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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape et Epées, #Henri Decoin
Le Masque de fer (Henri Decoin, 1962)

D’Artagnan (Jean Marais) est de retour !

Après les aventures contées par Alexandre Dumas (1), voici un nouvel épisode – méconnu en partie – des aventures de ce grand bretteur, loin de ses amis mousquetaires comme lui (2).

Sur l’île e Saint-Marguerite (au large de Cannes), Henri (Jean-François Poron), un prisonnier masqué vient de s’évader : il s’agit du jumeau du roi Louis XIV (Jean-François Poron). Rapidement, cette évasion devient affaire d’état (et pour cause) et notre mousquetaire s’y retrouve mêlé, lui qui ne rêve que de convoler avec Madame de Chaulmes (Gisèle Pascal) qui s’en ressent de la même attirance pour ce vaillant guerrier sur le retour.

 

ON a beau être deux ans après Le Bossu nous retrouvons Jean Marais dans un rôle bien éloigné de celui du chevalier de Lagardère. En effet, alors que ce précédent film nous faisait assister aux amours un tantinet décalées entre un homme plus tout jeune et une (vraie) jeune fille, masquant autant que faire se peut la différence d’âge des deux interprètes, ici il n’est absolument pas question de faire paraître le beau Jean Marais plus jeune qu’il n’est (48 ans quand le film sort).

En effet, nous sommes en 1658 (3) et voilà maintenant plus de trente ans que Charles de Batz a débarqué à Paris sur son cheval jaune (1625). Certes, il est toujours au service de roi, mais on sent tout de même une lassitude et surtout ce service intervient essentiellement quand il ne devrait pas, et ce jusqu’au dernier instant du film !

 

Et surtout, d’Artagnan est conscient de ce temps qui a passé : s’il reste un bretteur de premier ordre, il n’en demeure pas moins conscient de ses limites et surtout du temps qui a passé, répétant à l’envi qu’il aurait fallu le connaître une vingtaine d’années plus tôt.

Et ces regrets quant au temps qui passe sont avant tout ceux du réalisateur – Henri Decoin – qui signe ici une de ses dernières réalisations (la plus notable de ses derniers exploits ?) et qui, à l’instar de son héros d’Artagnan, est las de sa condition, si on en croit son fils Didier.

 

Quoi qu’il en soit, ce film marque aussi les adieux de Jean Marais au genre cape & épée, laissant alors un souvenir plus reluisant que ses deux participations précédentes, dont surtout le Capitan. ON l’y retrouve à nouveau bondissant et l’épée inspirée, dans une intrigue qui, si elle rappelle en (très) gros une partie de celle de Dumas (4), n’en demeure pas moins totalement décalée des héros du grand écrivain. Seul d’Artagnan reste le fil conducteur de cette énigme historique mettant en scène le jeune roi, sa mère Anne (Germaine Montero) et l’inévitable cardinal Mazarin (Enrico Maria Salerno).

 

Alors une dernière fois on s’amuse des différentes péripéties et on apprécie le parti pris du réalisateur – et de son interprète principal – de laisser d’Artagnan, ce héros des plus en vue, se conduire comme un Gascon – ce qu’il a toujours été – répétant à chaque phrase un « Mordious » bien senti, afin d’espérer effacer son inutilité dans une histoire d’amour qui n’a, finalement, que très peu besoin de lui.

Et puis c’est aussi l’occasion de voir un jeune acteur (29 ans) qui fera parler de lui dans la décennie qui va suivre : Jean Rochefort (Lastreaumont).

 

  1. Lisez-les !
  2. Athos, Portos et Aramis.
  3. C’est ce qu’on en déduit des différents dialogues.
  4. Le Vicomte de Bragelonne (1847-1850)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Philippe de Broca
L'Incorrigible (Philippe de Broca, 1975)

Victor Vauthier (Jean-Paul Belmondo) sort de prison où il a purgé une peine pour escroquerie.

A peine sorti, il reprend ses activités illégales où le baratin va de pair avec le travestissement. Mais l’Administration veille et lui envoie une éducatrice, la jeune Marie-Charlotte Pontalec (Geneviève Bujold), censée veiller sur les agissements de cet homme bien singulier. Mais ça ne rate pas : elle tombe vite sous le charme de ce beau parleur aux anecdotes rigoureusement fausses mais tellement formidables.

 

Avant-dernier film qui voit le duo Belmondo-Broca (1), c’est peut-être le moins abouti des réalisations du deuxième avec le premier. En effet, si on retrouve l’aspect bondissant qui caractérise cette association, la teinte citadine de l’intrigue bride les envolées spectaculaires auxquelles nous avait habituées le duo. A défaut de sauter partout, le personnage de Belmondo s’envole avec des mots, soutenus par des déguisements plus ou moins grotesques, avec mimiques adéquates. Le tout servi par des dialogues d’Audiard qui, s’ils ne sont pas tous restés dans les annales, valent tout de même parfois le détour.

