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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
Erin Brockovich (Steven Soderbergh, 2000)

La vie n’est pas simple quand vous êtes une femme seule, avec trois enfants issus de deux maris qui se sont sauvés : en plus de les élever, vous devez travailler afin au moins de les nourrir. Mais quand on les a eus (trop) tôt, avoir un travail stable et bien payé relève de la gageure. Si en plus d’essuyer refus sur refus, un type riche (il roule en jaguar) vous rentre de dedans et vous blesse et que votre avocat n’arrive pas à vous faire obtenir gain de cause, vous vous pouvez vous dire que la vie est bien injuste.

C’est un (gros) peu ce qui arrive à Erin Brockovich (Julia Roberts, magnifique). Quant à son avocat, Ed Masry (Albert « Big Fish » Finney), il va peut-être regretter d’avoir croisé le chemin de cette drôle de cliente.

En effet, alors qu’il ne répond à aucun de ses appels, elle décide de s’imposer à lui et se fait donc engager comme assistante.

Mais bien sûr, il ne va pas le regretter.

 

Si cette présentation possède un caractère un tantinet primesautier, il ne faut pas en conclure que nous avons ici un film léger. En effet, le thème abordé, les ravages de la pollution industrielle sur la population, est des plus graves et surtout toujours d’actualité. Et en plus, tout ceci s’appuie sur une histoire vraie, celle d’Erin Brockovich (qui fait une apparition dans le film) qui amena au grand jour le scandale du chrome 6 à Hinkley (Californie).

Mais bien sûr, c’est avant tout cette jeune femme qui va se battre pour une cause on ne peut plus juste qui nous intéresse avant tout.

 

Ce qui nous frappe le plus dans ce destin particulier, c’est l’attitude volontaire qui ne quitte jamais notre héroïne, et ce malgré les coups du sort (malheureux, cela va de soi) qui s’acharne sur elle. Cette volonté inébranlable se double d’un courage sans faille, même si cette nouvelle vie est plutôt compliquée.

Comme pour toutes les femmes, la société demande à Erin de choisir : sa vie professionnelle ou sa vie familiale. Ce choix qui ne s’impose jamais aux hommes, Erin le subit de plein fouet, même par son nouveau compagnon, George (Aaron « Two-Face » Eckhart). Certes, ce n’est pas abrupt, mais le résultat est le même : elle doit changer de boulot pour être plus présente pour ses enfants !

Ce qu’elle ne va pas faire, fort heureusement, réussissant tout de même à conjuguer les deux aspects primordiaux de sa vie, même si parfois c’est très dur. J’en veux pour preuve la séquence quand Erin apprend que sa fille Beth (Ashley & Britanny Pimental) prononce son premier mot : toute la dimension du dilemme s’expose sous nos yeux.

 

Et Julia Roberts campe une Erin Brockovich formidable, parfait équilibre entre l’intelligence (supérieure) et la beauté. Son jeu subtil nous fait balancer de son côté dès le début : on ne peut résister à une telle femme. Face à elle, Albert Finney est à la hauteur (qui en aurait douté ?) et nous propose un partenaire à la mesure du personnage principal : les rapports sont houleux mais n’en demeurent pas moins empreints de respect, comme le confirme la séquence finale.

Bref, nous sommes dans une comédie (ça se termine bien) dramatique (vous avez besoin d’explication) menée de main de maître par Steven Soderbergh, alliant sourire et larmes sans pour autant tomber dans le pathos, et surtout avec – et c’est aussi cela qu’on vient chercher au cinéma – une bonne dose d’émotion(s).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Wachowski
The Matrix reloaded (Wachowski, 2003)

Neo (Keanu Reeves) a donc suivi le lapin blanc puis pris son comprimé et le voilà, avec ses partenaires, à nouveau à l’attaque de la Matrice. Nous retrouvons donc l’univers duel né du premier opus (le monde réel post-apocalyptique et celui de la Matrice – le nôtre !)

Si Morpheus (Laurence Fishburn) et Trinity (Carrie-Ann Moss) sont toujours là, on notera l’arrivée de la capitaine Niobe (Jada Pinkett Smith), ancienne compagne du même Morpheus. Evidemment, le super-méchant Smith (Hugo « Elrond » Weaving) est de la partie, assurant à lui tout seul la plus grande partie des scènes de combats.

Et on retrouve bien sûr l’indispensable Oracle (Gloria Foster qui mourut avant la fin du tournage) qui révèle enfin son rôle dans cette intrigue bien emberlificotée.

 

Il faut dire que le scénario vient de franchir un cap dans la métaphysique, faisant basculer l’intrigue dans le mystique, le tout combiné à l’informatique, la base de la franchise.

Neo devient donc le Messie, même si on ne se réfère à lui que comme « The One », qu’on pourrait traduire par l’Elu, même si on perd beaucoup avec la traduction (1).

Mais cette dimension messianique remet tout de même en question l’avis de l’Oracle lors de l’épisode précédent.

Quoi qu’il en soit, nous suivons la conviction de Morpheus, comme la quasi-totalité des rebelles.

