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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Henri Decoin, #H.G. Clouzot
Les Inconnus dans la maison (Henri Decoin, 1942)

Maître Loursat (Raimu) est un alcoolique notoire dans la petite ville où il réside (1). Depuis le départ de sa femme vers d’autres bras, il se saoule consciencieusement tous les jours, délaissant le barreau et vivant de ses rentes (1). Pendant ce temps, sa fille Nicole (Juliette Faber) traîne avec une bande de copains : ils boivent et se lancent des défis idiots. Voler des objets plus ou moins gros.

Un soir que Loursat est chez lui, il entend ce qui ressemble à un coup de feu. Dans le grenier gît un corps. Celui de Gros-Louis, un (vrai) malfrat qui faisait chanter le « fiancé » de Nicole, Emile Manu (André Reybaz).

Manu est arrêté et va être jugé. Son avocat ? Maître Loursat, qui a ressorti sa robe pour l’occasion.

Mais que peut un avocat aviné face à des évidences ?

 

Théoriquement, il ne peut pas grand-chose. Mais quand il est interprété par l’immense Raimu et servi par une intrigue et des dialogues de Clouzot, tout. Et c’est un véritable festival que nous proposent ces deux hommes, dans ce film réalisé par Henri Decoin. Tellement que Clouzot va – enfin – passer à la réalisation d’un long métrage qui sortira quelques mois plus tard, avec quelques interprètes qu’on peut croiser ici (2).

Et c’est ici, comme toujours chez Clouzot, une critique de la société bourgeoise qui nous est offerte, avec un Raimu en pleine forme.

Il a beau avoir gommé son accent méridional, il garde toute sa gouaille habituelle, d’autant plus indispensable que son personnage est avocat. C’est alors une série de diatribes – pour reprendre le mot du procureur (Jacques Baumer) – de haute volée et d’une féroce acuité qui sortent de sa bouche.

Bref, nous savourons les différentes sorties de ce personnage avili plus vrai que nature qui joue avec brio les abrutis, mais dont l’intelligence reste toujours aux aguets.

 

Et comme toujours dans ces cas-là, la maestria d’un seul acteur ne suffit pas : les autres interprètes sont eux aussi à la hauteur du monstre sacré et nous gratifient d’un spectacle de haute volée où le jeu des acteurs et les répliques cinglantes font de ce film un grand moment de cinéma judiciaire. Il faut voir Raimu, amorphe le premier jour, se révéler le second et renverser la vapeur pour faire jaillir la vérité. Et sans pour autant verser dans le surjeu qu’on a pu lui voir de temps en temps. Ses plus beaux moments – pas ses plus belles envolées – sont d’ailleurs les rapports qu’il a avec sa fille qui ne voit à travers lui qu’un ivrogne, incapable d’autre chose que de boire et cuver, même au tribunal.

 

Je reviens à Clouzot, mais il est difficile de faire autrement ici. En effet, le film, de par son intrigue et ses dialogues porte la marque du maître : on y retrouve cette bourgeoisie étriquée qui sera la cible des ses films ultérieurs : des personnages mesquins et pas toujours très beaux, physiquement comme moralement. Et Loursat, ici, est le porte-parole du futur réalisateur dans le portrait de cette société qu’il présente au tribunal dans sa stratégie pour sauver son client. La description des différents parents des jeunes délinquants est savoureuse, renforcée par les différents plans des personnes décrites.

De la même façon, Jacques Baumer interprète un procureur assez détestable dont les convictions ne sont fondées que sur une série de préjugés battus en brèche par Loursat dans ses interventions.

Et c’est la jeunesse qui sort son épingle du jeu dans toute cette histoire. Les personnages les plus jeunes attirent la sympathie – surtout le couple vedette Nicole/Emile – livrés à eux-mêmes qu’ils sont dans cette société sclérosée et qui ne leur propose que peu de dérivatif à leur ennui : les véritables responsables de leur(s) dérive(s) sont leurs aînés qui ne les comprennent pas et de toute façon ne cherchent pas à les comprendre, vivant égoïstement leur vie de petits bourgeois.

 

Ces Inconnus dans la Maison annoncent un autre grand moment de justice cinématographique mâtinée de critique bourgeoise, près de 20 ans plus tard : Le septième Juré.

 

  1. « Une petite ville, ici ou ailleurs », déjà…
  2. Sinon, comment ferait-il ?
  3. L’assassin habite au 21 avec Noël Roquevert (le commissaire Binet), Jean Tissier (le juge Ducup) et bien sûr Pierre Fresnay (le narrateur).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #John Griffith Wray
Beau Revel (John Griffith Wray, 1921)

Laurence « Beau » Revel (Lewis Stone, toujours aussi impeccable) est un séducteur. Il aime les femmes et ne vit que pour les séduire, puis bien sûr, les abandonner. Un vrai salaud, quoi !

