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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Yates, #Fantastique
Les Animaux fantastiques (Fantastic Beasts and where to find them - David Yates, 2016)

Qui ne connaît pas Newt Scamander (Eddie Redmayne) ?

Tout bon élève qui est passé à Hogwarts - ou qui y étudie encore - connaît l'auteur du livre incontournable Vie et Habitat des animaux fantastiques (Fantastic beasts and where to find them), utilisé par tout bon professeur de Soins aux créatures magiques.

Mais malheureusement, aucun de nous n'est étudiant à Hogwarts, ni n'a effectué sa scolarité là-bas... Nous ne sommes que des « Moldus » (Muggles)...

Donc, Newt Scamander.

Il débarque à New York, en 1926, alors que des phénomènes étranges se passent : il semble que des forces occultes sèment le chaos partout où elles passent...

Newt, lui, a une valise. Dans cette valise, des créatures magiques.

Parce que Newt Scamander est un sorcier...

 

Presque dix ont passé depuis le dernier opus de la saga Harry Potter, et il faut l'avouer, l'univers merveilleux imaginé par J. K. Rowling manquait beaucoup à ses lecteurs. Mais depuis que Voldemort est trépassé, il n'y avait plus grand chose à faire.

Alors, comme on fait toujours au cinéma, on va voir dans le passé. On prend un élément de la série (heptalogie ?) et on développe. Comme dans la série de la Guerre des étoiles.

Mais il n'était pas question de reprendre une intrigue à Hogwarts : « déjà vu », comme disent les anglophones. Quel serait l'intérêt de revoir le même genre d'aventures où un personnage découvre cette fameuse école de sorcellerie... ?

De plus, et pour appliquer un précepte indispensable du cinéma : il faut un vrai, un bon gros méchant. Plus il sera réussi, et plus ça marchera. Alors on cherche, et fatalement, on trouve celui qui peut nous amener une autre histoire amenant un déséquilibre - non pas dans la Force, mais dans la Magie ! - Gellert Grindelwald. Il est mentionné dans Harry Potter et les Reliques de la mort (tome 7 de l'épopée), et semble un prédécesseur digne de Voldemort.

C'est donc parti pour une nouvelle série de films, où l'intrigue se situe dans l'entre-deux-guerres.

C'est aussi l'occasion de découvrir de magnifiques créatures échappées de l'imagination de J. K. Rowling, surpassant de loin les quelques hippogriffes et dragons de la série première. La visite de l'intérieur de la valise de Scamander est une véritable féérie. On fait un véritable rêve éveillé. On pense aussi au Bon gros Géant de Spielberg, dans la façon de créer ce rêve. Mais David Yates, lui, nous propose un film beaucoup plus violent, beaucoup plus habité par le Mal que Spielberg.

C'est un déferlement d'images choc dans les rues de New York. Et si les sorciers réparent tous les dégâts, il n'en reste pas moins des images apocalyptiques du New York des Roaring Twenties. Avec, en prime, des références au Volstead Act (amendement interdisant la consommation d'alcool entre 1919 et 1933 aux Etats-Unis) qui montrent que finalement, les sorciers sont des humains comme les autres et que de temps en temps, ils ne rechignent pas à lever le coude si l'occasion se présente (et encore plus si c'est interdit !).

Alors en route vers une nouvelle saga qui devrait nous emmener, si je ne m'abuse (comme dirait le docteur), à la deuxième guerre mondiale et faire apparaître un jeune Albus Dumbledore.

 

A suivre, donc...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Charlot dans le Parc (In the Park - Charles Chaplin, 1915)

Au parc, sous le soleil.
Un couple d'amoureux (Leo White & Leona Anderson), une nurse (Edna Purviance*) et son gentil fiancé (Bud Jamison), un pickpocket (Lloyd Bacon)...

Et un vagabond (Charles Chaplin) !

 

Tout est en place pour un après-midi bucolique, s'il n'y avait ces deux derniers personnages. Parce que le vagabond, même si c'est Chaplin qui l'interprète, n'est pas un individu très fréquentable : il n'a aucun scrupule à fouiller le pickpocket qui lui fait les poches !

