Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld, #Gangsters, #Danny DeVito
Get Shorty (Barry Sonnenfeld, 1995)

Shorty, c’est Martin Weir (Danny DeVito).

Et s’il faut « avoir Shorty », c’est surtout dans un film.

Pourtant, ce n’est pas qu’une histoire de film à produire : avant tout, c'est une histoire de gangster, où le personnage principal, c’est Chili Palmer (John Travolta), un bailleur de fonds qui, lâché par son protecteur (crise cardiaque), doit récupérer une certaine somme d’argent d’un escroc à la petite semaine, Leo Devoe (David Paymer).

Mais ça, c’est l’intrigue initiale.

Parce que, bien entendu (1), ça ne se passe pas comme prévu.

 

John Travolta vient de terminer un film avec Tarantino quand il accepte un nouveau rôle de truand. Mais si Pulp Fiction reste dans une tendance sérieuse, il n’en va pas du tout de même ici.

Son rôle, aussi violent soit-il n’est jamais complètement sérieux. Et puis un truand cinéphile, ça ne court pas les rues…

Quoi qu’il en soit, on se régale avec cette comédie aux bases bien noires. Et la distribution y est pour beaucoup. Outre Travolta et DeVito, on peut croiser Gene Hackman, dans un rôle décalé par rapport aux personnages sérieux qu’il a l’habitude de jouer. Harry Zimm est un producteur souvent mal inspiré dont la production rappelle certains films de série B (voire plus loin dans l’alphabet) qui sentent bon les années 1950s… Mais qui sont tout de même contemporains de l’intrigue, la présence de Rene Russo dans ces films l’attestant.

D’une manière générale, Zimm est un abruti, pas toujours au bon endroit ni au bon moment.

 

Mais les véritables éléments comiques, il faut les chercher chez les truands, et pas seulement chez Chili Palmer.

En effet, outrez ce dernier, on rencontre un phénomène quand apparaît Ray « Bones »  Barboni (Dennis Farina). Dès la séquence d’ouverture, on a un échantillon de ce que va être le film, un chassé-croisé entre lui et Chili. Bones est un personnage aussi bête qu’inculte, incapable de prononcer une phrase sans y inclure le fameux « F-Word » (2). Sa rencontre avec Zimm est un sommet dans le genre.


Autres personnages réjouissants : Bo Catlett (Delroy Lindo) et Bear (James Gandolfini). Il n’en manque qu’un pour avoir les Pieds Nickelés, mais leur seule présence est suffisante pour déclencher le rire. Bo, sous ses dehors de caïd (et surtout sa carrure) est avant tout un truand minable (3), accompagné d’un ex-cascadeur peu efficace si on en croit ses deux premières rencontres avec Chili. Mais comme toujours avec ce genre de personnage, il faut se méfier.

 

Et puis il y a Shorty. Comme son nom l’indique, il n’est pas bien haut, mais son succès est inversement proportionnel à sa taille. C’est un acteur, un vrai, capable de tout faire, même s’il faut l’aiguiller longtemps. Sa performance lors de sa rencontre avec Chili est magnifique, égratignant au passage l’Actor’s Studio (4).

 

Barry Sonnenfeld, ici, nous offre un film réjouissant  et qui ne se prend jamais au sérieux, tout comme les acteurs (Travolta en tête) semblent éprouver du plaisir à cette parodie jouissive.

Avec en prime une magnifique transition finale avec une guest star inattendue bien que tout de même annoncée.

 

 

(1) Normal, c’est Barry Sonnenfeld !

(2) « Fuck » et toutes ses conjugaisons…

(3) Rendez-vous compte, sa salle de bain est rose !

(4) Gene Hackman y fut un élève.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #David Fincher, #Morgan Freeman
SE7EN (David Fincher, 1995)

Sept.

Sept jours de la semaine.

Sept péchés capitaux.

Un par jour.

Presque.

 

David Fincher, pour son deuxième long métrage, délaisse l’espace (Alien 3) pour l’atmosphère étouffante d’un film policier poisseux, où les sens sont aussi importants que les  crimes.

Sept crimes répertoriés, chacun en relation directe avec l’un des péchés capitaux : gourmandise, avarice, paresse, luxure, orgueil, envie et colère.