Autre élément religieux, le nom du repère des Rebelles : Zion. Zion, c’est le terme anglais de Sion, qui désigne à la fois Jérusalem, des lieux géographiques et tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu. Bref, le repère n’est autre que la Terre Promise, et Neo son Messie (2).

 

Mais comme presque toujours dans le cas d’une suite, on assiste à une dégradation de la qualité : les combats qui s’expliquaient par la découverte d’un nouveau monde ainsi qu’une dimension initiatique pour Neo sont ici plus systématiques et s’ils restent très spectaculaires, ils n’en demeurent pas moins un tantinet lassant. Et d’une manière générale, la récurrence (infinie) du personnage de Smith est plus un frein à l’intrigue qu’autre chose. On retrouve d’ailleurs un écho à la multiplication de Smith dans celle de Neo sur les écrans de la salle de l’Architecte (Helmut Bakaitis).

Et parmi les nouveaux personnages, on notera la présence du Mérovingien (Lambert Wilson) et de sa compagne Perséphone (Monica Bellucci). Si lui n’a un intérêt que tout relatif – on retient plus facilement ses jurons (en français dans le texte, comme on dit) (2) – elle, pour sa part, ajoute une autre dimension religieuse : Perséphone étant la compagne du dieu des enfers grecs Hadès, le gardien du royaume des morts.

 

Bref, la dimension religieuse prend le pas sur la dimension politique et les explications finales entre Neo et l’Architecte ne sont pas là pour éclaircir l’intrigue. D’une manière générale, les Wachowski ont plus axé ce deuxième film vers le jeu vidéo, avec combats et poursuite en voiture (, camion, moto…) elle aussi spectaculaire.

Reste tout de même un élément prépondérant : les décors.

Le travail d’Owen Paterson supervisé par Hugh Bateup, assisté de Nanci Noblett, est encore une fois magnifique. Certes, l’apport du numérique est immense mais la conception de cet univers au croisement du cyber et du steampunk est remarquable, donnant une autre dimension à la partie « réelle » (voir plus haut) des personnages.

Mais est-ce bien suffisant ?

 

  1. En effet, Neo et One sont des anagrammes, ce qui n’apparaît en français, le héros ne s’appelant pas Ule ou Leu (ou autre chose, vous avez 5 possibilités).
  2. Sans oublier son apparence qui rappelle plus un prêtre catholique en soutane qu’un super-héros…
  3. « Nom de dieu de putain de bordel de merde de saloperie de connard d'enculé de ta mère. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Policier, #Claude Zidi
Ripoux contre Ripoux (Claude Zidi, 1990)

Fort du succès (un tantinet inattendu) du premier film (1985), Claude Zidi, aidé de Didier Kaminka au scénario, nous propose alors une suite qui n’en est pas une : René Boisrond (Philippe Noiret) ayant terminé à la Santé (1), il n’était pas possible de lui faire réintégrer la grande Maison de la Tour Pointue.

Nous retrouvons donc le grand René et son partenaire François Lesbuche (Thierry Lhermitte) dans ce même quartier montmartrois qui servit de cadre au premier opus.

Nos deux policiers sont toujours aussi peu scrupuleux en ce qui concerne les pratiques d’un policier intègre.

Mais ces pratiques n’ont qu’un temps, et pour une peccadille, René et François se retrouvent mis à pied avec menace de procès et tout le toutim. Ils sont alors remplacés par deux nouveaux inspecteurs : Guy Brisson (Guy Marchand) et Jean-Pierre Portal (Jean-Pierre Castaldi). Et alors qu’on s’attendait à une sorte d’épuration du système, on se rend rapidement compte qu’ils sont aussi pourris que les deux autres voire pires !

 

Ce n’est donc pas une suite, et malgré ce que j’ai pu glaner par ci par là sur le net, j’ai du mal à considérer cet épisode comme une « midquel » (2) : si cette histoire ne peut absolument pas être une suite, la résolution finale de ce scénario ne peut pas non plus s’intégrer dans le premier opus. Bref, il faut à nouveau considérer ce film comme unique, seules les personnages et leurs caractéristiques restant la base commune.

Une fois cet élément de l’intrigue passé, reste un film assez plaisant à regarder même s’il ne possède pas le charme de la nouveauté du premier opus. Il n’y a plus le plaisir de la découverte et ce qui faisait tout le sel du premier film est dilué dans une histoire peut-être plus convenue.

 

On ne retrouve pas l’esprit un peu villageois du quartier avec ses autochtones hauts en couleur ni les petites combines plus ou moins minables de nos deux héros, base du comique du film précédent. Et le changement de certains interprètes (Line Renaud, Michel Aumont) n’a rien à voir avec la qualité moindre de cet épisode.

Zidi, comme beaucoup avant (et après) lui a cédé aux chants des sirènes du succès et commis cette suite qui ne s’imposait peut-être pas.

Ripoux contre Ripoux n’a pas l’étoffe de l’Empire contre-attaque ou Le Parrain 2, deux suites qui, elles, étaient au moins d’aussi bonne facture que leur épisode précédent.

