Mickey Prohasca (Greg Kinnear) est un baratineur. A partir d’une conversation anodine, il en arrive à vous faire douter de votre existence, au point de vous assurer sur tout : normal, il dirige une petite compagnie d’assurance dans le Wisconsin, l’autre pays du froid.
En fait, Prohasca n’est ni pus ni moins qu’un escroc qui vit de la peur des gens et qui, le cas échéant, n’hésitera pas à franchir la ligne de l’honnêteté pour s’enrichir.
Et il semble que cette ligne, il soit bien déterminé à la franchir : un de ses clients (une de ses cibles, donc) possède un violon rare – et surtout coté – qui ne paie pas de mine.
Prohasca va donc s’ingénier à le récupérer.
Malheureusement, un homme est tué par son complice occasionnel, Randy (Billy Crudup).
Décidément, l’Amérique dite ‘profonde’ n’a pas toujours les honneurs du cinéma, et surtout sers habitants ne sont pas des plus exemplaires : après le Minnesota des frères Coen (Fargo), voici le Wisconsin de Jill Sprecher, où l’on rencontre des citoyens fort peu recommandables : nous avons l’escroc (Prohasca), à cela s’ajoute le meurtrier (Randy) sans oublier les autochtones un tantinet ruraux : Frank Ritchie (Peter Thoemke) et Gorvy Hauer (Alan Arkin).
Mais là s’arrête la comparaison avec Fargo, le propos étant fort différent et les personnages malgré tout un peu plus sensés (que Carl Showalter).
Autant le dire tout de suite, ce film n’est pas un chef-d’œuvre absolu, incontournable du genre, mais il possède malgré tout un certain charme (voire un charme certain), et on s’amuse beaucoup de cette arnaque pas si simple, portée par Greg Kinnear, baratineur invétéré mais surtout menteur patenté, ce qui aide beaucoup dans sa branche.
Mais Kinnear n’est pas le seul à porter le film : Jill Sprecher réussit à en faire un film d’acteurs et laisse beaucoup de place à ses interprètes, avec un Billy Crudup magnifique en tueur psychopathe, et Alan Arkin en client vulnérable. Au quatuor annoncé (plus haut) s’ajoute Bob Egan (David Harbour), embauché par Prohasca après la convention d’introduction, afin de ne pas le faire partir chez un concurrent.
Et les femmes ?
Elles sont deux et ne sont pas à proprement parler « faibles . La première est la femme de Prohasca, Jo Ann (Lea « Lorraine » Thompson) qui en a plus qu’assez des frasques et surtout des mensonges de son mari, et la seconde est sa secrétaire, Karla Gruenke (Michelle Arthur), tout aussi exaspérée par Prohasca et sa négligence.
Bref, Prohasca est coincé au milieu de tout ce petit monde et à l’instar des poissons hors de l’eau, a du mal à reprendre son souffle pour survivre.
Au final, un petit film plaisant (le troisième et jusqu’ici dernier de la réalisatrice qui signe en outre, avec sa sœur Karen, le scénario) avec une intrigue d’accumulation – de péripéties mais surtout de soucis pour Prohasca – jusqu’au basculement final de la résolution : l’interprétation y est impeccable et le montage bien rythmé.
Que demander de plus ?
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