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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Pirates, #Comédie, #Fantastique, #Herbert Brenon, #Anna May Wong
Peter Pan (Herbert Brenon, 1924)

Ils sont tous là : Peter (Betty Bronson), bien sûr, mais aussi Wendy (Mary Brian) John (Jack Murphy) et Michael (Philippe De Lacy), les enfants perdus, Nana (George Ali) le chien-nourrice, Tiger Lily (Anna May Wong) et les Indiens, et, bien entendu, les pirates menés d’une (seule) main de fer par l’indispensable capitaine Crochet (Ernest Torrence).

Ca se passe, évidemment au Pays Imaginaire (Neverland), et le crocodile toujours des vues culinaires sur ce dernier personnage…

 

Il s’agit de la première adaptation de l’histoire de J. M. Barrie, qui avait vendu les droits à Jesse L. Lasky. C’est d’ailleurs James Barrie qui a choisi Betty Bronson pour interpréter son personnage, devenu depuis légendaire.

Il faudra attendre près de trente ans avant une nouvelle adaptation (des studios Disney) puis 1991 pour que Spielberg le reprenne, et enfin 2003 pour un nouveau film…

Finalement, peu d’adaptations quand on compare à d’autres personnages aussi magiques.


Il s’agit avant tout d’une mise sur écran de la pièce de théâtre avait écrite à partir de son roman. Et cela se voit surtout avec l’utilisation de différents animaux (crocodile, chien…) qui s’ils leur ressemblent, sont indéniablement faux : Nana, c’est un homme avec un costume de gros chien, tout comme le crocodile ou les autres animaux de la forêt. Et c’est tout à fait normal. Il s’agit avant tout d’un film destiné aux enfants, tout comme l’était l’histoire originale. On joue ici sur le fait que les spectateurs, quand ils ne sont que des adultes, doivent avant tout regarder cette histoire avec leurs yeux d’enfants. Et ils en sont avertis dès l’introduction du film, par un message de J.M. Barrie.

 

De là à dire qu’il s’agit du premier film pour enfant, je me garderai bien de l’affirmer, n’ayant pas encore épuisé le stock de films à notre disposition depuis un peu plus de 120 ans…

[Il faudrait que je demande à mon ami le professeur Allen John…]

Quoi qu’il en soit, ça doit être l’une des premières fois – sinon LA première – que le personnage principal s’adresse directement aux spectateurs afin d’influer (faussement) sur l’histoire : en effet, alors que la Fée Clochette (Virginia Brown Faire) – Tinker Bell – est en train de mourir, Peter exhorte les spectateurs à montrer qu’ils croient aux fées en les faisant applaudir. Cette sorte d’interactivité reprend ce qui se passait réellement sur scène quand la pièce était jouée.

 

Et ça marche. C’est un film qui fait du bien, autant qu’un Capra. Rapidement, on oublie le carton-pâte des décors pour s’immerger – n’oubliez pas le Jolly Roger qui mouille là-bas – dans cette histoire merveilleuse où les enfants volent. Parce qu’ils volent ! Sans qu’on voit un quelconque fil ! C’est vraiment magique !

Et puis les méchants sont véritablement affreux, avec en prime un magnifique capitaine Crochet en la personne du grand Ernest Torrence, habitué des rôles pas toujours reluisants, mais tellement formidable dans iceux. En face, Betty Bronson nous propose un Peter Pan un tantinet androgyne, mais bien dans le ton de l’histoire, espiègle à souhait… Bref, Peter.

 

Des enfants qui volent, d’affreux pirates, des Indiens… Du rêve !

Non, du cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cecil B. DeMille
Les dix Commandements (The ten Commandments - Cecil B. DeMille, 1956)

Une trentaine d’années après sa première adaptation, Cecil B. DeMille nous propose à nouveau ses dix Commandements. Jeanie MacPherson n’est plus (elle est morte dix ans plus tôt), mais à travers le travail de DeMille, l’esprit de son scénario de 1923 reste présent tout au long du film.

Car ici, ce sont les cinquante premières minutes du film de 1923 qui sont développées, en partant des origines du mythe biblique : de la naissance et la dérive sur le Nil de Moïse jusqu’aux portes de la Palestine, près des rives du Jourdain, que Moïse ne traversera jamais.

C’est un spectacle extraordinaire qui nous est proposé, avec le faste et la débauche (c’est le cas de le dire) d’effets plus ou moins spéciaux qu’on lui connaît.

Ce sont 3 heures 40 minutes de spectacle intégral, rythmé par la musique inoubliable du grand Elmer Bernstein, dans des décors qui rappellent ceux de Paul Iribe, mais encore plus gigantesques.

 

Nul besoin de rappeler l’intrigue, qui n’a pas changé depuis plus de 3000 ans, si on accepte que Ramsès II (1304 ? – 1214 ? av. JC) ait réellement été en conflit avec le patriarche. Par contre on peut souligner le soin que porte DeMille à cette histoire, donnant à Moïse (Charlton Heston) une dimension humaine et une vie antérieure à son statut de prophète.
Car DeMille est allé chercher l’histoire de Moïse dans d’autres sources que la Bible : l’historien Flavius Josèphe (34/35 – 100 ?) entre autres, qu’il cite dans l’introduction du film.

