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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Alain Corneau
Le Choix des armes (Alain Corneau, 1981)

Une évasion de la Santé.

Trois truands en cavale.

Ca tourne mal et Serge débarque chez Noël Durieux (Yves Montand), ancien truand qui a raccroché et s’occupe avec sa femme (Catherine Deneuve) d’un élevage de chevaux.

Avec Serge débarque aussi Mickey (Gérard Depardieu), dit « Le Dingue », jeune truand un tantinet jusqu’au-boutiste. En face, la police traque. Là aussi deux générations s’affrontent : celle de Bonnardot (Michel Galabru), travaillant à l’ancienne et bientôt à la retraite et celle de Sarlat (Gérard Lanvin), jeune recrue enthousiaste et volontaire.

 

Dans la lignée de Police Python 357, Alain Corneau tourne un nouveau film policier  d’envergure, servi par une distribution impeccable, retrouvant alors Yves Montand et commençant une collaboration avec Gérard Depardieu (2 autres films viendront).

La confrontation Durieux/Mickey, c’est aussi celle entre Montand et Depardieu, à nouveau un affrontement entre deux générations un tantinet similaire à celui du film.

En effet, à la fougue de Depardieu, Corneau avance la retenue et la patience de Montand, tout comme pour Mickey et Durieux.

On retrouve cette même opposition entre Bonnardot/Galabru et Sarlat/Lanvin dans leurs méthodes et leurs interventions.

 

Et d’une certaine manière, les deux duos sont les négatifs l’un de l’autre, les relations entre leurs deux membres étant transposables aisément.

Alors qu’on a Mickey et Sarlat qui sont dans l’action et sans cesse en mouvement (1), on a deux vieux briscards qui prennent le temps, analysent et étudient avant d’entrer en jeu.

Bien sûr, cette méthode a tendance à déconcerter les deux jeunes loups, mais d’une certaine manière, Corneau penche pour ces deux vétérans du Milieu, derniers vestiges du temps d’avant : celui du code de l’honneur qu’on retrouve dans le cinéma français des années 1950 et 1960, avec en figure de proue des acteurs comme Jean Gabin ou Lino Ventura.


Corneau semble donc avoir choisi le camp des anciens et ce malgré la différence d’âge : Corneau a une vingtaine d’années de moins que Montand et Galabru et est donc plus proche en âge de Depardieu (5 ans) et Lanvin (7 ans).

En effet Corneau maîtrise le tempo de son film avec une grande virtuosité, due à un montage rythmé mais non précipité où chaque séquence est pensée et étudiée, amenant une absence de déchets : rein n’est laissé au hasard.

Et de la même façon, les dialogues (2) sont sobres, laissant la place aux expressions du visage.

Et à chaque fois que le rythme s’emballe, c’est pour une situation qui dégénère et se termine mal.

Et presque à chaque fois, c’est à l’initiative de la génération montante, aux dépens de la génération « Montand » (3).

 

Au final, cela donne un film policier très bien ficelé, où le choix des armes se transforme en passe d’armes voire en passage de témoin : l’affrontement tournera en faveur des anciens, mais malgré tout, c’est la jeune génération qui perdurera. En attendant la suivante qui la détrônera…

Et ce passage de témoin se fait aussi en vrai : Montand s’efface progressivement (il mourra dix ans plus tard) du paysage cinématographique français pendant que Depardieu qui était déjà sur une pente ascendante et Gérard Lanvin vont s’imposer dans la décennie qui s’ouvre, et avec succès, chacun dans son registre (Lanvin avait tout de même plus le profil « jeune premier » que Depardieu). Et en plus, Depardieu ne surjoue pas encore !

 

Du grand Corneau, à (re)voir absolument !

 

  1. Loin  de moi de dire « en marche » !
  2. Corneau et Michel Grisolia ont construit ensemble le scénario : on peut imaginer qu’ils en ont profité pour en écrire les dialogues.
  3. Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Horreur, #Dario Argento
Giallo (Dario Argento, 2009)

Si on en croit Wikipedia – dans laquelle il n’y a pas toujours n’importe quoi – un giallo est un roman italien de type whodunit (1), ayant donné son nom à un genre cinématographique surtout porté par Mario Bava (1914-1980) et Dario Argento.

Et ça tombe plutôt bien, parce que le réalisateur de ce Giallo n’est autre que ce même Dario Argento, qui nous propose donc un retour aux sources (c’était plus en vogue dans la période 1960-1980).

Seul divergence avec le giallo, le tueur est identifié largement avant la fin.

On apprend aussi que le genre giallo mêle le policier l’horreur et l’érotisme. Si ce dernier thème est traité de façon très sobre, nous sommes tout de même bien dans le genre.

 

Turin, années 2000.

Un tueur en série (Byron Deidra) élimine sauvagement des jeunes femmes très belles et très seules – essentiellement des étrangères.

