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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stephen Frears, #Comédie
Héros malgré lui (Hero - Stephen Frears, 1992)

Bernie LaPlante (Dustin Hoffman) est un minable escroc, pickpocket occasionnel et surtout receleur. Il a un fils – Joey (James Madio) – dont il n’est pas sûr de l’âge et une ex-femme (Joan Cusack) que son baratin exaspère.

Un raté, quoi.

Et puis un soir, un avion s’écrase juste devant lui. Un peu forcé par l’événement, il va aider tous les passagers à sortir avant l’explosion de l’appareil. Parmi eux se trouve Gale Galey (Geena Davis), qui va rechercher ce bienfaiteur anonyme dont on a retrouvé une chaussure.

John Babber (Andy Garcia), à qui LaPlante avait donné la chaussure restante, répond à l’appel de la journaliste : il va alors prendre la place de Bernie mais aussi le million de dollars qui va avec, pendant que ce dernier purge une peine de prison…

 

Il y a une constante chez Stephen Frears, c’est de traiter de sujet de société d’une façon plutôt grave. Mais ici, sans pour autant abandonner ce genre, il en fait une comédie grinçante, soutenu par Dustin Hoffman toujours aussi formidable, avec aussi Davis et Garcia, jouets d’un destin bien sûr capricieux, mais surtout embarqués dans une aventure qu’ils ne maîtrisent pas, depuis que Bernie, pour une fois, s’est porté au secours de gens qu’il ne connaissait pas.

Parce que c’est ce revirement qui amène cette intrigue de faux-semblants, où LaPlante se retrouve d’une certaine façon piégé par son attitude égoïste, ne voulant pas ajouter à sa situation compliquée de nouveaux éléments qui pourraient le desservir dans son parcours judiciaire.

 

Mais au-delà de cette intrigue, c’est à Frank Capra que nous pensons et plus particulièrement à Meet John Doe, mais dans une sorte de négatif du film de 1941. En effet, Ann Mitchell (Barbara Stanwick) crée un personnage sans-abri qui prend vie à l’apparition de Long John Willoughby (Gary Cooper). Mais Ici, Gale Galey part d’un personnage réel et a tendance à broder autour de sa vie. Et à chaque fois ce personnage est une espèce de SDF, accompagné par Le Colonel (Walter Brennan) en 1941 et LaPlante en 1992, le côté escroc en moins pour le Colonel. Et l’avant-dernière séquence où Bubber veut sauter du haut d’un immeuble rappelle la même séquence chez Capra, en haut du gratte-ciel d’où doit sauter Willoughby.

Mais alors qu’Ann Mitchell utilisait Willoughby pour faire passer des idées nobles, ici Gale Galey ne recherche qu’une chose : faire de l’audience.

 

Mais derrière cette comédie se cache une critique des médias où les journalistes ont parfois tendance à créer eux-mêmes l’information, s’asseyant parfois sur la déontologie : le personnage de Chucky (Kevin J. O’Connor) symbolisant tout ce que le journalisme sensationnel a de laid, ne filmant que pour créer le buzz comme on dit de nos jour. A ses côtés, Gale réussit à tempérer cette frénésie de l’image, et son intervention à la remise des prix des journalistes au début du film résume à elle seule ce que semble penser Frears et son scénariste (David Web Peoples).

 

Et si le propos autour du journalisme est bien là, on apprécie à sa juste mesure le jeu un tantinet épuré de Dustin Hoffman : Bernie est un minable certes, mais il n’en est pas moins attachant, comme le ressent son ex-femme, dans cette même avant-dernière séquence. Et Hoffman n’a pas besoin de forcer son talent pour le rendre crédible. Andy Garcia sort aussi momentanément des rôles de truands, montrant qu’il peut aussi jouer un homme (presque) honnête, et son association avec Hoffman fait mouche.
Quant à Geena Davis, c’est toujours pareil : elle est fabuleuse.

 

Une comédie donc, mais avec pour toile de fond un système où l’information est triturée et remaniée, arrangeant la vérité en fonction de ce que veulent voir et entendre les gens.

A (re)voir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean-Pierre Améris
Les Emotifs anonymes (Jean-Pierre Améris, 2010)

Angélique (Isabelle Carré) est une jeune femme dynamique, chocolatière de formation, qui postule pour un emploi dans une chocolaterie sur le déclin.

Tout va très bien pour elle puisqu’elle est embauchée au bout d’un entretien des plus courts.

Mais c’est en tant que représentante, et non comme créatrice, comme elle rêvait.

Et comment le dire à ce patron si distant, alors qu’elle est d’une émotivité sans borne, allant jusqu’à fréquenter un groupe (1) pour se trouver du soutien, et tenter de vaincre ce qui semble être une maladie incurable ?

Et comment peut-elle deviner que derrière son apparence de patron taciturne, Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde) n’est rien d’autre qu’un timide maladif, suivant une thérapie pour en sortir ?