Il a un fils, Richard (Lloyd Hughes), qui semble suivre son exemple. Semble seulement parce qu’il est amoureux de Betty Lee (Florence Vidor, l’ex-femme de King), une danseuse très en vue, qu’il voudrait épouser.

Mais Beau veille et veut chasser toute idée de mariage de la tête de son fils : il va tenter de la séduire pour lui montrer qu’on n’épouse pas ce genre de femme.

 

Voici un mélo tout à fait dans l’ère du temps – il y a 100 ans – où nous nous retrouvons dans une histoire morale, comme nous en sommes prévenus dès l’ouverture. Nous savons que tout va mal tourner pour ce séducteur, et cette idée est renforcée par un plan qui voit un papillon de nuit tournoyer autour de bougies allumées. Pas besoin d’être grand druide pour voir dans ce papillon notre séducteur, ni pour comprendre qu’il va irrémédiablement se brûler les ailes.

 

Et John Griffith Wray filme sans surprise cette déchéance programmée, sous l’œil attentif de l’incontournable Thomas H. Ince, producteur omniprésent.

On notera toutefois une utilisation pertinente de la surimpression à deux moments : quand Beau sent un changement en lui et fait une sorte de tempête sous un crâne, un deuxième lui-même représentant son côté obscur ; quand la fin est proche et qu’il devient fou, imaginant apercevoir certaines des femmes qu’il a pu avilir.

 

Si le film ne se distingue pas des autres de la même période, on peut tout de même souligner la présence de Lewis Stone en haut de l’affiche : il interprète avec beaucoup de métier ce séducteur un tantinet abject avec la retenue et la subtilité qu’on lui connaît. Mais ses cheveux blancs ne trompent pas (il a 41 ans quand sort le film), il ne peut plus jouer les jeunes premiers, seulement les vieux beaux (1) sur le retour, ce qu’il fait très bien ici. On appréciera son élégance naturelle qu’il portera tout au long de sa carrière.

 

A ses côtés, Florence Vidor s’en tire honorablement, ce qui n’est pas le cas de Lloyd Hughes, un brin mièvre. Mais il faut dire que le rôle de Dick Revel est beaucoup moins étoffé que celui de son père, et surtout il part d’un point de l’intrigue fort déconcertant : comment un type comme Beau Revel a-t-il pu avoir un fils ? Ou plutôt comment Beau Revel a-t-il pu reconnaître un enfant, au vu de son attitude ignoble envers les femmes ?

 

  1. C’est le cas de le dire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Charles Chaplin, #Albert Austin
The Kid (Charles Chaplin, 1921)

 

« Un film avec un sourire, et peut-être une larme. »

Tel est l’intertitre archi-connu qui caractérise le mieux ce chef-d’œuvre (presque) atemporel (1). Et cent ans après (le film est sorti un 16 janvier 1921), l’émotion est intacte. Ce Kid est toujours aussi magnifique qu’à la première vision, en 1978 pour ma part.

« Six bobines de joie » (« Six reels of joy ») prévenait l’affiche à la sortie, ce qui faisait un peu plus d’une heure. Mais la version officielle est maintenant d’une durée de 52 minutes, depuis que Chaplin a remonté le film et écrit une nouvelle partition musicale, réduisant l’intrigue autour des deux personnages principaux – le clochard (Charles Chaplin) et le gamin (Jackie Coogan). Je préfère l’appeler ici le clochard parce qu’il n’est pas du tout vagabond dans plus des trois quarts du film : il vit dans une pièce mansardée.  

 

Donc, notre ami à petite moustache, chapeau melon et canne en bambou trouve un bébé sur le trottoir. Contre son gré, il est obligé de le garder et va s’occuper de l’éduquer, au moins pendant les cinq premières années de sa vie. De son côté, sa mère (Edna Purviance), après l’avoir abandonné a des remords mais l’enfant a disparu et a vie continue. Quant au père, il ne reste de lui dans la version der 1971 qu’une séquence qui le voit détruire malencontreusement (un acte manqué réussi ?) la photo de celle qu’il a aimée.

L’enfant a donc grandi et donne un coup de main à son père vitrier : il casse les carreaux avant son passage.

