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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #J.J. Abrams, #Mission impossible
Mission: Impossible III (J.J. Abrams, 2006)

Jamais deux sans trois.

« Ethan Hunt, le retour : la mort dans la tête ».

On retrouve donc Ethan (Tom Cruise, encore une fois), embarqué dans des péripéties tellement incroyables qu’elles en sont impossibles. Et pour la troisième fois, il emmène son complice Luther (Ving Rhames), dans une mission pour sauver le monde, cela va sans dire, et aussi pour sauver son mariage.

Parce que Ethan s’est marié. Comme un autre agent secret célèbre*, Ethan convole. Sauf que son voyage de noces ressemble plus à un cauchemar, et qu’en plus, ce n’est pas un voyage de noces.
Et une fois le film terminé, on en arrive à la même conclusion que James Bond : il vaut mieux rester célibataire quand on fait un tel métier…


Cette fois-ci, c’est J.J. Abrams qui dirige la destinée d’Ethan Hunt qui s’humanise encore un peu plus, puisqu’il semble avoir quitté la belle Nyah Hall (Thandie Newton) pour Julia Meade (Michelle Monaghan) et qu’en plus il a hérité d’une nouvelle famille, dont un beau-frère qui ne tient pas l’alcool…
Et cet engagement va jusqu’au mariage, un peu avant la grande mission : celle qui ouvre le film.

Oui, le film s’ouvre par une mission – très mal engagée – où Ethan est interrogé rudement par un drôle de méchant – Owen Davian (Philip Seymour Hoffman) – avant de nous montrer comment on en est arrivé à cette situation catastrophique (pour Ethan).
Et si le film se hisse – à mon avis – à un degré plus haut que les autres opus, c’est avant tout grâce à la présence de ce personnage.
Je ne vais pas rappeler ce que disait Hitchcock à propos des méchants dans les films, mais il faut avouer qu’ici nous avons affaire à un véritable salopard, froid et déterminé comme on en voit de temps en temps dans les films de ce genre. Davian est un méchant de la trempe du Joker de Christopher Nolan dans Batman: the dark Knight.

Et Seymour Hoffman est magnifique dans un rôle extrêmement antipathique. C’était vraiment un très grand acteur, capable de se faire aimer (Good Morning, England) autant que haïr ici.

 

Et comme si cet affreux ne suffisait pas, on a ajouté un écueil supplémentaire : l’Administration, cet hydre tentaculaire qui paralyse les hommes (enfin pas tout le temps, quand même !) en la personne du chef du service IMF – Impossible Mission Force – en la personne de Laurence « Morpheus » Fishburn.

 

De plus, le thème du grand Lalo Schifrin est plus marqué que dans l’épisode précédent, et on y retrouve quelques constantes qui perdurent tout au long des films :

  • Ethan descend d’une grande hauteur, suspendu horizontalement à un câble, avec arrêt à quelques centimètres du sol ;
  • Une poursuite (infernale, évidemment) : après un hélicoptère poursuivant un TGV, une moto donnant la chasse à une autre, voici une poursuite d’hélicoptères dans un champ d’éoliennes, avec pour spectateurs des moutons.

Décidément, on n’arrête pas le progrès. Ou la surenchère**.

 

Toujours est-il que Abrams nous propose une version un petit peu plus éloignée de la série mais définitivement plus humaine : Ethan, qui nous avait montré qu’il avait des émotions et pouvait se trouver confronté à un dilemme, est à nouveau tiraillé entre sa vie professionnelle (son devoir) et sa vie privée (son mariage), la deuxième prenant le pas sur la première, amenant une série d’échecs plus ou moins cuisants mais toujours – pour notre grand plaisir – très spectaculaires, sans avoir besoin d’(ab)user de ralentis…
Le tout avec une pointe d’humour qui – à mon avis – faisait défaut à ce genre de films : une petite touche d’humour (so) british qu’on avait entrevu à Sidney (
MI 2) et qui se développe ici.


On aurait (peut-être) aimé qu’on en restât là avec cette franchise.

Mais non. On attend, à ce jour, le sixième…

 

 

* Au service secret de Sa Majesté (Peter Hunt, 1969)

** Et la prochaine fois, qui poursuivra qui ou quoi ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Woo, #Mission impossible
Mission: Impossible 2 (John Woo, 2000)

Et c’est reparti.

La mèche s’allume toujours, mais la musique de Lalo Schifrin (l’un des charmes de la série originelle) a tendance à se perdre dans un flot de guitare pendant que les lettres du titre s’égrènent une à une.
Ethan Hunt (Tom Cruise) est monté en grade, c’est lui qui dirige l’unité IMF  à la place du regretté (?) Mr Phelps.
La mission (qu’il choisit d’accepter) lui est délivrée dans des circonstances improbables (je n’ai pas dit impossible, sinon, pas de film !), et la machine se remet en marche.

