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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Woody Allen
La Rose pourpre du Caire (The purple Rose of Cairo - Woody Allen, 1985)

Cecilia (Mia Farrow) est mal mariée à Monk (Danny Aiello). Pour fuir e mariage malheureux, elle va au cinéma. En ce moment passe La Rose pourpre du Caire, avec Gil Shepherd (Jeff Daniels). C’est une histoire de riches oisifs qui vont en Egypte pour se changer les idées et y rencontrent Tom Baxter (Jeff Daniels), et l’emmènent avec eux en Amérique.
Pendant ce temps, Cecilia est de plus en plus malheureuse : son mari est lui aussi un oisif qui en plus passe du bon temps avec d’autres femmes.

Cecilia se réfugie au cinéma pour oublier sa condition.

C’est alors que Tom Baxter la remarque et sort de l’écran pour la rejoindre.

 

Woody Allen est en pleine mutation. Après sa période burlesque, il s’était lancé dans des comédies plus sophistiquées un tantinet bavardes (1) et revient depuis trois ans avec une nouvelle forme de comédie qui allie un peu les deux, mais dont cette Rose pourpre sort du lot.

En effet, il s’agit d’une magnifique mise en abîme sur le cinéma, l’intrigue se situant en plein essor du cinéma parlant (années 1930). C’est la chanson Cheek to Cheek qui ouvre le film et qui le termine, nous laissant avec la douce voix de Fred Astaire.

Entre les deux, une histoire absolument absurde mais tellement cinégénique.

 

L’histoire de Cecilia, tiraillée entre son amour pour un personnage fictif et son acteur est celle que rêve toute femme qui se rend au cinéma (2), surtout quand c’est pour fuir un quotidien éprouvant. Et Cecilia a de quoi : entre un mari un tantinet alcoolique et surtout coureur d’un côté et un boulot mal payé et prenant dont elle est d’ailleurs renvoyée, ne reste que peu de moyen de s’évader.

Et surtout, la magie du cinéma se met à opérer.

Pour Cecilia, bien sûr, qui se retrouve à côtoyer celui (et aussi celles et ceux) qu’elle admire, mais il en va de même pour le spectateur qui se retrouve plongé dans cette intrigue absurde à grand coefficient jouissif. C’est le rêve absolu du spectateur de cinéma que Cecilia vit et nous de même à travers elle.

Mais comme nous sommes chez Woody Allen, on ne peut passer à côté de ses marottes : tous ces thèmes métaphysiques qui peuplent son œuvre, surtout depuis War & Death.

Nous retrouvons alors les interrogations sur Dieu (dans une église) mais pour être tout de suite torpillées par Baxter qui est totalement étranger à cette croyance : il est avant tout un personnage fictif dont seule la survie et surtout le script sont importants !

 

Reste alors Mia Farrow dans un rôle magnifique, dirigée par celui qui l’aime (et qu’elle aime), interprétant cette jeune femme malheureuse avec beaucoup de justesse et (bien sûr) de conviction. On s’amuse beaucoup de ce renversement inattendu (3) et de Baxter, ce personnage complètement inadapté à l’Amérique de la Grande Dépression : il est un homme de papier dont les caractéristiques sont avant tout des stéréotypes, et donc inutiles voire dangereuses dans le monde réel.

Bien sûr, nous avons droit à la confrontation entre les deux prétendants de Cecilia, mais la comédie a disparu et le choix – rationnel – de Cecilia est souverain. En refusant Tom pour Gil, elle abandonne toutes ses espérances d’un amour vrai et passionné que pouvait lui offrir Tom.

 

Mais de toute façon, aurait-elle pu réellement le vivre ?

 

PS : J’oubliais. Woody Allen n’apparaît pas. C’est seulement la deuxième fois, la première c’était Interiors (1978).

 

  1. Euphémisme, voire pléonasme : oui, je sais professeur Allen John !
  2. Pour les hommes c’est la belle et jeune héroïne…
  3. Sauf qu’au moment de la sortie (quand j’ai vu le film la première fois), on nous rebattait les oreilles avec cette histoire de traversée d’écran, la surprise n’étant alors que très limitée…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #John Woo, #Ben Affleck
Paycheck (John Woo, 2003)

Michael Jennings (Ben « Batman » Affleck) est un génie. Doté d’un cerveau hors du commun, il offre ses services contre une très forte rétribution (1). La raison de son salaire (1) surdimensionné ? Après avoir travaillé pendant huit semaines à un projet ultrasecret, on lui efface tout souvenir de cette période.

Quand son vieil ami James Rethrick (Aaron « Two-Face » Eckhart) lui propose de travailler pendant trois ans pour une gratification (1) mirobolante (un nombre à 8 chiffres !), il accepte presque sans hésiter.

