Comme annoncé à la fin de The Spy who loved me, voici enfin le nouveau James Bond (Roger Moore) !
Entretemps, nous avons – hélas – eu droit à l’abominable Moonraker. Mais Lewis Gilbert n’a pas été repris et c’est un de ses assistants – John Glen – qui reprend le flambeau.
En effet, Glen était assistant de Gilbert dans le calamiteux épisode précédent.
En prenant la suite des réalisateurs de la franchise, Glen fait une espèce de mise à jour : on retrouve James dans ses œuvres avec les différents items du cahier des charges : un clin d’œil à Blofeld (John Hollis) qu’on aperçoit de dos, chauve sur son fauteuil roulant, avec son inévitable chat blanc ; un retour sur la Guerre Froide avec la présence du chef du KGB, le général Gogol (Walter Gotell) ; et surtout le retour de la séquence dans le bureau de Moneypenny (Lois Maxwell), avec chapeau qui atterrit sur le perroquet.
Sans oublier Q (Desmond Llewelyn) ou encore le ministre de la Défense (Geoffrey Keen), mais pas M (Bernard Lee), ce dernier étant mort au début de l’année 1981.
On y trouve aussi la réplique mythique « My name is Bond, James Bond. » Ainsi qu’un rappel du formidable On Her Majesty’s secret Service, en séquence d’introduction, Bond visitant la tombe de celle qu’il a vraiment aimée, avant que l’action s’emballe et mette un terme définitif à la collaboration de Blofeld, au terme d’un combat héliporté.
Ce rappel n’est pas anodin, puisque Bond va à nouveau faire affaire avec un Méditerranéen – le Grec Columbo (Chaim Topol) – mais sans les attaches familiales de Draco (Gabriele Ferzetti), el père de Teresa (Diana Rigg).
Autre clin d’œil : l’intrigue se situe en Grèce, tout comme un film précédent où joua Roger Moore deux ans plus tôt, Escape to Athena.
Bref, nous sommes en territoire connu, et Glen en profite pour imprimer sa patte pour les prochains films, avec surtout la colombe qui s’envole dans un moment de tension, effet qu’il réutilisera plus tard dans les mêmes circonstances, jouant avec un certain plaisir avec les nerfs des spectateurs.
Cette fois-ci, Bond doit récupérer un décodeur (1), pendant qu’un nouveau mégalomane un tantinet psychopathe veut en faire de même. Ce dernier est devenu un habitué des rôles de méchants part la suite : Julian « Pycelle » Glover.
Glen en profite pour faire ses gammes puisqu’il propose quelques scènes d’action déjà éprouvées dans la série, sans en faire des tonnes comme son prédécesseur : poursuite en voiture, à skis, séquence d’hélicoptère…
C’est à nouveau un festival, mais Glen sait s’arrêter à temps, refusant donc la démesure de l’opus précédent.
On retrouve le James Bond qu’on connaît, même si, tout comme Moneypenny, il commence à accuser son âge (2).
A ses côtés, on trouve la très belle – mais un tantinet froide – Carole Bouquet, ce qui permet à Bond et surtout Glen de jouer sur les mots à propos du titre : les yeux magnifiques de la belle Carole devenant un dérivatif de la formule officielle des services secrets à propos de dossiers on ne peut plus sensibles.
Pour le reste c’est un épisode tout à fait réjouissant, recadrant la franchise vers un aspect des plus humains, sinon authentique (3), ce qui faisait cruellement défaut un film précédent (4).
Alors laissez-vous faire et savourez ce retour en force de l’agent secret le plus populaire au monde, bien loin devant OSS 117 ou encore Austin Powers…
- Tiens, c’était déjà ça dans From Russia with love…
- Il s’agit de l’antépénultième (j’adore ce mot) que tourne Roger « Brett Sinclair » Moore…
- Non, James Bond n’a jamais été authentique. S’il l’était, ce ne serait plus James Bond…
- Vous ai-je dit qu’il était plutôt minable ?
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