 

C’est John Woo qui se charge d’adapter cette nouvelle mission, qui si elle est considérée comme impossible n’en reste pas moins plausible (?).
Mais si John Woo remplit sa mission quant aux scènes d’actions spectaculaires (avec un ralenti pour les éléments qui le sont le plus), il ajoute à l’intrigue la dimension humaine qui manquait au film de Brian de Palma.

 

Par contre, ça flingue à tout va.

C’est un  festival de mitraillage où Ethan est lui aussi partie prenante, brisant en quelque sorte un tabou : il tue des gens. Certes, ces derniers avaient l’intention de l’envoyer dans un monde meilleur, mais tout de même. On n’était plutôt habitué à des missions où le nombre de morts était assez limité, où les gens de l’IMF essayaient de remplir leur mission sans faire de victimes. Autre temps…

 

Et puis il y a la poursuite – inévitable, dans le premier, c’était un hélicoptère qui poursuivait un TGV – mais renouvelée cette fois où le véritable enjeu, une fois les voitures envoyées dans le décor, se focalise entre Ethan et son pendant maléfique, Sean Ambrose (Dougray Scott), chacun au guidon d’une moto, avec force dérapages et acrobaties, pour se terminer e bord de plage dans un combat de titans. Bref, là encore, du grand spectacle.

 

Et puis, je l’ai écrit plus haut, John Woo introduit une dimension humaine dans l’intrigue, se démarquant doucement du schéma traditionnel institué par la série.
En effet, le film de Brian de Palma n’était, tout compte fait, qu’un épisode supplémentaire de la série où le schéma nouvelle mission–mise en place–résolution s’enchaînait plus ou moins tranquillement, mais avec une dimension grandiose due au support (l’écran de cinéma).
Ici, Woo donne à Ethan des sentiments. Passée la phase découverte, il ressent quelque chose pour celle qu’on lui a assignée pour cette mission : Nyah Hall (la très belle Thandie Newton). Et à ce qui n’était qu’une mission de routine (sauver le monde) s’ajoute une dimension personnelle voire sentimentale, amenant une situation où Ethan doit faire des choix, à laquelle il n’était pas habituée.


Et ça fonctionne très bien, même si l’issue est très prévisible, avec toutefois un bémol : le recours continuel (voire systématique) au ralenti – pour les explosions et autres prouesses spectaculaires – a un peu tendance à devenir lassant.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brian de Palma, #Mission impossible
Mission: Impossible (Brian de Palma, 1996)

Une mèche s’allume.

La musique de Lalo Schifrin démarre.

Mr Phelps (Jon Voight).

Nous y sommes : Mission impossible.

 

Après un retour sur les petits écrans entre 1988 et 1990, la mythique série de 1966 créée par Bruce Geller arrive (enfin ?) sur les écrans. Alors préparez-vous à des sensations fortes, parce que ça va décoiffer (surtout à la fin).

 

On commence par une opération qui se termine, avant d’en engager une autre, commandée à Mr Phelps, sur une cassette vidéo (on ne fait plus les bandes magnétiques), qui, bien entendu, va s’autodétruire dans les cinq secondes qui suivront la retransmission.

Nous sommes donc en terrain connu, et nous attendons la mise en place d’un stratagème autant ambitieux qu’impossible (sinon, pourquoi un tel titre ?). Et nous l’avons. Jim met en place son équipe, et en route pour Prague : avec, entre autres, sa femme Claire (Emmanuelle Béart), Sarah (Kristin Scott Thomas) et l’inévitable transformiste Ethan Hunt (Tom Cruise).
 

C’est Brian De Palma qui est à la direction, alors il va y avoir du sang. Il y en a, mais pas autant que d’habitude. Quant au sexe, qu’on retrouve souvent dans son cinéma, il n’en est pas question ici, la série originelle n’étant pas spécialement axée sur ce thème.

Mais pour le reste, on en a pour son argent. Des opérations d’envergure (pénétrer dans le siège de la CIA à Langley, échange de disquette sur l’Eurostar…), c’est un festival d’images fortes pour des sensations similaires, grâce à l’arrivée du numérique au cinéma, permettant de nouvelles possibilités techniques en termes d’effets spéciaux.

Mais si la technique est de pointe, il est amusant de constater l’obsolescence du matériel utilisé dans les opérations menées par cette équipe (de rêve ?) : des disquettes !

Pour le reste, ça marche. Sauf que…

 

Sauf que dès la première demi-heure, de Palma casse son jouet : l’opération à Prague est un fiasco, tout le monde meurt (même Mr Phelps !) ou presque. Reste Ethan, bien seul face à une administration qui se rend bien compte que sa survie est louche, surtout qu’il existait une taupe dans l’organisation.

