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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #F. Gary Gray, #Barry Sonnenfeld
Men in Black: International (F. Gary Gray, 2019)

Sept ans que Barry Sonnenfeld nous avait offert une fin à sa trilogie.

Ils sont tout de même de retour, et cette fois-ci, on peut vraiment compter une WiB (1) parmi eux : M (Tessa Thompson).

Pour le reste, rien n’a changé, seuls les menaces d’annihilation de la Terre changent, et bien sûr les protagonistes humains qui nous intéressent : les fameux MiB.

Z n’est plus là, et en plus le regretté Rip Torn (Z) nous a quittés un mois après la sortie du film, quant à J (Will Smith) et K (Tommy Lee Jones), on retrouve mention de leur passage dans l’agence à travers une gravure rappelant leur exploit du premier film.

Seules quelques créatures nous ramènent aux films précédents, dont les célèbres vers sur pieds qu’on aperçoit sortant du train intercontinental. L’autre étant Frank the Pug, le chien qui assure l’entrée du siège MiB.

 

Encore une fois, il est question de sauver le monde, et encore une fis, ils y parviennent, enfin surtout elle.

Elle, c’est la nouvelle venue dans l’organisation, M. Elle est très forte et sait que les MiB existent. Elle a quelque chose de J dans le premier opus, mais ressemble à son inverse. Tout d’abord, c’est une femme (évident, non ?), ce qui pose un petit problème – réglé avec humour – à propos de l’appellation de l’agence. De plus, J ne connaît pas l’organisation avant de rencontrer K alors que M n’a qu’une seule envie : en faire partie. Pour le reste, elle possède à peu près les mêmes qualités que son prédécesseur (2), ce qui ne gâte rien.

J’oubliais : elle a un allié de poids en la présence de Pawny (voix de Kumail Nanjiani), qu’on peut qualifier de « pion de la reine » : tout un programme.

 

Pour le reste, ça déroule. C’est très (trop ?) spectaculaire et outre Tessa Thompson, on peut apprécier la prestation de Chris « Thor » Hemsworth dans un rôle encore une fois un tantinet décalé : bellâtre présenté comme  « sauveur du monde » dans le monde MiB, on a tout de même du mal à croire à cet exploit tant il peut sembler empoté. Mais ne vous y fiez pas, il n’est pas MiB pour rien.

On notera aussi un changement dans les mœurs du service (un signe des temps ?) : à l’instar de M (Judi Dench) chez James Bond, c’est une femme qui dirige l’agence américaine, l’agent O (Emma Thompson).

 

Mais malgré tout cela, ce nouvel opus des MiB nous laisse sur notre faim et on ne retrouve pas le ton comique empreint d’une certaine dinguerie des films de Sonnenfeld. Ce dernier a beau être producteur exécutif, ce n’est pas lui qui dirige et le film s’en ressent.

Il manque ce grain de folie et de décalage par rapport aux différents extra-terrestres présents.

F. Gary Gray ne semble pas réussir à trouver le bon mélange entre la parodie et le sérieux, insistant peut-être un peu trop sur ce dernier aspect au détriment de l’aspect comique indispensable à ce genre de film. Quant aux différents « aliens » rencontrés, on ne peut s’empêcher de se demander s’ils ne se sont pas échappés de Starwars.

Dommage.

 

  1. Woman in Black.
  2. « à peu près » parce qu’en fait, elle est – à mon avis – beaucoup plus forte.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justice, #Histoire, #Roman Polanski
J'accuse (Roman Polanski, 2019)

Tout commence à l’école militaire de Paris. Nous sommes le 5 janvier 1895, soit deux semaines après le verdict du Conseil de Guerre de Paris (1) : le capitaine Alfred Dreyfus (Louis Garrel) a été reconnu coupable de haute trahison et est dégradé devant les troupes. Il est ensuite envoyé à l’Ile du Diable, au large de Cayenne, dans ce qui est considéré comme la pire partie du bagne français.

Pendant ce temps, à Paris, le lieutenant colonel Picquart (Jean Dujardin), nullement fâché des déboires de ce petit capitaine « juif » prend ses fonctions comme chef du renseignement. C’est en feuilletant la correspondance d’un certain Esterhazy (Laurent Natrella) qu’il se dit que ce « petit capitaine » n’était peut-être pas si coupable que ça…

 

Un faux coupable (2), des vieilles ganaches, une injustice inique (pléonasme) et l’article de L’Aurore : tous les éléments sont là pour faire un grand film. Et c’est le cas. N’en déplaise aux détracteurs du réalisateur, nous avons ici affaire à un grand film qui retransmet avec beaucoup de justesse l’atmosphère qui enveloppa la célèbre « Affaire Dreyfus » et qui fit couler beaucoup d’encre, ainsi que du sang.

Certes, on peut reprocher quelques inexactitudes historiques, mais ce n’est pas une leçon d’histoire qui nous est proposée ici, juste une (très bonne) adaptation d’un événement qui fit beaucoup de bruit et qui continue d’alimenter la chronique, de nouveaux éléments apparaissant régulièrement qui apportent (ou non) des précisions.