En effet, en plus d’être le narrateur du film, DeMille le présente aux spectateurs après la musique d’ouverture : un immense rideau est filmé duquel sort le réalisateur pour nous expliquer ce que nous allons voir.

 

Il y a dans cette présentation un élément supplémentaire par rapport à la narration qui va suivre : DeMille, ce faisant, s’engage quant à l’histoire qu’il va nous montrer. C’est très certainement le film le plus impressionnant de DeMille, et – à mon avis – le plus personnel aussi. En effet, DeMille ne fait pas que nous montrer une belle histoire, il nous montre qu’il y croit fortement. Et c’est aussi cela qui donne une dimension plus importante à ce film. Cette fois-ci, l’épisode biblique n’est pas un support pour illustrer les aspects néfastes de la vie moderne. Non, ici, c’est avant tout une projection de cette vie moderne : pour lui – et beaucoup d’Américains (encore aujourd’hui), les dix Commandements sont toujours d’actualité. La liberté que réclament les Hébreux est celle qu’offre les Etats-Unis d’Amérique (par opposition, bien entendu, aux dictatures socialistes et soviétiques).

 

Quoi qu’il en soit, et malgré les croyances de chacun, on es-t obligé d’admettre que ce film n’est pas anodin ni mineur. Oui, nous, spectateurs soixante ans après, ne sommes pas dupes des effets spéciaux (essentiellement des incrustations), et commençons à être habitués aux images bien léchées du numérique. Mais pour avoir – en plus – vu ce film sur écran géant (pas seulement devant ma télé !), le spectacle est tout bonnement éblouissant : la musique tonitruante, la magie des effets spéciaux, le Technicolor éclatant et la distribution royale font de ce film, qu’on le veuille ou non, un sommet du cinéma.


Et une œuvre du maître avec la même science des mouvements de foule et les mêmes débordements de cette même foule. Certes, les femmes sont beaucoup moins dénudées qu’elles le furent, mais toujours très belles, et, en cherchant bien, on trouve tout de même un sein qui pointe par ci, par là*… La scène du Veau d’Or est toujours aussi orgiaque : les femmes langoureuses aux déhanchements lascifs sont toujours là, les hommes paillards et buveurs aussi, c’est un déferlement de débauche toujours aussi formidable, avec un Aaron (John Carradine) qui se demande bien ce qu’il fait là.

Et sa conclusion rappelle le déchaînement déjà entrevu dans la première adaptation, la colère divine étant impitoyable et terrible.

 

Une immense fresque flamboyante qu’on revoit avec gourmandise, mais, comme toujours avec la gourmandise, il ne faut pas en abuser : une fois tous les dix ans, c’est grandement suffisant.

 

 

 

* Encore une fois, je vous renvoie à Matthieu, 7:7.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille
Les dix Commandements (The ten Commandments - Cecil B. DeMille, 1923)

Avec Les dix Commandements, Cecil B. DeMille entame une série de films religieux : suivront le magnifique Le Roi des Rois, Le Signe de la Croix, Samson et Dalila, et bien sûr le remake de ce film qui nous intéresse.

DeMille, sur un scénario de son indissociable collaboratrice Jeanie MacPherson, commence d’ailleurs le film avec l’histoire biblique. Mais, curieusement, ce n’est pas l’intrigue principale. En effet, c’est seulement au bout de 50 minutes qu’on entre dans le vif du sujet avec cette famille qui se désunit quand Danny McTavish (Rod La Rocque), le fils cadet, renie la religion qui l’a élevée et s’en va conquérir le monde au bras de Mary Leigh (Leatrice Joy), une jeune femme aussi mécréante que lui.

 

Mais si cette intrigue est la principale, elle n’est pas vraiment la plus heureuse : DeMille et MacPherson lui donnant un ton édifiant voire un tantinet bigot où le mouton noir est accablé par sa conduite athée et puni pour s’être détourné de Dieu… Bref, pas de rédemption pour ce mauvais sujet qui terminera en enfer, et c’est bien fait pour lui, alors que seront sauvés ceux qui (etc.)…

 

Et on comprend que DeMille soit revenu sur la première partie, en la développant au plus près des Ecritures, même si les intertitres Les citent abondamment pour expliquer les différentes étapes de l’Exode.

Mais surtout, cette première partie développe avec brio la dimension spectaculaire qu’on entrevu déjà dans Male & Female (1919) – Gloria Swanson dans sa robe merveilleuse et le lion – et surtout dans Manslaughter (1922) – déjà une scène de débauche...

C’est une débauche de décors somptueux (de Paul Iribe) dignes des pharaons, avec une utilisation de la foule qui rappelle celle de celui qui fut son maître : D. W. Griffith.

C’est tout simplement magnifique. Et comme c’est Cecil B. DeMille, on ne peut pas passer à côté d’une scène d’orgie, ni d’un sein qui pointe dans un coin de l’image (« cherchez et vous trouverez » - Matthieu, 7:7).

Et question épisodes bibliques, on est servi : la dixième plaie d’Egypte qui tue les premiers-nés ; le départ vers Canaan ; Le mur de feu qui empêche les chars* de Pharaon (Charles de Rochefort) ; la Mer Rouge qui s’écarte ; les Egyptiens engloutis ; Dieu donnant les Commandements à Moïse (Theodore Roberts) ; et l’adoration du Veau d’Or dont parlais plus haut. Il ne manque que le Buisson ardent !