Nous sommes donc sauvés, l’aventure va continuer : Ethan reprend le flambeau. Mais sans Jim Phelps, c’est tout le charme de la série qui s’efface. Déjà que ce n’était pas Peter Graves…


Pour le reste, de Palma reste dans le cahier des charges, proposant tout de même une lutte spectaculaire sur le TGV dans le Tunnel sous la manche – le « Chunnel » l’appelle Max (Vanessa Redgrave et ses magnifiques yeux bleus) – avec en plus du train un hélicoptère piloté par une espèce de psychopathe renvoyé de la CIA – on comprend rapidement pourquoi – du nom de Krieger (Jean Réno, qui avait les faveurs du public américain depuis Léon), le out à la vitesse intrinsèque du train (voilà aussi la raison pour laquelle « ça décoiffe ! »).

 

Impressionnant. Mais il manque tout de même un petit quelque chose pour faire de ce film autre chose qu’un épisode supplémentaire de la série sur grand écran. Peut-être une dimension plus humaine des personnages qui ne sont ici que des spécialistes remplissant des tâches bien précises pour un résultat qui, s’il éradique un mal, ne procure qu’un contentement relatif, les protagonistes retournant, semble-t-il à leur anonymat.


A moins qu’il y ait une suite…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justin Kurzel
Assassin's Creed (Justin Kurzel, 2016)

Les Assassins étaient une secte d’obédience islamique rassemblant des gens très efficaces et très meurtriers, qui auraient tiré leur bravoure du haschich, d’où leur nom original : hashashin.
Ca ; c’est ce qu’on peut trouver sur internet.

Dans ce film, il s’agit toujours d’une secte qui protègerait un secret fondamental : la pomme originelle, celle de l’Arbre de la Connaissance du jardin d’Eden, qu’Adam et Eve auraient croquée, leur amenant une prise de conscience d’où seraient nés tous les maux de la terre.

Et donc, le libre arbitre : celui qui nous permet de faire une action, qu’elle soit juste ou non, bonne ou mauvaise.

Une équipe de scientifiques, menés par Sophia Rikkin (Marion Cotillard) et son père Alan (Jeremy Irons), travaillant en sous-main pour une autre secte (?) aussi déterminée, mais elle à retrouver cette pomme : les Templiers.

Ils pensent que cette pomme leur permettrait d’éradiquer définitivement le mal, en privant donc l’homme de ce qui fait sa force (ou sa faiblesse) : sa faculté de pouvoir choisir.

Bref, un vieux rêve des religieux de tous poils : contrôler le monde, rien que ça.

 

Bof.

Ca commence par un rapace (aigle ? faucon ? Buse ? Oui, peut-être buse…) qui vole majestueusement. C’est d’ailleurs le facteur commun de toutes les scènes du film. Mais dès ce début, nous voyons que ce rapace est virtuel (au moins dans sa conception) et cela génère un sentiment de gêne qui ira toujours en s’amplifiant : ce que nous voyons, toutes ces magnifiques images (parce qu’elles sont vraiment très belles), sont fausses. Rien ou presque n’existe. Nous sommes comme Cal Lynch (Michael Fassbender), à l’intérieur d’un processus de réalité virtuelle, les jouets de personnes mal intentionnées.

 

Assassin’s Creed, c’est d’abord un jeu vidéo* magnifique qui nous emmène dans le passé et dans des lieux historiquement symboliques (ex : le premier opus se déroule à Jérusalem en 1191 pendant la troisième Croisade), qui existe depuis maintenant plus de 10 ans (2007).

Il est toujours délicat d’adapter un jeu vidéo, et beaucoup se sont cassés les dents à essayer.

Malheureusement, il en va de même pour cette tentative.

Certes, on est cloué sur son siège par l’abondance d’actions réglées par effets spéciaux époustouflant. Mais comme je l’écrivais plus haut, le secret est rapidement éventé : tout est factice.

Sans parler de l’intrigue : un objet mythique que se disputent des sociétés selon un schéma duel manichéen. D’un côté les bons – les Templiers – qui veulent éradiquer le Mal de la surface de la terre, de l’autre les méchants Assassins qui les en empêchent. A moins que ce ne soit le contraire : les bons Assassins qui veulent empêcher les méchants Templiers d’imposer un monde ou chacun n’aura plus la possibilité de choisir… Finalement, on en revient au même dilemme que dans Orange mécanique, quand l’aumônier intervient pendant la démonstration finale de la méthode Ludovico.

Mais si le film de Kubrick (et surtout le livre de Burgess) amène un débat, ici, il n’en est pas question : on n’a pas le temps, il faut que ça bouge.

 

Alors on regarde, et on finit par s’ennuyer, car si dans le jeu*, on vit les aventures de l’assassin avec beaucoup de plaisir (je n’y ai pas joué mais je connais des gens qui l’ont testé), ici, on n’est que spectateur, donc finalement peu partie prenante de l’aventure.


Et on termine en suspens, vers une ouverture où une suite devient nécessaire…

 

* Nous retrouvons ici un jeu de plateformes mâtiné de combats où la dextérité et la souplesse sont de mise, mais où Cal (IRL) ne marche tout de même pas autant sur les murs comme son avatar in game.

