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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Glen, #Espionnage, #James Bond
Rien que pour vos Yeux (For your Eyes only - John Glen, 1981)

Comme annoncé à la fin de The Spy who loved me, voici enfin le nouveau James Bond (Roger Moore) !

Entretemps, nous avons – hélas – eu droit à l’abominable Moonraker. Mais Lewis Gilbert n’a pas été repris et c’est un de ses assistants – John Glen – qui reprend le flambeau.

En effet, Glen était assistant de Gilbert dans le calamiteux épisode précédent.

En prenant la suite des réalisateurs de la franchise, Glen fait une espèce de mise à jour : on retrouve James dans ses œuvres avec les différents items du cahier des charges : un clin d’œil à Blofeld (John Hollis) qu’on aperçoit de dos, chauve sur son fauteuil roulant, avec son inévitable chat blanc ; un retour sur la Guerre Froide avec la présence du chef du KGB, le général Gogol (Walter Gotell) ; et surtout le retour de la séquence dans le bureau de Moneypenny (Lois Maxwell), avec chapeau qui atterrit sur le perroquet.

Sans oublier Q (Desmond Llewelyn) ou encore le ministre de la Défense (Geoffrey Keen), mais pas M (Bernard Lee), ce dernier étant mort au début de l’année 1981.

 

On y trouve aussi la réplique mythique « My name is Bond, James Bond. » Ainsi qu’un rappel du formidable On Her Majesty’s secret Service, en séquence d’introduction, Bond visitant la tombe de celle qu’il a vraiment aimée, avant que l’action s’emballe et mette un terme définitif à la collaboration de Blofeld, au terme d’un combat héliporté.

Ce rappel n’est pas anodin, puisque Bond va à nouveau faire affaire avec un Méditerranéen – le Grec Columbo (Chaim Topol) – mais sans les attaches familiales de Draco (Gabriele Ferzetti), el père de Teresa (Diana Rigg).

Autre clin d’œil : l’intrigue se situe en Grèce, tout comme un film précédent où joua Roger Moore deux ans plus tôt, Escape to Athena.

 

Bref, nous sommes en territoire connu, et Glen en profite pour imprimer sa patte pour les prochains films, avec surtout la colombe qui s’envole dans un moment de tension, effet qu’il réutilisera plus tard dans les mêmes circonstances, jouant avec un certain plaisir avec les nerfs des spectateurs.

Cette fois-ci, Bond doit récupérer un décodeur (1), pendant qu’un nouveau mégalomane un tantinet psychopathe veut en faire de même. Ce dernier est devenu un habitué des rôles de méchants part la suite : Julian « Pycelle » Glover.

 

Glen en profite pour faire ses gammes puisqu’il propose quelques scènes d’action déjà éprouvées dans la série, sans en faire des tonnes comme son prédécesseur : poursuite en voiture, à skis, séquence d’hélicoptère…

C’est à nouveau un festival, mais Glen sait s’arrêter à temps, refusant donc la démesure de l’opus précédent.

On retrouve le James Bond qu’on connaît, même si, tout comme Moneypenny, il commence à accuser son âge (2).

A ses côtés, on trouve la très belle – mais un tantinet froide – Carole Bouquet, ce qui permet à Bond et surtout Glen de jouer sur les mots à propos du titre : les yeux magnifiques de la belle Carole devenant un dérivatif de la formule officielle des services secrets à propos de dossiers on ne peut plus sensibles.

 

Pour le reste c’est un épisode tout à fait réjouissant, recadrant la franchise vers un aspect des plus humains, sinon authentique (3), ce qui faisait cruellement défaut un film précédent (4).

Alors laissez-vous faire et savourez ce retour en force de l’agent secret le plus populaire au monde, bien loin devant OSS 117 ou encore Austin Powers

 

 

  1. Tiens, c’était déjà ça dans From Russia with love
  2. Il s’agit de l’antépénultième (j’adore ce mot) que tourne Roger « Brett Sinclair » Moore…
  3. Non, James Bond n’a jamais été authentique. S’il l’était, ce ne serait plus James Bond…
  4. Vous ai-je dit qu’il était plutôt minable ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #John H. Collins, #Drame
Children of Eve (John H. Collins, 1915)

« Filles d’Eve », telle est la traduction qu’on pourrait donner de ce Children of Eve, tant les personnages principaux sont deux femmes, la mère « Flossie » Wilson (Nellie Grant) et sa fille « Fifty-Fifty » Mamie (Viola Dana).

Flossie habite la chambre adjacente de celle d’Henry Clay (1)  Madison (Robert Conness), un jeune homme promis à un brillant avenir.

C’est pourquoi enceinte, elle disparaît de sa vie et s’en va mourir dans les bas quartiers, laissant une petite fille qu’une voisine va élever. Dans le même temps, Madison recueille Bert, le fils de son frère qui vient de mourir.

17 ans plus tard, alors que Madison devenu un « capitaliste », Bert (Robert Walker) rencontre Mamie. Une idylle inévitable se noue entre eux deux, sur fond de travail des enfants.

 

Nous sommes deux ans avant le formidable Blue Jeans, et John H. Collins, déjà, y montre son immense talent. Il réunit déjà le duo Dana-Walker dans un drame social des plus noirs.

En effet, en plus du milieu très bas dans lequel évolue Mamie, Collins décrit l’enfer que vivent les enfants dans l’usine de Madison, où Mamie est envoyée afin de repérer les différents manquements à la sécurité ainsi que les conditions déplorables dans lesquelles évoluent les enfants.

