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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #David O. Russell, #George Clooney
Les Rois du désert (Three Kings - David O. Russell, 1999)

1991.

La (première) Guerre du Golfe est terminée. Les soldats américains célèbrent leur victoire en attendant le retour au pays.

Parmi eux, quatre hommes découvrent un plan menant au bunker où Saddam Hussein a entreposé l’or volé au Koweït : le major Archie Gates (George Clooney), Troy Barlow (Mark Wahlberg), le sergent-chef Elgin (Ice Cube) et Conrad Vig (Spike Jonze, dont c’est la première participation en tant qu’acteur dans un film).

Subrepticement, ils quittent leur base pour mettre la main sous les lingots.

Bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu, et loin de là !

 

David O. Russell dit avoir été inspiré par Kelly’s Heroes (Brian G. Hutton & Co, 1970) et on y retrouve une similitude dans l’action : les lingots allemands sont remplacés ici par ceux du Koweït. S’ensuit alors une aventure rocambolesque où ceux qui étaient partis chercher tranquillement de l’or, pendant la période désorganisée qui suivit le cessez-le-feu (février-mars 1991).

 

Dès la séquence d’ouverture, le ton est donné : ce que nous allons voir n’est pas bien sérieux, les quatre soldats ressemblent plus à des pieds nickelés qu’à autre chose. Sauf que le seul facteur qu’ils ont oublié dans leur expédition, c’est le plus important : le facteur humain !

Alors pas étonnant que toute cette histoire parte en quenouille.

Mais d’un autre côté, tant mieux : ces quatre zozos ne sont pas de vrais bandits, et surtout ils sont en Irak pour sortir de leur routine professionnelle peu intéressante.

Et si les lingots restent tout de même l’enjeu premier de leur expédition, les complications leur vaudront une rétribution qui elle, n’a pas de prix.

 

En effet, alors que tout est OK et qu’ils vont pouvoir repartir avec l’intégralité du butin, ils prennent conscience de ce que la fin de la guerre signifie, surtout que Saddam Hussein n’a pas (encore) été chassé du pouvoir, et que les « rebelles » qui soutenaient la Coalition vont être tout simplement massacrés une fois les troupes rentrées chez elles.

Alors ce qui n’était qu’une simple expédition de pillage devient une opération de sauvetage aux conséquences qui sont loin d’être anodines : rupture du cessez-le-feu et convoi de réfugiés à la frontière iranienne ne font absolument pas partie de la feuille de route de l’armée américaine (ni des autres armées de la coalition d’ailleurs).

 

Et progressivement, le sérieux va prendre la place du comique, sans toutefois en laisser un peu, le soldat Vig étant un numéro bien particulier.

Et ça marche. On se réjouit autant du changement d’attitude de ces quatre hommes qui voient pourtant leur magot fondre comme neige au soleil, tandis que leur engagement se précise de plus en plus jusqu’à mettre en péril les opérations officielles (négociations, tractations, etc.) pour ce qui n’est rien d’autre qu’une entreprise criminelle, de haut vol certes, mais tout de même criminelle.

 

Bien sûr, cette histoire est improbable. Mais tout d’abord, je vous rappelle qu’on est au cinéma, et puis si ion a envie de croire à cette belle expédition. Surtout quand on sait que finalement, l’opération Tempête du Désert n’a pas fait beaucoup évoluer les choses : Saddam a continué de diriger son pays d’une main de fer, profitant de la fin des conflits pour régler quelques affaires intérieurs en massacrant les Kurdes et les Chiites qui s’étaient rebellés.

 

Bref, un film de guerre particulier, mêlant humour et émotion, avec tout de même quelques piques contre cette intervention de type Guerre Mondiale qui ne changea pas grand-chose en vérité.

 

PS : le titre original Trois Rois vient d’une chanson interprétée par l’un des quatre, et représente aussi la réalité finale de l’intrigue. Je vous laisse donc découvrir qui n’ira pas jusqu’au bout...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Geoffrey Wright, #Société
Romper Stomper (Geoffrey Wright, 1992)

Melbourne, 199…

Un groupe de skinheads, dirigés par Hando (Russell Crowe) n’accepte pas les Asiatiques qui se sont installés dans leur voisinage et les battent comme plâtre à chaque confrontation.

Mais un jour, ces mêmes asiatiques se retournent contre eux, les obligeant à fuir.

 

Une jeunesse australienne. Certes, ce n’est pas la plus répandue, mais on sait tous très bien qu’elle existe. Et pas seulement en Australie. 25 ans avant Imperium, Geoffrey Wright nous livre une intrigue sans concession (voire ambiguë ?) sur le milieu ultra-violent des skinheads. Mais alors qu’Imperium s’attache à montrer le processus idéologique de ces jeunes personnes, ici l’idéologie est des plus sommaires : ce ne sont rien d’autres que des suprémacistes blancs dont le livre de chevet n’est rien moins que Mein Kampf de vous-savez-qui.

