Ils sont quatre : Alan Yates (Carl Gabriel York) Faye (Francesca Ciardi), Mark (Luca Barbareschi) et Jack (Perry Pirkanen).
Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont bourrés de talents. Bref, ce sont de magnifiques aventuriers modernes.
Enfin c’est ce que veut vendre la chaîne de télévision qui les a engagé·e·s à réaliser un film sur des tribus cannibales de l’Amazonie.
En réalité, ces « reporters » sont de véritables bidonneurs, arrangeant les images – voire provoquant des situations – selon leur propre conception des choses.
Comme on n’a plus de nouvelles d’eux, la chaîne envoie le professeur Monroe (Robert « Bolla » Kerman) pour retrouver leur trace dans « l’enfer vert » (1).
Répugnant est le premier mot qui vient à l’esprit une fois le film terminé. Il faut dire que Ruggero Deodato ne fait pas dans la dentelle ni dans la demi-mesure. Rein ne nous est épargné dans l’horreur. C’est bien simple, à côté de ce film, Scream (ou Evil Dead) est une adorable bluette.
En plus de l’horreur sanguinolente annoncée, nous avons droit à quelques séquences de cruauté envers les animaux que semble-t-il Deodato a regretté ensuite. Il n’empêche, des animaux sont tués sous nos yeux avec comme justification du réalisateur : « les quotas de chasse ont été respectés. »
Mais ce n’est pas le seul élément qui retient l’attention de ce film.
En effet, en plus de tout ce sang et cette violence plus ou moins gratuite, Deodato ajoute des séquences de sexe : est-ce pour pimenter le film ou pour titiller le spectateur ? Je n’ai pas la réponse. Mais on peut se poser la question de la présence de certaines séquences de nudité dans ce film alors que dan le même temps, Deodato clame qu’il a tourné ce film pour dénoncer le sensationnalisme journalistique.
En effet, le bidonnage dans le reportage du quatuor est absolument scandaleux, et peut renvoyer à certaines dérives de l’époque qui n’ont pas obligatoirement disparu depuis : jusqu’où la télévision va-t-elle pour « faire de l’audience » ? Allumez votre poste et vérifiez par vous-même.
Malgré tout cela, on ne peut dénier un certain talent à Deodato : il baigne un réalisme incroyable tout au long du film, soutenu par les séquences animales (voir plus haut) qui augmentent ce réalisme. Les prises de vue pratiquement toujours au cœur de l’action participent grandement à la notoriété (malsaine ?) : la dernière partie qui montre les rushes retrouvés de l’équipe sont incroyablement précis et surtout spectaculaires.
A tel point qu’à la sortie du film, Deodato fut jugé pour meurtre : le public a vraiment cru que les quatre reporters ne sont pas revenus et sont morts pendant le tournage (2).
Cette même partie a d’ailleurs follement enthousiasmé d’autres réalisateurs – à commencer par Sergio Leone – du fait de cet incroyable réalisme (32).
Au final, un film à controverse et très certainement scandaleux. Mais ce sera aussi un précurseur des found footage films, qui sont supposés mettre en scène des vidéos supposées récupérées, qui seront popularisés plus tard avec The Blair Witch Project (1999), pour ne citer que celui-là : c’est fascinant (4), mais avec tout de même un aspect malsain inévitable.
Mais on a tout à fait le droit de ne pas aimer ce genre de cinéma.
- Le titre du reportage qu’ils étaient partis réaliser.
- Les noms des acteurs qui constituent le quatuor ne sont pas mentionnés dans le film, laissant planer l’incertitude de leur sort…
- Oliver Stone filmera l’incendie du village dans Platoon avec en tête celui de ce film.
- Pas pour tout le monde !
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