 

Découvert sur scène par Chaplin et déjà présent dans A day’s Pleasure (1919) avec les mêmes acteurs, Jackie Coogan (ici seulement Jack) crève l’écran dans ce film, premier des trois dans lesquels il va jouer cette année-là, dont My Boy d’Albert Austin qui interprète ici l’un des deux voleurs de la voiture qui emmène le gosse (2) loin de sa mère. Et des trois, c’est bien ce film le plus réussi, le plus beau et surtout qui donne ses lettres de noblesse au jeune acteur. Rarement, Chaplin sera autant à l’unisson avec un partenaire. Même ses collaborateurs habituels – Edna Purviance, Henry Bergman (l’impresario et le gardien de l’asile de nuit) pour ne citer qu’eux – n’arriveront pas l’osmose formidable qui transparaît tout au long du film (3). Certes, l’aspect autobiographique du personnage (la vie de ce gamin n’est pas sans rappeler celle de Chaplin au même âge) amène cet accord parfait entre les deux acteurs. Mais ce n’est pas seulement ça. Il y a dans le jeu du jeune Coogan une imitation superbe de son aîné, sans pour autant tomber dans un quelconque excès qui en aurait fait un sous-Chaplin. On retrouve dans ce gamin les différents éléments qui constituent celui qu’on appelle habituellement « Le Vagabond » : des attitudes, une peur presque congénitale de la police et surtout une complicité qui en plus ne s’arrêtait pas une fois la caméra éteinte : il suffit de voir les images qui accompagnent la période, dans le documentaire de Kevin Brownlow (4) par exemple, pour s’en rendre compte.

 

Bien sûr The Kid est un mélodrame et la larme envisagée en ouverture a coulé plus d’une fois tant cette histoire est poignante et les deux interprètes principaux extraordinairement convaincants, mais à aucun moment on est dans la lourdeur habituelle et pathétique d’autres « mélos » de l’époque (je vous laisse mettre les titres). Le jeu reste toujours dans les bonnes limites et on ne tombe à aucun moment dans un quelconque excès. Il faut dire que tout cet aspect tragique est merveilleusement contrebalancé par une comédie  tout en subtilité, surtout quand il s’agit des deux personnages principaux.

La séquence qui les voit arranger leur combine autour des vitres brisées est irrésistible, tout comme les différents moments de leur quotidien. Mais c’est aussi au-delà de tout ça que le film reste magnifique.

En particulier la première rencontre entre la mère et l’enfant qui atteint un degré de maîtrise technique phénoménal.

La femme (Edna, donc) est assise sur le trottoir, un enfant dans les bras et ce bébé lui rappelle celui qu’elle a abandonné. La porte s’ouvre derrière elle et apparaît le gamin (Jackie, donc) comme une illustration de sa pensée. Sauf que ce n’est pas une pensée mais réellement l’enfant alors cette séquence prend aussitôt toute sa dimension artistique autant qu’émotionnelle.

Et comme en plus, c’est filmé par Roland « Rollie » Totheroh…

 

Inoubliable. A voir sans modération ni restriction de nombre.

 

  1. Les voitures et autres éléments de décor nous montrent bien que nous sommes cent ans plus tôt…
  2. « Kid » en VO.
  3. Paulette Goddard en Gamine dans Modern Times est une autre exception.
  4. Unknown Chaplin (1983)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Norman Jewison
L'Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair - Norman Jewison, 1968)

Un braquage. Classique. Efficace. Cinq hommes qui entrent dans une banque et qui repartent avec un peu plus de 2.600.000 dollars (1) volé à la banque dont le directeur est un certain Thomas Crown (Steve McQueen). Le commanditaire de ce braquage : Thomas Crown. Le même.

La police est sur les dents : pas un seul indice ni le moindre début de piste.

Par contre, les assurances ne veulent pas en rester là et missionnent une jeune femme – Vicki Anderson (Faye Dunaway) – pour retrouver le magot. Et à ce petit jeu-là, elle est redoutable : elle attrape toujours sa proie.

Thomas Crown n’est plus si serein.

 

Décidément, 1968 (oh, la belle année !) est faste pour Steve McQueen : en plus de ce film, deux mois plus tard, sortira Bullitt. Et comme toujours, il est cool à l’extrême, même si cette Vicki Anderson est une menace pour lui. C’est d’ailleurs le jeu de chat et souris qui fait tout le sel du film, avec une Faye Dunaway – lancée par Bonnie & Clyde l’année précédente – qui joue elle aussi à un haut niveau. Une très belle rencontre au sommet. Mais cette rencontre a tendance à effacer les autres interprètes tant l’affrontement est prenant.