 

C’est donc un film particulier que celui-ci : d’un côté, Wright décrit une certaine jeunesse qu’on peut très bien retrouver ailleurs qu’en Australie ; de l’autre, on ne peut ignorer que ce film fait partie de ceux que préférait l’assassin de l’église de Charleston (Caroline du Sud) en 2015.

Mais on ne peut incriminer Wright pour ce terrible fait divers. Tout comme on ne pouvait rendre Kubrick responsable de certains excès de violence après la sortie d’Orange mécanique.

De plus, le film de Kubrick avait la musique comme décor, rythmant cette même violence dans ces mêmes excès.

Ici, la musique de fond est fort différence puisqu’on y entend plutôt du punk rock que du classique (1). De plus, certains angles de prises de vue sont inhabituelles et rajoutent dans le caractère extrême de ces affrontements, alternant plans d’ensemble et caméra subjective pendant la course-poursuite à travers les allées de briques donnant au spectateur l’impression de vivre cette poursuite.

 

Surtout, il s’agit ici du film qui révéla Russell Crowe à Curtis Hanson qui l’engagea pour tourner dans L.A. Confidential : pas étonnant alors qu’on l’y voie dans un rôle violent.

Mais au-delà de la violence, c’est une prestation impressionnante que nous livre ici Crowe, dont le crâne rasé donne une plus grande dimension à son personnage, le faisant aisément passer pour un enragé, ce qu’il est certes, mais pas toujours aussi directement.

Il alterne les périodes de grande violence à d’autres de grand calme qui peut parfois autant inquiéter.

 

Et si Hando est ce qu’il est, c’est aussi du fait de la présence de Davey (Daniel Pollock). Davey est son second, son meilleur ami, son frère. Mais on sent chez ce frère un ras-le-bol qui monte à mesure que son groupe se réduit. Pire, l’arrivée de Gabrielle « Gabe » (Jacqueline McKenzie), va accentuer la différence entre les deux jeunes garçons. Dès le premier regard, on sait que Davey est amoureux de Gabe. Mais la prépondérance de Hando sur Davey le relègue à tenir la chandelle pendant qu’il souffre de les voir ensemble.

 

Et bien sûr, à un moment, Davey et Hando devront se séparer, l’un ne pouvant plus vivre avec l’autre. Et Gabe est le catalyseur de cette séparation, rendue d’autant plus facilement que le gang de Hando fond comme neige au soleil.

Cette séparation est la seule résolution possible de l’intrigue et Wright – qui a aussi élaboré le scénario (2) – conclut sur une note ironique que je vous laisse découvrir.

Ou pas.

 

PS : Malheureusement pour nous, Daniel Pollock qui campe un Davey des plus réalistes lui aussi, s’est suicidé quelques mois avant la sortie du film en se jetant sous un train.

 

  1. Il y a tout de même quelques instants classiques.
  2. Certains événements sont inspirés de fait réels, recueillis par Wright auprès d’un ex-chef skinhead en prison pour meurtre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Curtis Hanson, #Danny DeVito
L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997)

Los Angeles (comme le dit le titre), années 1950s…

Alors qu’Hollywood vit son âge d’or, le LAPD (1) n’est pas au mieux : suite à une bavure, plusieurs flics sont mis à pieds – Bud White, officier plutôt impulsif – et certains même mis dehors – Dick Stensland (Graham Beckel) – suite au témoignage d’un jeune loup aux dents longues – Ed Exley (Guy Pearce) – dont le père lui aussi policier a été tué en service par un meurtrier inconnu.

Alors quand le même Stensland est retrouvé mort parmi les victimes d’un massacre dans un snack-bar, les policiers sont sur les dents. Mais cette tuerie cache d’autres enjeux que White et Exley vont tenter de découvrir, chacun de leur côté.

 

Il s’agit du troisième volet de la tétralogie de James Ellroy à propos de la police de Los Angeles. Comme dans le roman, nous sommes en plein dans les années d’après-guerre. Et Curtis Hanson recrée avec bonheur l’ambiance de ces années-là, mêlant avec habileté la police et la machine cinématographique, dont Jack Vincennes (Kevin Spacey) est le lien.

Ajoutez à cela le personnage de Sid Hudgens (Danny de Vito), journaliste de presse à scandale, et vous avez un film où policiers (et donc truands) cinéma et presse de caniveau ne font pas si mauvais ménage que cela.

 

En outre, nous avons une distribution des plus prestigieuses (évidemment) – même si à l’époque Russell Crowe est encore novice à Hollywood (2) – qui assure une interprétation solide, donnant au film un cachet d’authenticité indéniable.

