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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Sport, #Hugh Hudson, #Lindsay Anderson
Les Chariots de feu (Chariots of Fire - Hugh Hudson, 1981)

En 1924, Paris accueillait (déjà) les Jeux Olympiques.

Le film de Hugh Hudson revient sur les épreuves d’athlétisme et surtout de course, dans lesquelles participaient quelques jeunes britanniques dont Harold Abrahams (Ben Cross) et Eric Liddell (Ian Charleson), tous deux médaillés d’or (1).

Avec ce film, Hugh Hudson remet à l’honneur deux grands champions anglais dont l’un venait de mourir  quelques années plus tôt (Abrahams, le 14 janvier 1978).

Le film s’ouvre sur Lord Lindsey (Nigel Havers) qui fait l’éloge funèbre de son compagnon, nous faisant basculer dans l’Angleterre de l’après Première Guerre Mondiale, en partie à Oxford, et le reste à Paris pour le grand événement.

 

C’est une très belle reconstitution que nous avons là, Hudson prenant un soin particulier aux tenues et autres accessoires tirés de cette époque de répit, suite à cette guerre (inutile, bien sûr) si meurtrière.

C’est généreux, c’est bourré de bons sentiments et toute cette sorte de choses, mais on y trouve aussi quelques attitudes britanniques beaucoup moins glorieuses, et en particulier les deux mandarins de Cambridge : le principal de Trinity College (Sir John Gielgud) et celui de Caïus (Lindsay Anderson).

 

Ces deux « gentlemen » représentent une frange on ne peut plus conservatrice d’une société qui disparaît et leur attitude envers Abrahams n’est pas exempte de tout reproche. Au contraire, le judaïsme de ce dernier n’est que très peu accepté (surtout pour celui de Caïus), n’hésitant pas à le rabaisser puisque n’ayant pas réussi à le convaincre.

Autre paria de l’intrigue : Sam Mussabini (Ian Holm, toujours impeccable). Il est l’entraîneur d’Abrahams, interdit un peu partout en Angleterre, et ses origines « métèques » ne semblent pas étrangères à cet état de fait : moitié italien et moitié arabe, dans cette société archaïque qui parle de « race » pour l’appartenance à un pays, il se retrouve doublement relégué sur la touche (2).

 

Bref, Hudson ne fait pas l’impasse sur les travers de cette société dans une période qui va devenir de plus en plus troublée avec la montée des totalitarismes et leur tentation même sur le sol anglais. L’antisémitisme feutré des deux représentants de Cambridge nous rappelle que la société n’était pas toujours tendre avec ses Juifs, et on peut se demander quel aurait été le sort d’Abrahams auprès de ses concitoyens en cas de défaite.

 

Mais la question en se pose pas et nous assistons avec plaisir – surtout pour ceux qui aiment le sport – à cet événement où le dépassement de soi est de mise comme le rappelle la devise des Jeux : « Plus vite, plus haut, plus fort. »

Sans oublier toutefois l’un des éléments qui fit beaucoup pour le succès du film, la musique qui est devenue depuis indissociable de Vangelis (Papathanassiou).

Et bien sûr, du fait de la course à pied, nous ne pouvions passer à côté du cantique Jerusalem d’Hubert Parry, tiré d’un poème de William Blake et qui commence ainsi : « and did those feet, in ancient time / Walk upon England’s mountains green ? » (3).

Mais l’utilisation de cet hymne par les Monty Python ne peut toutefois pas m’empêcher d’esquisser un sourire, un tantinet déplacé dans le contexte de l’intrigue…

 

Décidément, 1981 fut une bonne année pour courir : quatre mois (environ) après la sortie du film, Peter Weir proposait Gallipoli, autre film de coureurs, mais beaucoup moins optimiste.

 

PS : c’est lors de ces jeux que fut révélé un jeune athlète (20 ans) qu’on retrouvera quelques années plus tard à Hollywood : Johnny Weissmuller (3 médailles d’or, excusez du peu).

 

  1. Je ne révèle rien : c’est dans tous les livres d’histoire du sport anglais.
  2. La place de l’entraîneur, surtout dans les sports collectifs.
  3. « Dans les temps anciens, ces pieds ont-ils/Foulé les vertes montagnes d'Angleterre ?»

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Nicholas Ray, #Joan Crawford
Johnny Guitar (Nicholas Ray, 1954)

Une affaire de femmes.
Non, ce n’est pas un film de Chabrol, mais bien un western très particulier de Nicholas Ray. Très particulier du fait de la place laissée aux deux femmes qui envahissent l’écran : Joan Crawford (Vienna) et Mercedes McCambridge (Emma).

Et si le titre Johnny Guitar se réfère à un homme (Sterling Hayden), ce sont bien les deux femmes qui soutiennent l’intrigue et dirigent tout le monde, chacune de son côté.

Mais reprenons.