C'est aussi un homme sans véritables manières, prenant des privautés assez inconvenantes envers la jolie nurse... Bref, ce n'est pas encore quelqu'un de très fréquentable.

Autour de lui, on retrouve Leo White à nouveau souffre-douleur du vagabond, avec les incontournables gags autour de son chapeau (comme dans Charlot fait la Noce) ; ainsi que Bud Jamison qui, cette fois-ci n'a rien de l'athlète qu'il interprétait dans Charlot Boxeur . Il joue le rôle d'un gentil gros, amoureux de la belle nurse. Son interprétation - et surtout ses déplacements - nous font penser à un gentil gros qui travaillait en même temps que Chaplin, un petit peu plus loin, pour la Keystone : Roscoe Arbuckle.

C'est aussi sur lui que marche le vagabond, une fois qu'il est assommé (autre passage comique obligé)...

Encore une fois, c'est un festival de coups de pieds au derrière, genre toujours comique, si j'en juge par les réactions de ma chère fille (12 ans), qui s'amuse toujours autant de ces facéties.

Parce que, comme le dit Anselme Debureau (Etienne Decroux) dans Les Enfants du Paradis : « Un coup de pied, quand il est bien donné, peut faire rire le monde entier » (Jacques Prévert).
En même temps, on observe avec attention les expériences de Chaplin qui engrange les gags, essaie de nouvelles choses, avec ce souci perfectionniste que nous lui connaissons : des mains qui fouillent, une bouche ouverte, des briques qui gisent... Autant d'occasions de nous faire rire.

 

Alors on rit, et de bon cœur.

 

*Cette fois encore, pas de baiser. Juste une accolade...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Charles Vidor
Gilda (Charles Vidor, 1946)

Buenos Aires, 1945.

Johnny Farrell (Glenn Ford), infatigable joueur (et par là même un tantinet tricheur...) vient de débarquer.

Et si le secret du succès, c'est d'être au bon endroit au bon moment, alors Johnny n'a aucune chance : Il n'est ni au bon endroit, ni au bon moment.

Et pourtant : c'est là qu'il rencontre Ballin Mundson (George McReady) qui lui sauve la vie ; là que Mundson l'embauche dans son casino dont il va vite devenir le gérant ; là qu'une vie aisée s'offre à lui.

Mais c'est là aussi qu'il rencontre Gilda (Rita Hayworth). La femme de Mundson.

Elle est belle. Elle est sensuelle. Elle fut à lui. Avant. Dans une autre vie...

 

Elle est belle. Elle chante. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte de longs gants, noirs eux aussi, qu'elle enlève avec sensualité... Un nouveau mythe cinématographique vient de naître.

Il faut attendre le dernier quart d'heure pour la voir enfin dans sa robe noire, gantée de noire et chanter Put the Blame on Mame. Mais au vu du résultat, l'attente n'est qu'un détail. Elle a beau être doublée (par Anita Ellis) à ce moment là, le charme agit totalement. La pâleur de sa peau contraste avec le noir de sa robe, lui conférant une virginité virtuelle (elle est mariée, ne l'oubliez pas). Cette innocence virginale s'effaçant quand doucement elle ôte son gant droit...

 

Nous sommes dans un film noir. Noir comme les âmes des protagonistes, noir comme la photographie de Rudolf Maté, qui joue avec la pénombre avec beaucoup de maîtrise. Ce sont régulièrement des prises en contre-jour où des visages dans l'ombre qui donnent à ce film une dimension inquiétante tout du long. Même les premiers échanges visuels entre Gilda et Johnny sont noirs : se retrouver dans cette situation est inattendu et dérangeant.

S'ensuit un pas de deux entre Gilda et Johnny pendant lequel la haine et l'amour se mêlent intimement vers un dénouement qui ne peut pas être heureux. L'amour et la haine sont deux sentiments très forts, mais aussi très proches : on ne peut haïr que ce qu'on a aimé. Et vu le degré de haine que transmettent les deux protagonistes, on se dit qu'ils se sont énormément aimés...

