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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lewis Milestone, #Richard Rosson, #Gloria Swanson
Mondaine (Fine Manners - Richard Rosson & Lewis Milestone, 1926)

31 décembre 1925 (?).

D’un côté, la folie de Time Square où les New-Yorkais sont venus en masse fêter le nouvel an. De l’autre, les salons feutrés où la haute bourgeoisie de cette même ville célèbre avec réserve cette même nouvelle année à venir.

Parmi eux, Brian Alden (Eugene O’Brien), immensément riche, s’ennuie et décide d’aller voir le vrai monde.

Arrivé – et bloqué – à Time Square, il fait la connaissance de la belle Orchid (1) Murphy (Gloria Swanson) qui est venue avec son frère qui, malgré ses ascendances irlandaises a tout d’un Sicilien…

Brian est follement amoureux d’Orchid, mais comment faire accepter une fille si populaire (pour ne pas dire vulgaire) dans sa caste si à cheval sur les convenances ?

 

Nous sommes en plein chant du cygne du cinéma muet, et si Mondaine n’est pas un chef-d’œuvre absolu, il n’en possède pas moins quelque intérêt.

Tout d’abord, il y a Gloria Swanson, dans un rôle bien loin – en partie – de ceux qu’elle a pu tourner avec Cecil B. DeMille : c’est une « fille du peuple » (comme on dit), aux manières franchement frustes, mais comme le signifie Brian, elle est authentique (2).

Il est clair qu’un monde sépare ces deux êtres, mais comme toujours, l’amour passe par là et la magie du cinéma fait le reste.

Encore que.

En effet, afin de rendre Orchid plus présentable auprès de ses pairs, Brian la fait « éduquer » par sa tante Agatha (Helen Dunbar) dont les manières sont des plus raffinées (d’où le titre original). Un peu trop d’ailleurs, au goût du spectateur et du scénariste, comme l’explique un intertitre plein d’esprit.

L’autre intérêt du film, c’est la présence à la réalisation (3) de Lewis Milestone, qui réalisera l’incontournable, impérissable et indémodable A l’Ouest, rien de nouveau.

 

Et autrement ?

Eh bien pas grand-chose. Si Gloria Swanson est, encore une fois, magnifique, Eugene O’Brien et Helen Dunbar ne déméritent pas à ses côtés. Mais c’est plus dans l’intrigue qu’on a de quoi être déçu.

En effet, si ce n’est quelques éclats de la belle Gloria pendant sa période d’« éducation », la part de comédie du film a tendance à s’effacer à mesure que le personnage d’Orchid évolue.

On aurait aimé – enfin surtout  moi, mais je ne dois pas être le seul – que fût développée la période de la transformation d’Orchid. Un peu à l’instar de d’Eliza Doolittle (Audrey Hepburn) dans My fair Lady, les différents efforts d’Agatha pour arriver à faire de cette fille du peuple une lady auraient été prétexte à quelques envolées comiques évidentes.

En effet, le  pouvoir comique de la belle Gloria était grand : n’oublions pas qu’elle a commencé à bonne école chez Mack Sennett !

 

Alors oui, c’est un peu dommage que la deuxième partie – la transformation – ait pris le pas sur la comédie qui se dessinait dans la première, empesant alors le film comme une réception de bourgeois à tendance aristocratique (le monde d’Alden, quoi).

Et si la fin est heureuse, elle ne peut empêcher de penser qu’on est passé tout près d’une comédie de haute volée.

Dommage.

 

  1. Oui, son prénom signifie orchidée.
  2. Il la qualifie même de « realest », néologisme signifiant « la plus vraie ».
  3. En sous-main de Richard Rosson, obscur réalisateur qui réalisa une vingtaine de films, étant plus à l’aise semble-t-il devant que derrière la caméra : plus de 80 films à son palmarès comme acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Patrice Leconte
Mon meilleur Ami (Patrice Leconte, 2006)

Il y a dans le cinéma français – et je l’ai déjà dit ici, - une tradition du film de d’amis assez impressionnante, et ce depuis longtemps, l’un des plus beaux exemples – tragique – en étant La belle Equipe. Les années 1970 nous avaient amené d’autres groupes de copains, avec en point d’orgue Les Bronzés, réalisé par le même Patrice Leconte qui traite ici d’un nouveau versant de l’amitié.

Il n’est donc pas étonnant de le retrouver ici, suivant les pérégrinations de deux solitaires à la recherche d’une amitié chimérique.

 

François (Daniel Auteuil) est un marchand d’art assez imbuvable, intéressé par les beaux objets et l’argent –l’un ne va pas toujours sans l’autre – et qui se rend compte qu’il n’a pas d’ami. Des connaissances, des relations, il en a. Mais même son cercle le plus proche, il n’en connaît pas vraiment ses membres.