 

Alors que le chemin de fer progresse inexorablement, le saloon de Vienna se tient seul au milieu de nulle part, sur le futur tracé.

Ce saloon accueille tout le monde, sans distinction, Vienna ne s’occupant pas des affaires des autres.

Parmi ses clients, le Dancing Kid (Scott Brady) et sa bande – Bart (Ernest Borgnine), Corey (Royal Dano) et Turkey (Ben Cooper) – dont les revenus sont suspects aux yeux des autres habitants de la région.

Alors quand la diligence est attaquée et le frère d’Emma tué, les braves citoyens se rendent directement chez Vienna, espérant y trouver le Kid et pourquoi pas en profiter pour le pendre.

C’est dans ce climat tendu qu’apparaît Johnny Guitar, engagé par Vienna pour améliorer l’ambiance dans son saloon.

 

Du « sur mesure » !

C’est ce qu’on constate en voyant ce film : tout gravite autour de Joan Crawford qui, ayant revendu les droits du roman original à Republic Pictures, démontre une nouvelle fois qu’elle était une star absolue et une actrice extraordinaire. Et aussi une femme de (mauvais) caractère, si on en croit les différentes anecdotes qui émaillent le tournage.

En face d’elle, on trouve une autre grande actrice : Mercedes McCambridge qui tient la dragée (très) haute à la grande Joan, imposant son personnage de femme-maîtresse au même niveau que celui de Vienna.

La rivalité fut donc des deux côtés de la caméra, Joan et ses caprices ayant usé beaucoup de patiences…

 

De plus, quand sort le film (5 mai), l’Amérique vit la fin du maccarthysme, et ce fléau anti-démocratique se ressent dans le rôle de Vienna. Nicholas Ray profite de la séance d’arrestation (musclée) de cette dernière pour critiquer les pratiques du sénateur et sa « Commission des Affaires Anti-Américaines ».

La couleur est annoncée dès l’irruption du groupe aux velléités de lynchage : Vienna joue du piano (assis) dans une robe blanche immaculée, symbole évident de son innocence. S’ensuit un (beau) monologue dans lequel elle reproche à ses visiteurs leur manque de jugement et surtout leur injustice flagrante, menés par une femme aux motivations qui ne rejoignent pas obligatoirement l’intérêt général.

C’est une belle scène qui nous est offerte, Vienna/Crawford y étant superbe en porte-parole du réalisateur.


Cette arrestation amène un lynchage qui tourne court – Vienna sera sauvée, heureusement (1) – mais qui n’en demeure pas moins un élément marquant du film.

On se souvient du magnifique Ox-bow Incident qui traitait déjà de ce thème dans lequel on exécutait trois innocents. Ici, Ray va un tout petit peu plus lin dans la démonstration : certes Turkey n’est pas tout blanc, mais les conditions du lynchage sont aussi fortes que dans le film de Wellman. ON sent le malaise gagner les différentes participants qui se rendent compte de l’attitude outrancière voire insensée d’Emma, refroidissant alors leurs ardeurs.

Mais l’exécution de Turkey a tout de même lieu, la pendaison étant peut-être plus choquante du fait de la présence de sang dans le cou du jeune homme (blessure antérieure), et aussi parce que le montage coupe le plan au moment où le cheval se dérobe sous Turkey, soit un peu plus tard que l’avait fait Wellman. Un moment inoubliable : l’ayant vu une première fois il y a plus de 30 ans (2), je trouve que son intensité est la même.

 

Au final, un western inoubliable (encore un !) et surtout original : ici ce sont les femmes qui commandent et qui règlent les problèmes, à l’encontre des westerns plus traditionnels qu’on trouve à la même période. De plus, le duo infernal Crawford/McCambridge amène ce film à un haut niveau, faisant de ce western l’un des plus grands de la production hollywoodienne, aux côtés de ceux de Ford, Hawks (& C°).

 

  1. Sinon, pas de duel final !
  2. Ah, La Dernière Séance… Merci monsieur Eddy !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Anthony Hopkins
Slipstream (Anthony Hopkins, 2007)

« Slipstream », si on en croit Wikipedia (encore elle) est la zone de basse pression qui est créée par un objet en mouvement et qui suit cet objet, amenant une aspiration.

Ici, c’est le cerveau de Felix Bonhoeffer (Anthony Hopkins) qui est sans cesse en mouvement, amenant une aspiration de son esprit et créant des perturbations de l’image, la caméra passant régulièrement du niveau subjectif au niveau objectif, créant par là même aussi une confusion dans l’esprit des spectateurs.

 

Il est très difficile de résumer l’intrigue de ce film très déroutant du fait d’une multitude de niveaux : Felix est scénariste pour le cinéma et chaque élément de sa propre vie devient prétexte à une espèce de délire en rapport avec un scénario qu’il est en train d’élaborer.