 

En parallèle de cette histoire d'amour/haine, une intrigue autour d'intérêts financiers avec un élément politique très actuel (en 1945-46) : la fin de la guerre contre l'Allemagne est célébrée au casino, bien entendu, mais deux curieux personnages font leur apparition dans cette Argentine bien éloignée de l'Europe. Ce sont deux Allemands dont les liens avec l'ancien régime nazi ne sont pas occultés. Sont-ils des criminels de guerre ? On ne le saura pas, et ce n'est pas le propos du film. Mais il est étonnant de voir que six mois plus tard, Hitchcock propose une autre histoire qui se passe en Amérique du Sud (Brésil, cette fois-ci), où certains protagonistes sont bel et bien des anciens criminels de guerre nazis (Notorious)...

 

Mais revenons à Rita Hayworth. Sa silhouette, sa voix juste assez grave pour être sensuelle font d'elle une Gilda inoubliable.

Un sex-symbol est né.

Près de dix ans après, une autre bombe sexuelle va s'imposer. Elle aussi aura une silhouette inoubliable et saura chanter : Marilyn Monroe.

Mais, là encore, c'est une autre histoire...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science Fiction, #James Cameron
Terminator 2 : Le Jugement dernier (Terminator 2: Judgment Day - James Cameron, 1991)

Il est de retour : « I'll be back », avait-il dit dans le premier épisode.

Cette fois-ci encore, il n'est pas seul.

Un autre Terminator a débarqué, et celui-ci n'a rien de commun avec le modèle (T-800 - Arnold Schwarzenegger) que l'on connaît déjà.

C'est un T-1000 (Robert Patrick), composé de métal liquide et qui lui permet de prendre la forme de tout ce qu'il touche.

Cette fois-ci, les deux Terminators sont encore à la recherche de Connor. Mais ce n'est plus Sarah, l'enjeu, c'est son fils John (Edward Furlong), le futur leader de la Résistance aux Machines, en 2029.

 

Encore plus fort.

En sept ans, beaucoup de choses ont changé, et surtout les effets spéciaux. James Cameron utilise (avec brio) le morphing pour tous les changements du T-1000. C'est un régal pour les yeux, doublé d'une certaine fascination devant ces changements qui paraissent si « naturels »...

Et puis les ingrédients qui ont fait le succès du premier sont là : fusillades, poursuites en voiture ET moto, structure interne du Terminator (son « squelette »...).

Parlons tout de suite du petit souci :

- Le film sort en 1991 ;

- il est censé se passer en 1994 ;

- En comptant la gestation suite à la fécondation en 1984, on arrive logiquement à une naissance  en 1985 ;

- John Connor ressemble plus à un ados de 13 ans (l'âge d'Edward Furlong pendant le tournage) qu'à un gamin de 9 ans.

Mais comme le dit Fillon : « et alors ? », et comme l'a montré Tex Avery : au cinéma, tout est possible. Alors ne boudons pas notre plaisir.

 

Le film est bourré de clins d'œil au premier opus (si vous avez la flemme de le voir, et que vous parlez anglais, allez sur IMdB), mais ce sont surtout plusieurs éléments autour du robot qui sont frappants :

- l'œil du robot, à nu, avec sa rétine lumineuse, signe de vie, revient encore ici dans la scène de l'affrontement final (sans oublier qu'il le protège (encore une fois) avec une belle paire de lunettes de soleil ;

- le bras gauche du robot, qu'il répare dans le premier et que cette fois-ci il dénude afin de révéler sa nature à l'ingénieur Dyson (Joe Morton). C'est ce bras qui est à l'origine de cette suite et des suivantes, même s'il semble qu'aucune suite n'est possible.

A ce propos, il était couru d'avance que des suites arriveraient, avec un budget toujours plus important : on ne tue pas la poule aux œufs d'or. Mais il est bien dommage de ne pas avoir laissé en suspens l'incertitude de l'avenir des Connor. Que voulez-vous, « bizness is bizness » comme on dit...

 

Mais l'intérêt de ce film réside tout de même dans les Terminators, surtout l'ancien modèle qui vient protéger mais se retrouve malgré lui dans une situation d'apprentissage. On se réjouit de son évolution, humanisée (il ne tue plus), mais surtout langagière.