 

Sept crimes pour un seul criminel, calme, froid, réfléchi : John Doe (1). John Doe, c’est n’importe qui, un visage dans une foule. Mais ici, pas de foule, et le visage n’est révélé que quand il n’a plus d’importance.
De toute façon, ce visage n’est jamais le plus important. C’est la mise en œuvre qui nous intéresse.

 

Nous avons deux policiers, deux conceptions d’un même métier, deux conceptions de la vie. Entre eux, un gouffre qui va progressivement se combler jusqu’à les réunir. Ce n’est pas le schéma habituel avec le vieux flic qui est là pour former le jeune loup. Jamais. Ce sont deux hommes qui finalement ont le même sens du devoir, avec des différences dans leurs pratiques.

Mills (Brad Pitt) est le jeune flic qui travaille dans l’urgence, qui ne se repose qu’une fois l’affaire résolue. Alors que Somerset (Morgan Freeman, tout juste grisonnant), c’est la vieille méthode, celle qui prend le temps de bien réfléchir et de s’informer. Pendant que Somerset prend le temps d’aller consulter les ouvrages nécessaires, Mills se procure des œuvres condensées, arrivant finalement au même résultat.

 

Ce sont deux mondes qui s’opposent.

L’ancien, lent, qui requiert du calme (une bibliothèque publique) et à la limite un peu de musique classique (Suite no 3 in ré majeur, BWV 1068 de J.S. Bach), pour aider à la réflexion. Somerset est un rationnel.

Le nouveau, fait de vitesse et de bruit : celui de Mills qui réfléchit pendant que la télévision l’abreuve de basketball pendant qu’il déguste une bière, s’agitant tant que la clé ne se dévoile pas. Mills est un instinctif.

Somerset a rarement sorti son arme, et ne l’a jamais utilisée. Pas Mills.

 

Et cette différence de personnalité s’accentue quand il est question de performances physiques : Mills court derrière le tueur pendant que Somerset ne peut que compenser son absence de forme par une stratégie dans le déplacement.

Cette scène d’ailleurs est une magnifique poursuite, entièrement à pied, derrière un tueur sans visage et qui s’escamote à chaque fois que Mills a un angle de tir, ramenant ce dernier au niveau de son coéquipier : il a sorti son arme et n’a pas fait feu une seule fois.

C’est une formidable course où le caméraman est au cœur de l’action (comme presque tout le temps du film), caméra à l’épaule accentuant ainsi la tension générée par cette poursuite.

 

Et puis il y a la femme (2). Chacun des deux en a une ou en a eu une. Et Somerset se retrouve à chaque fois dans la même situation : faut-il garder l’enfant ? Si la première fois il a su répondre, il n’en va pas de même pour la seconde. Normal, cette fois, ce n’est pas lui le géniteur.

 

  1. Pas besoin de vous donner son nom : si vous avez vu le film, vous le connaissez, sinon, vous seriez aiguillé. La surprise est un des éléments du film.
  2. Gwyneth Paltrow, trop rarement – sur l’écran – magnifique.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lois Weber
Sensation Seekers (Lois Weber, 1927)

Huntington Bay, ville côtière américaine, pendant les fameuses roaring twenties.

C’est l’effervescence parce qu’un nouveau pasteur vient d’arriver : le révérend Lodge (Raymond Bloomer). Il est beau, il est jeune et athlétique.

D’ailleurs, les paroissiennes ne s’y trompent pas, surtout les plus jeunes.

Mais après l’avoir fortuitement rencontrée, Lodge tombe amoureux de la femme fa&tale de la ville, la belle (et redoutable) Luena Hagen (Billie Dove), qu’on appelle aussi « Egypt » pour des frasques peu en accord avec les préceptes que dispense Lodge.

 

C’est une intrigue cousue de fil blanc que nous propose ici la grande Lois Weber : en effet, ce n’est pas la première fois qu’on assiste à ce genre d’histoire où une « brebis égarée » (« black sheep » dans le film) est sauvée par un homme juste, en l’occurrence le pasteur. Je rejoins mon ami le professeur Allen John quand il parle du rôle inhabituel du pasteur. En effet, si cet homme d’église est garant des bonnes mœurs de sa paroisse, il n’en reste pas moins un homme, qui plus est sportif : la rencontre inopinée des deux amoureux se fait alors à la plage alors que lui s’entretient sa forme. C’est un lieu bien inhabituel pour ce genre de personnage, habituellement austère et pudibond.