Bref, c’est très complexe et on se demande à tout bout de champ si ce que nous voyons est la réalité ou une de ses fantasmagories mentales.

Le désordre ambiant est en plus accentué par un montage dynamique qui devient rapidement gênant, parasitant la compréhension de la situation générale.

 

Et c’est après la première demi-heure du film qu’on a enfin un repère : ce que nous avons vu était le fait d’un tournage cinématographique. Mais l’intervention régulière du scénariste dans l’intrigue relative à ce tournage ajoute à la confusion.

Et c’est comme ça pendant tout le film, où les personnages apparaissent et disparaissent à volonté (1), éclatant le continuum temporel.

Bref, c’est un film difficilement compréhensible où le spectateur est brinquebalé dans les délires d’un esprit rendu malade par son travail.

 

Et quand une esquisse d’explication est envisagée – vers la fin – on a tout de même du mal à se raccrocher à quelque chose de rationnel.

Le film fut un échec commercial, mais ce n’est pas surprenant : on ne sait pas où se positionner par rapport à cette déferlante d’images et le montage (trop) dynamique achève de nous donner le tournis et envie de décrocher.

Le seul aspect positif que je vois dans ce film, c’est les différentes prises de vue jouant sur l’opposition couleur/noir et blanc ou des effets en miroir. A cela s’ajoutent des surimpressions récurrentes qui rendent très bien ce qu’il peut se passer dans un esprit humain tourmenté.

Mais comme déjà dit deux fois, le montage est trop rapide et annihile ces bonnes intentions.

 

Et au final, on ne sait que penser de ce qu’on a vu, le réalisateur ajoutant une sorte de basculement final qui ne fait absolument rien pour nous éclairer.

De plus, j’ai un faible pour les films d’acteurs. Et là, je ne retrouve pas la générosité habituelle ni une lecteur très fluide.

Dommage.

 

PS : on notera l’une des dernières apparitions de Kevin « Bodysnatcher » McCarthy au cinéma.

 

  1. Celle du réalisateur du film ou/et de son personnage scénariste qui sont une seule et même personne : Anthony Hopkins.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Alfred Hitchcock
L'Ombre d'un doute (Shadow of a Doubt - Alfred Hitchcock, 1943)

Charlie (Teresa Wright) s’ennuie dans la petite ville de Santa Rosa (Cal.). Les jours se répètent inlassablement entre sa mère (Patricia Collinge) au foyer, son père (Henry Travers), banquier passionné de crimes, et ses frère et sœur Roger et Ann (Edna May Wonacoff).

Alors elle souhaite que son oncle Charlie (Joseph Cotten les visite pour leur remonter le moral.

Ca tombe bien, Charlie (l’oncle) a besoin de changer d’air et a prévu de quitter la côte Est pour aller les voir.

Mais qui est donc cet oncle secret et pourquoi a-t-il besoin de changer d’air ? Surtout que dans le même temps, un tueur de « veuves joyeuses » sévit, éliminant ses riches victimes avant de disparaître avec leur argent.

Et pourquoi la valse Heure exquise (1) vient-elle résonner dans la tête de l’autre Charlie ?

 

Sixième film américain d’Hitchcock (en trois ans !), L’Ombre d’un doute est très certainement l’un de ses meilleurs, son préféré s’il faut en croire le maître lui-même. Il faut dire que c’est avant tout l’atmosphère qui prime dans ce film, amenant une tension de plus en plus palpable, dans une intrigue très inquiétante.

La présence de Joseph Cotten dans le rôle de l’oncle mystérieux y est pour beaucoup. Il faut dire que son physique de jeune homme très bien accentue la noirceur présumée (2) de son personnage.

Et Hitchcock joue longtemps avec le spectateur avant de lui révéler la vérité, amenant certaines réparties qui font pencher la balance d’un côté plus que de l’autre, ainsi que certaines attitudes qui ne trompent pas.

 La grande idée du scénario vient de la dualité des Charlie : d’un côté l’oncle sombre et de l’autre la jeune nièce très vivante qui semble renaître à l’arrivée de ce dernier.

Et Hitchcock insiste sur le lien qui les unit, jouant sur la coïncidence (?) qui l’amène alors qu’elle voulait l’inviter, et la complicité qui s’installe à nouveau (pour eux mais pas pour nous qui découvrons). Sans oublier les deux plans qui nous présentent ces deux personnes : pour chacun d’eux, nous les découvrons allongé sur leur lit, découragé (désabusé ?), avec un désir inextinguible de changement.

 

Mais l’ombre du doute dont parle le titre va détendre le lien entre ces deux personnes, et progressivement ils vont s’éloigner mais sans pour autant se perdre de vue : s’il s’agit du tueur, Charlie va devenir une menace pour lui. Et s’il ne l’est pas, comment pourra-t-elle revenir ?

