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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Edward Zwick
Blood Diamond (Edward Zwick, 2006)

Alors que Bill Clinton tente de se dépêtrer du « Monica Gate » (1999), la Sierra Leone vit une guerre civile sanglante (1991-2002), où les armes des rebelles sont financées par les diamants extraits du sol, extraits par des travailleurs qui ressemblent plutôt à des esclaves, sur lesquels les gardiens ont droit de vie et de mort.

Solomon Vandy (Djimon « Cinqué » Hounsou, formidable) se retrouve dans une de ces « mines », suite au raid meurtrier des RUF (Revolutionnary United Front) sur son village : esseulé, il va chercher des diamants pendant que sa famille s’exile et que son fils Dia (Kagiso Kuypers) est enrôlé dans les soldats de la Révolution.

 

Les différents films d’Edward Zwick traitent tous de l’engagement, et ce film ne fait certainement pas exception. Pourtant, Solomon n’est pas quelqu’un d’engagé : au contraire, il vit à l’écart, dans un village de pêcheurs, et encourage son fils à devenir autre chose : docteur, par exemple. Mais comme expliqué plus haut, l’engagement va le rattraper, ou tout du moins son fils qui va devenir un de ces enfants-soldats, tueurs shootés aux drogues dures, victimes d’un lavage de cerveau indispensable pour effectuer la tâche mortelle qui leur est assignée.

Mais si son fils peut être considéré comme un « malgré lui », Solomon ne s’engagera à aucun moment dans ce conflit fratricide, subissant la violence tout comme la majorité de la population de Sierra Leone.

 

Autre personnage engagé un peu malgré lui : Danny Archer (Leonardo DiCaprio, toujours  aussi bon).

Mais si Solomon est un personnage monobloc, Archer est un protagoniste complexe de cette intrigue terrible. En effet, son engagement remonte à l’âge de 19 ans quand il rejoint le colonel Coetzee (Arnold Volsloo) et ses mercenaires qui « font le ménage » en Afrique, au gré des gouvernements et des révolutions. Cet engagement précoce va justifier l’aptitude à survivre d’Archer à travers le conflit sierraléonais, et surtout les différentes séquences de violence du film.

Mais c’est la rencontre avec la journaliste Maddy Bowen (Jennifer Connelly, impeccable elle aussi) qui va modifier peu à peu son état d’esprit, passant du soldat mercenaire à la recherche de diamants à celui de soldat engagé pour une cause : celle de Solomon et à travers lui celle de ce pays ensanglanté.

 

Il faut dire que le personnage de Maddy Bowen est l’un des éléments-clés de l’intrigue, montrant qu’une autre voie est possible : on peut arriver à un résultat encore plus significatif ans pour autant utiliser les armes conventionnelles. Un stylo (1) et un appareil photo peuvent faire au moins autant de dégâts sinon plus qu’une kalachnikov.

Mais le véritable révélateur, c’est l’instituteur (Basil Wallace) qu’ils rencontrent. Benjamin Kapanay est lui aussi un homme engagé de par sa fonction et aussi les élèves qu’il sauve et enseigne : les amputés de la vie (et par le RUF, qui reprend à son compte une pratique coloniale instituée par le roi des Belges Léopold II).

 

Zwick décrit donc le processus qui va amener les engagements successifs de ses personnages essentiellement adultes tout en menant en parallèle celui de Dia et de ses congénères enfants. Et si les différentes séquences qui voient le RUF investir les villages et tuer les populations sont d’une grande violence, le parcours de ces enfants soldats est encore plus insupportable : outre le lavage de cerveau, la première exécution que Dia va effectuer est des plus traumatiques : elle va expliquer la rencontre – inévitable – avec son père venu le chercher et l’enlever de cet environnement mortifère.

 

Encore une fois, Edward Zwick nous propose un film choc où la violence n’est aucunement édulcorée (2), et la réalité aucunement occultée : on y suit les différents rouages d’un trafic international qui prend ses racines dans la vie et surtout la mort de femmes et d’hommes. Cela va de l’extraction dans des conditions terribles jusqu’à l’hypocrisie de la maison Van de Kaap qui régule le marché mondial du diamant et qui finance en sous-main ce trafic qu’elle est censée dénoncer – ce qu’elle fait bien sûr.

 

Bref, un film choc où les personnages ne sont pas les seuls engagés : dénoncer ces pratiques est aussi un engagement.

 

  1. En anglais, prendre une photo se dit aussi shoot, comme tirer pour une arme.
  2. Même si nous sommes au cinéma, et que par conséquent ce que nous voyons n’est pas « pour de vrai ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Théâtre, #Société, #Artiflette
Les Copains d'en bas (Compagnie Artiflette, 2020)

Ils sont trois : Lakda, Casquette et Barbichette.

Ce sont ces voisins d’en bas, et pourtant, ce n’est pas vraiment là qu’ils habitent. Ils cohabitent.

Ils cohabitent avec Ben (Ignace Fabiani) et Charlotte (Claire Davienne) qui se sont installés depuis un an et demi dans une cité populaire, dans le cadre de la « mixité sociale ». Ben et Charlotte habitent tout en haut de la cage d’escaliers où évoluent ces trois voisins bien encombrants : ils se livrent à un trafic de haschisch et reçoivent leurs clients dans l’entrée, là où il y a plus de place.