 

On retrouve dans ce film l’aspect non-conformiste des personnages de Jewison. A une situation établie, un de ses éléments va tenter – et réussir ? – de s’en sortir. Thomas Crown est un homme qui a réussi : il a tout ce qu’il désire, est riche et sort avec une très belle jeune femme (Astrid Heeren dont ce fut l’un des rares rôles au cinéma). Mais il s’ennuie. Il recherche sans cesse les sensations fortes – buggy sur la plage, vol à voile – alors quoi de mieux que d’organiser un braquage, qui plus est dans sa propre banque. C’est d’ailleurs une séquence très efficace et un coup d’anthologie, loin des préparatifs minutieux de Daniel Ocean et sa bande. Certes, le butin n’est pas du même ordre. Mais 2,6 millions de dollars, en 1968 représentaient une certaine somme, voire une somme certaine.

 

Il y a dans le personnage de Thomas Crown un reflet de l’époque. Le film sort en 1968, pendant que le monde est en train de changer. Il y aura un avant et un après. Et Thomas Crown rejette, comme la jeune génération de cette époque, les carcans de cette société un tantinet archaïque. Il est moderne et surtout veut sortir d’une voie qui était toute tracée.

Et McQueen, de par son jeu tout en subtilité, excelle dans ce rôle, qui fut – d’après ses dires – son préféré.

 

C’est un affrontement formidable que nous propose ici Jewison entre deux êtres d’exception et de grande intelligence. La séquence la plus emblématique est d’ailleurs la partie d’échec : elle illustre magnifiquement la guerre (2) que se livrent les deux protagonistes principaux. C’est un conflit feutré où tout est permis. Comme le dit le proverbe : « en amour comme à la guerre, tout les coups sont permis. »

Alors évidemment, il y a un passage obligé par la séduction et le passage à l’acte. Mais toujours avec ce même objectif : attraper l’autre. Et bien sûr, le dernier recours : le mensonge.

 

Mais cet affrontement fait aussi des victimes collatérales inévitables : les autres interprètes du film. Mais difficile de faire autrement face à deux personnages d’exception et deux interprètes de talent.

Par contre, le spectateur, lui, savoure…

 

  1. C’est toujours plus impressionnant en chiffres.
  2. Un jeu où il faut éliminer un roi et son armée est un jeu de guerre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Frank R. Strayer
Le Monstre marche (The Monster walks - Frank R. Strayer, 1932)

Le docteur Earlton vient de mourir, laissant sa fortune à sa fille Ruth (Vera Reynolds), et sa maison à son frère Robert (Sheldon Lewis), devenu paralytique.

Après lecture du testament, tout le monde va se coucher. C’est à ce moment qu’une main noire et velue qui semble sortir de nulle part et veut attraper la gorge de la belle Ruth.

Serait-ce la main du gorille Yogi (1) ? Il semblerait que non, sa cage a été maintes fis vérifiée par Hans Krug (Mischa Auer) le fils de la gouvernante, « Tanty » Krug (Martha Mattox), un grand garçon un tantinet dégingandé, à la diction et l’attitude particulières.

Mais alors, d’où vient cette main ?

 

Nous sommes en pleine période fantastique – qui avait commencé avec le Dracula de Tod Browning un an plus tôt, mais c’est plus du côté du Frankenstein de James Whale qu’il faut trouver une quelconque parenté. En effet, le personnage de Hans a une façon de se déplacer qui n’est pas sans rappeler celle de Boris Karloff dans le rôle du monstre, surtout dans sa séquence finale. Mais là s’arrête (déjà) la comparaison : Le Monstre marche est une production mineure de cette période, un de ces films oubliés sauf par les inconditionnels du genre et les admirateurs de Mischa Auer.

 

La version proposée est d’ailleurs celle de la ressortie du film en 1938 avec un générique transformé, mettant ce même Auer en tête d’affiche ainsi que l’inquiétante Martha Mattox, reléguant Vera Reynolds et Rex Lease (le docteur Clayton, fiancé de Ruth) au second plan, première étape avant leur oubli. L’autre transformation concerne l’image de fond de ce même générique : il s’agit d’un singe de type gorille (2) qui tient dans ses bras une jeune femme peu vêtue. Toute ressemblance avec le King Kong de Cooper et Schoedsack est non seulement fortuite mais aussi du racolage éhonté. Cette récupération peut s’expliquer par la présence du personnage simiesque mais là encore, la limite est vite atteinte.