Mais on peut tout de même regretter la disparition de la boucle temporelle : à la fin du premier, les machines ont perdu, puisque c'était leur dernière tentative de prendre le dessus sur les hommes qui allaient l'emporter. Le télescopage de deux époques, qui faisait le sel du premier à disparu, malgré les références (plus lointaines) à cet avenir puisqu'il devient incertain.


Je terminerai sur un détail amusant : à deux reprises, des personnages rencontrent leur « double » (reproduit par le T-1000). Mais malgré la débauche d'effets spéciaux, il n'y a eu aucun trucage : ce sont tout bonnement des jumeaux (Don & Dan Stanton) ou des jumelles (Linda et Leslie Hamilton) qui se font face...

 

Etonnant, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fritz Lang, #Western
Les Pionniers de la Western Union (Western Union - Fritz Lang, 1941)

Un homme seul, poursuivi. Vance Shaw (Randolph Scott)

Un autre homme, blessé. Edward Creighton (Dean Jagger).

Une rencontre.

Creighton travaille pour la Western Union (d'où le titre) afin d'établir la ligne télégraphique entre Omaha et Salt Lake City, afin de relier l'Est et l'Ouest des Etats-Unis.

Alors Shaw rejoint l'expédition : c'est une façon de se mettre à l'abri de ses poursuivants.

Mais d'autres poursuivants viennent tourmenter la Western Union : Jack Slade et sa bande de renégats, bande dont Shaw fut autrefois membre...

 

Un an après le Retour de Frank James, Fritz Lang nous offre un nouveau western. Inspiré du roman de Zane Grey Western Union (1939), il raconte comment le télégraphe a pu relier l'est et l'ouest, alors que les Etats-Unis vivaient leur terrible Guerre Civile. Edward Creighton a réellement existé et dirigé la construction de cette ligne télégraphique. Autour de Creighton, on trouve toute une clique de personnages pittoresques qui semblent tout droits sortis de d'un western de John Ford : entre l'ancien trappeur qui fut scalpé par les Indiens "et le cuisiniers pas très courageux et à qui il arrive toute sorte d'épisodes comiques... Et bien entendu, la jeune et jolie fille (Virginia Gilmore) - sœur de Creighton (!) - que Vance Shaw et Richard Blake (Robert Young) courtisent.

Mais c'est Shaw qui est certainement le personnage le plus languien.

 

C'est un homme seul, qui, à un moment de sa vie, a fait les mauvais choix, et essaie de vivre, faute de pouvoir réparer ces erreurs. Mais même s'il n'est pas un enfant de chœur, il ne peut pas laisser un homme mal en point seul : voilà pourquoi il aide Creighton blessé, et le retrouvera pour cette aventure autour du « fil qui chante ».

Mais rapidement il est rattrapé par son (lourd) passé et ne peut échapper à son destin.

 

Quoi qu'il fasse, ses vieux démons reviennent le hanter. Mais ces démons sont bel et bien réels : Jack Slade et ses sbires - ses anciens « associés » - eux non plus, ne sont pas des enfants de chœur. Ils sont même plus que cela pour Shaw. Et tant que ces tristes personnages seront dans les parages, Shaw ne pourra pas tourner la page, ni évoluer. Il y a chez Shaw un peu d'Eddie Taylor (You only live once, 1937) : cet homme sans cesse hanté par son passé criminel et qui, malgré ses tentatives pour se ranger, est rattrapé par sa faute originelle, celle qui le marquera indélébilement et l'empêche d'accéder à une quelconque rédemption, sinon par la mort.

Quant à savoir si le sort de Shaw est plus favorable que celui d'Eddie, il faut voir le film.

 

Et puis ce film est aussi un bon complément de l'album de bandes dessinées de Lucky Luke par Morris & Goscinny : Le Fil qui chante. Il raconte la même sorte d'expédition, mais dans l'autre sens, entre Carson City et Salt Lake City. Cette BD s'inspire bien entendu du film, reprenant, à sa façon, certains épisodes, comme les pourparlers avec les Indiens pour savoir si le « fil qui chante » est, oui ou non, une « bonne médecine » !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Alice Guy
La Fée aux choux (Alice Guy, 1896)

Un jardin, délimité par une grille.

Dans ce jardin, des choux. Certains avec des têtes qui dépassent.