 

Désolé, mon cher professeur Allen John, ce n’est vraiment pas un film pour vous.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
L'Emigrant (The Immigrant - Charles Chaplin, 1917)

Une jeune femme (Edna Purviance).

Un artiste (Henry Bergman).

Un serveur (Eric Campbell).

Un immigrant barbu et malade (Albert Austin).

Et au milieu de tout ce beau (?) monde : un immigrant à moustache, chapeau melon et canne (Charles Chaplin).

 

Chaplin, pour son avant-dernier film pour la Mutual (son âge d’or d’après son autobiographie), nous propose une réalité toute actuelle dans cette Amérique des années 1910 : l’arrivée des immigrants à New York. Nous ne verrons pas le passage à Ellis Island, le carrefour incontournable, car le format du film (court, un peu plus de 25 minutes) ne permet pas de s’appesantir sur les formalités administratives (par ailleurs peut-être une source de comique limitée), mais nous avons tout de même droit à la Statue de la Liberté, seul vrai symbole pour ces voyageurs fatigués par une grande traversée passée la majeure partie sur le pont. Nous avons d’ailleurs quelques éléments de cette traversée : les repas sur une mer agitée, les différentes occupations des voyageurs (le jeu, le repos et les allers-retours vers le bastingage, sans oublier l’incontournable mal de mer inhérent à ce genre d’équipée. C’est d’ailleurs là-dessus que commence le film, nous montrant les candidats à l’immigration rassemblés pêle-mêle, attendant que le voyage se termine.

 

Mais alors que le film pourrait être un documentaire (bien sûr, Chaplin n’avait pas cette intention), l’apparition d’une figure familière – le Vagabond – remet en cause cette première impression, créant de suite un décalage : nous sommes bien chez Chaplin, et ce que nous allons voir est peut-être un sujet un peu grave, mais nous allons tout de même rire.

Et cent (un) ans après, ça fonctionne toujours.

On reconnaît l’équipe habituelle : les acteurs cités plus haut, plus d’autres habitués (John Rand, Tiny Sandford…), dans des rôles multiples, sauf, comme d’habitude, Edna Purviance* (toujours aussi belle...).

 

Après le voyage, qui fait se séparer les voyageurs, livrés à eux-mêmes dans un pays certes libre, mais tout de même onéreux, nous assistons aux retrouvailles** de la jeune femme et du vagabond, dans un restaurant où sert l’incontournable (de fait) Eric Campbell.
Eric Campbell était lui aussi un habitué des films de Chaplin. Et même s’il participa à onze d’entre eux, c’est ce serveur qui nous vient à l’idée quand nous évoquons cet acteur. Il s’agit ici de son avant-dernier film avec le Maître : il mourra le 20 décembre de cette même année 1917, dans un accident de voiture qu’il provoqua, alors qu’il revenait d’une soirée beaucoup trop arrosée.

Quel gâchis.

Il faut tout de même dire que son personnage de serveur sévère est magnifique : une carrure d’athlète (du genre haltérophile plus que coureur à pied), des sourcils fournis et en pointe, et une paire de mâchoires propices à détecter les fausses pièces de monnaie. Et en prime, une poigne de fer qui sait autant saisir que frapper, comme en fait l’expérience un client à qui il manquait 10 cents (John Rand).


Et puis il y a le déclencheur, celui qui permet aux deux amoureux d’espérer un avenir meilleur : l’artiste peintre qui va les engager (Henry Bergman).

Nos héros sont donc sauvés. Mais pour combien de temps ?

Cela nous amène à une fin mi-figue, mi-raisin, cela dépend de votre humeur ou de votre appréciation de la situation.

Une fin heureuse ? Si vous me lisez depuis longtemps, vous connaissez ma réponse. Et même si une averse*** éclate et se déchaîne, je n’y crois pas.

 

 

* Quand le vagabond l'embrasse, est-ce sur la bouche ?

 

** Une rencontre pleine d’émotion où un simple mouchoir à liseré remplace un intertitre : du cinéma muet, du vrai !

 

*** (attention Spoiler) Mariage pluvieux...

Eric Campbell

Eric Campbell

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tim Burton
Beetlejuice (Tim Burton, 1988)

Ca commence comme une comédie – ça tombe bien, c’en est une. Les Maitland – Barbara (Geena Davis) et Adam (Alec Baldwin) – sont en vacances et vont en profiter pour refaire les intérieurs de leur maison.

Bref, tout va bien. Sauf que…

Sauf que, malheureusement pour eux, un chien se met sur leur passage et les oblige à faire le grand plongeon : ils sont morts et enterrés, à leur insu.

C’est quand ils sont vraiment conscients de leur nouvelle qualité de décédés qu’il est déjà trop tard : les Deeze viennent de s’installer dans leur maison, les cantonnant au grenier : il faut que cela cesse.
Ils vont alors faire appel à Betelgeuse [‘bi:tldʒu:s], un exorciste en free-lance, pour se débarrasser des importuns.