 

Certes, ce film est du sur mesure pour Belmondo qui s’en donne à cœur joie dans ce rôle de petit escroc inventif, mais l’accumulation de ses personnages et sa logorrhée ont une certaine tendance à nous étourdir, réduisant la prestation de l’acteur à « faire du Belmondo ». Et en même temps, ça lasse !

Mais de Broca s’en tire tout de même grâce à l’apparition de ce personnage qui participe au titre du film : Marie-Charlotte. Son rôle est d’amener son « client » à la réforme et devenir honnête. Mais comme annoncé dans le premier paragraphe, elle tombe sous le charme et ne peut plus réellement parvenir à son but initial. Victor Vauthier ne peut pas être réformé et restera un (gentil) escroc : incorrigible.

 

Mais c’est aussi cette femme qui va amener une pause dans les entreprises malhonnêtes de VV, avec en point d’orgue la soirée au musée de Senlis avec les Romanichels. Mais cette soirée est aussi le déclencheur d’une deuxième partie avec vol de triptyque élaborée par « l’oncle » Camille (Julien Guiomar), en vue de sauver le Mont-Saint-Michel de l’avancée du sable dans la baie (2).

A nouveau, l’intrigue s’emballera avec un duo improbable de braqueurs – Camille et Raoul (Charles Gérard) pendant que VV portera le coup de grâce à Marie-Charlotte (2).

 

Alors oui, le film est amusant et Belmondo en fait des tonnes. Mais c’est aussi cette accumulation belmondienne qui a tendance à saper le film. On regrette que cette histoire de truand sympathique reste dans le cadre de la ville : ça manque d’air, surtout pour un personnage comme VV qui a toujours besoin de plus d’espace pour s’exprimer (4).

Cet enfermement de son personnage principal chez de Broca avait commencé avec Le Magnifique mais l’écriture le sauvait puisqu’elle permettait de s’évader du milieu urbain étouffant. Ici, il faut attendre la dernière séquence, au pied du Mont-Saint-Michel, pour enfin voir un lieu aéré.

Mais il ne s’y passe (presque) rien…

 

  1. Il faudra attendre 25 ans pour les revoir tourner ensemble.
  2. Comme quoi il existe des truands motivés par de hauts intérêts.
  3. Ou essaiera tout du moins…
  4. Rien que pour ses gestes !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Joseph L. Mankiewicz
Le Château du dragon (Dragonwyck - Joseph L. Mankiewicz, 1946)

Les Wells sont une famille de fermiers du Connecticut à qui un vague cousin éloigné de la mère Abigail (Anne Revere) écrit : il propose à l’une des filles de la maison de venir passer quelques temps en leur demeure (château) de Dragonwyck (New York). Après quelques tergiversations du père Ephraim (Walter Huston), Miranda s’en va rejoindre le mystérieux et séduisant Nicholas van Ryn (Vincent Price).

Si la demeure est somptueuse, l’atmosphère qui y règne est fort étrange et surtout : on y entend, les veilles de malheur, le clavecin et la voix de l’aïeule Azilde van Ryn.

La première fois, c’est quand Johanna (Vivienne Osborne), la femme de Nicholas meurt dans des circonstances mystérieuses…

 

Bien sûr, ce film est avant tout la première réalisation de Joseph Mankiewicz, après une quinzaine d’années en tant que scénariste, il était temps qu’il prenne son envol. Son dernier scénario – avant de passer de l’autre côté de la caméra – est Les Clefs du royaume et on en retrouve d’ailleurs deux interprètes, et pas des moindres : Vincent Price et Anne Revere. Autre lien avec ce précédent film, c’est Gregory Peck qui aurait dû interpréter le rôle de Nicholas van Ryn (1).

 

La première particularité de ce film un tantinet gothique, c’est la présence de Gene Tierney autour de qui se construit l’intrigue et qui donne le point de vue narratif quasiment exclusif : c’est avant tout son ressentiment que nous suivons pendant ces quelques cent minutes. Mais à la différence des films de genre qui suivront, Miranda n’est pas une de ces frêles jeunes filles qui sont la cible de méchants résolus et extrêmement dangereux. Parce que Nicholas est dangereux. Et ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit de Vincent Price. En effet, quand sort le film, l’acteur n’a pas encore l’étiquette que nous lui connaissons. Rappelez-vous que dans le film susmentionné, il est un évêque, ami indéfectible du personnage interprété par Gregory Peck.