Et malheureusement, il ne s’est pas arrêté là : treize ans plus tard, le duo était reformé pour une ultime fois pour une nouvelle intrigue improbable et inutile.

 

  1. Tant qu’on l’a !
  2. On connaissait la « sequel » (suite en français), la « prequel » (qui se passe avant l’histoire principale), voici donc la « midquel » qui s’insère à l’intérieur de l’intrigue principale, un épisode occulté de l’œuvre originale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Martin Scorsese, #Jon Favreau, #Rob Reiner, #Spike Jonze
Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street - Martin Scorsese, 2013)

1987. Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio entre dans une société de courtage de haut niveau. Malheureusement, une crise le renvoie à la rue.

Il se tourne alors vers une société de (beaucoup) moindre importance. Rapidement, il dégage des commissions faramineuses qui l’amènent à créer sa propre boîte de courtage.

Cinq ans plus tard, il se fait 49 millions de dollars par an.

Mais une telle réussite ne suscite pas seulement les jalousies : la brigade financière du FBI et en particulier Patrick Denham (Kyle Chandler) s’intéressent de très près à ses pratiques franchement illégales.

Qu’importe, Jordan avance toujours plus loin, vers encore plus d’argent.

 

Comme nous sommes chez Scorsese, nous savons d’entrée que ce que nous allons voir va mal se terminer. Au mieux, le « héros » se retrouvera à son point de départ, au pire…

Et ça ne manque pas. Nous suivons l’ascension irrésistible de ce jeune homme ambitieux (euphémisme) vers des sommets qui confirment que plus on monte et plus dure est la chute.

Et comme toujours quand il s’agit de Scorsese, c’est dans la manière de traiter cet échec inévitable que se concentre tout son art.

 

Encore une fois, c’est un destin formidable qui nous est proposé, celui – réel – de Jordan Belfort qui vécut tout ça et eut même droit à un séjour à l’ombre tous frais payés par l’Etat.

Et s’il existe une maxime pour résumer ce destin, c’est bien la suivante : « sex & drugs & rock’n’roll. »

Le sexe et la drogue parce que Belfort est accro aux deux à un degré très élevé, et le rock’n’roll pare qu’il était impensable que Scorsese n’utilise pas l’une de ses musiques préférées ! On retrouve d’ailleurs quelques standards dans des reprises qui ont une certaine pertinence. A l’instar de Jordan qui va jouer dans la cour des grands pour les égaler voire les surpasser, ce sont des (bonnes) reprises qui essaient d’apporter autre chose que les versions originales, avec toujours le souci d’en faire quelque chose d’encore mieux (1).

Et le dénominateur commun de ces reprises tient dans l’aspect extrême inhérent au personnage principal qui se retrouve dans une rythmique très souvent endiablée. Il ne manque que What a wonderful World repris par Joe Ramone.

 

On retrouve dans le traitement de cette intrigue la même verve que ses films de gangsters les plus célèbres : Goodfellas et Casino. Parce que Jordan Belfort est, d’une certaine manière, un gangster. Et le FBI ne s’y trompe pas qui va le poursuivre jusqu’à l’erreur qui va tout déclencher. C’est d’ailleurs aussi cette erreur que le spectateur attend pour que commence le fiasco annoncé (2). De toute façon, le caractère du personnage, la démesure de son entreprise ne pouvait qu’amener une fin comme celle-là.

Jordan Belfort est de la même trempe que ses deux prédécesseurs scorsesiens : Henry Hill (Ray Liotta) et Sam »Ace » Rothstein (Robert de Niro). Son mode de vie rappelle beaucoup celui du premier, reprenant les deux premiers principes de la maxime citée plus haut.

 

Et encore une fois, Scorsese dirige avec beaucoup de bonheur Leonardo di Caprio, véritable successeur de Robert de Niro dans l’œuvre du maître. On retrouve le même genre de personnage mais avec un atout supplémentaire que n’avait pas de Niro : Leonardo est un jeune premier. Vieillissant certes, mais il conserve encore en partie son aspect juvénile qui ajoute grandement dans l’aspect séducteur du personnage.

Mais pour le reste, c’est un magnifique perdant qui avance inexorablement vers sa chute, et même ici qui la précipite, au grand dam de ceux qui l’entourent.

 

Alors Scorsese s’en donne à cœur joie, basant son film sur le jeu – formidable – de Leonardo di Caprio comme il le faisait avec de Niro et traite toujours avec la même flamboyance ce destin tragique et inévitable.

 

Ce fut un succès. Normal. C’est, encore une fois, du grand Scorsese.

 

  1. J’en veux pour exemple – rien à voir avec le film – la chanson Hallelujah de Leonard Cohen et la version sublime qu’en tira Jeff Buckley, au point qu’on en a oublié l’originale…
  2. Rappelez-vous la réplique de Nicky Santoro dans Casino : « A la fin on a tout fait foirer ! » (« in the end we fucked it all up »)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Martin Campbell, #Anthony Hopkins
Le Masque de Zorro (The Mask of Zorro - Martin Campbell, 1998)

Il est (encore) de retour !