 

Cela fait trente ans cette année que Tim Burton a réalisé ce film, et ce qu’on peut dire, c’est que malgré l’utilisation de techniques dépassées aujourd’hui avec l’avènement du numérique, le film n’a rien perdu de son mordant ni de sa beauté. Bien sûr, Burton utilise le fond bleu pour les scènes de désert (Jupiter ?), mais quelle importance quand c’est bien fait.
Et surtout, avec  cette réalisation, on entre de plein pied dans son univers un tantinet déformé pour être bizarre, mais pas tant que ça, ce qui nous le rend tout de même familier.

 

Ce sont des portes biscornues et des couloirs aux perspectives faussées qu’il nous propose, ainsi que toute une faune de morts vivants qui n’a plus rien à voir avec ceux de George Romero. Il y a une influence évidente des décors de Röhrig, Reimann & Warm du film Le Cabinet du docteur Caligari, mais avec en plus des personnages correspondant à ces décors.

De plus, l’utilisation des morts dans leur état de cadavre est une magnifique trouvaille, amenant des situations comiques (noires, évidemment) qui contrebalancent cette galerie des horreurs.

Avec, cerise sur le gâteau la grande (par le talent) Sylvia Sidney (77 ans quand le film sort) dans le rôle de Juno(n), sorte de conseillère administrative post-mortem, continuant de fumer malgré son état cadavérique.

Et puis il y a Beetlegeuse. Michael Keaton, qui nous campe un Beetlegeuse extraordinaire, dans tous les sens du terme. Betelgeuse est un rustaud sans manière, une espèce de barbare infect des plus repoussant. Mais tellement savoureux en tant que personnage. Il est du type primaire, extrêmement grossier et sale sur lui, ainsi que libidineux à souhait : une véritable réussite ! Michael Keaton, que Tim Burton qualifie de « complètement cintré, […] un maniaque, une pile électrique et il a des yeux incroyables. » Bref, il est totalement fait pour le rôle.

Et ce ne sont pas de vains mots. Il est méconnaissable et son regard adopte successivement de nombreuses expressions (de la pitié à la luxure…) qui contribuent grandement à son rôle comique. Mais Betelgeuse, malgré tout, est un être maléfique. Si les parents (Catherine O’Hara – superbement insupportable et Jeffrey Jones, pas si bien intentionné que ça) de Lydia (Winona Ryder, toute jeune) ne sont pas obligatoirement la crème des parents voire des humains appréciables, on ne peut tout de même pas laisser faire un personnage aussi répugnant, quoi que très drôle !


Bref, bienvenue dans le monde de Tim Burton, où la réalité, comme je l’ai déjà écrit, est décalée mais somme toute familière, où les morts ne le sont pas tout à fait, et où l’humour reste toujours d’actualité, avant ou après le grand Passage.

 

Bientôt une suite ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Thirteen (Steven Soderbergh, 2007)

Et de trois !

 

Danny Ocean (George Clooney) revient une dernière fois pour un nouveau coup du siècle (que va-t-il rester pour les braqueurs suivants ?). Avec lui, sa fine équipe de monte-en-l’air le suit dans une aventure qui nous ramène aux origines : Las Vegas.

Mais cette fois-ci, il n’est pas question de s’attaquer à Benedict (Andy Garcia). Il existe un autre genre de patron de casino, de la pire espèce : Willy Bank (Al Pacino).

Al Pacino est un ami de Reuben (Elliot Gould). Mais si ce dernier n’est pas toujours du bon côté de la loi, il a un sens de l’honneur qui fait cruellement défaut à Bank. De plus, ils sont unis par un lien invisible et indéfectible : ils ont serré la main de Sinatra !

Et comme Bank, de par sa malhonnêteté (oui, chez les voleurs, on sait rester honnête !), a failli tuer Reuben, Danny et ses copains ont décidé de donner une bonne leçon à cet importun.

 

On retrouve donc les mêmes protagonistes, de Danny Ocean à Saul Bloom (Carl Reiner), en passant par Frank (Bernie Mac, qui mourra un an après la sortie du film), Livingston (Eddie Jemison), ou encore les frères (ennemis) Malloy (Casey Affleck & Scott Caan, le fils de James)…

Sans oublier l’incontournable Terry Benedict, qui, pour cette occasion passe de l’autre côté ( ?).


Mais si nous nous retrouvons dans un schéma éprouvé, le renouvellement se fait avant tout dans les motivations de notre équipe préférée. Alors que le premier coup (2001) permettait à nos voleurs de devenir riches assez rapidement, que le deuxième coup (2004) leur permettait de sauver leur peau, ici, il en va tout autrement : il s’agit d’une vengeance contre un personnage qui a l’avantage de faire converger toutes les antipathies du milieu : autant dire que nous spectateurs sommes absolument conquis par cette idée et allons soutenir cette entreprise.