 

En effet, Price est encore un acteur peu connu (2), et son jeu subtil et ses manières élégantes en font un personnage des plus sophistiqués. Mais dès sa première apparition se produit un malaise qui ne nous quittera qu’une fois l’intrigue (presque) résolue. On apprécie ses manières des plus éduquées mais on ne peut s’empêcher des ressentir un malaise par rapport à lui. Et si Miranda succombe à son charme – irrésistible – elle ne peut s’interroger sur le lieu qu’elle vient de rejoindre et surtout ses habitants : entre Katrine (Connie Marshall), la fille de ces parents étranges qui ne s’aiment pas et Magda (Spring Byington), la gouvernante qui parle trop et qui amène les bonnes réflexions, il y a de quoi se demander où on est tombé.

Et Gene Tierney est magnifique (comme toujours, non ?) dans ce rôle, où son apparence n’est pas sa seule arme : elle interprète une formidable Miranda, une paysanne loin d’être arriérée – comme le conçoivent les jeunes femmes du « beau monde » et qui se révèle être plus subtil que prévu.

 

Il y a une évolution (rapide) de son personnage qui est à l’origine une jeune femme innocente et prête à tout pour vivre autre chose. Elle est tout d’abord une jeune fille naïve élevée dans la religion, religion qui tient une place très importante chez les Wells (Ephraim est pasteur). Elle va d’ailleurs en garder les habitudes tout au long du film, recourant à la bible dès que nécessaire, à l’encontre des croyances (3) de son mari, ou plutôt de ses non croyances. C’est d’ailleurs la révélation de son athéisme qui va faire basculer l’intrigue, créant un fossé infranchissable entre ceux qui furent de formidables amants.

Mais c’est la mère – Anne Revere – qui a raison dans toute cette histoire : on n’épouse pas un rêve.

 

Il n’empêche, avec ce premier film, Mankiewicz démontre qu’il ne sait pas seulement écrire de bons scénarios. Il sait aussi les mettre en scène, créant avec beaucoup maîtrise un thriller haletant aux accents gothiques : la séquence quand Miranda monte dans la « tour » de Nicholas est absolument superbe, éclairée avec beaucoup de brio par Fred Sersen, dans le style des productions allemandes d’avant 1933.

 

Bref, un grand premier film.

 

  1. Le y se prononce « aille ».
  2. On le retrouvera quelques années plus tard (1950) toujours au deuxième plan dans le formidable All about Eve du même Mankiewicz.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Road Movie, #Barbet Schroeder
La Vallée (Barbet Schroeder, 1972)

Viviane (Bulle Ogier), la femme du consul de Melbourne, s’ennuie loin de la France. Alors elle voyage, à la recherche de plumes rares. Lors d’un de ses déplacements, elle rencontre Olivier (Michael Gothard) qui l’introduit dans une petite communauté qui se prépare à partir pour une vallée mystérieuse au cœur de la Papouasie-Nouvelle-Guinée : recouverte éternellement de nuages, aucune cartographie aérienne n’est possible. Cette vallée est leur terre promise, un paradis matériel et surtout spirituel.

Viviane décide de les suivre.

 

Autant le dire tout de suite : si ce film a un tel statut aujourd’hui, c’est essentiellement dû à la présence de Pink Floyd au générique. Le groupe anglais a réalisé la musique originale, la deuxième fois pour Barbet Schroeder. L’autre intérêt, tout de même, ce sont certaines images : les paysages magnifiques de cette région méconnue ainsi que les habitants, les fameux Papous (1). Ils sont ici présentés dans leur tenue des grands jours, superbement colorés.

 

Et c’est tout.

En effet, si Jean-Pierre Kalfon est comme toujours impeccable dans le rôle de Gaëtan, sorte de chef spirituel de cette petite communauté, le jeu de Bulle Ogier laisse tout de même à désirer : ses intonations ne sont pas très naturelles et parasitent son rôle.

Pour le reste, le film a (mal) vieilli et cette histoire d’amour libre et de quête spirituelle tombe un peu à plat près de cinquante ans après.

 

Alors, il nous reste la musique ? Presque. Les différente incursions de Pink Floyd dans la bande-son sont très brèves et essentiellement sortant de ce qui ressemble à une radio. Et pourtant, le morceau qui accompagne le générique (Obscured by Clouds) laissait présager une présence musicale plus importante.

Même pas.

 

  1. Pas spécialement à poux, n’en déplaise à Franquin.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Pierre Chenal
Clochemerle (Pierre Chenal, 1948)

Clochemerle est une petite ville (fictive) du Beaujolais où, bien entendu, on produit de ce nectar que d’aucun boivent et d’autres pissent pour paraphraser Pierre Desproges. C’est d’ailleurs à propos de ces derniers que se situe l’intrigue : le maire Piéchut (Jean Brochart) a décidé, avec l’instituteur Tafardel (Roland Armontel), l’installation d’un urinoir public dans le village.

