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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Maurice Tourneur, #Mary Pickford
Fille d'Ecosse (The Pride of the clan - Maurice Tourneur, 1917)

Ile de Killean, Ecosse.

Ce sont les McTavish qui dirigent le clan. Mais le chef vient de mourir en mer et c’est sa fille Marget (Mary Pickford) qui doit prendre sa suite dans cette contrée de mécréants.

Marget est amoureuse de Jaimie Campbell (Matt Moore), qui le lui rend bien, et ils se fiancent à la fête rituelle de St Collun.

Mais Jaimie apprend qu’il n’est pas celui qu’il croit. Sa vraie mère (Kathryn Browne-Decker) vient le chercher. Il doit quitter Killean, Marget doit l’oublier…

 

Il s’agit du premier fil de Mary Pickford, cette année-là, ainsi que le premier qu’elle tourne avec Maurice Tourneur. C’est un petit mélo tout à fait honnête mais tout de même bien prévisible et qui aurait mérité un peu plus de panache. Mais nous sommes en 1917, et Tourneur n’a pas encore pris convenablement la mesure de la star qu’il a en face de lui. Rassurez-vous, ce sera le cas pour le film suivant.

 

Nous avons donc une Mary Pickford qui n’est ni une femme, ni une petite fille. Une jeune adulescente, si vous me permettez l’expression. La première vision qu’on a d’elle est celle d’une jeune fille insouciante, mais cette image est vite balayée par le naufrage du bateau de son père. Elle va donc mûrir d’un coup.

On retrouve tout de même son côté comique dans quelques scènes, dont celle où elle a décidé de ramener tous les mécréants de l’île à l’église, utilisant comme stimulant le fouet traditionnel des McTavish.

 

Mais, en dépit de ces quelques éléments comiques, le film est un drame : elle ne peut plus se marier avec celui qu’elle aime, alors elle décide de dériver avec son bateau/logis, voguant rapidement vers, une mort assurée : l’embarcation prend presque immédiatement l’eau.

Mais depuis que D.W. Griffith est passé au long métrage (et même avant, d’ailleurs), nous aurons droit à un sauvetage (en mer, évidemment) de dernière minute. Je ne vous dis pas qui va la sauver, mais si vous réfléchissez un tout petit peu, ce sera rapidement clair dans votre esprit.

 

Reste un petit film du grand Tourneur. Un peu prévisible, mais surtout en dessous du niveau de Mary Pickford et Maurice Tourneur, mais servi tout de même par un bon montage de Clarence Brown, qui a en plus dirigé la deuxième équipe. Avec en prime un montage parallèle entre l’eau qui envahit de plus en plus le bateau alors que la pauvre Marget essaie vainement de sortir de la cale où elle s’était réfugiée.

 

Je rejoins enfin mon grand ami le professeur Allen John en ce qui concerne la mise en place du contexte qui n’a rien de folklorique, mais est avant tout rythmé par le ressac inlassable. De plus, on notera une utilisation des silhouettes très subtile :

On peut y voir un promontoire rocheux d’où se détachent trois silhouettes légèrement écartées (à gauche) et le reste des personnes un peu plus à droite, la tête penchée vers les trois autres.

Peut-on y voir un écho du Calvaire ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Howard Hawks
L'impossible Monsieur Bébé (Bringing up Baby - Howard Hawks, 1938)

David Huxley (Cary Grant) a une vie (très) bien rangée. Il est paléontologue et travaille actuellement sur le squelette d’un brontosaure avec son assistante Alice Swallow (Virginia Walker), qu’il doit en outre épouser très vite. Mais le musée qui l’emploie a besoin d’argent. Et en allant démarcher un généreux mécène, il rencontre Susan Vance (Katharine Hepburn).

Et là, sa vie bascule… Au sens propre comme au sens figuré !

 

Depuis l’arrivée du parlant, la comédie américaine vit un deuxième âge d’or. Après le burlesque (« slapstick » comme ils disent), voici les comédies loufoques (« screwball »), pour reprendre un terme très en vogue quand le film est sorti*.

Et ici, nous avons un exemple de la quintessence de ce genre de comédie. Il faut dire que le duo Hepburn-Grant y fait pour beaucoup. C’est la deuxième fois qu’ils tournent ensemble, et cette fois-ci, pas de scandale** en vue. Malgré tout, Katharine Hepburn prend sa revanche sur un Cary Grant déphasé, le menant adroitement là où elle le veut. Et même où elle ne le veut pas.

 

Il y a dans cette comédie une volonté d’amener une situation presque ordinaire à un degré de loufoquerie absolu. A chaque séquence son détail supplémentaire pour arriver à un point culminant (très) improbable, mais tout de même plausible au vu de ce que nous connaissons, nous spectateurs.