Du grandiose, du spectaculaire, du DeMille, quoi !
On notera surtout Moïse en haut du Sinaï recevant les Commandements, alors que se déchaînent les éléments et les Hébreux qui se croient abandonnés et s’adonnent au stupre (et à la fornication, cela va sans dire, même si DeMille reste tout de même discret à ce sujet : c’est tout de même d’après un texte sacré, et il ne fallait pas heurter les croyances des spectateurs…).

Cette séquence de déchaînement atmosphérique annonce celle qui suivra la mort de Jésus dans Le Roi des Rois, mais ne sera pas aussi violente dans le remake de 1956.

 

On retrouvera cette puissance d’évocation dans la partie moderne avec la construction et surtout, la destruction de l’église, amenant la mort de la mère, symbole de cette religion que Dan a reniée.

Pour le reste, cette deuxième partie – on ne peut plus prévisible, où les bons et les pénitents survivent – est un peu mièvre si l’on excepte tout de même une structure un peu en miroir.

A chaque fois que le fils (indigne) fuit – sa mère au début, ses responsabilités à la fin –, il pleut à torrent comme si le Déluge recommençait. C’est aussi à ce moment que Mary ouvre une fenêtre – du restaurant pour voler, au début ; de l’atelier à la fin, pour déposer son message d’adieu.

Entre les deux ondées terribles (manifestation de la colère divine ?), on suit l’ascension puis la déchéance de cet homme sans scrupule qu’est Danny, dont le point culminant – et de rupture – est l’écroulement du mur sur sa propre mère.

 

Dommage que cette seconde partie soit la plus longue…

 

 

* DeMille les recyclera dans son Cléopâtre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe
Les Chevaliers de la Table ronde (The Knights of the round Table - Richard Thorpe, 1953)

Arthur, lancelot, Perceval, Gauvain, Mordred…

Ils sont tous là (ou presque). Morgane et Merlin aussi.

La légende est de retour : Richard Thorpe nous la fait revivre.

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est la première adaptation de l’histoire du Roi Arthur au cinéma. Mais, bien entendu, ce n’est pas la dernière (voir Excalibur).

C’est Mel Ferrer qui interprète le souverain (contesté) qui enlève l’épée magique de l’enclume sous l’œil envieux de sa sœur Morgane (Anne Crawford, dont c’est le dernier film, et qui mourut prématurément trois ans après) et de son champion le méchant Mordred (Stanley Baker) – sans r dans la VO – félon s’il en est.
Quant à Merlin (Felix Aylmer), c’est un vieux barbon qui n’use aucune fois de magie, pour notre plus grand désappointement.

 

Mais il y a l’épopée arthurienne qui est là, même si le scénario prend certaines libertés avec le texte médiéval, et d’ailleurs ce n’est pas bien grave.

On a donc droit à de nombreux combats à l’épée, mené de main de maître par des chevaliers en armure, qui, d’ailleurs, sont un tantinet décalés par rapport à la vérité historique, mais là encore, ce n’est pas bien grave : ne boudons pas notre plaisir.

 

C’est avant tout un film d’amitié et d’honneur, même si ce dernier mot ne revêt pas la& même signification selon les personnages : on y croit beaucoup moins quand c’est Mordred qui en parle.

L’amitié, c’est celle, indéfectible (au moins le croyaient-ils) entre Arthur et Lancelot, ce preux chevalier qui a parcouru le monde à la recherche de ce roi valeureux.

Mais une histoire d’amitié ne résiste pas quand la femme paraît, comme semble nous le montrer le film. Guenièvre (la magnifique Ava Gardner) est source de discorde, et surtout prétexte à la rébellion pour Morgane et Mordred.

Mais même si cette source de discorde – une relation amoureuse entre Lancelot et Guenièvre – est avérée, jamais Lancelot ne trahira vraiment son ami. Une seule fois il l’embrasse (au bout d’une heure et demie, pas avant), mais c’est pour mieux lui signifier que cet amour ne doit pas perdurer.

 

Autrement, ce film reprend tous les thèmes de la légende arthurienne : la table ronde, la quête du Graal pour Perceval (Gabriel Wood) et bien entendu Excalibur que seul le vrai souverain de l’Angleterre pourra retirer de l’enclume. Le tout dans de très beaux décors plus ou moins réels : le site de Tintagel en fait partie, de même que Dartmoor, mais la première séquence (quand Arthur prouve qu’il est le roi attendu) et l’une des dernières, (quand Arthur meurt), ont été trop visiblement tournées en studio : l’incrustation utilisée est beaucoup trop évidente et nous saute aux yeux, nous spectateurs habitués aux effets spéciaux numériques.

 

Mais rappelez-vous que ce film est sorti il y a déjà 65 ans, et malgré ce détail, le film se regarde toujours avec le même plaisir, dans un Technicolor où les couleurs pètent, ce qui n’est pas sans rappeler le Robin des Bois de Michael Curtiz.


Alors laissez-vous faire par Richard Thorpe, et jubilez aux exploits de Lancelot, le seul qui réussit à se sortir de la lise meurtrière*.

 

 

* Exploit qui m’a – moi aussi – beaucoup marqué étant enfant.