Si cet édifice est considéré comme un progrès pour les républicains de la commune, il n’en va pas de même des réactionnaires, emmenés par mademoiselle Putet (Maximilienne) – « une vraie jeune fille » – qui voient en cette vespasienne un outrage aux bonnes mœurs.

Et cette histoire ridicule d’édicule va tout de même monter jusqu’au sommet de l’Etat…

 

On a connu Pierre Chenal plus sérieux dans les films d’avant-guerre et c’est une bonne surprise que de le voir diriger cette comédie truculente un tantinet intemporelle où les débats auraient tendance à rester au-dessous de la ceinture… Et pas seulement pour cause de besoin naturel.

Parce que Clochemerle, c’est aussi le retour du débat passionné entre les supporteurs de la République – laïque cela va de soi – et ceux de l’Eglise, comme au temps les plus forts de ceux de la loi de Séparation de 1905.

 

Mais Clochemerle, c’est avant tout un microcosme formé de nombreux personnages hauts en couleur au milieu desquels survit le curé Ponosse (Félix Oudart), bien obligé de suivre la frange acharnée de ses partisans – et surtout les mères-la-vertu – lui qui n’aspire qu’à la tranquillité et des verres de beaujolais (voir plus haut).

Bien sûr, ça ne vole pas bien haut, tous ces débats autour d’une pissotière, mais c’est parce que les personnages sont attachants et préfigurent à leur manière un microcosme proche de celui de films plus ou moins inspirés par Marcel Pagnol.

Outre les vieilles filles effarouchées, on trouve de tout parmi les Clochemerlins : le patron de café (Max Dalban) – solide gaillard – qui mène les radicaux et les choie dans son estaminet ; l’instituteur à la mauvaise haleine ; un poète (Jean-Roger Caussimon) ; et l’indispensable cocu (Paul Demange). Et en prime, la gloire politique locale, Alexandre Bourdillat (Saturnin Fabre), qui fut ministre un temps.

 

Et les femmes dans tout ça ? Outre les dames patronnesses déjà citées, on trouve quelques femmes peu présentées sous un jour avantageux. En effet, outre la baronne de Courtebiche (Jane Marken), les quelques unes mises en lumière sont toutes peu recommandables d’un point de vue moral : entre Rose (Jacqueline Dor), la « fille de Marie » qui rejoint son galant permissionnaire Claudius (Jack Gauthier) et qui célèbre Pâques avant les Rameaux avec ce dernier, Judith Toumignon (Simone Michels), la femme du cocu qui passe d’un galant à l’autre, et la femme du cafetier (Christiane « Cri-Cri » Muller) qui se laisse caresser la rotondité – et plus si affinité – quand elle fait le service, sans oublier les lavandières qui voient d’un très bon œil l’arrivée de la troupe et surtout ses beaux militaires…

Bref, ce n’est pas bien reluisant tout ça…

 

Mais nous sommes en 1948, et le besoin de se remettre des années de guerre va au-delà des polémiques. L’objectif est le même que celui de Gabriel Chevallier, l’écrivain de Clochermerle qui a travaillé de près à cette adaptation et y est en outre le narrateur : faire rire. Bien sûr, ça a marché et certaines situations fonctionnent encore très bien. Mais, et c’est là qu’est le talent de ce même Chevallier, par l’intermédiaire de Chenal, ce débat a priori insignifiant a des échos actuels quand on entend certaines personnes s’insurger contre la mise en place d’urinoirs pour femme dans les villes plus ou moins grandes (n’est-ce pas mesdames ?) ou encore une quelconque amélioration urbaine de la condition féminine comme la distribution des protections féminines gratuites qui fait toujours couler beaucoup d’encre et n’a que très peu d’effet…

 

PS : Une telle intrigue ne pouvait amener qu’une affiche signée Dubout…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gangsters, #John McNaughton, #Robert de Niro
Mad Dog and Glory (John McNaughton, 1993)

« Pas de tripes, pas de gloire. » (1)

Cette réplique revient plusieurs fois dans le film et l’illustre très bien.

Il faut dire que Wayne « Mad Dog » Dobie (Robert de Niro) en manque un peu. Lors d’un achat en magasin, il tombe sur un braquage. Il réussit à sauver l’homme menacé par le braqueur armé, mais en reste marqué moralement : il a eu très peur.

Plus tard, il reçoit la visite de Harold (Mike Starr), homme de main du mafieux Frank Milo (Bill Murray). C’est ce dernier que Wayne a sauvé dans le magasin. Et Frank veut le remercier : il lui envoie la jeune et belle Glory (Uma Thurman) pour passer une semaine avec lui. Pour éviter d’éventuelles représailles envers la jeune femme, Wayne accepte qu’elle reste.