Mais quand il sort de cette période, la mémoire effacée et qu’il récupère ses affaires, il sent que quelque chose ne va pas : ce ne sont pas les siennes. Son compte en banque n’affiche pas le nombre à huit chiffres annoncé.

 

Nous sommes ici au croisement du film d’espionnage et de science-fiction, bien que la science-fiction soit le thème le plus important. On retrouve aussi un élément qui était central au magnifique Eternal Sunshine of the spotless mind de Michel Gondry (2004) : la mémoire.

Mais alors que le film de Gondry concernait une relation amoureuse catastrophique, ici, nous sommes dans le domaine de la haute technologie et du secret industriel.

De plus, tout ce qui relève de la philosophie et du souvenir en tant que partie de l’homme n’est pas évoqué ici, le procédé d’effacement de la mémoire étant considéré comme tout à fait normal, même si bien cadré car dangereux pour la santé, et ce même au niveau du FBI.

 

D’ailleurs, ce n’est pas cela qui intéresse John Woo dans cette intrigue, mais plutôt la façon dont Michael Jennings va se sortir du guêpier dans lequel il est tombé. Parce que vous vous en doutez : Son « vieil ami » ne l’est plus vraiment (un ami). Pour cela, une enveloppe contenant 20 objets qui seront déterminants dans les heures qui suivent le « retour à la vie » de son héros.

Chacun des objets va alors servir à lui permettre non pas de retrouver sa mémoire – de ce côté-là, c’est irrémédiable – mais de se sortir d’épreuves qui le mènent droit à sa propre mort.

Oui, nous sommes dans une histoire de machine à voyager dans le temps, ou plutôt de machine temporelle, parce que personne ne voyage. Mais je n’en dirai pas plus.

 

John Woo nous balade autant que son personnage d’un lieu à l’autre, d’une situation dangereuse à une autre qui l’est encore plus pour notre plus grand plaisir, l’enveloppe devenant le fil rouge de tout ceci : le recours à ses objets n’est pas sans me faire penser au sac à dos de Dora….

Bien sûr, les méchants le sont juste assez pour assurer le succès du film et les scènes d’action sont spectaculaires.

Bref, on ne s’ennuie pas, mais on peut se demander ce qu’aurait fait de Michael Jennings celui qui fut le premier choix : Matt Damon…

Parce que Ben Affleck ne semble pas aussi à l’aise que dans un rôle réaliste.

 

  1. Une traduction possible du titre
  2. Qui refusa, l’intrigue rappelant un peu trop pour lui celle de La Mémoire dans la peau.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Sam Wood
Pour qui sonne le Glas (For whom the Bell tolls - Sam Wood, 1943)

1937.

Voilà maintenant un an que la guerre civile a commencé quand Robert « Roberto » Jordan (Gary Cooper) rencontre le général Golz (Leo Bulgakov). Ce dernier va l’envoyer détruire un pont stratégique en vue d’une attaque massive (1) contre les forces rebelles de Franco.

Jordan va donc vivre quelques temps avec la bande de Pablo (Akim Tamiroff) et Pilar (Katína Paxinoú), dans les montagnes.

Il va aussi rencontrer Maria (Ingrid Bergman) qui fut secourue alors qu’elle était aux mains de rebelles.

Entre Maria et Jordan, une histoire d’amour, précaire, va se tisser progressivement. Mais le conflit ne faiblit pas et l’heure de l’assaut approche.

 

J’ai déjà parlé ici des films de Sam Wood, et pas spécialement en bien, ses films étant d’une médiocrité flagrante. Il n’en va pas de même de ce film, sorti en plein conflit mondial et surtout porté par ses deux têtes d’affiche : Gary Cooper et Ingrid Bergman.

Certes, ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre absolu, le scénario de Dudley Nichols mais surtout le roman d’Ernest Hemingway assurant seuls le succès. Mais on peut tout de même lui trouver quelques qualités, essentiellement dans l’interprétation qui est d’une très grande qualité, surtout les quatre interprètes cités ci-dessus.

 

C’est la deuxième fois que Gary Cooper se retrouve dans une histoire d’Hemingway (2), et à nouveau, c’est un destin tragique qui l’attend, malgré toutes les péripéties qui semblent éloigner cette fin inévitable : nous sommes dans une tragédie classique où quoi que fassent nos héros, un sort funeste les attend.

On retrouve d’ailleurs dans le film le moment d’espoir indispensable au genre et qui nous fait croire qu’ils s’en tireront.

Mais deux facteurs primordiaux veillent à l’accomplissement malheureux annoncé :

  • Nous sommes du côté républicain pendant la Guerre d’Espagne : ce sont les perdants ;
  • Il est normal de mourir pour la cause qu’on défend, surtout pendant une période de guerre.