Ces conditions sont tellement terribles qu’un incendie se déclare qui tuera de nombreuses fillettes, les conditions désastreuses (2) – une seule issue de secours, fermée, cela va de soi – n’ayant pas permis de les sauver toutes.

 

Le film se divise en quatre parties : un prologue qui présente le passé ; 17 ans après, la vie de plutôt dissolue de Mamie, pendant que Bert se lance dans le social ; le rachat de Mamie après sa rencontre avec Bert ; la catastrophe qui amène une fin des plus malheureuses.

En effet, afin de bien enfoncer l’argument social du film, Collins – qui est aussi le scénariste – n’hésite pas à terminer le film de la façon la plus triste possible, la mort des fillettes n’en étant qu’une étape.

 

Mais ce qui frappe encore une fois le spectateur, c’est la maîtrise de Collins. Je l’ai déjà évoquée dans Blue Jeans, mais je ne peux que me répéter tant sa technique et  sa façon de raconter sont magnifiques. Certes, on ne passe pas à côté d’un aspect édifiant, le pan social étant tout de même le moteur de l’intrigue, mais la façon de développer l’histoire s’accompagne d’une technique des plus sûres ainsi qu’un montage au rythme collant aux différentes péripéties : l’incendie gigantesque est traité de façon rapide, sans pour autant amener de confusion dans l’esprit du spectateur. Il montre dans un montage parallèle subtile différents points de vue de cet incendie : le public assemblé qui commente ce qu’il voit ; Madison qui se dit qu’il a négligé quelque chose ; les pompiers qui prennent d’assaut le bâtiment en flammes ; et Mamie qui se retrouve piégée.

Le tout pour finir sur les cadavres des fillettes qui n’ont pu être totalement sauvées.

 

De plus, il a recours à de nombreuses surimpressions afin d’illustrer les différentes pensées et autres influences humaines que peuvent éprouver les différents protagonistes : Mamie et Bert, bien sûr, mais aussi Bernie the Gyp (Tom Blake) – Bernie « le Gitan » – le « régulier » de Mamie avant de devenir un meurtrier, et qui aura tout le temps de méditer et se rappeler les paroles de Mamie en prison.

Ces surimpressions sont certes des rappels moraux mais ils sont dans la droite ligne du propos.

De plus, Collins utilise avec beaucoup d’aisance des plans de coupes rapprochés qui mettent en évidence certains détails indispensables de l’intrigue ou des personnages, comme il le fera de la même façon dans l’autre film mentionné plus haut.

 

Je terminerai en disant que les différents acteurs sont encore une fois dans le ton. Viola Dana et ses beaux yeux bleus nous expose toute l’étendue de son talent (c’est déjà son 6ème film avec celui qui partage alors sa vie), de la joie au désespoir ; Tom Blake en meurtrier presque malgré lui ; Robert Walker en rédempteur (3) ; ou encore Robert Conness, en industriel sans scrupule, broyé par sa propre négligence, doublée d’une absence d’humanité pour ce qui n’est que sa main-d’œuvre, qui ne le gêne pas pour dormir.

Une mention spéciale pour Nellie Grant qui interprète celle par qui tout arrive, d’une certaine façon : c’est une femme de mauvaise vie et son apparition après une nuit de débauche, entre le désespoir et la gaité alcoolique est des plus juste voire très émouvante.

 

Il est tempos de donner sa vraie place à John H. Collins, véritable génie du cinéma, sans cesse en avance sur son temps (4), fauché en pleine jeunesse par cette Grippe Espagnole des plus meurtrières, trois ans presque jour pour jour après la sortie de ce film.

 

 

  1. Il semble que John H. Collins avait une préférence pour ces deux prénoms : au moins trois films ont un personnage qui les porte…
  2. Dans son magnifique Behind the Mask of innocence, Kevin Brownlow y fait référence, sans toutefois le classer dans le chapitre sur le travail infantile.
  3. C’est un film américain, ne l’oubliez pas !
  4. Dans ce que j’ai pu en voir.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #John H. Collins, #Comédie dramatique
Blue Jeans (John H. Collins, 1917)

FA-BU-LEUX !

 

Nous sommes fin 1917 quand sort le film, et pourtant, nous avons l’impression d’être dix ans plus tard, tant ce film est réalisé d’une main de maître par John H. Collins, un réalisateur aujourd’hui oublié (1). Il faut dire qu’il fut l’une des millions de victimes de la grippe espagnole et mourut l’année suivante, à même pas 29 ans.

 

Il y a dans ce film une maturité et une utilisation des techniques cinématographiques des plus habiles et pertinentes. On y a recours à des flashbacks introduits par de très beaux fondus enchaînés (et de même quand on en sort), ainsi qu'à des gros plans magnifiques sur les visages ou sur des détails en plans de coupe, avec des intentions variées: accentuation de sentiments ou d'émotions, ou encore afin d'annoncer ce qui va suivre (dans la bagarre finale par exemple).

 

Mais reprenons.

Junie (Viola Dana – Mrs Collins à la ville) est une jeune vagabonde, seule, vêtue d'une salopette (2) trois fois trop grande pour elle. 

Perry Bascom (Robert Walker) se rend à Rising Sun (« Soleil Levant » : ça a de l’allure), où il va reprendre la scierie du beau-frère de son père, l’infâme Jack Bascom (Augustus Philips). Ce dernier y a laissé une odeur de soufre puisqu’il est parti avec une jeune femme du pays qu’il a ensuite lâchement abandonnée, avec un enfant.