Mais un problème subsiste tout de même : Wayne est policier.

 

Ca commence comme un film de gangsters classique avec morts violentes dans les premières minutes. Et comme on a pu lire le nom de Scorsese au générique (il est un des producteurs), on se prépare à une histoire rude, surtout qu’il y a aussi de Niro. Mais il y a aussi Bill Murray et l’optique change : Murray est surtout connu pour des rôles comiques, et celui de Frank Milo n’y fait (presque) pas exception. Parce que Milo est un truand de la pire espèce : il a toujours un homme de main pour faire son sale boulot, ce qui se termine rarement par des morts naturelles. Et tout ça sans être impliqué…

Alors cette relation particulière entre le truand et le flic ne peut pas durer.

 

C’était une bonne idée, cette histoire de flic qui sauve un truand, une sorte de parrain qui plus est. Même si c’est assez improbable, cette relation singulière offre un petit film intéressant où malgré tout, c’est le jeu d’acteurs qui prime. Et avec deux pointures comme de Niro et Murray, cela devient spectaculaire. Surtout que nous ne les attendions pas dans ces rôles-là : on aurait plus l’habitude de voir les places interverties. Mais avoir de Niro en flic timide et réservé est un plaisir, tant qu’il ne se met pas à « faire du de Niro ». Et c’est le cas ici : Wayne est un type tout ce qu’il y a de normal, voire un peu trop humain (pour un flic ?) comme le suggère son partenaire O’Rourke (David Caruso).
De son côté, Frank est plus une caricature qu’un véritable mafieux, le passé cinématographique de Murray jouant dans ce sens. Surtout que son personnage possède un club dans lequel il s’essaie à la « stand up comedy ».

 

Et d’une manière générale, le film oscille entre le sérieux et le comique sans véritablement choisir le ton prépondérant. Au final, on a ce qui ressemble à une comédie, servie par de très bons interprètes, mais qui reste bancale. Et c’est bien dommage parce que John McNaughton n’est pas loin de réussir complètement son film.

Quant à la réplique qui ouvre cet article, elle prend tout son sens dans la deuxième bagarre : celle qui oppose Wayne et Frank. Mais là encore, on préférera celle qui oppose les deux « hommes de main » : Harold et O’Rourke.

Certainement parce qu’elle fait plus « pour de rire » que l’autre.

 

(1) « No guts, no glory » en VO

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Wise
Né pour tuer (Born to kill - Robert Wise, 1947)

Helen Brent (Claire « Dallas » Trevor) vient de divorcer. Elle s’en va vivre chez sa sœur adoptive Georgia (Audrey Long), qui est très riche. Dans le train, elle fait la connaissance de Sam Wilde (Lawrence Tierney) qui quitte lui aussi Reno. Il faut dire que pour ce dernier, l’air y est devenu irrespirable : il a tué son ex-fiancée et le nouveau petit ami d’icelle.

Et il se trouve que la jeune femme sauvagement assassinée était la colocataire d’Helen et que cette dernière est partie un peu précipitamment en découvrant les deux cadavres (mais sans connaître le meurtrier).

Arrivé à San Francisco, elle reçoit la visite de Wilde chez sa sœur : cette dernière est tout à son goût. Mais malgré tout, c’est Helen qui l’intéresse. Et cette attirance est partagée.

 

C’est une histoire bien sombre que nous propose là Robert Wise (dont c’est le sixième long métrage) : une histoire d’amour qui ne dit pas son nom entre deux personnages fiers et farouches. Mais c’est surtout la rencontre entre deux êtres maléfiques : un meurtrier et une femme calculatrice.

Et leur rencontre est des plus significatives voire prémonitoires. Et cette rencontre déterminante se passe sans aucun é&change verbal, une série de regard suffit : du cinéma ! Elle se fait autour d’une table de craps, où Sam Wilde est le lanceur et Helen une des parieuses. La prémonition vient des paris : tout va bien tant qu’elle parie sur le succès de Sam. Mais dès qu’elle parie contre, elle perd.

Et c’est ce qu’il va se passer dans le reste du film, amenant la tragédie inévitable.

 

Il faut dire que les deux personnages principaux ne sont pas recommandables. Helen est une divorcée. Et qu’on le veuille ou non, eaux Etats-Unis ou ailleurs, un divorce n’est pas très bien vue de l’opinion publique, surtout en 1947. Quant à Sam, ses regards sont éloquents, surtout quand apparaît son ex-fiancée, Laury Palmer (Isabel Jewell).

