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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Dante
Gremlins 2 : Nouvelle Génération (Gremlins 2: The new Batch - Joe Dante, 1990)

Règle 1 : ne pas les exposer à la lumière.

Règle 2 : ne pas les mettre au contact de l’eau.

Règle 3 : ne pas les nourrir après minuit.


Evidemment, quelqu’un n’a pas respecté ces règles. Et tant mieux pour nous, comme je l’ai déjà écrit.

Gizmo a été abandonné, son maître Mr. Wing (l’ex-moine shaolin Keye Luke) est mort.

Heureusement il a été récupéré par un technicien qui travaille pour Mr. Clamp (John Glover).

Heureusement, c’est vite dit (voir règles plus haut).

Mais une chose est sure : comme Billy (Zach Galligan) et Kate (Phoebe Cates) travaillent pour Clamp*, on peut espérer une fin heureuse.

 

On retrouve nos monstres préférés pour une comédie encore plus débridée que la précédente. Gizmo est toujours aussi craquant, ses rejetons toujours aussi bêtes et méchants.

On retrouve aussi Dick Miller (il est à nouveau Mr. Futterman), interprète incontournable des films de Joe Dante et Jackie Joseph qui est à nouveau sa femme, ainsi que Robert Picardo (chef de la sécurité) et Kathleen Freeman en animatrice culinaire portée sur le sherry. Sans oublier Henry Gibson, qui fait une courte apparition.

Bref, la machine Dante est en marche et rapidement, ça dégénère – encore une fois – magnifiquement.

 

Ce film fut un échec. Ca arrive.

Pourtant, cette suite est des plus jouissives.

En effet, le scénario inclut un élément indispensable pour développer la folie de Dante et son équipe : un laboratoire. Et en plus, il est dirigé par Christopher Lee (Dr. Catheter).

Ce laboratoire va permettre des mutations de Gremlins réjouissantes et prétextes à de beaux hommages cinématographiques : Batman (qui est sorti l’année précédente) ; le Fantôme de l’opéra (au moins deux d’entre eux dont celui avec Lon Chaney) ; Le Magicien d’Oz…

Avec en prime Gizmo qui se prend pour Rambo… Sans oublier une version colorisée de La Vie est belle de Capra… [Mr. Clamp préfère la couleur, que voulez-vous…]

N’en jetez plus ! C’est formidable.

 

Enfin, j’aime.

Et puis qu’importe le fait que l’intrigue soit indigente**, c’est bel et bien son traitement qui nous suffit. C’est un festival de gags et de citations, avec la participation de personnalités dans leur propre rôle et, cerise sur le gâteau, une condamnation du film précédent par le célèbre critique et encyclopédiste (de cinéma, bien sûr) Leonard Maltin.

Bref, il faut être un tantinet difficile pour ne pas apprécier : « I want to be a part of it » !

 

Après, les goûts et les couleurs…

 

 

* Il n’a pas les cheveux orange, mais il pourrait. Mais à la grande différence de l’autre, c’est qu’il devient presque sympathique…

 

** A quelques détails près, c’est la même que pour le premier, sauf que ça se passe à New York.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld
Men in Black 3 (Barry Sonnenfeld, 2012)

On ferme !

 

Barry Levinson termine sa trilogie par le seul élément de science fiction qu’il n’avait pas utilisé dans les épisodes précédents : le voyage dans le temps.

Tout ça parce que en 1969, K (Josh Brolin) s’est contenté d’arrêter Boris l’Animal (Jemaine Clement, « juste » Jemaine Clement).

En effet, Boris s’évaderait en 2011 (14 ans après MIB) et repartirait tuer K dans le passé, laissant l’agent J (Will Smith) orphelin de son partenaire, K (Tommy Lee Jones).

Vous me suivez ?

 

[Oui, je sais, c’est bancal. En effet, si K meurt en 1969, alors J ne peut pas avoir été enrôlé par lui, et donc il ne peut pas être un MIB…

Je vous réponds ceci : « Et alors ? Tant qu’on s’amuse, qu’est-ce que ça peut faire ? Et puis si les MIB reflétaient la réalité, quel serait leur intérêt ?