 

PS : mon adaptation préférée reste malgré tout Sacré Graal...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Josef von Sternberg, #Marlene Dietrich, #Anna May Wong
Shanghai Express (Josef von Sternberg, 1932)

Marlene Dietrich, dans la pénombre, fumant, le regard mélancolique.

C’est l’image la plus célèbre de ce film. C’est un plan tout en ombre et lumière, l’un des plus beaux du cinéma. Pas étonnant alors qu’il ait été récompensé aux Oscars…

James Wong Howe était un grand chef opérateur, digne d’un Freund ou d’un Daniels.

Cette utilisation magnifique du noir et blanc n’est pas sans rappeler le cinéma allemand de la même période. Mais si Sternberg est d’origine autrichienne, il est avant tout un réalisateur américain : il est arrivé aux Etats-Unis en 1901, et n’a donc pas participé au courant cinématographique allemand du temps de la République de Weimar (1919-1933). Il n’a fait qu’un seul film allemand – L’Ange bleu –, commande de la UFA, qui lui a permis de rencontrer Marlene, avec qui il tournera six films. Celui-ci est le quatrième de leur collaboration.

 

Dans l’express reliant Pékin et Shanghai, un groupe de voyageurs se retrouve mêlé à des affaires politiques. En effet, à cette époque, la guerre civile fait des ravages en Chine entre les armées régulières et les révolutionnaires de Mao Zedong, sans compter les interventions japonaises en Manchourie… Une période qui inspirera même Hergé pour son Tintin et le Lotus bleu.

Ici, ces personnages semblent tout droit sorti d’un roman d’Agatha Christie : on y trouve Mrs Haggerty (Louise Closser Hale), une lady, anglaise jusqu’au bout des ongles, inséparable de son petit chien – un pékinois, évidemment – ; Lenard (Emile Chautard), soldat français en disgrâce mais qui ne veut pas décevoir sa sœur ; le révérend Carmichael (Lawrence Grant), certainement en Chine pour convertir les païens ; Eric Baum (Gustav von Seyffertitz) un homme – louche – d’affaires (louches aussi), un invalide qui craint les courants d’air ; Sam Salt (Eugene Pallette), bookmaker américain pour qui chaque occasion est bonne pour parier ; Mr Chang (Warner Oland), gentleman métis mystérieux – normal, l’Orient est toujours mystérieux au cinéma – ; Hui Fei (Anna May Wong*, elle aussi très belle), femme chinoise importante,  semble-t-il ; Donald Doc Harvey (Clive Brook), officier britannique au flegme et à l’orgueil un tantinet excessif ; et la belle Madeleine (Marlene Dietrich), connue de tous sous le nom de Shanghai Lily.

Mais ces personnes ne sont pas rassemblées autour d’un meurtre mais bien dans ce train – à deux exceptions près – dans le but de voyager. Mais le contexte va les ralentir, pour finalement les changer, voire les tuer.


Parce que ce film nous montre un changement, celui des voyageurs : d’une situation bien définie au départ, on retrouve des gens un tantinet changés, leur perception de l’autre ayant évolué au vu de la situation extérieure.

Les deux jeunes femmes – Hui Fei et Madeleine – sont tout d’abord considérées comme des moins que rien : Shanghai Lily n’est rien d’autre qu’une croqueuse de diamant, une femme à la petite vertu ; alors que Fen Hui, en plus d’être considérée comme une femme facile, a la mauvaise fortune d’être étrangère. Pourtant, ce sont ces deux laissées-pour-compte qui vont dénouer l’intrigue et permettre l’évolution de la situation et des esprits.

On retrouvera ce genre de femme dédaignée dans La Chevauchée fantastique, où Claire Trevor interprète Dallas, une prostituée notoire, dont l’attitude et l’action vont changer les esprits quant à sa personnalité.

 

Et, comme je le disais en introduction, il y a Marlene. Elle est belle, elle est triste, elle est grande : elle est magnifique… (Et elle ne chante pas, comme le dirait mon ami le professeur Allen John). Elle a trouvé sa place dans le cinéma américain, comme pendant à la Divine tout d’abord, et puis pour son propre jeu, suave et sensuel… Comme la Divine, justement, mais autrement.


Mais de toute façon, je préfère Garbo…

 

 

* cousine du même James Wong Howe

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Don Siegel, #Clint Eastwood
L'Inspecteur Harry (Dirty Harry - Donald Siegel, 1971)

Scorpio (Andrew Robinson) est un tueur psychopathe. Armé d’un fusil à lunette, il tue, à distance chaque victime au hasard. Satisfait de ses exploits il tente de monnayer ses actions auprès du maire de San Francisco (John Vernon) : si on lui verse 100.000 puis 200.000 (inflation oblige ?), il ne tuera personne, sinon…

Mais ce que Scorpio n’avait pas prévu, c’est que l’affaire serait confiée à l’inspecteur Harry Callahan (Clint Eastwood), qu’on surnomme dans sa brigade « Dirty Harry » (d’où le titre original).

 

Harry, c’est un flic intègre (trop ?). Il est revenu de tout et a usé ses coéquipiers l’un après l’autre : soit ils sont blessés, soit ils reposent en paix… Alors quand on lui présente un nouvel accompagnateur – Chico Gonzalez (Reni Santoni) – il est un tantinet circonspect, voire hostile à ce choix. Mais Harry est un bon flic, alors il accepte.