Après près de quinze ans d’absence sur les grands écrans, le justicier masqué, rusé comme un renard (1), nous revient, enfin revenait aux spectateurs de l’époque, avec un duo Hopkins/Banderas séduisant.

 

Tout commence en 1821 quand le gouverneur Don Rafael Montero (Stuart Wilson) dirige  d’une main de fer la Californie espagnole. Alors qu’il opprime sans vergogne le peuple mexicain, un justicier masqué s’oppose à lui : Zorro (Anthony Hopkins), de son vrai nom Don Diego de la Vega.

Ayant triomphé de son ennemi, Rafael est contraint de rentrer en Espagne avec Elena (Catherine Zeta-Jones) la fille de don Diego, laissant ce dernier pourrir en prison.

Vingt ans plus tard, Rafael revient en Californie avec « sa » fille, bien déterminé à récupérer la Californie des mains de Santa-Anna.

Dans le même temps reparaît un personnage qu’on imaginait totalement disparu : Zorro. Et il semble que les années l’aient épargné…

 

78 ans après Douglas Fairbanks (2) et une cinquantaine de films plus tard, Zorro nous revient donc sous les traits doubles d’Anthony Hopkins (1821) et d’Antonio Banderas (1841). ON retrouve dans ces deux personnages une très belle opposition de style : d’un côté ce qu’on appelle un gentleman, un aristocrate aux manières irréprochables et au charme ravageur ; de l’autre un jeune chien fou au tempérament bouillonnant. Cette opposition se prolonge dans une relation maître/apprenti tout aussi convenue.

Et bien entendu, ce tandem fonctionne parfaitement, le jeune Murrieta (Banderas) reprenant sans problème le flambeau du justicier vieillissant.

 

Mais ce qu’on attend de Zorro, c’est avant tout de l’action et d’incontournables duels à l’épée. Nous avons les deux ici, les différents assauts étant réglés – comme de bien entendu – comme de véritables chorégraphies, accompagnées du choc clair des lames. Bien sûr, à l’instar du grand Douglas, nos deux Zorro bondissent avec virtuosité pour notre plus grand plaisir.

Bien sûr, nos deux héros n’effacent pas le souvenir de Guy Williams qui fut le Zorro de notre enfance (3), et on ne peut s’empêcher de sourire quand Murrieta (qui se fait alors passer pour grand d’Espagne) appelle son serviteur Bernardo.

 

Quant aux méchants, ils remplissent très bien leur rôle : Don Rafael est un tyran haïssable (4) exempt de tout scrupule, dont la propension à l’injustice et l’exploitation semblent sans limite. A ceci s’ajoute l’usurpation du titre de père pour la belle Elena, crime semble-t-il plus grand au regard de l’intrigue.

A ses côtés, on trouve un personnage assez fascinant au sang-froid impressionnant : le capitaine Harrison Love (Mark Letscher). C’est un autre méchant terrible, un tueur implacable aux manières franchement révoltantes : son entretien privé avec Murrieta en donne toute la mesure.

 

Et puis il y a la femme. Elena est bien sûr très belle – normal, c’est Catherine Zeta-Jones – mais elle n’est pas seulement là pour son joli minois comme la plupart des jeunes femmes dans la série avec Guy Williams par exemple. C’est une jeune fille volontaire qui en plus sait manier l’épée, ce qui est plutôt rare dans les adaptations relatives à notre personnage principal. Son duel avec Zorro-Banderas n’est d’ailleurs pas le moins intéressant.

 

Bref, Martin Campbell réussit cette nouvelle adaptation des aventures du héros de Johnston McCulley, évitant au passage le trop plein d’effets spéciaux numériques qui étaient alors en vogue dans le cinéma américain de l’époque, et équilibrant son film en variant le rythme des différentes séquences, faisant de ce Zorro une agréable surprise, remettant au goût du jour le genre cape et épée. Mais ce retour sera sans lendemain si on excepte une suite proposée 7 ans plus tard, avec le même trio vedette : Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones et Martin Campbell.

Evidemment, ceci est une autre histoire.

 

  1. Peut-il en être autrement ?
  2. Pour moi le seul, le vrai !
  3. La mienne en tout cas.
  4. Stuart Wilson n’est pas à son coup d’essai dans la peau d’un méchant patenté : il fut l’infâme Jack Travis dans L’Arme fatale 3.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Cecil B. DeMille
The golden Chance (Cecil B. DeMille, 1915)

Il y a cinq ans, Mary McCall (Cleo Ridgely) s’enfuyait pour épouser, contre l’avis de ses parents, Steve Denby (Horace B. Carpenter) son amour de l’été.