Nous arrivons à un tel degré de maestria comique qu’on s’en demande (presque) si c’est bien le même cinéaste qui a tourné Scarface quelques années plus tôt.

La réponse est oui, sans hésitation. Howard Hawks maîtrise son sujet d’un bout à l’autre, épaulé par le duo (d’enfer) Hepburn-Grant en très grande forme.

 

Et Cary Grant nous montre qu’il n’est pas cantonné dans des rôles où il maîtrise tout, et surtout sa partenaire féminine. Il est ici la principale cible du film : un de ces savants frustrés bien stéréotypés du genre « crâne d’œuf ».
En face de lui, nous avons une Katharine Hepburn dans un rôle que je qualifierai « sur-mesure », une femme séduisante mais un tantinet excentrique, et surtout extrêmement forte. Il n’est absolument pas possible de lui résister.

 

En rencontrant Susan, David a réellement la vie qui bascule : il est dans un univers qui lui échappe totalement, absolument imprévisible et dirigé par une femme comme il n’en a jamais connu. Il faut dire que celle qui lui était promise appartient à la même caste que lui : c’est une « crâne d’œuf ». Leur union à venir n’est qu’un prolongement de leur profession/passion, sans aucune place pour ce qui fait le sel de la vie : les sentiments, et surtout l’amour.

 

Alors Susan va l’éveiller aux sentiments. L’aventure qu’ils vont vivre sera incroyable, improbable (etc. Tous les adjectifs en in- ou im- me semblent correspondre) mais arrivera au bout du compte à l’effet recherché : il terminera avec elle.

Mais alors, quelle comédie ! Cela demande beaucoup de ressources pour arriver à un tel résultat : ça tombe bien, Hawks et Hepburn n’en manquent pas. Et la belle Katharine nous étale l’étendue de sa palette d’artiste. Elle est tour à tour ingénue, femme fatale, femme « affranchie », le tout avec chaque fois un accent différent dans la voix (d’où l’intérêt de la VO !). Cette voix modulable fera le bonheur des artistes de dessins animés de la Warner Bros, utilisant cette voix qui se révèle d’une haute sensualité (voir Cinderella meets Fella de Fred Tex Avery, entre autres).

 

102 minutes de pur bonheur avec d’immenses stars. On peut difficilement rêver mieux…

 

 

PS : quant au titre francisé, « parlons d’autre chose, on pourrait se fâcher… »

 

* 1938 a vu naître en France l’Os à Moelle, « organe officiel des loufoques », dirigé par leur maître par excellence : l’immense Pierre Dac (1m63).

 

** Sylvia Scarlett (George Cukor, 1935) fut un échec total, malgré la présence des deux vedettes. Mais le sujet abordé n’était pas d’actualité dans une industrie du cinéma qui avait resserré les boulons l’année précédente avec l’entrée en vigueur du code Hays.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Science Fiction, #Robert Zemeckis
Retour vers le Futur (Back to the Future - Robert Zemeckis, 1985)

Visitez Hill Valley !

Son cadre agréable. Son maire de couleur en route pour une réélection. Sa mairie où trône une pendule arrêtée depuis 1955. Son savant fou qui a inventé une machine à voyager dans le temps.

 

Qui n’a pas rêvé de voyager dans le passé, histoire de changer un ou deux trucs, en espérant une meilleure vie après. H.G. Wells avait montré la voie avec son roman La Machine à explorer le temps, mais c’était plus une allégorie qu’un véritable voyage scientifique, comme le présente Doc.

D’autres adaptations sont venues et continuent encore d’arriver, surtout avec le cinéma et les progrès dans l’utilisation du numérique.

Mais en 1985, quand le film sort, le numérique sert essentiellement aux disques laser, et pour le reste, il faut bricoler les effets spéciaux à l’ancienne.

Mais qu’importe, on a toujours fait comme ça.

 

Et cette fois-ci, le vrai changement, c’est que ce voyage dans le temps est avant tout une occasion de s’amuser. Cela demande un minimum de cohérence narrative, mais Robert Zemeckis n’est plus un novice et son histoire tient (presque complètement*) la route.

Et sans éluder les bases du paradoxe temporel, il nous offre une comédie magnifique qui ne sera surpassée que par le deuxième opus. Mais revenons au film.

 

Le paradoxe temporel, c’est un avatar du complexe d’Œdipe : vous voyagez dans le passé ; vous tuez accidentellement votre père ; vous rencontrez une belle jeune fille qui tombe amoureux de vous et vous l’épousez. Sauf que cette belle jeune fille est votre future mère, ou celle qui aurait dû l’être… Bref, c’est bien compliqué tout ça.