En effet, quand le film sort, les Etats-Unis sont bien entrés dans le conflit et commencent à regagner progressivement dans le Pacifique, pendant que l’Europe va bientôt voir débarquer les Alliés en Italie et en France.

Il est clair que ce film est aussi un instrument de propagande en faveur des Alliés, l’Américain Jordan s’étant enrôlé dans les Brigades Internationales pour défendre la démocratie, et lutter contre les forces fascistes et nazies qui s’étaient invitées dans ce conflit. Et Jordan explique ce qu’il a fait et pourquoi, insistant bien sur ces deux formations étrangères (Italie et Allemagne) pour les relier au conflit qui préoccupait alors les spectateurs au cinéma.

On notera d’ailleurs la présence de soldats franquistes aux casques qui en sot pas sans rappeler ceux des Allemands à la même époque.

 

Alors oui, c’est un beau film, mais il y manque tout de même un souffle épique qui en aurait fait une fresque légendaire, comme le fit Victor Fleming pour Gone with the Wind, et l’année précédente Michael Curtiz et son immense Casablanca (avec déjà la belle Ingrid Bergman).

Mais ici, c’est Sam Wood…

Heureusement pour nous, il y a Gary Cooper, toujours aussi grand, en taille comme en talent.

 

  1. L’offensive de Ségovie, du 30 mai au 2 juin.
  2. A Farewell to arms (Frank Borzage, 1932)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Maurice Cloche
Monsieur Vincent (Maurice Cloche, 1947)

1617.

Monsieur Vincent de Paul (Pierre Fresnay) arrive à Châtillon-sur-Chalaronne où il vient d’être nommé curé. Il y est reçu par des jets de pierres par les habitants cloîtrés chez eux (1), l’une d’entre eux étant pestiférée.

Aidé de son sacristain (Marcel Pérès), il va enterrer dignement cette femme et révéler qu’elle n’est pas morte de la peste.

C’est le début d’une grande vocation auprès des petits et des pauvres qui commence et qui l’amènera à Paris créer la Compagnie des Filles de la Charité (qui perdurera jusque dans les années 1970), qui accueillera les indigents de Paris et alentour.

 

Bien sûr, il s’agit d’un film édifiant à la gloire de celui qu’on appelait d’abord Monsieur de Paul, dont le parcours fortement atypique méritait tout de même un film (2). Et le Vatican l’a même qualifié parmi les 45 plus importants films religieux.

Mais c’est avant tout le jeu d’acteur de Pierre Fresnay qui est remarquable, Maurice Cloche – obscur réalisateur français qui réalisa tout de même jusqu’en 1983 (pour la télévision) – réalisant un film très honnête (3) qui se concentre essentiellement sur la véritable vocation de M. Vincent de s’occuper encore et toujours des indigents.


Pierre Fresnay y est comme à son habitude magnifique dans ce rôle d’homme humble. De plus, le maquillage d’Igor Keldich est remarquable : dans les dernières séquences du film (en 1660, l’année de sa mort) la ressemblance est frappante entre l’acteur et les diverses reproductions qu’on peut consulter du saint homme (4).

Une affiche de l’époque annonçait que sa prestation serait une grande date dans sa carrière : ce fut le cas. En plus d’interpréter avec beaucoup de justesse ce personnage fascinant, il fut récompensé à Venise pour sa prestation et salué un peu partout dans le monde entier.

 

Et la religion dans tout ça ?

Eh bien nous sommes bien loin de ce que nous proposaient les réalisateurs américains de cette époque voire après (voyez chez Cecil B. DeMille, par exemple). Il n’y a rien de grandiose dans cette histoire, seulement la foi de ce petit curé qui accomplit de grandes choses. Et les dialogues d’Anouilh (excusez du peu) se contentent du minimum religieux nécessaire. Il n’y a aucune volonté prosélyte affirmée, seulement un hommage appuyé à un prêtre qui s’éleva contre les mentalités fatalistes de l’époque (qui perdurent, malheureusement chez certains) : si les pauvres sont pauvres et malheureux, c’est la volonté de Dieu.

 

Et en plus, cet homme fit des émules à travers le monde. Cela valait tout de même bien un film, non ?

 

  1. Déjà !
  2. C’est le mécréant qui vous parle !
  3. Normal quand on aborde la religion, non ?
  4. Il fut canonisé en 1737.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Drame, #Bertrand Tavernier
La Princesse de Montpensier (Bertrand Tavernier, 2010)

Madame de Lafayette est surtout célèbre pour La Princesse de Clèves, roman primitif français de grande qualité que même un petit président emportait en vacances ; mais c’est aussi synonyme d’ennui chez les lycéens de première que cette histoire d’un autre âge a tendance à dépasser (1).