 

C’est sur cette dichotomie que se base l’intrigue – subtile – de Jean-Pierre Améris et Philippe Blasband, mettant en scène ces gens qui n’osent jamais, de peur de, ou bien peut-être aussi, à moins que, enfin vous voyez ce que je veux dire, non ?

Cet état traumatisant est d’autant plus difficile à exprimer qu’il semble absolument contradictoire au métier d’acteur. Et qui plus est, réussir à en rire, voire en faire rire les autres (2).

Alors une fois le film terminé, on ne peut qu’applaudir le résultat, tant ces deux émotifs jouent juste un répertoire qui semble leur être étranger !

Et je dois en plus avouer, qu’en tant qu’ancien (?) timide, je ne peux que retrouver certaines situations vécues. Mais dans mon cas, vous vous en doutez bien, cela ne m’a pas beaucoup fait rire.

 

Quoi qu’il en soit, Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde sont absolument parfaits, avec tout de même un petit plus pour Benoît Poelvoorde, bien loin des rôles plutôt sûr de lui qu’on lui connaît (C’est arrivé près de chez vous, Les Randonneurs…). Parce que c’est bien lui la clé de voûte de l’intrigue.

Je ne veux absolument pas diminuer le talent d’Isabelle Carré, mais il faut avouer que Poelvoorde a une personnalité forte et qu’on se réjouit énormément de le trouver presque à contre-emploi. Avec ce film, il confirme qu’il n’est pas seulement un comique, mais alors un de ceux qui savent mettre de l’émotion dans leur jeu, amenant avec le sourire, parfois une larme, si vous voyez ce que je veux dire.

Et sa belle prestation dans Le grand Bain est à mi-chemin, ou plutôt un mélange bien dosé entre ce qu’il faisait avant (l’assurance) et ce qu’il montre ici (la réserve pudique).

 

Et le talent de Jean-Pierre Améris est de diriger ces deux interprètes de façon à ce qu’on croit qu’ils se dirigent eux-mêmes, ou bien que c’est le caractère très (trop ?) réservé de leur personnage qui les guide.

Et nous nous retrouvons – nous spectateurs – dans la situation de leur entourage : les employés de la chocolaterie ou le groupe de parole d’Angélique (1) qui assistent impuissants à cette histoire d’amour qui ne veut pas dire son nom, tout simplement parce que ses deux protagonistes ne savent pas vraiment lui donner ce nom. Et que quand elle s’ébauche, elle se termine aussitôt, chacun s’excusant maladroitement de cette soudaine audace tellement étrangère à leur zone de confort (3).

 

Et là réside le succès de cette belle comédie : deux interprètes de qualité soutenus par des seconds rôles au diapason (4), dans une mise en scène qui déroule d’un bout à l’autre, mettant rapidement le spectateur dans l’ambiance et du côté de ces deux malades, ne les lâchant qu’une fois le film terminé, un sourire inévitable aux lèvres.

 

  1. D’où le titre
  2. Certainement la chose la plus difficile à faire pour un comédien et /ou un acteur.
  3. Voilà que je me mets à parler comme les gens d’aujourd’hui… L’émotion sans doute…
  4. En anglais, on parle de « supporting actor/actress », pas besoin de vous traduire…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Steven Spielberg
Hook (Steven Spielberg, 1991)

Le capitaine Crochet (Dustin Hoffman) est de retour !

Il a kidnappé les enfants de Peter Pan (Robin Williams), et attend ce dernier pour un duel final sans merci.

 

Enfin ce n’est pas exactement Peter Pan, puisqu’il s’appelle maintenant Peter Banning, et qu’il est un grand ponte de la finance, tendance voyou capitaliste. Quant à Peter Pan et tout ce qui concerne l’univers de James Barrie, il ne veut pas en entendre parler. Sauf que…

Sauf qu’il a trois jours pour rattraper le temps perdu s’il veut réellement sortir ses enfants du crochet du capitaine du même nom.

 

Après le plaisant intermède que constitue Always (1), Spielberg repart dans une féerie universelle, s’adressant – comme presque toujours – aux enfants, qu’ils soient petits ou/et grands. Et comme toujours (ou presque, voyez Duel), le personnage principal est un enfant, ici un qui a oublié qu’il ne voulait pas grandir.

Bien sûr, on retrouve les éléments de l’histoire imaginée par Barrie, mais ce qu’on appelle aujourd’hui une update, une mise à jour afin d’inscrire l’intrigue dans le présent des spectateurs : le début des années 1990s.

Et Peter Banning est un pur produit de ces années-là, quand le capitalisme sauvage était roi et quand on croisait une palanquée de yuppies avec leurs téléphones portables déjà greffés à leurs oreilles : eh oui, avoir un téléphone portable n’a pas toujours été bien considéré…

 

Mais il faut dire aussi que l’attitude de Peter Banning n’est pas présentée sous un bon jour : préoccupé exclusivement par son travail et surtout les sommes mises en jeu, il en délaisse ce qui est le plus important, sa famille.