Mais à l’arrivée de leur fille Léa se conjugue l’intensification du trafic amenant les interventions extérieures inévitables (police) : est-ce un environnement pour élever une fille ?

 

Magnifique. Brillant. Très juste.

 

C’est un spectacle formidable qui est proposé aux spectateurs. D’un point de vue esthétique d’une part, et de par son contenu d’autre part.

La mise en scène de Juan Antonio Martinez y Carrion est en parfaite adéquation avec le propos de la pièce. Le décor y est sobre, deux chaises, des plints et quelques accessoires rappelant un peu un intérieur mais qui servent tout de même dans les « scènes » extérieures. Bref, un décor aussi universel que le thème de la pièce : l’humain.

L’autre élément important dans la mise en scène est l’utilisation de la lumière qui rythme la succession des journées, jouant sur l’intensité du flot lumineux en fonction des circonstances plus que des moments de la journée. Et cet éclairage joue beaucoup avec des moments de silence, judicieusement aménagés pour permettre au spectateur d’intégrer pleinement ce qu’il vient de vivre à travers les deux interprètes.
Autre élément marquant de cette pièce-chronique : la place de la musique. Qu’elle soit réalisée en live par Charlotte/Claire ou utilisant des chansons enregistrées (rap), elle reste centrale au développement des différentes situations, empruntant, pour les parties au violoncelle des teintes exotiques qui ne sont pas sans rappeler certaines mélopées dites « orientales ». On peut toutefois objecter à la musique de prendre parfois un peu trop le pas sur le texte, empêchant alors la compréhension complète des paroles de Ben/Ignace (1).

 

Parce que le plus important, c’est ce qui est dit.

Les différents « petits » événements qui sont relatés – pour la plus grande partie – par Ben sont facilement identifiables mais surtout parlants pour les spectateurs, tant ce qu’il se passe peut être transposé partout ailleurs en France. Certes, en région parisienne il n’y a pas la mer – Wahid, le « grand cousin » aime aller regarder la mer, ça le détend – mais on y retrouve les mêmes gens avec les mêmes préoccupations et les mêmes problèmes.

Et la force du spectacle, c’est de ne pas occulter les différents aspects de la « mixité sociale » recherchée par le couple de narrateurs.

On ne tombe à aucun moment dans un quelconque misérabilisme mais pas non plus d’angélisme. Le fléau apporté par ces « voisins d’en bas » - le trafic de drogue – est une réalité incommode pour les habitants qui en deviennent alors les victimes collatérales : quelle attitude adopter ?

 

En effet, la position de Ben et Charlotte devient vite intolérable : alors qu’ils avaient choisi un « petit » immeuble (5 étages seulement) parce que le trafic, c’était dans les « grands » (15 ou plus), ils se retrouvent confrontés malgré tout à ce problème. Et si le trio infernal (Lakda-Casquette-Barbichette) est compréhensif, il n’en va pas toujours ainsi ailleurs. Et à l’instar de Ben et Charlotte, de nombreux habitants de ces cités déménagent, refusant de supporter la mainmise des dealers sur les cages d’escaliers et les halls d’entrée, menaçant les vrais habitants s’ils ne veulent pas s’en aller.

Et appeler la police n’est plus une solution : elle ne se déplace plus beaucoup, ou bien si elle le fait, les habitants se retrouvent avec une nouvelle menace née de la dénonciation. Et ça, c’est très difficile à vivre, même en essayant de discuter avec les principaux intéressés.

 

Et les pouvoirs publics dans tout cela ?

On assiste à un moment à la venue d’une élue dans ce quartier « mixte ». C’est normal, c’est une période d’élections (l’action se situe en 2014, année de Municipales) : sur un rythme soutenu, elle traverse la cité sans vraiment y faire attention, avec architectes et représentant du club de jeunes, suivie par une foule bigarrée plus ou moins conquise. La contestation exprimée par le rappeur Djamel est vite éteinte par un service d’ordre très présent (2).

Et ce cortège traverse le quartier comme une pluie d’été, rapidement évaporée, ne laissant aucune trace de son passage…

 

Pourtant, une (la ?) solution est bien là : la rencontre. Mais pas une rencontre éphémère, motivée par un enjeu électoral : il faut se rencontrer et se parler. Ouvrir au monde ce qui devient de plus en plus un ghetto que les pouvoirs publics abandonnent progressivement, laissant la place aux autres : la délinquance ou/et la religion.

Ne plus isoler ces ilots où cohabitent de très nombreuses personnes de plus en plus obligés de subir une situation intolérable et inacceptable.

Et en cette année électorale, la pièce de la compagnie Artiflette pose les vrais questions, donnant après le spectacle la possibilité aux spectateurs d’en discuter : avec ses voisins, mais aussi avec le public en entier, avant de poursuivre devant un verre, de manière plus informelle, mais pas obligatoirement moins importante.

 

Merci donc à vous trois, Claire, Ignace et Juan, pour ce spectacle subtil et intelligent. Merci de nous montrer que ce monde mixte est possible – même si je fais partie des convaincus – voire souhaitable.