Un soir, c’est la très belle Céline (Elsa Pakaty) qui est enlevée. Sa sœur Linda (Emmanuelle Seigner) fait des pieds et des mains pour la retrouver, entrant alors en contact avec Enzo Avolfi (Adrien Brody), un inspecteur « spécial » qui s’occupe de ce genre de criminels.

Commence alors une course contre la montre pour retrouver la jeune femme avant l’issue fatale.

 

Il est clair que Dario Argento n’a pas perdu la main et nous propose ici un film choc, où les images sanglantes s’installent progressivement, amenant une gradation dans l’horreur. Les premières mutilations sont occultées, mais les sons perdurent, amenant tout de même au spectateur des images terribles. Mais à un moment, on ne fait plus semblant (2) et on n’a plus aucun doute de la provenance du sang qui ne s’écoule pas toujours goutte à goutte.

Inévitablement, à un moment, cela devient un tantinet trop et on peut, tout comme moi – décrocher devant cette surenchère gore.

 

Pour le reste, rien de bien nouveau car l’intrigue est malgré tout assez convenue.

Restent deux curiosités tout de même.

La première concerne le tueur. Ce sont d’abord des yeux puis à la deuxième rencontre (pour le spectateur), c’est une grande partie du visage. A la troisième, il est identifiable : c’est un homme très laid qui boite, au teint jaunâtre. Normal, c’est un hépatique.

Son visage est donc d’une grande laideur et on se demande où Argento est allé trouver un faciès aussi ingrat. Connaissant la réponse, je n’ose vous le révéler, mais si vous allez à nouveau sur Wikipedia, vous aurez la solution, alors je vais vous éviter un effort (vous pouvez toujours passer au paragraphe suivant si vous ne voulez pas savoir) :

Byron Deidra est une anagramme, et si comme moi vous êtes friand·e·s de ce jeu lexical, vous n’aurez aucun problème pour identifier réellement ce tueur qui est d’ailleurs désigné comme « Giallo » dans le générique de fin.
 

L’autre particularité, c’est qu’Emmanuelle Seigner est blonde. Etonnant, non ?

 

Donc, à voir si c’est un genre dont vous êtes amateur, sinon, faites comme moi (trop tard, en fait, pour moi) : passez votre chemin.

 

  1. « Qui a fait le coup », roman où on apprend le nom du coupable dans les dernières pages sinon à la toute fin du livre.
  2. Evidemment que si : nous sommes au cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Paul Czinner
Nju (Nju : Eine unverstandene Frau - Paul Czinner, 1924)

Nju (Elisabeth Bergner) est mariée à un bon bourgeois allemand (Emil Jannings).

Un jour, alors qu’elle lance une pièce à un artiste de rue, elle atteint le chapeau d’un jeune écrivain (Conrad Veidt). Le regard de ce dernier la subjugue.

Le soir même, elle et son mari sont invités à une réception où elle retrouve l’écrivain.

Rapidement, ils deviendront amants, au grand dam du bourgeois.

 

Bien qu’elle fût une très belle actrice – l’une des plus belles du cinéma allemand de cette époque – on ne connaît pas beaucoup Elisabeth Bergner. Il s’agit ici de son second film, réalisé par celui qui deviendra son mari (1). Mais surtout, elle côtoie ici deux monstres sacrés (2) du cinéma allemand : Jannings et Veidt.

Tous deux étaient de véritables acteurs de composition et les voir ici dans des rôles de personnages normaux paraît presque incongru. Presque.

Et surtout, Czinner les dirige avec bonheur, évitant le surjeu si facile chez ces deux grands acteurs, et surtout Jannings.

 

L’intrigue n’est pas bien originale puisqu’on est dans une situation amoureuse à trois, avec mari trompé et malheureux. A cet adultère s’ajoute la petite fille (Nils Edwall) du couple et nous avons donc tous les ressorts d’une histoire triste voire pathétique.

Il est clair aussi que la présence des deux stars est l’un des atouts du film, et si Czinner est un cinéaste oublié aujourd’hui, on trouve quelques bons éléments dans son film.

On y retrouve la constante allemande de l’éclairage qui éblouit tant le spectateur chez Murnau, et quelques bonnes idées. Est-ce dû au format (56 minutes) mais ces bonnes idées ne sont que des ébauches et auraient mérité un traitement plus appuyé, surtout pendant la séquence du miroir.

 

Alors que Nju veut quitter son mari, ce dernier lui brosse le tableau de ce que va devenir sa vie une fois qu’elle se sera lassée de son nouveau béguin. Tout ceci est vu dans le miroir et décrit la lente déchéance de la jeune femme. Et c’est quand la séquence se termine qu’on est un peu frustré : la jeune femme était alors entouré de mains qui sortaient de terre et la montraient du doigt… La contribution de Czinner à l’Ecran démoniaque cher à Lotte H. Eisner.

