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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Mulligan, #Robert Duvall
Du Silence et des ombres (To kill a Mockingbird - Robert Mulligan, 1962)

 

Maycomb, Alabama, début des années 1930 (1932 ?)

C’est l’été pour Scout (Mary Badham) et Jem (Phillip Alford) et leur petit voisin Dill (John Megna), et la maison des Radley, un peu plus loin est leur centre d’intérêt. Il faut dire que le fils de la maison, Arthur, est un personnage intriguant. On dit – enfin surtout cette commère de Stephanie (Alice Ghostley) – qu’il aurait poignardé son père pavec des ciseaux et que s’il n’était pas à l’asile, c’est que ce même père (Richard Hale) refuse d’envoyer un Radley chez les fous.

Et puis il y a Tom Robinson (Brock Peters). C’est un jeune homme noir qui est accusé de viol avec violence sur une jeune femme blanche. Pour le défendre, parce qu’il faut bien que quelqu’un s’en charge, le juge (Paul Fix) désigne Atticus Finch (Gregory Peck), le père de Scout & Jem.

Et le procès arrive…

 

Bien entendu, c’est avant tout un extraordinaire roman, celui de Harper Lee, où elle raconte à moitié son enfance, avec ce voisin qui n’est autre que Truman Capote, et le Sud ségrégationniste. Et là encore, Robert Mulligan et surtout Horton Foot (le scénariste) ont dû faire des choix pour cette adaptation. Même si nous parlons ici avant tout d’un film, on ne peut que reconnaître qu’il s’agit d’une très bonne adaptation de ce roman devenu (rapidement) un classique de la littérature américaine.

Tout comme dans le livre, l’intrigue est racontée à hauteur d’enfant, essentiellement du point de vue de Scout (Jean Louise,en vrai), avec ses excès, bien sûr,mais aussi ses interrogations et ses incompréhensions. Mais à chaque fois, ou presque, Atticus est là pour les rassurer, voire pour rendre la vie un (tout) petit peu plus facile.

 

Non seulement Robert Mulligan a réalisé une belle adaptation, mais les deux enfants – dont c’est la première apparition – jouent avec la justesse qu’il faut, animant ces deux personnages de papier avec beaucoup de brio. Là encore, nous avons véritablement un film d’enfants, comme chez Spielberg, ou Yves Robert (La Guerre des boutons). Des enfants libres, mais qui ont tout de même une ligne de conduite inspirée et surtout dirigée par Atticus, père veuf dont la femme est partie beaucoup trop tôt.

Mais surtout Mulligan décrit avec beaucoup de justesse cet état (& Etat) ségrégationniste, où les Blancs restent entre Blancs et les noirs entre Noirs, mais hors de la ville (1).

Les charges retenues contre Tom Robinson sont encore une fois celles de viol (et violence) d’un Noir sur une Blanche. C’est souvent le cas dans ce genre de film judiciaire qui traite de cela. Et cette fois-ci, Tom Robinson a la chance d’avoir un procès : dans They won’t forget (Mervyn LeRoy, 1937), Tump Redwine n’aura pas cette même chance.

Ce procès est une autre occasion de voir un élément de cette ségrégation sudiste : les Blancs sont tous dans le prétoire alors que les Noirs sont remisés en haut. Et de la même façon, ils sont les derniers à sortir. Certes, ils attendent qu’Atticus s’en aillent, mais cela permet d’éviter le mélange.

 

Si les enfants sont le centre de ce film, Gregory Peck exécute ici une de ses plus belles performances, incarnant l’un des personnages les plus humains du cinéma. Et d’une certaine façon, il y a une dimension christique chez cet homme : comme Jésus, en défendant Tom, il prend le péché de la petite ville, et c’est Maudie (Rosemary Murphy) qui l’exprime le mieux, devant la déception de Jem.

De plus, il est la véritable lumière qui luit dans les ténèbres (arriérées) ce cette petite ville du Sud, foncièrement raciste. Et Mulligan ne s’y trompe pas en le filmant dans la lumière alors que les partisans de la loi de Lynch viennent régler son sort à Tom Robinson : tous ces excités viennent des ténèbres et y retournent, quand ils ont compris l’inanité de leur démarche.

Il y a même tellement d’humanité chez Atticus que même ses enfants sont à peine gourmandés par lui : Calpurnia, bien que seulement domestique, exerce une autorité plus forte et plus physique sur les deux enfants. Alors oui, Les deux petit Finch sortent en cachette le soir, et font des bêtises. Mais ce n’est jamais dans de grandes proportions. Voire, leur sortie nocturne peut avoir de bons côtés…

Sauf quand il s’agit d’aller épier chez les Radley !

 

Bref, il s’agit – et pas seulement à mon avis – d’un film indispensable, dirigé avec beaucoup de talent et une interprétation à la hauteur de l’enjeu : n’oublions pas qu’en 1962, le combat pour les Droits Civiques prend de plus en plus d’importance (le pasteur King n’exprimera son rêve que l’année suivante) et qu’il faudra attendre encore deux ans avant que le Civil Rights Act soit (enfin) promulgué (2 juillet 1964).

Et la plaidoirie d’Atticus est un très grand moment de cinéma, et bien sûr d’émotion.