Junie et Perry se rencontrent et décident d’aller ensemble à Rising Sun. Il reprend donc la scierie (après avoir changé de nom), pendant qu’elle s’installe chez un couple de vieilles personnes qui ont perdu leur fille partie avec un étranger (3).

Dans le même temps, dans cette même ville, Ben Boone (Clifford Bruce, qui suivra Collins et mourra un an après), le magnat du coin veut contrôler la scierie (un ennemi, donc).

Ajoutez à cela le débarquement (le mot n’est pas trop fort) de la belle et insidieuse Dora Endaly (Sally Crute) qui annonce – en pleine élection – qu’elle est la vraie femme de Bascom et vous aurez un mélo des plus compliqués dû, en partie à la célèbre June Mathis qui adapta avec Charles A. Taylor une pièce de Joseph Arthur (on a connu June Mathis moins compliquée dans ses scénarii).

 

Résumer l’intrigue est très difficile – voir plus haut – car ce sont des événements qui s’accumulent pendant la première moitié du film (et même un peu au-delà) pour notre duo de vedettes, amenant des situations qui ne sont pas sans rappeler les mélodrames de Griffith.

Mais comme le souligne mon ami le professeur Allen John, Collins ne se contente pas de ce genre d’histoire et désamorce rapidement ce qui aurait pu nous ramener à Way down East, par exemple (la jeune femme seule avec son bébé).

Et ce qui fait la force de l’intrigue, ce sont les différents interprètes. Viola Dana et Robert Walker, bien sûr, mais le couple de méchants – Clifford Bruce & Sally Crute – est des plus haïssables et donc magnifique (4). Mais les grands-parents eux aussi ont un rôle déterminant, même si leur statut est un tantinet trop coïncident. Et je pense surtout à l’immense Russel Simpson – acteur récurrent de John Ford – dans le rôle du patriarche meurtri par l’histoire de sa fille, et qui cette fois chasse sa petite-fille de chez lui, dans une scène des plus belles :

  • D’un côté Junie qui regarde son grand-père avec défi et lève les yeux vers lui ;
  • De l’autre le vieil homme qui baisse le regard vers sa petite-fille pendant que la caméra se place derrière lui pour nous proposer une plongée vers elle, accentuant l’ascendant du tyran familial.

 

Cette rencontre est l’une des nombreuses fois où  Collins demande à la caméra de John Arnold et/ou William H. Tuers des cadrages particuliers : gros plans très rapprochés des visages et surtout des yeux, plans de coupe amenant une tension grandissante pendant l’affrontement final.

 

Cet affrontement montre alors c e qui allait devenir un classique du suspense dans une scierie : le héros inconscient qui est placé sur le plateau qui s’approche de l’immense scie électrique…

Un grand moment de cinéma encore une fois.

 

A nouveau, je rejoins mon ami le professeur Allen John et vous invite fortement à voir ce film – malgré son scénario un petit peu trop compliqué – d’un réalisateur aujourd’hui oublié et qui pourtant savait faire du cinéma.

Par contre, la copie que j’ai pu visionner n’est pas dans un état des plus formidables et il arrive que la pellicule soit (irrémédiablement) abîmée, rappelant parfois les films psychédéliques, la musique en moins…

Qu’importe, le film est absolument magnifique !

 

  1. Pas de tout le monde, heureusement, mais sa courte vie le rend tout de même obscur.
  2. D’où le titre : la matière de cet immense vêtement.
  3. C’est bon ? Vous avez compris que c’était ses grands-parents ?
  4. C’est toujours pareil : un film ne peut pas être réussi si les méchants sont quelconques.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Bryant, #Drame
Salomé (Charles Bryant, 1922)

Salomé (Alla Nazimova) est la fille d’Hérodias (Rose Dione) et la belle-fille d’Hérode (Mitchell Lewis). Elle est en outre d’une très grande beauté, la chevelure constellée de perles brillantes, telle que son beau-père aimerait bien la séduire.

Mais son cœur est déjà pris, involontairement, par le prophète Jean Baptiste (Nigel De Brulier), appelé ici Jokaanan.

Comme Jokaanan se refuse à elle, Salomé accepte de danser pour Hérode, qui était prêt à tout pour cela.

Après la danse, elle demande la tête du prophète, que son beau-père n’est pas très enclin à lui accorder.

 

Charles Bryant fut une comète dans le cinéma américain : il n’a réalisé que trois films, dont un en tant qu’assistant d’Herbert Blaché, Salomé étant son dernier.

Dernier parce qu’il fut un four impressionnant, l’esthétique du film allant à l’encontre des canons de l’époque.

Pourtant, les décors et costumes, créés par Natacha Rambova (1), sont de toute beauté.

Mais cet insuccès peut aussi s’expliquer par une mise en scène des plus théâtrales, voire trop théâtrale. Les personnages sont extrêmement statiques, la seule qui évolue le plus sur l’écran étant Salomé.

Cette théâtralisation a de plus des allures un peu trop grandiloquentes, qui rappelle un peu trop les pièces filmées des débuts du cinéma.

 

Bien sûr, le public de 1922-23 connaît l’histoire que raconte le film, beaucoup plus que celui de maintenant. Et on n’attend avec impatience les deux grands moments de cette histoire : la danse du voile et la décollation (2) de Jokaanan.

