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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Brian Helgeland
Legend (Brian Helgeland, 2015)

Alors qu’Hollywood nous a offert de très belles épopées mettant en scène des gangsters devenus depuis mythiques (Tony Camonte, Rico Bandello, Michael Corleone et consorts), c’est au tour des Anglais d’en faire de même, avec ce Legend qui reprend une partie de la vie de ceux qui furent des bandits particuliers : les frères Kray, Reggie (Tom Hardy) et Ronnie (Tom Hardy).

Ceux qui comme moi sont d’inconditionnels des Monty Python se souviennent de la parodie qu’ils en donnèrent dans leur sketch sur les frères Piranha, et surtout Dinsdale qui, tout comme Ronnie, était un dangereux psychopathe qui se croyait poursuivi par un gigantesque hérisson criant son nom partout dans Londres.

 

Mais ici, nous sommes très loin d’une comédie, et les occasions de sourire sont fort rares, tant le tableau dépeint est des plus sordides.

Pourtant, à de nombreuses occasions, on se prend à espérer avec Frances Shea (Emily Browning) que les choses peuvent évoluer et que Reggie, le plus sain des deux frères (encore que) peut se sortir de cette infernale spirale qui les emmène inexorablement vers leur perte.

Et le rythme du film se nourrit de cet espoir illusoire : une période de félicité qui va à chaque fois être détruite par Ronnie, précipitant de plus en plus le duo vers sa fin.

 

L’atout – et l’originalité – du film tient dans ce duo constitué de deux frères qui sont jumeaux, ce qui explique certaines attitudes et actions de ces deux personnages sinistres.

D’un côté Reggie, avec soin aspect respectable et son charmant minois, qui tombe les filles d’un regard ; de l’autre Ronnie, qui se présente à Frances comme quelqu’un de laid, et de surcroît homosexuel. Cette dernière particularité est des plus importante quand on sait que le Royaume-Uni ne dépénalisé l’homosexualité qu’en 1969 (1).

Cette homosexualité assumée a tout de même une limite pour Ronnie qui sait qu’il n’a pas le vent en poupe auprès de ses concurrents : à chaque fois il complète son affirmation en précisant qu’il est le dominant.

 

Mais cette orientation sexuelle ne bride en rien sa folie, n’ayant absolument rien à voir avec son penchant pour la violence. Parce que ces hommes sont violents.

Alors qu’on ne les condamna chacun « que » pour un seul meurtre, Brian Helgeland ne tergiverse pas pour nous montrer quelques événements des plus violents : la bagarre dans le pub contre la bande de Richardson (Martin McCreadie) en est une superbe illustration, Reggie avec poings américains et Ronnie une paire de marteaux.

Les deux meurtres ne sont pas non plus des plus photogéniques : si Ronnie tue sa victime « proprement », celle de Reggie est littéralement massacrée avec une frénésie qu’on retrouve d’habitude chez Joe Pesci dans les films de Scorsese.

 

Et d’une manière générale, si Reggie et Ronnie sont très différents, ils se rejoignent dans leur activité criminelle et sont les deux côtés d’une même pièce, une sorte de négatif : ce que n’est pas l’un, l’autre l’est. Et comme les deux versants de cette même pièce ne se rencontrent jamais, les deux frères ne peuvent se faire de mal l’un envers l’autre, indissociables qu’ils sont jusqu’au bout, malgré leurs divergences qui se règlent parfois autrement que par une engueulade.

Et on en arrive alors à la « prouesse » cinématographique : le double (2).

Alors qu’on a l’’habitude de ces doubles dans des comédies, ici aucun ressort comique, et les différentes apparitions doubles de Tom Hardy sont on ne peut plus pertinentes et deviennent très vite naturelles tant les différences physiques sont évidentes entre les deux (tout comme dans la réalité).

 

Je terminerai en ajoutant la reconstitution du « swinging London » en prend un sacré coup au niveau du prestige (3) : la reconstitution est superbe tant pour les costumes et les coiffures, mais aussi en recentrant les lieux de tournages dans ces endroits qui n’ont pas beaucoup changé pendant ces soixante dernières années. Sans oublier non plus les implications gênantes de certains éléments des milieux politiques de l’époque…

Bien sûr, on trouvera certaines inexactitudes et autres détails un tantinet déplacés dans cette période de l’intrigue.

Mais nous sommes au cinéma : et tout est possible. Même d’avoir une certaine sympathie pour ce duo pourtant improbable (4), interprété par un Tom Hardy en grande forme.