 

PS : on notera l’apparition d’un jeune acteur (il a alors 32 ans) dans un rôle muet mais décisif : Robert Duvall. Sa rencontre avec Scout conclut avec beaucoup de bonheur ce film, et justifie à elle seule le titre original. (2)

 

  1. Atticus doit prendre sa voiture pour aller voir la femme de Tom, ou raccompagner Calpurnia (Estelle Evans).
  2. Passons sur le

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Jan de Bont, #Bill Paxton
Twister (Jan de Bont, 1996)

1996.
C'était le temps où les effets spéciaux numériques étaient encore balbutiants. Tellement que l'intrigue était mise de côté pour le spectacle (Indepedance Day, Deep Impact...). Mais heureusement, il restait des films spectaculaires qui avaient du sens, voire de l'humour (Mars Attacks!).
Et Twister fait partie de cette deuxième catégorie: des effets spéciaux à couper le souffle au service d'une intrigue intéressante, avec en prime quelques petites pointes d'humour. Bref, un film.

Bill Harding (Bill Paxton), spécialiste des tornades (en anglais twister), est en train de changer de vie: il va épouser une nouvelle femme, Melissa (Jami Gertz), et a décroché un contrat pour présenter la météo sur une grande chaîne de télévision. Mais il a besoin de réaliser une dernière petite formalité: récupérer les papiers du divorce - signés - auprès de sa future ex-femme, Jo (Helen Hunt), elle aussi spécialiste des ouragans et autres vents plus que forts.
Une fois sur place, il se rend compte qu'elle a fait avancer leur projet commun d'étude des tornades au-delà de ses espérances.
Et comme un tempête phénoménale approche...

Pour son deuxième film – sur un total de cinq – en tant que réalisateur, Jan de Bont nous gratifie à nouveau d'un film spectaculaire, utilisant à bon escient la technologie, abordant un autre genre du film catastrophe, la tempête. Nous sommes, bien sûr, très loin du Kansas de Dorothy (1), non pas pour la force de la tempête, mais bien pour les effets sur les humains et les objets, et surtout, nous ne trouvons pas les incohérences relevées dans Hurricane (Rob Cohen, 2018). Jan de Bont, réitère l’exploit de Speed (1994) et nous emmène au plus près de l’ouragan avec, encore une fois, un couple qui doit se éparer mais n’y arrive pas.

Non, je ne révèle pas la fin du film : si Jami Gertz est très séduisante, elle ne peut pas faire le poids face à Helen Hunt ! Surtout que le personnage qu’interprète HH, est autrement plus intéressant.

 

C’est d’ailleurs elle le personnage central de cette intrigue. Et Michael Crichton (au scénario) l’a gâtée : c’est elle qui est à l’origine de l’évolution de la recherche depuis que Bill est parti (2) et surtout de la présence des nouvelles machines.

Et encore une fois, Helen Hunt campe magnifiquement son personnage qui, à l’instar de Sandra Bullock dans le film précédent de Bont possède une grande force. Elle complète très bien le personnage de Bill Paxton, lui aussi impeccable.

Alors oui, Jami Gertz est un personnage plus lisse qui a tendance à s’effacer voire se retirer devant l’activité de son ex-futur mari : plus qu’un métier, c’est une passion dévorante – et dangereuse – qu’elle n’est pas prête à partager. Pas étonnant donc que Jo & Bill restent ensemble à la fin. Et là encore, ce n’est tout de même pas le plus important.

 

Le plus important, c’est bien sûr les tempêtes qui se suivent – et ne se ressemblent pas, bien entendu – qui sont chassées par Jo & Bill mais pas en tant qu’ennemies ou nuisibles. Il y a une admiration pour ces phénomènes climatiques extrêmes qu’on ne retrouve pas dans l’autre personnage (presque) important de cette histoire, Jonas (Car « Wesley » Elwes). Et ceci pour une très bonne raison : Jonas est le méchant de l’intrigue. C’est un ancien coéquipier des deux autres, mais on peut dire qu’il a mal tourné. Quoi qu’il en soit, c’est avant tout un concurrent dans l’étude des ouragans, plutôt qu’un affreux. D’ailleurs, on ne le suit ni ne le rencontre pas beaucoup. Et le film n’a pas vraiment besoin d’un méchant pour être réussi.

Alors attachez-vous bien à votre fauteuil, et si vous êtes perspicace, vous reconnaîtrez du premier coup Philip Seymour Hoffman : il ales cheveux longs !

 

  1. On y fait tout de même référence…
  2. Si c’était le contraire, Jo n’aurait pas la même équipe autour d’elle. De toute façon, e n’est pas très important.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Braquage, #Western, #Walter Hill
Extreme Prejudice (Walter Hill, 1987)

Vous prenez l’Agence-Tout-Risque (The A-Team, pour les puristes), vous y ajoutez une dose de Horde sauvage (The wild Bunch, pour les mêmes) et vous obtenez un film d’action spectaculaire… Mais pas que.

