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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Drame, #Henri Decoin
Le Bienfaiteur (Henri Decoin, 1942)

Barfleur sur Oron est «  une petite ville française typique » avec son église, sa douceur de vivre et ses notables, comme on en trouve beaucoup à cette époque. Parmi eux, on trouve celui qui donne son titre au film : monsieur Moulinet (Raimu).

Moulinet est le bienfaiteur de Barfleur : rentier généreux, il n’hésite pas à mettre la main à la poche pour aider le projet de bienfaisance (bien sûr) de la belle madame Verger (Suzy Prim). Mais il sait aussi intervenir quand les choses se gâtent au village : c’est lui qui maîtrise l’alcoolique avant qu’il ne se blesse ou mette le feu à sa maison. Et bien sûr, il invite régulièrement ses concitoyens notables à sa table, le maire en tête (Charles Granval) pour des repas des plus fins. Et bien entendu, il n’est pas épargné par les critiques : des jaloux, comme on s’en doute.

Cette honnêteté est bien trop belle pour être vraie ? Oui, car quand il se rend à Paris, ce n’est pas pour enterrer un vieil oncle mort de sa belle mort, mais pour retrouver ses complices. Moulinet redevient alors Guyot, chef d’un gang de malfaiteurs.

 

Les premières images ne sont pas sans annoncer Le Corbeau qui sortira quelques mois plus tard (1) : en effet les premiers plans nous montrent sommairement la petite ville avant de s’intéresser plus précisément à ce bienfaiteur bien singulier. Mais alors que Clouzot s’intéressera surtout aux relations entre les concitoyens, Henri Decoin lui se concentre sur cet étrange bienfaiteur. Nous avons tout de même droit à quelques réflexions bien senties de ces jaloux sus cités, mais on aurait peut-être aimé en avoir un peu plus…

Quoi qu’il en soit, le personnage double de Moulinet/Guyot est du pain béni pour un acteur de la trempe de Raimu qui s’épanouit dans ce rôle, son aspect affable et honnête étant contrebalancé par celui du braqueur de bijouterie.

 

On sent bien que Decoin a une préférence pour ce côté obscur de son personnage, donnant à la séquence parisienne un aspect un tantinet noir mais qui rappelle surtout les films de gangsters américains de la décennie précédente puisque ceux de la décennie 1940 sont alors interdits en France du fait de l’Occupation. Mais nous ne sommes ni chez Hawks, ni chez Walsh (ou Wellman, LeRoy…) et l’usage des flingues est un brin excessif.

Il n’empêche, ce hold-up est mené de main de maître par notre « bienfaiteur ».

 

Mais nous sommes en 1942 et il n’est pas question de porter aux nues un tel personnage, même si on ne peut que l’apprécier (l’admirer serait tout de même excessif…). Il est donc indispensable de s’en débarrasser. Et c’est là qu’est la subtilité du scénario de Decoin et Labarthe.

Après avoir lancé un policier à ses trousses – l’inspecteur Picard (Georges Colin) – il réussit à préserver les deux parties de l’enjeu : la morale est sauve sans que le personnage ait perdu de sa superbe et de son aspect sympathique. Et puis Raimu étant Raimu, on ne pouvait pas en faire un salaud patenté comme ça.

 

C’est donc un film qui fleure bon son époque, loin des canons énoncés par Goebbels lors de la création de la Continental-Films : créer « des films légers, vides et, si possible, stupides. »

Et on y retrouve quelques visages de cette même époque : Maupi (Jambe d’Azur) qui n’a plus rien d’un faire-valoir pagnolesque, ou encore Jacques Baumer (le patron de la PJ), et bien sûr l’inévitable Pierre Larquey, en notable ridicule avec ses cent mille francs.

 

(1) D’où la citation entre guillemets.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Sherlock Holmes, #Billy Wilder
La Vie privée de Sherlock Holmes (The private Life of Sherlock Holmes - Billy Wilder, 1970)

Sherlock Holmes (Robert Stephens).

L’un des personnages les plus adaptés au cinéma se retrouve confronté à un ennemi des plus redoutables qu’il ait jamais dû affronter : Gabrielle Valladon (Geneviève Page).

Non pas que cet(te) ennemi(e) soit des plus redoutable, mais parce qu’elle met en lumière le rapport de Holmes avec les femmes : un rapport des plus distinct voire lointain comme il tente de s’en expliquer avec son ami et complice de toujours : le docteur Watson (Colin Blakely).