Aujourd’hui, c’est une femme malheureuse, prisonnière d’un mari oisif et alcoolique, voire un peu truand. Comme l’argent du ménage passe dans la boisson, elle décide de vendre ses talents de couturière. Elle est engagée par la riche Mrs. Hillary (Edythe Chapman), dont le mari (Ernest Joy) est un homme d’affaires qui voudrait s’assurer le concours du richissime Mr. Manning (Wallace Reid).
Alors que Mrs Hillary se retrouve en manque d’une cavalière pour Manning à son dîner (1), elle propose à Mary de tenir cette place le temps de la soirée.

Manning est subjugué par la beauté de la jeune femme qui devient alors une habituée des Hillary.

Pendant ce temps, Denby, ignorant tout de l’histoire de sa femme, décide d’aller faire une razzia chez les Hillary pour soulager la nouvelle jeune femme qui les visite de ses biens précieux.

 

Tourné en même temps que le magnifique The Cheat, ce film fut occulté par le succès de ce dernier, au point qu’on ne le mentionne que très peu dans l’œuvre de Cecil B. DeMille (2). Et c’est bien dommage parce qu’il possède de grandes qualités, et une maîtrise technique certaine.

Alors que le tournage avait débuté avec Edna Goodrich dans le rôle de Mary, son problème sérieux avec l’alcool décida DeMille à la virer et tout arrêter. Il dut donc lui trouver une remplaçante. Une fois Cleo Ridgely engagée, DeMille dut retourner les séquences. Or il était déjà sur The Cheat dans la journée : il ne restait que le soir (voire la nuit) pour compléter c ce film. Ceci expliquant aussi le côté économe de la production dont parle mon grand ami le professeur Allen John dans son analyse (3).

Ce film fera d’ailleurs l’objet d’un remake six ans plus tard, le nom Denby devenant Maddock (Forbidden Fruit).

 

Mais ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise technique. Certes, DeMille est en bonne compagnie et Alvin Wyckoff est derrière la caméra comme il l’a déjà été le sera encore souvent. Mais on assiste à une alternance de plans aux cadrages variés montés avec brio par De Mille himself, donnant à son film le rythme et l’équilibre voulus (3). Et surtout, les différents cadrages sont d’une grande pertinence, mettant en valeur certains détails déterminants : le (beau) visage de Cleo Ridgely se prête magnifiquement à cet exercice.

On notera aussi un beau travail sur l’éclairage, dans la lignée de celui entrepris dans The Cheat à la même époque. De plus, la copie est teintée, donnant une autre dimension au film, avec de nombreuses scènes qui se déroulent en soirée voire de nuit, ce qui se comprend aisément (voir plus haut).

 

De plus, les quelques séquences qui se déroulent chez mary et Steve contrebalancent très bien le côté (un peu) fastueux de la maison Hillary. ON y trouve une atmosphère sordide accentuée par la présence de Raymond Hatton – un habitué des films de DeMille – dans le rôle de Jimmy the Rat, répugnant à souhait.

Sans oublier la violence inhérente au milieu décrit qui va exploser dans la confrontation finale entre Manning et Denby (avec l’aide du Rat) et se soldera tragiquement.

 

Bref, The golden Chance est un film qui mériterait une forme de réhabilitation tant il est maîtrisé de bout en bout et servi par des interprètes qui jouent au niveau d’exigence demandé par le maître. De plus, c’est une nouvelle occasion de retrouver le grand Wallace Reid dans un rôle qui semble du sur mesure : millionnaire au grand cœur mâtiné de justicier, il est tout bonnement irrésistible.

 

  1. N’oubliez pas que Mr. Hillary veut intéresser Manning dans son affaire.
  2. Aucune trace dans le formidable Behind the Mask of innocence de Kevin Brownlow.
  3. On retrouve tout de même le milieu (très) bourgeois voire aristocratique des films de DeMille, rassurez-vous.
  4. On n’est jamais si bien servi que par soi-même !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Thomas Gilou
La Vérité si je mens (Thomas Gilou, 1997)

Le Sentier, deuxième arrondissement de Paris.
C’est là que débarque Eddie Vuibert (Richard Anconina) suite à des problèmes rencontrés avec des joueurs de bonneteau. Il y est recueilli par Victor Benzakhem (Richard Bohringer) qui va le prendre sous son aile, n’ayant pas l’habitude de laisser quelqu’un dans le besoin, surtout s’il est, comme lui, juif.

Eddie va alors grimper dans l’entreprise de Victor, devenant un maillon indispensable du marché du textile. Il va même jusqu’à tomber amoureux de la fille de son patron, la (très) belle Sandra (Amira Casar).

Mais voilà : Eddie n’est pas juif.

 

Dans le cinéma français, il semble que chaque décennie apporte sa comédie incontournable qui devient rapidement « culte », avec réplique répétée à longueur de journée dans les lieux publics. La Vérité si je mens appartient à cette catégorie, tant le film fut un succès, confirmant le succès de nombre de ses interprètes.

Parce qu’il faut le dire : il s’agit avant tout d’un film d’acteurs, où les débordements et la truculence l’emporte souvent sur la douceur et la subtilité.
 

On retrouve dans cette fine équipe la tradition française des films d’amitié virile, amplifiée par les origines pied-noir des différents protagonistes, avec en particulier Serge Benamou interprété par le formidable José Garcia qui confirme là le talent qu’on lui avait découvert dans Nulle Part Ailleurs (1) aux côtés d’Antoine de Caune.