Nous sommes bien d’accord pour dire que les personnages de Walter Hill ne font pas dans la dentelle, mais on peut reconnaître une dimension – largement exploitée par Hollywood & les autres à propos de l’amitié entre un flic et un truand, mais à cela s’ajoute un trafic de drogue,  une situation frontalière et le commando d’ombres qui tiennent leurs promesses.

Mais reprenons.

 

Six hommes, emmenés par le commandant Hackett (Michael « Revok » Ironside), débarquent dans la petite ville (frontalière, donc) du shérif Hank Pearson (Rip « Z » Torn). Leur objectif : faire tomber le caïd de la drogue local, Cash Bailey (Powers Boothe). Un autre homme aimerait mettre un terme à ce trafic qui corrompt la petite ville : le Texas Ranger Jack Benteen (Nick Nolte), qui en plus considère le shérif comme son second père.

Le problème, pour Benteen), c’est que Cash Bailey est son ami de toujours, avec qui il a grandi et vécu ses premières expériences…

Avec en prime, une femme : Sarita (María Conchita Bustill). En plus d’être belle, elle fut la compagne de Cash avant d’être celle de Jack…

 

Walter Hill retrouve Nick Nolte, encore une fois policier, mais bien éloigné de celui de 48 heures : Jack est soigné, porte un chapeau qui semble vissé à sa tête, et a des remords quand il tue quelqu’un qui a mal tourné. Bref, nous sommes bien loin de l’autre Jack, Cates. Il rappelle un peu Guinn « Big Boy » Williams, autre acteur d’allure similaire.

Mais ce qui ressort de ce film, c’est un mélange heureux de plusieurs genres.

Le film policier bien évidemment, puisque l’intrigue tourne avant tout autour du trafic de Bailey et de son opposition avec la police.

A cela s’ajoute un aspect braquage de banque – avec la technologie un tantinet dépassée, bien entendu, de la fin des années 80 – orchestré par cette équipe de d’agents très spéciaux composée de gens décédés lors de conflits antérieurs (Vietnam, Honduras…). Leur présentation ouvre d’ailleurs le film, remettant en cause l’affiche du film : où est Nick Nolte ?

Et ces soldats de fortune, comme on pourrait les appeler n’ont pas les mêmes attributs que leurs cousins de l’Agence citée plus haut, ni, bien entendu, l’humour.

 

Troisième genre, et certainement pas le moindre à mon avis, le western.

L’allure de Benteen est, du fait de son statut, celle d’un cow-boy traditionnel pour qui la voiture a remplacé le cheval, mais l’arme – un pistolet avec plus que six balles dans le chargeur, il faut vivre avec son temps – à portée de main, sur le côté. EDE plus, nous retrouvons des paysages semi désertiques (Mexique & Texas) séparés par le mythique Rio Grande qui sont aussi le décor de fusillades nourries et très meurtrières.

Et bien sûr, le duel final entre les deux « frères ennemis » dont l’issue – inévitable – n’est pas si prévisible que ça : disons qu’on n’est plus chez Ford ou Hawks (etc.). De plus, le fait que ce règlement de comptes se situe au Mexique accentue la référence au film de Peckinpah (voir ci-dessus).

 

Alors avec tout ça, en plus d’une distribution fort honorable – il y a en plus Clancy « Kurgan » Brown (sergent McRose), mon préféré dans le commando – Hill réalise un film très honnête qui mérite franchement de s’y arrêter.

Et, bien sûr, d’y revenir !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Erich von Stroheim
La Loi des montagnes (Blind Husbands - Erich von Stroheim, 1919)

Le docteur Armstrong (Sam De Grasse) retourne avec son épouse (Francelia Billington) à Cortina, au pied du Pinacle (Dolomites) pur y retrouver son ami Sepp (Gibson Gowland), le guide qu’il avait sauvé lors d’une expédition précédente. Mais s’y rend aussi le lieutenant von Steuben (Erich von Stroheim), dont les seuls intérêts sont le vin, les chansons, et bien sûr les femmes !

Et comme le Dr. Armstrong est ^lus intéressé par le lieu que par sa femme, cela laisse les coudées franches au jeune lieutenant qui fait une cour insistante et sans vergogne auprès de la jolie madame Armstrong : baratin, petits cadeaux et lettre enflammée…

Et au contraire du guide taciturne, le docteur semble ne rien voir (1)…

 

Ca y est !

Erich (von) Stroheim est passé derrière la caméra ! Lui qui a été un petit figurant et conseiller technique (militaire) auprès de Griffith avant d’interpréter les « sales Boches » pendant deux ans (Hearts of Humanity…), a enfin l’occasion d’offrir au monde (rien de moins) sa vison cinématographique. « Uncle » Carl Laemmle, grand patron des studios Universal  lui a donné sa chance, pour notre plus grand bonheur ainsi que celui de son service financier.

Il faut dire qu’avec le maître, Stroheim a été à bonne école, et son film est magnifique d’un point de vue cinématographique. Certes, l’intrigue est un tantinet convenue, voire prévisible, mais elle nous permet d’apprécier à sa juste valeur le talent de ce grand personnage qu’était le réalisateur.