Voilà, c’est dit, reprenons.]

 

Barry Sonnenfeld (autre magicien du cinéma) nous propose donc un film basé sur le paradoxe temporel, mais bien entendu avec humour, comme il sait le faire. On voyage donc avec J dans le temps vers cette année (érotique pour Gainsbourg et Birkin) où l’homme a mis le pied sur la Lune. Ce déplacement dans le continuum espace-temps (1) amène aussi un instantané de New York  à la fin des 1960s, avec tenue et comportement adéquat, et surtout un plongeon dans la Factory d’Andy Warhol (Bill Hader), véritable repère à ciel ouvert d’extra-terrestres en tous genres (2).

 

Mais plus qu’un voyage dans le temps, c’est une belle conclusion qui nous est proposée ici. En effet, les rapports froids entre K et J (surtout dans ce sens) – qui sont a priori les mêmes entre les autres, si vous écoutez attentivement l’éloge funèbre de Z par ce même K – prennent une autre dimension quand K disparaît (physiquement, rappelez-vous, « Juste » Boris l’a tué).
Et ce voyage dans le temps n’est pas seulement la recherche d’un partenaire mais plus d’un ami, voire d’un père de substitution : rappelez-vous la fin du premier opus : K se contentait de former un remplaçant.

 

Et cette quête nous permet de voir que Josh Brolin imite très bien Tommy Lee Jones (les rides en moins, mais c’est normal, il est (dans le film) 40 ans plus jeune !

On a aussi un bel aperçu des intérieurs américains – qui n’ont rien à envier aux européens – avec leurs tapisseries qui piquent les yeux (3).

Mais si on regarde bien, on peut reconnaître Barry Sonnenfeld, dans un canapé avec une femme, qui regarde le départ de la célèbre fusée Apollo XI.

 

Alors peut-être trouverez-vous que cet épisode est mièvre et ne donne pas autant la place aux ET que les précédents (on ne voit pas mes préférés : les bâtonnets sur pattes), mais il me semble plus sage d’avoir terminé sur cette note. En effet, la fin relève plus de l’émotion – les enjeux l’amènent – mais malgré tout, la vie continue, et les MIB avec elle, protégeant le monde et les humains sans que ceux-ci s’en doutent.

C’est leur boulot, on a bien compris, et le reste n’a plus d’importance.

 

Quoi que…

A chaque fin des deux premiers films, on terminait sur un zoom-travelling arrière à grande échelle qui nous faisait paraître, nous les terriens égocentriques, comme une quantité extrêmement négligeable du grand Tout (comme disait mon prof de philo). Cette fois-ci, c’est le contraire qui conclut.

 

Juste retour des choses, non ?

 

 

(1) J’aime bien Retour vers le Futur, aussi…

(2) Bien entendu, on y entend le Velvet Underground.

(3) Ceux qui, comme moi, ont vécu les années ’70s s’en souviennent…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anthony & Joe Russo, #Avengers, #Marvel
Avengers : Infinity War (Anthony and Joe Russo, 2018)

Avengers III : le retour de la revanche du fantôme du fils maudit de…

Non. Avengers III est un épisode particulier. Que les gavés de Marvel passent leur chemin, je m’adresse aux autres (1).

Cette fois-ci, nous sommes à un tournant.

Je ne vous résumerai pas l’intrigue, elle est trop complexe.

Sachez tout de même que nous entrons dans le Cercle Rouge (2) cher à Jean-Pierre Melville.

 

En effet, presque tous les héros des franchises Marvel sont là (préparez-vous, ça va être long : Iron-Man (Robert Downey Jr.) ; Thor (Chris Hemsworth) ; Star-Lord (Chris Pratt) ; Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) ; Hulk (Mark Ruffalo) ; Spider-Man (Tom Holland) ; Dr. Strange (Benedict Cumberbatch) ; Captain America (Chris Evans) ; je continue ? Bref, les Avengers et les Gardiens de la galaxie, rien que ça. Et bien sûr, l’inévitable Stan Lee…

Il ne manque à cette réunion que les X-Men, mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, c’est déjà assez compliqué comme ça.