Piqué au vif et surtout découvert par ces derniers, il refuse d’avouer sa solitude et fait même un pari avec son associée Catherine (Julie Gayet), s’engageant à lui présenter son meilleur ami sous dizaine.

Qui va-t-il bien pouvoir présenter ?

 

Patrice Leconte, sur un scénario habile écrit en collaboration avec Jérôme Tonnerre, prend le thème à l’envers de ce que l’on connaît : pas de bande de copains déjà existante, deux hommes seuls, décalés de la réalité commune.

D’un côté François est un antiquaire fort désagréable, négligeant les gens qui l’entourent pour se concentrer sur une future acquisition ; de l’autre Bruno (Danny Boon), chauffeur de taxi et un tel puits de science qu’il barbe son entourage, excepté ses parents (1), mais c’est normal, non ?

 

A nouveau, Patrice Leconte utilise un duo, pas obligatoirement bien assorti à première vue, mais qui se révèle au final être celui qu’il fallait, les deux protagonistes étant complémentaires et après réflexion fort semblables. C’était déjà le cas dans Viens chez moi, j’habite chez une Copine ou Tandem (pour ne citer qu’eux) et il faut reconnaître que ça fonctionne à nouveau à merveille.

Le choix des deux protagonistes en quête d’amitié est aussi un des éléments qui assure la réussite du film.

Daniel Auteuil est à contre-emploi, lui qui fut – plus jeune – un personnage très souvent social, entouré de monde – dont des jolies filles, cela va de soi – et il se retrouve isolé de ne pas avoir pris conscience du monde qui l’entoure et surtout de ceux qui y vivent.

Quant à Danny Boon, son personnage semble le négatif de celui d’Auteuil : à force de se passionner pour tout ce qui l’entoure et d’avoir réponse (presque) à tout, Bruno n’a pas lui non plus pris conscience des gens qui faisaient son entourage : la meilleur preuve en est son mariage et surtout comment il a mal fini.

 

Bref, on a deux cœurs solitaires en quête de chaleur humaine. Bien sûr, ils vont se trouver, et même se retrouver, mais après quels affres.

Et le talent de Patrice Leconte réside dans sa manière de montrer cette quête, jouant avec bonheur des ressorts comiques sans jamais tomber dans l’excès. La relation entre les deux hommes devient progressivement la complicité recherchée, mais ces deux malheureux n’étant pas (plus ?) habitués à l’amitié, qu’ils n’arrivent pas à la distinguer quand elle leur arrive, amenant le déséquilibre inévitable avant la fin heureuse, ce coup de théâtre de dernière minute qui relance l’intrigue, prolongeant l’instant pour notre plus grand plaisir.

 

 

(1) Les parents de Bruno sont interprétés par Marie Pillet et Jacques Mathou, qui apparaissaient dans un autre film de Patrice Leconte dix ans plus tôt : Les grands Ducs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Justice, #Francis Ford Coppola, #Danny de Vito
L'Idéaliste (The Rainmaker - Francis Ford Coppola, 1997)

Rudy Baylor (Matt Damon) sort de la fac Droit, bien déterminé à passer l’examen final afin de se faire sa place dans le barreau de Memphis.

Sauf que le barreau est déjà bien chargé.

IL trouve tout de même une place chez « Bruiser » Stone (Mickey Rourke) avocat marron foncé, et se retrouve à travailler avec Deck Shifflet (Danny de Vito), un presque avocat qui n’a pas réussi l’examen final.

IL se retrouve dans deux affaires : l’une professionnelle, la défense d’un jeune homme – Donny Ray Black (Johnny Whitworth) – atteint de leucémie et que la compagnie d’assurance a refusé de couvrir ; l’autre personnelle, concernant une jeune femme – Kelly Riker (Claire Danes) – battue par son mari (Andrew Shue).

 

A son tour, Francis Ford Coppola se lance dans un film judiciaire, nous montrant qu’il n’y a pas de sujet dans lequel, lui non plus, il ne se sente pas à l’aise (1).

Pour incarner cet idéaliste, Matt Damon – qui va bientôt triompher dans Good Will Hunting (quelques semaines plus tard) – est à la hauteur, flanqué d’un partenaire dont la stature (1,47m) amène un élément comique certain, d’autant plus que ce drôle de personnage (c’est le cas de le dire) ne manque aucune occasion de placer sa carte à des victimes potentielles, qui deviendront alors des sources de revenus non négligeables (2).

Mais cet aspect comique fait long feu quand on entre dans le vif du sujet : les deux affaires.

 

Et ces deux affaires vont permettre à Rudy de gagner son titre (français) d’idéaliste : pour ces deux cas, c’est à plus qu’un avocat que nous avons affaire, tant son combat est juste sur les deux fronts.