Autre transfuge de la chaîne, Bruno Solo (Yvan) s’en donne lui aussi à cœur joie après les années passées à présenter le Top 50 avec Yvan Le Bolloc’h, dans des situations déjà bien déjantées.

 Et alors qu’on peut qualifier ce film d’« énaurme », on notera la sobriété bienvenue de Richard Bohringer, qu’on a connu beaucoup plus expansif, jusqu’à dire de lui qu’il « faisait du Bohringer ».

 

Et puis il y a la religion.

Thomas Gilou réussit à nous faire rire avec cette histoire où  le judaïsme est tout de même omniprésent, devenant même une des bases du comique, ne nous épargnant même pas certains préjugés autour des mariages mixtes. Quant aux errances d’Eddie dans ce milieu qui lui est totalement étranger, elles prennent toute leur saveur dans la préparation de son mariage avec Sandra, au grand dam du rabbin (Victor Haïm).

 

Bref, nous sommes dans une comédie absolument débridée, montrant une bande de trentenaires insouciants où l’argent semble couler à flot, surtout chez Patrick (Gilbert Melki), et où les affaires – indispensables – n’empêchent pas le plaisir.

Ce fut un succès phénoménal et surtout inattendu pour Thomas Gilou qui reprit son équipe (à une exception près) pour une suite dans le même ton quatre ans plus tard.

Vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire.

 

(1) Emission phare de la chaîne Canal Plus. La sortie du film (2 mai) coïncide avec le départ de Philippe Gildas de sa présentation (juin).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Monty Python, #Terry Jones, #Terry Gilliam
Le Sens de la vie (The Meaning of life - Terry Jones & Terry Gilliam, 1983)

Après l’irrésistible Holy Grail (1975) et le magnifique Life of Brian (1979), les Monty Python nous reviennent avec un troisième film prometteur, au moins de par son titre : Le Sens de la vie.

Après avoir malmené la légende arthurienne et ébranlé les bases de la foi chrétienne (1), voici l’équipe de choc qui s’attaque au sens même de la vie, à travers des épisodes incontournables, allant de la naissance – origine inévitable – jusqu’à la mort, elle aussi inévitable.

 

Avec ce troisième film, les six Anglais retrouvent la structure qui faisait leur particularité à la télévision anglaise à la fin des années 1960 et au début de la décennie suivante.

En effet, il s’agit ici ni plus ni moins que d’une succession de sketches plus ou moins absurdes (2), avec comme autrefois un souci de la transition qui amène à chaque fois un nouveau chapitre ou un nouvel aspect du point abordé.

Ce retour vers les années de télévision est d’ailleurs accentué par l’utilisation – brève – du générique original avec les accords de The Liberty Bell de John  Philip Sousa, là encore, un incontournable.

 

Nous sommes donc en plein univers Monty Python, où l’absurde (presque tout, avec en summum le don d’organes) côtoie le mauvais goût (la séquence dans le restaurant), mais où l’humour est omniprésent, tout comme les différents membres qui, comme à leur habitude, interprètent plusieurs personnages tout au long du film, dont certains dans une même séquence.

Bien sûr, le sexe a sa place ici, mais alors qu’à la télévision, la censure était des plus strictes et les mentalités très conservatrices, ici, les vannes sont ouvertes et tout devient possible : j’en veux pour preuve la leçon d’éducation sexuelle dispensée par le professeur Cleese.

Et bien sûr, nous retrouvons celle qu’on a appelé la 7ème Python : Carol Cleveland qui ne fait que de très courtes apparitions (deux). Seul manque à l’appel Neil Innes, ainsi que sa musique, mais qu’on se rassure, Eric Idle y chante quand même.

Il n’est d’ailleurs pas le seul puisqu’on peut aussi entendre Graham Chapman (Dieu/Tony Bennett) dans la dernière séquence (Christmas in Heaven), mais surtout Michael Palin dans le tube du film : Every Sperm is sacred. Je ne vais pas trop insister dessus, mais cette chanson, en plus de critiquer ouvertement la religion chrétienne, se termine en une apothéose qui n’est pas sans évoquer (un peu tout de même) certaines chorégraphies de Busby Berkeley (3).

 

Et puis il y a The Crimson Permanent Assurance, certainement l’un des éléments les plus réussis du film. En effet, le film se présente comme un programme à deux parties, la première étant un court-métrage comme ceux qu’on avait l’habitude de présenter avant le programme en lui-même. Et Gilliam s’en donne à cœur joie, réalisant un film dans la lignée de ceux qu’il fit avant et après Le Sens de la vie. On y retrouve une part de rêve – qui devient réalité – et une utilisation brillante du trucage surtout dans le départ du bâtiment. A cela s’ajoute un emprunt aux galères romaines, analogie flagrante du travail des vieux employés de la compagnie Crimson.

Et la métamorphose de ce bâtiment en vaisseau pirate est des plus savoureuses.