 

On peut bien sûr voir un écho dans le rapport aux femmes de Holmes avec Joe/Josephine (Tony Curtis) et Jerry/Geraldine (Jack Lemmon, un habitué du maître) : Holmes va se faire passer pour homosexuel afin d’échapper à une femme vampire de la pire espèce (pour lui) : la Petrova (Tamara Toumanova) qui veut un enfant de lui (entre sa beauté et son intelligence…)

Mais cela ne dure pas et nous sommes rapidement envoyés sur une intrigue digne d’Arthur Conan-Doyle, même si elle fut élaborée par Wilder soi-même (n’oublions pas qu’il a commencé comme scénariste) et I.A.L. Diamond. Et de ce point de vue, l’auteur originel n’a pas été trahi : nous sommes dans une nouvelle énigme qui n’a rien à envier aux autres, extrapolant sur le rapport lointain que l’immense détective entretient aux femmes.

 

Certes, Gabrielle Valladon n’est pas Irene Adler, mais alors que Guy Ritchie extrapole lui aussi sur un personnage existant chez Conan-Doyle, Wilder crée cette Gabrielle de toute pièce, donnant une autre dimension à cette femme rescapée d’une noyade tamisienne.

A nouveau, on retrouve chez Holmes ce qui a fait son personnage dans les différentes adaptations cinématographiques, sans toutefois l’aspect misanthropique qui lui est propre dans les récits de Conan-Doyle (1).

Et bien qu’l, s’agisse d’une histoire absolument extérieure au personnage de papier que nous connaissons, il faut avouer que Wilder a réussi à créer pour nous une histoire dans la droite lignée de celle de son créateur originel, avec un Watson chroniqueur certes, mais avant tout humain : son attitude auprès des danseuses du ballet de la Petrova ne sera tempérée que par le tour de cochon que fera Holmes pour se dégager des griffes de cette dernière (voir ci-dessus).

 

Bref, un film où à  nouveau l’ambiguïté est de mise, à travers le personnage principal qui est un misogyne assumé jusqu’au moment où Gabrielle entre dans sa vie. Mais cette intrusion pertinente s’explique essentiellement par le fait qu’elle se rue, nue, hors de sa chambre pour se lover entre les bras de son nouveau protecteur qu’elle prend pour son mari, Holmes.

Bien sûr, Wilder parsème son film d’éléments propices à nourrir l’intrigue policière (c’est une enquête, ne l’oublions pas, mais c’est peine perdue : nous n’avons d’yeux que pour cette idylle singulière entre deux personnages d’exception, sous les yeux d’un témoin partial – peut-être – mais avant tout digne de foi, comme semble le montrer le générique, relique du film initial qui devait être beaucoup plus long.

 

Et somme toute, Wilder réussit à capturer ce qui fait le sel des aventure du détective, nous proposant une aventure un tantinet décalée de ce que nous avons pu lire ou voir auparavant, mais sans sortir du cadre – éthique – élaboré par Sir Arthur.

Une réussite.

 

  1. On retrouve cette dimension dans la belle série Sherlock de 2010 (avec Benedict « Dr. Strange » Cumberbatch dans le rôle-titre)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Fritz Lang
Les Contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet - Fritz Lang, 1955)

Moonflleet est un village sur la côte anglaise occidentale. Si on y trouve des contrebandiers comme le suggère le titre français, on y rencontre aussi Jeremy Fox (Stewart Granger), un jeune homme distingué et très charismatique.  C’est un homme entouré de femmes du fait de son charme naturel et peut-être aussi grâce à sa richesse fabuleuse.

Il faut dire que depuis son arrivée dans Mohune Manor, il dirige les contrebandiers déjà cités.

C’est lui que le très jeune John Mohune (Jon Whiteley) est venu voir suite à la mort de sa maman Olivia : elle fut un temps la maîtresse de Fox qui dut s’enfuir parce que ses beaux-parents en puissance ne voulaient pas de lui, n’ayant pas hésité à lâcher les chiens sur lui…

 

Certes le tournage fut terrible et Lang quitta la production dès le dernier tour de manivelle effectué. Il n’empêche qu’on a tout de même affaire à un film du maître, même si on peut le considérer comme mineur comparé à d’autres. On retrouve brièvement certains éléments qui ont fait son succès et sa réputation comme l’éclairage de la statue de l’ange ou encore la main qui surgit de nulle part.

Mais malgré cela, on reste dans un film d’aventures somme toute très traditionnel, un de ces films qui fleurirent pendant l’âge d’or d’Hollywood. Et à l’instar de L’Ile au Trésor, c’est avant tout du pont de vue de John Mohune que se situe la narration.

Et Jon Whiteley est un interprète formidable de ce jeune garçon (qui a 15 ans dans le roman, à peine dix ici), naïf mais très attachant.