 

Bien entendu, son rôle de méchant lui reste collé à la peau et von Steuben n’est pas beaucoup plus évolué que les « sales Boches » qu’il a pu interpréter plus tôt. Mais comme nous sommes en temps de paix, Steuben a quelques manières guindées qui en font son charme… Somme toute limité : « chassez le naturel… »

Steuben déjà, est un militaire et on retrouve la silhouette stricte que nous connaissons et qui hantera les films dans lesquels il va apparaître après (La grande Illusion, bien sûr), avec ce qu’il faut de caricatural pour aider (un tout petit peu) à nous le faire détester (2) : cigarette (sur cigarette), monocle, raideur… Mais à cela s’ajoute un aspect de séducteur irrésistible (qu’il pense être).

Bref, tout est là : il est le méchant patenté de cette histoire.

 

Mais malgré cette histoire de cornard annoncée, Stroheim nous prévient dès le début que si l’attitude du séducteur est répréhensible, celle du mari aveugle n’est pas à négliger : et Stroheim émaille la première partie de son film de petits détails (sa patte) pour étayer son propos : Mrs. Armstrong est délaissée et même la jeune mariée (Valérie Germonprez, future Mme Stroheim) demande à son tout nouveau conjoint (Jack Perrin) de ne jamais la traiter ainsi. Pire : Armstrong doit participer à une expédition de sauvetage et demande à Steuben de s’occuper de sa femme pendant ce temps !

 

Bien sûr, le mari va ouvrir les yeux, et il ne faut pas être devin pour imaginer l’issue fatale pour le vil séducteur. Mais là encore, Stroheim glisse quelques (petits) détails très pertinents pour nourrir son intrigue :

  • Le couteau avec lequel Steuben voulait poignarder Armstrong va servir à les désencorder. Et c’est le docteur qui va couper – physiquement – le lien qui les réunissait, abandonnant le lieutenant à son sort au sommet du Pinacle ;
  • L’ombre qui apparaît sporadiquement sur le sol de ce même sommet est celle d’un oiseau de proie – un charognard – qui attend en tournant l’issue probable (et inévitable).

Le tout tourné dans un vrai décor de montagne (en Italie), afin d’accentuer le réalisme de cette histoire.

 

Et même si Stroheim n’a pas été convié au montage – déjà écarté ! – son film n’en demeure pas moins d’une très grande qualité : un grand cinéaste est né !

Malheureusement, sa personnalité ne va pas l’aider à réaliser tout ce qu’il aurait pu entreprendre.

Mais ceci est une autre histoire.

 

PS : Outre la rupture déjà évoquée ci-dessus, la première rencontre entre Steuben et Sepp est assez remarquable. A chaque fois nous avons un effet de caméra subjective qui se déroule comme un aller-retour complet. En effet, Steuben – le plus petit des deux – regarde Sepp des pieds à la tête alors que Sepp le fait de la tête aux pieds. La caméra monte puis redescend, accentuant alors les sentiments que peuvent exprimer ces deux personnages l’un de l’autre, une certaine animosité inévitable : d’un côté le mépris pour cet homme de basse extraction doublé de crainte du fait de sa stature ; de l’autre un mépris inconscient pour un homme qu’il sent animé de desseins peu ragoûtants.

 

  1. D’où le titre original : « Maris aveugles ».
  2. « The man you loved to hate » (l’homme qu’on aimait haïr) était le slogan qu’on lui appliquait…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Roger Spottiswoode, #Ed Harris
Under Fire (Roger Spottiswood, 1983)

 

Juillet 1979 : Anastasio Somoza Debayle (René Enriquez), qui dirige alors le Nicaragua, fuit avec les dépouilles de son père et son frère.

Et avant ?

Avant, c’est un régime corrompu dirigé par le personnage sus cité, et, bien tendu, soutenu par les Etats-Unis.

Mais si Somoza a quitté le pays, c’est avant tout parce que son régime a franchi la ligne rouge : la Guardia (milice d’état) a abattu froidement le journaliste Alex Grazier (Gene Hackman) sous les yeux – et l’objectif – de son ami Russell Price (Nick Nolte). Ses clichés sont arrivés à Washington et précipité la chute du dictateur : il n’était plus question de soutenir un tel régime…

 

Il s’agit ici seulement du troisième film de Roger Spottiswood, et ce que l’on peut dire sans hésitation : bravo ! C’est un film courageux comme (seuls ?) savent les faire les Américains, dénonçant en plus d’une situation injuste, une participation (ô combien controversée) de leur pays dans un conflit qui leur est théoriquement étranger. Mais nous sommes en 1979 pour l’intrigue et 1983 pour la sortie, et la Guerre Froide n’est pas encore terminée, comme ce sera mentionné dans le film. Les Américains, par l’intermédiaire du trouble Oates (Ed Harris), sont sur place et orchestrent la répression contre une rébellion juste et promise inexorablement à la victoire.

 

C’est donc dans ce contexte que Russell Price débarque, après avoir couvert les événements du Tchad – ce qui lui valut la couverture de Life (1). Et cette fois-ci, c’est un tantinet plus sérieux, puisque c’est une véritable situation de siège dont il est ici question.

