Tout commence par un départ.
Celui de Caitlin (Katharine Towne), la fille de Claire (Michelle Pfeiffer, toujours très belle !) et Norman (Harrison Ford, très beau lui aussi). Elle part à l’université et laisse ses parents dans leur grande propriété du Vermont.
C’est donc une nouvelle vie qui commence pour ces parents sans enfant, qui ont pour voisin un couple qui semble battre de l’aile : Claire surprend même sa voisine Mary Feur (Miranda « Eowyn » Otto) dans une crise de désespoir mêlé à de la peur.
Alors quand de nuit, M. Feur (James Remar) charge dans son coffre une forme qui ressemble à un cadavre, la conviction de Claire est faite : il a tué sa femme !
Robert Zemeckis est un cinéaste extrêmement habile, nourri au lait des très grands et capable de tourner – lui aussi – n’importe quel sujet. Avec Apparences, il s’attaque au genre thriller et y réussit avec brio, servi par un duo de stars au même niveau.
Bien sûr, on pense à Hitchcock avec son Rear Window, à propos de cet homme qui se débarrasse de sa femme, mais l’utilisation répétée de la salle de bain nous renvoie aussi à Psycho dans au moins deux plans significatifs : le rideau de douche et l’évacuation (1).
Mais cette salle de bain nous renvoie aussi à Kubrick et son merveilleux Shining, Claire entrant dans la pièce tout comme le fait Jack Torrance dans la chambre 217, la vapeur ajoutant au mystère. Sans oublier la part paranormale de l’intrigue.
Et question ambiance, ce film se rapproche plus de celui de Kubrick, Zemeckis jouant constamment avec les nerfs de ses spectateurs.
Mais la force du film tient dans sont titre : Apparences ou en VO What lies beneath (2). Parce que l’intérêt de ce thriller haletant est que nous avançons de fausse piste en fausse piste pour arriver à un final des plus terribles (3).
Le spectateur est sans cesse brinquebalé dans cette intrigue vers des situations qui se révèlent être des impasses, jusqu’à ce qu’un fait nouveau révèle une ouverture dérobée qui l’emmène vers une autre situation apparemment inextricable.
Nous sommes sans cesse en éveil, attendant lez nouvel élément qui va ouvrir sur autre chose, nous demandant si ce que nous voyons est la réalité des personnages – de Claire essentiellement – ou le fruit de leur imagination.
Sans oublier les objets qui ont aussi leur importance : j’aurai envie de parler de McGuffin à leur propos, la filiation hitchcockienne du film m’y encourageant, mais chez Hitchcock il n’y a qu’un seul McGuffin (4) alors qu’ici les éléments sont nombreux. Ces différents objets participent à l’intrigue habile de Clark Gregg (et Sarah Kernochan) et vont se révéler déterminants quant à son avancée, amenant la révélation qui entraîne la résolution finale : la clef et le collier.
Bref, un thriller passionnant et haletant à regarder toute porte close cela va de soi, mais avec tout de même le sourire aux lèvres, Zemeckis tirant toujours avec habileté les ficelles de la comédie, son genre de prédilection.
A voir. Oh, oui !
- La position du visage au sol n’est pas non plus sans évoquer celui de Janet Leigh.
- « Ce qui se cache en dessous ».
- Dans tous les sens du terme : qui inspire la terreur ou qui est formidable.
- Qui n’en est pas vraiment un : nous savons tous qu’un McGuffin est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes d’Ecosse…
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