 

[Je ne peux continuer sans donner la résolution de l’intrigue. Si vous n’avez pas vu le film, revenez plus tard (demain par exemple). Pour les autres, je continue :]

 

Bien sûr, elle ne reviendra pas : Charlie est le tueur de veuves. Et dès la révélation – pour l’autre Charlie – commence ce qu’on aime chez Hitchcock : l’installation d’un suspense, ici motivé par le danger qui guette Charlie face à cet homme sans scrupule et qui n’hésitera pas à la tuer pour s’en sortir.

Nous avons alors droit à des plans fixes qui accentuent la menace pour la nièce, ainsi  que la culpabilité de l’oncle. On retrouve ces mêmes plans dans le reste de l’œuvre du maître : une réalisation simple, minimale mais aux effets des plus intenses. C’est l’oncle le long de la maison qui attend la jeune femme, ou une caméra subjective qui suit la marche de Charlie (la fille) s’approchant de cet être dangereux. Sans oublier un jeu d’ombre et de lumière (bien sûr !) indispensable dans une telle intrigue : le noir l’emporte souvent mais malgré tout on ne peut négliger l’aspect lumineux des personnages, même l’oncle qui aime sincèrement sa nièce. Mais ça, c’était avant.

 

Et comme nous sommes chez Hitchcock, nous retrouvons un humour de bon ton qui fleurit tout le long du film : le père et son voisin Herb (Hume Cronyn) férus de romans policiers et autres histoires de meurtres (irrésolus aussi !) qui passent leur temps à imaginer la meilleure façon de s’éliminer l’un et l’autre, dans un souci criminel autant qu’esthétique ; la jeune Ann qui lit beaucoup et retient. Sans oublier le célèbre McGuffin : c’est une bague d’émeraude que Charlie offre à Charlie. Et Charlie apparaît, la bague au doigt en descendant l’escalier, tout comme était apparue la nouvelle Mrs de Winter dans les habits de Rebecca presque trois ans plus tôt.

 

Du grand Hitchcock. Encore !

 

  1. Tirée de l’opérette La Veuve joyeuse de Franz Lehár…
  2. On ne sait pas tout de suite s’il est ou non un tueur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Jake Kasdan
Jumanji : Bienvenue dans la Jungle (Jumanji: Welcome to the Jungle - Jake Kasdan, 2017)

Réjouissant.

C’est le qualificatif qui me vient naturellement après le visionnage de ce nouveau volet du jeu Jumanji. Et pourtant, ce n’était pas gagné : j’avais peu envie de le voir !

Rappelez-vous : dans le film de Joe Johnston, des jeunes gens se lançaient – légèrement au début puis beaucoup moins – dans une partie de Jumanji qui avait la particularité d’insérer les écueils dans la vraie vie. En prime, un jeune garçon qui avait commencé une partie quelques décennies plus tôt les rejoignait.

Ici, c’est (presque) pareil.

 

Jake Kasdan (le fils de Lawrence) reprend les mêmes ingrédients et ouvre avec le jeune Alex (Mason Guccione/Nick Jonas) qui commence la partie. Puis nous avons un saut dans le temps et nous retrouvons un quarteron vedette, ceux qui reprennent la partie : Spencer (Alex Wolff/Dwayne Johnson), Fridge (Ser’Darius Blain/Kevin Hart), Bethany (Madison Iseman/Jack Black) et Martha (Morgan Turner/Karen Gillan).

Mais attention, alors que le film de Johnston utilisait un jeu de plateau traditionnel avec pions qui se déplacent, ici c’est une version numérique avec une console.

Et alors que les incidents arrivaient dans le monde des joueurs, ici ce sont les joueurs qui sont envoyés sur place, dans cette jungle hostile annoncée par le titre.

 

C’est d’ailleurs le passage dans le monde virtuel (et pourtant bien réel !) qui est la source du comique du film. En effet, on rit souvent des différents décalages entre ces adolescents livrés à eux-mêmes dans des corps d’adultes. La palme revenant à Bethany qui devient un homme, avec des petits désagréments absolument inattendus : le fait d’uriner en fait partie…

Et on peut alors savourer le jeu de Jack Black (toujours aussi bon d’ailleurs) dans ce rôle transgenre : jouer une jeune fille quand on est un adulte plutôt épais et de surcroît barbu sans tomber dans la caricature mérite d’être distingué.

L’autre bonne surprise, c’est Dwayne Johnson et ses gros biscoteaux. IL interprète le joueur aventurier sans faiblesse, celui qui permet de gagner la partie, mais avec un handicap certain : Spencer, dans la vraie vie est un « nerd », une espèce d’intello à la connotation péjorative.

Et surtout, le vrai Spencer est un empoté, surtout auprès des filles. On retrouve alors ce décalage sur le grand corps fort et musclé de l’ancien catcheur.