Alors finalement, cet enlèvement est une bonne chose pour lui – et surtout le spectateur (2) – puisqu’il va, en même temps que ses enfants, se retrouver lui-même.

Et là encore, nous retrouvons cette idée de rédemption : Peter à travers sa quête pour sauver ses enfants se sauvera par la même occasion.

Pourtant ce n’est pas gagné quand commence son retour à Neverland : il a tout oublié, il a pris du ventre et surtout, il est vieux !

Mais grâce aux enfants perdus et à la fée Clochette (Julia Roberts), tout se terminera bien.

 

Si Spielberg joue avec bonheur de l’utilisation du temps qui passe, le film fonctionne beaucoup grâce à ses deux interprètes principaux : Robin Williams et Dustin Hoffman. En plus d’être la rencontre de deux monstres sacrés du cinéma, c’est aussi celle de deux acteurs éblouissants et capables de tout.

D’un côté Robin Williams à l’aise dans n’importe quel rôle, et encore plus quand il s’agit d’une comédie débridée : Williams arrive un instant à nous faire oublier ce sale individu qu’est Peter Banning, devenant un Pan des plus sympathiques, qui a grandi certes, mais est malgré tout resté le même au plus profond de lui. A mon avis, Williams était le meilleur choix que Spielberg puisse trouver pour interpréter un tel personnage.

De l’autre, c’est le caméléon hollywoodien, qui devient un Crochet plus vrai que nature, aussi roué que son modèle, et tout cela malgré sa petite taille (3). On retrouve la rouerie et la duplicité du personnage original, Hoffman étant – encore une fois – au niveau de sa réputation.

Certes, on peut constater une dose de surjeu chez ces deux acteurs, mais pouvait-il en être autrement pour ces deux acteurs dans une telle histoire ? Non. Si surjeu il y a, il est indispensable au bon fonctionnement de l’intrigue et donc du film.

 

Je terminerai  en vous faisant remarque qu’on trouve beaucoup de détails nous ramenant à l’histoire originale, que ce soit chez Wendy (Maggie Smith, toujours superbe) ou à Neverland.

De plus, en faisant attention on retrouvera deux personnalités musicales : Phil Collins et David Crosby.

Si Collins est rapidement identifiable (et identifié), il n’en va pas de même pour Crosby, caché ( ?) parmi les pirates truculents du Jolly Rogers : mais quand on sait qu’il est là, on ne peut pas le manquer…
Sans oublier l’humour, composante indispensable chez Spielberg dans ce genre de films, avec en prime une référence à un film – culte ? – où joue Robin Williams : et c’est – évidemment ? – Dustin Hoffman qui l’énonce.

 

PS : Tout de même, quel dommage que les effets spéciaux n’étaient pas aussi avancés à cette époque (on en était encore au fond bleu de l’incrustation). Quel film cela aurait été !

 

  1. Ne jamais bouder une occasion de (re)voir la belle Audrey Hepburn !
  2. Sinon, pas de film…
  3. Cette caractéristique est d’ailleurs expliquée pendant le duel final.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sidney Drew, #Muet
A Florida Enchantment (Sidney Drew, 1914)

Lillian Travers (Edith Storey) est une jeune héritière new-yorkaise qui découvre, alors qu’elle est en Floride, des graines qui ont la propriété de transformer les femmes en hommes et inversement.

Donc, elle essaie sur elle, et satisfaite du résultat, sur sa servante noire qui devient de ce fait valet. Puis c’est son fiancé qui en absorbe une, amenant cette comédie débridée vers la tragédie jusqu’au dénouement final… Que je vous laisse découvrir.

 

Nous sommes en 1914, et cette comédie que nous propose Sidney Drew est fort éloignée des standards de la comédie américaine de l’époque (1).

En effet, cet inversement des rôles n’est pas très courant, et surtout la performance d’Edith Storey est absolument magnifique : elle ne se contente pas de s’habiller en homme, elle est un homme, avec son aspect brutal, ses manières pas toujours distinguées, et un côté entreprenant malgré son apparence qui reste féminine.

De plus, le patronyme Travers n’a certainement pas été donné par hasard à cette jeune femme si entreprenante.

 

C’est alors prétexte à des effusions et baisers sur la bouche avec connotation saphique plus qu’évidente.

Mais n’en concluez pas pour autant qu’il s’agit d’un film à message : nous sommes dans une comédie et les ressorts utilisés sont les mêmes – d’une certaine manière – que ceux utilisés chez Sennett par ce dernier où ses rejetons : Arbuckle, Chaplin…

Et Edith Storey interprète un jeune homme de la même manière que Roscoe Arbuckle pouvait interpréter une femme (3). La grâce d’Arbuckle contrebalançant la rudesse de Storey.

