphorie comme de découragement et bien entendu les moments forts, déconseillés aux gens qui ont le vertige.
Et moi qui l’ai facilement, j’avoue qu’à certains moments, on est à la limite de supportable. On a beau se dire que ce n’est que du cinéma, l’angoisse subsiste. Jusqu’au bout ? Non

 

Paradoxalement, c’est quand Philippe commence son voyage (sa promenade comme pourrait le dire le titre original…) que toutes les appréhensions s’estompent et qu’on jouit de cette quasi envolée du héros.

Car c’est là qu’est la force de Zemeckis : il aime ses personnages et nous fait partager une certaine empathie envers eux. Rappelez-vous ce que vous avez ressenti en suivant les péripéties de Forrest Gump ou encore l’isolement de Chuck Noland dans Seul au Monde (tous les deux interprétés par le fabuleux Tom Hanks).

 

On retrouve aussi le tandem des films d’initiation : un jeune fougueux et un vieux briscard, qui regardent ensemble vers la même direction, comme Marty et Doc dans Retour vers le Futur. Mais ici, c’est le plus âgé qui décourage le plus jeune (Jusqu’à un certain point, sinon, pas de film…).

Mais si la préparation est passionnante et amène son lot d’émotions fortes en rapport avec le vide, c’est l’exploit en lui-même qui est un véritable tour de force. Nous vivons la traversée, sans avoir besoin d’effet 3D. La concentration de l’artiste face à son fil devient réelle. Nous voyons le décor s’estomper et disparaître pendant que Philippe se met en condition. Jusqu’au premiers pas. Et une fois la prouesse engagée, le monde alentour revient, replaçant cet exploit extraordinaire dans le monde. Et nous regardons époustouflés ce marcheur qui va d’une tour à l’autre, serein, nous faisant partager sa sérénité. On n’a plus peur, on sait qu’il y arrivera.

 

Un hommage magnifique aux Tours Jumelles, recréées magnifiquement, sans une seule fois mentionner la catastrophe du 11 septembre, comme on aurait pu l’attendre. Non, seulement un instant magique qui donna un souffle de vie à ces deux bâtiments, les rendant presque vivantes*. Parce que Philippe ne s’est jamais senti ni ne se sentira jamais plus aussi vivant qu’à ce moment.

On comprend alors encore mieux la tristesse des New-yorkais après leur destruction, qui va au-delà des pertes humaines.

New York sans elle, ce n’est plus tout à fait New York.

 

Eblouissant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Ball
Le Labyrinthe (The Maze Runner - Wes Ball, 2014)

Un groupe de jeunes garçons, au milieu de nulle part.

Quand ? Dans un futur improbable.

Chacun est arrivé après l’autre, depuis trois ans.

Un jour, Thomas (Dylan O’Brien) arrive.

Il découvre un camp coincé entre quatre murs gigantesques : le Labyrinthe.

 

Nous sommes à la croisée des chemins entre Peter Pan et Sa Majesté des mouches, sans oublier le côté Thésée du héros.

Ce qui saute aux yeux au début, c’est l’absence de femme. Aucune, sinon dans des bribes de rêves de Thomas. Un visage aperçu à travers une vitre. Rêve ou réalité ? On l’apprendra plus tard.

 

Et puis il y a le Labyrinthe.

Et là, ça vaut le coup d’œil. C’est un décor magnifique qui n’est pas sans rappeler le rêve urbain de Sam Lowry dans Brazil. Surtout lors des changements de disposition des parois, amenant en outre les obligatoires angoisses claustrophobes et d’écrasement.

 

Je citais Peter Pan parce qu’on retrouve une bande de jeunes garçons abandonnés, livrés à eux-mêmes, rassemblés autour d’Alby (Aml Ameen) – le premier arrivé dans ce lieu – dans un embryon de société humaine. Chacun a son rôle, et surtout, ils vivent en bonne intelligence, sans agression.

C’est quand Teresa (Kaya Scodelario) – la femme ou plutôt la fille – paraît que tout bascule : plus personne ne viendra, et toutes les issues du labyrinthe s’ouvrent et ne se refermeront plus.

Les jeunes gens ne sont plus en sécurité dans leur îlot central de verdure. Il va falloir sortir.
 

Et c’est à ce moment que l’intrigue rappelle Sa Majesté des mouches. Le chef étant diminué suite à une blessure, deux garçons vont s’affronter : Thomas, bien sûr, et Gally (Will Poulter).

Gally, coureur athlétique, se rapproche plus de Jack de par son attitude autoritaire et basée sur la force. Alors que Thomas serait plutôt Ralph, représentant les idées démocratiques, allant même jusqu’à oublier les différents pour sortir tous ensemble du labyrinthe.

 

Quant au mythe de Thésée, le fait qu’un groupe de jeunes gens soient enfermés dans le labyrinthe, tribut payé à un éventuel minotaure est flagrant. On retrouve d’ailleurs un élément similaire dans Hunger Games. Et si la survie dans ces deux films est le maître mot des jeunes gens, la manière d’y parvenir est totalement opposée : alors que la lutte à mort est de mise dans HG, ici, c’est de la coopération qu’elle sera possible. Mais là encore, certains payeront de leur vie cette liberté éventuelle.

Bien entendu, dès le début du film, on se doute qu’ils vont parvenir à sortir du Labyrinthe.
Mais comme le roman de James Dashner comporte trois tomes, il est évident que la sortie du Labyrinthe n’est pas une fin en soi, mais plutôt un préambule à quelque chose de plus important.


A suivre, donc…

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