Bien entendu, Price penche plutôt du côté des rebelles – naturellement – mais sa position de journaliste lui commande de rester neutre. Difficile dans un pays à feu et à sang gouverné par un dictateur sanguinaire. Qui en plus de la CIA, peut compter sur un personnage trouble : Marcel Jazy (Jean-Louis Trintignant). Ce quidam n’est jamais clair jusqu’à ce que Price découvre véritablement son rôle dans tous ces événements. C’est un jusqu’au-boutiste dangereux qu’une seule chose peut arrêter : une balle dans la tête.

 

Et Price, au milieu de tout ça se retrouve utilisé par les deux camps (et les Etats-Unis, ce qui en fait un troisième !) en fonction de la tendance du moment, mais surtout des enjeux politiques. Bref, une situation intenable pour un journaliste digne de ce nom.

Jusqu’à un certain point : quand il s’agit de sa propre survie, le choix devient tout d’un coup plus facile.

Et Nick Nolte campe avec brio et conviction ce photoreporter qui se retrouve à chaque occasion en première ligne, risquant continuellement sa vie : entre les balles perdues (pas pour tout le monde) et la milice du régime en place, cela ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre.

Et Spottiswood film avec beaucoup d’à propos cette intrigue politique, suivant essentiellement Price, mais aussi Claire (Joanna Cassidy), ex-femme de Grazier maintenant avec son ami, qui essaient tant bien que mal de survivre, un brin écoeurés par le jeu – dangereux – que joue leur propre pays.

 

Bref, c’est un grand film que nous offre ici Roger Spottiswood, alliant maîtrise technique et dénonciation politique, à tel point qu’on en retrouvera un écho – plus tragique – dans le Salvador d’Oliver Stone trois ans plus tard : même année, et toujours cette Amérique Centrale dont l’enjeu stratégique (?) justifie les pires exactions – des locaux comme des Gringos – au nom de la protection contre le Communisme !

Non seulement on suit avec beaucoup d’intérêt cette fuite en avant – avec des objectifs différents en fonction des différents protagonistes – mais surtout on apprécie beaucoup la reconstitution de ce conflit, avec en prime un clin d’œil – plus qu’appuyé – à Ernesto « Che » Guevara…

 

  1. On notera avec amusement la présence d’éléphants d’Inde (aux petites oreilles)…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Stanley Kramer
Devine qui vient dîner (guess who's coming to dinner - Stanley Kramer, 1967)

San Francisco, Californie.

Joanna « Joey » Drayton (Katharine Houghton) revient de Hawaï. Elle y retrouve ses parents, pour leur annoncer une grande nouvelle : elle va se marier. Avec le docteur John Wade Prentice (Sidney Poitier).

Rien de bien extraordinaire là-dedans, me direz-vous. Alors première précision : John Prentice est noir. Et en 1967, quand le film est tourné, il existe encore 16 états pour lesquels un mariage mixte est illégal (1).

Alors évidemment, quand Christina (Katharine Hepburn) et Matt Drayton (Spencer Tracy) découvrent ce jeune homme, c’est le choc. C’est aussi le choc pour les parents de John, Mr. & Mrs. Prentice (Roy E. Glenn & Beah Richards).

Mais la plus choquée de touts, c’est Tillie (Isabel Sanford), la servante noire des Drayton (depuis 22 ans !).

 

Quand le film sort, voilà déjà quatre ans que Martin Luther King (cité dans le film) a raconté son Rêve, et trois ans qu’il a reçu son prix Nobel de la paix. Mais comme le montrent les réactions (premières) des quatre parents, rien n’est encore gagné. En effet, même si les Drayton sont des gens ouverts et engagés pour les Droits civiques, on sent bien que cette mixité « c’est pour les autres ». Et si Christina surmonte rapidement ce coup du sort, il n’en va pas de même pour Matt : il est déjà difficile pour un père de se séparer de sa fille (2), mais en plus, comme dirait Muriel Robin, il est noir !

Mais qu’on ne s’y trompe pas : les objections de Matt ne sont pas d’ordre racial, mais plutôt fondées sur les difficultés – réelles – engendrées par une telle union : regard des autres, discrimination, haine… Ce sont d’ailleurs les mêmes arguments, autrement exprimés, qui agitent le père de John.

 

Et comme nous sommes dans une comédie, il est important que tout se termine bien, et que l’Amour triomphe. C’est donc le cas ici, et cette fin heureuse est longue à arriver. Et ce sont les personnages les plus forts qui vont dénouer la situation : les deux amoureux tout d’abord, parce que c’est tout de même leur décision, mais aussi les deux mères qui vont, inconsciemment, unir leurs efforts pour aider les jeunes gens. Et cela de manière très différente :

  • Christina en privilégiant le bonheur de sa fille, allant jusqu’à menacer (implicitement) son mari ;
  • Beah en parlant avec ce même mari : elle avance les mêmes arguments mais autrement, devenant alors l’élément du Destin.

Et ce dernier élément est absolument pertinent dans cette intrigue ô combien classique : Kramer respecte pleinement la règle des trois unités :

  • Unité de lieu : tout se passe à San Francisco ;
  • Unité de temps : entre l’arrivée d’Hawaï et le début du dîner, quelques heures (moins d’une demi-journée) se sont écoulées ;
  • Unité d’action : tout tourne autour de ce mariage à venir : même la « sortie » au drive-in est motivée par ce qu’il s’est passé auparavant !