Et donc les péripéties engendrées par ce changement de sexe n’ont pour autre rôle que de faire rire.

 

De son côté, le fiancé – le docteur Fred Cassadene (Sidney Drew) – qui n’a pas compris le changement de Lillian continue de la poursuivre de ses assiduités, amenant malgré lui le comique du fait du refus systématique de cette drôle de fiancée. Alors que dans le même temps, les différentes femmes abordées par Lillian ne sont absolument pas dérangées de ses privautés offertes à tous les regards.

Et quand à son tour il est frappé de transsexualité (c’est comme ça qu’on dit ?), ce qui relevait d’un humour subtile s’alourdit. On n’échappe pas à la caricature homosexuelle largement répandue (4), même si Drew semble essayer de s’en démarquer.

La poursuite finale nous rappelle alors que cet artifice n’était pas la propriété exclusive de la Keystone.

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, quand Lillian doit accueillir la jeune femme qu’elle courtise dans sa chambre pour la nuit, la morale revient au triple galop : Lillian essaie d’enfermer la jeune femme dans une autre chambre, gênée de partager son lit sans être mariée.

Autre élément à charge du film, la présence d’acteurs et d’actrices grimés en Noirs, donnant une vision peu flatteuse de cette communauté américaine. La raison en est que la Floride (et les autres états ségrégationnistes du Sud) interdisait aux Noirs de se produire dans un film avec des Blancs (2).

 

Quoi qu’il en soit, on ne peut que saluer cette comédie en décalage avec son temps, et surtout la prestation d’Edith Storey, malheureusement oubliée aujourd’hui. Alors qu’elle mit un terme à sa carrière en 1921 (elle avait 29 ans), elle avait tout de même participé à 184 films…

 

  1. Et jusqu’à beaucoup plus tard !
  2. Merci professeur Allen John !
  3. Cf. Good Night, Nurse (1918)
  4. Jusqu’à aujourd’hui hélas, les préjugés homosexuels et donc homophobes ont la vie dure !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Walter Hill, #Policier
48 Hrs. (Walter Hill, 1982)

 

L’affiche était explicite : le doigt d’honneur d’Eddie Murphy annonçait un film plutôt destiné aux adultes.

Et Walter Hill ne va nous détromper : de la violence, des gros mots, des allusions sexuelles peu déguisées voire pas du tout, sans oublier des jeunes femmes dénudées et des morts sanguinolentes.

 

Le film s’ouvre sur des bagnards (« chain gang » en VO) qui travaillent à la réfection d’une voie ferrée. Parmi eux Ganz (James Remar) qui va s’évader à l’aide d’un complice fort peu délicat : Billy Bear (Sonny Landham).

Dès lors va avoir lieu dans San Francisco une course poursuite menée par le policier Jack Cates (Nick Nolte), aidé d’un détenu qu’il a fait sortir de prison pour l’affaire, Reggie Hammond (Eddie Murphy, donc), mais pour une période de 48 heures (d’où le titre), après laquelle il reviendra finir de purger sa peine.

 

Les duos improbables ont toujours bien fonctionné au cinéma, et d’autant plus dans les films policiers : les deux complices complémentaires (Leathal Weapon), les concurrents (Tango & Cash), voire le coéquipier mortifère (Dirty Harry & Co).

Alors cette différence de statut – un policier et un truand – ajoute une nouvelle ligne à ces duos improbables. Avec en plus une différence de taille : la couleur de peau d’Eddie Murphy qui est un autre élément pertinent du film. En effet, il en sera fait régulièrement référence et cela un prétexte pour désamorcer les éventuelles dérives racistes de certains personnages (surtout dans le club de country).

 

Mais la différence n’est pas seulement statutaire entre les deux hommes.

Cates est un vieux routard de la Force, il conduit une vieille Cadillac bleue, et a un certain penchant pour l’alcool – une flasque dans la poche – arborant en outre une tenue plutôt négligée, ce qui est normal pour lui, son métier ne consistant pas à défiler pour des maisons de couture.

Hammond, pour sa part, est tiré à quatre épingles, dans un costume qu’on qualifie rapidement « de mac », et possède une voiture des plus somptueuses (1). Et si Cates l’a fit sortir pour retrouver Ganz, Hammond a un autre objectif en tête des plus sociaux : après quasiment trois ans de prison, un présence féminine lui agréerait totalement (2).

 

Bien sûr, ça fonctionne et on s’amuse beaucoup à ces différences qui malgré tout rapprochent les deux hommes, amenant la complémentarité indispensable à l’intrigue.

De plus, avoir confié le rôle du grand méchant à James Remar fut aussi une bonne idée : on le retrouvera de nombreuses fois dans un rôle similaire, le meilleur – à mon avis – restant Dutch Schulz dans le magnifique The Cotton Club.