 

L’autre personnage que nous avons plaisir à suivre est bien sûr Jeremy Fox. Stewart Granger est impeccable et ce malgré quelques tensions avec le réalisateur ! Certes il n’a pas l’épée aussi prompte que dans Scaramouche, mais il a encore de beaux restes comme le montre le duel qu’il fait avec un de ses associés armé d’une hallebarde ! (1)

Evidemment, Fox n’est pas un enfant de chœur, mais il ne faut pas sous-estimer la part rédemptrice du cinéma américain : Fox va se racheter auprès du jeune garçon, même si ce dernier ne se rend compte à aucun moment de la part maléfique de son « ami ». Et ce malgré un échantillon très caractéristique avec un autre de ses associés : alors que ce dernier a tenté de lui envoyer un poignard à travers le corps, Fox le tue froidement d’un coup de pistolet, montrant, s’il était besoin, qu’il est le vrai chef de cette bandes de brigands de la côte.

 

Aux côtés de Granger/Fox, on trouve un couple bien singulier, interprété par deux habitués prestigieux des seconds rôles : George Sanders et Joan Greenwood qui interprètent Lord et Lady Ashwood, d’autres associés de Fox. Entre le flegme de Sanders et la voix caractéristique de Miss Greenwood, nous avons un couple mal assorti à première vue mais qui fonctionne très bien dans leur branche.

N’oublions pas non plus les contrebandiers eux-mêmes aux têtes plus ou moins patibulaires parmi lesquels on reconnaîtra Melville Cooper (Ratsey) qui fut Shérif de Nottingham face à Errol Flynn, et Jack Elam (Damen) et son œil reconnaissable, souvenir d’une bagarre quand il était enfant.

 

Au final, si Lang n’a jamais voulu reconnaître ce film, on passe tout de même un bon moment avec ce gentleman-contrebandier, ni complètement bon ni complètement méchant, véritable idole du jeune Mohune qui ne cesse de l’admirer.

Et même si cette admiration occulte aux yeux de l’enfant les travers de Fox, quand le film se termine, et même si Fox est sauvé (voir plus haut), la morale reste sauve : il n’y a plus de contrebandiers.

 

PS : si Jon Whiteley nous a quittés en mai dernier, il reste encore Donna Corcoran en vie. Elle interprète ici Grace, la jeune fille qui emmène Jon chez Fox.

 

  1. Normal, c’est le nom du pub dans lequel cela se passe.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Barry Levinson
Man of the Year (Barry Levinson, 2006)

Cet « homme de l’année » du titre, c’est Tom Dobbs (Robin Williams), un comique de télévision qui, sur la remarque d’une spectatrice de son émission, va se présenter à la présidence des Etats-Unis, troisième homme d’une élection malgré tout cadenassée par les deux grands partis : Démocrate et Républicain.

Qu’importe, il va faire campagne et contre toute attente remporter l’élection.

Sauf que (1) les résultats sont faussés par un bug informatique : le vote est électronique. C’est Eleanor Green (Laura Linney) qui révèle le problème à sa hiérarchie qui elle, préfère enterrer l’affaire : les profits engendrés par cette élection et ceux par les autres à venir sont trop tentants.

Mais cette Eleanor Green devient gênante…

 

Bien qu’il s’agisse d’un film qui n’est jamais sorti en salles en France (2), on y retrouve le ton et même la structure d’un autre film de Barry Levinson où jouait déjà Robin Williams : Good Morning Vietnam. En effet, cette fois-ci, Williams est un amuseur qui a troqué la radio pour la télévision, et qui, sous des dehors amusants amène une réflexion sociale et politique. Et comme dan le film précédent, il y a un basculement qui va emmener la comédie vers un ton plus sérieux (trop pour certains) : ici, c’est bien sûr la désignation de Dobbs comme vainqueur. Et à nouveau, Robin Williams change son jeu pour s’exprimer avec sobriété exigée et la retenue dont il était capable. Evidemment, ila parfois tendance à en faire un peu trop, mais c’est aussi dans la nature de son personnage, et le changement de ton nous rappelle qu’il sait aussi rester sobre quand l’intrigue (et le réalisateur) l’exige(nt).

Bien entendu, Robin Williams porte le film mais Laura Linney – encore une fois dans une intrigue politique – fait plus que de la figuration à ses côtés et complète très bien cette intrigue improbable. En effet, au moment de la rupture dans la narration et le ton, elle va prendre les commandes de l'intrigue qui va se resserrer autour d'elle.Elle interprète avec conviction et justesse cette informaticienne trop douée pour une compagnie faussement philanthropique : non, Delacroy n’est pas  une compagnie honnête et ses moyens, bien que soient technologiquement à la pointe du progrès, n’en demeurent pas moins des pratiques criminelles dignes de n’importe quel parrain mafieux.