En effet, et comme le dit le proverbe : « voler un voleur, ce n’est pas voler. »

Enfin, un petit peu quand même…

 

Nous sommes donc prêts à assister à un magnifique coup d’éclat. Et de ce côté-là, on n’est pas déçu. C’est à nouveau un festival de ruses, de faux-fuyants et entourloupes, exécutés de mains de maîtres, nous donnant un plaisir encore plus grand que dans les précédents épisodes : nous savons comment travaillent ces hommes, et nous réjouissons donc de les voir à nouveau enfumer leur(s) victime(s). Et la présence de François Toulour (Vincent Cassel) – le Renard de la Nuit, un tantinet mauvais joueur quant à ses déboires passés – ne les arrêtera pas, malgré la menace qui plane sur leur entreprise.

 

Ce sont donc deux heures de mise en place et exécution d’un plan réglé au millimètre, voire à la milliseconde, sans toutefois nous éviter un petit accroc de dernière minute – l’intervention de l’agent Caldwell (Bob Einstein) du FBI – afin de pimenter cette expédition au résultat (trop ?) couru d’avance.

Le tout avec un ton un peu plus ironique, un peu comme s’il existait une complicité entre les braqueurs et leurs spectateurs de l’autre côté de l’écran.


Et les femmes dans tout ça ? Si on excepte Abigail Sponder (Ellen Barkin) et Debbie, on ne les voit pas beaucoup. Ni Tess (Julia Roberts) ni Isabel (Catherine Zeta-Jones). C’est avant tout une histoire d’hommes, et surtout, comme le dit Danny : « ce n’est pas leur combat ! ».


Qu’importe, le résultat est là, et magnifiquement là.

 

 

PS : En prime, Deux beaux moments du film :
- Linus (Matt Damon) interprétant Lenny Pepperidge;
- Danny & Rusty (Brad Pitt) regardant Oprah Winfrey à la télévision.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Twelve (Steven Soderbergh, 2004)

Trois ans ont passé. Chacun est retourné vivre sa vie, profitant des quelques millions de dollars subtilisés à Terry Benedict (Andy Garcia).
C’est alors qu’entre en scène le Renard de la Nuit (the Night Fox – Vincent Cassel). Le Renard de la Nuit est très certainement le plus habile des voleurs dans le circuit. Et il semble un petit peu jaloux du coup fabuleux entrepris par nos onze experts.

Il leur propose donc une épreuve, et pour les faire accepter balance à Benedict les noms de ceux qui lui ont fait perdre son argent.

 

Le Renard de la Nuit est, bien entendu, français. Il est extrêmement sûr de lui (trop ?), et il atout à fait raison : c’est une véritable pointure. Et qui d’autre pour interpréter ce jeune artiste que Vincent Cassel, nouvelle star française des Américains et autres cinéphiles étrangers.

Mais malgré tout, c’est notre bande de voleurs qui restent nos préférés, l’outrecuidance de ce nouveau venu est un tantinet insupportable.

 

On reprend (presque) le même schéma, mais si tout commence comme il faut, rapidement le système s’effondre : les uns après les autres se retrouvent derrière les barreaux, et la promesse de Benedict de les éliminer s’ils ne remboursent pas n’est pas suspendue pour autant.

On assiste alors à une course contre la montre faussée par l’élément étranger qui n’a pas l’intention de leur céder la première place dans le hit parade des voleurs de génie.

 

Steven Soderbergh est à l’image de son équipe : un expert. Il reprend d’une certaine manière le même schéma que trois ans auparavant en réussissant l’exploit de faire effondrer le stratagème de Danny Ocean (George Clooney) et consort, tout en les faisant retomber sur leurs pattes (là encore, on ne peut imaginer une issue fatale à une telle équipe).

Nous suivons au plus près les préparatifs des différentes expéditions et tentatives de vol, comme dans le premier film, mais cette fois-ci, la machine bien huilée promise se grippe et on a recours à des expédients plus ou moins (surtout) efficaces, avec une magnifique mise en abîme : Julia Roberts joue Tess Ocean qui se fait passer pour Julia Roberts* devant un Bruce Willis (qui joue son propre rôle) amusé par cette performance.

 

Parce que c’est une magnifique performance, que Linus (Matt Damon, superbe candide en recherche d’affirmation de soi) ne cesse de vouloir évoquer sans qu’on le laisse finir sa phrase.

C’est bel et bien Tess qui est la douzième personne. Il était temps que les femmes trouvent leur place dans une telle organisation, qu’elle le veuille – Tess – ou non – Isabel Lahiri (Catherine Zeta-Jones). Il existe une troisième femme qui joue un rôle important que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

En plus de tout ceci, Soderbergh nous propose trois points de vue du casse (un œuf Fabergé, rien que ça), utilisant un montage parallèle pour nous montrer l’évolution des projets (les douze, Le Renard et Isabel, un temps la petite amie de Rusty (Brad Pitt). Mais si nous suivons cette évolution, le metteur en scène se garde par devers lui des cartouches qu’il nous envoie à la fin, nous faisant endosser à tour de rôle les trois points de vue sus nommés.