Alors cette intervention fatale (3), qui fait pencher l’intrigue vers une fin heureuse, a pleinement sa place ici : rappelez-vous les pièces Molière où un élément amenait irrémédiablement une issue heureuse.

 

Si aujourd’hui cette histoire ne choque plus beaucoup – il y a encore tout de même d’irréductibles racistes – tout du moins autant que lors de sa sortie, on peut se poser la question suivante : pour combien de temps ?

En effet, au vu de l’actualité (pas seulement américaine), et de la montée en puissance des extrêmes, les mariages mixtes sont-ils véritablement pérennes ?

Espérons que oui.La Cour Suprême des Etats-Unis a aboli cette interdiction le 12 juin de cette année-là : Spencer Tracy est mort le 10 (17 jours après la fin du tournage).

 

 

  1. On notera l’ironie du rôle de Spencer Tracy : c’est déjà lui qui, en 1950, est « le père de la mariée » dans le film éponyme, où son personnage se demande si l’homme que va épouser sa fille est le bon…
  2. Du latin fatum, i : destin, fatalité (cf. Dictionnaire Gaffiot, p. 656)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Justice, #Clint Eastwood
Le Juré n° 2 (Juror #2 - Clint Eastwood, 2024)

Justin Kemp (Nicholas Hoult) est un homme heureux : il est marié à la belle Allison « Ally » Crewson (Zoe Deutch), et ils attendent un heureux événement. Seule (toute) petite ombre au tableau : Justin doit se présenter au tribunal pour participer à un jury, s'il est retenu. La procureure Faith Killebrew (Toni Collette) et l'avocat de la défense Eric Resnick (Chris Messina) le choisissent.

Mais c'est un procès presque pour la forme : un jeune homme, James Michael Sythe (Gabriel Basso) a « sauvagement » tué sa petite amie Kendall « Kenny »  Carter (Francesca Eastwood, la fille de) et l'a versé dans le lit d'un ruisseau après s'être rouspété un peu plus tôt.

Quand le procès commence et que les magistrats exposent les circonstances de la mort de la jeune femme, Justin sent monter en lui un malaise : ce jour-là, il a heurté ce qu'il croyait être un cerf. Sauf que ce n'était pas un cerf.

C'était bien Kendall Carter, la jeune femme dont il est question...

 

Deux films nous viennent en tête quand on visionne ce dernier opus eastwoodien :

- Le septième Juré (Georges Lautner, 1962), tout d'abord : tout comme Grégoire Duval (Bernard Blier), Justin Kemp est sûr de l'innocence de Sythe. Et pour cause ! Mais alors que Duval avait tué la jeune femme pour la faire taire, il s'agit ici d'un accident. Par contre, aux Etats-Unis, le jury n'a pas droit à la parole.

- 12 Hommes en colère (Sidney Lumet, 1957), ensuite, quand le jury se réunit : à l'instar du personnage interprété par Henry Fonda (juré n° 8), le personnage de Nicholas Hoult (juré n° 2) demande qu'on prenne le temps de discuter du cas de cet homme. A nouveau, il va retourner d'autres membres du jury.

Malgré tout, malgré quelques « emprunts  plus ou moins conscients (1), Clint Eastwood se démarque très rapidement des deux autres films pour donner une autre dimension : le dilemme d'un homme qui sait qu'il a tué un être humain et qui ne dit (2) rien. Et cette « tempête dans un crâne » donne tout son intérêt au film, amenant une situation inextricable pour Justin.

 

Mais, me direz-vous, pourquoi ne se dénonce-t-il pas ? Parce qu'il est piégé. Il aurait fallu l'annoncer tout de suite, mais comme il pensait sincèrement qu'il avait heurté un animal, il est rentré chez lui, a fait réparer sa voiture et est passé à autre chose. Alors pourquoi quand il a compris l'enjeu du procès n'a-t-il là encore rien dit ? Il a autrefois souffert d'alcoolisme et participe toujours à un groupe de parole dirigé par Larry (Kiefer Sutherland, qui réalise là un de ses rêves : tourner avec Eastwood). Et le jour de l'accident, il revenait d'un bar : on conclura (trop) facilement qu'il était épris de boisson et s'est enfui à cause de cla, ce qui est une circonstance on ne peut plus aggravante.

 

Et Clint Eastwood prend son temps pour nous raconter cette histoire bien singulière.

Il en profite – à son tour – pour nous présenter le système judiciaire américain, vu cette fois-ci à travers l’œil d’un juré, en l’occurrence le n° 2. C’est très souvent à l’aide d’une caméra subjective qu’il montre le rôle des différents avocats (accusation & attaque), que ce soit lors de la désignation ou pendant le procès en lui-même. Et à la différence des films judiciaires habituels, il ne cesse d’utiliser un chassé-croisé entre les deux avocats : si Resnick avance un élément pour disculper son client, Killebrew en avance un identique pour l’enfoncer ; quand Killebrew plaide et argumente la culpabilité de Sythe, Resnickva donner une autre signification à ce qu’elle a voulu dire. Tout comme pour la désignation des témoins, c’est un jeu de ping-pong entre ces deux ténors du barreau.