Une femme - une fée - au milieu...

Cette femme, c'est Alice Guy.

Nous sommes peu de temps après le train de la Ciotat des frères Lumières.

Et déjà, les fictions s'imposent.

Et en plus, c'est une femme !

Alors Alice Guy se filme amenant des naissances... Normal, c'est la fée des choux.

Elle se penche et un bébé apparaît. (A priori ce ne sont que des garçons : les filles, c'est bien connu, naissent dans des roses !)

C'est magique. Les enfants apparaissent...

 

Et puis il y a eu polémique.

Une histoire de date, de tournage et tout le toutime...

Il est étonnant de remarquer que pour les hommes, on évite toujours les controverses...

Alors appréciez ce film pour ce qu'il est : le premier d'une femme qui se fera (difficilement, finalement) un nom dans le cinéma.

Appréciez ces naissances quasi miraculeuse (on est au cinéma, en vrai, ça ne se passe pas exactement comme ça !) grâce à cette bonne fée.

Nous passons, avec ce film à des fictions : les frères Lumières nous laissaient voir des tranches de vie, des événements on ne peut plus réalistes.

Alors laissons-nous emporter par ce film merveilleux (dans tous les sens du terme), et je dédie un mot de cinq lettres aux censeurs qui n'ont pas su voir que le cinéma, c'était aussi ce que proposait Alice Guy : des histoires qui n'étaient pas du tout réalistes mais permettaient (déjà) d'emmener le spectateur dans un autre univers, de rêver...

Bienvenue au cinéma...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Douglas Fairbanks, #John Emerson
Le Mystère du Poisson volant (The Mystery of the leaping fish - Douglas Fairbanks and John Emerson, 1916)

1916

Coke Ennyday (« Cocaïne tous les jours » - Douglas Fairbanks) est un détective hors pair. Non seulement il résout les enquêtes qui lui sont confiées, mais en plus, il passe sa journée à sniffer de la cocaïne, quand ce n'est pas l'heure de s'enfiler une quantité astronomique d'alcool...

Mais il y a un nouveau mystère, celui des poissons sauteurs (d'où le titre). Ces poissons gonflables servent de paravent à un trafic de drogue que Coke va démanteler.

 

Il n'y a aucun lien  vraisemblable, véridique, réaliste. Ceci est avant tout une pochade. Tout d'abord un pastiche de Sherlock Holmes, puisque Coke se drogue de façon naturelle. Comme son illustre modèle, c'est un junkie. Mais alors que Holmes souffrait de son addiction, Coke se réjouit de ses prises de drogue.

La drogue est une fléau, certes, mais pas pour Coke Ennyday : non seulement c'est un stimulant, mais en plus, ça devient un adjuvant dans sa lutte contre le crime.

 

il est clair que ce court-métrage est avant tout une récréation pour Douglas Fairbanks. Lui qui a toujours été utilisé pour incarner des grands rôles héroïques se retrouve à jouer un personnage comique sans véritable lien réaliste. Même son apparence est fausse (normal, c'est un détective)

Mais ce qui nous amuse, c'est la direction que prend l'enquête avec une personnage aussi peu fiable. Coke est un enquêteur hors pair, mais c'est avant tout les circonstances qui l'aident.
De plus, il est épaulé par une jeune femme (Bessie Love, même pas 18 ans quand le film est tourné...) qui l'aidera plus que lui-même ne s'aide.

 

Mais comme annoncé plus haut, c'est une pochade : il ne faut pas chercher au-delà de faire rire les gens (Très vaste programme !). Et avec ce film, Fairbanks et John Emerson mettent en scène un détective aussi peu probable que ne le sera Zed dans Le Brasier ardent (Alexandre Volkoff, 1923).
Mais qu'importe. On s'amuse de cette (courte) histoire improbable.
Et (fort heureusement) l'intrigue recadre l'histoire (avec humour) mais nous laisse avec une intrigue on ne peut plus improbable.
Mais n'est-ce pas le lot des histoires comiques.

Alors savourons Et avec en plus l'une des plus belle s actrices du cinéma muet (Bessie Love).

A voir et surtout revoir !