Et pour rassembler les Avengers et les Gardiens de la Galaxie, il fallait un méchant au-delà des super-méchants habituels. Il s’appelle Thanos (Josh Brolin qui est en plus à l’affiche de Deadpool 2 qui sort bientôt), et il est extraordinaire. C’est une espèce d’archange suprême du Mal, un diable plus fort que le Diable.

Et en plus, ce n’est pas un être insensible, malgré ce qu’on pourrait croire. Mais disons qu’il a ses priorités : il veut rétablir l’équilibre dans l’univers. Alors il envahit les planètes les unes après les autres et il élimine la moitié des habitants à chaque fois, aléatoirement : les riches comme les pauvres, les beaux comme les laids sont éliminés physiquement.

Et tout ça pour que les survivants puissent vivre en harmonie.

C’est un point de vue.

 

Et ce n’est certainement pas celui des Avengers quand Thanos décide de venir sur la Terre.

Sauf que les Avengers sont séparés, alors évidemment, ça pose des problèmes. Mais dans l’adversité, tout le monde s’unit, on oublie les vieilles querelles.

Sauf que là, le Méchant (notez la majuscule) est vraiment le plus fort. C’est comme ça. Et même Thor – qui est quand même un dieu, ce n’est pas rien – n’y pourra rien.

Et après avoir tué » Wolverine, les films Marvel s’attaquent à d’autres super-héros. Je ne vous dis pas lesquels, vous découvrirez par vous-même.

Mais on était prévenu dès le début : Thanos élimine la moitié de la population, sans distinction de race, de classe, de superpouvoirs ou non…

 

Il y a un véritable changement de ton dans l’univers Marvel des Avengers. L’humour qui pimentait les différentes péripéties a tendance à se raréfier, même s’il reste tout de même présent. Mais on sent qu’avec Thanos, les choses sont différentes. Le sauvetage in extremis de la Terre, qui arrive (presque) à chaque fois, se fait attendre. Et même…

 

Après on aime, ou on n’aime pas. Mais le spectacle est au rendez-vous, et la dimension religieuse introduite par le personnage de Thanos est un point qui relance intelligemment la série et l’empêche de tourner en rond avec les ficelles habituelles.

Je ne vous dirai pas comment ça finit – surtout parce qu’il est prévu une suite (3) – mais c’est un peu comme si Sauron réussissait à récupérer son Anneau (4)…

 

A suivre, donc.

 

(1) Non, je rigole, vous pouvez continuer à me lire, je vous aime…

(2) « Quand les hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. » (Siddhârta)

(3) Pertinente, ça dépend de votre point de vue

(4) L’analogie, par contre, est pertinente.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Comédie, #Joe Dante
L'Aventure intérieure (Innerspace - Joe Dante, 1987)

Jack Putter (Martin Short) est malade. De quoi ? De tout : ulcère, allergies, et j’en passe.

Mais ce n’est rien à côté de ce qu’il vient d’attraper : un vaisseau piloté par Tuck Pendleton (Dennis Quaid), qu’Ozzie Wexler (John Hora) lui a inoculé dans la fesse.

Précision : suite à un processus, le vaisseau a été miniaturisé, et depuis, Tuck se promène dans le corps de Jack, voyant avec les yeux de ce dernier et entendant par ses oreilles.

 

Il y a un élément extrêmement jouissif dans le cinéma de Joe Dante : l’improbabilité poussée à son paroxysme.

Pas une seconde on ne croit à cette histoire de miniaturisation, et pourtant, on tremble pour Tuck dans le corps de Jack, et on s’amuse des réactions de ce dernier suite à l’injection. Dante est un véritable magicien, étant capable de nous tenir en haleine pendant deux heures pour une intrigue dont on sait pertinemment comment elle va finir : bien.

 

C’est sa façon de filmer, toujours au plus près qui nous enchante et nous plonge à corps perdu dans les parcours croisés de Jack et Tuck qui n’avaient aucune raison de se rencontrer. Mais nous sommes au cinéma, et le destin, c’est le scénariste, en l’occurrence les : Jeffrey Boam et Chip Proser (qui est aussi producteur).