Je continue à penser que c’est de la différence que naît la richesse et cette pièce en est une très belle illustration.

Je vous souhaite une grande tournée triomphale : elle serait amplement méritée !

 

  1. Ma voisine – malentendante – n’a pas tout entendu, ni donc compris, ce qu’il se disait.
  2. Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Simon Curtis, #Drame
La Femme au tableau (Woman in Gold - Simon Curtis, 2015)

Le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer de Gustav Klimt a été spolié à la famille en  1938.

Soixante ans plus tard, alors que l’Autriche décide de restituer les biens spoliés par les nazis aux familles juives.

Sauf que si c’était simple, Maria Altmann (Helen Mirren) n’aurait pas besoin d’un avocat – E. Randol Schönberg (Ryan Reynolds), mais surtout, le tableau lui reviendrait de droit et tout de suite.

Mais il y a une marge, voire un gouffre, entre les bonnes intentions et la réalité.

L’Autriche n’a certainement pas l’intention de rendre un tableau aussi emblématique, fleuron du Belvédère, le musée des Beaux-Arts de Vienne.

 

Ce n’est qu’à la toute fin qu’on nous précise qu’il s’agit d’une histoire vraie, celle de Maria Bloch-Bauer Altmann, rescapée d’une famille juive autrichienne. Tout commence à la mort de sa sœur Luise : Maria, héritière malgré elle des affaires de sa sœur, souhaite récupérer le portrait que Klimt a peint de sa tante Adèle (Antje Traue) en 1907.

Nous assistons alors aux différentes phases de cette entreprise qui devient juridique – l’Autriche ne veut pas se séparer de son fleuron – qui amène Maria et Randy (c’est plus court) jusqu’à la Cour Suprême, dirigée par un Jonathan Pryce bref mais savoureux.

 

Evidemment, cet aspect authentique nous engage à trouver le film sympathique, mais c’est sans compter sur le duo Helen Mirren/Ryan Reynolds. Ils sont tous les deux complètement dans le ton et offre un numéro de duettiste des plus convaincants. C’est un plaisir de les voir évoluer devant nous avec l’évolution inévitable : au début, Schönberg (petit-fils d’Arnold) n’a rie à faire de cette vieille dame qui le consulte pour des vieilleries. Et en cela, cette attitude résonne aujourd’hui quand on apprend que les jeunes générations (pas seulement aux Etats-Unis !) n’ont aucune véritable idée de ce que fut la Shoah.

Le combat de Maria devient alors autant un combat de mémoire que de justice. Mais le film n’insiste pas sur cet aspect, le reste étant – à mon avis aussi – suffisamment important.

 

Quand le film sort, le tableau a été rendu à Maria depuis un moment déjà, mais surtout il orne les murs de la Neue Gallery (New York) depuis 2006.

L’enjeu devient alors subalterne, même s’il est important de préciser au monde – la plupart des spectateurs ne sont pas obligatoirement des spécialistes de l’art pictural (1) – que l’Autriche fut contrainte de restituer ce bien spolié par les nazis.

Et c’est la force du film : le rôle joué par l’état autrichien dans le nazisme.

 

A l’instar des films sur le nazisme, il est rare de voir un point de vue qui met en cause un autre état que l’Allemagne dan la responsabilité du nazisme et surtout de ses crimes.

Et Simon Curtis prend son temps pour faire éclater la vérité : ce sont tout d’abord ,des flashes en noir et blanc qui émaillent la narration, quand Maria repense à sa jeunesse à Vienne, avant que ces flashes deviennent un souvenir à part entière qui la voit, avec son mari Fritz Altmann (Max Irons, le fils de Jeremy) contrainte de quitter ce pays qui fut le sien.

Simon Curtis (encore lui), prend le parti du noir et blanc pour les souvenirs (essentiellement douloureux) mais ne s’interdit pas quelques incursions en couleur dans le temps présent.

 

Ces sont surtout les souvenirs de Maria qui lui viennent en mémoire à mesure qu’elle évolue dans les différents quartiers de Vienne : la couleur prend possession de l’écran, mêlant avec beaucoup de bonheur le passé et le présent. On retrouve alors le sentiment des gens qui se souviennent : ce n’est pas la réalité mais malgré tout ça y ressemble terriblement. Et cela inscrit cette tante dans un présent universel, celui des souvenirs.

Et on peut saluer le travail de casting qui fit choisir Antje Traue dans le rôle d’Adèle : certes, on ne pourra jamais retrouver l’exacte réplique d’une personne, mais elle est une Adèle des plus crédibles, véritable modèle – en moins triste – de Klimt (2).

Et puis soulignons-le ici : Helen Mirren est une très grande actrice !

 

  1. C’est mon cas, ce film m’a appris cette histoire.
  2. La ressemblance en devient « époustouflante », comme le dit Marc Isaïe.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Rob Cohen
Hurricane (The hurricane Heist - Rob Cohen, 2018)

Un braquage pendant un ouragan.

En voilà une bonne idée !

On ajoute à la panique un aspect opportuniste franchement immoral très prometteur.

Mais, là encore, les limites sont atteintes et ce qui aurait pu être une vraie bonne idée se transforme en baudruche, se dégonflant progressivement alors que le cyclone lui, gagne en intensité.