Quant à dire qu’Harry est un bon flic, il faut voir.

En effet, nous apprenons qu’il a descendu un type en pleine rue. C’est vrai que ce type était nu, armé d’un couteau de boucher, et avait l’intention de violer une femme.

Et quand nous le voyons pour la première fois sortir son arme, c’est pour tuer deux hommes et en blesser un troisième, coupables d’avoir braqué une banque. On est alors en droit de se demander qui est cet inspecteur aussi expéditif.

Mais il faut aussi se replacer dans le contexte américain. Pendant le tournage et à la sortie du film, la peine de mort aux Etats-Unis était abolie depuis 1967, et aucune exécution capitale n’eut lieu avant 17 janvier 1977, date d’exécution de Gary Gilmore.

Je ne dis pas que Harry est juge et bourreau à la fois. D’ailleurs, on ne lui tient pas rigueur d’avoir tué les deux hommes lors de son intervention sus décrite, son chef allant même jusqu’à le féliciter : ne serait-ce pas là qu’est le véritable problème ?

Mais son système d’éradication de la violence a tout de même un côté définitif fort discutable, répondant à la violence par la violence. Et son surnom de « dirty » (sale, salopard, affreux, à vous de choisir), semble lui convenir. Il est d’ailleurs d’accord avec ce sobriquet, mais pour une toute autre raison : on ne lui confie pas toujours les tâches les plus nobles.

 

Mais Callahan, s’il n’est pas non plus abolitionniste a une manière de penser assez logique. Il semble avoir l’âge de son interprète (35-40 ans) et n’est plus, depuis longtemps une jeune recrue idéaliste quant à sa mission dans la Force. De plus, sa femme a été tuée dans un accident de voiture causée par un chauffard. Ce dernier argument nous aide à  comprendre son attitude sans pour autant la justifier.

 

De plus, cet homme est, d’une certaine façon, un paradoxe. Son aptitude à dégainer (et tirer, cela va sans dire) facilement est contrebalancée par certains principes : il se place toujours du côté des victimes contre un meurtrier – éventuel comme avéré. Sa façon de neutraliser l’homme qui voulait se suicider montre aussi que la vie humaine n’est pas rien pour lui, malgré son apparente misanthropie. Mais il a des méthodes qui ne sont pas du goût de tout le monde et surtout en dehors de la légalité. Sa façon d’obtenir des aveux de Scorpio est fortement discutable – voire carrément illicite : il le torture ! – et Donald Siegel, n’insiste d’ailleurs pas beaucoup sur cet aspect, la caméra prenant du recul et de la hauteur pour faire disparaître cette exaction dans la brume nocturne.

 

Mais cet aspect un tantinet tortionnaire s’oublie un petit peu quand on se rend compte du degré de dangerosité de Scorpio, capable de prendre en otage des enfants : s’attaquer à des enfants a toujours été, et est toujours, la pire des exactions qu’un méchant de cinéma peut faire – rappelez-vous M le Maudit – et aux yeux de la majorité, tuer un tortionnaire d’enfants passe beaucoup plus facilement. Mais n’en déplaise aux partisans de la peine capitale, l’exécution des coupables n’a jamais fait diminuer le nombre de méfaits.

Mais nous sommes ici au cinéma et laissons donc ce débat – qui ne sera certainement jamais fermé – pour revenir au film.

 

Eastwood est, pour la première fois cet inspecteur – radical – un tantinet insolent mais tout de même efficace (trop ?) qu’on retrouvera dans quatre autres films. Harry nous rappelle dans Un Shérif à New York du même Siegel et avec déjà le grand Clint. Mais si Coogan change et ne tue pas son prisonnier, il n’en va pas de même pour Callahan.

Quoi qu’il en soit, Siegel et Eastwood nous offrent un film efficace certes, mais qui pose tout de même la question de la peine de mort, sans y répondre de façon péremptoire.
 

Et cet aspect discutable de juge et bourreau de Callahan sera atténué, voire remis en cause, dans le second opus : Magnum Force.
 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Denis Villeneuve
Premier Contact (Arrival - Denis Villeneuve, 2016)

Un enfant naît, grandit, tombe malade… et meurt ?

Toujours est-il qu’en quelques plans, Denis Villeneuve a résumé une vie avec une délicatesse et une beauté d’images.
Cette introduction un tantinet pessimiste est aussi intimiste. Celle qui parle, c’est Louise Banks (Amy Adams). Elle est une linguiste experte dispensant des cours à l’université.

Mais c’est une femme seule : son enfant est mort et elle vit isolée dans une grande maison.
Seule, elle l’est aussi dans la vie en générale : alors que le monde entier a les yeux braqués sur une information capitale – douze vaisseaux extra-terrestres ont apparu dans différents points du monde – elle, ne s’en rend pas compte et continue sa routine.

Même quand l’état d’alerte a été promulgué, elle reste la seule à l’ignorer et à poursuivre inlassable ment sa même vie. Jusqu’à l’arrivée du colonel Weber (Forest Whitaker qui, même dans un rôle de militaire, reste sympathique) qui la choisit comme interprète pour les pourparlers avec les « créatures venues d’un autre monde ».

Pour l’aider dans cette tâche lourde de conséquences, un autre expert, physicien : Ian Donnelly (Jeremy Renner*).

