Jamais deux sans trois.
« Ethan Hunt, le retour : la mort dans la tête ».
On retrouve donc Ethan (Tom Cruise, encore une fois), embarqué dans des péripéties tellement incroyables qu’elles en sont impossibles. Et pour la troisième fois, il emmène son complice Luther (Ving Rhames), dans une mission pour sauver le monde, cela va sans dire, et aussi pour sauver son mariage.
Parce que Ethan s’est marié. Comme un autre agent secret célèbre*, Ethan convole. Sauf que son voyage de noces ressemble plus à un cauchemar, et qu’en plus, ce n’est pas un voyage de noces.
Et une fois le film terminé, on en arrive à la même conclusion que James Bond : il vaut mieux rester célibataire quand on fait un tel métier…
Cette fois-ci, c’est J.J. Abrams qui dirige la destinée d’Ethan Hunt qui s’humanise encore un peu plus, puisqu’il semble avoir quitté la belle Nyah Hall (Thandie Newton) pour Julia Meade (Michelle Monaghan) et qu’en plus il a hérité d’une nouvelle famille, dont un beau-frère qui ne tient pas l’alcool…
Et cet engagement va jusqu’au mariage, un peu avant la grande mission : celle qui ouvre le film.
Oui, le film s’ouvre par une mission – très mal engagée – où Ethan est interrogé rudement par un drôle de méchant – Owen Davian (Philip Seymour Hoffman) – avant de nous montrer comment on en est arrivé à cette situation catastrophique (pour Ethan).
Et si le film se hisse – à mon avis – à un degré plus haut que les autres opus, c’est avant tout grâce à la présence de ce personnage.
Je ne vais pas rappeler ce que disait Hitchcock à propos des méchants dans les films, mais il faut avouer qu’ici nous avons affaire à un véritable salopard, froid et déterminé comme on en voit de temps en temps dans les films de ce genre. Davian est un méchant de la trempe du Joker de Christopher Nolan dans Batman: the dark Knight.
Et Seymour Hoffman est magnifique dans un rôle extrêmement antipathique. C’était vraiment un très grand acteur, capable de se faire aimer (Good Morning, England) autant que haïr ici.
Et comme si cet affreux ne suffisait pas, on a ajouté un écueil supplémentaire : l’Administration, cet hydre tentaculaire qui paralyse les hommes (enfin pas tout le temps, quand même !) en la personne du chef du service IMF – Impossible Mission Force – en la personne de Laurence « Morpheus » Fishburn.
De plus, le thème du grand Lalo Schifrin est plus marqué que dans l’épisode précédent, et on y retrouve quelques constantes qui perdurent tout au long des films :
- Ethan descend d’une grande hauteur, suspendu horizontalement à un câble, avec arrêt à quelques centimètres du sol ;
- Une poursuite (infernale, évidemment) : après un hélicoptère poursuivant un TGV, une moto donnant la chasse à une autre, voici une poursuite d’hélicoptères dans un champ d’éoliennes, avec pour spectateurs des moutons.
Décidément, on n’arrête pas le progrès. Ou la surenchère**.
Toujours est-il que Abrams nous propose une version un petit peu plus éloignée de la série mais définitivement plus humaine : Ethan, qui nous avait montré qu’il avait des émotions et pouvait se trouver confronté à un dilemme, est à nouveau tiraillé entre sa vie professionnelle (son devoir) et sa vie privée (son mariage), la deuxième prenant le pas sur la première, amenant une série d’échecs plus ou moins cuisants mais toujours – pour notre grand plaisir – très spectaculaires, sans avoir besoin d’(ab)user de ralentis…
Le tout avec une pointe d’humour qui – à mon avis – faisait défaut à ce genre de films : une petite touche d’humour (so) british qu’on avait entrevu à Sidney (MI 2) et qui se développe ici.
On aurait (peut-être) aimé qu’on en restât là avec cette franchise.
Mais non. On attend, à ce jour, le sixième…
* Au service secret de Sa Majesté (Peter Hunt, 1969)
** Et la prochaine fois, qui poursuivra qui ou quoi ?
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