.

A nouveau, Polanski nous montre un homme seul. Ou plutôt deux : Dreyfus, loin sur son île, en proie aux éléments pas toujours cléments ; et Picquart qui va se retrouver de plus en plus seul alors que sa quête de la vérité va éclairer les dessous sordides de cette affaire.

Et la grande réussite c’est le camp adverse constitué pour abattre Picquart, composé de militaire de la pire espèce : menteurs, suborneurs, faussaires,  imbéciles et dangereux (3).

C’est une véritable collection de badernes pas toujours vieilles mais qui s’enferment dans leur « vérité », et ce malgré les preuves accablantes de l’innocence de Dreyfus ainsi que celles de leurs mensonges. On retrouve dans ces messieurs la même obstination que celle du général Mireau (George Macready) dans Les Sentiers de la Gloire, la dimension meurtrière en moins.

 

On se souvient (4), lors du centenaire de l’Affaire, du très beau téléfilm d’Yves Boisset qui relatait (en partie) les mêmes événements. Ici, Polanski change le point de vue et s’intéresse à celui qui amena la réhabilitation de Dreyfus, Picquart. Dreyfus devient alors un élément du décor, rappelé de temps en temps comme une pause dans la narration du film. Jusqu’à son retour pour le deuxième procès, tout aussi inique que le premier d’ailleurs, avec en prime l’avocat Labori (Melvil Poupaud) qui se fait tirer dessus (il n’en mourra pas).

Ce deuxième procès est l’occasion aussi de se faire une idée des dispositions de l’opinion publique lors de l’arrivée de deux personnalités : Picquart qui essuie l’opprobre virulent de la foule et le général en chef Le Mouton de Boisdeffre (Didier Sandre), acclamé en héros.

 

Mais ce film est aussi une occasion de se rendre compte de l’antisémitisme de la fin du XIXème siècle : Picquart ne cache pas son aversion pour les Juifs dès le début du film et seule sa conception de la Justice le fait agir en faveur de Dreyfus. On assiste aussi à un autodafé de livres de Zola comme on pouvait – malheureusement – en voir régulièrement en Europe à la même époque, avec peinture sur les vitrines des commerçants juifs avant qu’elles soient brisées.

On retrouvera ces mêmes images en Allemagne quelques décennies plus tard, et elles auront la même cible : les Juifs.

Alors on peut dire ce qu’on veut sur le citoyen Roman Polanski, mais à nouveau il met en évidence l’antisémitisme dans un de ses films (17 ans après Le Pianiste, autre chef-d’œuvre du réalisateur) et cette fois sans la « raison » nazie : nous sommes en période de paix en France et malgré cela, on en veut toujours aux Juifs. Mais surtout, cet antisémitisme mis en évidence était on ne peut plus normal. On était antisémite comme on aimait le fromage, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Les publications anti-juives étaient tolérées et il apparaît alors normal que Dreyfus ait été condamné : plus qu’un traître militaire, il est un traître juif, ce qui explique le peu d’enthousiasme de l’armée pour aller chercher le vrai coupable de cette affaire. Ce vrai coupable qui ne sera d’ailleurs jamais inquiété : pire, il fut innocenté par les mêmes qui avaient condamné Dreyfus. (5).

Mais qu’on ne se leurre pas, cet antisémitisme assumé de la fin du XIXème siècle n’est pas mort, il a seulement changé de visage et de pratiques au cours des décennies qui ont suivi.

Et il est malheureusement toujours là, comme l’actualité nous la rappelle régulièrement.

 

Je terminerai en disant que la distribution, en plus d’être prestigieuse nous offre quelques personnages qui ne sont pas sans rappeler leurs modèles historiques, tel Louis Garrel en Dreyfus ou encore Gérard Chaillou interprétant Clémenceau.

C’est une interprétation toujours juste où la conviction efface les imprécisions dont j’ai parlé dans le second paragraphe.

Un grand film, et puis c’est tout.

 

  1. Le 22 décembre 1894.
  2. « Un vrai innocent » serait plus juste, mais ici, on aime beaucoup Hitchcock.
  3. Ces deux derniers qualificatifs sont malheureusement intrinsèques à l’espèce.
  4. Moi, déjà.
  5. C’est ce simulacre de procès qui déclencha l’article de Zola (André Marcon)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Steven Spielberg
Cheval de Guerre (War Horse - Steven Spielberg, 2011)

Au début, c’est un roman de Michael Morpurgo (1982). Puis ce fut une adaptation sur scène par Nick Stafford (2007).

Et depuis 2011, c’est un film inoubliable du grand Steven, qui retourne au film de guerre avec à nouveau beaucoup de talent et de bonheur.

 

Devon, 1914.

Outre d’être le décor de la plus célèbre romancière de policiers d’Angleterre, c’est aussi le théâtre d’une grande histoire d’amour entre un jeune garçon – Albert Narracott (Jeremy Irvine) – et un cheval – Joey.