De plus, la présence de Jeff Goldblum dans le rôle du conseiller technique de cette entreprise en renforce le caractère maléfique (3). Pourtant, Delacroy aurait dû savoir que posséder Goldblum dans ses rangs était un signe de faillite…

 

Ce film fut diffusé sur une chaîne privée payante dont l’éclat a beaucoup terni ces derniers temps et que je ne nommerai pas lors de l’élection américaine de 2008, et le resserrement de l’intrigue autour du vote électronique rappelait alors certaines anomalies dont les médias se firent l’écho lors de l’élection de Bush Jr. quatre ans plus tôt. Mais c’est en cette période de fin de présidence actuelle que le film peut prendre toute sa dimension : comme l’actuel (pour quelques jours encore) locataire de la Maison Blanche, il s’agit d’un comique. Mais alors que Dobbs l’est volontairement et le reste quoi qu’il en soit, « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom » a rapidement lassé les patiences et surtout amené des débordements indignes du pays dont il se dit le garant.

Et surtout, alors que l’on sent poindre quelques (légers) éléments populistes dans le discours de Dobbs (3), à aucun moment il ne va exalter des valeurs extrêmes voire extrémistes et surtout, il reste ce qu’il a toujours été, un honnête homme : quand il comprend que sa victoire est usurpée et qu’il n’a donc pas gagné, il le reconnaît.

 

  1. Dans une telle situation, il y a toujours un « sauf que ».
  2. Le système électoral américain devait être considéré comme « non vendeur ».
  3. Il n’est pas un « politicien de métier » !
  4. Goldblum serait-il passé du côté obscur avant d’en avoir atteint l’âge ? Il n’est (en 2006) pas encore une vieille gloire du cinéma américain…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Johnny Hines, #George Hines, #Richard Thorpe
Burn'em up, Barnes (George Beranger & Johnny Hines, 1921)

Johnny « Burn’em up » Barnes (Johnny Hines) est un jeune homme oisif dont la seule activité est la course automobile sur les engins de son père, le vénérable Whitney (J. Barney Sherry). Lors d’un jeu (idiot), il lui est prédit qu’il rencontrerait sa promise à Westwood (Pa.). Bien sûr il n’y croit pas du tout, n’ayant aucune envie de se retrouver dans un trou paumé.

Pourtant, le destin va le mettre sur la route de la Pennsylvanie, et surtout sur celle de la belle Madge Thompson (Betty Carpenter) qui habite… A Westwood !

 

Ce résumé succinct est très simplifié par rapport à l’intrigue imaginée par Harry L. Fraser et scénarisée par Raymond L. Schrock : en effet à l’intérieur de cette ligne principale, on trouve une poursuite en voiture, un banquier qui mène une double vie, un repris de justice qui sera repris de justesse suite à un braquage, et une prison bien singulière. Et encore, j’en oublie tant les détails foisonnent.

Johnny Hines, qui a donc coréalisé le film avec George Beranger (un transfuge de chez Griffith) était un comique de seconde zone, spécialisé dans les rôles (d’)intrépides. Son oubli actuel est aussi dû à l’écrasante prépondérance des quatre géants de la même époque : Chaplin, Keaton, Langdon et Lloyd. Mais pas qu’eux.

 

Toujours est-il qu’on comprend aisément qu’il soit tombé dans l’oubli : si son personnage est très sympathique, il n’a que très peu d’épaisseur et la complexité du scénario bride les possibilités comiques qui auraient pu être dégagées des différentes situations par les grands personnages citées plus haut.

L’intrigue n’arrive pas à se situer clairement dans un registre ou dans l’autre : on passe alors du comique au sérieux sans véritable transition, surtout avec l’apparition du personnage maléfique de l’histoire : Ed Scott (Matthew Betz). Ce personnage louche et malhonnête est le beau-frère du futur beau-frère de Johnny Barnes (1). Le tournant sérieux sera fatal au fil qui débutait pourtant sur des bases prometteuses, le personnage de Johnny s’annonçant intéressant et le ton employé étant celui de la comédie comme en témoignent les intertitres (en piteux état, parfois mêmes illisibles !).

 

Et l’intrigue se resserrant sur Johnny n’y fera rien, on a perdu le ton enjoué initial et rien ne le ramènera.

Reste alors un film plaisant certes mais quand même très moyen où on découvrira tout de même les débuts – en tant qu’acteur – d’un cinéaste qui fera parler de lui quelques années plus tard : Richard Thorpe. Il interprète ici le rôle du futur beau-frère déjà mentionné. Deux ans plus tard, il passait de l’autre côté de la caméra, enchaînant plus de 180 collaborations alors qu’il ne fut acteur que quatre fois.

 

       1. Puisque je vous dis que l’intrigue est complexe !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Navet, #Fred Dekker
Robocop 3 (Fred Dekker, 1993)

Il était temps que cela se termine. Commencée six ans plus tôt avec Paul Verhoeven, la trilogie Robocop arrive à terme et accouche, dans la douleur comme c’est souvent le cas, d’un dernier opus qu’on aurait peut-être pu éviter. Même Frank Miller, qui est à l’origine du personnage a jeté l’éponge, dégoûté par les manœuvres du studio qui a écarté ses (bonnes ?) idées. Et avoir choisi un spécialiste de l’horreur – Fred Dekker – pour la réalisation n’a peut-être pas été non plus une bonne idée.