Si la danse est au rendez-vous (impossible de faire autrement), le supplice est suggéré, le soldat remontant avec le plateau d’argent sans qu’on puisse y distinguer quoi que ce soit, l’inclinaison que Salomé poursuit nous obligeant à faire preuve d’imagination, jusqu’à ce qu’elle couvre ce plateau de sa traîne.

 

Autre facteur d’insuccès, Alla Nazimova. Le rôle dans le film a beau avoir été créé pour elle, elle ne correspond pas vraiment au personnage initial : Salomé était une jeune fille, et Nazimova ne peut pas vraiment faire illusion (3). Elle n’en est pas moins une très belle Salomé, dont les tenues et coiffures tranchent énormément avec la période de l’intrigue. En effet, nous sommes en Judée, un peu avant l’arrivée de Jésus (4). Ses différentes coiffures sont d’ailleurs très marquées années 1920s.

Il est amusant de constater que le roi Hérode est plus représenté comme un empereur romain qu’un tétrarque de Galilée (et de Pérée). De plus, on retrouve chez lui une concupiscence qu’on retrouve chez ces mêmes empereurs romains au cinéma.

 

Face à Nazimova, on retrouve avec plaisir Nigel De Brulier (Richelieu dans Les trois Mousquetaires de Fred Niblo), pour un Jokaanan encore une fois dans le ton. Son aspect un tantinet chétif  accentue son rôle de prophète, sans toutefois lui ôter son charme. Heureusement, sinon on n’aurait pas beaucoup cru au désir de Salomé pour cet homme.

 

Si on peut trouver le film lent et parfois un peu trop statique (euphémisme), on ne peut sous-estimer l’esthétique générale : Rambova a dessiné des costumes magnifiques, ainsi que des décors somptueux qui accentuent le côté théâtre filmé, mais qui aurait mérité d’être tourné en Technicolor. Tout comme les plans de coupe montrant les pensées de Salomé à la façon des scènes évangéliques dans Ben Hur a Tale of the Christ.

Par contre, le surjeu devient pénible, surtout avec Rose Dione.

A voir ? Pourquoi pas. Mais un film ce ne sont pas seulement des beaux décors et de superbes costumes. Dommage.

 

 

  1. Madame Rudolph Valentino à la ville (1923-1926). Elle signe aussi le scénario d’après Oscar Wilde.
  2. « Décapitation », si vous préférez.
  3. Quand le film est présenté pour la première fois, Nazimova a déjà passé la quarantaine…
  4. Jean-Baptiste, cousin de JC, annonce sa venue (cf. Matthieu et Luc).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Comédie
Une riche Famille (Hot Water - Fred C. Newmeyer & Sam Taylor, 1924)

Si le titre français tient en partie compte de l’intrigue, il faut aller chercher dans le titre original le véritable thème du film : Hot Water.

Il n’est pas question d’eau chaude, mais de l’expression « to be in hot water » qui signifie être dans le pétrin.

Et pour y être, Hubby (Harold Lloyd) y est, et profondément.

Mais reprenons.

 

Jeune célibataire, il s’étonne que ses amis se marient, conscient que jamais il ne cèdera à un quelconque regard langoureux. Bien entendu, c’est u ne fois qu’il l’a dit qu’il croise sur son chemin une belle jeune femme (Jobyna Ralston) qu’il  va bien sûr épouser.

Et comme toujours dans ces cas-là, la belle jeune femme a une famille. Et si cette famille n’est pas spécialement riche comme le suggère le titre français, elle vaut tout de même son pesant d’or : une belle-mère présidente d’un club de dames patronnesses (Josephine Crowell) ; un beau-frère adulte (Charles Stevenson) qui a un tel poil dans la main qu’il s’en sert de canne ; et un autre (Mickey McBean), très jeune, qu’il est préférable de tenir à l’œil sinon au bout d’une laisse.

Ces bonnes débarquent chez les jeunes mariés le jour où est livrée la voiture qu’Harold a achetée…

 

Après une exposition rapide qui amène le mariage, le film se divise en trois parties : la première voit Harold gagner une dinde à la loterie du marché et la ramener chez lui par le tramway ; la seconde voit une promenade automobile qui tourne rapidement à la catastrophe ; et la dernière qui voit tout ce petit monde à la maison après la destruction de la voiture.

Si ces trois parties vous semblent apposées, il ne faut absolument pas vous y fier.

Certes, les deux premières sont l’occasion d’une série de gags visuels très savoureux, elles sont indispensables au bon déroulement de la troisième.

 

Car si Harold se retrouve dans « l’eau chaude », c’est bien entendu en plongeant la tête la première, mais la sortie est tout de même au bout, après cette troisième partie qui utilise les différents événements des parties précédentes dans un quiproquo absolument génial.

La dinde et la voiture (très) accidentée vont y jouer un rôle des plus savoureux (1) : alors qu’Harold pense avoir tué sa belle-mère d’une overdose de chloroforme, différentes interventions de policiers – en rapport avec ce qu’il s’est passé avant, donc – vont faire accroire à notre héros qu’il va bientôt se retrouver en prison, voire sur l’échafaud !