A ses côtés, on retrouve Sonny Landham, un véritable Amérindien qui avait en outre un passé criminel, ce qui le cantonna à des rôles de méchants ou/et de types violents.

A noter aussi la présence de Frank McRae dans le rôle de Haden le chef de la police, rôle qui lui restera collé à la peau (tout comme dans Last Action Hero) alors qu’il n’a interprété ce genre de personnages que 4 fois, sur une soixantaine de films.

 

Un petit détail pour terminer : le mot de 4 lettres (« the F-word ») et ses différentes formes grammaticales est employé 48 fois, et il semblerait que cette correspondance avec le titre soit fortuite.

Quoi qu’il en soit, le film fut l’un des plus gros succès de l’année (3), propulsant en haut de l’affiche un jeune acteur dont c’est le premier film : Eddie Murphy.

Et déjà, on peut entendre son rire si caractéristique.

 

  1. Intermeccanica 356 A Speedster (CMC), pour les connaisseurs
  2. Bien entendu, ce souhait n’est pas exprimé d’une façon aussi poétique…
  3. Et amènera donc une suite 7 ans plus tard…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Octopussy (John Glen, 1983)

Et de 13 !

Pendant que dans le même temps sortait une resucée de Thunderball – dont je vous laisse le plaisir de lire l’article très intéressant de mon ami le professeur Allen John ici – Salzman Broccoli et consort proposait ce énième épisode de l’agent secret le plus célèbre du cinéma, à nouveau avec Roger Moore pour l’incarner et John Glen – encore lui – pour la réalisation.

Et puisqu’on en est aux répétitions, on remarquera le retour de la belle Maud Adams qui interprète le rôle-titre, devenant à ce jour la seule James Bond Girl à l’être deux fois.

 

Après une séquence d’introduction toujours aussi haletante et spectaculaire, nous entrons dans le vif du sujet : Octopussy s’inscrit dans le temps en faisant référence aux diverses négociations entre les USA et l’URSS afin de désarmer un peu la planète.

Ce désarmement est alors le prétexte pour un général russe un tantinet paranoïaque – Orlov (Steven Berkoff) – de déclencher une guerre nucléaire afin d’imposer le modèle soviétique.

Mais James Bond veille et comme de bien entendu, il n’en sera rien.

S’ajoute à cela un personnage trouble et bassement mercantile, Kemal Khan (Louis Jourdan), véritable méchant du film.

 

Si le film se laisse voir avec beaucoup de plaisir, malgré la marque inévitable du temps (1), on sent tout de même que la fin du chemin est proche pour Roger Moore. Il a 55 ans quand le film sort, et sa première apparition ne lui fait pas honneur : habillé en gentleman farmer avec casquette, il ressemble plus à un papy à casquette qu’à un irrésistible agent secret, fût-il 007.

Mais une fois ce détail passé, John Glen nous installe dans une intrigue aussi haletante que l’introduction, avec nombre de méchants fort dangereux (2), et surtout une myriade de jolies filles (outre Maud Adams) dont Magda (Kristina Wayborn) est une représentante fort pertinente.


Bref, c’est du James Bond, de bonne facture, surtout avec la présence de Steve Berkoff, méchant patenté de la décennie. Et surtout, on retrouve le marivaudage entre Bond et Moneypenny (Lois Maxwell, toujours là !), les prises de bec avec Q (Desmond Llewelyn) ainsi que les répliques ironiques teintées d’humour noir.

A noter la présence du joueur de tennis Vijay Amritraj, dans le rôle de Vijay (ça ne s’invente pas), factotum de Bond à Agra, l’aidant à s’en sortir après une attaque d’enturbannés fort peu civils. Sa façon de se défendre est elle aussi pertinente, vous en jugerez par vous-même (si ce n’est déjà fait).

 

Que dire de plus ?

Rien. On s’installe, on ouvre les yeux, et on savoure…
Qui a dit que le 13 portait malheur ?

 

PS : la marque de John Glen (ce n’est que son deuxième film complet) s’installe durablement dans ses films. Ici, c’est dans le palais de l’infâme Kemal Khan.

  1. Placer une intrigue dans un contexte proche du temps de tournage implique une forme de vieillissement anticipé par rapport aux intrigues mettant en scène le SPECTRE, organisme autonome et donc rattaché à aucune puissance.
  2. Le tueur au yoyo/scie circulaire est vraiment bien trouvé !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brian G. Hutton, #Clint Eastwood, #Guerre
De l'Or pour les braves (Kelly's Heroes - Brian G. Hutton, 1970)

France (environs de Nancy), 1944 (?).

En pleine nuit et sous une pluie battante, Kelly (Clint Eastwood) accompagne un officier allemand vers son peloton, dirigé par Big Joe (Telly Savalas).