Pourtant, quand Zemeckis nous raconte les aventures de Marty McFly (Michale J. Fox), l’histoire se déroule simplement. Les « pièges du paradoxe » – dans lesquels tombent Marty avant de s’en extirper – pimentant avantageusement le film.

[Il ne tue peut-être pas son père (Crispin Glover), mais il prend tout de même sa place dans le cœur de celle qui doit devenir sa mère (Lea Thompson…]

 

Heureusement, son ami de toujours, Doc Brown (Christopher Lloyd) – le savant fou – lui ramène les pieds sur terre et nous laisse espérer (à Marty comme à nous spectateurs) une fin heureuse.

Et ce paradoxe est une source de gags inépuisable. Entre ce que racontent ses parents sur leur vie pré-maritale et la réalité qu’il découvre, il y a un fossé bien compréhensible. Mais, et c’est au bout de plusieurs visionnages qu’on mesure mieux l’impact de la machine de Doc. Certes la vie de Marty va beaucoup s’améliorer, mais ce sont les détails parsemés par Zemeckis qui donnent toute la saveur au film : les deux pins, Goldie Wilson (Dan Fullilove) rêvant de devenir maire, l’alcoolisme de la mère…

 

Il y a pour chaque élément de la première séquence (avant le voyage à proprement parler) un détail qui va justifier la séquence de résolution, quand Marty rentrera dans son époque. Même la musique de son radio-réveil est en accord avec l’intrigue : Back in Time chanté par Huey Lewis & the News.

 

 

PS : dernier paradoxe : Michael J. Fox est plus âgé que ceux qui interprètent les parents de Marty…

 

* Oui, vous l’avez vu comme moi, quand Doc dépose Marty chez lui et s’en va, on aperçoit les flashes du processus beaucoup trop rapidement… Mais n’oubliez pas : c’est du cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Mary Pickford, #Marshall Neilan
Petit Démon (Rebecca of Sunnybrook Farm - Marshall Neilan, 1917)

Rebecca est l’aînée dune grande fratrie : sept enfants. Mais ses parents ne sont pas riches.

Heureusement, ses tantes Miranda (Josephine Crowell) et Jane (Mayme Kelso) décident de la prendre chez elle.

Enfin pas si heureusement que ça : ses deux tantes sont de vieilles filles qui ont le cœur brisé pour l’une et  une pompe sanguine pour l’autre. Alors évidemment, à un moment, ça ne va plus du tout.

 

Il s’agit du cinquième et avant-dernier film de Mary Pickford qui sort cette année-là. Il s’agit du cinquième et avant-dernier film de Mary Pickford qui sort cette année-là. On retrouve Frances Marion pour une histoire sur mesure, comme d’habitude, et aux commandes cette fois-ci, Marshall Neilan.

Elle est encore une petite fille, enfin une petite jeune fille.

On a alors droit au jeu habituel où Rebecca (dans ce film) n’est pas une petite fille facile.

Dès son arrivée, elle se fait une ennemie mortelle, Minnie Smellie (Violet Wilkey) et une amie pour la vie, Emma Jane Perkins (Marjorie Daw).

De plus, elle nous montre l’étendue de son talent en chassant la première et en grimpant cueillir des cerises pour la seconde.

Bref, une gamine espiègle qui ne se laisse pas marcher sur les pieds (comme d’habitude, quoi…).

 

Encore une fois, je m’insurge contre la traduction française un rien simpliste. « Petit Démon » n’est pas à proprement parler adéquat pour Rebecca. Certes, elle est turbulente, mais être un démon impliquerait une dose de méchanceté qu’elle n’a pas. L’exemple le plus parlant est l’organisation d’une représentation de cirque auquel elle participe avec d’autres enfants de l’école. Il y a une envie de distraire les autres. Bref, elle a plutôt tendance à faire (un peu) son intéressante.

 

Mais vu le degré d’humour de ses tantes, il n’est pas étonnant qu’elles (seules) puissent la considérer comme un petit démon.

D’ailleurs, il n’y a pas de véritable méchant dans ce film. Et l’intérêt s’en trouve tout de même un peu émoussé. En effet, mise à part Minnie Smellie (rien que le nom n’engage pas), les personnages rencontrés sont plutôt bienveillants. Même les deux tantes ne sont pas si méchantes que ça, et de toute façon leurs interventions ne sont pas très fréquentes.

Mais s’il n’y a pas de méchant, il y a un (très) gentil : Adam Ladd  (Eugene O’Brien), que Rebecca, dans sa naïveté, appelle « Aladin ». C’est un gentil peu crédible (il revient de la Ville, riche et intact…), mais qu’importe, il est un instrument du destin dans la vie de Rebecca, qui finira inévitablement avec lui.