Et si un doute subsiste malgré tout une fois la rencontre passée, le double meurtre – sauvage – fige définitivement les choses : Sam Wilde est un homme très dangereux.

C’est d’ailleurs cet aspect dangereux qui attire Helen vers cet homme. Et Wise rend bien compte de cette attirance faite d’appréhension et de fascination.

Et bien sûr, c’est l’interprétation de Claire Trevor et Lawrence Tierney qui donne toute sa dimension au film. Labelle Claire est formidable dans ce rôle de femme libre – divorcée et à la morale élastique – prête à tout par amour pour cet homme ténébreux et intrigant.

De son côté, Lawrence Tierney est un névropathe formidable : c’est lui qui est né pour tué comme l’annonce le titre du film.

Mais encore une fois, il ne faut pas oublier les personnages secondaires qui donnent toute leur crédibilité aux personnages principaux. Si Georgia est un personnage mièvre et effacé – mais indispensable pour la résolution finale, il n’en va pas de même pour trois autres protagonistes : Marty Waterman (Elisha Cook Jr.), l’ami et complice de Sam ; Albert Arnett (Walter Slezak) le détective, et Mrs. Kraft (Esther Howard).

 

Ces trois personnages sont indispensables et chacun très différent des autres. Mrs Kraft est la logeuse d’Helen à Reno. C’est elle qui engage Arnett pour découvrir qui a tué Laury Palmer. C’est une femme plantureuse qui aime la bière et la rigolade. L’interprétation d’Esther Howard est bien entendu haute en couleur mais tout en restant dans les limites de l’intrigue. Arnett est un détective, certes, mais il n’a pas l’apparence attendue, surtout depuis les interprétations de Bogart (Sam Spade ou Philip Marlowe) : Albert Arnett est un homme en surpoids (comme on dit de nos jours) et pas toujours très moral lui non plus. Ca ne le gêne pas de fermer les yeux (et surtout sa bouche) pour protéger Sam, mais ce n’est pas gratuit. Mais ne vous y fiez pas : si Arnett n’a pas l’aura de ses prestigieux collègues, il n’en demeure pas moins très efficace. Et Walter Slezak interprète ce détective avec une bonhommie de façade, que contrebalancent les résultats funestes de son enquête.

Quant à Marty Waterman, il est un ami fidèle de Sam – le seul d’ailleurs – mais qui sera victime à plus d’un titre de la folie de son complice. Et l’interprétation d’Elisha Cook Jr., éternel second rôle américain, est à la hauteur de son personnage, rehaussée par ses yeux tristes qui font de lui une victime potentielle dès son apparition.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gangsters, #Barry Levinson
Bandits (Barry Levinson, 2001)

Joe Blake (Bruce Willis) et Terry Collins (Billy Bob Thornton) sont morts pendant ce qui fut leur dernier braquage, alors qu’ils s’attaquaient à la banque Alamo (1). Darren Head (Bobby Slayton), journaliste pour la télévision revient sur leur parcours atypique, lui qui les avait reçus la veille de leur mort.

Nous allons donc suivre les pérégrinations de ce duo criminel mais pas trop, de leur évasion jusqu’à ce dernier coup, et découvrir leur technique – imparable : ils prenaient le directeur de la banque en otage et passaient la nuit (2) chez lui avant d’aller tout rafler le lendemain matin.

Tout se passait bien jusqu’à ce qu’ils tombent sur Kate Wheeler (Cate Blanchett), qui va malmener la relation entre les deux hommes et précipiter la fin (3).

 

Encore un film de gangsters ? Oui. Les braquages ont toujours fasciné les spectateurs, voyant l’occasion de vivre un événement illégal et donc interdit à travers les personnages (4). Mais ici pas de préparation minutieuse ni de coup spectaculaire. Au contraire, la condition un brin frêle de Terry (il est surtout hypocondriaque) lui recommande d’éviter les émotions fortes. Tout est alors feutré, préparé à l’avance, certes, mais sans coup de feu, ni encore moins d’effusion de sang. Et ça marche. Un peu trop bien puisqu’ils sont bien entendu médiatisés.

La séquence emblématique de cette médiatisation est « l’attaque » de la banque de Mildred Kronenberg (Peggy Miley) qui se réjouit d’être leur « victime » mais refuse de céder, ayant compris leur système : ils ont des armes surtout pour faire peur.