Madame de Lafayette, c’est aussi l’auteure de Madame de Montpensier, autre histoire d’amour malheureux·se beaucoup plus noire que la précédente, écrite une quinzaine d’années plus tôt, dans laquelle elle peint des amours impossibles dans le milieu des grands, pendant les guerres de religion.

 

Nous allons donc suivre le destin – tragique est-il besoin de le préciser – de Marie de Mézières (Mélanie Thierry), mariée contre son gré au prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), alors qu’elle aime le Duc de Guise (Gaspard Ulliel).

A cette histoire d’amour compliquée s’ajoute le duc d’Anjou (Raphaël Personnaz), futur roi Henri III, qui en pince pour la dame, et surtout un mentor désabusé, le comte Philippe de Chabannes (Lambert Wilson), qui tombe lui aussi sous le charme de la princesse.

Et tout ceci dans la période qui va de 1567, quand la guerre entre les protestants et catholiques reprend, jusqu’aux lendemains de la nuit de la Saint-Barthélemy (25 août 1572), cinq ans plus tard.

 

Tavernier retourne dans le film en costumes, seize ans après La Fille de d’Artagnan, mais surtout 35 ans après Que la Fête commence, dont on retrouve l’aspect tragique d’une période troublée. A cela s’ajoute une réflexion sur la condition féminine au seizième siècle qui était franchement peu reluisante, comme nous pouvons le voir dans le scénario de Jean Cosmos, vieux complice de Tavernier, et dont ce sera la dernière participation au cinéma (il va sur 87 ans quand le film sort).

Nous sommes bien loin des films de cape et d’épée habituels où la jeune héroïne va finalement épouser celui qu’elle aime : Marie doit se soumettre et épouser un étranger, avec l’éventualité de l’aimer à un moment. Et on aurait presque pu y croire s’il n’y avait autour du couple ces personnalités fortes et importantes de l’époque : Guise et Anjou. Et Tavernier se veut prémonitoire dans la relation qu’il présente entre ces deux hommes : Anjou menace à plusieurs reprises Guise de l’éliminer. Doit-on y voir d’ailleurs une pointe d’ironie dans l’avant-dernière séquence qui se passe à Blois où Guise va sceller son destin en épousant Catherine de Clèves (2) : c’est là que les Quarante-cinq l’assassineront sur ordre d’Anjou devenu Henri III.

Toujours est-il qu’en plus de sa condition misérable de femme, elle doit en plus affronter un mari jaloux – comment ne pas l’être face à de tels prétendants – qui ajoute à son tourment.

 

Bien sûr, Mélanie Thierry est admirable de bout en bout, son regard bleu pâle accentuant le côté tragique de sa vie malheureuse. A ses côtés, on trouve un Lambert Wilson impeccable en témoin de cette histoire – ce personnage a été inventé par Madame de Lafayette – qui se retrouve au carrefour de tous ces destins : il fut le maître de Montpensier quand il était jeune homme ; il enseigne à la jeune princesse ; et il se retrouve malgré lui entremetteur dans ces histoires d’infidélité. Quant aux deux autres « grands » de l’histoire, Gaspard Ulliel, même s’il n’est pas aussi grand que l’était Henri de Guise (il lui manque une vingtaine de centimètres semble-t-il), possède tout de même le charme du Balafré, et on pardonnera à Raphaël Personnaz d’avoir les yeux bleus quand son personnage les avait très sombres (et même pas bleus !), il est un Henri de France lui aussi très séduisant, qui rappelle celui qui nous est présenté par Robert Merle dans Fortune de France.
Face à ces deux personnages de haute lignée, Grégoire Leprince-Ringuet réussit tout de même à s’imposer dans cette histoire complexe, devenant l’instrument du destin de Chabannes qui se retrouvera au mauvais endroit et au mauvais moment à cause de lui.

 

Au final, c’est un beau film qui nous est ici proposé, reconstituant une période troublée et peu glorieuse de l’histoire de France : la guerre en toile de fond rythme le film et les rares incursions qui nous sont offertes restituent très bien la sauvagerie de cette époque de fanatisme religieux, qui s’est répétée (malheureusement) de nombreuses fois depuis, jusqu’à aujourd’hui.

 

  1. J’ai fait partie de leur nombre.
  2. Bien que nous sommes dans une histoire de Madame de Lafayette, c’était son vrai nom !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
Erin Brockovich (Steven Soderbergh, 2000)

La vie n’est pas simple quand vous êtes une femme seule, avec trois enfants issus de deux maris qui se sont sauvés : en plus de les élever, vous devez travailler afin au moins de les nourrir. Mais quand on les a eus (trop) tôt, avoir un travail stable et bien payé relève de la gageure. Si en plus d’essuyer refus sur refus, un type riche (il roule en jaguar) vous rentre de dedans et vous blesse et que votre avocat n’arrive pas à vous faire obtenir gain de cause, vous vous pouvez vous dire que la vie est bien injuste.