 

Cela faisait 47 ans qu’on n’avait pas eu ce genre de film science fiction. En effet, depuis que Stanley Kubrick a réalisé 2001, l’Odyssée de l’espace, rarement (voire jamais) des extra-terrestres n’ont été aussi peu humanoïdes, tout en étant pacifiques. Ici, ce sont des heptapodes : du grec hepta – sept – et pode – le pied.

Il y a – à mon humble avis – une autre parenté évidente : Rencontres du troisième Type. En effet, le maître mot (terme on ne peut plus judicieux) du film est le langage. Alors que dans le film de Spielberg, la communication se fait plutôt facilement, ici, c’est tout l’apprentissage d’une langue qui est mis en évidence, et surtout la difficulté et la longueur de temps nécessaires à sa maîtrise.

Le tout filmé magnifiquement.

 

Ce film est absolument fabuleux dans tous les domaines. Il y a une maîtrise globale des différentes composantes d’un film. Villeneuve nous propose une histoire plausible dans un environnement vraisemblable avec une utilisation extrêmement intelligente des procédés numériques visuels : jamais on ne se demande comment ils ont pu faire ça. Il y a une unité dans ce film qui tient du chef-d’œuvre. [Je suis peut-être excessif, mais pour ma part, j’ai l’impression d’user d’un euphémisme.

Rarement une telle maîtrise totale d’un film nous est offerte, surtout dans un domaine aussi particulier que l’est la science-fiction.

Non seulement nous avons droit à l’arrivée (titre original) des E.T. et des relations possibles tenues en face d’eux – allant de la fraternisation à la menace – mais en plus, cela est fait avec un rythme normal, sans précipitation ni lenteur. Villeneuve prend le temps de la communication naturelle d’une langue où l’évolution – qu’elle s’adresse à quelqu’un de très intelligent ou de complètement stupide – est obligatoirement progressive. Il n’y a pas cet enthousiasme de Spielberg dans le film susnommé qui fait brûler les étapes et considère que le contact est bon donc tout suit normalement et tout de même rapidement.

Ici, les personnages doutent, et s’ils arrivent à échanger (leur langue et leurs idées), c’est avec toujours une phase de doute (du côté terrien, c’est avant tout celui que nous connaissons le mieux), qu’elle vienne de l’apprenant ou de l’enseignant, reproduisant le schéma invariablement duel d’une langue, dont la base est l’opposition entre signifiant (son/image) et signifié (sens). Pour plus de précision, je vous renvoie à Ferdinand de Saussure.

 

Et puis il y a l’indispensable ingrédient pour un film : la narration. Quoi qu’il se passe dans le film, c’est avant tout du point de vue de Louise que se place la caméra pour nous montrer les progressions. C’est pourquoi nous ne voyons jamais comment ces créatures sont arrivées. Du jour au lendemain elles sont là, et nous les découvrons avec elle. . Et plus tard, même l’apparition des E.T. est toujours nimbée d’une atmosphère opaque, rendant leurs contours difficiles à distinguer.

Et il faut attendre la dix-neuvième minute du film pour enfin avoir une vision claire du vaisseau installé dans le Montana où réside Louise.

Et en plus, le temps – de la narration comme celui qui passe pour Louise – est distordu, interrompu qu’il est par des flashbacks de la vie de Louise jusqu’à l’explication finale que je n’ai pas l’intention de vous raconter ni même très légèrement dévoiler…

 

Avec ce film, Villeneuve nous montre deux grandes choses :

  • on peut entrer en contact avec des extraterrestres sans les attaquer ;
  • On peut aussi faire un film de science-fiction humainement, sans explosion d’effets spéciaux bruyants autant que spectaculaires.

 

Un véritable chef-d’œuvre (je sais, je me répète, mais quand c’est le cas, il ne faut pas hésiter à le répéter), qui, je l’espère deviendra une nouvelle référence dans ce domaine cinématographique.

 

 

PS : La traduction française de premier contact reflète une réalité du film mais a tout de même ses limites, alors que le titre original « Arrival » ouvre de nombreuses perspectives développées par le film. 

 

 

* Tiens, un palindrome…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Cromwell, #Bette Davis
L'Emprise (Of human Bondage - John Cromwell, 1934)

Philip Carey (Leslie Howard) est un jeune artiste peintre anglais installé à Paris. Mais rapidement il déchante : il n’a pas vraiment de talent.

Il laisse donc la peinture à Paris pour étudier la médecine à Londres.

Là, il fait la connaissance de Mildred Rogers (Bette Davis), une jolie serveuse blonde, un tantinet pimbêche mais avec des yeux magnifiques.
Rapidement, il s’éprend d’elle. Mais cet amour est dans un seul sens…

 

Ce film est avant tout la consécration de Bette Davis comme une star incontournable de Hollywood. C’est le premier d’une longue liste où la star offrira à son public toute l’étendue de son talent.

Nous suivons – pendant 82 minutes – la déchéance d’une jeune femme jusqu’à sa mort à l’hôpital des suites d’un fléau qu’on ne veut pas nommer : la drogue. Son aspect se dégrade à chaque nouvelle apparition jusqu’à l’issue fatale.
Et pourtant…

 

Pourtant, Philip l’a aimée et n’a jamais pu la chasser de son esprit. A chaque fois que sa propre situation s’améliore, elle revient, remettant tout en désordre et l’entraînant dans sa chute.