Autre grand moment : la révélation de l’amour de Nju pour le jeune écrivain par le mari trompé. Encore une fois, Jannings montre qu’il était un grand : il rapporte souriant les croquis de sa femme qu’il veut présenter à son (futur) rival : il se fige et son visage se décompose, indiquant clairement qu’il a compris.

 

Autrement, peu de chose tout de même, si ce n’est le jeu subtil de la belle Elisabeth-Nju : normal, elle a aussi travaillé avec Max Reinhardt. Elle ne surjoue jamais – est-ce cela qui déteint sur nos deux autres interprètes ? – et reste toujours très juste dans son interprétation. Même dans les moments les plus pathétiques – au téléphone avec sa fille par exemple – elle reste digne. Bref, elle tient son rang face aux deux géants.

Par contre, nous sommes en 1924 et cette histoire d’adultère ne peut aboutir que sur deux possibilités : soit elle retourne vers son mari – sa servante (Maria Bard) vient même la prier de revenir –,  soit elle meurt.

Sans vous révéler ce qu’il se passe, sachez que la fin est tout de même très prévisible.

 

PS : je préfère passer sous silence le titre français sous lequel fut exploité le film : A qui la Faute ?

  1. Ils ne se marieront pas avant 1933 et resteront ensemble jusqu’à la mort de Czinner en 1972.
  2. Ainsi que de sacrés monstres !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Science-Fiction, #David Cronenberg
Scanners (David Cronenberg, 1981)

Les scanners du titre sont des personnes capables de lire dans les êtres humains. Tout comme l’appareil devenu incontournable dans l’informatique moderne, ces êtres hors du commun ont accès à toutes les fonctions vitales de leur(s) cible(s), en plus de lire dans leur cerveau.

Bref, des individus dangereux mais qui pourraient être de bonnes armes de destruction massive.

C’est l’objectif de la société ConSec qui propose une séance de scan à ses partenaires. Mais le volontaire qui se présente n’est autre que le redoutable Darryl Revok (Michel « the Guest » Ironside), individu des plus dangereux, qui va ruiner la séance.

ConSec, par l’intermédiaire du docteur Paul Ruth (Patrick « n°6 » McGoohan), va faire appel à un autre scanner puissant, Cameron Vale (Stephen Lack) pour éliminer ce dangereux ennemi.

 

Nous sommes dans la première période de la filmographie de David Cronenberg où le fantastique mêlé d’horreur est la marque de ses films. La séquence d’ouverture donne le ton, Revok donnant à voir toute l’étendue de son pouvoir – terrible – et posant les bases de l’intrigue. Face à ce fléau, Cameron Cale fait bien pâle figure, scanner naïf et paumé dans un jeu de pouvoir qui le dépasse.

Parce que comme d’habitude, il s’agit de pouvoir et surtout de contrôle, ce dernier thème qui revient régulièrement dans les films de Cronenberg, les anciens tout comme les plus récents.

Ce contrôle est à plusieurs niveaux :

  • personnel : les scanners ont un grand pouvoir mais à celuici s’ajoute un inconvénient de taille, la lecture incessante des esprits des autres, emplissant leur cerveaux d’images et de bruits, amenant à moyen terme la folie, rongé par ces habitants indésirables et non désirés dans leur esprit fragile ;
  • collectif : contrôler ces scanners c’est bien sûr disposer d’une arme insidieuse et redoutable dont le prix de revient est fort économique… L’argent est le nerf de la guerre, ne l’oublions jamais !

 

Si Scanners n’est pas le film-phare de David Cronenberg, on ne peut lui renier une certaine habileté dans son savoir-faire. En effet, il utilise ici avec beaucoup de bonheur des effets spéciaux bien léchés alliés à un maquillage du même acabit. Sauf peut-être la cicatrice de Revok qui a tendance à prendre différentes formes. Bien sûr, ces effets sont poussés à leur paroxysme, mais sans pour autant tomber dans le ridicule ni le sensationnel.

Du côté cinématographique, le montage use de nombreux fondus enchaînés sur des visages, altérant certains, en alternant d’autres avec les bâtiments, créant des liens et des transitions pertinent·es pour soutenir l’intrigue.

 

Avec Scanners, Cronenberg continue sa montée en puissance dans son art avant l’explosion d’effets spéciaux que sera Videodrome deux ans plus tard, même si ce fut un échec commercial.

Scanners quant à lui fut un succès – mérité – la télépathie étant un  bon vecteur au cinéma, amenant aussi un jeu de regards important de la part des interprètes. Et là encore, attention au surjeu qui peut facilement faire dériver le film dans le ridicule.

 

Fort heureusement ce n’est pas le cas ici et les différents interprètes s’en sortent très bien, et ce malgré l’improbabilité de l’intrigue. Mais que nous importe cette improbabilité, nous sommes au cinéma : et au cinéma, tout est possible, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Wes Craven
Scream 3 (Wes Craven, 2000)

Ils sont de retour.