Résultat un film poussif (1) où les personnages sont élaborés à coup de serpe et où la base même du personnage de Robocop (Robert John Burke), la dualité homme/machine, se noie dans une débauche de séquences d’action et surtout de fusillades, avec avènement de Robocop en super-héros (il vole !).

 

OCP (le consortium de salauds qui veut asservir le monde) a été racheté par une firme japonaise mais ses pratiques n’ont pas changé d’un iota : il est prévu d’évacuer Cadillac Heights (Detroit, Michigan) pour y implanter un nouveau complexe futuriste (2). En clair, ils virent les gens de chez eux (et les éliminent définitivement du paysage) pour implanter des structures qui rapporteront encore plus d’argent. Mais Robocop, qui a vu mourir sa partenaire historique Anne Lewis (Nancy Allen) se range du côté des insurgés pour faire triompher la justice contre cette bandes de « sacs à merde capitalistes ».

 

Il y a deux sortes de films de science-fiction : ceux qui jouent sur la situation et ceux qui jouent sur les accessoires. Inutile de vous dire que le film de Dekker appartient à la deuxième catégorie (4). Cette dernière a le malheur de mal vieillir à mesure que le temps passe et que la réalité des spectateurs rejoint le temps de l’intrigue. Et Robocop n’échappe pas à cet écueil. 

 

Bien sûr, les effets spéciaux sont devenus obsolètes avec l’avènement du numérique mais cela n’est pas là le plus gênant : Cary Grant dévalant ivre la pente dans North by Northwest avec incrustation d’images dans le pare-brise arrière n’est pas beaucoup mieux. Ce qui prête à sourire c’est tout le reste : la télécommunication est un très bel exemple de fausse route empruntée par les scénaristes : à l’heure du téléphone portable et de l’internet, on n’imagine pas un appel Skype facturé ! Quant à l’appareil dans la voiture d’Anne Lewis, on peut franchement en rire (ne parlons pas non plus informatique…).

 

Quant aux personnages, si on retrouve avec plaisir Rip Torn dans un rôle de faux-cul magnifique, on est frustré de la minceur des différents personnages. Le méchant – Paul McDaggett (John Castle)  – l’est mais cela ne suffit pas : il ne se distingue en rien des autres qu’on a pu rencontrer ici ou là et aurait pu être remplacé par n’importe qui : un type basique comme la plupart des personnages du film, sans véritable contexte.

Et pourtant, il y avait des occasions de creuser un peu plus, mais ce ne fut pas le cap choisi par Dekker qui enchaîne les scènes plus ou moins spectaculaires, essayant (peut-être) de battre un quelconque record de morts dans un film. Et encore.

 

Bref : à oublier.

 

  1. C’est comme ça qu’on dit dans les revues spécialisées…
  2. Toute ressemblance avec quelque situation actuelle est absolument fortuite, cela va sans dire.
  3. Propos tenu par le docteur Lazarius (Jill Hennessy).
  4. Ah tiens, finalement, si.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #John Huston
Plus fort que le Diable (Beat the Devil - John Huston, 1953)

Un petit port d’Italie où, sous les accords tonitruants de la fanfare une groupe de personnes attend(ent) le départ d’un navire qui les emmènera en Afrique faire fortune grâce à l’uranium.

Dans ce groupe, de nombreuses nationalités sont représentées : les Etats-Unis avec Bill Dannreuther (Humphrey Bogart) ; l’Italie, bien sûr avec Maria Dannreuther (Gina Lollobrigida), la femme de Bill, et Ravello (Marco Tulli) l’un des associés de Dannreuther ; le Royaume-Uni avec Peterson (Robert Morley), autre associé de Bill, et les époux Chelm – Gwendolen (Jennifer Jones) et Harry (Edward Underdown) ; et Julius O’Hara (Peter Lorre), un Chilien qui vient d’Allemagne. L’effectif ne serait pas complet sans le major galopant, Jack Ross (Ivor Barnard), un homme très dangereux.

 

C’est une sorte d’anti-Casablanca que nous propose ici John Huston, qui retrouve par la même occasion son vieil ami Humphrey Bogart. En effet, les personnages listés ci-dessus sont bloqués tant que le bateau n’appareillera pas, les emmenant vers une hypothétique Terre Promise qui doit les rendre riche. Mais ici, pas de nazi (1) ni de Résistance : Huston joue continuellement en équilibre sur la corde entre le sérieux que représente ce groupe humain et l’ironie des différentes situations.