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Publié le par Djayesse
Selfie
Regardez bien la photo.
Cette femme est une sadique.
Non seulement elle exploite la détresse des gens, mais en plus, elle s'en réjouit.
Tout d'abord, on voit la femme souriante (c'est la sadique). Ensuite, on voit celle qu'elle serre dans ses bras. Et cette femme ne sourit pas. Au contraire, elle semble désespérée. Mais ça ne gêne pas la femme blonde qui sourit, imperturbable, devant l'objectif de la caméra.
Légende (par la femme blonde ?) : « A Amiens où je suis allée soutenir les travailleurs de Whirlpool. Avec moi, leur usine ne fermera pas. »
C'est le genre de sortie qu'on évite de faire : tout d'abord parce que le scrutin n'a pas encore eu lieu, et ensuite parce que les promesses de campagnes, on connaît. Rappelez-vous Hollande, dans la même situation, en 2012, à Morhange. On sait comment ça a fini.
Mais comme disait Pasqua : « les promesses n'engagent que ceux qui y croient. »
Revenons sur l'image.
Ici, aucune compassion : un énorme sourire. Un décalage extraordinaire avec une personne qu'elle veut nous faire croire proche. Une exploitation de la misère indigne d'une personne briguant la plus haute fonction de l'Etat. Et en plus, avec un sourire carnassier bien loin de l'empathie qu'on serait en droit d'attendre devant une telle situation dramatique.
 
Cette façon de faire me rappelle les touristes qui se font photographier sur fond de misère, en Afrique ou ailleurs, histoire de dire qu'ils y étaient. Ou encore les nantis qui, au XVIIIème siècle, visitaient des asiles d'aliénés (pas de selfies, la photographie n'existait pas encore...) parce que c'était à la mode.
Ici, la femme blonde a promis : elle a entendu leur appel et s'occupera d'eux.
Peut-être.
Quand elle sera élue.
Si elle est élue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Charlot Boxeur (The Champion - Charles Chaplin, 1915)

Le vagabond (Charles Chaplin) et son chien, à la rue, sans un sou.

Spike Dugan (Ernest van Pelt), champion de boxe, cherche un sparring-partner pour prendre des coups aux entraînements. Alors, comme il n'a pas d'argent, et que sur son chemin, il bute sur un fer à cheval (voyant là un signe du destin), il accepte.

Mais Spike cogne dur, et notre vagabond regrette vite son choix.

Heureusement, il y a le fer à cheval...

 

Chaplin propulse son personnage dans un monde qui devrait lui être étranger : la boxe. Tout est là : les champions qui cognent fort, la salle d'entraînement, le ring et les spectateurs enragés. On trouve même un individu louche (Leo White) avec haut-de-forme (toujours les chapeaux !) qui essaie de truquer le match.

Le vagabond n'est pas ce qu'on peut appeler un athlète complet, et surtout, sa façon de se battre n'est pas vraiment orthodoxe, cherchant toujours à obtenir une victoire rapide sans se préoccuper de la forme, utilisant dès que possible divers objets contondants pour y arriver. Et malgré les règles du marquis de Queensberry, le vagabond va utiliser l'objet qu'il a considéré comme pouvant faire son bonheur : le fer à cheval.

C'est d'ailleurs l'une des premières fois - si ce n'est la première, je manque d'éléments, il faut que je demande à mon ami le professeur Allen John - que le fer à cheval se glisse dans un gant de boxe au cinéma. Mais là où Chaplin se révèle, c'est en prolongeant le gag du gant lesté. Non seulement il assomme le champion, mais en plus, il frappe les autres protagonistes de la scène (entraîneur, sparring-partners...) volontairement ou non, ayant oublié que son gant était habité...

Ce gag sera maintes fois réutilisé et surtout magnifié par Tex Avery, dans Lonesome Lenny, par exemple.

Et puis il y a la femme. C'est la fille de l'entraîneur (Edna Purviance). Mais elle n'a pas grand chose à faire dans ce film. Une courte apparition ponctuée par un baiser. Ce baiser d'ailleurs, ne déroge pas à la règle qui va devenir habituelle : le vagabond n'embrasse pas ou très peu ses partenaires. Et ici, il l'embrasse... Sans l'embrasser ! (Voyez le film, vous me comprendrez...)