Enfin ceux qui ne sont pas morts dans l’épisode précédent : Sidney (Neve Campbell) bien sûr, mais aussi Gale (Courteney Cox) et Dewey (David Arquette).

A nouveau, un tueur rôde et élimine l’entourage de notre trio, commençant la série avec le dernier rescapé de l’opus précédent : Cotton Weary (Liev Schreiber).

Et alors que le second film commençait à la projection de Stab, un film inspiré par les meurtres de Woodsboro (1), l’action se situe ici à Hollywood pendant le tournage de Stab 3, dernier produit dérivé, avec des acteurs dans les rôles des personnages principaux, amenant une mise en abyme inévitable, écho des différentes discussions cinéphiles des deux épisodes précédents.

 

Wes Craven ponctue ici l’histoire commencée quatre ans plus tôt, avec une conclusion qui ne détone pas par rapporta aux deux précédentes productions.

En effet, on y retrouve outre les protagonistes des situations qui rappellent ce qu’il s’est passé précédemment, avec en prime des éléments de ces deux précédents films qui émaillent cette intrigue encore une fois haletante : on se retrouve à Woodsboro, dans la chambre de Sidney, grâce aux décors du film dans le film ; Sidney porte une chaîne avec en médaillon les lettres de sa confrérie (consœurie ?)… Bref, ce sont des petites indices-clins d’œil qui réjouissent le spectateur averti, sans pour autant déranger le néophyte qui aurait eu l’envie de commencer cette histoire par le dernier volume.

 

Alors bien sûr, on sourit, parce que tout ça n’est pas toujours bien sérieux. Surtout quand Gale et sa doublure cinématographique (Parker Posey) se retrouvent devant la gardienne des archives, Bianca (2). Cette dernière illustre parfaitement le thème sous-jacent du film : le double. En effet, alors qu’on assiste à de nouvelles révélations, nous découvrons aussi un personnage qui n’était jusque là qu’une évocation : Maureen Prescott (Lynn McRee). Elle prend vie ici, et nous pouvons même entendre sa voix. Le seul problème, c’est qu’elle est morte depuis le début du premier film ! Et ce « nouveau » personnage n’est pas celui que nous croyions (ni Sidney d’ailleurs, ce qui est normal, sinon il n’y aurait pas de film).

Et cette dualité se retrouve aussi dans les interprètes de Stab3 qui se retrouvent devant leur modèle !

Dernier avatar de cette dualité, la relation entre Sidney et le tueur (3) dont je ne parlerai pas pour ne pas révéler la fin. Mais il y a un rapport quand même.

 

Si on avait pu constater un petit fléchissement qualitatif dans le deuxième opus de Scream, il faut reconnaître que ce troisième et dernier (4) tient toutes ses promesses et conclut brillamment le cycle. On y retrouve une intrigue subtile malgré les quelques litres d’hémoglobine (indispensable, évidemment), le tout pimenté d’humour (là aussi indispensable), jouant sur les situations et les personnages, le duo Gale/Gale amenant quelques échanges savoureux.

Et encore une fois, Wes Craven nous amène une réflexion sur le cinéma et les différentes exploitations d’un film à succès : cette réflexion prenant tout de même en compte le fait qu’on est dans un troisième élément.

 

Ce troisième élément amène une infinité de possibles sans pour autant déroger aux règles précédentes qui ont pu conclure les deux autres films. Et si vous les avez vus, vous devez savoir de quoi je veux parler.

Quoi qu’il en soit, on savoure avec gourmandise ce nouvel épisode de la vie de Sidney Prescott (& C°), mâtiné d’une mise en abyme habile avec une cerise sur le gâteau : l’apparition posthume de Randy (Jamie Kennedy), en « Monsieur Cinéma » et porte-parole de Craven.

Mais en déplorant tout de même que Craven n’en soit pas resté là.

Mais ceci est une autre histoire.

 

  1. L’endroit où tout a commencé.
  2. Je vous laisse découvrir l’interprète, c’est inattendu et irrésistible !
  3. Je dis « le tueur » par commodité. C’est peut-être une tueuse, tout est possible dans une troisième partie !
  4. En 2000 et jusqu’en 2011…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Martin Campbell
GoldenEye (Martin Campbell, 1995)

Et de 5 !

Après six ans d’absence, il nous revient : James Bond est de retour et son nouvel interprète démarre sur les chapeaux de roue !

Tout commence alors que la Guerre Froide est encore en vigueur, pendant une mission en Union Soviétique avec un de ses collègues : 006, alias Alec Trevelyan (Sean « Boromir » Bean). Ce dernier est exécuté alors que Bond s’en sort, avant de faire un saut dans le temps et se rapprocher de notre époque (enfin plus celle des spectateurs de l’époque).

Années 90 oblige, c’est une intrigue post-Guerre Froide avec une grande part d’informatique bien que les effets spéciaux numériques ne soient pas encore d’actualité, ou tout du moins pas dans la forme qu’on leur connaît.