 

Malheureusement, sur les 70 minutes initiales, on ne peut en visionner que 43 et quelques secondes, et pas toujours de très bonne qualité.

Et cela est fort dommage car il manque indéniablement une partie de l’intrigue concernant les bonnes gens de la bonne société qui ne voient – évidemment – pas cette relation d’un très bon œil.

Mais cela ne nous empêche pas de bien comprendre leur point de vue plutôt étriqué. On aimerait en voir un peu plus de ces bigots qui se repaissent des turpitudes des autres, et qui, encore une fois, ne vivent qu’à travers leurs semblables : on sait qu’ils se réunissent pour épier et médire, mais on sait aussi qu’ils ont dénoncé le pasteur à son supérieur, l’évêque Blake (Tom Ricketts ?).
Et au vu de ce qui nous est proposé, on peut être déçu de ne pas voir un peu plus de ces mesquineries qui d’une certaine façon amènent le drame.

 

En effet, c’est parce que ces gens bien pensants condamnent l’amour naissant entre ces deux personnes complètement différentes que la tragédie a lieu : c’est par dépit que la belle Egypt espère se consoler dans les bras de Ray Sturgis (Huntley Gordon), un homme riche et fou amoureux d’elle, qui l’emporte sur son yacht malgré la tempête.

 

D’un autre côté, cette tragédie est certainement le clou du film. Billie Dove est magnifiquement convaincante quand elle interprète cette femme qui se noie, sauvée in extremis bien sûr, par le beau pasteur athlétique. C’est une suite de plans plus ou moins rapprochés de cette femme en détresse alors que les hommes – lâches – ont quitté le yacht qui sombre.

 

Cette noyade ainsi que le sauvetage qui suit sont tout aussi symboliques : cette femme s’était perdue dans une attitude païenne (le surnom Egypt n’est pas innocent), s’est noyée dans un océan de péchés, et son sauveteur (elle le prend pour un « Life Guard » - maître nageur sauveteur) qui lui sauve la vie est aussi son Sauveur, qui lui sauve son âme.


Edifiant ? Oui. Mais quelle belle séquence finale !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Dante
Gremlins (Joe Dante, 1984)

Ils sont laids. Ils sont bêtes. Ils sont méchants. Ils boivent et ils fument. Ils ? Les Gremlins.

Ou plutôt les Mogwaïs. Mais ceux-là sont d’une espèce plutôt redoutable : ils sont nés de l’eau et ont été nourris après minuit.

Mais reprenons au début.

 

Randall Peltzer (Hoyt Axton – le narrateur du film) est un inventeur qui va de boutique en boutique proposer ses produits. Alors qu’il est à Chinatown, il découvre Gizmo, une espèce de peluche vivante, et décide de l’offrir à son fils Billy (Zach Galligan) pour Noël.

Mais avoir un mogwaï représente une grande responsabilité, comme le dit le vénérable Mr. Wing (Keye Luke, le maître aveugle du petit scarabée Caine dans Kung Fu) et surtout, il y a trois choses à éviter :

  1. ne pas l’exposer à la lumière ;
  2. ne pas le mettre au contact de l’eau ;
  3. et surtout ne pas le nourrir après minuit.

Bien entendu – et pour qu’il y ait un film – ces trois préceptes ne sont pas respectés.

La petite ville de Kingston Falls se retrouve alors la proie d’une horde d’être malfaisants qu’un vétéran de la guerre – Mr. Futterman (Dick Miller) surnomme Gremlins, comme les petits être imaginaires qui sabotent les appareils mécaniques et qui sont en vedette dans le court-métrage Falling Hare supervisé par Bob Clampett, avec Bugs Bunny en 1943.

 

Six ans après Piranha, Joe Dante revient au film dit « de catastrophe ». Mais si Piranha oscillait entre l’horreur et la parodie, ici, on a affaire à un film comique avant tout.

Tout d’abord, ces êtres n’existent pas, ce qui permet une grande liberté quant à leur comportement. Et Joe Dante ne s’en prive pas. Il a fait appel à Chris Walas qui avait travaillé avec lui sur Piranha, et ses créatures sont une véritable réussite.

Gizmo, le premier qui nous est présenté, est aussi la source des ennuis qui vont s’accumuler. Car, bien entendu, les recommandations ne sont pas respectées et on assiste alors à une transformation du style Jekyll/Hyde de toute beauté.