On retrouve aussi – tout comme dans le roman d’Ellroy – le cachet de l’époque, voire les éléments de film noir qu’on pouvait trouver dans le cinéma de cette même époque. La grande différence étant que le code Hays n’était plus en action : les fusillades y sont donc beaucoup plus réalistes, et surtout, on ne lésine pas sur l’hémoglobine. Ce qui est tout à fait normal, une mort par balle(s) entraîne un certain débit de sang de la part de la victime.

Mais ne nous y trompons pas, si cadavres sanglants il y a, ce n’est pas, nous restons dans une mesure acceptable, mais surtout c’est en relation directe avec l’intrigue, subtilement élaborée par Hanson et Brian Helgeland.

 

C’est un film de haut niveau où même les seconds rôles sont interprétés avec brio, dépoussiérant un peu les films noirs de la même période. De plus, Kevin Spacey y joue un personnage ambigu mais dont on se méfie suite aux quelques rôles marquants qu’il a pu interpréter auparavant (The Usual Suspects ou encore Se7en). Malgré certaines craintes, les deux Australiens (Crowe & Pearce) s’adaptent parfaitement dans ces rôles de flics américains, soutenus par quelques « vétérans » (James Cromwell, Kim Basinger…) eux aussi au niveau.

 

Il n’est donc pas étonnant que ce film a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé dans la Bibliothèque du Congrès en 2015 : la maîtrise cinématographique, le jeu des actrices et acteurs ainsi que la reconstitution d’une époque en font un film incontournable.

De plus, ce film manie avec bonheur quelques éléments ironiques voire comiques : la narration de Sid Hudgens alors qu’il écrit ses articles donnent un certain recul alors que nous assistons à des morts très violentes ; et en prime, un épisode avec Lana Turner (Brenda Bakke) assez savoureux, rappelant en même temps ses amitiés particulières de cette période…

 

Un film à REvoir (3) avec toujours le même plaisir.

 

 

  1. Los Angeles Police Department.
  2. Cela fait moins de 2 ans qu’il tourne aux Etats-Unis, ayant quitté son Australie natale.
  3. Oh oui !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Roland West, #Lon Chaney
Le Monstre (The Monster - Roland West, 1925)

Le Monstre ou encore Le Docteur X (comme il fut nommé à sa sortie en France) est un film fantastique dont l’argument de vente était « Lon Chaney, l’homme aux 1000 visages ».

Et chose étonnante, ici il garde son visage inchangé, ne serait-ce que les cheveux gris (et les sourcils). On peut dire qu’il jouait avec son vrai visage, ce qui ne l’empêchait pas de se faire une figure menaçante voire effrayante, comme il nous l’avait montré dans The Penalty quelques années plus tôt.

 

Mais reprenons. A Danburg, (très) petite ville américaine, il ne se passe pas grand-chose : la dernière fois c’est quand le laitier est partie avec la femme du bootlegger (1). Alors quand la voiture de Bowman est retrouvée sur le bas-côté, accidentée et surtout sans conducteur.

Au loin se dresse l’inquiétante maison de santé du docteur Edwards (Herbert Prior) (2), inhabitée depuis quelques mois. Or, les fenêtres y sont éclairées la nuit.

Y a-t-il un lien entre ces disparitions et cet établissement ?

 

Bien sûr qu’il y en a un. Et un bien effrayant : il est alors géré par le docteur Ziska (Lon Chaney), entouré de trois sbires eux aussi très inquiétants : Rigo (Frank Austin), au visage tourmenté et à la cape noire ; Caliban (Walter James), un colosse muet qui obéit au doigt et à l’œil à Ziska ; et Dan (Knute Erickson), juste Dan.

Opposés à ces inquiétants personnages, on trouve Johnny Goodlittle (Johnny Arthur) un jeune coursier apprenti-détective et son rival Amos Rugg (Hallam Cooley), lui aussi coursier mais un échelon au-dessus. Le but de leur rivalité : comme d’habitude, une femme, la belle Betty Watson (Gertrude Olmstead).

Et comme de bien entendu (air connu), ce trio va se retrouver prisonnier du dangereux Ziska et de ses complices.

 

Roland West réalise ici ce qu’on peut considérer comme un film d’horreur, bien que Lon Chaney n’y utilise aucun véritable maquillage. On a eu tendance d’ailleurs à enfermer le grand Lon dans la catégorie horreur et épouvante. Et justement, ici, il peut faire peur sans toutefois utiliser autre chose que son corps, et en particulier son visage.

Mais The Monster n’est pas complètement un film d’épouvante : une bonne dose d’humour contrebalance les effets de terreur, faisant dire au spectateur que décidément, ce n’est pas bien sérieux tout ça.

 

C’est vrai, ce n’est pas bien sérieux, même si les différentes actions entreprises par le quatuor ne sont pas anodines, avec surtout le but ultime de Ziska qui donne son titre au film.