 

Six ans d’attente ! Les fans n’en pouvaient plus, alors quand Pierce « Remington Steele » (1) Brosnan fait son apparition sur l’écran, c’est la délivrance.

James Bond est vraiment de retour et on retrouve en plous des mécanismes habituels, un personnage beaucoup plus intéressant que ses deux derniers prédécesseurs, redonnant un second souffle à la franchise et campant un Bond des plus convaincants.

Mais ce n’est pas que pour Pierce Brosnan que c’est une première. En effet, parmi les James Bond Girls (elles sont 3), on découvre une ex-mannequin qui va bientôt prendre son envol : Famke « Jean Grey » Janssen, dans le rôle de Xenia Sergeyevna Onatopp, une ennemie sadomaso redoutable.

Et bien sûr, c’est le début de la fin de Sean Bean !

Pas la fin de son métier, mais la fin de ses personnages.

A partir de ce film qui le révèle, il va mourir de nombreuses fois de façon très spectaculaire, dans des productions qui ne le seront pas moins.

 

Mais revenons à notre héros.

Pierce Brosnan est un solide James Bond, encore jeune (il n’a que 42 ans quand le film sort), séduisant (cela va sans dire), et d’une efficacité tout aussi redoutable que ses prédécesseurs, sans oublier son côté british de bon aloi dans ce genre de film.

Bref, nous sommes repartis pour une dizaine d’années avec ce dernier avatar de l’espion le plus célèbre du cinéma – après Austin Powers, cela va sans dire (2).

Mais ce film marque aussi les débuts d’un nouveau M, cette personne qui dirige le MI6. Après l’inamovible Bernard Lee (1962-1979) et le furtif Robert Brown (1983-1989), c’est Dame Judi Dench qui prend la direction du service, amenant une véritable rupture dans le monde machiste de James Bond : c’est une femme. Et en plus, il n’a aucune chance de la séduire !

 

Pour le reste, nous sommes en territoire connu et tout se déroule comme prévu, James sauve une nouvelle fois le monde et séduit la jeune femme (la belle Izabella Scorupco) qui apportera sa pierre à l’édifice : c’est une programmeuse et James, sorti de la démonstration de force n’est pas toujours très efficace…

A noter encore la poursuite en voiture en deux temps : la première sur les hauteurs de Monaco avec Xenia, et la seconde à Saint-Pétersbourg entre la voiture du méchant Ourumov (Gottfried John) et un véhicule conduit par notre James qui n’est pas très courant dans ce genre de séquence. Je vous laisse découvrir, si ce n’est déjà fait.

On notera aussi l’apparition de Valentin Dmitriovich Zukovsky (Robbie Coltrane) qui reviendra dans une aventure ultérieure.

 

Je terminerai en disant que Martin Campbell réussit le pari d’EON : remettre James Bond au premier plan après quelques années de doute et de sous-régime. Il lance Pierce Brosnan comme il lancera le suivant, Daniel Craig quelques années plus tard.

Mais là encore, il s’agit d’une autre histoire.

 

  1. C’est parce qu’il interprétait le détective-cambrioleur que Pierce Brosnan ne succéda pas tout de suite à Roger Moore, laissant la place à Timothy Dalton.
  2. Peut-être pas, finalement…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Histoire, #Steven Spielberg
Munich (Steven Spielberg, 2005)

Munich, septembre 1972.

Alors que les JO battent leur plein, le groupe Septembre Noir prend en otage les athlètes israéliens.

Bilan : les onze athlètes sont tués et les preneurs d’otage abattus ou arrêtés

Dans l’année qui suit, le Mossad met en place un groupe de cinq hommes dont la mission est d’éliminer les commanditaires de cet assassinat.

Ce groupe est dirigé par Avner Kaufmann (Eric Bana).

 

Evacuons tout de suite ce qui pourrait fâcher : no, ce n’est pas une vraie reconstitution, même si Spielberg s’appuie sur des éléments authentiques pour construire son film (1). D’ailleurs, la reconstitution du calvaire des athlètes est encore une fois magnifique, montrant que ces derniers n’avaient aucune chance de s’en sortir. Mais il ne nous le livre pas d’un seul bloc, amenant les images à mesure que son personnage principal évolue dans sa mission particulière. La dernière partie – à l’aéroport – amenant un basculement final inattendu, mais tout de même prévisible quand il s’agit d’une opération organisée par des services secrets, de quelque nationalité qu’ils soient.

Parce que si Kaufmann et ses hommes ont des objectifs bien précis, le monde continue de tourner et la diplomatie de s’organiser. Et surtout, ces hommes ont le tort de croire qu’ils sont les seuls en chasse : Septembre Noir et ceux qui sont derrière ne peuvent pas laisser tuer leurs hommes sans réagir. A leur tour, ils sont traqués par ceux qu’ils chassent.