Ca, et les effets spéciaux de l’équipe Dennis Muren, Bill George, Harley Jessup et Kenneth Smith, qui nous permettent de visiter l’intérieur de corps humain et même assister à une grande révélation (pour Tuck).

 

Est-il besoin encore de le préciser ? Le numérique n’en était qu’à ses balbutiements et le morphing allait commencer à se répandre. Donc, on est encore dans une technique qui s’apparente au bricolage, même si c’est un peu dépréciatif à propos de ce film. Le voyage de Tuck à l’intérieur des corps est magnifique (on a une belle illustration du circuit sanguin, par exemple, et la course finale avec intervention des personnages réduits de moitié est tout simplement bluffante.

 

Et puis, comme c’est un film de Joe Dante, on retrouve quelques têtes connues : Dick Miller, bien sûr, en chauffeur de taxi qui se retrouve piégé dans une (fausse) scène d’adieux ; Kevin McCarthy, qui est le méchant patenté du film, et la (encore) belle Fiona Lewis, scientifique qui a rejoint le côté obscur.

Quant au super-méchant (dans une histoire pareille, c’est indispensable), c’est Vernon Wells qui interprète l’infâme Igoe, un homme à la poigne de fer* et aux lunettes presque noires.

 

Et puis il y a les gentils, il ne faut pas les oublier. Le héros de l’histoire n’est pas celui qu’on attendait. En effet, si Tuck Pendleton a le physique de l’emploi, c’est tout de même Jack Putter avec son sourire intégral qui dirige tout, et même parfois malgré lui !

Le vrai héros, c’est lui. Car même si Tuck a l’intention de changer, celui qui est transfiguré – et donc amélioré – à la fin, c’est bien Jack.

Et en plus, il arrive presque à repartir avec la fille !

Et la fille, c’est la (toujours) magnifique Meg Ryan, alors…

 

 

* Je salue au passage les amateurs de Blueberry.

 

** Il ne faut pas exagérer non plus !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joss Whedon, #Avengers, #Marvel
Avengers : L'Ere d'Ultron (The Avengers: Age of Ultron - Joss Whedon, 2015)

Ils sont de retour et pas un ne manque à l’appel. On a même le droit de voir quelques nouvelles têtes : Rhodes/War Machine (Don Cheadle) ou encore Wilson/Falcon (Anthony Mackie) qui font quelques apparitions plus ou moins décisives.

 

Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence. C’est un festival de combats plus dantesques les uns que les autres, avec pléthore d’effets spéciaux caractéristiques pour chaque super-héros.

Mais une autre dimension se développe dans le film : l’humanité.

En effet, chacun, à force d’être extraordinaire, n’est-il pas de moins en moins humain et de plus en plus « Avenger » avant tout ?

On découvre alors que Barton (Jeremy Renner) est marié& et a des enfants, ce que Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) savait, et que cette dernière est irrésistiblement attirée vers le gros homme vert, surtout quand il ne l’est plus (vert). Alors ça amène des doutes et des questionnements…

Et cette dimension humaine qui s’efface n’est-elle pas en train de les affaiblir, voire les pervertir ?

 

C’est en fait le créneau dans lequel évolue le super-méchant de l’intrigue*. Parce que cette fois-ci, le méchant n’est pas humain, mais encore prie : il n’est pas organique. C’est Ultron, une intelligence artificielle à côté de laquelle Jarvis n’est qu’un apprenti. Ou le croit-on…

Bref, nous nageons (presque) dans la métaphysique. Mais heureusement pour nos neurones, l’action prend le pas sur la réflexion, et Captain America en profite pour jurer…

 

Mais l’action a un peu tendance à prendre trop le pas sur le reste, et à certains moments, on a du mal à se repérer tant les plans se succèdent à un rythme effréné et les androïdes se multiplier dans un combat sur un lopin de terre (une petite ville, tout de même) en apesanteur.

Et c’est là que le spectateur féru de bandes dessinées se réveille : quelques arpents de terre qui flottent dans l’air… Et en plus, ça se passe dans une obscure de l’Europe de l’Est...