Mais reprenons.

 

Tout commence en 1991, pendant le cyclone Andrew. Les enfants Rutledge voient leur père écrasé par un réservoir au plus fort de la tempête.

Vingt-cinq ans plus tard, on retrouve ces mêmes enfants – adultes, bien sûr – à l’approche d’une nouvelle tempête exceptionnelle (1).

Dans le même temps, un convoi de billets usagers arrive au centre de destruction de Gulfport (Alabama).

Alors que la ville se vide du fait de l’imminence de la catastrophe annoncé&e, une bande de voleurs termine les derniers préparatifs d’un coup exceptionnel (lui aussi) : voler les centaines de millions de dollars qui attendent la remise en marche de la déchiqueteuse.

Et les enfants du début (adultes maintenant) ? Ils aident.

 

Dommage.

C’est le mot qui me vient naturellement pour exprimer ce que je ressens sur ce film.

Dommage parce qu’il y a de bonnes intentions, et on pourrait presque y croire s’il n’y avait certaines incohérences. Tout d’abord le fait que Will (Toby Kebbell), le cadet des deux frères, malgré l’expérience traumatisante initiale soit météorologue, mais ça, c’est le moins important.

Le plus incohérent, à mon avis, c’est de voir des voitures s’envoler et dans le même temps des humains réussir à avancer sans dévier de leur trajectoire.

Même Keaton ne l’a pas fait (Steamboat Bill Jr.) !

Et le problème avec ce genre d’incohérence, c’est qu’à partir du moment où on l’a identifiée, on ne peut plus la chasser de son esprit, revenant sans cesse polluer l’action qui continue son cours.

 

Côté catastrophe, nous sommes servis. Si on met de côté ce dont je parlais précédemment, le reste des effets de la tempête (2) est plutôt bien rendu. Outre les voitures volantes, ce sont les maisons qui s’envolent (quand elles ne sont pas réduites en poussières…) sans aucune comparaison avec celle de Dorothy dans The Wizard of Oz.

Bref, du très grand spectacle !

Mais si le film ne fonctionne pas comme on aurait pu le prévoir, c’est aussi dû au scénario qui oublie un élément primordial du film de braquage : la préparation.

Certes, ici les voleurs ne sont pas les gentils (3), mais tout de même, un peu plus de complicité avec le spectateur aurait certainement amené un peu plus de clarté dans l’intrigue.

 

Autre élément à charge, les méchants, en plus de l’être sont tout de même un tantinet caricaturaux : entre les hackers obsédés et les hommes de main psychopathes, on se demande comment un tel coup a pu être mis en œuvre !

Quant au chef des méchants, Perkins (Ralph Ineson), son revirement ajoute à l’incohérence du scénario : alors qu’il se targue d’avoir pris possession des lieux sans effusion de sang,  il abat froidement deux hommes sans grande pertinence.

 

Au final, un petit film catastrophe, servi par des acteurs dans le ton certes, mais qui ne peuvent pas rattraper les faiblesses du scénario.

De plus, la présence d’une star incontournable aurait certainement été un plus, mais qui aurait voulu s’engager là-dedans ?

 

  1. Un peu trop d’ailleurs : les ouragans sur Jupiter ont cette même force…
  2. Tammy de son petit nom…
  3. Tout le monde ne peut pas s’appeler Danny Ocean.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peplum, #Alex Proyas
Gods of Egypt (Alex Proyas, 2016)

Du beau, du grand, du merveilleux.

Mais… Ca tombe à plat.

Ca aurait pu bien marcher, l’intrigue autour de la mythologie égyptienne (1) développant un aspect culturel mondial peu exploité au cinéma : habituellement, quand on parle mythologie au cinéma, c’est essentiellement la Grecque qui est concernée. Quant à l’Egypte ancienne, c’est autour de Moïse que se concentre la majeure partie de la production, Cléopâtre mise à part.

Alors quand on lit Isis, Osiris, Horus et Set dans l’intrigue et Nikolaj « Jaime » Coster-Waldau dans la distribution, on se dit qu’on va passer un moment agréable.

Mais non.

 

Pourtant ça brille de partout, les décors sont somptueux, les costumes magnifiques et on n’a pas lésiné sur les effets numériques.

Peut être est-ce d’ailleurs trop : à force de développer des effets tendant vers le superlatif, on en arrive à un trop plein qui a tendance à desservir le film.

Les effets numériques qui permettent des décors extraordinaires ainsi que leur destruction ont tendance ici à accentuer le côté artificiel du film.

Certes, étant dans un univers merveilleux, on peut s’attendre à trouver des décors très stylisés et un tantinet artificiel.

Mais cela ne suffit pas : Kenneth Branagh, dans son Thor, nous montre un royaume d’Asgard merveilleux sans pour autant tomber dans l’artificialité.

 

Et ce parallèle avec cette franchise Marvel n’est pas anodine.

En effet, ces dieux d’Egypte (le titre original, pour celles et ceux qui ne parlent pas toujours bien la langue de Shakespeare) sont les super-héros de l’Antiquité. Et Alex Proyas joue là-dessus, leur donnant certaines attitudes et surtout positions qui ne sont pas sans rappeler celles des Marvel.