Mais cet « idéalisme » a tout de même ses limites, à commencer par Shifflet qui ternit un tantinet l’action de son partenaire par ses pratiques peu orthodoxe (voire illégales).

Face à lui, on trouve un « méchant » bien particulier : Leo F. Drummond (Jon Voight).

Particulier parce qu’il n’est pas un criminel comme ceux qu’il défend : Drummond est un – brillant – avocat engagé par la compagnie d’assurance mise en cause dans le procès.

Et ce même procès nous permet d’admirer la virtuosité de ce défenseur de haut niveau.

Surtout que de son côté, Rudy est à ses débuts, prêtant serment au tout début de la procédure judiciaire (3).

Nous assistons alors à la joute verbale attendue, Rudy étant soutenu par un allié (presque) inattendu : Shifflet, qui n’est pas qu’un limier à la recherche d’argent.

 

Quant au sommet du procès, les plaidoiries, Coppola les évacue avec astuce, nous montrant seulement la fin de celle de Drummond – on s’en fiche un peu, on n’est pas de son côté, et si on doit écouter des arguments un brin outrageants, autant s’en passer – et réduisant celle de Rudy à sa plus simple expression.

Mais malgré tout, l’émotion attendue est là et ce qu’on attendait se produit (4).

Et cette fin heureuse (?) pose alors les limites du titre français : le monologue de Rudy – qui commente régulièrement les différents événements – atténue grandement cet idéalisme qu’on lui a collé à la peau.

 

Mais, et vous allez croire que je fais une fixation, nous avons tout de même notre bout de rédemption (c’est un film américain, ne l’oubliez pas !) : en intégrant la « firme » de Bruiser Stone, Rudy se rend d’une certaine façon complice des exactions de ce dernier.

Et réussir dans les deux affaires annoncées, n’est-ce pas d’une certaine façon se racheter et donc gagner son salut ?

 

  1. A part peut-être la science-fiction où il n’a rien réalisé à ce jour. Et à 80 ans, l’avenir à une certaine tendance à se réduire…

  2. Ils touchent un tiers des indemnités accordées aux plaignants.

  3. On ne peut pas faire plus frais émoulu.

  4. Vous imaginez facilement l’issue du procès…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Mike Nichols
Working Girl (Mike Nichols, 1988)

L’Amérique reaganienne dans toute sa splendeur (1), avec les coupes de cheveux qui vont avec : Working Girl est un produit américain très marqué, véritable témoignage de cette période où l’individualisme et surtout l’ultralibéralisme sont rois.

Alors que le film sort, c’est George Bush (Sr.) qui vient d’être élu et remplacera l’ancien acteur en janvier suivant, continuant le travail de ce prédécesseur si prestigieux (1).

 

Tess McGill (Melanie Griffith) est la secrétaire de Katherine Parker (Sigourney Weaver), une executive woman arrogante qui n’hésite pas à pomper les idées de sa secrétaire pour les faire siennes.

Mais voilà : alors qu’elle part skier dans les Alpes pour le weekend, elle se casse la jambe et se retrouve coincée pour deux semaines loin de New York.

Tess va en profiter pour monter son projet (celui que Katherine voulait lui voler) avec l’aide de Jack Trainer (Harrison Ford) pour une grande firme qui se lance dans la communication.

Bien sûr, Katherine rentrera un jour. Et même un jour très proche…

 

Ce qui marque le plus quand commence le film, ce sont les coiffures : ces brushings qu’on aurait tendance à trouver improbables aujourd’hui et qui furent à cette époque très tendance…

Mais derrière cette comédie un tantinet grinçante, c’est un état des lieux des carrières des femmes qui nous est ici décrit.

Et hormis Katherine, on se rend compte qu’il n’y a que très peu de femmes à des postes (très) importants, voire pas du tout.

Pour trouver une de ces filles au travail (« working girl »), il faut s’arrêter à la case secrétaire, même si ce statut est caché par le terme « assistante ». Et là encore, il n’y a pas d’assistant, ce métier n’étant apparemment pas prisé des hommes.

 

Mais si on suit avec plaisir les pérégrinations de Tess dans ce monde impitoyable, on ne peut que s’indigner de la grande part faite à l’apparence quand on parle d’une femme cadre ou sur un poste à responsabilité. Et la citation de Coco Chanel que Katherine lance à Tess est complètement dans cette tendance : « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe. Si elle est impeccablement vêtue, c’est elle qu’on remarque. »

Mais l’apparence ne se cantonne pas à la tenue vestimentaire : c’est une façon de parler et la coiffure qui font que cette femme sera acceptée pour ce qu’elle veut être, et surtout prise au sérieux.