 

Bref, nous sommes dans du très grand Harold Lloyd où le comique est omniprésent en gestes, en situations voire en paroles (les intertitres sont eux aussi source de gags), amenant des situations de plus en plus élaborées et de plus en plus drôles, continuant la régulière progression du cinéma comique hors des ressorts du slapstick vers un comique beaucoup plus fin prenant en compte les aspects psychologiques des personnages, tout en restant dans des cadres stéréotypés indispensables : la belle-mère est un exemple quasiment incontournable de ces stéréotypes.

Ici, Harold veut se débarrasser de sa belle-famille (la mère en priorité, cela va sans dire) : son voisin lui conseille de ne pas l’affronter à jeune et donc de boire une bonne rasade d’alcool (2).

Ce conseil, risqué tout de même quand on sait que la vieille dame a prononcé un discours important, va quand même porter ses fruits (3), et l’absorption de ce liquide prohibé est même indispensable à la fin heureuse attendue.

 

Après, si vous voulez savoir comment, je vous laisse découvrir…

 

  1. Quel régal, décidément…
  2. N’oubliez pas que le Volstead Act est en application depuis cinq ans et va se poursuivre neuf ans encore…
  3. Normal, dans une comédie, tout se termine bien. Pour le héros.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Luketic
Las Vegas 21 (21 - Robert Luketic, 2008)

Ben Campbell (Jim Sturgess) est un étudiant du MIT (1) qui aimerait intégrer la prestigieuse université de Harvard, mais pour  cela, il a besoin d’une bourse de 300.000 Dollars, condition sine qua non pour y suivre les cours.

Mais malgré l’argent que sa mère (Helen Carey) a mis de côté, il ne peut se le permettre.

Heureusement pour lui (?), le professeur Mick Rosa (Kevin Spacey) le remarque et lui demande de rejoindre son équipe spécialisée dans le Black Jack, afin d’arrondir ses mois, et surtout se permettre d’entrer à Harvard…

 

Encore une fois, il s’agit d’une intrigue qui tourne autour des casinos. Nous sommes 13 ans après le fameux Casino de Scorsese, qui donnait le point de vue d’Ace Rothstein (Robert De Niro), gérant du Tangiers, un casino très réputé.

Robert Luketik prend ici le point de vue des joueurs, et surtout d’une bande de tricheurs qui a réellement opéré sur Las Vegas, recrutés par leur professeur.

En face de cette bande organisée, on trouve un spécialiste de la surveillance dont le pouvoir d’observation est proportionnel à sa musculature : Cole Williams. Et si je vous dis que Williams est interprété par Lawrence « Morpheus » Fishburn, vous pouvez imaginer son degré d’observation.

 

Si dans ce film les différents protagonistes arrivent à leur fin, cela n’empêche tout de même pas certaines discussions musclées dans l’arrière-salle du casino. Mais nous ne sommes pas chez Scorsese, et surtout nous n’avons pas affaire à des mafieux peu scrupuleux.

Et comme c’est Kevin Spacey qui tient le haut de l’affiche, on peut s’attendre à un personnage en demi-teinte : une espèce de gentil pas très franc du collier. Et encore une fois, on n’est pas déçu : le gentil Mickey est une belle ordure.

 

Bien sûr, cela va se retourner contre lui : un tel pourri – tricheur d’un côté et peau de vache universitaire de l’autre – ne peut pas s’en sortir.

Alors on laisse aller, et le film se déroule tranquillement dans cette direction, alternant quelques moments tendus, afin de tenir le spectateur en haleine, avec poursuite – pas infernale mais à travers les différents secteurs d’un casino – entre les jeunes gens et les vigiles du casino.

 

Si ce film ne casse pas des briques, on peut y remarquer tout de même quelques belles transitions en fondus, intégrant intelligemment les deux décors qui s’enchaînent. Par contre, on ne coupe pas aux plans en ralenti qui voient l’équipe avancer, fière de son exploit comme on a pu le voir de nombreuses fois avant.

De plus, la distribution est à la hauteur, Spacey étant bien sûr le plus en vue, la rouerie de son personnage lui permettant de jouer sur du velours (2).

 

Un film, comme disait Boby Lapointe, « distraisant. Treize ans et demi, après je prends ma retraite. »

 

  1. Massachussetts Institute of Technology
  2. Normal dans un casino…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Claude Chabrol
Violette Nozière (Claude Chabrol, 1978)

C’est une jeune femme qui sort de chez elle (?), ses chaussures à la main. Elle ferme doucement toutes les portes et s’enfuit.

Et elle se souvient.

De ses turpitude de jeunes filles jusqu’à l’empoisonnement de ses parents, nous suivons la narration de la vie de cette jeune femme, jusqu’à sa condamnation à la peine de mort le 10 octobre 1934.

Elle s’appelle Violette Nozière (Isabelle Huppert).

 

Il s’agit ici d’une histoire des plus sordides, comme on en trouve souvent chez Claude Chabrol. De plus, avec ce film, Chabrol offre à Isabelle Huppert un premier rôle qui la sort de ses interprétations précédentes de jeune femme fragile. C’est aussi la première des six collaborations entre ces deux personnes.

Et comme nous sommes chez Chabrol, nous retrouvons quelques habituées – Stéphane Audran (Mme Nozière) ou encore Bernadette Laffont (la détenue qui partage sa cellule) – ainsi qu’un distribution qui rassemble quelques grands noms de second rôles (Jean Carmet, Dora Doll) et bien sûr quelques spécialistes de la figuration tels Dominique Zardi qui signe aussi deux chansons entendues dans le film, ou encore Mario David en directeur de la prison.