Dans la serviette de l’Allemand, une barre de plomb, censée alourdir le cartable en cas de besoin de le couler.

Mais cette barre est seulement peinte et en dessous, le jaune brille : un chargement de 14.000 lingots attend preneur dans la banque de Clermont.

Après tractations, Kelly emmène toute son escouade vers ce butin, aidé des tanks Sherman d’Oddball (Donald Sutherland) et ses hommes.

 

Jouissif.

Brian G. Hutton réussit à mêler avec bonheur le film de guerre, la comédie et quelques éléments du western. De plus, la distribution - les trois acteurs cités plus hauts auxquels se mêlent quelques seconds rôles formidables (Don Rickles, Gavin « Captain Stubing » McLeod ou encore Harry Dean Stanton) – est impeccable, proposant quelques personnages gratinés du plus bel effet.

Bref, on s’amuse beaucoup, même si la guerre reste la guerre, et certains protagonistes ne se relèveront pas.

 

Dès l’ouverture, la musique – du grand Lalo Schiffrin – donne le ton : pas de musique grandiloquente avec forces trompettes et tambours, mais une formation qui chante comme on le faisait au moment du tournage une mélodie très flower power, en totale contradiction avec le genre du film.

De plus, l’intrigue détonne encore plus avec celles qu’on connaît pour les grands films du genre (Le Jour le plus long, La grande Evasion…) où les faits d’arme sont glorieux et les différents soldats héroïques : il s’agit tout simplement du pillage d’une banque.

Ici, ce sont des héros (1), mais à leur manière : le casse qu’ils vont monter et exécuter ne va pas se faire sans mal, mais surtout en plein milieu de la guerre, à quelques dizaines de kilomètres du front, derrière les lignes allemandes !

 

Alors pour une fois, ce n’est pas le casse en lui-même qui nous intéresse, mais le lent et difficile parcours pour y arriver. L’intendance, organisée par Crapgame (Don Rickles), le tir de barrage par Mulligan (George Savalas, le frère de), et le pont temporaire ne sont que les éléments qui facilitent l’opération, mais il en va différemment une fois les lignes franchies : les premiers morts furent allemands, mais les héros vont aussi payer leur tribut à cette guerre.

Mais malgré toutes ces difficultés, la comédie ne faiblit pas.

 

Et quand arrive le final, le côté western s’installe définitivement, Schiffrin parodiant en plus Ennio Morricone, et la présence de Clint Eastwood nous enfonce encore plus dans ce genre : le duel final – Kelly, Big Joe, Oddball d’un côté et le commandant du tank de l’autre (Karl-Otto Alberty, spécialiste des rôles d’allemands dans d’autres films de guerre, dont ceux cités plus haut) – rappelle forcément le Bon, la brute et le truand, puisqu’il est question de récupérer un magot pendant que la guerre fait rage alentour.

 

Si Eastwood et Savalas sont complètement dans le ton de l’époque filmée, il n’en va pas de même pour Sutherland. Oddball est un drôle de soldat : compté comme disparu avec ses trois machines, son attitude n’a pas grand-chose à voir avec l’époque de la guerre mais plus avec celle du tournage. En effet, il ne parle que de bonnes ou mauvaises ondes, de musique (Battle Hymn of the Republic, par exemple) jouée pendant l’assaut, ainsi que de bombes remplies de peintures pour donner un bel effet lors des combats.

Bref, c’est un hippie avant la lettre, mais que la possibilité de s’enrichir ne dérange absolument pas, bien au contraire.

 

Alors on s’amuse de ces héros malgré eux, célébrés par un général aussi incompétent que son état-major (Carroll O’Connor), mais tout de même emmenés par un trio de choc des plus formidables.

 

 

(1) Le titre original signifie « Les Héros de Kelly ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Nimród Antal
Predators (Nimród Antal, 2010)

C’est un homme (Adrien Brody) qui tombe - mais que ne répète pas « jusqu’ici, tout va bien » - ce qui est tout à fait normal parce que sa situation se dégrade à mesure que le temps passe : il est en chute libre, harnaché d’un parachute qui ne s’ouvre pas.

Heureusement il s’ouvre et notre homme réussit à survivre à ce premier écueil d’une longue suite. Il n’est pas seul au monde, sept autres personnes ont atterri avec lui, presque tous armés jusqu’aux dents.

 

Donc, ils sont de retour. Harrigan (Danny Glover) avait raison.

Enfin, après le deuxième volet plus ou moins abouti, on retrouve nos joyeux drilles pour un troisième opus qui reprend les bases du premier (1) : nous sommes à nouveau dans la jungle, et les différents protagonistes sont une nouvelle fois le gibier de ces drôles d’extraterrestres.

Entretemps (20 ans), Kevin Peter Hall, qui était le Predator original, est décédé peu de temps après l’opus précédent (1991).