 

Bref, ce décalage permet au film de virer dans la comédie et de tenir son rang par rapport au film de 1995. Bien sûr, les effets numériques ajoutent au spectacle mais ce n’est pas dans ce domaine que le film est le plus intéressant.

Kasdan dépoussière le thème et s’en tire très bien, amenant la comédie là où on ne l’attendait pas, en utilisant avec bonheur les ressorts du jeu vidéo (nombre de vies, caractéristiques…).

On s’amuse de ses ados un peu empêtrés dans cette histoire tout en vivant certains éléments de leur âge qui ne sont pas obligatoirement très agfréables, surtout devant les autres : le baiser entre Martha/Gillan et Spencer/Johnson vaut à lui seul le déplacement.

 

Alors allez-y, oubliez le film de Johnston et régalez-vous de cette comédie dont la grande prétention est de faire rire : elle y parvient !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Kevin Costner
The Postman (Kevin Costner, 1997)

Etats-Unis, 2013.

Enfin 2013 vu depuis 1997, soit une quinzaine d’années plus tard.

Nous sommes dans une période post-guerre (1) qui laissa un pays exsangue et une désorganisation générale, dominée par l’armée des Holnistes, suiveurs d’un paysan opportuniste, et menés par le terrible général Bethlehem (Will Patton).

Face à cette armée omnipotente, un homme remet en place un service public : la poste. Son nom : Le Postier (Kevin Costner).

 

Kevin Costner qui nous avait gratifiés d’un extraordinaire Dances with Wolves nous propose ici un western assez atypique.

En effet, alors que le Western est – à juste titre – lié aux débuts du cinéma et surtout à la période qui en a vu la naissance, il projette le genre une centaine d’années pus tard.

Nous spectateurs de 2020 savons que l’anticipation est un tantinet exagérée, mais il n’empêche : Costner construit son film comme un de ceux qui firent de l’Ouest un univers mythique.

En effet, outre les grands espaces chers à ses prédécesseurs (Ford, Hawks, Walsh, etc.), c’est une nouvelle accession à la civilisation qui nous est proposée ici.

 

D’ailleurs, la séquence d’introduction ne laisse aucune alternative : nous sommes dans un western et puis c’est tut.

L’armée de Bethlehem arrive dans un village afin de se ravitailler (2). Ensuite, la divergence s’installe et nous assistons à un road-movie mettant en scène un homme qui n’est pas vraiment ce qu’il prétend être : le postier. Ce postier est avant tout un opportuniste. Comme il le dit lui-même : « si tu savais comment je suis devenu postier, tu en rirais ou en pleurerais. »

Et c’est vrai que c’est une drôle d’opportunité qui se présente à cet homme : seul, transi et trempé jusqu’aux os, il trouve une fourgonnette de la poste et le courrier qui va avec. Après avoir allumé un peu de feu (chaleur) avec les premières lettres, il prend conscience du pouvoir e ces lettres et surtout de l’espoir qu’elles renferment. A cela se mêle un brin d’opportunisme et vous avez une mission qui se trace devant notre homme, une sorte de sauf-conduit dans cette période on ne peut plus troublée.

 

Et cette histoire de Poste – restante, cela va de soi puisque le système est tombé en 2001 et nous sommes en 2013 – possède des accents un peu prémonitoires qui ont un réel écho dans notre monde de 2020. En effet, ce que propose ce postier occasionnel, ce n’est rien d’autre que de réinstaurer du lien social dans un système abandonné. Et bien sûr, il y parvient. Mais il ne faut pas être très regardant sur la manière : c’est l’occasion qui fait le larron, comme on dit, mais ici qui fait le postier. Mais c’est surtout l’espoir qu’il génère qui fait le reste : sans le vouloir – et surtout pour des débarrasser d’un importun (Larenz Tate) – il nomme un suiveur qui va essaimer, amenant une situation qui va complètement lui échapper : on parle de lui comme d’un héros extraordinaire et inaccessible. Et cette inaccessibilité ne peut être reprochée à ce suiveur – Ford Lincoln Mercury, alias John Stephens (le même Tate) – d’user des mêmes méthodes que son prédécesseur.

 

Et puis il y a la dimension western. Outre les grands paysages dont j’ai déjà parlés, nous retrouvons une configuration qui n’est pas sans rappeler la Guerre de Sécession. En effet, nous avons d’un côté le postier et ses suiveurs, qui en plus portent l’uniforme bleu qui n’est pas sans rappeler celui de l’Union, et de l’autre des hors-la-loi menés par un chef illégitime, avec des tenues plus ou moins disparates, censées rappeler celles du Sud.

Et bien sûr, vous devinerez qui l’emporte…

 

Bref, un western « moderne » qui n’eut pas le succès escompté ni encore moins mérité.

A (re)voir !

 

  1. D’après la chronologie Wikipedia, c’était entre 1998 et 2001.
  2. Ca devrait vous rappeler un film de John Sturges de 1960…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Alain Corneau
Le Choix des armes (Alain Corneau, 1981)

Une évasion de la Santé.