Il est clair que le premier look de Tess ne la sert pas pour ressembler à une de ces executive women qu’elle veut devenir. Mais encore une fois, à force de persévérance (2) et d’entraînement, elle réussit le pari de paraître ce qu’elle n’est pas.

 

Aux côtés de Melanie Griffith, Harrison Ford est un partenaire fort intéressant, tiraillé entre deux femmes – devinez qui (3) – et surtout il résume bien la situation de ces cadres obligés de réussir leur(s) transaction(s) sous peine de disparaître (professionnellement).

Et leur rencontre fait partie des éléments de comédie qui émaillent cette histoire, au final, pas si drôle que ça.

 

PS : A noter la présence de Kevin Spacey dans un tout petit rôle qui prend une autre saveur quand on sait les soucis qu’il a connus depuis le début de la campagne #metoo…

 

  1. C’est une question de point de vue…
  2. Nous sommes en plein dans le sujet (voir plus haut).
  3. Tess et Katherine, vous aviez deviné, j’espère.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mélodrame, #Joseph Maxwell, #Rudolph Valentino
L'Amant (The married Virgin - Joseph Maxwell, 1918)

Mary McMillan (Vera Sisson) aime Douglas McKee (Frank Newburg) et doit l’épouser.

Mais le comte Roberto di San Fraccini (Rudolph Valentino), maître-chanteur, va la forcer à l’épouser pour sauver son père (Edward Jobson), à l’instigation de sa belle-mère (Kathleen Kirkham), qui a une relation avec le comte.

Mais heureusement, tout se terminera bien pour Mary : le comte s’enfuira, et elle pourra épouser – enfin ! – son amoureux original.

 

Autant le dire tout de suite, c’est bien évidemment la présence de Rudolph Valentino qui donne un intérêt à ce film. Il est encore peu connu et n’a pas encore adopté son nom de scène : il est crédité ici Rodolfo di Valentini, un de ses nombreux pseudonymes qui perdureront jusqu’à sa véritable révélation : Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Rex Ingram, 1921).

Son personnage ici est peu reluisant : un maître-chanteur est systématiquement méprisable par le public (et la jeune première en l’occurrence) et ce malgré son visage avenant qui n’est pas mis en avant comme ce sera le cas quelques années plus tard.

 

Quant à l’intrigue, nous sommes dans un de ces mélos habituels – à l’époque – avec secret de famille – du père surtout – et intrigue menée par la belle-mère infidèle qui a épousé son mari bien évidemment pour son argent.

Pour le reste, la morale est sauve et le titre original donne une indication sur sa résolution : La Mariée vierge (1). Cette notion de virginité permet l’annulation d’un mariage puisque non consommé.

 

Bref, un de ces films qu’on peut oublier dans cette année 1918 qui vit tout de même des films cent fois plus intéressants aux Etats-Unis et ailleurs.

Reste le beau Rudolph, à l’aube de sa courte et prestigieuse carrière, dans un rôle très convenu, mais avec tout de même les prémices de ce qui fera son succès.

 

(1) La traduction littérale serait « la Vierge mariée », mais elle ne serait peut-être pas aussi précise quant au rapport à l’intrigue. Je sais, je pinaille, mais la traduction inclut parfois des nuances très subtiles. De plus, en 1918, une mariée américaine ne pouvait qu’être vierge… Au moins jusqu’à la nuit de noces !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Policier, #Alfred Hitchcock
Le Crime était presque parfait (Dial M for Murder - Alfred Hitchcock, 1954)

Pourquoi tuer sa femme ?

Parce qu’elle est riche. C’est la première raison et très certainement la plus importante. La seconde, elle a une relation avec un autre homme. Bref, deux raisons solides pour s’en débarrasser.

Comment tuer sa femme ?

Faire appel à une vieille connaissance, un tantinet truand afin de se couvrir et de détourner les soupçons. Ensuite, il suffit de motiver cette personne – en la faisant chanter un brin – afin qu’elle vienne vous débarrasser de cet importun fardeau pendant que vous n’êtes pas là.

C’est ce que décide Tony Wendice (Ray Milland) à propos de sa femme Margot (Grace Kelly) qui a en outre une relation avec Mark Halliday (Robert Cummings).

Le quidam pour la basse besogne ? Charles Swann (Anthony Dawson), ancien camarade de promotion. Sauf que…

Sauf que c’est Swann qui est tué. Par Margot.

 

Nous sommes ici à un tournant dans l’œuvre d’Hitchcock, l’un de ses plus grands films policier par la même occasion. En effet, cette fois-ci, il prend comme base le point de vue du tueur – Tony Wendice – et articule son intrigue autour de sa « volonté » de se débarrasser de sa femme pour les raisons évoquées ci-dessus.

Et si le titre original fait référence au coup de téléphone passé par ce même Wendice (il commence par un 6 correspondant à la lettre M), le titre français est plus explicite quant à la démarche de Wendice.