 

Ce premier film de Mary Pickford avec Marshall Neilan n’a pas la qualité du suivant, peut-être parce que les rôles ne sont pas assez clairs, mais il n’empêche pas tout de même une certaine émotion, amenant Mary Pickford a laisser son côté petite fille pour la femme qui est en elle. A deux moments, la tragédie semble s’installer, et à chaque fois Mary est toujours aussi formidable.
Quant à son retour du pensionnat, trois ans après, il est impressionnant. Elle est toujours la même (et pour cause) mais un je ne sais quoi s’est opéré pendant cette ellipse qui la fait paraître (presque) son âge, et donc prête à sa vie de femme avec qui vous savez.

 

Il suffit peu de chose, au cinéma, pour que la magie s’installe…

 

PS : Zasu Pitts fait une apparition dans le film. Serait-elle la fille qui reçoit du foin sur la tête pendant le spectacle ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Powell, #Emeric PressBurger
A Canterbury Tale (Michael Powell - Emeric Pressburger, 1944)

Chillingbourne (Kent), vendredi soir, avant minuit.

Alison Smith (Sheila Sim), Peter Gibbs (Dennis Price) et Bob Johnson (John Sweet) se rencontrent sur le quai de la gare. Elle vient travailler dans une ferme, ils sont soldats.

C’est la guerre.

 

Le titre le laissait supposer, Powell et Pressburger l’ont fait : le film s’ouvre sur les pèlerins de Chaucer qui se rendent à Canterbury. Mais ils sont rapidement remplacés grâce à une magnifique ellipse par une autre sorte de pèlerins : les usagers du train qui s’y rendent. Ou plutôt qui voudraient s’y rendre, dans le cas de Bob Johnson qui n’a pas bien compris l’annonce du chef de gare.

Mais finalement, cette erreur est l’instrument du Destin. Car cette rencontre inopinée devient pour eux le début d’une aventure étrange qui les mènera malgré tout à Canterbury où ils se révèleront.

 

Il y a dans cette histoire, ce conte, une structure très classique où les trois personnages vont évoluer pour arriver à la transfiguration finale inévitable. Leur route est peuplée d’adjuvants (les enfants) comme d’opposants (Thomas Colpeper – Eric Portman dans un certain sens). Mais il y aura résolution heureuse.

Et finalement, le dernier protagoniste de cette histoire reste la cathédrale, lieu de rencontre où tous finissent et où les destins s’accomplissent.

La dimension mystique du lieu tourne presque à l’obsession – celle de Colpeper qui croit aux miracles, par exemple – et dès que possible, la cathédrale est placée dans le champ de la caméra.

Lointaine tout d’abord, puis de plus en plus proche, elle est la quête à atteindre, cette quête redevenant symbolique pour ces personnages du XXème siècle – siècle de raison et de guerre – montrant à tous que les anciennes traditions ont finalement du bon : finalement, peut-être que Colpeper a raison de croire aux miracles.

 

Parce que dans le champ de la caméra et hors champ, il y a la guerre. Les soldats – l’un américain, l’autre anglais – sont alliés. Alliés dans le conflit et dans leur traque de ce drôle de criminel qui choisit des jeunes femmes pour leur réserver un méchant tour.

Cette guerre est omniprésente, même dans Chillingbourne, qui semble un havre de paix, loin de Londres. Pourtant, à quoi jouent les enfants ? A la guerre, évidemment. Et cette guerre, si elle n’est qu’un jeu pour eux, ne l’est finalement pas. La scène de bataille comporte des canons qui dégueulent leur explosif, des épées, des pistolets en bois, des fusils à baïonnette… Et même un enfant – le plus petit – qui pleure devant cette violence.

Mais la guerre qui semble si lointaine aux yeux des adultes donne toute sa mesure quand Alison déambule dans Canterbury : là où s’élevaient des maisons, on ne voit plus que des trous, des ruines et des pancartes indiquant où on peut trouver maintenant les commerces détruits*.

 

Mais malgré ces malheurs, le film donne un espoir aux spectateurs. Finalement, tout se terminera bien. Et pourtant, quand le film est montré pour la première fois (11 mai 1944), le second front n’est pas encore ouvert.

Powell et Pressburger nous propose bien un conte, et sa résolution est un beau message d’espoir pour les spectateurs, qui sera renforcé lors de la sortie le21 août : les Alliés seront aux portes de Paris.