Joey est une bête splendide, ces chevaux qui gagnent – haut la main – les courses. Mais Ted Narracott (Peter Mullan) l’a acheté pour en faire un cheval de trait, quitte à finir sur la paille. C’est donc Albert qui va l’entraîner. Et y parvenir.

Mais la guerre arrive et Joey est incorporé et Albert reste seul (il n’est pas encore d’âge à partir).

 

Comme je l’écrivais plus haut, Spielberg retourne au film de guerre et en deux assauts, il nous rappelle qu’il maîtrise le genre, comme il nous l’avait déjà montré dans Save Private Ryan une douzaine d’années plus tôt (1). On retrouve, sinon les mêmes assauts, du moins le même résultat : des morts. Bien sûr, on pense à Kubrick et ses Sentiers de la gloire quand Albert fonce vers la tranchée ennemie, mais c’est une autre référence qui a retenu mon attention :

Après la première charge – pour de vrai – à laquelle participe Joey, Spielberg prend de la hauteur pour nous montrer l’étendue des dégâts : ce sont plusieurs, puis des dizaines de chevaux et de cavaliers qui s’offrent à notre regard, accentuant l’aspect dérisoire de la guerre. Et le mouvement de caméra n’est pas sans rappeler celui de Gone with the Wind quand nous découvrons l’ampleur des combats d’Atlanta.

Mais surtout, Spielberg, en filmant les deux assauts nous gratifie d’une ellipse temporelle magistrale : quatre ans ont passé entre la charge des officiers britanniques et la prise de la tranchée adverse par les Tommies, mais c’est avant tout une nouvelle ère qui vient de commencer, reléguant à l’âge de pierre ce premier fait d’armes pour entrer de plain pied dans le XXème siècle et surtout la guerre moderne.

En prime, nous avons une image superbe du premier assaut qui voit les mitrailleuses allemandes crépiter pendant que les chevaux sans cavaliers leur sautent par-dessus. Magnifique.

 

Et comme nous sommes chez Spielberg, il faut chercher l’enfant. Et il n’y a pas beaucoup à chercher pour le trouver. Il prend trois formes.

La première, c’est bien sûr Albert, qui voit grandir Joey avant de l’adopter. Leur relation est une véritable relation d’amitié, plus forte que celle qui le lie avec son ami Andrew (Matt Milne), avec ses promesses illusoires qu’on espère tenir malgré tout.

La seconde concerne la jeune Emilie (Céline Buckens) qui, à l’instar d’Albert va nouer une relation forte avec Joey – qu’elle appelle François – et qui aura une incidence sur le final où intervient le grand-père de la petite jeune fille (2). Elle est un mélange de naïveté et de gravité qui lui donne une épaisseur intéressante : à la croisée des chemins entre l’enfance et l’adolescence.

La troisième forme est plus subtile et concerne les soldats eux-mêmes : il est de coutume pour les Anglo-Saxons d’appeler leurs militaires « boys », ce qui signifie « garçons ». Et Spielberg ne s’y trompe pas : tous ces jeunes gens qui sont partis se battre – et surtout mourir – ne sont que de grands enfants, à peine sortis des jupons de leurs mères. Il suffit de voir la rencontre entre le Britannique Colin (Tobby Kebbel) et l’Allemand Peter (Hinnerk Schönnemann) pour s’en convaincre : la relation qu’ils nouent en peu de temps abolit les frontières et nous fait oublier ce conflit – qui arrive à son terme. Ce ne sont plus deux soldats qui évoluent devant nous mais bien deux copains qui s’allient pour se sortir d’une situation inextricable.

Et c’est là que l’on retrouve la dimension merveilleuse du cinéma de Spielberg : sans artifice ni effet numérique spectaculaire, il nous sort de cette guerre sordide et amène un espoir de paix.

J’ajouterai une quatrième forme avec les deux jeunes soldats allemands qui vont déserter. Si Günther (David Kross) semble avoir l’âge requis, Michael (Leonard Carow), son frère, n’a que 14 ans (3). Et la désertion ne s’explique que par la même raison qui fait promettre Albert à Joey de se retrouver quand tout sera terminé : Günther a promis à sa mère de veiller sur son jeune frère. Et c’est précisément cette promesse qui va précipiter leur mort : vous connaissez le sort des déserteurs en temps de guerre.

 

Bref, Spielberg réussit à nouveau un grand film, servi par une intrigue originale et habile : voir la guerre à travers les yeux d’un cheval (4). A cette belle histoire s’ajoute le talent de Spielberg, mais pas que : la musique de son complice John Williams crée elle aussi l’ambiance, et l’interprétation est à la hauteur de l’événement : outre les personnes déjà citées, j’ajouterai Emily Watson (la mère d’Albert) ou encore David « Lupin » Thewlis, ou encore Tom « Loki » Hiddleston et Dominic « Sherlock » Cumberbatch qui se retrouvent tous, finalement, dans des seconds rôles.

La vraie vedette, c’est Joey !