 

En effet, si Gizmo est attachant, ses doubles transformés sont absolument répugnants, physiquement comme moralement.

On assiste alors à une montée de la tension au fur et à mesure que les doubles maléfiques se développent, jusqu’au paroxysme quand l’un d’eux tombe dans une piscine.

Mais si les piranhas étaient foncièrement dangereux, ces créatures-ci sont avant tout ridicules. On assiste à des comportements extrêmement déviants qui donnent lieu à de magnifiques scènes d’animation : la séquence dans le bar où Kate (Phoebe Cates), la petite amie de Billy, est confrontée à une bande de Gremlins buvant, fumant et jouant aux cartes est magnifique, avec en plus l’un d’eux accroché au ventilateur…

 

On retrouve dans ce film le même esprit que dans Piranha avec avant tout un parti pris comique. L’intrigue est menée de la même façon rigoureuse – c’est indispensable si on veut faire rire : ce n’est pas rigolo de faire rire – et aussi avec quelques acteurs qui étaient dans ce film précédant : Dick Miller (Buck Gardner) est ici celui qui donne le nom aux créatures, un Américain un tantinet trop protectionniste, voire xénophobe ; Belinda Balaski (Betsy dans l’autre film) est ici Mrs Harris ; quant à Kevin McCarthy, il apparaît par procuration, la télévision diffusant l’Invasion des profanateurs de sépultures dans lequel il jouait.

 

Alors on s’amuse devant cette bande de dégénérés qui sabotent bel et bien le noël de Kingston Falls, avec en prime des références cinématographiques comme s’il en pleuvait et même Steven Spielberg au salon des inventeurs.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Dante
Gremlins 2 : Nouvelle Génération (Gremlins 2: The new Batch - Joe Dante, 1990)

Règle 1 : ne pas les exposer à la lumière.

Règle 2 : ne pas les mettre au contact de l’eau.

Règle 3 : ne pas les nourrir après minuit.


Evidemment, quelqu’un n’a pas respecté ces règles. Et tant mieux pour nous, comme je l’ai déjà écrit.

Gizmo a été abandonné, son maître Mr. Wing (l’ex-moine shaolin Keye Luke) est mort.

Heureusement il a été récupéré par un technicien qui travaille pour Mr. Clamp (John Glover).

Heureusement, c’est vite dit (voir règles plus haut).

Mais une chose est sure : comme Billy (Zach Galligan) et Kate (Phoebe Cates) travaillent pour Clamp*, on peut espérer une fin heureuse.

 

On retrouve nos monstres préférés pour une comédie encore plus débridée que la précédente. Gizmo est toujours aussi craquant, ses rejetons toujours aussi bêtes et méchants.

On retrouve aussi Dick Miller (il est à nouveau Mr. Futterman), interprète incontournable des films de Joe Dante et Jackie Joseph qui est à nouveau sa femme, ainsi que Robert Picardo (chef de la sécurité) et Kathleen Freeman en animatrice culinaire portée sur le sherry. Sans oublier Henry Gibson, qui fait une courte apparition.

Bref, la machine Dante est en marche et rapidement, ça dégénère – encore une fois – magnifiquement.

 

Ce film fut un échec. Ca arrive.

Pourtant, cette suite est des plus jouissives.

En effet, le scénario inclut un élément indispensable pour développer la folie de Dante et son équipe : un laboratoire. Et en plus, il est dirigé par Christopher Lee (Dr. Catheter).

Ce laboratoire va permettre des mutations de Gremlins réjouissantes et prétextes à de beaux hommages cinématographiques : Batman (qui est sorti l’année précédente) ; le Fantôme de l’opéra (au moins deux d’entre eux dont celui avec Lon Chaney) ; Le Magicien d’Oz…

Avec en prime Gizmo qui se prend pour Rambo… Sans oublier une version colorisée de La Vie est belle de Capra… [Mr. Clamp préfère la couleur, que voulez-vous…]

N’en jetez plus ! C’est formidable.

 

Enfin, j’aime.

Et puis qu’importe le fait que l’intrigue soit indigente**, c’est bel et bien son traitement qui nous suffit. C’est un festival de gags et de citations, avec la participation de personnalités dans leur propre rôle et, cerise sur le gâteau, une condamnation du film précédent par le célèbre critique et encyclopédiste (de cinéma, bien sûr) Leonard Maltin.