En effet, la présence de Bogart dans un rôle de faux dur (et marié !) et celle de Peter Lorre rappellent le film de Curtiz. De la même façon, Peterson-Morley a des allures de Ferrari-Greenstreet ou tout au moins son embonpoint !

 

Mais là s’arrête l’analogie, nous sommes dans un film faussement sérieux où de toute façon nous savons que les méchants seront pris : c’est ainsi que commence l’intrigue, racontée par Dannreuther/Bogart. Et bien sûr, c’est la façon d’y arriver qui va nous intéresser. Et si Bogart est égal à lui-même, on notera la performance de Jennifer Jones dans le rôle de cette fausse aristocrate britannique. D’ailleurs, à aucun moment elle n’est ce qu’elle prétend sauf peut-être dans l’explication finale qui voit les quatre affreux (Peterson, O’Hara, Ravello et Ross) rattrapés par leurs (ex)actions.

Jennifer Jones est formidable de fantaisie et de fausse naïveté, bien loin de Pearl Chavez (Duel in the Sun) qui fit sa renommée. C’est loin d’être une idiote mais ses allures vont en surprendre plus d’un, surtout dans le quarteron déjà cité. De plus, la voir en blonde est assez déroutant.

 

Huston s’amuse de cette histoire pseudo-sérieuse où l’enjeu économique – les champs d’uranium qui doivent rendre riches – devient rapidement accessoire. Il faut dire que toute la troupe de personnages singuliers qui fait route ensemble est beaucoup plus intéressante. Ce sont des personnages grotesques (surtout du côté obscur), et parfois ridicules : outre les Chelm, le capitaine du navire (Saro Urzi) qui doit les emmener est lui aussi fort singulier : que pouvait-on espérer d’un rafiot comme le sien qui a tous ses appareils défectueux et arrive même à couler pendant la traversée ?

 

Mais, et c’est le reproche que je ferais à Huston, c’est qu’il reste constamment entre la comédie et le sérieux, bridant ses personnages : ses quatre « affreux » sont tellement différents – physiquement et moralement – qu’il y avait autre chose à en faire, aller plus loin dans l’aspect ridicule de cette équipée franchement sauvage.

Et au final, la comédie annoncée ne l’est pas pleinement.

Et c’est bien dommage.

 

(1) Le seul nazi qui pourrait être évoqué est O’Hara qui prétend que beaucoup d’Allemands du Chili s’appellent O’Hara : l’Amérique du Sud accueillit beaucoup d’anciens nazis au sortir de la seconde guerre mondiale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justice, #Thriller, #Peter Hyams
Présumé coupable (Beyond a reasonable Doubt - Peter Hyams, 2009)

Oui. Il s’agit d’un remake : celui du film de Fritz Lang (1956).

Il n’empêche, Peter Hyams nous montre qu’il est capable de faire autre chose que des films avec Jean-Claude Vandamme (1).

Certes, utiliser un scénario éprouvé est un atout pour le succès d’un film, mais cela ne suffit pas. Et Peter Hyams va contrôler son film de bout en bout, assurant, outre une réécriture du scénario, les prises de vue, et une mise en scène efficace.

 

Mark Hunter (Michael Douglas) est un procureur général très en vue puisqu’il brigue le gouvernorat : il faut dire qu’en tant qu’avocat de l’Etat, il est efficace : 17 condamnations dans des affaires criminelles de suite !

Mais cette bonne série ne fait pas que des admirateurs : C.J. Nicholas (Jesse Metcalfe), journaliste d’une chaîne de télévision, y voit une manipulation voire des falsifications de preuves. Seulement voilà : on ne peut pas accuser sans preuve.

A l’aide de son collègue et ami Corey Finley (Joel David Moore), il va fabriquer de fausses preuves l’incriminant dans le meurtre d’une prostituée, gardant une trace de ttoutes ses démarches à utiliser quand l’accusation apportera ses propres preuves.

Mais quand ce moment arrive, Corey est tué et le film qui innocente Nicholas est détruit : en route vers le « couloir de la mort ».

 

Encore une fois, on trouve dans le rôle du « méchant » une star vieillissante : Michael Douglas avait déjà collaboré avec Peter Hyams dans un film à l’intrigue judiciaire (déjà aussi) vint-cinq ans plus tôt. Mais cette fois-là, Douglas était de l’autre côté.

Doit-on en conclure qu’avec le temps on devient mauvais (moralement). Quoi qu’il en soit, on le retrouve avec plaisir dans ce rôle de salaud propre sur lui, prêt à tut pour arriver tout en haut.

Face à lui, on trouve un jeune Jesse Metcalfe très convaincant, incarnant un jeune journaliste peu éloigné de sa « victime » : C.J. Nicholas a lui aussi envie d’arriver tout en haut dans son domaine et cette enquête extrême montre très bien la détermination farouche de ce jeune reporter.