Mais bien sûr, c’est le « presque » qui est le plus intéressant : tout d’abord parce que la victime n’est pas celle escomptée, et aussi parce que sa démarche est au moins aussi intéressante – pour le réalisateur comme pour le spectateur – que le résultat attendu.

 

Tourné en pleine vogue 3D, on pouvait, à sa sortie, muni de lunettes spéciales, apprécier certains éléments du film avec un effet de relief saisissant, accentuant les effets, et surtout la main de Grave Kelly cherchant un moyen de se défendre de son agresseur : la paire de ciseaux.

Cette arme inopinée amène l’une des morts les plus crues filmées par son réalisateur, essentiellement parce qu’on voit comment la blessure devient létale, tuant assurément cet assassin occasionnel.

 

Mais avec ce film, c’est un personnage et surtout un concept de série qui vont germer pendant près de 14 ans : Columbo. N’en déplaise à Wikipédia, l’inspecteur Hubbard (John Williams) est l’archétype du policier qui donnera naissance au policier interprété par le grand Peter Falk. Tout comme lui, il possède un imperméable, mais surtout, il veut passer pour plus idiot qu’il n’est auprès d’un criminel sûr de lui et un tantinet arrogant, afin de mieux le confondre.

La grande différence entre Hubbard et Columbo réside tout de même dans leur origine : Hubbard est définitivement anglais, comme le prouve le dernier plan du film.

Pour le reste, les différents épisodes de la série fonctionnent à peu près comme ce film : on sait qui a fait le coup et l’intérêt réside dans la faculté de déduction du policier à débrouiller l’intrigue.

 

Mais à la différence de la série, nous sommes ici chez Hitchcock (il apparaît, bien sûr) et il vient de découvrir une interprète qui, si elle ne va tourner que trois films avec lui, n’en gardera pas moins une certaine auréole, devenant l’une des actrices fétiches de ce réalisateur : Grace Kelly.

On la connaît surtout pour son rôle aux côté de Gary Cooper dans High Noon (1952), mais sa rencontre avec le grand Hitch va donner un autre – et final – tournant à sa carrière : suite à To catch a Thief (1955), elle épousera Rainer de Monaco et tirera un trait sur le cinéma après seulement 11 films.

 

Quoi qu’il en soit, ici elle interprète une femme abusée avec beaucoup de conviction, même si on peut lui préférer les rôles suivants que lui proposera Hitchcock.

Bien sûr, Ray Milland est – encore une fois – extraordinaire, assassin par procuration d’une habileté diabolique et John Williams fait partie de ces policiers du cinéma qui ne laissent pas indifférent, interprétant un personnage beaucoup plus sagace qu’on ne pouvait l’imaginer, véritable ascendant du petit inspecteur « imaginé » par Richard Levinson et William Link (voir plus haut).

 

Inoubliable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Clint Eastwood
L'Epreuve de force (The Gauntlet - Clint Eastwood, 1977)

Ben Shockley (Clint Eastwood) est un policier minable et alcoolique, passant ses nuits à boire et jouer au poker. Bref, un loser de première.

Il est envoyé par son chef, Blakelock (William Prince), convoyer un témoin de rien du tout pour un procès aussi peu important. Bref, tout se déroule entre minables.

Mais ce témoin se révèle être une femme, Gus Mally (Sondra Locke), et pour un témoin de rien du tout qui doit s’exprimer à un tout petit procès, il y a tout de même beaucoup de gens qui ne veulent pas qu’elle y pointe le bout de son nez.

Mais si Shockley est un minable, il est aussi un flic qui « fait le boulot » jusqu’au bout.

Alors on lui prépare une haie d’honneur (1) bien particulière, sur la route du tribunal, avec bien sûr feu roulant (1) à l’arrivée…

 

Clint Eastwood + policier et dans les années 1970s, on pense tout de suite à Harry Callahan, ce flic (trop) efficace autour duquel s’entasse les cadavres des différents truands qu’il rencontre (quand ce ne sont pas ses partenaires).

Sauf que dès la première apparition de Shockley, on comprend rapidement qu’il n’est pas de la même trempe : alors qu’il sort de sa voiture, il casse son flacon de bourbon, signe d’une (très) mauvaise journée à venir.

Et sur ce point, il n’y a aucun doute : les deux jours que dure l’intrigue vont se révéler décisifs et surtout très éprouvant.

 

L’autre différence entre Harry et Ben, c’est l’intelligence. Alors que Harry possède un minimum de jugeote – sinon, il serait mort dès le premier opus – Ben ne voit pas tellement plus loin  que le bout de son nez. C’est Gus qui va se révéler essentielle dans cette drôle de promenade, inversant à plusieurs occasions les rôles établis entre ces deux personnages : c’est Shockley qui doit protéger Mally et non le contraire.