Mais là encore, ça lasse : à force de trop en faire, on arrive à l’effet inverse.

On se retrouve alors avec un film qui s’apparente plus à du théâtre filmé, hormis les quelques séquences d’action et de combat. Le jeu devient alors ampoulé et on a tendance à décrocher face à cette accumulation pompeuse.

Je me suis même surpris à penser à Blake et Mortimer et Olrik, m’attendant à ce que quelqu’un s’exclame : « Par Horus, demeure ! » Mais cela n’est pas arrivé.

 

Avec tout ça, je me rends compte que je n’ai même pas parlé de l’intrigue principale : alors qu’Osiris (Bryan Brown) va couronner son fils Horus (Jaime Lannister, donc), arrive son frère Seth (Gerard Butler) qui le poignarde et prend la couronne.

Horus va alors tenter de regagner son titre (2), aidé par un petit voleur plein de ressources, Bek (Brenton Thwaites) qui aime la (très) belle Zaya (Courtney Eaton).

S’ensuit des péripéties plus ou moins ésotériques pour se finir dans une résolution malheureusement trop convenue, où la porte de sortie inhabituelle est finalement refermée : la fin absolument heureuse restant privilégiée.

Hélas.

 

 

  1. L’Egypte a toujours fasciné : ses monuments, sa cosmogonie et sa magnificence étant parmi les plus remarquables.
  2. Le parallèle sportif n’est pas si anodin que cela, encore une fois.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Paul Hurst
The midnight Message (Paul Hurst, 1926)

Johnny (Johnny Fox) vit avec sa mère (Mary Carr), la veuve Malone, dans une toute petite maison. Ils survivent grâce aux vêtements que Maman Malone confectionne, ainsi que le salaire que touche Johnny à la Western Union.

Mais ce n’est pas suffisant : Johnny va désormais travailler la nuit pour gagner plus. D’autant que la machine à coudre vient de rendre l’âme.

Cette nuit-là, sa première mission l’envoie chez les Macy où a lieu un cambriolage.

 

Johnny Fox (1909-1997) fait partie de ces acteurs du cinéma qui n’ont pas percé en passant à l’âge adulte, arrêtant sa carrière à l’avènement du parlant. Et malgré sa petite taille, il a déjà 16 ans quand le film sort, ce qui peut expliquer qu’il conduise déjà une voiture (1).

Paul Hurst, pour sa part, est un autre sombre réalisateur qui arrêtera de tourner derrière la caméra avec ce même avènement du parlant : il sera alors seulement acteur, jusqu’à sa mort en 1953.

Il s’agit ici de son 44ème film et la première partie nous fait supposer que nous allons assister à un nouveau mélo, avec veuve et orphelin dans la misère pendant que les Macy, famille de riches « contribuables » (2) reçoivent d’autres amis riches.

Mais progressivement (rapidement aussi, le format – 51 minutes – ne permet pas un immense développement), le ton comique va s’installer, dont Johnny Fox est le véritable artisan, s’exclamant sur tous les tons « Gosh ! » (3) et ce malgré le fait qu’on n’entende pas sa voix (ah, les intertitres…).

 

Mais comme on ne pouvait pas baser le film sur le seul Johnny Fox, nous retrouvons Creighton Hale dans le rôle du jeune premier, effacé tout de même par le jeune garçon, se cantonnant exclusivement au rôle de l’amoureux de la fille Macy, la belle Mary (Wanda Hawley). Cette dernière est d’ailleurs un élément-clé de l’intrigue.

Côté cambrioleurs, nous avons un galant escroc en la présence de Red Fagan (Stuart Holmes) : yeux bleus, fines bacchantes et fière allure, ne vous y trompez pas, c’est un bandit de la pire espèce, n’hésitant pas à faire accuser le jeune Johnny de son méfait.

Stuart Holmes n’est pas un novice dans ce genre de rôle, rappelez-vous le grand Duc Michael dans Le Prisonnier de Zenda (Rex Ingram, 1922).

 

Bref, nous sommes en bonne compagnie même i on aurait aimé un ton plus tranché du point de vue comique. Certes, Johnny Fox est très bien, mais il est un peu seul dans ce ton, parfois rejoint par Otis Harlan comme déjà évoqué (2).

Mais le petit reproche qu’on peut faire au film tient dans le titre : « le Message de minuit ».

Certes, Johnny travaille de nuit, mais du fait des conditions de tournage, à aucun moment n’avons-nous une atmosphère nocturne.

En effet, alors qu’il devrait faire nuit quand il apporte le message chez les Macy et qu’il surprend le cambriolage, l’intrigue va se développer en plein jour sans ellipse : il n’y a aucune rupture de narration, ce qui amoindri la force de l’intrigue.

Mais si cette maladresse ne concernait que les protagonistes, ce ne serait pas trop grave : c’et une belle poursuite en voiture qui s’engage, avec arrêt à la station-service inévitable. Or, cette station fonctionne comme en plein jour, accentuant le côté décalé par rapport au titre.

Dommage.

 

Quoi qu’il en soit, le reste nous fait tout de même passer un bon moment, et ce malgré la fin heureuse là encore prévisible : nous sommes en 1926 quand le film sort et les habitués du cinéma muet commencent à bien connaître les différentes fins proposées habituellement (4).