Bon sang, mais c’est bien sûr : Un Empire des dix arpents de Will, Delporte et Franquin (1978)…

 

Autre clin d’œil**. Un immense vaisseau qui vient sauver les habitants de la ville flottante, dont le commandant (capitaine ?) Nick Fury (Samuel L. Jackson) est borgne, ça ne vous rappelle rien ? Mais si, rappelez-vous, un dessin animé japonais, à la fin des années 1970s…

 

En attendant, ce deuxième opus ne se termine pas exactement comme prévu, et le troisième épisode – Avengers : Infinity War - devrait remettre certaines choses en ordre.

 

Alors, à suivre ?

 

 

* C’est bien connu : à super-héros, super-méchant !

** Hommage, emprunt, pillage (quand même pas ?)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Tim Miller
Deadpool (Tim Miller, 2016)

On l’avait aperçu dans X-Men Origins: Wolverine, et c’était déjà Ryan Reynolds qui interprétait Wade Wilson alias Deadpool.

Depuis La dernière Cible, nous savons tous ce qu’est un dead pool : un groupe de personnes parie sur des morts éventuelles de personnalités.

Ici, Wilson est l’une d’elles dans le bar de son ami Weasel (T.J. Miller). Son implication dans les commandos est la raison principale de sa présence dans ce jeu…

 

Si Wilson/Deadpool était déjà ce qu’on appelle une « grande gueule » dans le film de 2009, ce n’est rien à côté de ce qu’il nous propose ici. C’est une bouche sans cesse ouverte qui commente tout ce qui se passe et s’essaie, avec plus ou moins de réussite, à l’humour.

Alors oui, à un moment, ça lasse.

Mais ce qui d’un côté alourdit le film (son débit continu) est aussi une espèce de pied de nez à ce qu’on entend d’habitude, devenant alors l’un des atouts du film. Rien ne nous est épargné et sa logorrhée se situe carrément dans le registre adulte.

Mais à un moment tout de même, on comprend que Francis/Ajax en ait marre. Moi aussi.

 

Par contre, s’il ne fait (presque) que parler, il possède surtout un détachement salutaire par rapport à l’intrigue. Il ne peut s’empêcher de commenter ce qui se passe, s’adressant directement au spectateur, lui faisant remarquer les faiblesses de la production, voire les autres productions Marvel (et même DC Comics) : deux X-men patentés* seulement, un portrait peu flatteur de Charles Xavier, sans parler des références aux autres super-héros du même style. Bref, on résiste difficilement à ces interventions complètement décalées voire hors de propos.

 

Pour le reste, on retrouve une production estampillée Marvel qui, même avec le dé&calage déjà évoqué, accumule les scènes d’actions plus spectaculaires les unes que les autres, le tout avec en prime l’apparition traditionnelle du grand Stan Lee, que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

Deadpool, c’est avant tout un personnage à part dans l’univers des X-Men. En effet, outre son élocution, ses réflexions ne sont pas celles qu’on s’attend à voir d’un personnage aussi américain : même Wolverine, marginal notoire, n’arrive pas à son niveau de « politiquement incorrect »…

 

Un météore, qui va repasser bientôt, dans cet univers somme toute bien aseptisé…

 

 

* Dont l’un, Colossus (André Tricoteux, Greg LaSalle & Stefan Kapičić – ça en fait du monde pour un seul bonhomme, aussi gros soit-il !) est aussi fort physiquement qu’il est faible moralement : il ne supporte pas que Deadpool élimine définitivement un de ses adversaires.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Denis Villeneuve
Blade Runner 2049 (Denis Villeneuve, 2017)

2049.

Trente ans plus tard.

Toujours cette même ville gigantesque, trempée par le mauvais temps et cernée par une nature qui ne peut plus être hostile : presque plus rien ne pousse.

Au milieu de cet univers déprimant : Joe (Ryan Gosling). Ou plutôt K, « blade runner » du LAPD.

C’est lui qui élimine les répliquant indésirables. Lui, un autre répliquant.