 

Avec ce film, Chabrol met au goût du jour le sort réservé à certaines filles par des pères abusifs.

Mais à aucun moment, Chabrol nous montre quelque relation intime entre la fille et le père. Tout juste un évitement dans la première séquence qui nous les présente ensemble. Même quand Violette se lave, le haut du corps dénudé, le père Nozière n’a pas de geste déplacé envers elle. Mais on ressent tout de même qu’il y a quelque chose entre eux.

 

Au contraire, Chabrol accentue le point de vue de Violette, les hommes qu’elle rencontre et les lieux qu’elle fréquente avec eux, surtout avec Jean Dabin (Jean-François Garreaud), qui se comporte plus comme un souteneur qu’un amoureux : Violette subtilise de l’argent à ses parents et fait chanter de vieux amants pour permettre à Jean d’avoir un train de vie des plus agréables, avec la promesse (vaine, bien sûr) d’un avenir à deux.

 

Quinze ans après Landru, Chabrol se passionne pour une figure criminelle de l’entre-deux guerres. Mais si Landru n’avait que peu de circonstances atténuantes (euphémisme), Violette Nozière garde une part d’ombre et surtout elle a de véritables circonstances atténuantes.

Il faut dire que pour jouer son père, Chabrol a fait appel à l’immense Jean Carmet qui avait déjà joué avec Huppert dans Dupont-Lajoie. Cette relation antérieure – un viol qui tourne très mal – joue aussi un rôle dans la tête des spectateurs : personne n’a oublié la conduite veule du petit bistroquet. De ce fait, ce qui n’est que suggéré devient d’une certaine façon un fait avéré : le père Nozière est un vieux salingue qui couche avec sa fille et utilise un vieux chiffon comme moyen de contraception (1).

 

Mais nous sommes en 1934, plus de 40 ans avant la sortie du film, et l’opinion publique a tout de même tendance à condamner cette fille parricide.

Et malgré tout, Chabrol laisse la place aux détracteurs qui voient en Violette une victime de l’abus de son père avant tout.

Comme de bien entendu, alors que les dernières images se déroulent, Claude Chabrol explique ce qui fut advenu ensuite : sa grâce présidentielle (Albert Lebrun était le président) qui ne la condamne qu’aux travaux forcés, puis sa réhabilitation sous la présidence de De Gaulle.

 

Alors, Violette Nozière était-elle coupable de parricide ? Oui. Avait-elle des circonstances atténuantes ? Cela devient problématique, parce que Chabrol ne prend à aucun moment son parti, laissant volontairement les zones d’ombre du procès, et utilisant avec beaucoup de maîtrise une narration décousue.

 

Les différents épisodes que nous voyons concernent la passé de Violette mais comme toujours dans le cas de souvenir (2), ils reviennent dans le désordre, et c’est alors au spectateur de remettre les différents événements dans l’ordre pour donner une cohérence dans le récit, ainsi que pour se donner une idée de ce qu’il a pu se passer.

 

Mais malgré tout, on peut comprendre ce film comme un argument pour l’abolition de la peine de mort. N’oublions pas qu’en 1977, quand est tourné le film, Robert Badinter obtient que Patrick Henry soit seulement condamné à la perpétuité, lançant d’une certaine façon la campagne d’abolition de la peine de mort. Le sort de Violette Nozière rappelant facilement la vacuité d’un châtiment qui n’a jamais empêché le développement des crimes de sang.

En 1978, on voit aussi la parution du livre de Gilles Perrault – Le Pull-over rouge – qui va dans le même sens abolitionniste.

 

Chabrol va-t-il dans le même sens ? Je ne pense pas. Il fait un film, avec une intrigue qui lui parle : un fait divers sordide de province, comme il en tournera d’autres avec une caméra pas toujours aussi bienveillante.

 

PS : en prime, un jeune acteur, amant de Violette et avec des cheveux, Fabrice Luchini…

 

  1. Je vous avais prévenu que cette intrigue était sordide !
  2. Voir à ce sujet la préface de François Cavanna pour son magnifique récit autobiographique Les Ritals.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Drame, #Robert Enrico, #José Giovanni
Les grandes Gueules (Robert Enrico, 1965)

De grands espaces ; un petit propriétaire qui se bat contre un gros pour survivre ; une histoire de vengeance ; une équipe patibulaire qui descend dans un village ; un cheval ; des chevaux (de bois).

Pas de doute, nous sommes dans un western.

Mais alors que le western est un genre plutôt américain – même si Sergio Leone en a réalisé » de magnifiques, l’intrigue se situe toujours outre-Atlantique – il n’empêche que le film de Robert Enrico s’apparente curieusement à cette catégorie.

 

Hector Valentin (Bourvil) revient du Canada à la mort de son père et décide de reprendre la scierie de son père à Vagney (Vosges). Mais Therraz (Nick Stephanini) le propriétaire de la grande scierie du coin, aimerait bien récupérer cette dernière parcelle. Aidé de Laurent Dannecker (Lino Ventura) et Mick Evratt (Jean-Claude Rolland), il va tenir bon face à Therraz, en faisant appel – suivant la suggestion de Laurent – à des prisonniers en libération conditionnelle : il les accueille pour venir travailler  chez lui plutôt que de finir leur sentence entre quatre murs.

 

Encore une fois, nous retrouvons une histoire de gangsters due à la plume de José Giovanni. Mais, et c’est alors rare dans le cinéma français en 1965, il nous montre un aspect peu mis en valeur dans la société française, la réinsertion des condamnés de droit commun et dans le cas qui nous intéresse les libérations conditionnelles.