 

Encore une fois, c’est fabuleusement bluffant.

 

Vivement le troisième !

 

 

* Ne manquez pas le générique final !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Eleven (Steven Soderbergh, 2001)

Danny Ocean (George Clooney), le bouc réglementaire, sort de prison.

A peine sorti, il remonte sur le ring : un nouveau casse est en préparation : trois casinos contrôlés par Terry Benedict (Andy Garcia), patron riche et surtout très redoutable.

Mais surtout, Terry sort maintenant avec l’ex-femme de Danny, la ((très) belle Tess (Julia Roberts).

On se venge comme on peut…

 

Non, il ne s’agit pas d’une histoire de vengeance. Quoi que…
Nous assistons plutôt à l’un des plus beaux casses du cinéma. Presque cent ans après Le Vol du grand rapide, film fondateur du type « braquages et casses », Steven Soderbergh nous offre un bijou du genre. Car non seulement nous assistons à un exploit, mais en plus, nous avons droit à toute l’élaboration et la mise en place du casse.

Et, cerise sur le gâteau, une dernière pirouette qui nous apprend encore mieux ce qu’on vient de voir : le casse est un coup dur et un mystère pour Benedict, mais nous, spectateurs qui avons tout suivi depuis le début, avons droit à une révélation finale qui nous scotche littéralement sur notre siège (ça ne nous assoit pas comme on dit d’habitude, on est déjà assis).

Il faut dire que Soderbergh est un magnifique narrateur (conteur ?). On a beau avoir tout suivi en détail, il a quand même réussi à nous surprendre au final.

 

Il y a une fascination générale pour les films de braquage, et pour ceux qui en dévoilent les moindres détails de la préparation. Cette fascination s’explique aisément par le fait que la très grande majorité des spectateurs sont tout bonnement honnêtes et qu’un tel acte est attractif car interdit. Il en va de même des films d’évasion où le spectateur se projette dans ce genre de héros qui en fin de compte risque, voire joue sa vie sur un plan extrêmement risqué.

Il s’agit, bien sûr du remake de L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone, 1960 – Ocean’s Eleven en VO), mais quarante ans après, les mœurs ont évolué : alors que ce dernier film se terminait un peu comme L’ultime Razzia (Stanley Kubrick, 1956), avec l’argent malencontreusement perdu pour les braqueurs, ici le braquage sera un succès total*. Qui en aurait douté avant de voir le film ?

 

Il faut dire que les protagonistes – les 11 du titre – sont magnifiques. Du plus jeune – Yen (Shaobo Qin) – au plus âgé – Saul (Carl Reiner, père de Rob) – respectivement 19 et 79 ans, nous assistons à un casting de rêve : que ce soit dans l’intrigue comme sur l’écran.

Il n’y a ni ordre ni préséance dans cette organisation. Danny, s’il amène le coup n’est pas pour autant le chef de ce gang. Ou alors un tout petit peu. Rusty (Brad Pitt) ou tout autre est un engrenage indispensable de cette grande machinerie qu’est ce braquage qui en devient légendaire.


Et quand le film se termine, on peut très bien s’en contenter. Au moment de la sortie, il n’était pas encore question d’en faire une suite. Mais la tournée promotionnelle aura raison de Soderbergh : lors de son passage en Italie, il imagine rapidement une suite, qu’il mettra trois ans à nous présenter, reprenant (condition sine qua non ?) les mêmes protagonistes, dont Carl Reiner qui, à 85 ans sera même dans le troisième opus (il sera même dans le produit dérivé...).

 

Mais, là encore, ceci est une autre histoire.

 

 

* L’est-ce vraiment ? Y aurait-il eu une suite si ce fut un vrai succès ?

 

PS : le titre original n’a pas été, cette fois-ci, traduit en France. En effet, réutiliser L’Inconnu de Las Vegas, comme ce fut le cas au Québec, ne correspond pas vraiment à l’intrigue. Danny Ocean est très bien connu des services de police d’une part, et de Benedict d’autre part, grâce à sa fréquentation de Tess.

 

 

 


 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Lionel Barrymore, #James Stewart, #Comédie
La Vie est belle (It's a wonderful Life - Frank Capra, 1946)

On a (presque) tous dit, dans un moment de déprime : « si seulement je n’étais pas venu au monde ! ». C’est le cas de George Bailey (James Stewart), directeur – malgré lui – d’une agence de prêts à base associative de Bedford Falls (New York).

Il faut dire qu’en quelques heures sa situation a beaucoup évolué, surtout défavorablement, grâce entre autres à l’action maléfique du potentat local : Henry F. Potter (Lionel Barrymore).