 

Quand Spielberg abandonne ses enfants – petits et grands – c’est presque toujours pour réaliser un film plus sérieux, voire une reconstitution (Schindler’s List, Amistad...). Encore une fois, c’est le cas, et pour notre plus grand plaisir.

On retrouve toujours ce même soin pour la reconstitution que ce soit les différents décors costumes ou même coupes de cheveux, tout est d’époque, et nous replongeons dans ces années 1970s (1973 pour être plus précis) avec en fin de film une vue sur les Tours Jumelles du World Trade Center qui viennent d’être inaugurée (4 avril 1973).

 

Bien sûr, c’est la traque qui nous intéresse. C’est palpitant à souhait mais surtout ces agents du Mossad – qui n’en sont pas, c’est très compliqué – ne sont pas des experts, loin de là : il suffit de voir leur première exécution pour s’en convaincre. Pourtant, ils vont parvenir à leurs cibles et gagner en efficacité, même si, comme le dit Robert (Mathieu Kassovitz) leur artificier : « ma spécialité n’est pas de créer des bombes, mais de les démonter ».

Mais la grande différence avec les homes qu’ils pourchassent, reste malgré tout leur humanité : les victimes collatérales sont évitées autant que possible (séquence de Paris).

 

C’est donc du très bon Spielberg qui nous est proposé là, mêlant intrigue d’espionnage et chasse aux criminels, avec toujours cet aspect humain propre à ses personnages : ici Avner doit en même temps assumer une femme et leur fille qui va naître pendant sa mission. On retrouve d’ailleurs cette humanité dans le souci de ne pas faire de victimes inutiles (voir ci-dessus).

Mais nous sommes tout de même un cran au-dessous de l’admirable Liste de Schindler : le sujet en lui-même est moins lourd de sens, même si les faits qui en sont à l’origine (l’exécution des athlètes) restent un moment fort du film : un faux noir et blanc qui décrit sans concession la violence de cette nuit meurtrière.

Et d’une manière générale, tout ce qui relève de la violence dans le film reste sans concession, comme l’attitude de Golda Meir (Lynn Cohen) et du gouvernement qu’elle dirigeait. Cette violence est crue et spectaculaire, montrant – s’il y avait besoin – que Spielberg n’est pas obligatoirement un cinéaste gentil, comme on peut parfois le lire ou l’entendre : son premier long métrage, Duel, l’avait déjà bien démontré.

 

  1. Spielberg le précise d’ailleurs dans la présentation qu’il fait du film (en prime sur la version blu-ray) : il ne s’agit en rien d’une véritable reconstitution. Une extrapolation sur ce qui a dû arriver et sur la suite donnée par Israël contre ces assassins.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Sam Raimi
Un Plan simple (A simple Plan - Sam Raimi, 1998)

Que faire quand on trouve beaucoup d’argent (4,4 millions de dollars) dans un avion écrasé ?

Le rendre : à qui ? Le garder : et si quelqu’un le réclame ?

Certainement pas le dépenser : on chercherait sa provenance.

Finalement, c’est Hank Mitchell (Bill Paxton) qui a la solution : on le garde et si quelqu’un le demande, on le rend. Sinon, il est à nous !

Ca se défend.

 

On dit toujours que les plans les plus simples sont ceux qui fonctionnent le mieux. Permettez-moi d’en douter, surtout après avoir vu le film de Sam Raimi. En effet, le plan de Hank (voir ci-dessus) a une certaine tendance à se compliquer à mesure que le temps avance et surtout qu’apparaissent des nouveaux personnages.

Au début, ils ne sont que trois : Hank, donc, mais aussi Jacob Mitchell (Billy Bob Thornton), son frère, et le meilleur ami d’icelui, Lou Chambers (Brent Briscoe). Mais cette association montre immédiatement ses limites : si Hank est allé à l’université, les deux autres sont plutôt des abrutis, oisifs et buveurs, et donc des menaces potentielles.

 

C’est au tour de Sam Raimi d’aller filmer le Minnesota sous la neige, en cette période de réveillon du nouvel an. Et l’histoire qu’il nous raconte ici est bien singulière ce qui m’amène une question : peut-on tourner un film en hiver avec des gens normaux, dans cet état ? En effet, Fargo, trois ans plus tôt mettait en scène des personnages peu reluisants eux non plus…

Mais qu’importe. On sent que Sam Raimi s’est amusé à tourner ce film curieux servi par une distribution solide, Bill Paxton et surtout Billy Bob Thornton en tête.

 

Ce dernier interprète un Jacob Mitchell impressionnant, méconnaissable à sa première apparition. C’est un personnage fruste certes mais très attachant et Thornton lui donne de l’épaisseur et beaucoup de subtilité comme on peut le voir dans le dialogue entre les deux frères à propos de leur père.

Bill Paxton aussi est impeccable et c’est l’occasion de le voir au premier plan, lui qui fut un éternel second rôle.

Bref, nous sommes en bonne compagnie et Raimi déroule le fil de l’intrigue, amenant quelques rebondissements (des complications, donc) avec une certaine dose d’humour noir.