Il faut dire que le passé de José Giovanni lui fournit matière pour ses différents romans policiers : lui qui fut condamné à mort connaît très bien le milieu carcéral tout comme le Milieu tout court.

Et Robert Enrico rejoint Giovanni pour nous présenter une bande de types aux mines patibulaires certes, mais tout de même bien sympathiques. De plus, on y retrouve quelques seconds rôles emblématiques du cinéma français des années 1960-1970 dont Jess Hahn (Nénesse) est un représentant fort truculent.

 

Our la tête d’affiche, on trouve un duo inédit et surprenant : Lion Ventura et Bourvil (qu’on connaît surtout pour les comédies dans lesquelles il a joué – avant et après).

On a tendance à oublier que Bourvil avait un réel talent qui ne se limitait pas à des personnages un tantinet ahuris et comiques comme on l’a un peu (vite) enfermé après Le Corniaud et La grande Vadrouille. Tout comme Melville quelques années plus tard qui lui offrira l’un de ses derniers rôles, Enrico lui donne un rôle grave, celui d’un propriétaire de scierie capable de donner une chance à des proscrits notoires. C’est une grande responsabilité pour son personnage ainsi que pour son image auprès du public : une cinquantaine d’années après le film, les mentalités n’ont pas beaucoup évolué en ce qui concerne les « repris de justice » (1) et leur acceptation dans la société.

De son côté Ventura reprend un rôle de dur qu’on lui connaît mais cette fois-ci, la fréquentation de Bourvil/Hector va amener quelques nuances dans son personnages, les deux hommes déteignant l’un sur l’autre : Hector est un homme courageux qui n’hésite pas à jouer des poings si nécessaire, et Laurent voit son désir de vengeance diminuer avec le temps, surtout après la mort de Mick.

 

Mais comme je l’annonçais au début, nous sommes dans un western.

Outre les beaux paysages des Vosges, la musique de François de Roubaix n’est pas sans rappeler celle d’Ennio Morricone. De plus, les sonorités tirées du bois se retrouvent dans les différents instruments joués par les musiciens.

On retrouve le combat du petit contre le grand – qu’on a dans différents films américains – avec en prime les méchants qui débarquent en ville. Même si dans ce cas, ce ne sont pas vraiment les méchants qui sont là : on peut dire qu’ils sont en sursis…

Et bien sûr, nous avons droit à une gigantesque bagarre – l’une des plus belles du cinéma français – avec distribution généreuse de bourre-pifs ainsi que destruction partielle du décor (la fête des Bûcherons de Vagney).

 

SI le film reste marqué du fait des costumes et des coiffures, on note tout de même que le thème reste d’actualité, quand on entend certaines réflexions de n’importe quel Café du Commerce à propos des prisons.

Et Giovanni et Enrico n’inventent pas tellement quand ils abordent cette histoire de repris de justice mis au ban : une centaine d’années plus tôt, Victor Hugo faisait paraître l’un de ses plus grands romans (en intérêt ainsi qu’en volume…), Les Misérables (2).

 

Un film qui, lui aussi, mérite une seconde chance.

 

 

  1. « Repris de justesse » disait Coluche…
  2. Et comme c’est étrange (?), Lino Ventura jouera Jean Valjean dans le film de Robert Hossein, alors que Bourvil fut Thénardier dans celui de Jean-Paul Le Chanois

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #William Desmond Taylor, #Jack Pickford
Tom Sawyer (William Desmond Taylor, 1917)

Tom Sawyer (Jack Pickford, le frère de) est un jeune garçon turbulent (euphémisme) qui vit avec sa tante Polly (Edythe Chapman), sa cousine Mary (Alice Marvin) et son cousin Sid (George Hackathorne).

Parmi ses copains, on trouve le fameux Huckleberry Finn (Robert Gordon) et le jeune Joe Harper (Antrim Short).

Evidemment, Tom fait bêtise sur bêtise et est très souvent puni.

Quant à l’élément féminin – parce qu’il y en a un – c’est la blonde Becky Thatcher (Clara Horton), dont Tom tombe amoureux et avec qui il se fiance (comme avec Amy…).

 

Ouvrons une parenthèse.

Si William Desmond Taylor est connu, c’est surtout pour sa fin tragique : il fut tué en 1922, et à ce jour – et malgré la confession tardive (1964) de Margaret Wilson – son meurtre n’a pas été officiellement résolu. Avec la mort de Taylor, c’est aussi la mort cinématographique de Mabel Normand qui arrive, et si on ajoute à cela l’affaire Arbuckle, ça fait beaucoup de désordre dans Hollywood.

S’ajoute à cela la présence de Jack Pickford dont la conduite ne fut pas des plus exemplaires et qui lui amènera une mort prématurée.

Dernier fait avant de fermer la parenthèse : parmi les choristes de l’église, on notera la présence d’Olive Thomas – Mme Pickford à la ville – qui décèdera elle aussi prématurément en 1920…

Mais fermons cette parenthèse fort sombre.

 

A l’instar de sa grande sœur Mary, Jack Pickford interprète ici un rôle beaucoup plus jeune que son âge : Tom est censé être un préadolescent alors que Jack a 23 ans quand le film sort. Il en va de même pour George Hackathorne ou encore Robert Gordon (un an de plus) mais Clara Horton elle, a l’âge requis pour interpréter Becky (13 ans quand le film sort).