 

Mais la véritable révélation, c’est Amber Tamblyn (la fille de Russ/Riff), dans le rôle d’Ella Crystal. Si le film suit C.J. jusqu’à sa condamnation, c’est Ella qui va diriger la dernière partie qui consiste à innocenter celui qu’elle aime. Elle va porter la responsabilité pour cet homme et le film par la même occasion, ce basculement relançant avec bonheur l’intrigue.

Je reste donc sur une bonne impression de ce film : normal, je n’ai pas vu la version initiale du grand Fritz.

Un bémol tout de même : la dernière réplique, prononcée par cette même Ella, n’apporte rien et a même tendance à ternir ce qu’on a pu voir avant.

 

PS : on sourira lors de l’ouverture du film puisque l’une des sociétés de production n’est autre que la RKO qui avait déjà produit le film de Lang une cinquantaine d’années plus tôt.

 

  1. Ayant déjà commis deux de ces films (1994 & 1995), il récidivera avec son suivant et jusqu’ici dernier…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape et épée, #André Hunebelle
Le Miracle des loups (André Hunebelle, 1961)

Le « miracle des loups », c’est ce qui arrive à Jeanne de Beauvais (Rosanna Schiffino) quand, sommée de quitter son oncle Hesselin (Louis Herbessier), elle se retrouve poursuivi par Jean de Sénac (Guy Delorme) et ses sbires dans la neige au milieu de nulle part : non seulement les loups ne l’attaquent pas, mais ils foncent sur le félon.

Nous sommes en pleine lutte entre Louis XI (Jean-Louis Barrault) et Charles le Téméraire (Roger Hanin). Une lutte pour à mort le pouvoir, même s’il s’agit de celle des autres.

Au milieu de ce conflit larvé, le chevalier Robert de Neuville (Jean Marais), amoureux de la belle Jeanne et prêt à tout pour son honneur – et celui de son roi.

 

Nous sommes après Le Capitan, et André Hunebelle – toujours lui – tourne à nouveau avec Jean Marais, une de ces innombrables épopées de cape et d’épée. Et encore une fois, Jean Marais bondit et brette comme n’importe quel Douglas Fairbanks venu, donnant au film certainement son seul point d’intérêt. En effet, André Hunebelle fut un réalisateur prolixe, et d’autant plus à cette période. Si la qualité est supérieure au Capitan qui lui a précédé, à nouveau on n’atteint pas celle du Bossu l’année précédente.

Pourtant, cette fois, l’intrigue se déplace en fin de Moyen-âge et permet quelques séquences d’époque dont un tournoi et un jugement de Dieu qui ne sont pas sans rappeler un autre film de chevalerie de la décennie précédente : Ivanhoé (Richard Thorpe, 1952).

 

Mais alors que le chevalier britannique va affronter un adversaire « malgré lui », ici, Jean Marias – De Neuville est aux prises avec l’un des plus formidables méchants de l’époque : Guy Delorme. La présence de Delorme face à Marais vaut à elle seule de regarder le film tant cet acteur fut un vilain magnifique : faux, traître et retors, il accrédite l’axiome hitchcockien du méchant. Sauf que Hunebelle n’est pas Sir Alfred, et que le reste du film reste très conventionnel. Hunebelle n’a pas réussi à appréhender la nouvelle décennie et ses productions s’en ressentent. De plus, on ne retrouve pas auprès de Neuville/Marais le faire-valoir habituel (Bourvil par exemple) et le film souffre d’un manque cruel d’humour, inévitable dans ce genre de production.

Heureusement, il nous reste l’antagonisme qui oppose Louis XI et Charles et Jean-Louis Barrault est un monarque des plus subtiles : pouvait-il en être autrement avec un tel acteur ?

Bien sûr, si Roger Hanin n’est pas ridicule, il n’en arrive tout de même pas au niveau de ce partenaire des plus chevronnés.

 

Bref, un nouveau film de cape et d’épée signé André Hunebelle, ni meilleur (que Le Bossu) ni pire (que Le Capitan), mais qui, malgré les aspects médiévaux, n’en laisse pas moins une impression de déjà vu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Elia Kazan, #James Dean
A l'Est d'Eden (East of Eden - Elia Kazan, 1955)

« Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'est d'Éden. » (Genèse, 4 :16 – Bible de Jérusalem). (1)

 

Du roman – classique – de John Steinbeck, Elia Kazan a choisi la quatrième et dernière partie, celle qui voit l’antagonisme passer de Charles et Adam (Raymond « Jonathan Brewster » Massey) aux fils de ce dernier : Aron (Richard Davalos) et Cal (James Dean).

Bien sûr, aucun des noms de ce trio masculin n’est anodin : tous trois sont des prénoms bibliques. Et Steinbeck s’est contenté de changer ceux des fils, mais le parallèle avec les fils de l’Adam biblique est là, comme le prouve l’initiale de leur deux prénoms : Aron/Abel et Caleb/Caïn.