 

PS : Malgré sa faible importance (apparente), ce film est conservé à la Bibliothèque du Congrès américain (Library of Congress).

 

  1. Aux Etats-Unis, pas besoin d’attendre 18 ans pour pouvoir conduire. Ni posséder une arme, mais ceci est une autre histoire.
  2. Le père (Otis Harlan) répète à l’envi cet état de fait, amenant un élément comique de répétition.
  3. « Zut », « sapristi », « diantre »…
  4. Pour le plaisir, en ce qui concerne les fins convenues, je vous renvoie aux Dingodossiers (vol. 1) de Goscinny et Gotlib : Sachez ce qu’est la Fin (pp. 80-81).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Sidney A. Franklin, #Norma Talmadge
La Cité défendue (The forbidden City - Sidney A. Franklin, 1918)

La Chine éternelle…

Ses Mandarins aux moustaches tombantes, ses tenues d’apparat, son empereur cruel…

Et San San (Norma Talmadge).

San San est la fille de Wong Li (E. Alyn Warren), un Mandarin déchu auprès de l’empereur (L. Rogers Lytton). Pour regagner son affection, il envoie sa fille comme favorite.

Dans le même temps, sa fille a rencontré le jeune et beau diplomate John Worden (Thomas « Crichton » Meighan) : c’est le grand amour duquel naîtra une fille. Mais l’empereur n’’est pas prêteur et fait exécuter San San, élevant tout de même sa fille Toy.

18 ans plus tard, Toy (Norma Talmadge) suit les mêmes traces que sa mère.

Pourtant, l’intertitre d’entrée – une citation de Kipling – nous a prévenus : l’Orient et l’Occident ne doivent jamais se rencontrer…

 

Nous sommes bien sûr dans le mélo, mâtiné de cet exotisme alors en vogue dans le cinéma américain (et ailleurs aussi). La Chine qui nous est présentée est des plus stéréotypées, Franklin ouvrant le film avec quelques images d’archives avec pagode et costume traditionnel, sans oublier la Grande Muraille.

Bien sûr, on pense à Madame Butterfly, mais l’intrigue qui nous est proposée ici ne pré&sente pas le jeune Américain comme un salaud. Au contraire, c’est le Destin (1) qui va l’éloigner de celle qu’il aime et par extension de sa fille.

Ici, s’il fallait désigner un méchant, ce serait plutôt l’empereur, qui allie fourberie et cruauté dans le plus pur style « préjugé » : on retrouve le vieux concept un tantinet raciste qui consiste à considérer les Chinois comme des gens fourbes et cruels.

Et la mise à mort de San San par l’ignoble empereur est plutôt inattendue – pour San San plus que pour le spectateur – et on se dit que Franklin se débarrasse bien tôt de son actrice vedette !

 

Mais c’est pour mieux la faire revenir dans la deuxième partie (2).

On va alors retrouver une sorte de copier-coller de la première partie quant à l’intrigue amoureuse : le lieutenant Philip Halbert (Reid Hamilton) prenant la place de Worden dans le cœur de la jeune femme.

Nous aurons même droit à une fin (à peu près) heureuse un petit peu prévisible avec retrouvailles (attendues elles aussi) du père et de la fille : pendant que la belle Toy grandissait, Worden vieillissait mais restait en poste à Shanghaï.

 

Certes, le film de Sidney A. Franklin n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on y trouve tout de même un thème central dans la culture américaine et qui pose toujours problème une centaine d’années après : le métissage.

On se souvient du formidable Half-Breed de Dwan avec Douglas Fairbanks deux ans plus tôt, qui traitait déjà de ce sujet.

Ici encore, une barrière se dresse pour la jeune femme du fait de son sang-mêlé : elle est sujette au mépris voire à l’humiliation et même Worden se range derrière l’idée qu’on ne peut (ni ne doit) se mélanger, et ce malgré sa propre histoire avec San San.

 

 Reste un film malgré tout sympathique qui nous permet d’apprécier le talent de Norma Talmadge, même si on peut – largement – lui préférer ses films ultérieurs. Il faut dire que le format – 62 minutes – ne permet pas beaucoup de développer une quelconque partie de l’intrigue.

Et on peut aussi reprocher l’absence – quasiment totale – de véritables acteurs d’origine asiatique : outre les enfants du début et la présence de Charles Fang (qui était tout de même né à San Francisco), les rôles des autochtones sont interprétés par des acteurs hollywoodiens 100% blancs caucasiens… Norma Talmadge est d’ailleurs plus crédible en métisse qu’en Chinoise (3).

 

  1. Farceur évidemment, sinon pas de film…
  2. Oui, le film comporte deux parties de longueurs somme toute équivalentes.
  3. Tout comme Wallace Beery, en Chinois lui aussi (A Tale of two Worlds, 1921) ; ou encore en Indien d’Amérique (The Last of the Mohicans, 1920).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean Girault
Pouic-Pouic (Jean Girault, 1963)

Un boursicoteur (Louis de Funès.

Une femme de boursicoteur (Jacqueline Maillan).

Leur fille (Mireille Darc).

Un amoureux éconduit (Guy Tréjan).