 

Et c’est le problème de ce film : on en a vite fait le tour, du fait de sa longueur (à peine une heure) et de son intrigue un brin convenue. Et pourtant… L’idée de cette main qui apparaît au bout de ce bras noir et velu était une bonne idée, tout comme ce paralytique inquiétant (est-il vraiment handicapé ?), ou encore les deux Krug (mère et fils) aux regards eux aussi inquiétants. Mais Frank R. Strayer reste très terre à terre et n’arrive pas à créer une véritable atmosphère de terreur ni à créer le moindre suspense. Il faut dire que le duo vedette (de 1932) est assez insipide, et les personnages pas suffisamment étoffés pour emporter l’adhésion.

 

Reste le plaisir de revoir Mischa Auer (je l’aime bien, que voulez-vous), et d’y redécouvrir deux autres figures secondaires du cinéma américain : Sidney Bracey (Wilkes, le notaire) et l’étonnant Sleep n’Eat (3), qui n’est autre que Willie Best (Exodus), qui se fera un nom dans les années suivantes auprès de véritables gloires du cinéma américain.

 

Bref, on peut très bien vivre sans voir ce film.

 

  1. En fait, c’est un chimpanzé
  2. Cette fois, c’est un vrai
  3. « Dormir et manger »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #G.W. Pabst
Les Mystères d'une âme (Geheimnisse einer Seele - G.W. Pabst, 1926)

Les Fellman forment un couple moderne, vivant dans une grande maison berlinoise. Lui – Martin (Werner Krauss) – est chercheur en laboratoire pendant qu’elle (Ruth Weyher) est femme au foyer. Un jour, alors qu’il rase quelques cheveux rebelles sur la nuque de madame, un cri retentit dehors : un meurtre a eu lieu dans la maison d’en face. La surprise fait sursauter Martin qui entaille superficiellement le cou de sa femme.

Alors que la journée se passe normalement, la nuit est pour lui sujette à un terrible cauchemar. Le lendemain, Martin ne peut plus tenir une lame dans sa main, quelle qu’elle soit.

Il va alors entreprendre une psychanalyse auprès du docteur Orth (Polycarpe Pavloff).

 

Si Freud a plusieurs fois refusé de s’associer au projet de Pabst, ce dernier s’est tout de même appuyé sur les avis de deux psychanalystes pour réaliser cette histoire – édifiante, cela va sans dire – d’un homme qui développe une névrose. Si ce film est une bonne illustration de ce que peut être une analyse, on ne peut réduire la psychanalyse à ce film. C’est surtout pour cela que le grand Sigmund n’a pas voulu cautionner cette œuvre.

Mais malgré l’interprétation impeccable du grand Werner Krauss, le film n’arrive pas à sortir de la démonstration, voire de la leçon dispensée aux spectateurs.

 

Et pourtant, Pabst maîtrise complètement ce film, d’un point de vue cinématographique, utilisant un large éventail de techniques, surtout pendant la séquence – magnifique – du rêve de Martin : surimpressions, les anamorphoses, apparitions… C’est un très grand moment du film, peut-être le seul. Peut-être parce qu’il y a aussi les illustrations de l’analyse qui présentent un intérêt substantiel. On assiste alors à une variation de la narration antérieure faisant varier le point de vue et surtout gommant le décor : nous revoyons les éléments antérieurs (début du film) tels que Martin a pu les ressentir. Et ce point de vue subjectif illustre magnifiquement le processus de la mémoire : en ne conservant que ce qu’il juge important et en effaçant les décors, Pabst met en évidence le processus de la « mémoire sélective ».

Et les différentes prises de vue des trois caméramans (1) sont primordiales dans le traitement de ces deux éléments. Outre les éléments cités ci-dessus, on assiste à un soin très particulier du gros plan dans les différentes phases du film. Et d’autant plus que les décors deviennent accessoires voire inexistants : les visages ressortent avec plus de force, illustrant les sentiments confus de Martin.

 

Mais on ne fait pas un bon film avec seulement de bonnes intentions. Et Pabst, en réalisant ce film qui met en valeur la psychanalyse en oublie un peu l’aspect cinématographique et surtout visuel au profit du propos des scénaristes (2). On perd rapidement l’atmosphère du rêve même pendant les recréations des séances.

On pourra préférer le traitement effectué par Alfred Hitchcock de cette même branche médicale dans son formidable Spellbound.

Mais ceci est une autre histoire…

 

PS : la séquence du rêve, d’une certaine façon, préfigure le film de Buñuel et Dali Un Chien andalou. Il me paraît évident que les deux artistes espagnols ont vu ce film et ont bien aimé cet élément ô combien surréaliste.