Et si nous n’avions pas autant d’occasions de sourire (ou rire, ça dépend des gens), il possède tous les éléments pour faire un magnifique méchant : son attitude guindée, accentuée par la présence d’un long fume-cigarette n’est pas là pour rassurer notre trio de visiteurs (malgré eux). De plus, outre son visage menaçant, il possède son fameux sourire qui peut séduire ses proies, alors que les spectateurs habitués de l’acteur y voient une nouvelle menace.

 

Bref, tout le monde s’amuse, et l’intrigue se résout avec un sauvetage de dernière minute, et la jeune femme choisira celui qui est le plus valeureux.

Ce n’est pas un grand film ? Non, je suis d’accord. Mais le plaisir de voir évoluer ce vrai monstre – sacré, cela va de soi – en la personne de Lon Chaney, vaut toutes les raisons du monde.

 

  1. Trafiquant d’alcool (nous sommes en pleine Prohibition).
  2. Un docteur Edwards qui dirige un hôpital psychiatrique, Tiens, tiens, tiens…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peplum, #Enrico Guazzoni
Quo vadis (Enrico Guazzoni, 1913)

 

Et puis il y a eu Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914).
Pourtant, un an avant, il y a eu Quo Vadis. Enrico Guazzoni signe ici la deuxième adaptation du roman de Henryk Sienkiewicz, qui raconte une genèse du christianisme, vu à travers le Romain Marcus Vinicius (Amleto Novelli), ami de Pétrone (Gustavo Serena) et amoureux de la belle Lygia (Lena Giunchi), sous le règne de Néron (Carlo Cattaneo).


Autant le dire tout de suite, nous sommes loin du faste et des couleurs du film de Mervyn LeRoy, mais on ne peut pas douter que ce dernier l’a vu. On y trouve d’ailleurs des scènes que LeRoy reprendra presque quarante ans plus tard.

Par contre, le jeu des acteurs n’est pas des plus fluides, et on sent vraiment l’influence du théâtre, où les différents acteurs sont un peu trop statiques comme s’ils étaient paralysés par l’espace à leur disposition.

A mon avis, le pire dans cet exercice, c’est pourtant celui qui interprète Vinicius, qui a du mal à être naturel et répète à l’envi le même geste, tendant la main droite ouverte ou fermée sauf l’index. Ca lasse parfois.

 

En ce qui concerne l’intrigue, on y retrouve les mêmes péripéties que dans l’autre, avec moins de détails, essentiellement à cause du format : 2 heures seulement contre 51 minutes de plus en 1951.

Mais malgré cela, le film de Guazzoni est très honnête et surtout nous propose une belle reconstitution – sinon historiquement exacte, du moins spectaculaire – avec un incendie de Rome qui vaut à lui seul de regarder ce film. On y retrouve les flammes, la destruction ainsi que la panique avec notre Vinicius qui s’effondre de fatigue, mais surtout intoxiqué par les fumées.

 

Quant au martyre des chrétiens, on a droit aux lions, aux torches humaines ainsi qu’à Ursus (Bruto – nom prédisposé – Capellani) sauvant Lygia du taureau. Mais comme nous sommes dans l’arène, Guazzoni en profite pour ajouter deux attractions : une course de chars où le vainqueur gagne une véritable palme (entre 1 mètre 50 et 2 mètres de long) ; des combats de gladiateurs qui laisseront des traces foncées sur le sable de l’arène.

A propos des lions, Guazzoni n’a pas montré les attaques des fauves – un peu trop sanguinolent, mais surtout dangereux pour les figurants – mais leur restauration au milieu de vêtements tachés et aussi d’une tête chevelue (fausse, évidemment).

 

Parmi la distribution, on notera le beau jeu de Serena, qui campe un Pétrone comme il faut, ami déchu du despote, que Carlo Attaneo interprète là encore avec justesse.
On notera aussi que les canons de la beauté en 1913 en Italie (et aussi un peu ailleurs) vont être chamboulés par Hollywood, Pétrone (à moins que ce soit Néron) faisant remarquer à Marcus que Lygia n’entre pas dans ces standards. Poppée (Olga Brandini) belle matrone aux formes très généreuses, en tant que première dame de l’Empire respectant ces mêmes canons.

 

Certes Quo vadis n’atteint pas le niveau de Cabiria, mais il n’en demeure pas moins une œuvre majeure dans cette Italie qui, avant la première Guerre Mondiale, était au même niveau que les autres grands pays de cinéma. Cette guerre, ainsi que les superproductions américaines qui vont suivre, vont reléguer bien loin la production italienne à la fin du conflit.

 

A voir, donc, histoire de se rendre compte de ce qu’il était possible de faire en Italie avant. Bien avant.

 

PS : un détail. On a droit à une surimpression (merci monsieur Méliès) qui voit Jésus apparaître à Pierre et Nazaire.