Bref, il faut être un tantinet difficile pour ne pas apprécier : « I want to be a part of it » !

 

Après, les goûts et les couleurs…

 

 

* Il n’a pas les cheveux orange, mais il pourrait. Mais à la grande différence de l’autre, c’est qu’il devient presque sympathique…

 

** A quelques détails près, c’est la même que pour le premier, sauf que ça se passe à New York.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld
Men in Black 3 (Barry Sonnenfeld, 2012)

On ferme !

 

Barry Levinson termine sa trilogie par le seul élément de science fiction qu’il n’avait pas utilisé dans les épisodes précédents : le voyage dans le temps.

Tout ça parce que en 1969, K (Josh Brolin) s’est contenté d’arrêter Boris l’Animal (Jemaine Clement, « juste » Jemaine Clement).

En effet, Boris s’évaderait en 2011 (14 ans après MIB) et repartirait tuer K dans le passé, laissant l’agent J (Will Smith) orphelin de son partenaire, K (Tommy Lee Jones).

Vous me suivez ?

 

[Oui, je sais, c’est bancal. En effet, si K meurt en 1969, alors J ne peut pas avoir été enrôlé par lui, et donc il ne peut pas être un MIB…

Je vous réponds ceci : « Et alors ? Tant qu’on s’amuse, qu’est-ce que ça peut faire ? Et puis si les MIB reflétaient la réalité, quel serait leur intérêt ?

Voilà, c’est dit, reprenons.]

 

Barry Sonnenfeld (autre magicien du cinéma) nous propose donc un film basé sur le paradoxe temporel, mais bien entendu avec humour, comme il sait le faire. On voyage donc avec J dans le temps vers cette année (érotique pour Gainsbourg et Birkin) où l’homme a mis le pied sur la Lune. Ce déplacement dans le continuum espace-temps (1) amène aussi un instantané de New York  à la fin des 1960s, avec tenue et comportement adéquat, et surtout un plongeon dans la Factory d’Andy Warhol (Bill Hader), véritable repère à ciel ouvert d’extra-terrestres en tous genres (2).

 

Mais plus qu’un voyage dans le temps, c’est une belle conclusion qui nous est proposée ici. En effet, les rapports froids entre K et J (surtout dans ce sens) – qui sont a priori les mêmes entre les autres, si vous écoutez attentivement l’éloge funèbre de Z par ce même K – prennent une autre dimension quand K disparaît (physiquement, rappelez-vous, « Juste » Boris l’a tué).
Et ce voyage dans le temps n’est pas seulement la recherche d’un partenaire mais plus d’un ami, voire d’un père de substitution : rappelez-vous la fin du premier opus : K se contentait de former un remplaçant.

 

Et cette quête nous permet de voir que Josh Brolin imite très bien Tommy Lee Jones (les rides en moins, mais c’est normal, il est (dans le film) 40 ans plus jeune !

On a aussi un bel aperçu des intérieurs américains – qui n’ont rien à envier aux européens – avec leurs tapisseries qui piquent les yeux (3).

Mais si on regarde bien, on peut reconnaître Barry Sonnenfeld, dans un canapé avec une femme, qui regarde le départ de la célèbre fusée Apollo XI.

 

Alors peut-être trouverez-vous que cet épisode est mièvre et ne donne pas autant la place aux ET que les précédents (on ne voit pas mes préférés : les bâtonnets sur pattes), mais il me semble plus sage d’avoir terminé sur cette note. En effet, la fin relève plus de l’émotion – les enjeux l’amènent – mais malgré tout, la vie continue, et les MIB avec elle, protégeant le monde et les humains sans que ceux-ci s’en doutent.

C’est leur boulot, on a bien compris, et le reste n’a plus d’importance.

 

Quoi que…

A chaque fin des deux premiers films, on terminait sur un zoom-travelling arrière à grande échelle qui nous faisait paraître, nous les terriens égocentriques, comme une quantité extrêmement négligeable du grand Tout (comme disait mon prof de philo). Cette fois-ci, c’est le contraire qui conclut.

 

Juste retour des choses, non ?

 

 

(1) J’aime bien Retour vers le Futur, aussi…

(2) Bien entendu, on y entend le Velvet Underground.