 

  1. Robert Lach, Curt Oertel & Guido Seeber
  2. Deux psychanalystes sur les quatre qui ont écrit le scénario, dont Karl Abraham (3), excusez du peu.
  3. Fondateur de l’Institut psychanalytique de Berlin et proche de Freud (4).
  4. Ca fait quand même beaucoup de notes de bas de page.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Tom Buckingham
The Arizona Express (Tom Buckingham, 1924)

D’un côté nous avons la famille Keith avec la belle Katherine (Pauline Starke) et son frère David (Harold Goodwin), l’oncle McFarlane (William Humphrey) et le vieux radoteur ami de la famille, le juge Ashton (Frank Beal).

De l’autre, nous trouvons la belle Lola Nichols (Evelyn Brent) et son amant Victor « Vic » Johnson (Francis McDonald). Si elle est danseuse de cabaret, lui n’a rien d’un enfant de chœur et est recherché par les polices de trois continents comme le précise un intertitre.

J’oubliais : il y a aussi le train. L’Arizona Express dont l’employé des postes qui y travaille se nomme Steve Butler (David Butler) et rêve de romance.

Le lien entre tous ces gens ? Un jour Katherine a failli rater son train vers l’Est et c’est Steve qui l’a aidée à monter. De son côté, David est amoureux de Lola qui voit en lui un pigeon idéal : il travaille à la banque de son oncle.

Un soir, le même oncle décide d’avoir une explication avec la séductrice. Malheureusement pour lui, Johnson est là qui le tue. Un orage se produit et dans la pénombre, David croit avoir tué son oncle. Il est condamné à mort.

 

Cette intrigue un tantinet tarabiscotée n’est qu’une partie du scénario total puisque la condamnation à mort n’intervient qu’à la fin du premier tiers du film (27 minutes). Il reste alors encore deux fois ce même temps pour que Katherine réussisse à innocenter son frère, ce qu’elle parviendra à faire, rassurez-vous. Cette histoire de sauvetage de l’innocent n’est pas sans rappeler les nombreuses réalisations du grand D.W. Griffith et ses sauvetages de dernière minute. Parce qu’ici aussi, nous avons droit à un sauvetage de dernière minute mais dans la même optique que le scénario (1) : compliqué.

 

C’est d’ailleurs ce scénario compliqué qui freine le film et lui empêche de trouver son rythme. Quant à l’express, à part le coup de main à Katherine, on ne voit pas très bien son rôle dans le film. Mais heureusement, cela ne va pas durer, et Buckingham va alors montrer l’étendue de son talent. Dans l’autre partie du scénario, dont je n’ai pas parlée plus haut, on trouve une évasion spectaculaire – 10 hommes qui sortent par une brèche causée par un train lancé sur les murs de la prison – et surtout le parcours du combattant de Katherine pour apporter au gouverneur de l’état la preuve de l’innocence de son frère. Cet épisode là aussi très spectaculaire utilise presque tous les moyens de transports de l’époque, la voiture, le cheval et bien sûr le train qui nous ramène au titre. La séquence dans l’express est d’ailleurs très spectaculaire puisqu’on a une lutte entre Steve et Johnson & C° dans un train fou au bord de précipices très profonds. Bref, du grand spectacle.

Et Buckingham se sort admirablement de cette séquence, lui qui a aussi œuvré en tant que chef-opérateur : la caméra est toujours placée au bon endroit, mettant en valeur l’aspect spectaculaire de ce train sans contrôle qui fonce vers une issue inévitablement tragique : le train à un moment sortira de ses rails et ira s’écraser au fond du ravin.

 

Bref, c’est un film très spectaculaire où il faut tout de même passer sur cette intrigue un brin improbable et savourer les différentes séquences d’action à couper le souffle. Buckingham est un réalisateur aujourd’hui oublié et qui en douze ans a tout de même réalisé cinquante films dont cette curiosité servie par une distribution certes, moins prestigieuse que chez les maîtres de l’époque mais dont les noms ne sont pas inconnus aux aficionados de la période muette.

 

A (re)découvrir.

 

  1. De Robert N. Lee et Frederick J. Jackson, d’après une histoire de Lincoln J. Carter.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #David Ayer
Au Bout de la nuit (Street Kings - David Ayer, 2008)

Los Angeles.

Tom « Tommy » Ludlow (Keanu Reeves) est ce qu’on appelle une gâchette. Il ne s’embarrasse pas de détail : il entre, il tire (et tue tout le monde) et ressort. C’est une espèce de nettoyeur de racaille, couvert par son chef, le capitaine Wander (Forest Whitaker).

Mais depuis quelques temps, ses méthodes ont éveillé la curiosité du capitaine Biggs (Hugh Laurie), qui s’occupe de débusquer les flics qui franchissent la ligne. Et comme depuis quelque temps un ancien collègue a décidé de tout déballer, la position de Ludlow devient périlleuse.