Et comme au ping-pong, quelqu’un gagnera et quelqu’un perdra.

 

Si le film est avant tout le procès de John  Sythe, pour le spectateur que nous sommes, c’est aussi le procès du véritable coupable (accidentel). En effet, pendant que tous les membres du jury écoutent (religieusement ?) les débats, nous suivons celui qui se passe dans la tête de Justin : dans quelle(s) circonstance(s) véritable(s) s’est passé l’accident.

Et bien sûr, ces circonstances sont atténuantes – pour nous – mais comme expliqué plus tôt, il n’est lui pas possible d’en parler sans être sûr de se retrouver à la place de Sythe, voire à l’ombre pour un temps indéfini.

 

Alors, et puisque nous sommes dans un film américain, difficile d’exprimer une quelconque rédemption. Justin doit expier sa faute et il le sait très bien. Mais au vu des circonstances de ce procès et de sa révélation, il va être difficile d’y parvenir intact.

Alors, aura-t-il son expiation ? Oui.

Va-t-il se dénoncer ? Va-t-il sauver la tête de Sythe ? Autre chose ?

Je vous laisse découvrir…

 

(1)   La place qu'occupe Justin est la même que celle du n° 8 (Lumet) ; le jury qui se rend sur place pour voir le lieu du crime (Lautner), etc.

(2)   Le verbe dire a la même forme au présent et au passé simple de l'indicatif...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Yahoo Serious
Einstein Junior (Young Einstein - Yahoo Serious, 1988)

Ca commence fort : « A SERIOUS FILM (1) » peut-on lire en introduction. Sauf que Serious, c’est ici avant tout le nom du réalisateur !

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le film est tout sauf sérieux !

Alors, oubliez tout ce que vous savez sur Albert Einstein (Yahoo Serious, ici) et laissez-vous emporter par la vague Serious (2) – de son vrai nom Greg Gomez Pead – mais n’oubliez pas tout de même que la formule du vrai Albert est le déclencheur de tout ce qui va se passer dans le film.

 

1905

Albert Einstein est ici un habitant de Tasmanie dont le trésor familial consiste en une brasserie qui fait de la bière… Sans bulle ! Il ne voit qu’une solution pour remédier à ce problème : la fission atomique. Il va donc couper un atome de bière en deux ! Avec le résultat attendu : une véritable bombe. Mais la bière a tout de même des bulles !

Avec sa formule, non seulement il aura fait évoluer le sort des buveurs de bière, mais il aura aussi réussi à inventer le premier instrument électrique, son violon !

 

Bref, c’est un personnage absolument foutraque qui nous est donc proposé, vérifiant le postulat essentiel du septième art : au cinéma tout est possible !

Entre un Einstein né en Australie, une Marie Curie (Odile Le Clezio) en stage dans ce même pays, et la présence de Charles Darwin (Basil Clarke) alors qu’il est mort en 1882 (!), c’est un véritable fourre-tout scientifique auquel nous assistons.

Avec en prime quelques éléments détournés : le chat de Schrödinger, le Beagles de Darwin, ainsi que le riff de Satisfaction (I can’t get no)

 

Et Serious s’amuse, développant donc une intrigue absolument improbable, et nous emmène avec lui dans cette épopée scientifique pour de rire.

Ca marche : on s’amuse beaucoup, mais on se dit tout de même que malgré son pseudonyme, le cinéma de ce réalisateur ne l’est pas beaucoup.

Qu’importe : on rit. Et il n’y a rien de plus difficile que de faire rire.

Alors profitons !

 

  1. « Un film sérieux »
  2. C‘est aussi un surfer !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Christophe Gans
Le Pacte des loups (Christophe Gans, 2001)

 

Entre 1764 et 1767, plus d’une centaine de personnes sont tuées par un animal mystérieux :
la Bête du Gévaudan.

Il faudra donc trois ans pour que cette bête soit mise hors d’état de nuire, et ce malgré l’intervention d’un chasseur royal (Johan Leysen) qui revint à Versailles avec un trophée.

Mais était-ce vraiment un loup comme on a voulu le (faire) croire ?

N’y avait-il pas quelque intervention humaine, sinon merveilleuse derrière cette menace mortelle ?

C’est ce que pense le chevalier de Fronsac (Samuel Le Bihan), naturaliste venu étudier ce phénomène.

Mais cette étude, et surtout cette personne a l’air de gêner l’aristocratie locale…

 

Du sang, du sexe, de la violence, un peu de mysticisme, du fantastique… Tout est là pour le spectateur, sans oublier une distribution à la hauteur de l’enjeu, mêlant nouvelle et anciennes générations. Somptueux.

Et Christophe Gans nous renvoie près de deux cent cinquante ans en arrière, sous Louis XV, vingt-cinq ans avant la fin de cet ancien régime. C’est d’ailleurs l’un des protagonistes qui nous accompagne dans cette histoire, le marquis Thomas d’Apcher (Jacques Perrin – vieux – et Jérémie Renier – jeune).

Et quelle histoire !