 

PPS : Les spectateurs (masculins) ont peut-être été déçus lors du combat entre Ursus et le buffle : l'affiche promettait une jeune fille dénudée attachée à l'animal. 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Stuart Millar, #John Wayne
Une Bible et un fusil (Rooster Cogburn - Stuart Millar, 1975)

« Une bible et un fusil » font bien sûr référence à l’histoire des Etats-Unis, ces deux attributs ayant permis de conquérir le territoire et surtout de civiliser ses autochtones : la conversion ou la mort étant parfois les seules alternatives laissées aux Indiens.

Mais dans le cas de ce film, Rooster Cogburn – qui est le titre en VO en référence à son marshal borgne (John Wayne) – hérite d’une bible et d’un fusil en la personne de Eula Goodnight (Katharine Hepburn), fille du révérend Goodnight (John Lomer) abattu par les hommes qu’il poursuit, et en particulier leur chef Hawk (Richard Jordan), méchant estampillé.

 

Si on peut parler de crépusculaire, ce n’est pas pour qualifier ce western – qui reste à mon humble avis très traditionnel – c’est surtout en ce qui concerne John Wayne qui interprète ici son avant-dernier rôle, retrouvant son personnage de True Grit (Henry Hathaway, 1969).

Mais tout l’intérêt du film, cette fois-ci, c’est l’opposition entre Rooster et Eula, deux fortes personnalités d’un âge avancé (1), aux mœurs bien entendu antithétiques, mais qui vont se découvrir et s’apprivoiser.

Si John Wayne retrouve un personnage familier, il en va de même de Katharine Hepburn car Eula Goodnight n’est pas sans rappeler Rose Sayer dans The African Queen presque 25 ans plus tôt.

La similitude de leur activité – la Mission – aidant à ce rapprochement, et l’homme avec qui elle se trouvent confrontées – Charlie Allnut (Humphrey Bogart) et Cogburn Rooster – sont tous les deux revenus des femmes. Ici s’arrête la parallèle, l’enjeu étant très différent.

 

Autre élément qui rappelle l’âge de Wayne, c’est ce que lui reproche le juge Parker (John McIntire), c’est que l’Ouest a changé, mais pas lui. Mais ce reproche s’adresse bel et bien à Rooster et non plus aux autres personnages que Wayne a pu interpréter.

Rooster est très différent des autres parce qu’il n’a plus le même raisonnement par rapport aux Indiens qu’il a pu beaucoup tuer autrefois avec ou sans John Ford : Rooster est rentré dans le rang après la défaite du Sud (1865) et travaille maintenant pour le gouvernement yankee. Rooster est au final devenu un peu humaniste, même si ses pratiques elles, sont toujours les mêmes : la première séquence le voit abattre 3 hommes. C’est essentiellement ça que lui reproche Parker : nous sommes en 1880, et l’Ouest sauvage n’est plus (2), et la justice sommaire  basée sur la vengeance ou le Talion a fait long feu.

 

Quoi qu’il en soit, nous assistons ici à une rencontre de deux géants du cinéma : Hepburn et Wayne (3), dans des rôles forts et complémentaires.

Bien sûr, Eula est la plus forte : non seulement elle a réponse à tout – pas toujours en évoquant quelque référence biblique – et en plus, elle sait tirer, et surtout juste!

 

Ce qui commence par un affrontement abrupt avec deux caractères bien trempés ainsi qu’un mode de vie fort différent, sans parler de leurs origines (elle est du Nord, lui du Sud). Mais comme je le disais plus haut, le temps et la vie commune vont les rapprocher, ce qui est logique parce qu’ils ne sont pas si différents l’un et l’autre : elle compte sur sa bible et un petit peu sur son fusil pour se sortir des situations dangereuses ; lui, c’est le contraire, son fusil d’abord, et à la grâce de Dieu ensuite.

 

Ce rapprochement programmé va donner lieu à de très belles envolées quand leur destin se scelle et qu’ils savent que ce qui les attend peut être très dangereux voire mortel. On assiste alors à deux répliques qui ont tout de la déclaration d’amour. Bien sûr, leur orgueil – et leur âge ? – les empêche de s’embrasser, mais on sent tout de même qu’il passe entre eux quelque chose qui va tout de même au-delà de la sympathie voire de l’amitié.

 

Mais il en va de Cogburn Rooster comme de n’importe quel autre cowboy solitaire : à la fin, ils se retrouvent seuls. Mais cette fois-ci, c’est elle, qui part vers l’horizon.

 

  1. Quand le film sort, Wayne a 68 ans et Hepburn « seulement » 66…
  2. Nous sommes après L’Homme qui tua Liberty Valance.
  3. C’est d’ailleurs la seule fois qu’ils ont partagé la vedette.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Curtis Hanson
In her Shoes (Curtis Hanson, 2005)

Deux sœurs.

L’une blonde, insouciante et un tantinet portée sur la boisson : Maggie (Cameron Diaz).

L’autre sérieuse, avocate et surtout célibataire : Rose (Toni Collette).

Mais si la plupart du temps Rose aimerait se débarrasser définitivement de Maggie, elle ne le peut, ne pouvant pas, malgré tout, vivre sans elle.