 

  1. Treize pour être précis.
  2. Niels Arestrup, formidable.
  3. La fin de la guerre vit entrer dans le conflit des très jeunes soldats.
  4. Et on les voit ces yeux : ils appartiennent même aux 14 chevaux qui ont été nécessaires pour interpréter Joey…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Muet, #Charles Brabin, #Colleen Moore
Le Lys de Whitechapel (Twinkletoes - Charles Brabin, 1926)

Twink « Twinkletoes » Minasi (Colleen Moore) est la fille d’une danseuse et d’un peintre en bâtiment (Tully Marshall). Bien sûr, elle ne rêve que de devenir comme sa regrettée mère.

Mais le milieu dans lequel elle vit n’est pas des plus agréables : Limehouse (1), où la violence et le crime sont monnaie courante.

Parmi les personnages patibulaires de l’endroit, Chuck Lightfoot (Kenneth Harlan) : c’est un boxeur, marié, qui n’est pas insensible au charme – naturel – de Twinkletoes (2).

Mais il est marié, et surtout, le père « formidable » de Twink ne l’est pas tant que ça : il est, lui aussi un voleur.

 

Il s’agit d’un film sur mesures pour Colleen Moore qui apparaît à nouveau en flapper, mais avec toutefois une différence notable : elle est blonde !

Pour le reste, elle est pimpante et a même appris à danser pour le film : elle enchaîne d’ailleurs entrechats et pointes avec beaucoup de grâce.

A ses côtés, on retrouve le vétéran Tully Marshall à nouveau dans un rôle plutôt positif et un Kenneth Harlan tout en muscles. Sans oublier un méchant récurrent du cinéma de l’époque : Warner Oland qui interprète le maître de ballet Roseleaf (« Feuille de rose »), plus porté sur les danseuses que sur les ballets. Ici encore, il est un personnage très négatif qui essaie d’abuser de la jeune et innocente Twink.

 

Si le film est plaisant à regarder – surtout grâce à la belle Colleen – il semble que Charles Brabin hésite quant au genre qu’il tourne : on ne sait s’il s’agit d’une véritable comédie ou d’un drame, les deux thèmes étant longtemps effleuré pendant les deux tiers du film environ.

Puis, il semble que son choix fût arrêté, et le drame l’emporte. Mais dans les grandes longueurs : la femme de Chuck dénonce le père, le père est arrêté et emprisonné, Roseleaf profite de l’émotion de Twink et la fait boire pour pouvoir plus facilement abuser d’elle… C’est absolument apocalyptique.

 

Mais rassurez-vous, nous avons droit à une fin heureuse même si on peut la considérer comme « téléphonée » : très convenue, quoi, voire un tantinet hors de propos. En effet, après les événements tragiques évoqués ci-dessus, Twink s’enfuie. On la retrouve, sans transition, à la campagne, ses chaussons de danse ayant été remplacés par des chaussures plus adaptées aux activités agricoles.

Malgré tout, on remarque quelques éléments techniques notables comme des travellings divers et un recours à la surimpression surtout pour les séquences de danse, quand Twink rêve.

 

Mais Colleen Moore est là, et c’est une raison suffisante pour apprécier ce film pas si petit que ça, où l’action se situe en Angleterre, ce qui permet l’ingestion d’alcool par les différents protagonistes sans vraiment encourir les foudres des censeurs : 1926 se situe en plein milieu de la période de Prohibition !

 

  1. Hello professeur Allen John.
  2. Littéralement « Orteils qui scintillent ». Chuck lui est « pied léger ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Olivier Nakache, #Eric Toledano
Intouchables (Olivier Nakache & Eric Toledano, 2011)

D’un côté un homme riche avec grand appartement, voitures de luxe et tout ce qui va avec : Philippe (François Cluzet). De l’autre un jeune homme peu fortuné, arrivé tout droit de la banlieue parisienne (grande barre de HLM) : Idriss (Omar Sy).

L’un et l’autre n’avaient aucune raison de se rencontrer, et même doublement. Tout d’abord, leur statut et leur milieu sociaux diffèrent trop ; et l’entretien d’embauche auquel Idriss se rend n’était qu’une formalité pour ce dernier qui ne s’était déplacé que pour pouvoir toucher les ASSEDIC.

Parce que Philippe recrute une personne pour l’aider quotidiennement : il est tétraplégique.

 

Les duos mal assortis ont toujours été l’occasion de comédies plus ou moins débridées. Il suffit, pour s’en convaincre de jeter un œil à la filmographie de Francis Veber pour s’en rendre compte. Il en va ici de même de ce duo dont les différences sont tellement fortes qu’on croirait avoir deux épreuves d’une même personne : le négatif et le positif, comme en photographie.
En effet, alors que l’un est noir, l’autre est blanc, l’un est riche, l’autre est pauvre, l’un est valide et costaud alors que l’autre ne peut remuer que sa tête.

Et comme toujours dans ces cas-là, chacun va s’enrichir des différences de l’autre (1).