(3) Ceux qui, comme moi, ont vécu les années ’70s s’en souviennent…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anthony & Joe Russo, #Avengers, #Marvel
Avengers : Infinity War (Anthony and Joe Russo, 2018)

Avengers III : le retour de la revanche du fantôme du fils maudit de…

Non. Avengers III est un épisode particulier. Que les gavés de Marvel passent leur chemin, je m’adresse aux autres (1).

Cette fois-ci, nous sommes à un tournant.

Je ne vous résumerai pas l’intrigue, elle est trop complexe.

Sachez tout de même que nous entrons dans le Cercle Rouge (2) cher à Jean-Pierre Melville.

 

En effet, presque tous les héros des franchises Marvel sont là (préparez-vous, ça va être long : Iron-Man (Robert Downey Jr.) ; Thor (Chris Hemsworth) ; Star-Lord (Chris Pratt) ; Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) ; Hulk (Mark Ruffalo) ; Spider-Man (Tom Holland) ; Dr. Strange (Benedict Cumberbatch) ; Captain America (Chris Evans) ; je continue ? Bref, les Avengers et les Gardiens de la galaxie, rien que ça. Et bien sûr, l’inévitable Stan Lee…

Il ne manque à cette réunion que les X-Men, mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, c’est déjà assez compliqué comme ça.

Et pour rassembler les Avengers et les Gardiens de la Galaxie, il fallait un méchant au-delà des super-méchants habituels. Il s’appelle Thanos (Josh Brolin qui est en plus à l’affiche de Deadpool 2 qui sort bientôt), et il est extraordinaire. C’est une espèce d’archange suprême du Mal, un diable plus fort que le Diable.

Et en plus, ce n’est pas un être insensible, malgré ce qu’on pourrait croire. Mais disons qu’il a ses priorités : il veut rétablir l’équilibre dans l’univers. Alors il envahit les planètes les unes après les autres et il élimine la moitié des habitants à chaque fois, aléatoirement : les riches comme les pauvres, les beaux comme les laids sont éliminés physiquement.

Et tout ça pour que les survivants puissent vivre en harmonie.

C’est un point de vue.

 

Et ce n’est certainement pas celui des Avengers quand Thanos décide de venir sur la Terre.

Sauf que les Avengers sont séparés, alors évidemment, ça pose des problèmes. Mais dans l’adversité, tout le monde s’unit, on oublie les vieilles querelles.

Sauf que là, le Méchant (notez la majuscule) est vraiment le plus fort. C’est comme ça. Et même Thor – qui est quand même un dieu, ce n’est pas rien – n’y pourra rien.

Et après avoir tué » Wolverine, les films Marvel s’attaquent à d’autres super-héros. Je ne vous dis pas lesquels, vous découvrirez par vous-même.

Mais on était prévenu dès le début : Thanos élimine la moitié de la population, sans distinction de race, de classe, de superpouvoirs ou non…

 

Il y a un véritable changement de ton dans l’univers Marvel des Avengers. L’humour qui pimentait les différentes péripéties a tendance à se raréfier, même s’il reste tout de même présent. Mais on sent qu’avec Thanos, les choses sont différentes. Le sauvetage in extremis de la Terre, qui arrive (presque) à chaque fois, se fait attendre. Et même…

 

Après on aime, ou on n’aime pas. Mais le spectacle est au rendez-vous, et la dimension religieuse introduite par le personnage de Thanos est un point qui relance intelligemment la série et l’empêche de tourner en rond avec les ficelles habituelles.

Je ne vous dirai pas comment ça finit – surtout parce qu’il est prévu une suite (3) – mais c’est un peu comme si Sauron réussissait à récupérer son Anneau (4)…

 

A suivre, donc.

 

(1) Non, je rigole, vous pouvez continuer à me lire, je vous aime…

(2) « Quand les hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. » (Siddhârta)

(3) Pertinente, ça dépend de votre point de vue

(4) L’analogie, par contre, est pertinente.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Comédie, #Joe Dante
L'Aventure intérieure (Innerspace - Joe Dante, 1987)

Jack Putter (Martin Short) est malade. De quoi ? De tout : ulcère, allergies, et j’en passe.

Mais ce n’est rien à côté de ce qu’il vient d’attraper : un vaisseau piloté par Tuck Pendleton (Dennis Quaid), qu’Ozzie Wexler (John Hora) lui a inoculé dans la fesse.