 

Pour le reste, on retrouve l’humour décalé des Python à longueur de film, avec certains détails qui donnent tout leur sel au film : la machine qui fait « Ping ! », la petite confiserie à la menthe et au chocolat ou encore les différents cadeaux offerts par les soldats à leur officier.

Et si ce film a un aspect un tantinet fourre-tout (4), on appréciera avec tout de même beaucoup de plaisir cette dernière occasion de voir les six membres des Python ensemble au cinéma.

Et ça, c’est très précieux.

 

  1. Le film fut interdit en Irlande, pays ô combien catholique.
  2. Le fameux « nonsense » britannique, porté par des chantres parmi les plus habiles.
  3. On retrouvera cette tendance dans un autre moment chanté du film avec entrée dans une piscine.
  4. On dit même que l’un d’entre eux aurait expliqué que le film fut l’occasion de recycler quelques sketches en stock…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Judd Apatow
40 Ans, toujours puceau (The 40-year-old Virgin - Judd Apatow, 2005)

Andy Stitzer (Steve Carell) est un homme bien rangé : il vit seul dans son appartement au milieu de sa collection – impressionnante – de personnages  allant des séries télévisées (Steve Austin), à l’univers Marvel (IronMan, etc.) ou DC (Aquaman) ou d’autres (La créature du Lagon Noir). Il est aussi un passionné de jeux vidéo auxquels il joue très souvent.

Bien sûr, un tel univers domestique présuppose une chose : il est célibataire. Et c’est peut-être là le drame de sa vie car non seulement il est célibataire, mais aussi il n’a jamais couché avec une femme. Et il a 40 ans (1).

Un soir qu’il a été invité par ses collègues à une partie de poker, il va l’avouer.

Dès lors, chacun n’aura de cesse de le conseiller et l’encourager afin que cet état de fait ne soit plus qu’un souvenir.

 

IL faut avant tout passer la trivialité du titre qui, s’il reflète la réalité de l’intrigue ne fait pas spécialement un bon effet. Il y a une connotation dans le « puceau » français qui ne se retrouve pas dans le titre original, même si la réalité décrite est la même.

Une fois cet obstacle franchi (rapidement et facilement), nous assistons à une comédie débridée où le sexe est bien sûr le thème central mais sont traitement y est fait de manière – étonnamment – subtile, voire avec une certaine pudeur.

Et tout ceci grâce surtout au jeu tout aussi subtil de Steve Carell.

 

Il faut dire que ce film est du sur mesure pour lui puisqu’il est à l’origine de l’intrigue et qu’avec Judd Apatow, il a coécrit le scénario de cette comédie.

Et si le sexe est omniprésent, il n’est pas montré, même si bien sûr, nous savons qu’à un moment Andy va se retrouver au lit avec une femme.

En fait l’intrigue se concentre sur la période qui se passe avant les préliminaires et qui est la plus importante : trouver une femme.

Je devrais plutôt dire : « trouver la bonne femme ». Parce que ce n’est pas ce qui manque ici les femmes. Et en plus d’être nombreuses, elles sont toutes très jolies, et beaucoup trouvent Andy à leur goût !

Et comme tout dans la vie (et surtout en amour) c’est le premier pas qui compte. Mais malheureusement, et c’est le cas d’Andy, plus on attend et plus ce premier pas s’allonge ! La distance à 40 ans ne se calculerait d’ailleurs plus en pas.

 

Judd Apatow et Steve Carell nous propose ici une comédie habile, où bien sûr les éléments graveleux ne manquent pas mais ne sont pas le véritable intérêt du film. C’est évidemment Steve Carell qui est ce centre, interprétant un Andy tout en nuances, sorte d’ado attardé du fait de son inexpérience sexuelle (2).

Steve Carell exprime à merveille le malaise ressenti par Andy face à une situation des plus embarrassantes surtout à un âge où ola virginité ne concerne, dans l’opinion publique, que les vieilles filles coincées (3).

Et cet embarras est utilisé avec beaucoup d’à propos par le scénario, désamorçant d’entrée le tragique de la situation. Mieux même, Andy devient vraiment un héros, assumant avec courage cette abstinence aux yeux de tous (au planning familial par exemple).

 

Mais là encore, Steve Carell ne peut réussir son interprétation qu’avec d’autres. Le trio de conseillers – David (Paul Rudd), Jay (Romany Malco) et Cal (Seth Rogen) – compose une équipe de choc où on retrouve les différents stéréotypes de la drague ainsi que les différentes composantes du séducteur qui devrait permettre à Andy, en assimilant les diverses expériences de ses trois collègues et amis de devenir une bête sexuelle au charme irrésistible. Mais bien sûr, cela ne marche pas, ce qui est d’ailleurs indispensable pour le bon déroulement du film.

Quant aux femmes, on en remarque surtout trois : Beth (Elizabeth Banks), Paula (Jane Lynch) et Trish (Catherine Keener).