Trois truands en cavale.

Ca tourne mal et Serge débarque chez Noël Durieux (Yves Montand), ancien truand qui a raccroché et s’occupe avec sa femme (Catherine Deneuve) d’un élevage de chevaux.

Avec Serge débarque aussi Mickey (Gérard Depardieu), dit « Le Dingue », jeune truand un tantinet jusqu’au-boutiste. En face, la police traque. Là aussi deux générations s’affrontent : celle de Bonnardot (Michel Galabru), travaillant à l’ancienne et bientôt à la retraite et celle de Sarlat (Gérard Lanvin), jeune recrue enthousiaste et volontaire.

 

Dans la lignée de Police Python 357, Alain Corneau tourne un nouveau film policier  d’envergure, servi par une distribution impeccable, retrouvant alors Yves Montand et commençant une collaboration avec Gérard Depardieu (2 autres films viendront).

La confrontation Durieux/Mickey, c’est aussi celle entre Montand et Depardieu, à nouveau un affrontement entre deux générations un tantinet similaire à celui du film.

En effet, à la fougue de Depardieu, Corneau avance la retenue et la patience de Montand, tout comme pour Mickey et Durieux.

On retrouve cette même opposition entre Bonnardot/Galabru et Sarlat/Lanvin dans leurs méthodes et leurs interventions.

 

Et d’une certaine manière, les deux duos sont les négatifs l’un de l’autre, les relations entre leurs deux membres étant transposables aisément.

Alors qu’on a Mickey et Sarlat qui sont dans l’action et sans cesse en mouvement (1), on a deux vieux briscards qui prennent le temps, analysent et étudient avant d’entrer en jeu.

Bien sûr, cette méthode a tendance à déconcerter les deux jeunes loups, mais d’une certaine manière, Corneau penche pour ces deux vétérans du Milieu, derniers vestiges du temps d’avant : celui du code de l’honneur qu’on retrouve dans le cinéma français des années 1950 et 1960, avec en figure de proue des acteurs comme Jean Gabin ou Lino Ventura.


Corneau semble donc avoir choisi le camp des anciens et ce malgré la différence d’âge : Corneau a une vingtaine d’années de moins que Montand et Galabru et est donc plus proche en âge de Depardieu (5 ans) et Lanvin (7 ans).

En effet Corneau maîtrise le tempo de son film avec une grande virtuosité, due à un montage rythmé mais non précipité où chaque séquence est pensée et étudiée, amenant une absence de déchets : rein n’est laissé au hasard.

Et de la même façon, les dialogues (2) sont sobres, laissant la place aux expressions du visage.

Et à chaque fois que le rythme s’emballe, c’est pour une situation qui dégénère et se termine mal.

Et presque à chaque fois, c’est à l’initiative de la génération montante, aux dépens de la génération « Montand » (3).

 

Au final, cela donne un film policier très bien ficelé, où le choix des armes se transforme en passe d’armes voire en passage de témoin : l’affrontement tournera en faveur des anciens, mais malgré tout, c’est la jeune génération qui perdurera. En attendant la suivante qui la détrônera…

Et ce passage de témoin se fait aussi en vrai : Montand s’efface progressivement (il mourra dix ans plus tard) du paysage cinématographique français pendant que Depardieu qui était déjà sur une pente ascendante et Gérard Lanvin vont s’imposer dans la décennie qui s’ouvre, et avec succès, chacun dans son registre (Lanvin avait tout de même plus le profil « jeune premier » que Depardieu). Et en plus, Depardieu ne surjoue pas encore !

 

Du grand Corneau, à (re)voir absolument !

 

  1. Loin  de moi de dire « en marche » !
  2. Corneau et Michel Grisolia ont construit ensemble le scénario : on peut imaginer qu’ils en ont profité pour en écrire les dialogues.
  3. Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Horreur, #Dario Argento
Giallo (Dario Argento, 2009)

Si on en croit Wikipedia – dans laquelle il n’y a pas toujours n’importe quoi – un giallo est un roman italien de type whodunit (1), ayant donné son nom à un genre cinématographique surtout porté par Mario Bava (1914-1980) et Dario Argento.

Et ça tombe plutôt bien, parce que le réalisateur de ce Giallo n’est autre que ce même Dario Argento, qui nous propose donc un retour aux sources (c’était plus en vogue dans la période 1960-1980).

Seul divergence avec le giallo, le tueur est identifié largement avant la fin.

On apprend aussi que le genre giallo mêle le policier l’horreur et l’érotisme. Si ce dernier thème est traité de façon très sobre, nous sommes tout de même bien dans le genre.

 

Turin, années 2000.

Un tueur en série (Byron Deidra) élimine sauvagement des jeunes femmes très belles et très seules – essentiellement des étrangères.