Par contre, quand Maggie couche avec Jim (Richard Burgi) – qui sortait avec Rose – c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Maggie est virée de chez elle et s’en va à la rencontre d’une improbable grand-mère – Ella (Shirley MacLaine) – dont  elle n’a aucun souvenir, en Floride, dans une « résidence de séniors actifs », comme on dit…

 

C’est une comédie tout en finesse que nous propose là Curtis Hanson. Et il se base sur un duo étonnant et complémentaire : la blonde écervelée Cameron Diaz et la brune sérieuse Toni Collette. Bien que la blonde Cameron ne soit réellement l’aînée que de quelques semaines, c’est tout de même la brune Toni qui joue la sœur aînée.

Bien sûr l’opposition de style est l’un des ressorts comiques du film, et la séquence de présentation des deux jeunes femmes donne le ton : d’un côté Maggie, ivre, qui embrasse passionnément un ancien de son lycée lors d’une soirée de retrouvailles, dans les toilettes, avant de vomir du fait de la trop grande consommation d’alcool, amenant ainsi un certain désintérêt de son compagnon qui la plante là ; de l’autre une jeune avocate un tantinet complexée, qui réussit enfin à sortir avec un de ses collègues, prenant même une photo de lui endormi, histoire de prouver que les choses arrivent réellement !

Bref deux sœurs complètement antinomiques, malgré les liens du sang.

 

Mais cette opposition naturelle s’explique aussi par une histoire familiale compliquée (1), avec une mère décédée dans un accident de voiture. Accident qui pourrait en outre ne pas en être un.

Mais cette rupture est salutaire : en effet, loin de les éloigner – physiquement et moralement – elle va les rapprocher, voire se retrouver, et surtout mettre un terme à une vingtaine d’années de silence familial.

Et on prend somme toute beaucoup de plaisir à voir cette relation se reconstruire, et surtout ces deux femmes, insatisfaites au bout du compte, trouver enfin un sens à leur vie. Mais cela n’excuse tout de même pas le fait d’avoir couché avec le copain de sa sœur !

 

Quoi qu’il en soit, c’est un de ces films qui vous amène le sourire aux lèvres et vous le fait garder, les oppositions sur plusieurs niveaux amenant chacun vers une espèce de rédemption, après toutes ces années d’incompréhension qui ont suivi la mort de la mère.

Outre l’opposition entre les eux sœurs, on en trouve d’autres à différents niveaux :

  • l’âge : avec la grandmère Ella d’une autre époque peut-être, mais certainement pas aveugle sur ce qu’il se passe réellement chez les deux sœurs, et en particulier Maggie, qui est tout sauf une ravissante idiote, malgré ce qu’elle pense.
  • Les liens familiaux : avec la bellemère Sydelle Feller (Candice Azzara) qui a marié leur père et qui a une autre fille fôôôrmidâble, et qui a tendance à imposer ses idées aux autres ; et entre le père et la grand-mère, qui aimèrent la même personne, mais de façons différentes, persuadés l’un et l’autre d’avoir raison.

 

Et au final, on se dit que ce n’était pas complètement une mauvaise idée d’avoir couché avec Jim. Parce que tout ce qui en découle est de loin plus intéressant que ce qui aurait pu être : chacun en ressort grandi, à quelque niveau que ce soit, laissant alors le sourire (voir ci-dessus) s’épanouir durablement sur le visage des spectateurs.

PS : le titre In her Shoes peut se traduire littéralement « dans ses chaussures » mais plus judicieusement « à sa place ». Et le leitmotiv constitué par les chaussures à longueur de film – et surtout le fait que Maggie pioche toujours dans la collection de Rose – méritait qu’on ne le traduise pas pour l’exploitation française.

 

PPS : parmi les résidents de Floride, un professeur de littérature interprété par Norman Lloyd (2), véritable catalyseur de la transformation de Maggie.

 

[NB : une référence à Rocky (1975) s’est glissé dans le film : la retrouverez-vous ?]

 

  1. Comme dans beaucoup de familles, non ?
  2. celui qui tombe de la Statue de la Liberté dans Saboteur, et qui vient de fêter le 8 novembre dernier, ses 104 ans !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ivan Reitman, #Comédie
6 Jours, 7 nuits (Six Days, seven nights - Ivan Reitman, 1998)

Robin Monroe (Anne Heche) et Frank Martin (David Schwimmer) filent le parfait amour à New York.

Alors pour la fin de l’année, ils s’envolent vers les îles, sur Makatea pour  être plus précis. Mais cette île étant vraiment petite, c’est un avion de tourisme qui les dépose : celui de Quinn Harris (Harrison Ford).

Une fois bien installés là-bas, elle dit absolument se rendre à Tahiti pour son travail. C’est alors à nouveau une traversée avec Quinn. Sauf que quand un orage se prépare, on évite de prendre l’avion : c’est un coup à se retrouver naufragés sur une île déserte.