 

Si les braquages sont les éléments centraux de l’intrigue, le plus intéressant reste les rapports – de tout ordre – qu’entretiennent les trois personnages principaux entre eux. Tant que Kate et absente, tout est simple : il s’agit d’une amitié virile forte née de leur séjour conjoint derrière les barreaux. Mais on peut se demander légitimement comment ces deux-là ont pu devenir amis tant ils sont dissemblables. Et c’est Kate qui donne la solution : ils sont complémentaires. C’est d’ailleurs cette complémentarité qui va amener la situation vite inextricable qui va s’installer dans le trio. Tant que Kate ne couchait qu’avec Joe, tout allait bien. Mais après avoir couché avec Terry, les choses se compliquent, et amènent un nouveau ressort comique.

 

Parce que nous sommes dans la comédie, et sans restriction comme dans plusieurs des autres films dont j’ai déjà parlés ici. Et si la situation a quelques éléments immoraux (relation à trois, criminalité), cela passe très bien : Levinson, encore une fois, sait où il va et en plus, il le fait avec la manière.

De plus, il est servi par un trio vedette formidable, chacun dans son registre. Et en plus, Bruce Willis a des cheveux, et pas vraiment courts !

Avec en prime le personnage de Harvey Bollard (Troy Garity), cousin de Joe et un tantinet limité dans sa réflexion. Encore que…

Rien n’est gratuit dans ce film et le final dans la banque prend toute sa dimension au regard du film dans son entier. Une sorte d’apothéose finale qui nous ramène à la conclusion énoncée dès le début du film.

 

Et si vous restez jusqu’à la fin du générique, vous aurez droit à un plan d'ensemble dans lequel Kate est – à mon avis – le centre de l’intérêt et amène un questionnement.

Je vous laisse donc découvrir.

 

  1. Ca ne s’invente pas. En fait, si. Nous sommes au cinéma.
  2. En VO « sleep over Bandits » (traduit par « gentlemen braqueurs » du fait de leurs manières) : le surnom qui est leur est affublé vient du fait qu’ils dormaient la nuit précédente chez leur victime.
  3. Et la morale, alors ? Pas question que les bandits s’en sortent. Enfin…
  4. Catharsis, quand tu nous tiens…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Western, #Clint Eastwood
Honkytonk Man (Clint Eastwood, 1982)

Le Honky Tonk, c’est une forme de la musique country qu’on trouve dans certains bars américains appelés eux aussi honky tonk. Et dans le cas qui nous intéresse, ce Honkytonk Man c’est l’oncle Bubba (Clint Eastwood), de son nom de scène Red Stovall, musicien  (guitariste) et chanteur de ce style musical et qui emmène son neveu Whit « Hoss » (Kyle Eastwood). Leur destination ? Nashville où Red doit passer une audition pour participer au Grand Ole Opry.

Mais la route est longue de l’Oklahoma à Nashville, et surtout, elle coûte cher.

 

Ca commence comme un western : des paysans qui travaillent la terre quand le vent se lève : on s’attend à une horde qui attaquerait, mais pas de bruit de cavalcade, juste celui du vent qui devient menaçant. Nous sommes en Oklahoma, en plein Dust Bowl, en 1938, et les Wagoner viennent de subir leur dernière attaque de ce vent chargé de poussière et qui assèche tout. Ils doivent partir. En Californie, par exemple, à l’instar des Joad. Mais comme l’oncle Bubba est arrivé, le départ est reporté.

C’est l’arrivée de Red qui nous indique que nous ne sommes plus au temps du Far-West, puisqu’il débarque dans le film en voiture. Mais cet élément moderne ne suffit pas à sortir du genre. Nous restons d’une certaine façon dans le Western, et ce malgré une intrigue moderne.

 

Le western parce que ce sont d’immenses espaces qui s’offrent à notre vue ; parce que la voiture remplace avantageusement les chevaux ; parce que la présence de John McIntyre (Grandpa Wagoner) est là pour renforcer cette idée. Sans oublier l’apparition de John Russell (Jack Wade) dans le premier bar où on peut entendre (et voir) Red chanter.

Mais avant d'être un western, c’est avant tout un formidable road movie, une errance de plusieurs milliers de kilomètres qui vont faire de Kyle – la narration suit essentiellement son point de vue – un homme, malgré son jeune âge : la voiture, l’alcool, les filles, la petite délinquance et la drogue vont jalonner son parcours vers une fin tragique (surtout pour son oncle), prévisible puisque nous nous apercevons rapidement que Red est malade de la tuberculose, mais ne veut pas se soigner.

 

C’est un très bel hommage à la musique de cette époque qui est rendu ici par Clint Eastwood qui troque un temps son habit de dur pour endosser celui de Red Stovall, qui n’est certes pas un enfant de chœur mais ne possède pas pour autant la force de ses rôles antérieurs. Il est clair qu’on n’imaginait mal Eastwood dans un film musical, surtout avec un personnage aussi singulier. Pourtant, Red n’est pas loin des autres interprétés par l’acteur, traînant, malgré la présence de Whit, une solitude inéluctable.