Un soir, c’est la très belle Céline (Elsa Pakaty) qui est enlevée. Sa sœur Linda (Emmanuelle Seigner) fait des pieds et des mains pour la retrouver, entrant alors en contact avec Enzo Avolfi (Adrien Brody), un inspecteur « spécial » qui s’occupe de ce genre de criminels.

Commence alors une course contre la montre pour retrouver la jeune femme avant l’issue fatale.

 

Il est clair que Dario Argento n’a pas perdu la main et nous propose ici un film choc, où les images sanglantes s’installent progressivement, amenant une gradation dans l’horreur. Les premières mutilations sont occultées, mais les sons perdurent, amenant tout de même au spectateur des images terribles. Mais à un moment, on ne fait plus semblant (2) et on n’a plus aucun doute de la provenance du sang qui ne s’écoule pas toujours goutte à goutte.

Inévitablement, à un moment, cela devient un tantinet trop et on peut, tout comme moi – décrocher devant cette surenchère gore.

 

Pour le reste, rien de bien nouveau car l’intrigue est malgré tout assez convenue.

Restent deux curiosités tout de même.

La première concerne le tueur. Ce sont d’abord des yeux puis à la deuxième rencontre (pour le spectateur), c’est une grande partie du visage. A la troisième, il est identifiable : c’est un homme très laid qui boite, au teint jaunâtre. Normal, c’est un hépatique.

Son visage est donc d’une grande laideur et on se demande où Argento est allé trouver un faciès aussi ingrat. Connaissant la réponse, je n’ose vous le révéler, mais si vous allez à nouveau sur Wikipedia, vous aurez la solution, alors je vais vous éviter un effort (vous pouvez toujours passer au paragraphe suivant si vous ne voulez pas savoir) :

Byron Deidra est une anagramme, et si comme moi vous êtes friand·e·s de ce jeu lexical, vous n’aurez aucun problème pour identifier réellement ce tueur qui est d’ailleurs désigné comme « Giallo » dans le générique de fin.
 

L’autre particularité, c’est qu’Emmanuelle Seigner est blonde. Etonnant, non ?

 

Donc, à voir si c’est un genre dont vous êtes amateur, sinon, faites comme moi (trop tard, en fait, pour moi) : passez votre chemin.

 

  1. « Qui a fait le coup », roman où on apprend le nom du coupable dans les dernières pages sinon à la toute fin du livre.
  2. Evidemment que si : nous sommes au cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Paul Czinner
Nju (Nju : Eine unverstandene Frau - Paul Czinner, 1924)

Nju (Elisabeth Bergner) est mariée à un bon bourgeois allemand (Emil Jannings).

Un jour, alors qu’elle lance une pièce à un artiste de rue, elle atteint le chapeau d’un jeune écrivain (Conrad Veidt). Le regard de ce dernier la subjugue.

Le soir même, elle et son mari sont invités à une réception où elle retrouve l’écrivain.

Rapidement, ils deviendront amants, au grand dam du bourgeois.

 

Bien qu’elle fût une très belle actrice – l’une des plus belles du cinéma allemand de cette époque – on ne connaît pas beaucoup Elisabeth Bergner. Il s’agit ici de son second film, réalisé par celui qui deviendra son mari (1). Mais surtout, elle côtoie ici deux monstres sacrés (2) du cinéma allemand : Jannings et Veidt.

Tous deux étaient de véritables acteurs de composition et les voir ici dans des rôles de personnages normaux paraît presque incongru. Presque.

Et surtout, Czinner les dirige avec bonheur, évitant le surjeu si facile chez ces deux grands acteurs, et surtout Jannings.

 

L’intrigue n’est pas bien originale puisqu’on est dans une situation amoureuse à trois, avec mari trompé et malheureux. A cet adultère s’ajoute la petite fille (Nils Edwall) du couple et nous avons donc tous les ressorts d’une histoire triste voire pathétique.

Il est clair aussi que la présence des deux stars est l’un des atouts du film, et si Czinner est un cinéaste oublié aujourd’hui, on trouve quelques bons éléments dans son film.

On y retrouve la constante allemande de l’éclairage qui éblouit tant le spectateur chez Murnau, et quelques bonnes idées. Est-ce dû au format (56 minutes) mais ces bonnes idées ne sont que des ébauches et auraient mérité un traitement plus appuyé, surtout pendant la séquence du miroir.

 

Alors que Nju veut quitter son mari, ce dernier lui brosse le tableau de ce que va devenir sa vie une fois qu’elle se sera lassée de son nouveau béguin. Tout ceci est vu dans le miroir et décrit la lente déchéance de la jeune femme. Et c’est quand la séquence se termine qu’on est un peu frustré : la jeune femme était alors entouré de mains qui sortaient de terre et la montraient du doigt… La contribution de Czinner à l’Ecran démoniaque cher à Lotte H. Eisner.