Un livreur de voiture (Philippe Nicaud).

Un maître d’hôtel (Christian Marin).

Un fils qui revient du Brésil (Roger Dumas) avec une Brésilienne (Yana Chouri ou Maria-Rosa Rodriguez).

Un poulet (Pouic-Pouic).

 

Pour son anniversaire, la femme du boursicoteur lui a acheté une concession réputée pétrolifère. Sauf que le vendeur (Daniel Ceccaldi) est un escroc notoire.

Une seule solution : vendre cette concession à un pigeon : ça tombe bien, l’amoureux de la fille de la maison correspond au profil.

Va-t-il toutefois acheter ?

 

Nous sommes dans un vaudeville tout à fait classique, resserré dans une maison où la vente de la concession est prétexte à des quiproquos savoureux, mettent en valeur l’étoile montante du début des années 1960s : Louis de Funès.

Jean Girault n’est pas le cinéaste français absolu, signant chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre, avec un souci esthétique des plus raffinés.

Non.

C’est un réalisateur comique qui, pour paraphraser Pierre Desproges, a la grande prétention de faire rire. Et l’adaptation de la pièce – Sans Cérémonie qu’il a écrite avec Jacques Vilfrid y réussit.

On s’amuse des situations qui s’accumulent où chacun n’est pas toujours celui qu’on croit, et où Louis de Funès, après avoir tenu le rôle du maître d’hôtel sur les planches, reprend celui du maître de maison, prétexte à ses facéties habituelles de petit nerveux, entouré d’une femme un tantinet dépassé et d’une fille volontaire.

Bref c’est du comique de bonne facture où chacun tient à merveille sa place, bien qu’on sente (avec le recul) que le potentiel comique de Louis de Funès n’est pas encore à son maximum, comme on pourra le voir dans Oscar quelques années plus tard au cinéma (1).

 

Comme je le disais, Girault n’est pas le plus grand, mais son association avec Louis de Funès va se sceller à cette occasion et se poursuivra pendant les vingt années qui vont suivre, jusqu’à la mort du réalisateur (2). On notera d’ailleurs qu’une de leur collaboration notable ultérieure concerne une autre pièce de théâtre filmée : Jo (1971).

Bien sûr, dans cette collaboration on trouve la série des Gendarmes, mais malgré ce qu’on peut en penser (en mal pour ma part, c’est plutôt la tendance), le duo Girault-De Funès a laissé son empreinte dans le cinéma comique de ces deux décennies avec plus ou moins de bonheur, faisant même des émules, pas non plus toujours très douées.

 

Quoi qu’il en soit, laissez vous tenter par cette pièce filmée, où les grimaces – sages tout de même – de Louis de Funès s’enchaînent avec quelques répliques savoureuses, dans un imbroglio familial qu’on retrouvera souvent chez les deux complices.

On peut toutefois regretter que l’omniprésence du grand Louis éclipse ses partenaires, dont la jeune Mireille Darc (25 ans quand le film sort) : mais elle n’était qu’à ses débuts…

 

  1. Oscar fut adapté au cinéma en 1967 mais fut d’abord un succès théâtral de 1961.
  2. 24 juillet 1982.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Wes Anderson
La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaums - Wes Anderson, 2001)

Le père, Royal (Gene Hackman).

Ma mère, Etheline (Anjelica Huston).

Les enfants Chas (Ben Stiller), Richie (Luke Wilson) et Margot (Gwyneth « Pepper Potts » Paltrow), l’« adoptée ».

Tout ce petit monde se retrouve sous le même toit au même moment, pour des raisons toutes plus différentes les unes que les autres : leur cercle rouge (comme le survêtement de Chas).

 

Il est très difficile de résumer ce film d’une autre façon sans entrer dans des détails qui noieront alors le propos.

Nous sommes dans l’univers de Wes Anderson, un univers décalé de ce qu’on connaît, où la famille est centrale, qu’elle soit biologique ou non. En effet, outre Margot qui fut adoptée, quatre autres personnes gravitent autour de cette communauté excentrique : Eli (Owen Wilson, le vrai frère de Luke, qui a aussi coécrit le scénario), un voisin du même âge que les enfants de Royal ; Pagoda (Kumar Pallana) le serviteur fidèle (à Royal) ; Henry Sherman (Danny Glover), comptable et amoureux d’Etheline ; et Dusty (Seymour Cassel), homme d’ascenseur et de ressources… J’oubliais Raleigh Sinclair (Bill Murray), mari de Margot et analyste (barbu cela va de soi), avec son patient Dudley (Stephen Lea Sheppard).

 

Après une courte introduction (présentée par Alec Baldwin), Anderson divise son film en chapitre, celui d’un livre (fictif) narrant les pérégrinations de cette famille. Chaque nouvelle page de chapitre nous est présentée, et le temps de lire les premiers mots, le décor apparaît et l’action commence.

Et e qu’on peut dire, c’est que les Tenenbaum sont des gens très particuliers, voire bizarres, et seule Etheline reste la figure dominante – et rassurante – le pilier sur laquelle on peut se reposer quand cela ne va pas.

 

Et il faut avouer que sauf pour elle, rien ne va : Royal a été viré de son hôtel, Chas a perdu sa femme dans un accident d’avion, Margot végète et Richie erre.