 

 

* 135 raids aériens
 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Comédie dramatique, #Pierre Gaspard-Huit
Le Capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit, 1961)

Retour à Sigognac. Le château est toujours en ruines, le baron (Jean Marais) toujours fauché et c’est toujours la même troupe de comédiens qu’il rencontre. Parmi eux, toujours la même ingénue, Isabelle (Geneviève Grad).

Et encore une fois, l’ignoble duc de Vallombreuse (Gérard Barray) veut la posséder (dans tous les ses du terme).

 

 

Quatrième adaptation française, cette fois-ci, elle est en couleur. Et plus de chanson, si ce n’est quelques refrains de corps de garde, plutôt anecdotiques.

On retrouve le rythme qui contribuait au charme de la version de Cavalcanti, et les dialogues n’ont ni la pompe ni l’ennui de ceux de la version Gance.

Bref, nous assistons à un divertissement honnête où les combats spectaculaires s’enchaînent, le tout dans un ton de comédie plus marqué : on tremble et on rit.

 

 

Jean Marais reprend à nouveau un rôle de cape et d’épée, et son adversaire – Gérard Barray – va bientôt prendre sa place dans les films d’André Hunebelle : ça pourrait presque être un passage de témoin.

Sauf que Vallombreuse est toujours du mauvais côté, essayant soit de ravir l’ingénue soit de trucider son amoureux.

 

A propos de l’ingénue, nous avons enfin une actrice qui convient parfaitement au rôle : Geneviève Grad, qui l’interprète, n’a même pas 17 ans quand le film sort !

On est bien loin d’Assia Noris qui, si elle était belle, avait tout de même 15 ans de plus quand elle a interprété cette partie.

 

 

Certes la version de Pierre Gaspard-Huit* n’atteint pas la virtuosité de Cavalcanti, mais son film se laisse regarder avec beaucoup de plaisir, surtout quand on y découvre à chaque coin de pellicule quelques noms  qui vont s’imposer dans les dix années suivantes : Philippe Noiret, Jean Rochefort, Guy Delorme (pas encore le méchant bretteur que Gérard Barray retrouvera sur sa route dans les films de cape et d’épée futurs), et la star montante de l’époque, Louis de Funès. Ce dernier possède déjà ses mimiques qui le rendront célèbre, et il compose avec Noiret un duo fort mal appareillé (ils ne « boxent » pas dans la même catégorie) mais tout de même comique car complémentaires.

 

Et puis les combats à l’épée retrouvent l’éclat de la première adaptation : ils sont plus naturels, plus spontanés… Un véritable ballet mais qui s’enchaîne avec fluidité. Il faut dire que Marais commence à être rompu à ce genre de personnage. Par contre, si le ton du film est très souvent comique, il n’en va pas de même pour lui, son rôle restant toujours sérieux.

 

 

D’un autre côté, les seconds rôles remplissent largement les fonctions comiques, alors ne boudons pas notre plaisir...

 

* qui nous a quittés l'an passé, il avait tout de même 99 ans !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Abel Gance
Le Capitaine Fracasse (Abel Gance, 1943)Cape

Même lieu, même histoire que pour le film de Cavalcanti.

Mais cette fois-ci, c’est parlant.

Et c’est peut-être là qu’est le problème.

En effet, non seulement le film est parlant, mais il est en plus (très) musical, la présence de Vina Bovy, cantatrice « de l’Opéra », en étant la raison*.

 

On retrouve, dans l’ensemble, les mêmes ressorts de l’intrigue, mais la magie du film précédent n’y est pas.
Si Abel Gance était un très grand réalisateur – Napoléon étant l’un des tout meilleurs films au monde – son capitaine Fracasse est tout de même moins enlevé.

C’est très beau. Les prises de vue sont pertinentes et magnifiques, mais ça ne prend pas.

On s’ennuie. Enfin, je me suis ennuyé.

 

Il y a de l’emphase et de la lourdeur qui ne sied pas à un tel thème. Certes, le roman de Théophile Gautier est épais, mais il n’était pas nécessaire de contaminer le film de cette épaisseur. Même les scènes d’action – en particulier les duels à l’épée – n’ont pas le rythme ni le bondissant des films du genre.

 

Il manque le souffle du film de Cavalcanti, malgré un premier duel entre Sigognac (Fernand Gravey) et Vallombreuse (Jean Weber) qui se déroule dans un cimetière est plutôt inspiré.
En effet, Gance mêle à l’intrigue de la pièce jouée par la troupe du Matamore (Sigognac) avec le duel qui se déroule en même temps plus loin. On a alors droit à une série d’alexandrins (un des exercices très prisés de Gance) et une unité temporelle, sinon locale, de l’action jouée.

Les alexandrins sont en outre déclamés sans trop de grandiloquence.