Autre grand moment : la révélation de l’amour de Nju pour le jeune écrivain par le mari trompé. Encore une fois, Jannings montre qu’il était un grand : il rapporte souriant les croquis de sa femme qu’il veut présenter à son (futur) rival : il se fige et son visage se décompose, indiquant clairement qu’il a compris.

 

Autrement, peu de chose tout de même, si ce n’est le jeu subtil de la belle Elisabeth-Nju : normal, elle a aussi travaillé avec Max Reinhardt. Elle ne surjoue jamais – est-ce cela qui déteint sur nos deux autres interprètes ? – et reste toujours très juste dans son interprétation. Même dans les moments les plus pathétiques – au téléphone avec sa fille par exemple – elle reste digne. Bref, elle tient son rang face aux deux géants.

Par contre, nous sommes en 1924 et cette histoire d’adultère ne peut aboutir que sur deux possibilités : soit elle retourne vers son mari – sa servante (Maria Bard) vient même la prier de revenir –,  soit elle meurt.

Sans vous révéler ce qu’il se passe, sachez que la fin est tout de même très prévisible.

 

PS : je préfère passer sous silence le titre français sous lequel fut exploité le film : A qui la Faute ?

  1. Ils ne se marieront pas avant 1933 et resteront ensemble jusqu’à la mort de Czinner en 1972.
  2. Ainsi que de sacrés monstres !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Science-Fiction, #David Cronenberg
Scanners (David Cronenberg, 1981)

Les scanners du titre sont des personnes capables de lire dans les êtres humains. Tout comme l’appareil devenu incontournable dans l’informatique moderne, ces êtres hors du commun ont accès à toutes les fonctions vitales de leur(s) cible(s), en plus de lire dans leur cerveau.

Bref, des individus dangereux mais qui pourraient être de bonnes armes de destruction massive.

C’est l’objectif de la société ConSec qui propose une séance de scan à ses partenaires. Mais le volontaire qui se présente n’est autre que le redoutable Darryl Revok (Michel « the Guest » Ironside), individu des plus dangereux, qui va ruiner la séance.

ConSec, par l’intermédiaire du docteur Paul Ruth (Patrick « n°6 » McGoohan), va faire appel à un autre scanner puissant, Cameron Vale (Stephen Lack) pour éliminer ce dangereux ennemi.

 

Nous sommes dans la première période de la filmographie de David Cronenberg où le fantastique mêlé d’horreur est la marque de ses films. La séquence d’ouverture donne le ton, Revok donnant à voir toute l’étendue de son pouvoir – terrible – et posant les bases de l’intrigue. Face à ce fléau, Cameron Cale fait bien pâle figure, scanner naïf et paumé dans un jeu de pouvoir qui le dépasse.

Parce que comme d’habitude, il s’agit de pouvoir et surtout de contrôle, ce dernier thème qui revient régulièrement dans les films de Cronenberg, les anciens tout comme les plus récents.

Ce contrôle est à plusieurs niveaux :

  • personnel : les scanners ont un grand pouvoir mais à celuici s’ajoute un inconvénient de taille, la lecture incessante des esprits des autres, emplissant leur cerveaux d’images et de bruits, amenant à moyen terme la folie, rongé par ces habitants indésirables et non désirés dans leur esprit fragile ;
  • collectif : contrôler ces scanners c’est bien sûr disposer d’une arme insidieuse et redoutable dont le prix de revient est fort économique… L’argent est le nerf de la guerre, ne l’oublions jamais !

 

Si Scanners n’est pas le film-phare de David Cronenberg, on ne peut lui renier une certaine habileté dans son savoir-faire. En effet, il utilise ici avec beaucoup de bonheur des effets spéciaux bien léchés alliés à un maquillage du même acabit. Sauf peut-être la cicatrice de Revok qui a tendance à prendre différentes formes. Bien sûr, ces effets sont poussés à leur paroxysme, mais sans pour autant tomber dans le ridicule ni le sensationnel.

Du côté cinématographique, le montage use de nombreux fondus enchaînés sur des visages, altérant certains, en alternant d’autres avec les bâtiments, créant des liens et des transitions pertinent·es pour soutenir l’intrigue.

 

Avec Scanners, Cronenberg continue sa montée en puissance dans son art avant l’explosion d’effets spéciaux que sera Videodrome deux ans plus tard, même si ce fut un échec commercial.

Scanners quant à lui fut un succès – mérité – la télépathie étant un  bon vecteur au cinéma, amenant aussi un jeu de regards important de la part des interprètes. Et là encore, attention au surjeu qui peut facilement faire dériver le film dans le ridicule.

 

Fort heureusement ce n’est pas le cas ici et les différents interprètes s’en sortent très bien, et ce malgré l’improbabilité de l’intrigue. Mais que nous importe cette improbabilité, nous sommes au cinéma : et au cinéma, tout est possible, non ?

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