Au final, tous ces éléments singuliers vont se retrouver sous le toit d’Etheline, ramenant des souvenirs douloureux et révélant par la même occasion les failles des différents membres.

Si Royal est un escroc minable, ses enfants (adoptive et naturels) n’ont pas si bien réussi que ça, et ce malgré les prédispositions étonnantes qu’ils avaient : Margot, qui avait un don pour l’écriture ne rédige plus rien ; Chas est obnubilé par la sécurité ; et Richie, immense champion de tennis, a craqué pendant une finale, errant à travers le monde depuis cet événement.

On peut en conclure qu’à leur manière, ils ne font pas mieux que leur père, adoptif ou naturel.

 

Mais nous sommes dans un film américain, et la rédemption est possible.

Elle l’est d’autant plus qu’elle touchera tous les membres qui en ont besoin, les uns s’assumant, les autres acceptant leur sort, donnant au film sa fin heureuse sans toutefois oublier la dimension tragique inévitable à toute bonne comédie.

C’est donc un film hautement sympathique qui nous est offert ici, généreux comme peut l’être une famille mais sans non plus occulter les problèmes inévitables de cette même famille.


Et ce qui fait aussi le succès du film, c’est le casting (prestigieux, donc), Gene Hackman en tête, dont certains membres se retrouveront dans les films suivants de Wes Anderson (Owen Wilson, bien entendu, mais pas que lui).

L’autre atout du film, comme souvent chez Anderson, c’est une forme de merveilleux soutenu par une utilisation pertinente de la couleur (1). Les tons tranchent avec ce qu’on pourrait appeler la « réalité »,  le rouge des survêtements étant un exemple on ne peut plus parlant.

On retrouve d’ailleurs cette utilisation de la couleur dans les autres films d’Anderson, accentuant le côté malgré tout irréel des intrigues et de ses personnages.


Wes Anderson, un réalisateur à part, dans un cinéma parfois un tantinet attendu.

 

(1) et pourtant je suis daltonien !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Shane Acker
Numéro 9 (9 - Shane Acker, 2009)

Sorti en 2009 (coïncidence ? Je ne crois pas), ce film intitulé originalement 9 est un film d’animation steam punk des plus réjouissants.

Nous sommes sur une terre post-apocalyptique, où les machines se sont retournées contre les humains qui les avaient conçues. Qu’elles aient détruit les humains, passe encore, mais dans le même temps, toute forme de vie a été éradiquée par l’emploi de gaz létaux.

De ce chaos sont apparues de drôles de poupées de toile (1) dont le dernier exemplaire, 9 (voix d’Elijah « Frodo » Wood) part à la découverte du monde.

 

C’est un univers très bizarre qui nous est proposé là, avec ces petits personnages aux yeux mécaniques trop grands, dans un monde hostile où les seuls « animaux » sont des machines infernales générées par un cerveau mécanique malade.

Mais c’est surtout une vision bien pessimiste de l’avenir de l’humanité que nous voyons, et qui finalement risque de se réaliser, l’homme, sans obligatoirement utiliser de gaz létal, détruit consciencieusement les différents êtres vivants de sa planète.

Mais malgré tout, Shane Acker instille un tout petit peu d’espoir : pour ses poupées, pas pour les humains. Encore que…

 

Bien sûr, s’il s’agit d’un film d’animation un tantinet bizarre, on peut s’attendre à trouver Tim Burton. Il est là, dans la production, très certainement intéressé par le court-métrage original d’Acker (sorti en 2005).

Que reste-t-il du court original ?

Le fait qu’Acker ait tourné lui-même cette extension nous fait supposer qu’elle respecte son projet original (c’est le cas de le dire). On notera tout de même au scénario la présence de Pamela Pettler, qui avait déjà cosigné celui des Noces Funèbres du même Burton.

 

Bref, un film malgré tout très sympathique, où on peut entendre quelques voix célèbres (Christopher Plummer, par exemple) et où chaque poupée a sa particularité qui nous fait penser au monologue de Tom Joad à la fin des Raisins de la Colère (2).

 

[Attention : révélation de la résolution de l’intrigue. Vous avez toujours le même choix : aller jusqu’au bout ou attendre de voir le film pour lire ce qui va suivre.]

 

Chacune des poupées porte en elle une partie de l’âme du concepteur de la machine, une partie humaine. Et c’est l’union de ces différentes parties qui amène la résolution de l’intrigue, détruisant la machine infernale et ramenant l’espoir – dans une séquence un tantinet mystique – avec la tombée des premières gouttes de pluie : et quand on sait que l’eau est indispensable à la vie, on est en lieu d’espérer une régénération du vivant à plus ou moins long terme (3).

Sans les hommes bien sûr, mais qui s’en plaindrait ?

 

  1. A partir de celle des sacs de sable ?
  2. « Peut-être que c’est comme le dit Casey : on n’a pas une âme à soi, mais seulement un morceau d’une grande âme collective… » (« Maybe it's like Casey says. A fellow ain't got a soul of his own. Just a little piece of a big soul. The one big soul that belongs to everybody. »)
  3. Ces poupées n’étant pas organiques, le concept de temps devient alors obsolète.

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