Il faut dire que le trio de choc est risible, tout au moins dans la première partie, la bêtise des deux amis ayant tendance à horripiler Hank, le plus raisonnable des trois. Encore que.

 

C’est sûr, c’était un plan simple. Trop simple. Et le basculement final ajoute à l’impression de gâchis qui ressort une fois le film terminé. Mais il y a des gâchis grandioses, et celui-ci n’est pas mesquin. Et comme Raimi vient de l’horreur, on a droit à quelques effusions de sang spectaculaires, sans pour autant tomber dans ce registre.

Dès le départ, quand Hank-Paxton nous présente sa situation initiale, tout est dit : « avant, j’étais heureux. »

Et malgré cela, on ne cesse de se dire que la situation va tourner en faveur du trio. Et c’est le basculement qui enterre tout espoir. Mais laisse tout de même un sourire aux lèvres des spectateurs.

 

Alors si vous trouvez un jour un gros sac bourré de billets de banque, suivez mon conseil : ignorez-le et éloignez-vous vite, avant qu’on vous aperçoive.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Edward Dmytryk
L'Homme aux colts d'or (Warlock - Edward Dmytryk, 1959)

La première fois, c’était un mardi.

Eddy Mitchell proposait ce film à sa Dernière Séance. Et après la présentation d’usage, nous avions enfin le droit de voir Henry Fonda et ses colts d’or qui faisaient rêver.

Il faut dire que le titre original laissait moins de place au fantasme : Warlock.

Qu’est-ce que Warlock ? Une petite ville américaine en bordure de désert où le shérif ne reste pas bien longtemps, chassé par la bande de McQuown (Tom Drake).

Les habitants décident alors d’embaucher leur propre marshal, même s’il a des méthodes un tantinet expéditives voire illégales.

Ce sera Clay Baisedell (Henry Fonda), à qui furent offerts deux pistolets en or pour ses services rendus.

Mais tout le monde n’approuve pas ces méthodes, à commencer par un ancien de la bande de McQuown, Johnny Gannon (Richard Widmark).

 

C’est la fin de l’âge d’or du western à Hollywood. Les sujets plus délicats sont posés : peut-on, pour ramener l’ordre, utiliser les mêmes pratiques que ceux qui le dérangent ? C’est le débat qui secoue les habitants – lâches – après le départ de leur énième shérif (1). Le juge Holloway (Wallace « Phroso » Ford) est pour le légalisme, mais il est bien seul.

Mais quand Clay apparaît, tout se dissipe et l’action va pouvoir commencer.

Et on retrouve encore une fois le thème cher à ce réalisateur tourmenté : le rachat.

Lui-même en quête de ce même rachat suite à ses prises de position et dénonciations pendant la chasse aux sorcières du maccarthysme, il offre à Widmark un rôle ambigu (au départ) celui du renégat (pour ses anciens partenaires).

La séquence d’introduction est pourtant bien claire : alors que s’égrène les différents noms de participants principaux (pas seulement les acteurs et actrices), on voit défiler la bande de hors-la-loi. Et c’est une fois que le générique se termine qu’on aperçoit enfin Gannon-Widmark, à la traîne, comme déjà en partance. Et cette position va durer jusqu’à la rupture inévitable, et la mort de son frère (Frank Gorshin) – tué par Clay – n’y changera rien : Gannon a rejoint le camp des « gentils », même si ce terme s’applique mal à Clay et son partenaire Tom Morgan (Anthony Quinn).

 

Parce que la position de Clay Baisedell est des plus ambiguës : il prévient tout le monde, dès son apparition en ville, qu’il y aura de la violence. Et il tient ses promesses. Sa première entrevue avec McQuown et sa bande est l’un des grands moments du film : le « Marshall » s’impose sans tirer un coup de feu, mais on sent tout de même que ça ne va pas durer.

Et paradoxalement, l’opinion va changer alors que Clay va faire ce pourquoi il a été engagé : il va tuer les contrevenants, sans distinction, pendant que Gannon va entrer dans la légalité : à aucun moment il ne tire sur quelqu’un, rejoignant alors le parti du juge Holloway, montrant que sa philosophie est la bonne.

 

Et les colts d’or, dans tout ça ?

Il faut attendre l’affrontement final (inévitable et attendu) pour que Clay les sorte : de leur cachette (on ne les voit pas avant, même pas en arrière-plan) et surtout le leurs étuis.

Mais cet affrontement final amène une nouvelle rupture : l’explication ne se déroulera pas comme prévue, et la fin ne se fera pas dans le soleil couchant.

Mais fort heureusement, les vrais méchants seront châtiés et l’ordre voulu s’installera.

 

[Attention ! Le paragraphe suivant révèle une partie de l’intrigue finale.]

 

Et les femmes ?