Et c’est ce qu’il se passe.

 

Il y a chez Reitman un flair certain du point de vue des comédies : elles marchent bien (1).

Et il en va de même ici : une intrigue mettant en rapport deux personnes totalement différentes dans des conditions extra-ordinaires et si en plus vous avez une star incontournable, c’est gagné.

C’est le film qui a révélé Anne Heche au grand public, et ce n’est que justice car elle campe une jeune femme solide et volontaire face à un vieux briscard revenu de tout sans jamais se laisser démonter.

Harrison Ford, pour sa part, est un tantinet en décalage avec ses personnages de prédilection : sa prestation à la soirée d’arrivée vaut son pesant d’or.

 

Mais ce qui donne le rythme de cette comédie, c’est un montage parallèle qui commence lors du déplacement de Robin et Quinn vers Tahiti (avec l’issue inévitable) et se termine lors de leur retour.

Pendant toute cette période, on va suivre (surtout) Monroe et Harris d’un côté et Frank et Angelica (Jacqueline Obradors).

Et pendant que les conditions atmosphériques se dégradent pour ceux qui sont dans l’avion, les choses semblent pas mal se profiler pour ceux restés à terre. Cette tendance va s’inverser à un moment : les gens sur Makaeta sombrant dans le désespoir le plus profond, alors que les autres voient leurs chances augmenter.

 

Mais ce découragement et ce regain d’espoir seront révélateurs puisque de chaque côté, une attirance pour l’autre se présente : le désespoir étant moteur surtout quand il est soutenu par une consommation alcoolique (à Makatea) ; et réussir ensemble quelque chose de grand l’est aussi (sur l’autre île).

Cela nous amène à la scène d’emprunt à Tant qu’il y aura des Hommes, devinez pour qui.

 

Bien sûr, une fois que tout le monde est sauvé, chacun retrouve sa place et surtout son compagnon ou sa compagne et la vie reprend comme avant.

Mais dans ce cas-là, ce ne serait pas vraiment une comédie, non ? (2)

Alors heureusement, on a droit à une vraie fin de comédie, celle qu’on attendait depuis le début du film…

 

 

  1. Ghostbusters (1 et 2) par exemple.
  2. Une comédie est une histoire qui se termine bien, et rien d’autre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Casse, #Eric Barbier
Le dernier Diamant (Eric Barbier, 2014)

Il n’y a pas à dire, les films montrant des casses ont quelque chose de fascinant. Certainement parce que le spectateur sait qu’il a peu de chances d’en réaliser un. On reste admiratif devant ces génies du vol qui élaborent avec précision un événement qui doit absolument se dérouler comme prévu : les sommes mises en jeu pour la préparation atteignant vite un montant pharaonique.

C’est bien évidemment le cas dans ce film d’Eric Barbier où l’objectif est l’acquisition illégale du Florentin, diamant extrêmement rare et enfin mis à jour par Julia Neuville (Bérénice Bejo) et sa mère.

Ce dernier diamant du titre représente donc cette pierre qui a l’inconvénient de porter malheur. Et d’ailleurs, dès le début, Mme Neuville est retrouvée morte dans sa voiture.

 

Bref, vous l’avez compris, le film va tourner autour de l’expédition criminelle, menée par Simon Carrera (Yvan Attal) et son acolyte Albert (Jean-François Stévenin). Comme toujours dans ces cas-là, nous suivons les préparatifs avec une certaine jouissance, impatients de voir comment tout cela va tourner.

Mais alors que l’entreprise réussit – on s’en doutait, bien sûr – Eric Barbier relance l’intrigue (il faut dire qu’il reste une quarantaine de minutes de film). Cette relance apporte bien sûr une autre dimension au film, évitant un final à la Ocean’s Eleven (1).

 

Et au bout du compte, on passe un moment agréable à voir évoluer Simon et Albert – des escrocs somme toute un tantinet minables : la séquence d’ouverture nous montre que leurs ambitions ne sont pas bien élevées. Le coup du diamant devenant une sorte de couronnement de carrière. Ce décalage entre le niveau de Simon et l’objectif visé n’est d’ailleurs pas sans rappeler L’Arnaque, ainsi que la façon d’éliminer un gêneur, en l’occurrence le contrôleur qui veille sur l’application de la liberté surveillée de Simon.

 

C’est donc un film qui atteint son but, montrant qu’il n’y a pas que les Américains pour monter une telle entreprise au cinéma. Les différents interprètes jouant avec conviction cette histoire de vol, d’amour et de sang, avec juste ce qu’il faut d’humour. De plus, la relation amoureuse (comme annoncée plus haut) amène ce qui ressemble à un grain de sable dans l’opération réglée au moindre détail. Cette relation inattendue (sauf pour les spectateurs) s’appelle le « facteur humain », inévitable dans ce genre d’entreprise, et surtout indispensable à la relance de l’intrigue.