 

C’est un film plaisant où le rire côtoie l’émotion sans pour autant tomber dans le pathétique, même si on n’évite pas les clichés inhérents à cette situation : Idriss est un jeune paumé qui vit dans une famille très nombreuse, où le trafic est une des façons de « s’en sortir. »

Mais Olivier Nakache et Eric Tolenado nous préviennent dès l’ouverture : « d’après une histoire vraie. » Alors on met de côté ses préjugés et on se laisse emporter par cette histoire touchante portée par un duo d’acteurs très bien assorti, lui.

 

Ce film fit un carton au box-office, ce qui est tout à fait logique : les comédies, quand elles sont réussies (2), deviennent « incontournables et tout le monde s’y rue. C’est une belle histoire, c’est drôle, mais ce n’est pas une comédie si différente des autres. Son succès vient peut-être de la façon d’envisager le handicap et surtout la manière dont Idriss appréhende celui de Philippe : nous sommes à la limite du « politiquement incorrect », voire carrément dedans. Et nous n’avons pas beaucoup l’habitude de rire du handicap.

 

Pourtant, et c’est là la force du film, c’est quand on rit d’une certaine catégorie de la population qu’on peut considérer qu’elle est intégrée. Depuis, on a pu voir la série HANDICAP où les interprètes étaient de véritables handicapés qui se riaient de leur(s) propre(s) différence(s). Que de chemin parcouru, me direz-vous.

Mais cela demande aussi une certaine dose d’intelligence de la part de cette population d’accepter l’humour. Certains ne l’acceptent pas, et c’est comme ça qu’on se retrouve avec deux fanatiques armés de kalachnikovs qui entrent dans la rédaction d’un journal satirique et tuent (presque) tout le monde.

 

  1. Je l’ai déjà dit ici : c’est de la différence que naît la richesse.
  2. Et parfois aussi celles qui ne le sont pas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Eric Lartigau
La Famille Bélier (Eric Lartigau, 2014)

La famille Bélier, c’est une famille comme les autres. En apparence. On y trouve le père  Rodolphe (François Damiens), la mère Gigi (Karin Viard), le fils Quentin (Luca Gelberg) et surtout la fille Paula (Louane Emera).

En apparence seulement parce que malgré ce qu’on peut voir, ce sont des gens différents. Enfin Paula surtout qui est la seule à entendre : les trois autres sont sourds, ce qui peut poser des problèmes, comme le montre le film à différents moments.

Mais le pire pour cette famille, c’est que Louane est radicalement différente : non seulement elle entend, mais elle a aussi un don pour le chant.

 

Je ne rentrerai pas dans les polémiques autour de la surdité et de l’interprétation de deux personnages non-entendant par deux acteurs entendant, ce n’est pas mon propos ici. Concentrons-nous sur le film qui réussit à traiter du handicap et de la différence avec humour, émotion et les chansons de Michel Sardou (1).

Le film s’inscrit dans le cadre de ces feel-good movies qui vous amènent un sentiment de bien-être et pourrait presque vous faire trouver la vie supportable (si elle l’était vraiment). Bien sûr, la fin est convenue, mais ce n’est pas cette fin en elle-même qui nous intéresse mais bien comment nous y arrivons.

 

Générosité et sensibilité sont les deux clés pour y arriver. Sensibilité parce que l’humour est sensible et le film en est plein, et générosité parce que tous ces personnages donnent et se donnent énormément, à travers leurs interprètes.

Si Louane Emera est juste dans son interprétation, on peut se dire que c’est normal vu qu’elle a (à peu près) l’âge de son personnage, mais ce n’est pas une raison très recevable, tout le monde n’est pas capable d’en faire autant. Certes, elle possède une belle voix, mais elle campe une Paula bien jeune pour s’occuper des affaires d’adultes : se parents sourds ne peuvent pas négocier aux téléphone ou expliquer avec précision leurs symptômes à un médecin ignorant la langue des signes. Même quand il s’agit de choses très intimes. Alors son interprétation prend une autre dimension et on se prend à sourire de ces petites histoires un tantinet incongrues quand on parle habituellement de handicap, et on sent un pincement quand elle chante. Même du Michel Sardou.

 

Bien sûr, on n’échappe pas à quelques outrances, et le professeur de chant (Eric Emosnino) en est une très bonne illustration. Son personnage est décidément peu crédible quand il enseigne à la chorale, mais il prend tout de même une autre dimension quand il est, lui-même, charmé et ému par cette voix, inattendue au fin fond de la Mayenne !

Et bien sûr, il y a les parents. Karin Viard et François Damiens sont encore une fois formidables, avec ma préférence pour la magnifique Karin, dont on n’entend pas les voix, à part quelques sont échappés, à peine intelligibles. Tous les deux réussissent ce que Jean Dujardin et Bérénice Bejo avaient réussi à réaliser trois ans plus tôt : un rôle muet. Un bonheur.

 

Alors laissez de côté les polémiques et concentrez-vous sur cette histoire, improbable certes, mais ô combien réjouissante : une intrigue solide, une interprétation impeccable, et juste ce qu’il faut d’humour et d’émotion.

Du cinéma, quoi.