Elles sont deux, et très différentes l’une de l’autre. Bien sûr, ma préférence va à Lily Dollar (Dorothy Malone), qui incarne une femme mûre et forte (2), comparée à Jessie Marlow (Dolores Michael) plus jeune et diaphane. Chacune choisira son homme qui, chose curieuse, ne sera pas vraiment en accord avec sa personnalité propre.

En effet, Lily Dollar (ça sent bon le pseudonyme tout ça) n’est pas vraiment du côté de la morale alors qu’elle va choisir Gannon qui est le repenti de l’intrigue et terminera dans le camp des bons. Alors que Jessie, plus respectueuse de la loi, choisit Clay Baisedell qui, sans être le grand méchant de l’histoire, n’est pas vraiment le héros admiré de tous, sans oublier ses méthodes déjà évoquées plus haut.

 

Un  western particulier et qui eut beaucoup de succès, ce qui était mérité. On a tort de ne voir en Dmytryk qu’un technicien doué : c’était un réalisateur très capable et si les acteurs ont à chaque fois bien soutenu ses films, ce n’était pas seulement du fait de leur propre talent.

Mais son implication dans le maccarthysme ne lui a jamais été pardonnée, alors qu’il n’en fut pas de même pour Elia Kazan qui eut la même attitude à la même époque.

 

  1. Dans le bureau, une liste est gravée sur un mur.
  2. Dorothy avait presque 10 ans de plus que l’autre actrice.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Altman
Cookie's Fortune (Robert Altman, 1999)

« Cookie’s Fortune » désigne en règle générale la maxime contenue dans le biscuit final d’un repas chinois.

Mais ici, c’est bel et bien de la fortune d’une femme que nous parlons : Jewell Mae Orcutt, qu’on appelait donc « Cookie » (Patricia Neal).

Cookie vit avec Willis Richland (Charles S. Dutton), un métis qui a presque toujours vécu là, même quand son mari Buck était encore en vie, dans une de ces grandes maisons du Sud (Mississipi). Elle a deux nièces – Camille Dixon (Glen Close) et Cora Duvall (Julianne Moore) – et une petite-nièce – Emma (Liv Tyler) – fille de l’une des deux.

Mais Cookie est lasse et décide de se donner la mort.

Camille, découvrant le corps inanimé de sa tante ne peut accepter ce suicide et le maquille en meurtre.

C’est alors Willis qui est arrêté.

 

Tous les ingrédients pour faire de cette intrigue une histoire sordide sont là, mais ce serait faire peu de cas du réalisateur ! Robert Altman n’est pas le premier venu, et on retrouve ici ses habitudes narratives, à commencer par son exposition des différents protagonistes dans leur quotidien et leurs habitudes.

Tout ce petit monde vit au même endroit et la mort de Cookie va les rassembler malgré eux : Emma ne voit plus sa mère et sa tante depuis longtemps ; ces deux dernières n’étaient pas les bienvenues chez leur propre tante… Bref, des histoires de famille, encore et toujours.

A cela s’ajoute la couleur de Willis qui aurait pu être un élément à charge dans cette histoire de meurtre. Mais personne ne croit à la culpabilité de ce dernier, et c’est l’adjoint Lester (Ned Beatty) qui a l’argument imparable de son innocence : « je pêche avec lui. »

 

C’est avec l’arrestation de Willis que Robert Altman lance la comédie : Emma qui ne veut pas le laisser seul et va partager sa cellule ; son avocat (Donald « Rem » Moffat) et le même Lester qui y jouent au scrabble avec lui ; et les interventions incongrues du jeune policier Jason Brown (Chris O’Donnell).

Bref, on s’amuse beaucoup, sans pour autant perdre de vue l’aspect policier de l’intrigue, même si elle devient tout de même secondaire, et ce malgré l’arrivée d’un inspecteur chevronné (Courtney B. Vance), ou supposé tel. Il faut dire que l’opération de séduction de la policière Wanda (Niecy Nash) sape chaque nouvel élément qui pourrait ramener un peu de sérieux. Et tant mieux d’ailleurs.

 

Reste un film où l’interprétation est le grand atout, avec une mention spéciale pour les deux tantes, chacune dans son registre. D’un côté une simplette (Julianne Moore) qui se laisse mener par le bout du nez par sa sœur, et de l’autre une maîtresse-femme dont la seule occupation est diriger : en plus de la vie de sa sœur, elle dirige une pièce de théâtre – adaptée d’Oscar Wilde – rappelant sans cesse à chacun l’imminence de la représentation et donc l’indispensable travail d’apprentissage qui va avec.

Chacune, dans son rôle, est superbe et elles montrent bien qu’elles sont de grandes dames du cinéma.

 

Et finalement, quid de la fortune de Cookie ? Je vous laisse découvrir chez qui elle retombe, même si on le sentait depuis le début.

Cookie’s Fortune, une pause dans le cinéma américain de la fin des années 1990s où tout explosait avec force effets spéciaux numériques alors en plein essor.

A voir.

 

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