C’est un (gros) peu ce qui arrive à Erin Brockovich (Julia Roberts, magnifique). Quant à son avocat, Ed Masry (Albert « Big Fish » Finney), il va peut-être regretter d’avoir croisé le chemin de cette drôle de cliente.

En effet, alors qu’il ne répond à aucun de ses appels, elle décide de s’imposer à lui et se fait donc engager comme assistante.

Mais bien sûr, il ne va pas le regretter.

 

Si cette présentation possède un caractère un tantinet primesautier, il ne faut pas en conclure que nous avons ici un film léger. En effet, le thème abordé, les ravages de la pollution industrielle sur la population, est des plus graves et surtout toujours d’actualité. Et en plus, tout ceci s’appuie sur une histoire vraie, celle d’Erin Brockovich (qui fait une apparition dans le film) qui amena au grand jour le scandale du chrome 6 à Hinkley (Californie).

Mais bien sûr, c’est avant tout cette jeune femme qui va se battre pour une cause on ne peut plus juste qui nous intéresse avant tout.

 

Ce qui nous frappe le plus dans ce destin particulier, c’est l’attitude volontaire qui ne quitte jamais notre héroïne, et ce malgré les coups du sort (malheureux, cela va de soi) qui s’acharne sur elle. Cette volonté inébranlable se double d’un courage sans faille, même si cette nouvelle vie est plutôt compliquée.

Comme pour toutes les femmes, la société demande à Erin de choisir : sa vie professionnelle ou sa vie familiale. Ce choix qui ne s’impose jamais aux hommes, Erin le subit de plein fouet, même par son nouveau compagnon, George (Aaron « Two-Face » Eckhart). Certes, ce n’est pas abrupt, mais le résultat est le même : elle doit changer de boulot pour être plus présente pour ses enfants !

Ce qu’elle ne va pas faire, fort heureusement, réussissant tout de même à conjuguer les deux aspects primordiaux de sa vie, même si parfois c’est très dur. J’en veux pour preuve la séquence quand Erin apprend que sa fille Beth (Ashley & Britanny Pimental) prononce son premier mot : toute la dimension du dilemme s’expose sous nos yeux.

 

Et Julia Roberts campe une Erin Brockovich formidable, parfait équilibre entre l’intelligence (supérieure) et la beauté. Son jeu subtil nous fait balancer de son côté dès le début : on ne peut résister à une telle femme. Face à elle, Albert Finney est à la hauteur (qui en aurait douté ?) et nous propose un partenaire à la mesure du personnage principal : les rapports sont houleux mais n’en demeurent pas moins empreints de respect, comme le confirme la séquence finale.

Bref, nous sommes dans une comédie (ça se termine bien) dramatique (vous avez besoin d’explication) menée de main de maître par Steven Soderbergh, alliant sourire et larmes sans pour autant tomber dans le pathos, et surtout avec – et c’est aussi cela qu’on vient chercher au cinéma – une bonne dose d’émotion(s).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Wachowski
The Matrix reloaded (Wachowski, 2003)

Neo (Keanu Reeves) a donc suivi le lapin blanc puis pris son comprimé et le voilà, avec ses partenaires, à nouveau à l’attaque de la Matrice. Nous retrouvons donc l’univers duel né du premier opus (le monde réel post-apocalyptique et celui de la Matrice – le nôtre !)

Si Morpheus (Laurence Fishburn) et Trinity (Carrie-Ann Moss) sont toujours là, on notera l’arrivée de la capitaine Niobe (Jada Pinkett Smith), ancienne compagne du même Morpheus. Evidemment, le super-méchant Smith (Hugo « Elrond » Weaving) est de la partie, assurant à lui tout seul la plus grande partie des scènes de combats.

Et on retrouve bien sûr l’indispensable Oracle (Gloria Foster qui mourut avant la fin du tournage) qui révèle enfin son rôle dans cette intrigue bien emberlificotée.

 

Il faut dire que le scénario vient de franchir un cap dans la métaphysique, faisant basculer l’intrigue dans le mystique, le tout combiné à l’informatique, la base de la franchise.

Neo devient donc le Messie, même si on ne se réfère à lui que comme « The One », qu’on pourrait traduire par l’Elu, même si on perd beaucoup avec la traduction (1).

Mais cette dimension messianique remet tout de même en question l’avis de l’Oracle lors de l’épisode précédent.

Quoi qu’il en soit, nous suivons la conviction de Morpheus, comme la quasi-totalité des rebelles.

Autre élément religieux, le nom du repère des Rebelles : Zion. Zion, c’est le terme anglais de Sion, qui désigne à la fois Jérusalem, des lieux géographiques et tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu. Bref, le repère n’est autre que la Terre Promise, et Neo son Messie (2).