Cette emprise de Mildred sur Philip est la même que celle de la drogue sur Mildred. Il a besoin de la voir, de lui parler, de l’embrasser. Mais Mildred ne peut pas se contenter de Philip, un homme somme toute terne et coincé, et infirme de surcroît. Parce que Philip a un pied bot, qui l’a toujours freiné dans sa vie, et pas seulement pour marcher. C’est une tare qu’il traîne comme un boulet, l’empêchant d’inviter des femmes à danser (et plus si affinités, mais comme on est en Angleterre et dans les années 30, alors ne vous faites pas trop d’illusion), le condamnant à la solitude.
Alors quand Mildred commence à répondre à ses appels, c’est une porte nouvelle qui s’ouvre : il ne pense qu’à elle, ne rêve que d’elle… Au point de négliger le reste, dont, bien sûr, ses études.
Mais c’est quand il pense qu’elle va être à lui qu’elle s’esquive, partant avec un autre, jusqu’à la prochaine fois.

Parce qu’il y a toujours une prochaine fois. Et cette nouvelle aventure va encore plus loin dans la dégradation de leurs relations. Mildred dépérit au même rythme que sa relation  avec Philip, revenant toujours vers celui qu’elle sait follement épris d’elle et qui n’a jamais su lui fermer la porte.
Et l’analogie avec une addiction à la drogue est pertinente. En effet, il n’y a pas de cure possible (en 1934 comme un peu encore aujourd’hui) : la seule issue est la mort. Et c’est quand Mildred mourra que Philip pourra vivre librement. L’issue est inévitablement fatale : ce sera lui ou elle, mais si c’est lui qui disparaît, elle ne survivra tout de même pas, plus personne ne veut d’elle. Il faut donc que ce soit lui qui s’en sorte.


Il y a dans l’apparition de Thorpe Athelny (Reginald Owen) comme une sorte de traitement à l’addiction dont souffre Philip. Avec Athelny, c’est aussi l’arrivée de sa fille Sally (Frances Dee), une autre jeune femme qui semble le sortir de cette relation terrible. Mais inlassablement Mildred revient, chamboulant ce fragile équilibre qu’il avait tenté de construire. Le retour de Mildred s’accompagne toujours d’une déchéance : sociale pour Philip, physique pour Mildred, et ce jusqu’à la fin (tragique).

 

Le dernier plan de Bette Davis est encore plus terrible parce que révélant une tragédie sans artifice : Mildred n’est plus qu’une loque, assise (vautrée serait peut-être plus judicieux) près de son lit défait, dans une chambre miteuse de Londres, le corps fatigué et les yeux dans le vague. C’est une femme usée prématurément (Mildred, comme Bette Davis au moment du tournage, a 25 ans). Elle ne va pas survivre longtemps, rincée par sa vie dissolue et très certainement la drogue (ce n’est jamais dit, je le répète), alors que dans le même temps Philip a réussi à s’en sortir.

 

Un rôle difficile pour Bette Davis qui lui ouvre toute grande les portes de la gloire. A partir de ce film, elle va camper des femmes fortes et indépendantes : Joyce Heath (L'Intruse, 1935), Julie Marsden (L'Insoumise, 1938), Elizabeth I (La Vie privée d'Elizabeth d'Angleterre, 1939) pour ne citer que ceux-ci.

Elle sera une femme très belle, mais toujours avec beaucoup de caractère voire de cruauté, et un tantinet calculatrice.

A chaque fois des rôles inoubliables pour une immense actrice inoubliable, même pour ceux qui ne l’appréci(ai)ent pas beaucoup.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Christopher McQuarrie, #Mission impossible
Mission: Impossible - Rogue Nation (Christopher McQuarrie, 2015)

Et c’est (encore) reparti.
On retrouve Ethan, dirigeant sa fine équipe : Brandt (Jeremy Renner), Benji (Simon Pegg) et un revenant (la belle Paula Hutton n’est pas revenue) en la personne de Luther Stickell (Ving Rhames), le prodige de l’informatique.

A ces quatre hommes s’ajoutent une femme – il y en a toujours une – qui est, bien entendu très jolie et qui s’appelle Ilsa Faust (Rebecca Ferguson).
Si l’on en croit le prochain opus – prévu pour juillet 2018 – la nouvelle configuration qui nous est proposée dans cet épisode est appelée à perdurer, à tous les niveaux : le nouveau patron est le directeur de la CIA : Alan Hunley (Alec Baldwin). Ce dernier semblait un tantinet agacé que des opérations d’envergure se déroulaient dans son dos.

 

On repart donc pour un peu plus de deux heures de suspense (plus ou moins) haletant avec en fond sonore la musique indispensable de Lalo Schifrin, un peu perdu dans celle de Joe Kraemer.

On retrouve aussi les ingrédients habituels : poursuite infernale, saut dans le vide avec réception au millimètre…

Presque. Cette fois-ci, c’est un plongeon dans un courant d’eau avec réception brusque et impression de claustrophobie (3 minutes sous l’eau sans respirer). Quant à la poursuite, elle est aussi spectaculaire que les autres puisqu’on reprend presque tout ce qui fut utilisé auparavant  moins l’hélicoptère (qui n’a pas été invité ?) : une voiture 4X4 poursuit un groupe de motos qui poursuit une berline elle-même à la poursuite d’une autre moto…

Le tout dans les rues de Casablanca, qui sont aussi larges que celles de Dubaï dans l’épisode précédent.