Mais la grande différence d’avec les deux autres films, c’est l’utilisation des effets numériques, accentuant alors le côté réaliste du scénario.

 

Côté scénario, d’ailleurs, on assiste une nouvelle fois à un commando qui tente de survivre, perdant régulièrement ses membres à mesure que le danger s’accentue et que les fameux Predators deviennent de plus en plus habiles.

Mais heureusement, à la fin, il en reste (je vous laisse découvrir le nombre), si on peut vraiment parler de fin : du film ou/et de la saga. En effet, le film laisse entrevoir que tout n’est pas vraiment fini, et Shane Black a réalisé à son tour une suite en 2018.

 

D’une manière générale, le film se laisse regarder sans déplaisir, même si on peut continuer à préférer la version John McTiernan. Mais la présence d’Adrien Brody est tout de même un atout : sa participation aux différents films dans lesquels il a tourné nous assure un minimum de qualité.

Autour de lui, outre la belle Alice Braga qui interprète la seule femme du film (il y en a toujours une !), on peut retrouver un méchant patenté du cinéma en la présence de Danny Trejo (2), habitué des films de Robert Rodriguez qui est l’un des producteurs du film. Si son (court) rôle se situe du bon côté, il n’en demeure pas moins un (ex-)tueur des cartels de la drogue d’Amérique du Sud.

D’une manière générale, on retrouve dans l’équipée des personnages de couleurs  (Mahershala Ali, Louis Ozawa Changchien) voire de nationalités différentes  (la Brésilienne Alice Braga, le Russe Oleg Taktarov de Russie, ou encore le même Changchien à la fois taïwanais et japonais) : ces différences qui sont souvent antagonistes dans d’autres films, donnent ici une universalité à l’intrigue, au-delà des barrières habituelles.

Mais on a tout de même au moins un Américain qui survit à la fin…

 

PS : Les deux films intermédiaires (Aliens VS Predators et sa suite) n’ont aucun lien scénaristiques, se contentant de reprendre deux monstres mortifères du cinéma.

 

PPS : tout comme Harrigan dans Predator 2, nous avons l’intervention d’un personnage qui rappelle le super-héros qui sauve des victimes plus ou moins potentielles. Cette fois-ci, c’est Ronald Noland (Laurence « Morpheus » Fishburne ) dont le patronyme (littéralement « sans terre ») accentue l’aspect déraciné (et pour cause !) des différents survivants de cette jungle on ne peut plus dangereuse…

 

  1. On a même droit à un rapide résumé du premier film qui permet aux néophytes d’être au même niveau que les autres.
  2. Dans le film précédent, c’était Gary Busey.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stephen Hopkins, #Science-Fiction
Predator 2 (Stephen Hopkins, 1990)

Trois ans après le film de John McTiernan, c’est au tour de Stephen Hopkins de nous proposer son Predator, avec l’aide de John et Jim Thomas qui avaient déjà écrit le scénario du premier film, et avec Danny « Murtaugh » Glover à la place de Schwarzy.

Nous faisons donc un bond dans le temps (nous sommes en 1997), et aussi dans l’espace puisque le Predator (Kevin Peter Hall, toujours lui) délaisse la jungle d’Amérique Centrale pour celle de la ville de Los Angeles.

Et question jungle, la première séquence nous en offre un échantillon plutôt pertinent.

 

Nous sommes donc en 1997 et c’est la guerre de rue entre la police et les trafiquants de drogue puisque nous assistons à une bataille rangée impliquant les deux groupes. C’est un carnage jusqu’à l’arrivée de Zorro, ou plutôt Michael Harrigan (Danny Glover, donc) qui précipite les choses et surtout sauve la journée.

Sauf que…

Sauf qu’on retrouve des dealers écorchés et suspendus par les pieds, telles des carcasses de viande sur des crochets de boucher.

De plus, en plein échange de politesses (ou plutôt de balles pas toujours perdues pour tout le monde), on aperçoit une forme qui distord l’image : ceux qui étaient là pour voir le film de McTiernan ont reconnu tout de suite la présence de notre Predator. Surtout qu’on a droit en même temps à quelques plans en caméra subjectives (pour ce même Predator) qui font l’effet d’une caméra thermique.

Et si d’une certaine façon ce Predator aide la police en éliminant les criminels, ces messieurs-dame (Maria Conchita Alonso) de la force ne sont pas spécialement convaincus par le procédé et changent de cible, malgré l’intervention du FBI (rien que ça) et leur responsable Peter Keyes (Gary Busey).

 

Etait-il nécessaire de faire une suite au premier film ? Bien sûr que non, parce que ce qui faisait le sel du premier épisode est tout de suite éventé, sauf pour les néophytes qui s’étaient engouffré&s dans les salles obscures par choix ou pour éviter la pluie (le film est sorti en novembre aux Etats-Unis). Et alors que McTiernan retardait au maximum l’apparition de notre monstre extraterrestre, Hopkins n’a pas d’autre choix que de nous le (re)montrer puisque le scénario présuppose que ceux qui sont venus voir le film avaient aimé le premier volet.