 

On retrouve, dans cette suite – 35 ans après – au film de Ridley Scott, cette ville saturée ou quand il ne fait pas nuit et humide, c’est une pâle lumière tamisée par un voile de brouillard plus épais qu’autrefois. En effet, dans l’opus précédent, on pouvait assister à un lever ou un coucher de soleil. Mais ici, ce n’est plus possible.

Et la ville est devenu encore plus concentrationnaire, encore plus noire, éclairée partiellement par le même genre de publicités présentant une femme plus ou moins habillée (voire pas du tout).


La société Tyrell a été remplacée par Wallace, mais le personnage de Joe est du même acabit que son prédécesseur Deckard (Harrison Ford) : il vit seul, boit régulièrement, et a en plus une relation platonique avec un hologramme féminin, Joi (Ana de Armas). Mais peut-il en aller autrement avec un androïde, aussi évolué soit-il ?

Et là encore, le grand questionnement concerne la part humaine de chaque robot. En quoi sont-ils humains, et surtout en quoi sont-ils PLUS humains que les humains ?

 

Gilles Villeneuve tente de répondre à cette question, en prenant son temps, un peu trop parfois peut-être, mais en nous proposant de magnifiques images, utilisant avec brio la technologie numérique qui faisait défaut il y a 35 ans.

Mais malgré tout, son film n’atteint pas le niveau du précédent. Peut-être en attendais-je plus, ou autre chose. C’est difficile à dire, tant il manque quelque chose à cette intrigue. Peut-être est-ce cette dimension humaine qui est le véritable enjeu de la lutte entre Wallace et ses répliquants (1).

 

Bien entendu, c’est la rencontre entre K et Deckard (2) qui nous intéresse le plus. Mais il faut tout de même attendre la dernière heure. Cette rencontre se fait sur les ruines de Las Vegas, dans ce qui fut un lieu de jeu et de spectacle (1) où on a la surprise de voir un hologramme d’Elvis chanter (avec difficulté, du fait d’une technique défaillante) Suspicious Minds. Cette chanson, d’ailleurs est tout à fait dans le thème : ces esprits suspicieux voire faux qu’on trouve de chaque côté des parties en présence, avec toujours le « blade runner » au milieu.

 

Alors on assiste à un très beau film, mais nous sommes comme les androïdes : il nous manque quelque chose pour être pleinement satisfaits.

 

 

          (1) Ou alors c’est ce côté messianique de l’intrigue qui rappelle une autre histoire de robots qui prennent le contrôle de la terre…

          (2) Comme presque n’importe quel bâtiment de cette ville particulière…

          (3) On retrouve aussi Gaff (Edward James Olmos), le policier « origamiste » et une apparition de Rachel (Sean Young), sans les yeux verts…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musical, #John Landis
The Blues Brothers (John Landis, 1980)

Complet noir.

Chapeau noir.

Lunettes noires.

Après avoir fait les beaux soirs du petit écran dans le Saturday Night Live, les Blues Brothers arrivent (enfin) sur grand écran, avec la complicité de John Landis à la réalisation.


C’est un festival d’humour et de musique avec de grands noms de la musique américaine, dont le vétéran Cab Calloway qu’on retrouve comme au temps du Cotton Club.

Si l’histoire est somme toute assez simple*, c’est la façon de la raconter qui est savoureuse.

En effet, c’est un véritable défilé de vedettes de la musique et de voitures, avec poursuites et attentats, chanteurs de country furieux et néonazis !

 

C’est un film qui, même s’il fut tourné à la fin des années 1970s, se laisse voir et revoir avec toujours le même plaisir. Le look Jake (John Belushi) et Elwood (Dan Aykroyd y est pour beaucoup de même que les personnages qui gravitent autour d’eux, amis ou ennemis.

Ce look caractéristique et atemporel ainsi que les chansons interprétées contribuent au fait que ce film vieillit très bien**.

 

On s’amuse des personnages un tantinet caricaturés voire  caricaturaux : la femme (Carrie Fisher) qui essaie à plusieurs reprise de tuer Jake ; le leader néonazi sans cesse ridiculisé et considéré comme un abruti (ce qu’il est, d’ailleurs) ; les Good ole Boys, une espèce de boys' band country magnifiquement ringard ; et bien entendu  ces deux frères d’orphelinat qui ne quittent (presque) jamais leurs lunettes noires, même la nuit !