 

Mais comme presque toujours dans le cas d’une suite, on assiste à une dégradation de la qualité : les combats qui s’expliquaient par la découverte d’un nouveau monde ainsi qu’une dimension initiatique pour Neo sont ici plus systématiques et s’ils restent très spectaculaires, ils n’en demeurent pas moins un tantinet lassant. Et d’une manière générale, la récurrence (infinie) du personnage de Smith est plus un frein à l’intrigue qu’autre chose. On retrouve d’ailleurs un écho à la multiplication de Smith dans celle de Neo sur les écrans de la salle de l’Architecte (Helmut Bakaitis).

Et parmi les nouveaux personnages, on notera la présence du Mérovingien (Lambert Wilson) et de sa compagne Perséphone (Monica Bellucci). Si lui n’a un intérêt que tout relatif – on retient plus facilement ses jurons (en français dans le texte, comme on dit) (2) – elle, pour sa part, ajoute une autre dimension religieuse : Perséphone étant la compagne du dieu des enfers grecs Hadès, le gardien du royaume des morts.

 

Bref, la dimension religieuse prend le pas sur la dimension politique et les explications finales entre Neo et l’Architecte ne sont pas là pour éclaircir l’intrigue. D’une manière générale, les Wachowski ont plus axé ce deuxième film vers le jeu vidéo, avec combats et poursuite en voiture (, camion, moto…) elle aussi spectaculaire.

Reste tout de même un élément prépondérant : les décors.

Le travail d’Owen Paterson supervisé par Hugh Bateup, assisté de Nanci Noblett, est encore une fois magnifique. Certes, l’apport du numérique est immense mais la conception de cet univers au croisement du cyber et du steampunk est remarquable, donnant une autre dimension à la partie « réelle » (voir plus haut) des personnages.

Mais est-ce bien suffisant ?

 

  1. En effet, Neo et One sont des anagrammes, ce qui n’apparaît en français, le héros ne s’appelant pas Ule ou Leu (ou autre chose, vous avez 5 possibilités).
  2. Sans oublier son apparence qui rappelle plus un prêtre catholique en soutane qu’un super-héros…
  3. « Nom de dieu de putain de bordel de merde de saloperie de connard d'enculé de ta mère. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Policier, #Claude Zidi
Ripoux contre Ripoux (Claude Zidi, 1990)

Fort du succès (un tantinet inattendu) du premier film (1985), Claude Zidi, aidé de Didier Kaminka au scénario, nous propose alors une suite qui n’en est pas une : René Boisrond (Philippe Noiret) ayant terminé à la Santé (1), il n’était pas possible de lui faire réintégrer la grande Maison de la Tour Pointue.

Nous retrouvons donc le grand René et son partenaire François Lesbuche (Thierry Lhermitte) dans ce même quartier montmartrois qui servit de cadre au premier opus.

Nos deux policiers sont toujours aussi peu scrupuleux en ce qui concerne les pratiques d’un policier intègre.

Mais ces pratiques n’ont qu’un temps, et pour une peccadille, René et François se retrouvent mis à pied avec menace de procès et tout le toutim. Ils sont alors remplacés par deux nouveaux inspecteurs : Guy Brisson (Guy Marchand) et Jean-Pierre Portal (Jean-Pierre Castaldi). Et alors qu’on s’attendait à une sorte d’épuration du système, on se rend rapidement compte qu’ils sont aussi pourris que les deux autres voire pires !

 

Ce n’est donc pas une suite, et malgré ce que j’ai pu glaner par ci par là sur le net, j’ai du mal à considérer cet épisode comme une « midquel » (2) : si cette histoire ne peut absolument pas être une suite, la résolution finale de ce scénario ne peut pas non plus s’intégrer dans le premier opus. Bref, il faut à nouveau considérer ce film comme unique, seules les personnages et leurs caractéristiques restant la base commune.

Une fois cet élément de l’intrigue passé, reste un film assez plaisant à regarder même s’il ne possède pas le charme de la nouveauté du premier opus. Il n’y a plus le plaisir de la découverte et ce qui faisait tout le sel du premier film est dilué dans une histoire peut-être plus convenue.

 

On ne retrouve pas l’esprit un peu villageois du quartier avec ses autochtones hauts en couleur ni les petites combines plus ou moins minables de nos deux héros, base du comique du film précédent. Et le changement de certains interprètes (Line Renaud, Michel Aumont) n’a rien à voir avec la qualité moindre de cet épisode.

Zidi, comme beaucoup avant (et après) lui a cédé aux chants des sirènes du succès et commis cette suite qui ne s’imposait peut-être pas.