Ces trois femmes représentent à elles seules trois stéréotypes (4) féminins :

  • Beth a un caractère volage et des pratiques sexuelles qui sont totalement à l’opposé de l’état d’esprit d’Andy, accentuant son embarras ;
  • Paula est la femme d’expérience comme elle l’explique à son employé, ayant attiré très tôt les hommes, et ses différents échanges – verbaux, bien sûr – sont absolument savoureux ;
  • Trish enfin est l’élue, celle qu’Andy attendait sans attendre : ce que tout le monde sait dès son apparition mais que notre héros va mettre un peu plus de temps à comprendre. Normal, il manque cruellement d’expérience dans ce domaine…

Les trois actrices composent chacune leur personnage avec beaucoup de justesse, participant elles aussi à la réussite du film.

 

Au final, une comédie pas aussi lourdingue que le titre le laissait envisager, où l’on rit franchement des différentes péripéties qui arrivent à Andy et où le final qui emprunte à Hair (Aquarius et dans une moindre mesure Let the Sunshine) amène définitivement le sourire aux lèvres du spectateur quand le film se termine.

 

  1. Décidément, le titre est bien trouvé…
  2. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé comme le montre une séquence savoureuse de ses différents échecs passés.
  3. Non, ce n’est pas un pléonasme.
  4. Les stéréotypes sont souvent la base du comique.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Comédie, #Clint Eastwood
Bronco Billy (Clint Eastwood, 1980)

D’un côté, vous avez  Bronco Billy McCoy (Clint Eastwood) qui dirige le prestigieux Bronco Billy Wild West Show, allant de ville en ville montrer un spectacle fabuleux où s’enchaînent des numéros prestigieux de lasso, danse indienne du serpent  et autres tirs de précisions.

De l’autre, vous avez la jeune (et belle) héritière Antoinette Lily (Sondra Locke) qui se marie en Idaho avec le veule John Arlington (Geoffrey Lewis) pour jouir – enfin – de la fortune de son père : le lendemain de la « nuit de noces », Arlington s’enfuit avec les possessions de sa femme, la laissant seule et désemparée au milieu de nulle part (1).

C’est exactement là que se produit le Wild West Show qui vient de prendre une nouvelle assistante : Antoinette va alors être embauchée temporairement par ce cirque ambulant, jusqu’à la prochaine grande ville.

 

Il y a dans le cinéma de Clint Eastwood une grande proportion de personnages solitaires, voire marginalisés qui se rencontrent et font même un bout de chemin ensemble. Et Bronco Billy n’échappe pas à cette règle, les deux rôles vedettes en étant une très belle illustration.

On retrouve d’ailleurs le même duo en tête d’affiche que dans son film précédent (The Gauntlet) ainsi que Bill McKinney dans le rôle de « Lefty » (2) LeBow, ou encore William Prince (Edgar Lipton, avocat peu scrupuleux) Dan Vadis (Chief Big Eagle) et d’autres habitués des tournages avec Eastwood, qu’il soit derrière ou devant la caméra…

 

Et à nouveau cette solitude implique un manque de réussite, voire un aspect un tantinet minable des personnages. Certes, le personnage de Sondra Locke est beaucoup plus honorable que celui de Gus Mally (The Gauntlet), mais il n’est pas empreint d’échec : ce n’est plus une jeune fille et malgré ses différents appas (physiques et financiers) elle est toujours seule. De plus son mariage est mort-né ce qui n’améliore pas vraiment sa solitude.

De son côté, Bronco Billy n’est pas aussi formidable que le personnage qu’il interprète pendant son show, véritable idole des enfants petits et grands. Mais il possède malgré tout une générosité et un charisme qui ne peuvent que le faire aimer : malgré la situation financière désastreuse du show, ses compagnons continuent de le suivre à travers cet Amérique profonde où les grandes villes ne sont pas légion.

 

Il faut dire que ces compagnons somme toute truculents sont eux aussi des solitaires, recueillis par ce cowboy de foire : en rupture de ban pour la plupart, il ne leur restait pas beaucoup de choix d’activité, les (ex-)criminels n’étant pas souvent bien acceptés dans la société, qu’elle soit américaine ou d’ailleurs.

Et c’est dans ce show que tous ces personnages se révèlent et donnent le meilleur d’eux-mêmes, ce meilleur se bonifiant avec le temps : comme le dit Running Water (Sierra Pecheur), dans le show, on est ce qu’on désire. (3)

 

Bref, un film à la croisée du western – à cause du show – et de la comédie douce-amère où pendant un moment, des solitudes s’associent et apportent un petit bout de rêve à des spectateurs qui n’attendent que cela. Un dernier répit avant de plonger dans la société des années 1980 avec ses deux mandats présidentiels d’un autre ancien cowboy, où des gens comme Bronco Billy n’auront certainement pas leur place.

 

  1. Je n’ai aucune acrimonie contre les habitants de l’Idaho, il se trouve que l’endroit où se déroule la séquence est franchement perdu.
  2. Il est « le gaucher », sa main droite étant remplacé par un crochet.
  3. Je vous laisse découvrir qui était réellement Bronco Billy avant…

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