Précision : suite à un processus, le vaisseau a été miniaturisé, et depuis, Tuck se promène dans le corps de Jack, voyant avec les yeux de ce dernier et entendant par ses oreilles.

 

Il y a un élément extrêmement jouissif dans le cinéma de Joe Dante : l’improbabilité poussée à son paroxysme.

Pas une seconde on ne croit à cette histoire de miniaturisation, et pourtant, on tremble pour Tuck dans le corps de Jack, et on s’amuse des réactions de ce dernier suite à l’injection. Dante est un véritable magicien, étant capable de nous tenir en haleine pendant deux heures pour une intrigue dont on sait pertinemment comment elle va finir : bien.

 

C’est sa façon de filmer, toujours au plus près qui nous enchante et nous plonge à corps perdu dans les parcours croisés de Jack et Tuck qui n’avaient aucune raison de se rencontrer. Mais nous sommes au cinéma, et le destin, c’est le scénariste, en l’occurrence les : Jeffrey Boam et Chip Proser (qui est aussi producteur).

Ca, et les effets spéciaux de l’équipe Dennis Muren, Bill George, Harley Jessup et Kenneth Smith, qui nous permettent de visiter l’intérieur de corps humain et même assister à une grande révélation (pour Tuck).

 

Est-il besoin encore de le préciser ? Le numérique n’en était qu’à ses balbutiements et le morphing allait commencer à se répandre. Donc, on est encore dans une technique qui s’apparente au bricolage, même si c’est un peu dépréciatif à propos de ce film. Le voyage de Tuck à l’intérieur des corps est magnifique (on a une belle illustration du circuit sanguin, par exemple, et la course finale avec intervention des personnages réduits de moitié est tout simplement bluffante.

 

Et puis, comme c’est un film de Joe Dante, on retrouve quelques têtes connues : Dick Miller, bien sûr, en chauffeur de taxi qui se retrouve piégé dans une (fausse) scène d’adieux ; Kevin McCarthy, qui est le méchant patenté du film, et la (encore) belle Fiona Lewis, scientifique qui a rejoint le côté obscur.

Quant au super-méchant (dans une histoire pareille, c’est indispensable), c’est Vernon Wells qui interprète l’infâme Igoe, un homme à la poigne de fer* et aux lunettes presque noires.

 

Et puis il y a les gentils, il ne faut pas les oublier. Le héros de l’histoire n’est pas celui qu’on attendait. En effet, si Tuck Pendleton a le physique de l’emploi, c’est tout de même Jack Putter avec son sourire intégral qui dirige tout, et même parfois malgré lui !

Le vrai héros, c’est lui. Car même si Tuck a l’intention de changer, celui qui est transfiguré – et donc amélioré – à la fin, c’est bien Jack.

Et en plus, il arrive presque à repartir avec la fille !

Et la fille, c’est la (toujours) magnifique Meg Ryan, alors…

 

 

* Je salue au passage les amateurs de Blueberry.

 

** Il ne faut pas exagérer non plus !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joss Whedon, #Avengers, #Marvel
Avengers : L'Ere d'Ultron (The Avengers: Age of Ultron - Joss Whedon, 2015)

Ils sont de retour et pas un ne manque à l’appel. On a même le droit de voir quelques nouvelles têtes : Rhodes/War Machine (Don Cheadle) ou encore Wilson/Falcon (Anthony Mackie) qui font quelques apparitions plus ou moins décisives.

 

Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence. C’est un festival de combats plus dantesques les uns que les autres, avec pléthore d’effets spéciaux caractéristiques pour chaque super-héros.

Mais une autre dimension se développe dans le film : l’humanité.

En effet, chacun, à force d’être extraordinaire, n’est-il pas de moins en moins humain et de plus en plus « Avenger » avant tout ?

On découvre alors que Barton (Jeremy Renner) est marié& et a des enfants, ce que Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) savait, et que cette dernière est irrésistiblement attirée vers le gros homme vert, surtout quand il ne l’est plus (vert). Alors ça amène des doutes et des questionnements…

Et cette dimension humaine qui s’efface n’est-elle pas en train de les affaiblir, voire les pervertir ?