Encore une fois, Hunt et ses hommes doivent travailler en free-lance puisque Hunley n’est pas vraiment convaincu de leur efficacité – au début tout du moins.

Et cette fois-ci, ce n’est pas un dingue qu’on doit mettre hors circuit mais un groupe d’ex-agents secrets recrutés par un autre ex-agent – Solomon Lane (Sean Harris) – qui a créé une espèce de nation rebelle* répondant au nom sans équivoque de Syndicate (sans e en français).

 

L’apparition de ce regroupement d’agents rappelle bien sûr le Spectre dans la série James Bond. Mais là où Bond travaille seul, Hunt a une équipe, et pas autant de flegme que le Britannique.
Nous avons donc d’un côté le MI6 avec son super espion flegmatique et charmeur qui travaille en solo et de l’autre un Américain efficace et sérieux.

Et entre les deux ? Il allie le flegme de Bond et l’efficacité de Hunt avec une pointe d’humour – parfois tout de même à ses dépens. Vous comprendrez aisément pourquoi il est mon préféré.

Et en plus, il n’est pas scientologue, alors…

 

Malgré tout, ce cinquième volet de la saga est un tantinet construit comme le précédent, et on peut ressentir une certaine lassitude, même devant les scènes les plus spectaculaires.

Le sixième apportera-t-il une autre dimension ?

Rendez-vous fin juillet.

 

Si je ne suis pas là, allez-y sans moi…

 

 

* D'où le titre

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brad Bird, #Mission impossible
Mission: Impossible - Ghost Protocol (Brad Bird, 2011)

Et de 4 !

 

Ethan Hunt nous revient, prêt à tout pour sauver le monde, et encore une fois, c’est Tom Cruise qui l’interprète.

On reste sur la même teinte humaine amorcée dans MI-2, avec l’humour (plutôt British) qui s’installait dans MI-3.

Et cet humour est renforcé par celui qui n’avait qu’un petit rôle la dernière fois : Benji (Simon Pegg).
Benji est l’Anglais de service, flegmatique comme seul le peut être un Anglais, mêlant sérieux et humour pince-sans-rire comme on l’aime (enfin comme JE l’aime).

C’est ce nouveau ton qui amène un petit plus à cette saga, empêchant la série de se prendre un peu trop au sérieux.

 

Et encore une fois on retrouve les trois éléments (comme dans les trois premiers) qui font d’une certaine façon le film :

  • La musique de Lalo Schifrin : un peu mise en sourdine, mais tout de même reconnaissable ;
  • Une descente accroché à un câble avec point d’arrêt à quelques centimètres de l’impact possible : cette foisci, c’est Brandt (Jeremy Renner), un petit nouveau qui se retrouve sorti – malgré lui – de son bureau où il se morfondait un tantinet ;
  • La poursuite (infernale) : pas d’hélicoptère ni de train : juste quelques voitures qui servent plus de décor à cette poursuite qui se déroule (en deux temps) à pied, Ethan coursant le méchant savant (fou, évidemment) atomiste Kurt Hendricks (Michael Nyqvist, qui nous a quittés en juin dernier).

Si les deux premiers éléments sont plutôt anecdotiques, les deux temps de la poursuite, eux, ne le sont pas.
En effet, la course se fait tout d’abord dans les rues de Dubaï, avec échoppes de marchands les encombrant, avec un petit plus : une tempête de sable. Bref, un moment haletant, et pas seulement pour le spectateur.
La deuxième partie a lieu dans Bombay et plus précisément dans un parking automatique pour voiture de luxe, où a lieu l’explication finale entre Ethan et Hendricks.

 

Pour le reste, c’est un épisode qui reprend les mêmes ingrédients : cette fois, un savant fou qui veut déclencher une guerre atomique afin de sélectionner les plus forts ; nous avons droit à une scène à couper le souffle pendant laquelle Ethan escalade un gratte-ciel (jamais ce vocable ne fut aussi juste) ; le tout en free-lance (comme dans MI-1), le gouvernement américain ayant déclaré lâcher l’IMF, d’où le titre de l’épisode : « protocole fantôme ».

 

Avec en prime, deux apparitions de vieilles connaissances : je vous laisse les découvrir.

 

Enfin, la différence avec les épisodes précédents, c’est le changement de statut d’Ethan : il devient le véritable chef d’équipe qu’était Jim Phelps, qui ne travaillait qu’avec des gens qu’il connaissait bien. Et son expérience* joue pour lui.Ce n’est donc pas un hasard si le film suivant rassemble les trois hommes susnommés…

 

 

* Voilà tout de même 15 ans que le premier opus est sorti

 

 

PS : un petit détail. Encore une fois, c’est un personnage français qui joue le rôle de tueur, et en l’occurrence d'une tueuse : Sabine Moreau (Léa Seydoux). Et comme elle est française et très combative, elle se bat contre l'agent Carter (la belle et envoutante Paula Patton) avec toute sorte d’arme à sa portée, dont une, très caractéristique de sa nationalité (voir photo).

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