Sans oublier de Ray Charles qui s’amuse de sa cécité pour notre plaisir, et l’immense Cab Calloway qui renaît dans sa tenue blanche en chantant Minnie the Moocher.

 

Et puis il y a une étincelle, un moment fugace mais riche en émotion quand Jake enlève ses lunettes pour regarder son ex petite amie : ce n’est plus un gros dur virile, il se montre tel qu’il est (ou presque), un gros nounours au regard triste, qu’il est absolument impossible de détester.

 

Alors savourons ce film, comme une friandise qu’on garde pour la bonne bouche, et vers laquelle on revient avec un même plaisir intact.

 

 

* Les deux frères doivent récupérer 5000 dollars pour sauver l’orphelinat dans lequel ils ont grandi.

** Peut-on en dire autant de la suite sortie presque vingt ans après ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Chris Columbus
Pixels (Chris Columbus, 2015)

A l’ère numérique, on peut trouver étonnant de voir un film qui rend hommage aux jeux vidéo d’antan.

Et quand je dis « d’antan », je parle d’un temps que les moins de vingt ans (etc.).

C’est donc l’histoire – improbable, bien sûr – d’un jeune garçon qui fut à deux doigts de remporter le championnat du monde de jeux video en 1982.

Ce garçon, Sam Brenner (Adam Sandler) grandit et a une vie peu glorieuse, étant devenu installateur de matériel multimédia. Dans le même temps, son meilleur ami devient président des Etats-Unis, rien que ça !

Arrive alors une attaque extraterrestre qui va justifier les heures passées sur- et l’argent englouti dans - les jeux video de son adolescence.

 

Nous sommes dans une histoire absolument improbable, et donc intéressante. Mais intéressante surtout pour les gamers : les références y sont très nombreuses et peuvent rebuter les allergiques aux jeux vidéo. Ca existe, j’en connais au moins un qui conserve malgré tout toute mon estime !

 

On est donc embarqué dans un voyage au cœur des jeux Arcade, du temps où les graphismes étaient sommaires et où les personnages avaient des formes polygonales*. On retrouve d’ailleurs ce genre d’affichage dans les deux génériques (début et fin).

A ce propos, la fin du film nous propose un résumé de tout le film mais façon jeu vidéo. Une petite gâterie pour les amateurs du genre.

Pour les autres, le film de Patrick Jean (2010**) racontant l’invasion de New York par ces mêmes jeux sera suffisant : en 2 minutes et 35 secondes, on a la même intrigue avec une différence notable : les jeux gagnent à la fin.

 

Chris Columbus nous gratifie tout de même d’un film sympathique, comme toujours, avec des acteurs généreux qui y croient et nous amusent. Mais il faut tout de même reconnaître que la connaissance des jeux utilisés ici est un plus pour bien apprécier le film.

Quant aux acteurs, on remarque que Sean Bean ne meurt pas avant la fin (il ne meurt pas du tout, d’ailleurs), et que Kevin James nous propose un président des Etats-Unis qui possède un côté « déjà vu » assez réjouissant.

Son personnage est un véritable abruti, et en cela il rappelle le président Bush (Jr.), avec une dimension supplémentaire qui n’est pas sans évoquer l’actuel président américain : une espèce de prémonition, en quelque sorte…

Une mention spéciale enfin pour Peter Dinklage, et pas seulement pour sa coupe de cheveux très années 1980s…

 

Un film surtout pour les initiés, tous ceux qui rêvaient qu’un jour leur grande habileté aux jeux leur servirait un jour, dans la vraie vie…

 

 

* Sauf pour Dragon’s Lair (1983) où le jeu ressemblait à un véritable dessin animé :

 

** https://www.youtube.com/watch?v=aUnyUrA34bQ

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #George Lucas, #Indiana Jones
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal (Indiana Jones and the Kingdom of the crystal Skull - Steven Spielberg, 2008

Et de 4 !

Indy a vieilli, 20 ans (1) se sont passés depuis la quête de l’Arche perdue. Mais il est toujours fringant et près à repartir pour l’aventure.

Depuis la quête du Graal, le temps a passé et la guerre l’a occupé : il participa à de nombreuses missions de renseignement, périlleuses bien entendu, et a rencontré Mac (Ray Winston) un autre agent – un Anglais du MI6 – avec qui il a presque gagné la guerre…

Nous retrouvons donc le professeur Jones en 1957, en pleine Guerre Froide,  où les méchants nazis ont été remplacés par de méchants soviétiques, emmené par l’intrigante colonelle Spalko (Cate Blanchett), sommité scientifique et combattante hors paire et, excusez du peu, protégée de Staline.

Bref une méchante à la mesure d’Indiana Jones.

 

On ne l’attendait plus : çà faisait presque 15 ans que le projet stagnait, mais comme les protagonistes principaux du film (Ford, Spielberg et Lucas) étaient un tantinet surbookés, il a fallu attendre.

Mais c’est avec un plaisir un petit peu émoussé qu’on suit ces nouvelles aventures aussi improbables que merveilleuses. En effet, on y trouve une légère teinte mélancolique due à la disparition successives de deux personnes qui ont beaucoup compté dans la vie d’Indy : son père (Sean Connery) et Marcus Brody (Denholm Elliott (2), réellement mort puisque victime du SIDA). Alors bien sûr, on les retrouve en photo sur le bureau d’Indiana, mais ce n’est pas pareil.

 

Mais surtout, on découvre un nouveau personnage qui devrait faire sa réapparition dans le prochain opus (prévu pour 2020) : Mutt Williams (Shia Labeouf), un jeune homme caractéristique des années 1950 (3). Et surtout, Mutt est le fils d’une vielle connaissance : Marion Ravenwood-Williams (Karen Allen).

En prime, la présence de John Hurt (Harold Oxley) dans le rôle d’un autre archéologue un tantinet illuminé du fait de sa rencontre avec l’un des crânes du titre.

 

Comme dans les épisodes précédents, on retrouve des poursuites magnifiques avec de nombreux méchants qui sont éjectés de leurs places de conducteurs, des méchants bien identifiés et des animaux hostiles (ici ce sont des fourmis rouges plutôt carnivores), et l’indispensable chapeau de feutre d’Indiana, accessoire incontournable de sa panoplie d’archéologue-aventurier : là encore il a tendance à vivre sa vie mais termine toujours sur la tête de son propriétaire.

La séquence finale est à ce titre fort pertinente : le chapeau est décroché de sa patère par un coup de vent et atterrit aux pieds de Mutt qui le ramasse et s’apprête à le coiffer… (4)

 

Les clins d’œil aux épisodes précédents sont là, avec en prime quelques éléments des années 1950, Elvis chantant Hound Dog (1956) en ouverture par exemple, ou encore les tenues des jeunes garçons (d’un côté les blousons noirs et de l’autre les blousons bicolores…). On pense alors à American Graffiti, bien sûr, mais pas que : nous sommes en pleine guerre froide et les soviétiques ont avantageusement remplacés les affreux nazis dans le rôle es super méchants.

La carte s’anime toujours de la même façon quand les héros voyagent, et Indy retrouve ses réflexes d’archéologue-cryptologue avec brio et l’aide de fils de Marion qui lui tombe du ciel.

 

Au final, une aventure dans la droite lignée des épisodes 1 et 3, avec cette fois-ci des effets spéciaux numériques impressionnants mais tout de même un ton en dessous de ces mêmes opus.

 

Indiana Jones est de retour et, malgré tout, ne boudons pas notre plaisir.

 

 

(1) Harrison Ford a toujours une dizaine d’années de plus que son personnage…

(2) Deux autres représentations de Brody-Elliott figurent dans le film : saurez-vous les retrouver ?

(3) Son arrivée rappelle Johnny Strabler (Marlon Brando) dans The wild One.

(4) Si vous l’avez vu, vous savez ce qu’il en est. Sinon, voyez le film !

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