 

Certes, la fin est un tantinet prévisible, mais ne boudons pas notre plaisir.

 

 

PS : une petite mention à l’équipe du maquillage qui arrive à créer une Bérénice Bejo méconnaissable.

 

(1) La promotion du film annonçait un parallèle avec le formidable film de Soderbergh.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Emmett J. Flynn, #Drame
Monte Cristo (Emmett J. Flynn, 1922)

Troisième adaptation du roman de Dumas – deuxième américaine – ce film reprend (presque) fidèlement les différentes péripéties du roman, avec une fin alternative, mais après la version Dayan de 1998, on peut s’attendre à tout.

Et si la fin va dans ce même sens, la version proposée par Emmett J. Flynn n’a pas à rougir comparativement aux autres.

 

Bien sûr, tous les protagonistes sont là : Edmond Dantès (John Gilbert), bien sûr, trahi par ceux qui se disaient ses amis – Gaspard Caderousse (William V. Mong) ; Danglars (Albert Prisco) et Fernand Montego (Ralph Cloninger). Mais aussi sa fiancée la belle Mercedes (Estelle Taylor) et l’incontournable abbé Faria (Spottiswoode Aitken), compagnon d’infortune au Château d’If.

Là encore, le film est divisé en deux parties : la première qui voit la machination opérer contre Dantès, avec la complicité de l’infâme Villefort (Robert McKim), jusqu’au retour chez Caderousse, quand Dantès/Monte-Cristo fomente sa vengeance.

La seconde ensuite quand les différents conjurés sont châtiés par celui qu’ils avaient trop tôt enterrés.

 

Le générique le précise dès le premier intertitre : il s’agit d’une superproduction avec casting brillant (avec toutes ces stars, rien d’étonnant), et reconstitutions somptueuses, que ce soient les décors ou les costumes.

Outre les personnalités citées plus haut, on retrouve quelques têtes connues dans les seconds rôles : Francis McDonald (Benedetto/Cavalcanti), Maude George (Mme Danglars) et bien sûr la belle Renée Adorée (Melle Danglars), qui va bientôt partager la tête d’affiche avec John Gilbert dans les années qui vont suivre (1).

 

Emmett J. Flynn fait partie de ces réalisateurs sans grande envergure depuis longtemps oubliés, mais en lui confiant un tel film, William Fox devait savoir ce qu’il faisait. Et ce film est loin d’être un petit film, de par son envergure et sa distribution. Nous avons donc une interprétation sure, Gilbert est un Monte-Cristo magnifique, dont le regard – comme tous les autres interprètes – est l’atout maître. La plupart des événements sont accentués par des visages très expressifs, avec surtout une grande mobilité des yeux (surtout chez Caderousse).

Parmi les techniques utilisées, on retrouve de nombreux flashbacks rappelant – ou non – de »s scènes déjà vues, ainsi que des surimpressions en relation avec le passé, rappelant ce qui amena Dantès à devenir Monte-Cristo.

 

De plus, on note un souci du détail, isolant certains éléments pour renforcer l’intrigue et l’action d’un personnage par rapport à l’intrigue : la lettre de dénonciation que récupère Montego ; les plaques sur les portes des cellules…

La mort de Caderousse (tué par Benedetto) est une très belle séquence, mettant en scène les deux protagonistes, Benedetto en arrière-plan qui se prépare à poignarder son hôte : on suit Caderousse qui admire avec envie le diamant que lui a laissé l’abbé Dantès, pendant que dans le coin supérieur droit on aperçoit la main de Benedetto qui va à sa ceinture, sort le couteau et se rapproche de sa victime. On ne verra pas la lame pénétrer le corps, mais le résultat est sans appel, Caderousse est mort.

 

Quoi qu’il en soit, et malgré la fin attendue (2), Monte Cristo est un très beau film solidement interprété, où John Gilbert joue sur autre chose que son physique de jeune premier (il a 25 ans quand le film sort), et nous gratifie d’un Edmond Dantès dans le ton du roman de Dumas. Son regard – lui aussi très important – exprime à merveille le sentiment de vengeance ainsi que la lassitude une fois qu’elle est accomplie, renforcée par un maquillage qui le vieillit sans pour autant exagérer le passager du temps.

D’ailleurs, pour tous les personnages, la marque du temps est montrée par ce même maquillage sans excès, et surtout qui passe très bien dans les différents gros plans utilisés.

 

Une nouvelle pépite dans cette production hollywoodienne de la période muette, réalisée par un metteur en scène dont le défaut, l’alcoolisme, entraînera sa mort prématurée en 1937 à 44 ans, alors qu’il ne tournait plus depuis déjà 5 ans.

Dommage, encore une fois.

 

 

  1. Et pas n’importe quels films : La grande Parade, La Morsure ou encore Les Cosaques.
  2. On est au cinéma, que voulez-vous…

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