Et comme pour les fils du patriarche, nous assistons à une lutte entre les deux frères, née de la jalousie, où encore une fois Caïn va tuer Abel, même si ce n’est pas de la même façon qu’aux temps anciens.

 

Ce choix de ne traiter qu’une seule partie du roman fut d’ailleurs payant : Steinbeck lui-même en devint un grand fan. Il faut dire que Kazan a mis les petits plats dans les grands, utilisant pour la première fois la couleur, (ab-)usant du vert dès que possible.

Et le résultat est là : il s’agit – à mon humble avis – de l’un des meilleurs films de Kazan, et la distribution n’y est pas étrangère.

En effet, outre Raymond Massey et Julie Harris qui ne sont pas des débutants, on découvre ici deux nouvelles têtes de Hollywood qui vont faire parler d’elles dans les années qui suivront : Jo van Fleet et bien sûr Jimmy Dean. (2)

Jo van Fleet est ici la mère de Cal (3) et Aron et son rôle n’est qu’accessoire, une sorte de catalyseur maléfique pour l’intrigue (4) : c’est la révélation à Aron qui va précipiter la fin et pas seulement celle du film.

 

En effet, dans la Bible, Caïn tue Abel par jalousie. Ici, Cal est jaloux de son frère – ce qui est normal au vu de l’attitude du père – et va le tuer d’une certaine façon : en révélant l’existence de cette mère « trop tôt disparue » et qui plus est tenancière d’un lieu mal famé, Cal tue Aron et tout ce qu’il représente. Le frère aîné part mourir en France (nous sommes en 1917-18), ou tout du moins s’en va à la guerre, sa fiancée Abra (Julie Harris) tombe dans les bras du frère mal-aimé et le père fait ce qui ressemble à un AVC qui le laisse hémiplégique. Bref, c’est un chaos incroyable qui s’installe, réduisant à néant tout ce qui a été construit auparavant. Mais n’est-ce pas là la chance de Cal qui va pouvoir – enfin – se construire auprès d’un père qui, s’il ne sait pas l’exprimer, aime son fils ?

 

Ce film est aussi rentré dans l’histoire parce qu’il met en scène tout en haut de l’affiche et pour la première fois James Dean, jetant les bases de ce qui va le faire devenir une icône pour la jeunesse mondiale, et ce pendant plusieurs décennies. EN effet, James Dean est un Ca  l extraordinaire. A tel point que Steinbeck lui-même déclara qu’il était Cal. Certes, il faut voir une certaine analogie entre Dean et son personnage si on en croit le récit que Kazan fait de sa rencontre avec le père de son acteur. Mais cela ne suffit pas, et même au contraire : il faut à l’acteur la capacité d’aller au-delà de ce qu’il a pu vivre dans sa vie personnelle pour donner le meilleur de lui-même. C’est ce que fait Dean ici avec beaucoup de talent.

 

Autre grande interprète, Julie Harris est une Abra formidable, tiraillée entre les deux frères, attirée par la sécurité de l’un et le non-conformisme de l’autre, abandonnant le premier pour choisir le second qui lui est au final le plus semblable.

Question aînés, il ne faut surtout pas minimiser la prestation de Raymond Massey qui est un Adam lui aussi admirable, victime indirecte de l’antagonisme qui éloigne les deux frères. Encore que : c’est tout de même son attitude disproportionnée envers ces deux fils qui amènent l’affrontement final et décisif.

Quant à Jo van Fleet, elle réussit à s’imposer  malgré quelques handicaps : Dean est bien sûr omniprésent et crève l’écran. Mais elle a en plus celui de l’âge (elle a 38 ans quand le film sort) qui ne lui permet plus de jouer les jeunes premières. Elle est malgré tout une Kate terrible, une femme forte mais au prix de nombreux sacrifices dont celui de ses deux fils : le prix de sa liberté.

 

Un film inoubliable.

 

PS : Décidément, Jo van Fleet fut une habituée du prénom Kate (ou sa variante : Catherine). C’est ici sa première interprétation sur grand écran avec ce prénom.

PPS : Lois Smith (Anne, la serveuse du tripot de Kate) vient de fêter ses 92 ans le 3 novembre dernier. Elle est la dernière survivante.

 

  1. Cette citation est énoncée par Sam (Burt Ives), le shérif.
  2.  Richard Davalos, bien qu’il débute lui aussi au cinéma n’aura pas la même carrière que les deux autres.
  3. Attention ce qui va suivre révèle une grande partie de l’intrigue. SI vous n’avez pas vu le film, il n’y aura plus de surprise lors du visionnage.
  4. Un catalyseur est généralement là pour favoriser une réaction chimique.

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