Pour le reste, il y a la grande scène que nous attendons tous, surtout nous, spectateurs un siècle plus tard : le grand combat contre un champion non moins grand : Bob Uppercut (Bud Jamison).
Il tient ses promesses, ce combat, et dans une certaine mesure, annonce celui qu'on trouve dans Les Lumières de la ville (1931). Mais comme pour beaucoup de ces premiers films où Chaplin est metteur en scène, on assiste à une ébauche de ce qui deviendra plus tard des scènes comiques d'anthologie. On sent que Chaplin, comme Bud Jamison qui retient ses coups pour ne pas abîmer son partenaire, se retient.

Il essaie, il esquisse.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-fiction, #Daniel Espinosa
Life : Origine inconnue (Life - Daniel Espinosa, 2017)

Station spatiale internationale.

Un équipage de six scientifiques venant de différents pays doit réceptionner des échantillons venant de Mars.

Et, depuis H. G. Wells, on sait qu'il y a un échantillon de vie...

Le premier stade, c'est la découverte de la cellule. le second, son réveil. Le troisième, c'est son développement.

Et après ?

Après, Wells rencontre Alfonso Cuarón, Stanley Kubrick (un petit peu), mais surtout Ridley Scott.

 

On prend les mêmes ingrédients que Alien et on le transpose : le vaisseau est remplacé par la station spatiale, d'où une sorte de mise à jour du décor. [Qu'en sera-t-il dans quarante ans ? Trouvera-t-on toujours ce décor adéquat ?]

Comme dans Gravity, on voit des gens évoluer en apesanteur avec une fascination certaine, admiratifs devant ces effets.

 

Daniel Espinosa rejoint Kubrick et son 2001, a space Odyssey sur deux points : le traitement de l'apesanteur, où les plans des acteurs ne sont pas en rapport avec notre vision classique des corps (tête en haut, pieds en bas) et le traitement de l'extraterrestre. Ici aussi, nous avons affaire à un corps étranger hybride qui ne ressemble à rien de familier : une espèce de croisement entre une étoile de mer et une orchidée. Pas d'humanoïde, cette fois-ci. Et cette créature en devient fascinante. Pour les protagonistes tout d'abord, la découverte d'une nouvelle forme de vie s'apparente à une nouvelle naissance, soulignée par une véritable naissance qui a lieu pendant le séjour spatial. Mais fascinante aussi pour le spectateur : cette étrangeté (volonté de la production de se démarquer de ce qu'on connaissait) est tour à tour attirante et repoussante.

 

Et bien entendu, il y a l'incident qui amène le déséquilibre : le réveil de la créature, amenant une resucée d'Alien, dans un décor plus moderne, tout de même. Mais les ressorts sont les mêmes : un espace gigantesque qui devient vite un lieu confiné et oppressant ;  une créature hostile qui échappe à tout contrôle ; des membres d'équipages qui, même s'ils ne se séparent pas, sont éliminés par cette même créature ; des moments de silence présageant un coup de théâtre... Et une angoisse qui monte !

Le tout pour exploser dans une fin comme on en rêvait.

 

Pourtant, ça avait un peu mal commencé : l'expédition est médiatisée, et ce sont essentiellement des médias américains qui couvrent l'événement. On songe tout de suite que la film va tourner - encore une fois - à l'apologie des Etats-Unis, sauveurs officiels de la planète depuis maintenant plusieurs décennies : des petits enfants américains posent des questions aux astro/cosmonautes, c'est une école choisie parmi 11 000 qui donne son nom à la créature : la primaire Calvin Coolidge... Il ne manque plus que Tom Cruise et la boucle sera bouclée. Et puis on retrouve une répartition des rôles en fonction des minorités selon le principe de Tolérance cher aux Américains (un asiatiques, un noirs qui plus est handicapé...)

 

Mais c'est un réalisateur suédois... Alors même si l'Amérique est le point de départ de l'histoire, la fin n'a rien d'américaine.

Et c'est tant mieux !

Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Tous les ingrédients sont là pour avoir une fin attendue : et non !

 

Ca fait du bien de temps en temps...

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