 

(1) J’avoue que ce dernier point ne m’emballe pas vraiment, mais il faut accepter les autres tels qu’ils sont. Même ceux qui aiment Michel Sardou.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Zemeckis
Bienvenue à Marwen (Welcome to Marwen - Robert Zemeckis, 2018)

Ciel de Belgique, deuxième Guerre Mondiale.

Le capitaine Mark « Hogie » Hogancamp (Steve Carell), as de l’aviation est touché et il doit se poser en catastrophe. Indemne après s’être écrasé – sauf pour ses chaussures – il est sauvé par une équipe de jeunes femmes à la taille mannequin qui l’emmène dans leur village : Marwen.

Mais ce répit est de courte durée car les nazis reviennent régulièrement les attaquer, espérant au final se débarrasser de cet Américain qui exalta la résistance féminine.

Seulement voilà : Marwen n’existe que dans l’imagination de Mark Hogancamp, ancien dessinateur devenu photographe suite à une agression au caractère homophobe.

 

Tout commence comme n’importe quel film de guerre. Enfin pas vraiment. On songe plutôt à un film bien particulier (dans tous les sens du terme) : 1941. L’avion de Hogie n’est pas sans rappeler celui de « Wild » Bill Kelso (John Belushi) qui ouvre déjà le film (1). Ensuite, ce seront des références aux films de Zemeckis qui vont s’enchaîner avec en point d’orgue une machine à voyager dans le temps qui ressemble beaucoup à la DeLorean de Back to the Future.

 

Mais ce qui surprend – et ravit ? – le plus, c’est l’utilisation de poupées pour recréer cette histoire de guerre contre les nazis. On ne s’en aperçoit pas tout de suite (2), parce que Zemeckis prend le temps pour amener cette singularité inattendue. C’est d’abord le grain du visage qui semble artificiel (normal) puis progressivement nous comprenons que Hogie n’est pas un personnage normal, surtout quand on découvre ses articulations qui n’ont absolument rien de naturel. Et cet aspect décalé de la narration prend toute son envergure quand les deux univers se mêlent pour n’en former qu’un : celui de Mark Hogancamp, véritable photographe qui a réellement recréé sa seconde guerre mondiale avec des poupées et expose régulièrement son travail un peu partout aux Etats-Unis.

 

IL me paraît évident qu’un tel sujet échût à Robert Zemeckis tant son univers allie avec brio le monde réel et le merveilleux, sans jamais tomber dans le conte de fées. Il suffit de se replonger dans ses deux œuvres phares des années 1980s : Who framed Roger Rabbit? et sa trilogie Back to the Future. Mais si ces deux films sont des comédies débridées, il n’en va pas de même ici : Hogancamp est un homme brisé sans passé – qui a disparu avec son agression – qui tente de se reconstruire à travers son œuvre photographique. Cette dimension émotionnelle qui manquait aux deux autres films cités ci-dessus fait de cette comédie la plus aboutie de son réalisateur, un dosage impeccable entre le tragique et le comique qui donne un équilibre parfait.

 

De plus, Zemeckis joue avec le temps et ses marqueurs tout au long du film : la sous-intrigue guerrière en s’insinuant dans la vraie vie brouille les marqueurs temporels, relayée par les objets technologiques utilisés tout au long du film. On a du mal à situer l’intrigue principale qui voit Mark évoluer, et ce n’est que sporadiquement qu’on la relie avec notre époque. En effet, le répondeur de Mark utilise des cassettes à bande magnétique, les tenues de Carol (Leslie Mann) ont un aspect un tantinet suranné et Hogancamp est souvent en tenue militaire.

C’est alors un CD que Mark sort de l’appareil ou un téléphone portable qui sonne et que décroche cette même Carole qui nous ramène à notre époque.

En effet, la musique, de par sa diversité de provenance, participe à al confusion temporelle voulue par le réalisateur : n’oublions pas que Mark est un homme qui n’a plus de passé, alors les musiques vont et viennent sans distinction, la plupart du temps seulement justifiées par leur propos (résumé par leur titre).

 

Alors qu’il fut un temps question de Leonardo DiCaprio pour interpréter Mar Hogancamp, c’est donc Steve Carell qui interprète – avec beaucoup de talent – le photographe. A nouveau, il fait preuve de beaucoup de subtilité, utilisant à bon escient son visage pour exprimer l’inexprimable, en restant toujours dans les limites de son personnage, évitant les écueils faciles du pathétique.


Et malgré tout cela, ce fut un échec commercial.

Espérons que l’avenir lui reconnaîtra  ses qualités – évidentes – et qu’il trouvera la place qu’il mérite dans la production cinématographique américaine.

 

  1. Robert Zemeckis en avait cosigné le scénario
  2. Même quand on le sait !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Arnaud Desplechin
Jimmy P. (Arnaud Desplechin, 2013)

Browning (Montana), 1948.

Depuis son retour d’Europe trois ans plus tôt, Jim Picard (Benicio del Toro) souffre de migraines et a la vue qui se brouille. Reçu au Winter Hospital, on ne lui décèle aucune affection physiologique.