 

C’est en fait le créneau dans lequel évolue le super-méchant de l’intrigue*. Parce que cette fois-ci, le méchant n’est pas humain, mais encore prie : il n’est pas organique. C’est Ultron, une intelligence artificielle à côté de laquelle Jarvis n’est qu’un apprenti. Ou le croit-on…

Bref, nous nageons (presque) dans la métaphysique. Mais heureusement pour nos neurones, l’action prend le pas sur la réflexion, et Captain America en profite pour jurer…

 

Mais l’action a un peu tendance à prendre trop le pas sur le reste, et à certains moments, on a du mal à se repérer tant les plans se succèdent à un rythme effréné et les androïdes se multiplier dans un combat sur un lopin de terre (une petite ville, tout de même) en apesanteur.

Et c’est là que le spectateur féru de bandes dessinées se réveille : quelques arpents de terre qui flottent dans l’air… Et en plus, ça se passe dans une obscure de l’Europe de l’Est...

Bon sang, mais c’est bien sûr : Un Empire des dix arpents de Will, Delporte et Franquin (1978)…

 

Autre clin d’œil**. Un immense vaisseau qui vient sauver les habitants de la ville flottante, dont le commandant (capitaine ?) Nick Fury (Samuel L. Jackson) est borgne, ça ne vous rappelle rien ? Mais si, rappelez-vous, un dessin animé japonais, à la fin des années 1970s…

 

En attendant, ce deuxième opus ne se termine pas exactement comme prévu, et le troisième épisode – Avengers : Infinity War - devrait remettre certaines choses en ordre.

 

Alors, à suivre ?

 

 

* C’est bien connu : à super-héros, super-méchant !

** Hommage, emprunt, pillage (quand même pas ?)…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Tim Miller
Deadpool (Tim Miller, 2016)

On l’avait aperçu dans X-Men Origins: Wolverine, et c’était déjà Ryan Reynolds qui interprétait Wade Wilson alias Deadpool.

Depuis La dernière Cible, nous savons tous ce qu’est un dead pool : un groupe de personnes parie sur des morts éventuelles de personnalités.

Ici, Wilson est l’une d’elles dans le bar de son ami Weasel (T.J. Miller). Son implication dans les commandos est la raison principale de sa présence dans ce jeu…

 

Si Wilson/Deadpool était déjà ce qu’on appelle une « grande gueule » dans le film de 2009, ce n’est rien à côté de ce qu’il nous propose ici. C’est une bouche sans cesse ouverte qui commente tout ce qui se passe et s’essaie, avec plus ou moins de réussite, à l’humour.

Alors oui, à un moment, ça lasse.

Mais ce qui d’un côté alourdit le film (son débit continu) est aussi une espèce de pied de nez à ce qu’on entend d’habitude, devenant alors l’un des atouts du film. Rien ne nous est épargné et sa logorrhée se situe carrément dans le registre adulte.

Mais à un moment tout de même, on comprend que Francis/Ajax en ait marre. Moi aussi.

 

Par contre, s’il ne fait (presque) que parler, il possède surtout un détachement salutaire par rapport à l’intrigue. Il ne peut s’empêcher de commenter ce qui se passe, s’adressant directement au spectateur, lui faisant remarquer les faiblesses de la production, voire les autres productions Marvel (et même DC Comics) : deux X-men patentés* seulement, un portrait peu flatteur de Charles Xavier, sans parler des références aux autres super-héros du même style. Bref, on résiste difficilement à ces interventions complètement décalées voire hors de propos.

 

Pour le reste, on retrouve une production estampillée Marvel qui, même avec le dé&calage déjà évoqué, accumule les scènes d’actions plus spectaculaires les unes que les autres, le tout avec en prime l’apparition traditionnelle du grand Stan Lee, que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

Deadpool, c’est avant tout un personnage à part dans l’univers des X-Men. En effet, outre son élocution, ses réflexions ne sont pas celles qu’on s’attend à voir d’un personnage aussi américain : même Wolverine, marginal notoire, n’arrive pas à son niveau de « politiquement incorrect »…

 

Un météore, qui va repasser bientôt, dans cet univers somme toute bien aseptisé…

 

 

* Dont l’un, Colossus (André Tricoteux, Greg LaSalle & Stefan Kapičić – ça en fait du monde pour un seul bonhomme, aussi gros soit-il !) est aussi fort physiquement qu’il est faible moralement : il ne supporte pas que Deadpool élimine définitivement un de ses adversaires.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog