Si l’année 1927 est l’une des plus belles du cinéma, cela n’a pas empêché la production de films plutôt mineurs. C’est le cas de cet épisode des aventures de Tarzan, réalisé par J.P. McGowan et pourtant supervisé par Edgar Rice Burroughs soi-même, avec dans le rôle-titre son gendre : l’athlétique James Pierce*.
Mais çà ne prend pas. Aujourd’hui. Parce que 90 ans auparavant, ce fut un succès auprès du public. Mais entretemps est passée la tornade Johnny Weissmuller.
Lord Greystoke (James Pierce, donc) habite une belle case en Afrique (le genre de case qu’on appellerait plus volontiers maison si elle n’était pas en bois et branchages). Il y vit avec sa femme Jane (Dorothy Dunbar). Y résident aussi Betty, la sœur de Tarzan, ainsi que son fiancé Jack Bradley (Harold Goodwin) qui sera même appelé Burton, ou alors je n’ai pas out compris.
Quand Tarzan est chez lui, il porte un magnifique complet qu’il troque pour partir à l’aventure avec la tenue d’apparat des Wazari, la tribu qui habite juste à côté et dont Tarzan est bien entendu le chef.
Tarzan n’a pas son pareil pour s’entendre avec les animaux. Il possède même un lion apprivoisé qui répond au nom de Jab et qui l’accompagne au gré de ses pérégrinations. Il a aussi un singe qu’il affectionne mais une bande d’affreux pilleurs l’a tué. Ces méchants personnages sont menés par trois hommes sans scrupule : Esteban Miranda (Frederick Peters), grand, costaud et courageux ; John Peebles, petit et un tantinet lâche ; Weezo (Boris Karloff), un renégat de la tribu Wazari qui s’était dressé contre Tarzan.
On trouve aussi une autre tribu ennemie : les Tangani, ignorants et crédules, menés par des blancs sans scrupule.
Bref, nous avions tous les ingrédients pour faire une grande fresque, et malheureusement, ça tombe à l’eau. On en arrive presque à trouver la scène de deuil simiesque le meilleur moment du film**.
En fait, on ne croit pas un instant à cette histoire. Et c’est dommage. Le format (57 minutes) étant peut-être un handicap pour apprécier ce film, mais je ne pense pas que cela suffise.
Les situations décrites, et surtout la vie dans le « repaire » de Tarzan, sont beaucoup trop décalées de ce que nous connaissons de Tarzan. Quant aux gentils Wazari, leur rôle est tout de même bien simpliste : ce sont de grands enfants qui rentrent de la chasse victorieux en dansant et sont sans cesse en mouvement. Mais ils ont bénéficié des bienfaits de la civilisation (dont Tarzan est un élément) : ils utilisent des fusils pour se défendre.
Comme je le disais, quand le film est sorti, le public lui a fait un bon accueil, mais la critique ne s’est pas gênée pour l’éreinter, ce qui me semble a posteriori juste.
Il reste la curiosité de voir Boris Karloff, méchant de service comme de bien entendu, un peu perdu dans cette aventure ratée.
Ca fait tout de même léger comme avantage…
* qui, pour faire plaisir à son beau-père, a bien voulu laisser le rôle du cadet White dans Wings de Wellman. Ce fut Gary Cooper qui s’en chargea, avec la carrière qui suivit…
Ce même Pierce ne sera pas tendre avec ce film, lui aussi. Ce sera d’ailleurs son dernier film en tant que premier rôle (le premier, il le partageait avec un chien…).
** Le chimpanzé tué par les méchants est recouvert de branchages par ces congénères dont l’un se cache les yeux pour le pleurer.
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