Ah, si le reste avait pu être identique…

 

L’intrigue – librement adaptée du roman – se resserre autour de Sigognac. Exit les frasque d’Agostin (Lucien Nat) et Chiquita (Jaqueline Florence), qui ne sont ici que des adjuvants, délaissant leur mauvais côté définitivement.
Par contre, le pendentif, seulement évoqué dans le film précédent, prend toute sa signification, devenant le véritable objet du destin des personnages (comme ce sera le cas dans le film de Gaspard-Huit en 1961).

 

A propos de la distribution, si Gravey nous gratifie d’un Sigognac honorable, il est par contre un magnifique Matamore, plus vrai que son prédécesseur dans le film (Paul Œttly) comme dans celui de Cavalcanti : normal, Matamore est avant tout un personnage parlant qui se vante d’exploits tout aussi grandioses qu’imaginaires.

Quant à Isabelle (Assia Noris) – l’ingénue – elle est malheureusement trop mûre. En effet, Melle Noris avait déjà 30 ans quand le film a été tourné, un âge beaucoup trop élevé pour un tel rôle.

Dame Léonarde, la duègne est quant à elle une belle réussite : on retrouve avec plaisir Alice Tissot (qui fit ses classes auprès du grand Louis Feuillade) : vénérable et intrigante, elle arbore en outre un fin duvet brun peu féminin mais tellement pittoresque, voire réaliste.

 

Parce que si Gance s’englue un peu dans l’intrigue, il est tout de même très scrupuleux quant au réalisme de l’histoire. Parce que Gance est très précis dans son film. Le sort des comédiens est très bien rendu (excommuniés, enterrés à même la terre…) dans ce contexte historique marqué par la présence de l’arrêté anti-duel prononcé par le Cardinal de Richelieu et bien connu des amateurs d’Alexandre Dumas.
La première partie du film, dans le château de Sigognac est aussi très bien rendue, les ruines plus ou moins apparentes chez Cavalcanti sont ici « réelles » et on comprend encore mieux le choix de Sigognac de fuir un tel logis.

Mais cette recherche de l’authentique se fait sentir dans le traitement de l’intrigue à proprement parler comme je l’ai déjà écrit plus haut.

 

Un film mitigé, pour une époque qui l’était tout autant, et la faim que pouvaient ressentir les protagonistes au début était aussi une réalité pour les spectateurs de l’époque…

 

P.S. : on pourra remarquer un jeune acteur, dont c’est le deuxième film, qui interprète l’ami de Vallombreuse, M. Vidalenc : Jacques François.

 

* Oui, La Bovy a une très belle voix. Mais malheureusement pour elle, sa technique vocale est passée de mode et nous fait plus penser à la Castafiore qu’à une beauté sur le retour.

Elle chante très bien, certes, mais à la longue, c’est un tantinet lassant.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Alberto Cavalcanti
Le Capitaine Fracasse (Alberto Cavalcanti, 1929)

Le château de Sigognac, en ruines, au temps de Louis XIII.

Le baron de Sigognac (Pierre Blanchar) est un noble seul, désargenté, désillusionné.

Passe une troupe de comédiens dont Isabelle (Lien Deyers) l’ingénue, ne le laisse pas indifférent.

Il va suivre cette troupe en espérant retrouver sa fortune passée.

 

Avec la fin du muet, ce sont de magnifiques films qui clôturent cet âge d’or du cinéma.

1927 a apporté son (gros) lot de chefs-d’œuvre. Mais le cinéma muet n’est pas encore mort. Ses derniers soubresauts vont encore perdurer jusqu’en 1931, quand Chaplin sortira le dernier véritable film muet de cette période : Les Lumières de la ville.

 

Alberto Cavalcanti est un réalisateur malheureusement oublié qui tourna pourtant pendant plus de 40 ans, passant du muet au parlant sans problème, et tournant son dernier film en 1971.
Ici, il adapte le roman de Théophile Gautier, pour la première fois dans un long format.

Et ce qui frappe de prime abord dans ce film, c’est la maîtrise de la caméra. Tout au long du film, la caméra maniée par Georges Benoît ou/et Paul Portier est au cœur de l’intrigue. Il y a une variété de plans différents pendant les 92 minutes que dure le film qui nous laissent sidérés : travellings (avant, arrière, latéral), panoramiques, caméra subjective (1), champ, contrechamp… C’est un festival.
Il y a une utilisation optimale des techniques tout le long du film, avec en plus un montage dynamique, rythmé et riche : fondu enchaîné, montage parallèle…

On ne sait plus où donner de la tête devant un tel degré de virtuosité.