Mais c’est quand la musique s’en mêle que le film gagne un côté magique : Eastwood ne chante pas trop mal, même si ce n’est pas son rayon, dit-il. Et puis il y a les autres, les vrais chanteurs qui font une apparition ou plus telle la formidable Linda Hopkins (Flossie) qui chante magnifiquement le blues, ou Marty Robbins (Smoky) qui interprète avec Eastwood/Red la chanson qui donne son titre au film. C’est d’ailleurs l’une des plus belles séquences du film – ma préférée en tout cas – qui voit Red aller jusqu’au bout de lui-même, se sachant irrémédiablement condamné, et malheureusement incapable de terminer.

 

Je terminerai en revenant sur John McIntire, dont c’est l’une des dernières apparitions sur grand écran (1) : il raconte l’ouverture du territoire cherokee à la colonisation en 1893. C’est un autre moment intense en émotion, et on pense à Cimarron (1960) qui raconte l’ouverture à la colonisation du territoire de ce même Oklahoma qu’il doit quitter, quatre ans plus tôt (1889).

Alors on n’est peut-être pas dans un western, mais ça y ressemble tout de même rudement…

 

(1) Il y apparaîtra encore deux fois.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Richard Donner, #Mel Gibson
Complots (Conspiracy Theory - Richard Donner, 1997)

Jerry Fletcher (Mel Gibson) est chauffeur de taxi. Et comme la plupart de ses collègues, il passe ses courses à faire la conversation à ses clients de passage. Politique, économie, humour… Tout y passe. Mais son sujet de prédilection, c’est le complot. Il est, si on l’écoute, tout autour de nous. Les différentes agences nationales – sauf celle pour l’emploi, cela va de soi – sont en train de fomenter qui un complot pour empoisonner la population, qui pour la diriger en sous-main, qui pour assassiner le président des Etats-Unis.

Bref, le monde est un vaste complot qu’il dénonce tous les mois dans une lettre d’information (1). Il a beau alerter le monde (enfin une toute petite partie), rien ne change. Jusqu’au jour où…

 

De tout temps, les théories du complot ont toujours existé et depuis l’avènement d’internet, ces théories ont pris une place (trop) importante, flattant les bas instincts, proposant des plans et des projets séduisants, jouant de l’ignorance des masses et de la paresse humaine à rechercher la vérité.

Mais quand le film sort, si on nous rebat les oreilles depuis près de 35 ans à propos de l’assassinat de Kennedy, nous n’en sommes pas encore à l’invasion actuelle des différentes explications plus ou moins bidon de phénomènes eux aussi plus ou moins inexplicables.

 

Et comme nous sommes au cinéma et que les spectateurs recherchent aussi des sensations fortes, nous sommes ici en présence d’un véritable complot dont on ne nomme à aucun moment les organismes en présence. Bien sûr, le FBI et la CIA sont nommés régulièrement, mais Donner et son scénariste Brian Helgeland (qui n’est pas le premier venu, allez voir sa filmographie) restent dans le flou, parlant de « famille » qu’il faut comprendre dans le sens large : ils évitent d’ailleurs le piège facile des complotistes actuels qui n’hésitent pas eux à mélanger les termes de cosmopolitisme et judaïsme comme quelques décennies plus tôt. Même les francs-maçons, cible privilégiée parmi d’autres, ne sont pas mentionnés en tant que conspirateurs : c’est un sujet de plaisanterie entre Jerry et la femme qu’il aime, Alice Sutton (Julia Roberts, toujours aussi formidable).

 

Mais cette plaisanterie tombe un peu à plat, noyée dans toutes ces informations et surtout les déboires de notre héros. Et c’est bien dommage parce que Richard Donner nous a habitués à des films où l’humour est toujours présent. Ici, les moments pour rires sont rares – voire inexistants – alors que le sujet aurait pu s’y prêter, surtout avec un tel réalisateur.

Et même si Mel Gibson est un Jerry Fletcher singulier – il faut le voir se nourrir – on a tout de même du mal à entrer dans cette histoire de complot où un simple chauffeur de taxi met à jour un véritable complot national – voire international – soutenu par une avocate qui ne sait pas comment se débarrasser de cet homme invasif.

Par contre, la séquence qui voit Jerry se faire enlever par les « méchants » eux-mêmes emmenés par le docteur Jonas (Patrick « X » Stewart) est très réussie. C’est un moment  très angoissant et dans le même temps, et qui pourrait être expliqué comme un délire de ce personnage hors norme qu’est Jerry.

 

Mais le scénario a choisi de prendre au sérieux son personnage…

 

(1) Une de ces newsletter comme celles qu’on nous propose régulièrement sur des sites « très bien »…

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