 

Mais si Ben n’est pas obligatoirement une lumière, il a tout de même du panache, et la séquence centrale du film, qui le voit arriver à Phoenix dans un bus à la cabine blindée est la véritable épreuve de force annoncée : c’est bien une haie d’honneur qui l’attend, et surtout une série de fusillades on ne peut plus nourries, redécorant – définitivement – le bus, sans pour autant toucher les pneus ! (2)

Bref, un road movie policier un tantinet différent où le personnage qu’interprète Clint Eastwood n’est pas infaillible – loin de là – et surtout il ne tue directement personne !

Quant aux déplacements – indispensables à tout road movie – il n’y a que le bateau qui n’est pas utilisé, et la poursuite inévitable et spectaculaire se déroule entre Shockley & Mally à moto (empruntée à des Hell’s Angels) et un hélicoptère dont un des occupants leur tire dessus.

Impressionnant.

 

Un mot pour finir à propos de l’affiche. On y voit Clint Eastwood l’arme au poing et Sondra Locke blotti à son côté devant le bus criblé d’impacts de balles. C’est une véritable vision post-apocalyptique – de style Mad Max – qui n’a que peu de rapport avec la réalité de l’intrigue, bien ancrée dans l’époque de la sortie du film.

Il n’empêche, elle a de l’allure.

 

  1. Traductions possibles de « gauntlet », le titre original, qui ne désigne pas seulement un gantelet chevaleresque qu’on peut relever. Ma préférence va tout de même pour le feu, comme l’indique l’affiche originale.
  2. Cette particularité m’a toujours étonné à chaque vision : comment autant de flingues tirant autant de balles peuvent-ils ne pas atteindre les roues et immobiliser le véhicule une bonne fois pour toutes ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #William S. Hart, #Charles Swickard, #Muet
Le Justicier (Hell's Hinges - Charles Swickard & William S. Hart, 1916)

Pendant que la guerre fait rage en Europe, la production hollywoodienne continue, installant pour longtemps sa suprématie sur le monde.

Voici un western – encore un – plutôt édifiant, où le rôle de la religion est, pour une fois central. Bien sûr, il y est question de rédemption, mais c’est tout de même un western à part dans la production foisonnante américaine.

 

Le jeune pasteur Rober Henley (Jack Standing) n’a pas encore de paroisse et pour cause : il manque cruellement de caractère. Mais soutenu par sa sœur qui a une confiance aveugle dans ses capacités, il se retrouve nommé en pleine campagne, là où les paroissiens sont réputés plus doux.

Mais en guise de campagne, c’est l’Ouest (sauvage, bien sûr) qui est sa destination, dans la petite ville de Placer Center (« Centre des Alluvions ») que les autochtones ont tendance à surnommer « Hell’s Hinges » (« Les Charnières de l’Enfer »), d’où le titre original.

Cette petite ville est dominée par deux personnalités fortes : Silk Miller (Alfred Hollingsworth) et « Blaze » Tracy (William S. Hart). Chacun a sa spécialité : Miller dirige le saloon tandis que Blaze est une très fine gâchette, tirant au pistolet d’abord et posant les questions ensuite.

Alors quand le pasteur débarque dans ce lieu sans foi ni loi (littéralement), on peut s’attendre à une recrudescence de la violence.

Ce sera le cas, mais pas comme on pouvait le craindre.

 

Bien sûr, William S. Hart est ce justicier du titre français, touché par la grâce et en quête d’une rédemption qui viendra à lui, mais de manière fort brutale.

D’une manière générale, d’ailleurs, le film est d’une violence assez crue, les morts s’accumulant progressivement. La première vision que nous avons de Hell’s Hinges, d’ailleurs, est un échange de coups de feu avec un premier mort, qui amène une nouvelle fusillade, (etc.)…

Et l’attente du pasteur par deux comités de réception est dans la plus pure tradition de l’Ouest.

D’un côté les fidèles – the petticoat Brigade (« la brigade enjuponnée ») – qui attend avec fébrilité le retour dans Dieu dans cet enfer ; de l’autre les cowboys goguenards qui en sont pas sans rappeler ceux qui s’occupaient des pieds-tendres à leur arrivée (1). Nous avons même droit à une séance de tir au revolver où Blaze montre son habileté en tirant à plusieurs reprises sur une boîte sur laquelle est dessiné un pasteur.

Mais, et sinon le film se terminerait là, la sœur du pasteur tape dans l’œil de Blaze qui va changer du tout au tout et protéger ces nouveaux-venus, commençant alors sa quête de salut.

 

Mais comme nous sommes dans l’ouest et que le surnom de la ville n’est pas usurpé, nous assisterons à des exactions instiguées par l’ignoble Silk Miller qui n’amèneront rien moins que le chaos, avec explication finale aux pistolets et autres carabines.