 

Certes on a pris des libertés avec le roman de Gautier, mais qu’importe, nous avons ici un Fracasse plutôt fracassant (2) ! Et Pierre Blanchar est un Sigognac arborant une figure mélancolique comme on le verra faire souvent dans la décennie suivante, mais tout de même joyeux de sa bonne fortune et des son amour pour la belle Isabelle.


En plus d’un très beau film,

Nous trouvons quelques personnalités qui s’épanouiront dans cette même décennie suivante.

En face de Pierre Blanchar, Charles Boyer – qui est déjà un séducteur redoutable même s’il est éconduit – campe un Vallombreuse haïssable à souhait pour les spectateurs de 1929, roué en diable et bretteur habile.

Dans un rôle de duègne théâtrale – déjà du sur-mesure ? – on peut admirer Marguerite Moreno, qui n’est pas encore la Thénardier de Raymond Bernard, mais déjà une matrone bien en chair. Mais son physique ne lui permet que de jouer les entremetteuses…

Enfin, si on regarde bien, on peut que l’un des sbires de Vallombreuse ressemble à s’y méprendre à Marcel « Mazamette » Lévesque, homme de main de Vallombreuse, dans une très courte apparition dans le combat final. Mais je peux me tromper (3).

 

Je ne dirai assez que cette première longue version de Fracasse est sinon la meilleure, du moins une des plus belles. Et surtout un immense plaisir les cinéphiles de tout crin, tant le film est magnifiquement maîtrisé. Il ne lui restait plus qu’à maîtriser cette nouvelle technique qui allait déferler des Etats-Unis : le parlant. Ce sera chose faite l’année suivante avec Le petit Chaperon rouge.

 

Aujourd’hui, il est temps de redécouvrir ce grand cinéaste.

 

 

(1) Sigognac regarde autour de la table ses convives manger, alors que la caméra nous les fait défiler en même temps que son regard

 

(2) Je sais, elle était facile.

 

(3) Il existe un trou dans la filmographie de Marcel Lévesque entre 1927 et 1931. Toutes les conjonctures sont donc possibles.

 

Le Capitaine Fracasse (Alberto Cavalcanti, 1929)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lautner, #Jean Gabin, #Michel Audiard
Le Pacha (Georges Lautner, 1968)

Jean Gabin.

Michel Audiard.

Georges Lautner.

Le trio gagnant.

 

En 1968, avant les événements de mai, ces trois-là nous proposent un énième film policier. La gouaille de l’un, les dialogues de l’autre et la mise en scène claire du dernier et c’est dans la boîte.

En plus, les copains (comprenez : les seconds rôles habituels) sont là :

- André Pousse, tout d’abord, qui avait troqué son vélo pour la vie nocturne parisienne avant de se recycler (c’est le cas de le dire) dans le cinéma ;

- Dominique Zardi et son compère Henri Attal, inséparables seconds couteaux (voire troisièmes)

- Sans oublier l’éternel Robert Dalban et son gros pif.

Du côté féminin, c’est plutôt léger : mais si l’actrice se fait rare, ce n’est pas la première venue : Dany Carrel (qui fêtera ses 86 ans cette année) puisque ça fait déjà 15 ans qu’elle fait du cinéma.

 

Mais alors que tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment et rigoler un bon coup, Lautner et son équipe nous proposent un film d’une noirceur peu habituelle chez ce dernier.

Certes, les bons mots sont toujours là (1), mais le ton est froid, terrible, implacable.
Et tout le monde est dans ce ton. Pas de surjeu : Gabin est sobre ; André Pousse est glaçant.

 

Il s’agit d’un véritable film noir. Et violent.

Quinquin (André Pousse) est un tueur terrible, sans aucun scrupule. On est bien loin de Fred l’Elégant dans Les Enfants du Bon Dieu qui sortira six mois plus tard.

Ca flingue à tout va, au pistolet, bien sûr mais aussi à la mitraillette et au bazooka. Bref, Lautner a sorti l’artillerie lourde.

 

Mais il n’y a que l’artillerie qui est lourde. Pour le reste, c’est un film très épuré qui nous est offert. Peu de mots, des décors froids et déserts, voire mortuaires ou mortifères. La nature repose sous une couverture blanche, pendant que Quinquin abat ses complices les uns après les autres. Tout est mort.

Le final se fait dans un lieu mortifère lui aussi : une usine abandonnée, silencieuse et qui ne résonnera que des coups de feu.

Aucune chaleur. Tout est froid. Même l’amitié qui lie Joss (Gabin) et Gouvion (Dalban) est froide. Il n’y a plus d’affection entre eux. Que de l’habitude. « Mais, qu'est-ce que tu veux, c'était mon pote ! » déclare Joss à propos de Gouvion  qui vient de mourir. Et si vengeance il y a, ce n’est pas par désespoir. Non, c’est encore par habitude. Avoir buté son vieux pote est une chose qui ne se fait pas, même si c’était un fabuleux emmerdeur.