Mais Clarence (Henry Travers), son ange gardien veille.

 

Frank Capra nous offre ici l’une des plus belles histoires de noël qui soit. En effet, cette histoire, plutôt improbable, mais là n’est pas la question – allie le merveilleux à la réalité avec brio, et encore une fois, quand le film se termine, on ne peut éviter de garder le sourire quelques instants… Et, à l’instar du Kid de Chaplin, une petite larme au coin de l’œil.


Il est d’ailleurs étonnant que ce film fût si peu proposé à la télévision française en période de fêtes de fin d’année.
Certes, de nos jours, les chaînes de télévision françaises – sauf ARTE, mais c’est normal, c’est une chaîne franco-allemande – relèguent les films en noir et blanc en deuxième voire troisième partie de soirée (quand elles n’en proposent aucun, si vous voyez de laquelle je veux parler…), mais quand j’étais plus jeune il en était déjà de même à propos de ce film que mon ami le professeur Allen John et moi-même n’avons découvert que fort tard.

 

Et pourtant, quel beau film.

Capra a toujours eu l’art de filmer des histoires optimistes sur l’amitié. Et ici, on retrouve un apparentement avec Vous ne l’emporterez pas avec vous, ne serait-ce que par la présence de plusieurs acteurs dans ces deux films : James Stewart, Lionel Barrymore ou encore H.B. Warner (Gower, le pharmacien) pour ne citer qu’eux. Sans oublier la belle Donna Reed… Tous donnant une large palette de personnages plus ou moins truculents, créant un microcosme rappelant ici l’un des piliers de la société américaine : le célèbre « Melting pot ».

De plus, George Bailey est proche de Tony Kirby (Vous ne l’emporterez pas avec vous) de par sa fougue juvénile et ses projets fous.


Dans une première partie, on assiste aux événements marquants de la vie de George, événements qui deviendront cruciaux dans une deuxième partie qui nous montrera le devenir de sa ville et de ses habitants s‘il n’avait pas vécu.
Car c’est là que la magie opère : Clarence, avec l’aide de sa hiérarchie (Saint Joseph & Co), va montrer à un George sceptique les répercussions sur les lieux et les gens de son absence originelle. Et le résultat est franchement déprimant.
C’est aussi une des marques que laisse le film – avec le sourire – sur le spectateur qui ne peut se demander ce qu’aurait été la vie de ses proches sans son intervention plus ou moins fortuite.

Et une fois cette (brève) introspection réalisée, on se dit que finalement chacun a sa place dans cette vie pas toujours drôle ni facile, mais qu’on y a tout de même contribuer à la rendre un tout petit peu meilleure.

 

Mais la grande différence avec Vous ne l’emporterez pas avec vous, c’est la place encore plus importante de l’amitié, et le rôle de George dans cette communauté. Alors que Vanderhof était malgré tout un individualiste, George est véritablement le chantre de cette cohésion sociale que représente son agence de prêts. Et l’expansion de son espace communautaire (Bailey Park) rappelle l’action de John & Mary Sims dans Notre Pain quotidien (King Vidor, 1934), qui se passe, chronologiquement parlant, à la même époque.

Et puis il y a la générosité des personnages – déjà entrevue dans la scène de procès de Vous ne l’emporterez pas avec vous, avec cette foule de gens venue soutenir les personnages principaux là encore dans une situation de détresse.

 

Mais le film fonctionne aussi grâce à l’opposition de deux grands acteurs : James Stewart et Lionel Barrymore. Alors que George Bailey est un optimiste un tantinet utopiste, Potter, lui, est un réaliste de la pire espèce : un financier. Il y a un peu de Scrooge (A Christmas Carrol - Charles Dickens, 1843) dans Potter : ce méchant avare qui, la nuit de Noël, est visité par les esprits des noëls passés. Mais si Scrooge s’amende, il n’en va pas de même de Potter, infâme vieillard frustré bouffi d’orgueil par sa richesse. Et l’infirmité réelle de Lionel Barrymore, qui ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant, accentue ce pouvoir corrupteur de l’argent sur Potter, qui reste insensible à tout sentimentalisme, et donc à cet esprit de Noël qui baigne le film.
En face de lui, James Stewart nous offre un George Bailey capable de nous faire (sou)rire et émouvant à souhait, sans pourtant tomber dans l’excès : humain, donc. Il est un homme qui sacrifie ses aspirations, ambitions et projets pour les autres – le bien commun et en cela Capra va ici plus loin que dans Vous ne l’emporterez pas avec vous – et qui, s’il n’est pas riche d’argent, l’est d’amis. Et, comme le dit le dicton : « c’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis ». Alors George est un homme riche, encore plus riche que ne l’était Vanderhof.

 

Un film qui, s’il est marqué par le temps (l’action se termine en 1945), traite d’un sujet qui reste (et restera) toujours intemporel.

Et qui, en plus, fait du bien…

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