Mais Wander veille toujours sur lui.

 

Mettez Los Angeles, la police et la corruption de cette dernière et vous obtenez une intrigue qui ressemble à un roman de James Ellroy. D’autant plus que ce même Ellroy a signé le scénario… Alors ça déroule. Comme dans LA Confidential, on retrouve cette police corrompue, mais à l’abri des regards cette fois-ci. Tout se joue dans l’ombre, loin des regards inquisiteurs des journalistes qui sont quasiment absents dans toute cette histoire (1) de cuisine – douteuse – interne. Le parallèle entre certains personnages du film et ceux des romans d’Ellroy est des plus évidents : outre le Quatuor de LA, on peut reconnaître dans Ludlow quelques éléments de personnage qu’on retrouve chez Scotty Bennett, dans le second « Quatuor de LA » (Perfidia, 2014).

Par contre, comme dans LA Confidential, nous avons droit à une distribution prestigieuse,  au trio sus mentionné s’ajoutant Chris «  Captain America » Evans.

 

Mais David Ayer n’est pas Curtis Hanson, et on peut regretter un certain manque de subtilité dans le déroulement. Là où Hanson avait réussi un équilibre entre les séquences d’action et de calme, ici c’est l’action qui domine, aux dépens des personnages qui sont moins étoffés. Le seul qui tire son épingle du jeu reste Biggs, mais c’est aussi grâce au jeu – impeccable – de Hugh Laurie qui campe un Biggs un tantinet équivoque, accentué par son flegme britannique intrinsèque : il a beau interpréter un policier américain, difficile de renier ses origines…

Bien sûr, Forest Whitaker est à la hauteur – quand ne l’est-il pas ? – mais le resserrement de l’intrigue autour de Ludlow le fait passer au second plan. Dommage parce que son personnage n’est pas sans rappeler Dudley Smith, autre personnage emblématique d’Ellroy, qu’on trouve dans les deux quatuors de LA.

Quant à Keanu Reeves, si son personnage évolue au cours du film, son jeu ne varie pas beaucoup, son visage demeurant un peu trop neutre.

 

Un dernier regret : ça manque de femmes ! Elles sont (seulement) deux et n’apparaissent que très sporadiquement : Linda Washington (Naomie Harris), la femme du policier qui déballe tout à Biggs, et Grace Garcia (Marcia Higareda), infirmière et petite amie de Ludlow. Si la première a un rôle pertinent quant à l’intrigue, la seconde n’a pas cette même importance et pourrait très bien disparaître du scénario sans beaucoup le transformer. Elle est un très bel exemple du manque d’épaisseur des différents personnages.

Dommage.

 

PS : Le titre original « Les Rois de la rue » est plus intéressant et se rattache plus à ce que nous voyons. Quand les traducteurs arrêteront-ils de « faire des phrases » ?

 

  1. On ne voit que les résultats de leur travail : articles de presse, reportage TV…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Biopic, #Drame, #Marjane Satrapi, #Vincent Paronnaud
Persepolis (Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud, 2007)

15 ans.

Quinze ans d’une vie marquée par la révolution, la guerre, et surtout la mort. Quinze ans dans la vie d’une femme, de son enfance à son entrée dans l’âge adulte.

Tout commence en 1978, à Téhéran, capitale de l’Iran, qui fut autrefois la Perse, d’où le titre (1).

Quand éclate la révolution, elle a 9 ans. Quand elle arrive à Paris, elle en a 24. Entre les deux, une vie chaotique, rythmée par la violence, physique et bien sûr morale.

Il faut dire que l’Iran, en quelques années est tombé de Charybde en Scylla, la dictature du shah s’effaçant pour laisser la place à celle des barbus de Khomeiny qui n’est d’ailleurs à aucun moment cité dans le film (2). Sans oublier le conflit qui opposa le pays à l’Irak de Saddam et qui fit un million de victimes. Pour quoi ? Pour rien. Normal, c’est la guerre.

 

Voici un nouveau dessin animé pour adultes, loin de l’univers magique des studios Disney ou encore des délires de Crumb et son Fritz the Cat. Et du point de vue de l’animation, nous sommes aussi très loin de Pixar et de ses réalisations bien léchées et colorées.

L’animation reprend le style du dessin de Marjane Satrapi, qui coréalise le film donc avec Vincent Paronnaud, et suit l’intrigue de la bande dessinée de l’auteure parue entre 2000 et 2003.