Après avoir été placé un temps chez les fous (1), il est suivi par Georges Devereux (Mathieu Amalric) qui va tenter de comprendre l’origine de ses souffrances.

 

Arnaud Desplechin a traversé l’Atlantique pour venir adapter le livre de Devereux, emmenant dans ses bagages son acteur fétiche – Mathieu Amalric. Et le résultat, tout comme la thérapie de Jimmy P., est fort concluant. Il prend son temps pour nous présenter les deux protagonistes principaux, mêlant le présent et le passé en ce qui concerne Jimmy, et distillant progressivement les éléments concernant la biographie du praticien.

Et la rencontre des deux acteurs, à travers ces deux personnages singuliers, est de très haute volée. Benicio del Toro est superbe, comme à son habitude, et Mathieu Amalric interprète un Devereux très convaincant, donnant une très grande crédibilité dans la relation entre les deux hommes.

 

De plus, l’utilisation de plans rapprochés voire très accentue l’aspect véridique du film annoncé en ouverture. Les cadrages sont parfois très serrés, sur le haut du visage de del Toro, véritable personnage principal de l’intrigue. Et Desplechin souligne cette réalité en usant d’une caméra subjective lors de la première crise – visible – de Jimmy. A la subjectivité de la caméra s’ajoute la bande son qui traduit très bien les acouphènes que l’on devine accompagner la crise.

 

Mais ce sont bien sûr les différentes séances qui retiennent notre attention, et la façon dont l’esprit de Jimmy va évoluer, à travers ses rêves et ses souvenirs : en trois temps.

Le premier nous montre le petit Jimmy ; puis le Jimmy actuel s’insinue dans le souvenir pour en être un observateur jusqu’à prendre la place qui est (était) la sienne : nous sommes dans le passé mais le nouveau Jimmy (celui du présent de la narration) assume pleinement sa place et revit ces souvenirs plus ou moins enfouis.

 

Bref, Desplechin illustre parfaitement l’évolution de l’esprit de Jimmy, servi par une interprétation qui la permet : les deux acteurs principaux tiennent leur personnage de bout en bout, et donne à cette intrigue un côté passionnant sans pour autant tomber dans un voyeurisme qui aurait pu effleurer un réalisateur moins talentueux. Les nombreuses références sexuelles ne sont aucunement montrées : un plan, une réplique, et cela suffit à nous les faire comprendre.

 

Au final, c’est un film sobre et tout en subtilité qui nous est ici proposé. Desplechin opte à chaque fois pour le bon placement et le ton juste tout comme ses interprètes. On reste intéressé par cette histoire de traumatisme guerrier qui, pour une fois, ne concerne pas le Vietnam.

Et Desplechin réussit un film carrefour entre plusieurs genres : le film médical qui voit un patient guérir, le film de guerre qui s’intéresse aux suites d’un conflit, et le western. Le western parce que Jimmy est toujours considéré comme un Indien avant d’être un Américain. Et paradoxalement, alors que le titre complet parle de hautes plaines, c’est à peine si nous pouvons les voir, la majeure partie des rencontres entre les deux protagonistes se passant en huis clos…

 

(1) L’armée ne fait pas toujours dans la subtilité…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Danny Boyle
127 Hours (Danny Boyle, 2010)

Between a Rock and a hard place.

Tout de suite, vous pensez, comme moi, à un tube des Rolling Stones. Sauf qu’ici il n’en est pas question. Il s’agit de l’aventure arrivée à Aron Ralston (James Franco – rien à voir avec la belle Jobina) dans le Blue John Canyon en 2003 quand un rocher lui est tombé sur le bras et l’a immobilisé pendant plus de 5 jours (127 heures) jusqu’à ce qu’il s’ampute de son avant-bras droit pour s’en sortir.

Le film est l’histoire de ces heures perdues (?).

 

Encore une fois, Danny Boyle nous gratifie d’un film magnifique à propos d’une expérience des plus solitaires. Aron Ralston s’en va en weekend dans les canyons pour tenter éventuellement de battre un record. Pourtant dès son périple à vélo pour rejoindre le théâtre de ses (més)aventures, un élément nous prévient que tout ne se passera pas comme il faut : il fait une chute à vélo. Mais son enthousiasme va au-delà de cette prémonition et nous assistons à une randonnée qui se présente sous les meilleurs auspices, surtout avec la rencontre des deux randonneuses perdues – Kristi (Kate Mara) & Megan (Amber Tamblyn, la fille de ). Mais comme le destin est farceur, Aron continue sa route jusqu’à l’accident.

 

Comme tous les accidents, il est bête (1), et il va permettre à Aron de faire un retour sur lui-même. Et en cela, Aron n’est pas sans rappeler lé héros (?) précédent de Danny Boyle : Jamal Malik (Dev Patel). Tout comme lui, il a un destin exceptionnel, mais surtout, nous allons assister aux différents événements qui l’ont amen&é là où il est, même si la conclusion n’’est pas aussi glorieuse : perdre un avant-bras n’est pas une situation rêvée…

Et pour ce faire, Boyle s’est adressé à un acteur formidable : James Franco. Ce dernier est capable de tout, comme on le voit quand on déroule sa filmographie. Il est ici un Ralston très convaincant (euphémisme) qui oscille entre les moments de désespoir et les fantasmes, jusqu’à la résolution inévitable et tragique.