Mais revenons sur Miller. Il est estampillé grand méchant de l’intrigue et porte très bien cette appellation.

Par contre, on ne peut ignorer la xénophobie sous-jacente dirigée contre ce personnage : Miller est présenté comme un le croisement d’un Mexicain à la « ruse huileuse » (i.e. qui glisse entre les doigts) et d’un crotale. Bref, une personne vraiment peu recommandable, dans laquelle on sous-entend un métissage forcément maléfique (2).

 

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un western plutôt plaisant, même si on se demande bien pourquoi on a utilisé le terme « justicier » pour le titre : si faire justice, c’est ça, il n’y a pas de quoi être bien fier.

Certes, Blaze a les allures du justicier comme l’imagerie populaire a pu le montrer, mais seulement les allures : ses pratiques ne sont pas spécialement placées sous l’égide du Droit (voir plus haut), et quand on voit le résultat final, on a de quoi être franchement dubitatif.

Mais qu’attendre d’un endroit qui s’appelle Hell’s Hinges ?

 

PS : c’est une copie de très bonne facture qui est disponible actuellement, avec accompagnement au piano et les teintes originales conservées (intérieur, nuit…), avec en prime quand c’était possible (la plupart du temps) des intertitres originaux illustrés de très belle facture.

 

  1. Voir à ce sujet le magnifique album de Morris et Goscinny : Le Pied-Tendre (Dargaud, 1968).
  2. Revoir, à ce sujet The Half-Breed qui sortira le 30 juillet de cette même année.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Gus van Sant
Will Hunting (Good Will Hunting - Gus van Sant, 1997)

Will Hunting est un garçon très simple : il fait le ménage au MIT (Massachusetts Institute of Technology), sort le soir se saouler avec ses copains, et drague les filles quand l’occasion se présente.

Mais derrière cette vie insouciante se cache un secret : Will est surdoué. En plus ‘une mémoire prodigieuse, il possède le génie des mathématiques, ce qui lui fait répondre aux différentes colles que pose Gerald Lambeau (Stellan Skarsgård), médaillé Fields, à ses élèves.

Mais la vie simple de Will est aussi constituée de violence et c’est pour voie de fait qu’il est jugé, risquant la prison.

Lambeau va alors prendre en main Will et lui éviter le séjour à l’ombre. Il devra faire des maths avec lui (jusque là, tout va bien) et suivre une thérapie. Mais cette dernière condition se révèle la plus difficile : Will refuse et use les psys les uns après les autres, jusqu’à ce que Lambeau fasse appel à un vieux copain de fac : Sean Maguire (Robin Williams).

 

Encore un film avec des bons sentiments, allez vous peut-être me dire. Oui. Mais ce n’est pas rédhibitoire pour avoir un bon film. La preuve !

Ce film, réalisé par Van Sant, est avant tout une brillante idée de deux acteurs encore peu célèbres quand il sort en décembre 1997. Matt Damon et Ben Affleck (Chuck, le meilleur ami de Will) ne sont pas les stars reconnues aujourd’hui, ce qui leur permet cette liberté par rapport à l’intrigue. De plus, ils se créent un répertoire, épaulés par quelques noms : van Sant tout d’abord, et Robin Williams qui marche allègrement dans cette aventure humaine.

Et si Ben Affleck dut attendre encore un petit peu avant de devenir celui qu’on célèbre aujourd’hui, pour Matt Damon, ce fut la révélation de l’année.

 

Il est clair que cette intrigue singulière allait intéresser Gus van Sant, où Will Hunting est, malgré son génie, un marginal en quête de sensations fortes, sans cesse dans la fuite en avant, refusant un quelconque engagement.

Et Matt Damon, incarne très bien ce jeune homme qui a peur de l’avenir, préférant végéter plutôt que s’engager : professionnellement, amoureusement et d’une certaine façon, socialement. Sa meilleure défense contre l’extérieur, c’est son verbe : sa grande intelligence lui a permis d’ingurgiter de très nombreux ouvrages dans différents domaines – arts, Droit, maths (bien sûr) etc. – et lui sert à se cacher voire se réfugier. A chaque comparution (nombreuses, Will et ses copains ne sont pas des tendres), il fait un discours qui embobine le juge et lui permet de s’en sortir.

Mais cette fois-ci, le juge fait la sourde oreille et c’est tant mieux : nous allons pouvoir avoir le déséquilibre qui manquait afin de lui permettre de grandir.

Evidemment, on pense à la rédemption, mais ce n’est pas aussi évident que d’habitude, la dimension mystique n’étant pas vraiment là.