 

Le format du film (59 minutes) ne peut pas retransmettre les différents épisodes du roman de Mark Twain, et le choix des quelques aventures est alors crucial.

A mon avis – je n’ai pas lu le roman – on peut être satisfait par les différents choix de Taylor et Julia Crawford Ivers : on y trouve des moments forts de ce roman : la palissade à blanchir, l’arrivée de Becky, l’école et les pirates.

Ce dernier épisode étant le point d’orgue du film qui se terminera par l’heureuse issue de cette plaisanterie plutôt macabre.

 

Bien sûr, Jack Pickford et ses comparses du même âge (Antrim Short se situe entre les deux âges, il a 17 ans) ne peuvent pas continuellement masquer leur âge véritable (surtout Gordon), mais le ton est plaisant et les différentes séquences amènent au moins le sourire au spectateur, ce qui est le plus important.

De plus, la photo de Homer Scott nous offre de très beaux plans resserrés des visages des principaux personnages.

Quant au baiser de fiançailles – il y a tout de même dix ans entre les deux interprètes – Taylor s’en sort en montrant le dos de Pickford quand il est censé l’embrasser.

 

Bien sûr, le film fut un succès et l’année suivante vit sortir une seconde partie : Huck & Tom.

 

PS : le film s’ouvre avec Mark Twain (le vrai ?) en position d’écriture, alors qu’un tout petit Tom est assis sur le bord de son bureau.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alfred Lot, #Michel Blanc, #Comédie, #Gilles Lellouche
Une petite Zone de turbulences (Alfred Lot, 2009)

 

C’est Jean-Paul Muret (Michel Blanc) qui traverse cette « petite zone de turbulences ».

Il faut dire qu’il y a de quoi.

Alors qu’il est jeune retraité, il s’aperçoit qu’il a une tache rouge dans le dos. Après une visite rassurante chez le médecin, il commence à gamberger et s’invente un cancer.

Jusque là, rien que de très normal (pour lui).

Mais s’ajoute à cela que sa fille Cathy (Mélanie Doutey) va se marier avec Philippe Faure (Gilles Lellouche), un patron d’une boîte de surveillance surnommé bac -6 par son futur beau-frère Mathieu (Cyril Descours), lui-même homosexuel qui a un petit peu de mal à assumer.

Ajoutez à cela Anne Muret (Miou-Miou) qui a une aventure extraconjugale et vous obtenez une comédie un tantinet acide mais tout de même très généreuse.

 

Il faut dire que si Alfred Lot assure la réalisation, le scénario adapté du roman de Philippe Haddon (A Spot of matter), ainsi que les dialogues sont de Michel Blanc, alors on se sent en territoire connu. Et sur certains points, on retrouve dans Jean-Paul le côté hypocondriaque de Denis (Marche à l’Ombre), avec ses excès comiques, le statut de SDF en moins.

Mais surtout, on se rend compte rapidement que cette zone de turbulences concerne aussi les autres membres de sa famille : Cathy qui veut se marier n’est pas toujours bien claire avec Philippe ; Matthieu a du mal à assumer pleinement sa relation avec Olivier (Yannick Renier) ; et la personnalité de Philippe ne convient pas à tout le monde (sauf Cathy).

 

Cette petite zone tout compte fait, n’est pas si petite que ça puisqu’on atteint rapidement un sommet de turbulences qu’Alfred Lot va tranquillement faire redescendre pour arriver à la fin heureuse attendue.

Evidemment, c’est Jean-Paul qui est le centre de l’attention : il faut dire que ses idées fixes amènent des situations des plus extrêmes, amenant presque un bain de sang, son ablation personnelle de la hanche n’étant pas très concluante.
 

Car Jean-Paul est un personnage aux tendances dépressives, le titre devenant très vite lui aussi une litote.

Et l’affiche qui montre une brique sur le point de lui tomber sur la tête est une très bonne illustration de ce qu’il se passe. Mais cette brique ne reste pas longtemps en suspend, et surtout, elle va déclencher un mini cataclysme dans cette bonne famille bourgeoise des Yvelines (immatriculation de la voiture).

 

De plus, les situations trouvent de temps en temps un écho ultérieur : la phrase « sauf erreur grossière de ma part » qui amène une image qui elle-même se retrouvera un peu plus tard, accentuant le désespoir de Jean-Paul quant à sa santé. Une autre image se rappelle à son souvenir quand il est en train de remuer du ciment, mais je ne vous en dis pas plus.

 

Bref, c’est une accumulation de petits tracas à un moment déborde sur les autres et amène un point de rupture qui, heureusement n’est pas franchi.

Et c’est tout à fait normal : nous sommes dans une comédie. Pour que tout se termine bien, il faut que cela aille mal !

Alors on savoure cette histoire de rien du tout. On la savoure comme on le fait toujours avec les histoires de Michel Blanc : à partir de trois fois rien, il nous propose une intrigue solide avec des personnages légèrement outranciers (mais pourrait-il en être autrement ?), dans un schéma des plus classiques, servi par des interprètes qui s’amusent presque autant que les spectateurs. Alors on rit. On rit de cette histoire tout compte fait dérisoire, d’un homme qui est à un tournant de sa vie : la retraite.

 

Parce qu’en fin de compte, il n’a rien : tout juste un peu d’eczéma. Alors, un peu de cortisone et hop ! C’est passé…

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