Ripoux contre Ripoux n’a pas l’étoffe de l’Empire contre-attaque ou Le Parrain 2, deux suites qui, elles, étaient au moins d’aussi bonne facture que leur épisode précédent.

Et malheureusement, il ne s’est pas arrêté là : treize ans plus tard, le duo était reformé pour une ultime fois pour une nouvelle intrigue improbable et inutile.

 

  1. Tant qu’on l’a !
  2. On connaissait la « sequel » (suite en français), la « prequel » (qui se passe avant l’histoire principale), voici donc la « midquel » qui s’insère à l’intérieur de l’intrigue principale, un épisode occulté de l’œuvre originale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Martin Scorsese, #Jon Favreau, #Rob Reiner, #Spike Jonze
Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street - Martin Scorsese, 2013)

1987. Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio entre dans une société de courtage de haut niveau. Malheureusement, une crise le renvoie à la rue.

Il se tourne alors vers une société de (beaucoup) moindre importance. Rapidement, il dégage des commissions faramineuses qui l’amènent à créer sa propre boîte de courtage.

Cinq ans plus tard, il se fait 49 millions de dollars par an.

Mais une telle réussite ne suscite pas seulement les jalousies : la brigade financière du FBI et en particulier Patrick Denham (Kyle Chandler) s’intéressent de très près à ses pratiques franchement illégales.

Qu’importe, Jordan avance toujours plus loin, vers encore plus d’argent.

 

Comme nous sommes chez Scorsese, nous savons d’entrée que ce que nous allons voir va mal se terminer. Au mieux, le « héros » se retrouvera à son point de départ, au pire…

Et ça ne manque pas. Nous suivons l’ascension irrésistible de ce jeune homme ambitieux (euphémisme) vers des sommets qui confirment que plus on monte et plus dure est la chute.

Et comme toujours quand il s’agit de Scorsese, c’est dans la manière de traiter cet échec inévitable que se concentre tout son art.

 

Encore une fois, c’est un destin formidable qui nous est proposé, celui – réel – de Jordan Belfort qui vécut tout ça et eut même droit à un séjour à l’ombre tous frais payés par l’Etat.

Et s’il existe une maxime pour résumer ce destin, c’est bien la suivante : « sex & drugs & rock’n’roll. »

Le sexe et la drogue parce que Belfort est accro aux deux à un degré très élevé, et le rock’n’roll pare qu’il était impensable que Scorsese n’utilise pas l’une de ses musiques préférées ! On retrouve d’ailleurs quelques standards dans des reprises qui ont une certaine pertinence. A l’instar de Jordan qui va jouer dans la cour des grands pour les égaler voire les surpasser, ce sont des (bonnes) reprises qui essaient d’apporter autre chose que les versions originales, avec toujours le souci d’en faire quelque chose d’encore mieux (1).

Et le dénominateur commun de ces reprises tient dans l’aspect extrême inhérent au personnage principal qui se retrouve dans une rythmique très souvent endiablée. Il ne manque que What a wonderful World repris par Joe Ramone.

 

On retrouve dans le traitement de cette intrigue la même verve que ses films de gangsters les plus célèbres : Goodfellas et Casino. Parce que Jordan Belfort est, d’une certaine manière, un gangster. Et le FBI ne s’y trompe pas qui va le poursuivre jusqu’à l’erreur qui va tout déclencher. C’est d’ailleurs aussi cette erreur que le spectateur attend pour que commence le fiasco annoncé (2). De toute façon, le caractère du personnage, la démesure de son entreprise ne pouvait qu’amener une fin comme celle-là.

Jordan Belfort est de la même trempe que ses deux prédécesseurs scorsesiens : Henry Hill (Ray Liotta) et Sam »Ace » Rothstein (Robert de Niro). Son mode de vie rappelle beaucoup celui du premier, reprenant les deux premiers principes de la maxime citée plus haut.

 

Et encore une fois, Scorsese dirige avec beaucoup de bonheur Leonardo di Caprio, véritable successeur de Robert de Niro dans l’œuvre du maître. On retrouve le même genre de personnage mais avec un atout supplémentaire que n’avait pas de Niro : Leonardo est un jeune premier. Vieillissant certes, mais il conserve encore en partie son aspect juvénile qui ajoute grandement dans l’aspect séducteur du personnage.

Mais pour le reste, c’est un magnifique perdant qui avance inexorablement vers sa chute, et même ici qui la précipite, au grand dam de ceux qui l’entourent.

 

Alors Scorsese s’en donne à cœur joie, basant son film sur le jeu – formidable – de Leonardo di Caprio comme il le faisait avec de Niro et traite toujours avec la même flamboyance ce destin tragique et inévitable.

 

Ce fut un succès. Normal. C’est, encore une fois, du grand Scorsese.