 

Et puis il y a la musique. Elle est signée Serge Gainsbourg (2), qui fait une apparition, chantant Requiem pour un Con, associé d’entrée de jeu à la mort de Gouvion. Et cette musique faite pour beaucoup de percussion et d’un peu de guitare est absolument dans le ton du film : épurée et froide.

 

 

(1) « Je pense que le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner. » (Gabin)

 

« Oh, tu sais, quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute. » (Gabin)

 

« Albert, crois moi ! Comme copain d'enfance, c'était pas le grand Meaulnes, fallait se le faire. Il n'a jamais arrêté de m'emmerder. Il a pris son élan à la communale […]  » (Gabin)

 

(2) Rencontre au sommet entre Gabin et Gainsbourg au studio d’enregistrement, deux légendes de deux mondes différents : deux regards qui se croisent, deux hommes qui se jaugent. Une parenthèse qui s’ouvre et se ferme presque immédiatement : quelques secondes de flottement…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd
Vive le Sport ! (The Freshman - Fred C. Newmeyer, Sam Taylor - 1925)

Harold Lamb (Harold Lloyd) veut aller à l’université.

Il faut dire que le héros de son film préféré y fait ses débuts, et Harold ne rêve que de l’imiter voire d’en être la nouvelle mascotte.
Et pour ce qui est d’être une mascotte, c’est très bien réussi. Mais pas vraiment comme il l’attendait : il est la risée des étudiants, sans même s’en rendre compte.

Plus dure sera la chute.

 

Deux ans avant Keaton, Lloyd emmène son personnage dans une grande école : l’université.

Et toujours avant lui, c’est par le sport qu’il compte briller. Mais si Buster veut épater une jeune femme, Harold, lui ne veut rien moins que séduire l’université entière.

On retrouve alors le jeune homme naïf qui nous fait toujours autant rire. Parce que son comique, supposé naïf, demande une plus grande attention afin de déclencher les rires du publiques : faire rire tout en faisant semblant de ne pas faire exprès de faire rire, l’une des formes de comiques les plus répandues au temps du muet, du fait de l’absence de paroles entendues.

 

Et c’est un véritable festival, accentué par le décalage entre ce qu’il pense et ce qu’il se passe réellement. Mais plus le film avance et plus le décalage se fait, jusqu’au moment inévitable de la retombée sur terre.

Mais cette désillusion est atténuée par l’amour qui naît entre Peggy (Jobyna Ralston),  la réceptionniste de l’hôtel, et lui. C’est d’ailleurs dès la deuxième séquence qu’on sait, en tant que spectateurs que ces deux-là finiront ensemble. Leur rencontre, base d’un quiproquo, se révèle être une très belle scène d’amour de cinéma.

Il faut dire que le tandem Lloyd-Ralston est très efficace. C’est déjà leur troisième film ensemble (le quatrième si on compte Et puis ça va où la belle Jobyna ne fait qu’une apparition), et il y en aura deux autres dont le superbe Kid Brother.

Le duo fonctionne admirablement, Peggy donnant des ailes au jeune candide afin qu’il se révèle tel qu’il est.

 

Le film fonctionne admirablement : Fred C. Newmeyer et Sam Taylor – encore eux – sont aux commandes et la mécanique est bien huilée.

C’est une succession de situations toutes plus drôles les unes que les autres, étirant, comme d’habitude, un gag jusqu’au bout : le bal où le complet d’Harold part en lambeau est magnifique de trouvailles pour ne pas montrer (aux autres) l’état de plus en plus lamentable de sa tenue de soirée.

 

Quant au sport dont parle le titre français*, c’est, bien entendu, le football (américain). On assiste alors à un match – toujours improbable, et c’est aussi pour ça que le comique fonctionne – où le blanc-bec* va se révéler : malgré lui dans un premier temps, puis volontairement avec en prime le gag du cordon du ballon.

Il s’agit de l’un des plus beaux matches de football du Cinéma (décidément, que de grandeur dans ce film), avec bien sûr celui de M*A*S*H*, 45 ans plus tard…

 

Un film qu’il est urgent de (re)découvrir !

 

 

* Le titre original – The Freshman – signifie le blanc-bec ou le bleu, le nouveau. Bref, cela n’a rien à voir directement avec le sport. De plus, si c’est le sport qui va le révéler aux autres, c’est avant tout parce que le reste n’a pas fonctionné et que c’était la dernière possibilité.

Décidément, les traducteurs de cinéma et moi ne sommes pas souvent d’accord…

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