 

On y retrouve quelques éléments historiques, bien sûr, voire des personnages ayant réellement existé (Morangias au lieu de Morangiès, Apcher au lieu d’Apchier…) et surtout une explication un tantinet occulte – on ne parlait pas encore autant de complotisme – qui s’explique de deux façons :

  • certains historiens ont avancé que cette bête était commandée par quelque(s) puissant(s) de la région ;
  • au cinéma, (presque) tout est permis !

Et rien ne nous est épargné dans cette intrigue qui voit même apparaître un véritable Indien d’Amérique (Mark Dacascos) spécialiste de la lutte au corps à corps (1).

Qu’importe : le spectacle est là, il y a de quoi se réjouir.

 

D’autant plus que Gans prend son temps pour monter son intrigue, faisant intervenir des personnages qui auront leur importance. Et en particulier Sylvia (Monica Bellucci), la superbe fille de joie…

Mais ce film est avant tout une série de faux-semblants où les personnages – hormis Fronsac et ceux qui sont avec lui – ne sont pas vraiment ceux qu’ils veulent faire paraître.

Et par contre, la mort de Fronsac – empoisonnement par le geôlier (François Hadji-Lazaro) ne nous trompe pas : on ne veut tout d’abord pas y croire – comme Marianne (Emilie Dequenne) – et puis de toute façon, il reste encore du temps avant la fin du film !

 

Bref, on est rapidement séduit par cette histoire dans l’Histoire, même si l’usage répété du bullet time peut lasser (c’est mon cas).

Quoi qu’il en soit, on suit avec beaucoup d’intérêt les ramifications de ce complot, en reconnaissant tel acteur ou telle actrice, au détour d’un plan.

 

Un régal.

 

  1. Un petit peu trop d’ailleurs : Dacascos est un véritable spécialiste des arts martiaux, peu en adéquation avec les méthodes de l’époque. Mais encore une fois, nous sommes au cinéma.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #T. Hayes Hunter
Le Fantôme vivant (The Ghoul - T. Hayes Hunter, 1933)

 

Le professeur Morlant (Boris Karloff) est mourant. Il a tout préparé& pour son passage dans un autre monde. A moins que ce soit un retour dans celui-ci : converti au culte des dieux de l’Egypte ancienne, il compte revenir à la pleine lune.

Mais ses héritiers, Ralph Morlant (Anthony Bushell) et Betty Harlon (Dorothy Hyson) sont deux variables qui n’étaient pas prévues pour ce retour. De même que son notaire, Broughton (Cedric « Séthi » Hardwicke), le pasteur Hartley (Ralph Richardson) ou encore l’Egyptien Aga Ben Dragore (Harold Huth)…

Bref, Morlant ne peut pas ressusciter en paix…

 

La vague d’épouvante a donc déferlé sur la vieille Angleterre, et qui mieux que Boris Karloff pouvait participer cela ? Et à nouveau, il interprète un personnage maléfique mâtiné de surnaturel. Bien sûr, on pense à La Momie qui est sortie l’année précédente,  pour l’aspect égyptien de l’intrigue, mais c’est surtout – encore une fois – son maquillage qui nous impressionne. Karloff était le digne héritier de Lon Chaney, et le maquillage de Morlant est dans la lignée de ceux du maître : un visage défiguré par le feu ou l’acide (les deux ?), et des yeux qui n’ont plus grand-chose d’humain. Un autre monstre !

 

Mais Karloff se fait désirer et n’apparaît pas tant que ça au final, les autres personnages prenant le contrôle de l’intrigue, le reléguant au second plan. Par contre, quand il est là, on en profite à fond, tant son personnage est aussi mauvais intérieurement qu’il est laid extérieurement.

Mais il n’est pas le seul : presque tous les protagonistes ont une part sombre : seuls Betty et Ralph y échappent. Il faut bien quelques personnages positifs.

Et puis il y a Kaney (Kathleen Harrison).

 

Rarement un personnage n’aura porté le qualificatif de soulagement comique (1). Ce n’est pas son action – déterminante, pourtant – qu’on retient de sa performance mais bien sûr les différentes situations amusantes qu’elle développe à son insu.

Même quand Morlant (le vieux) la rencontre, on ne peut s’empêcher de sourire.

Bien sûr, c’est son attirance pour Ben Dragore qui est l’élément dominant de cet aspect comique : elle est séduite par ce prince oriental qui ne rêve que d’une chose, se débarrasser d’elle !

Et au final, on en vient à préférer ses apparitions à celles de Karloff (enfin presque !).

 

Il faut dire que T. Hayes Hunter n’est pas James Whale et la présence de ce même Karloff ne suffit pas à donner la dimension nécessaire à ce genre de film. Certes, certaines situations sont pleinement dans le genre, mais il manque un petit quelque chose pour en faire un véritable film d’horreur, comme chez Whale, voire Browning. De plus, son retour à la vie n’a pas la dimension nécessaire par rapport à un tel événement.

De plus, il manque une véritable tension dans cette intrigue, malgré toutes les occasions offertes : encore une fois, on ne fait pas un grand film avec seulement des bonnes intentions.

 

Et c’est bien dommage, parce que tout était réuni pour cela.

 

  1. En VO : « Comic relief ». Personnage qui est là pour apporter un peu de légèreté dans un film qui en manque au premier abord…

 

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