 

  1. J’en veux pour exemple – rien à voir avec le film – la chanson Hallelujah de Leonard Cohen et la version sublime qu’en tira Jeff Buckley, au point qu’on en a oublié l’originale…
  2. Rappelez-vous la réplique de Nicky Santoro dans Casino : « A la fin on a tout fait foirer ! » (« in the end we fucked it all up »)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Martin Campbell, #Anthony Hopkins
Le Masque de Zorro (The Mask of Zorro - Martin Campbell, 1998)

Il est (encore) de retour !

Après près de quinze ans d’absence sur les grands écrans, le justicier masqué, rusé comme un renard (1), nous revient, enfin revenait aux spectateurs de l’époque, avec un duo Hopkins/Banderas séduisant.

 

Tout commence en 1821 quand le gouverneur Don Rafael Montero (Stuart Wilson) dirige  d’une main de fer la Californie espagnole. Alors qu’il opprime sans vergogne le peuple mexicain, un justicier masqué s’oppose à lui : Zorro (Anthony Hopkins), de son vrai nom Don Diego de la Vega.

Ayant triomphé de son ennemi, Rafael est contraint de rentrer en Espagne avec Elena (Catherine Zeta-Jones) la fille de don Diego, laissant ce dernier pourrir en prison.

Vingt ans plus tard, Rafael revient en Californie avec « sa » fille, bien déterminé à récupérer la Californie des mains de Santa-Anna.

Dans le même temps reparaît un personnage qu’on imaginait totalement disparu : Zorro. Et il semble que les années l’aient épargné…

 

78 ans après Douglas Fairbanks (2) et une cinquantaine de films plus tard, Zorro nous revient donc sous les traits doubles d’Anthony Hopkins (1821) et d’Antonio Banderas (1841). ON retrouve dans ces deux personnages une très belle opposition de style : d’un côté ce qu’on appelle un gentleman, un aristocrate aux manières irréprochables et au charme ravageur ; de l’autre un jeune chien fou au tempérament bouillonnant. Cette opposition se prolonge dans une relation maître/apprenti tout aussi convenue.

Et bien entendu, ce tandem fonctionne parfaitement, le jeune Murrieta (Banderas) reprenant sans problème le flambeau du justicier vieillissant.

 

Mais ce qu’on attend de Zorro, c’est avant tout de l’action et d’incontournables duels à l’épée. Nous avons les deux ici, les différents assauts étant réglés – comme de bien entendu – comme de véritables chorégraphies, accompagnées du choc clair des lames. Bien sûr, à l’instar du grand Douglas, nos deux Zorro bondissent avec virtuosité pour notre plus grand plaisir.

Et bien sûr, nos deux héros n’effacent pas le souvenir de Guy Williams qui fut le Zorro de notre enfance (3) : on ne peut s’empêcher de sourire quand Murrieta (qui se fait alors passer pour un grand d’Espagne) appelle son serviteur Bernardo.

 

Quant aux méchants, ils remplissent très bien leur rôle : Don Rafael est un tyran haïssable (4) exempt de tout scrupule, dont la propension à l’injustice et l’exploitation semble sans limite. A ceci s’ajoute l’usurpation du titre de père pour la belle Elena, crime semble-t-il plus grand au regard de l’intrigue.

A ses côtés, on trouve un personnage assez fascinant au sang-froid impressionnant : le capitaine Harrison Love (Mark Letscher). C’est un autre méchant terrible, un tueur implacable aux manières franchement révoltantes : son entretien privé avec Murrieta en donne toute la mesure.

 

Et puis il y a la femme. Elena est bien sûr très belle – normal, c’est Catherine Zeta-Jones – mais elle n’est pas seulement là pour son joli minois comme la plupart des jeunes femmes dans la série avec Guy Williams par exemple. C’est une jeune fille volontaire qui en plus sait manier l’épée, ce qui est plutôt rare dans les adaptations relatives à notre personnage principal. Son duel avec Zorro-Banderas n’est d’ailleurs pas le moins intéressant.

 

Bref, Martin Campbell réussit cette nouvelle adaptation des aventures du héros de Johnston McCulley, évitant au passage le trop plein d’effets spéciaux numériques qui étaient alors en vogue dans le cinéma américain de l’époque, et équilibrant son film en variant le rythme des différentes séquences, faisant de ce Zorro une agréable surprise, remettant au goût du jour le genre cape et épée. Mais ce retour sera sans lendemain si on excepte une suite proposée 7 ans plus tard, avec le même trio vedette : Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones et Martin Campbell.

Evidemment, ceci est une autre histoire.

 

  1. Peut-il en être autrement ?
  2. Pour moi le seul, le vrai !
  3. La mienne en tout cas.
  4. Stuart Wilson n’est pas à son coup d’essai dans la peau d’un méchant patenté : il fut l’infâme Jack Travis dans L’Arme fatale 3.

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