 

Et au final, c’est un film un tantinet initiatique qui nous est proposé, Will oscillant sans cesse entre sa vie simple et confortable (1) et de nouvelles expériences qui feront de lui un homme, en opposition à l’enfant qu’il est comme le qualifie Sean, son psy opiniâtre.

Et bien sûr, nous aurons une fin heureuse, mais là encore tout est dans la manière d’y arriver et le jeu des différents interprètes est primordial, de Matt Damon à Robin William en passant par Stellan Skarsgård et Minnie Driver (Skylar, la petite amie de Will), sans oublier le catalyseur Chuck qui sera le dernier adjuvant de Will pour accéder au statut d’« homme ».

25 ans (presque) après sa sortie, le plaisir et l’émotion sont intacts et un film où Robin Williams est tout en sobriété dans son jeu est aussi une bonne raison de le voir.

 

(1) On parlerait aujourd’hui de « zone de confort » !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Road Movie, #Ben Stiller
La Vie rêvée de Walter Mitty (The secret Life of Walter Mitty - Ben Stiller, 2013)

Walter Mitty (Ben Stiller) est un rêveur. Il travaille chez Life depuis seize ans et pour son anniversaire, outre un gâteau à la mandarine, il a reçu la terrible nouvelle : Life ne va plus paraître que sur internet.

Terminé l’exemplaire en papier, et donc beaucoup de l’activité de ce magazine légendaire.

Pour la dernière couverture, le célèbre photographe Sean O’Connell (Sean Penn), a prévu la « quintessence de la vie ».

Sauf que le négatif (O’Connell travaille à l’ancienne, avec de l’argentique !) n’est pas dans la pellicule à développer.

C’est alors une quête pour retrouver ce cliché perdu qui va emmener Walter à l’autre bout du monde, pour se rendre compte que le cliché n’était pas si loin que ça…

 

Pardonnez-moi cette petite indication quant à la résolution de l’intrigue, mais elle ne porte tout de même pas beaucoup à conséquence, la révélation finale restant à découvrir (si vous n’avez pas vu le film, bien sûr…).

Je ne m’avancerais pas non plus en disant que ce film est, malgré la mauvaise nouvelle originelle, une comédie. C’est Ben Stiller qui dirige et la comédie, c’est tout de même son truc.

Et cette comédie est des plus subtiles, transformant le film en road movie d’où Walter sortira changé, un peu moins rêveur peut-être (encore que), mais beaucoup plus assuré.

 

Il faut dire que le voyage qui lui est proposé (imposé ?) va l’amener dans des situations fort particulières voire très dangereuses, à la recherche du photographe qui saura lui dire où est le négatif.

Tout commence à New York (et y finira bien sûr), puis c’est le Groenland, l’Islande et l’Afghanistan, occasions de magnifiques prises de vue colorées.

Et d’une manière générale, il y a un grand souci de prises de vue tout au long du film, amenant des cadrages singuliers mais pertinents.

Mais comme Walter est un rêveur, nous assistons souvent à des incursions de rêve dans la réalité, allant jusqu’à nous demander si ce que nous voyons est réellement en train de se passer. Et à chaque fois, les images nous aident à nous y retrouver, confirmant ce voyage merveilleux et initiatique qui l’amènera sur les pentes de l’Himalaya.

 

Ce n’est pas la première fois que cette nouvelle de James Thurber est adaptée au cinéma. Ce fut déjà le cas en 1947 avec Danny Kaye dans le rôle-titre. Mais alors que le film de Norman Z. McLeod tournait à l’aventure et l’espionnage, ici, nous restons dans une intrigue simple, un voyage initiatique jusqu’au bout de soi vers une transfiguration inévitable.

Et Ben Stiller, en plus de réaliser, est un Walter Mitty bien sympathique, entouré de quelques adjuvants du même acabit – sa mère (Shirley MacLaine) et sa sœur (Katherine Hahn) ; Cheryl (Kristen Wiig) qu’il aime en secret ; et Todd (Patton Oswalt), qui s’occupe de son compte sur un site de rencontre – mais aussi talonné par un trio d’infâmes barbus : ceux qui doivent assurer le passage au numérique de Life, et donc de supprimer du personnel.

Ces odieux personnages sont franchement détestables et comme le suggérerait Walter s’il ne rêvait pas : « la barbe, c’est bien quand on s’appelle Dumbledore ! »

 

Laissez-vous donc emporter par cette vie rêvée (en partie) mais surtout secrète (le titre original) qui joue aussi avec les mots, les intégrant avec beaucoup de bonheur dans les images, que ce soit dans le générique d’introduction ou tout au long du film (1).

Quant au générique de fin, il reste dans le ton du film, dernier clin d’œil à ceux qui firent de Life ce grand magazine incontournable : les photographes.

A voir.

 

(1) La devise de Life est d’ailleurs habilement intégrée au film.

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