Il y aune sobriété dans son jeu qui donne à son personnage la dimension humaine nécessaire sans en arriver à un surjeu qui aurait plombé l’intrigue (inutilement) : l’accident est là et il faut vivre avec.

 

Nous allons alors accompagner Aron dans ses moments de désespoir – les plus nombreux- tout comme dans ses moments d’espoir et ses fantasmes ; comme l’orage salutaire qui s’abat sur lui. Mais si c’était si simple, ça se saurait…

Comme je le disais plus haut, ces 5 jours (c’est très long !) vont être un moment de mise au point dans sa vie et nous allons assister à ces différents moments importants de sa vie qui ont fait de lui ce qu’il est. Mais alors que nous pénétrons dans l’esprit de Jamal Malik , ici, le côté geek d’Aron va laisser une trace objective de son expérience : caméra, photos…

Cela explique (en partie) les partis pris subjectifs de la caméra pendant l’évolution d’Aron avant son accident : il a recours à, ses appareils pour capturer un moment particulier  ou une rencontre significative.

 

Nous devenons alors témoins (voyeurs ?) de sa vie précédente, avec en ligne de mire un futur incertain – fans le film – que nous envisageons facilement : il n’est pas question qu’un personnage qui a pu avoir une telle expérience en meure…

Et donc, non. Nous terminons d’ailleurs sur des images du réel Aron Ralston avec sa femme Jessica et son fils (2).

 

  1. Sinon, ce ne serait pas un accident…
  2. Né en février 2010, soit quelques mois avant la sortie du film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Braquage, #Gangsters, #Jon M. Chu, #Morgan Freeman
Insaisissable 2 (Now you see me 2 - Jon M. Chu, 2016)

Trois ans après (un seul pour les protagonistes), on prend les mêmes, et on recommence ?

Pas exactement. Louis Leterrier a laissé la place à Jon M. Chu après être passé tout près de réaliser le film, Ed Solomon a repris les personnages de ses deux précédents acolytes et a conçu une nouvelle intrigue avec l’aide de Pete Chiarelli.
Et côté interprétation, Isla Fisher (Henley) a été remplacée (1) par Lizzy Caplan (Lula) et nous avons droit à un double Woody Harrelson : il est, en plus de Merritt, son frère jumeau Chase.

Pour le reste, tout le monde est là, fidèle au poste, surtout Thaddeus Bradley (Morgan Freeman), ce qui semble le plus logique.

 

Nous retrouvons donc nos Quatre Cavaliers, qui sont devenus cinq comme on l’a vu à la fin de l’épisode précédent, dans un nouveau numéro époustouflant qui vise à dénoncer un génie de l’informatique de la stature de Steve, Bill ou Mark. Mais le numéro qui commençait bien tourne à la tragédie et notre quatuor (le n° 5 reste à la traîne) se retrouve à Macao, embauché – malgré eux – par un autre prodige de la technologie, Walter Mabry (Daniel « HP » Radcliffe), censé être mort depuis deux ans. Leur mission – qu’ils doivent accepter – est de récupérer une carte à puce, clé de tous les ordinateurs de la terre (2). S’ajoute une course-poursuite autour du monde menée par le FBI et Bradley ainsi que la présence d’Arthur Tressler (Michael Caine) qui a une revanche à prendre sur ces voleurs particuliers.

 

J’ai parlé la dernière fois de la façon de tourner de Louis Leterrier la trouvant pas toujours très subtile. Mais force est de constater que son premier opus avait une fraîcheur qui fait beaucoup défaut à cette suite. C’est bien connu, les deuxièmes parties ont rarement la qualité et le charme de l’épisode initial (3), et ce film n’échappe pas à la règle.

Le monde de la magie et surtout les illusions que montent notre quatre héros prennent beaucoup moins de place dans cette suite, insistant plus sur l’aspect policier, et surtout mettant en avant l’Œil, cette confrérie de la magie (occulte cela va de soi) à laquelle tous veulent appartenir.

 

Alors oui, on retrouve quelques moments très spectaculaires et la première illusion – celle qui tourne mal – fait partir le film sur les chapeaux de roue, mais la relégation de la magie au second plan enlève beaucoup de son intérêt à l’intrigue et au film lui-même. Sans parler de cette même intrigue qui tord un tantinet le bras à celle du film précédent, ajoutant une dose d’incrédulité pour le spectateur.

On tombe alors dans une histoire somme toute très convenue avec un final qui sent un peu trop le réchauffé, avec en prime une petite dose de mysticisme qui, au choix achève de vous convertir ou de vous détourner.

 

Pour ma part, le choix est fait : dommage.

 

  1. Grossesse oblige…
  2. Rien que ça !
  3. Je sais : sauf Le Parrain 2, L’Empire contre-attaque

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