Mais si l’animation semble, somme toute, assez sommaire, les images qui y sont présentées ont une force fantastique. La preuve ? Le film a été interdit dans de nombreux pays où l’Islam est religion d’état. On se demande bien pourquoi (3)…

 

Le film consiste en l’évocation des souvenirs de la jeune Marjane lors de son émigration – forcée – à Paris et s’illustre par deux éléments visuels bien distincts : le présent de la narratrice est en couleur alors que l’évocation est en noir et blanc, couleurs de la tragédie s’il en est.

Et effectivement, c’est une véritable tragédie qui s’abat sur le pays et la vie de Marjane, avec des proches qui meurent, pendant que le régime enferme de plus en plus les gens et surtout les esprits. Et comme Marjane vient d’une famille où la liberté est une base de vie, la situation de vient vite intenable, les barbus inventant toujours de nouveaux tourments pour ce peuple soumis malgré lui.

 

C’est un film magnifique, qui devrait être montré souvent, surtout à ceux et celles qui répètent, telle la professeure de religion que le voile est une liberté pour les femmes. Pour leur rappeler aussi qu’aujourd’hui, des femmes iraniennes bravent l’interdit en posant sans voile.

Mais pas que. Il faut voir le film parce que malgré sa technique semble-t-il sommaire, les images sont très belles, sublimées par ce noir et blanc propice à des effets de lumière. Sans oublier certains éléments de dessin qui rappellent l’art traditionnel perse et un style parfois très épuré qui se marie très bien avec les deux teintes.

 

Bref : un chef-d’œuvre.

 

  1. Non, Persépolis n’est pas l’ancien nom de Téhéran !
  2. Nul besoin de le citer, son empreinte sur la société suffit pour l’identifier derrière ce régime.
  3. Oui, ceci est ironique.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Claude Chabrol
Docteur Popaul (Claude Chabrol, 1972)

Tout commence par un défi mâtiné de pari : Paul Simay (Jean-Paul Belmondo) propose à ses acolytes un concours. Celui qui se fera la fille la plus moche gagnera la mise.

Et bien sûr, c’est lui qui l’emporte, photos à l’appui.

Mais le jeu ne fait que commencer : en vacances en Tunisie, il fait la connaissance de la jeune Christine Dupont qui « n’a pas un physique facile. » Rapidement, il l’emballe et au final, il l’épouse.

Mais ce que le docteur Popaul n’avait pas prévu (?), c’est que Christine avait une sœur, Martine (Laura Antonelli), qui n’a rien du physique disgracieux de son aînée.

 

Comme très souvent chez Chabrol, on tire à boulet rouge sur la bourgeoisie. Et ce Docteur Popaul ne déroge pas à la règle, le milieu social des Dupont, entrevu aux diverses cérémonies de fiançailles de Martine, étant déjà très étouffant (1). Mais ce milieu honni par Chabrol est alourdi par la présence de ce nouveau venu, dont le caractère ne détone absolument pas dans le décor.

Il faut dire que ce docteur est un personnage peu reluisant. Déjà, ce « concours de boudins » annonce la couleur. Mais à cela s’ajoute une bonne dose de mauvaise foi, de mensonge et d’hypocrisie qui s’intègre parfaitement dans ce milieu social, cible de Chabrol.

 

Et dès le titre, on a une idée du personnage : juxtaposer « docteur », situation des plus honorables, et « Popaul », surnom plus ou moins grivois, donne le ton du film. Le personnage que nous allons voir n’est pas recommandable. Et c’est bien sûr le cas : s’il est véritablement docteur – il reprend même la clinique de son beau-père – il n’en demeure pas moins un homme roué dont les manigances font capoter les différentes tentatives de mariage de sa belle-sœur dont le titre n’est absolument pas usurpé.

 

Mais, et c’est là que pêche le film, l’histoire de ce sale personnage est un tantinet outré et la critique escomptée s’en retrouve alors émoussée. Et ce qui draina les spectateurs en 1972 ne fonctionne plus aussi bien : les mentalités ont changé et surtout, cette accumulation lasse. Certes, les interprètes sont à la hauteur, mais le sujet lui-même est excessif.

On préférera – en tout cas, c’est mon avis – d’autres productions de Chabrol où la bourgeoisie est mise à mal de façon un peu plus subtile, même si certains personnages ne sont pas obligatoirement plus reluisants que notre bon docteur (Que la Bête meure, par exemple).

 

Mais le succès de ce film aurait-il été équivalent avec quelqu’un d’autre que Belmondo dans le rôle-titre ?

Encore une fois, poser la question, c’est déjà un peu y répondre…

 

  1. On reconnaîtra Dominique Zardi dans le rôle de l’évêque.

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