 

Mais si la transposition semble pertinente, le résultat n’est pas à la hauteur du premier opus.

Certes, Danny Glover joue mieux que Schwarzenegger, mais la présence du colosse amenait un second degré qui n’apparaît à aucun moment dans ce film. Et si Gary Busey dans un rôle un tantinet plus positif (1) il n’en conserve pas moins un côté désagréable indispensable pour la réputation de cet acteur.

On retrouve donc l’affrontement duel comme dans le premier film, mais sans le côté système D utilisé par le bel Arnold.

 

Quant à la résolution inévitable de l’intrigue – avec entre autres la mort du Predator – on a le droit d’être déçu, la logique n’étant pas spécialement présente : Harrigan s’en sort, et lui autant que les spectateurs, se demande pourquoi.

La réponse vient tout de même au final : l’une des dernières répliques – sinon la dernière – de Harrigan laisse présager qu’une suite est déjà prévue.

 

Alors à suivre.

Ou pas.

 

PS : parmi les trophées de notre Predator, une pièce qui n’est pas sans nous rappeler un autre extraterrestre redoutable…

 

  1. Il retrouve d’ailleurs Danny Glover avec qui il avait tourné dans Leathal Weapon pendant que Schwarzy et McTiernan posaient les bases de la franchise Predator. A ce propos, on notera aussi la présence de Steve Kahan dans la séquence d’ouverture, ce dernier étant le supérieur de Murtaugh/Glover dans ce même film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Casse, #Gangsters, #Gary Ross, #Steven Soderbergh
Ocean's Eight (Gary Ross, 2018)

Danny Ocean (George Clooney) n’est plus. Sa sœur Debbie (Sandra Bullock) va se recueillir près de son columbarium alors qu’elle sort après 5 années de prison.

Et tout comme son frère au début de la trilogie de Steven Soderbergh (1), elle a déjà songé à son coup suivant. Il faut dire que son désœuvrement forcé y fut pour beaucoup.

Alors avec l’aide de si antres jeunes femmes, elle va monter un coup fumant : le vol du Toussaint, une rivière de diamant estimée à près de 150 millions de dollars.

Et comme son frère, elle va réussir son coup.

 

Vous excuserez cette révélation, mais je ne pense pas violer un secret d’état en annonçant que le coup va marcher : c’est ce que nous sommes venus voir, et comme toujours dans ces cas-là, c’est le comment du coup qui est le plus intéressant.

Et Gary Ross reprend la formule qui réussit à Soderbergh, élaborant en plus le scénario avec Olivia Milch.

 

Il était un peu osé de s’attaquer à la trilogie antérieure sans prendre un risque : celui de filmer une resucée, voire un digest des trois films. Et On ne peut s’empêcher tout de même » d’y penser, surtout que Ross a fait appel à Elliott Gould (Reuben) qui apparaît dans la séquence de columbarium.

Un autre membre des 11, 12 et 13 est aussi présent dans le film, et je vous laisserai le découvrir, afin de ne pas non plus tout vous dévoiler.

 

Quoi qu’il en soit, on passe un bon moment avec toutes ces femmes peu communes, chacune experte dans son domaine : informatique (« Nine Ball » / Rihanna), pickpocket (Constance / Awkwafina), DRH (Tammy / Sarah Paulson), orfèvrerie (Amita / Mindy Kaling). Sans oublier la direction des opérations supervisée par Debbie et Lou (Cate Blanchett), ni la formidable styliste (Rose Weil / Helena Bonham Carter).

Ca manque d’hommes pourrait-on dire, mais ce n’est absolument pas mon avis, même s’il en faut tout de même : le bellâtre Claude Becker (Richard « Thorin Oakenshield » Armiutage), ex-escroc mâtiné d’une bonne dose de rouerie ; et James Corden en expert d’assurance, sorte de membre – malgré lui – de la famille Ocean.

Quoi qu’il en soit, à 8 (2), elles sont tout de même beaucoup plus efficaces que les 11, 12 ou 3 ci-dessus mentionnés.

 

Et tout comme chez Soderbergh, nous avons droit à une sorte de basculement final qui permet de remplir les éventuels trous du plan (ou/et du scénario).

On s’amuse beaucoup de ce casse très habile, mais on peut tout de même faire quelques reproches à ce côté déjà vu qui baigne toute l’opération.

Et heureusement pour nous, les différentes interprètes sont à la hauteur, et qui plus est très jolies, ce qui ne gâte rien.

 

Tout de même.

On a du mal à accepter que Danny Ocean soit mort à 53 ans…

 

 

  1. Qui produit le film.
  2. Cherchez-là.

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