 

 

  1. Reggie et Ronnie ne seront arrêtés qu’en 1968 et jugés l’année suivante.
  2. Est-ce encore une prouesse, 120 ans après Méliès ?
  3. « Au niveau de ». Quelle expression minable.
  4. Pour Reggie plus que pour Ronnie. Encore que…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Muet, #Julien Duvivier
Maman Colibri (Julien Duvivier, 1929)

La veille du krach boursier de 1929, les spectateurs de Berlin ont la possibilité de voir l’avant-dernier film muet de Julien Duvivier, adaptant ici la pièce d’Henry Bataille (1872-1922).

Il s’agit d’un drame où l’âge est le centre de l’intrigue.

 

Maman Colibri, c’est la baronne Irène de Rysbergue (Maria Jacobini), qui se déguise en oiseau pour un bal costumé. Mais son mari l’en dissuade, arguant que son fils aîné Richard (Jeacomn Gerrard) est à deux doigts (1) de se marier : elle n’a plus l’âge de ces gamineries.

Au bal malgré tout, elle enfile un loup pour passer inaperçu, et danse avec le jeune Georges de Chambry (Francis Lederer), un grand ami de Richard.

C’est le coup de foudre, et Maman Colibri va suivre Georges en Algérie, chez les Spahis.

Deux ans d’idylle plus tard, arrive la jeune et jolie Miss Dickson (Hélène Hallier) qui va à son tour charmer le beau Georges, mais dans une mesure plus normale : ils sont jeunes tous les deux.

 

Il y a chez Duvivier, même dans ses films muets, une propension à dénigrer ses personnages, montrant certains torts, et amenant souvent des intrigues tragiques, voire mortifères.

Ici, personne ne meurt, si ce n’est un amour, qu’on a tendance à qualifier de contre-nature : Irène, alors qu’elle est la maîtresse de Georges a largement l’âge d’être sa mère. C’est d’ailleurs ce que pense la belle miss Dickson, appelant sans malice (elle vient d’arriver) Georges son fils.

Cette réflexion sonne le début de la fin de cet amour, Irène s’effaçant (logiquement) devant la nouvelle voisine.

Cette cinglante réflexion amène toutefois une très belle scène d’adieu, Irène restant digne de bout en bout, quittant son amant alors qu’il dort, sans un bruit, et quittant dans le même temps cette Algérie ensoleillée pour une Paris sous la neige. Cette intempérie météorologique accentue d’ailleurs le tragique du retour à la vraie vie, loin de cet exotisme nord-africain.

 

S’il n’y avait cette teinte dramatique, on pourrait presque se croire chez Cecil B. DeMille, tant ce drame bourgeois ressemble à certains de ses films. Mais Duvivier ici ne laisse aucune place au comique, élément toujours présent chez l’Américain.

Par contre, on notera la virtuosité de Duvivier dans sa narration : c’est une caméra  vivante qu’il utilise, se déplaçant souvent, amenant des plans audacieux, soutenant avec pertinence l’intrigue.

Et en plus de cet élément mobile, Duvivier joue avec les différents miroirs que possède la chambre de Maman Colibri, dans la première séquence où elle se prépare. Elle s’y mire régulièrement, et l’arrivée de son mari s’annonce dans l’un d’eux, amenant de suite une froidure dans les attitudes d’Irène et son jeune fils Paul (Jean-Paul de Baere) : enjoués qu’ils étaient à la perspective du bal costumé, dont la mère serait la reine de la fête, l’apparition du baron brise l’élan et va même plus loin comme rapporté plus haut.

 

On assiste par ailleurs à de nombreuses surimpression, ou encore des plans en contre-plongée voire des très gros plans ne montrant qu’une partie des visages, et surtout les yeux, véritables véhicules d’émotion.

Les différents moments de caméra donne une véritable illusion de vie tant les différents travellings anticipent parfaitement les déplacements des différents personnages.

De plus, on trouve aussi un souci du détail, amenant des plans de coupe se concentrant sur un élément en particulier : par exemple, la main du baron (Jean Dax) est la gauche qui, en gros plan montre l’alliance qui enserre l’annulaire, rendant impossible de l’enlever sans la découper.

 

Je vous laisse sur cette image ô combien symbolique, et vous encourage à découvrir ce film d’un réalisateur majeur du cinéma français, en particulier pendant les années 1930s.

 

PS : on notera la présence de Christian Jaque qui élabora les décors.

 

(1) Ceux qui recevront les alliances.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Comédie, #Constance Talmadge, #Sidney A. Franklin
The primitive Lover (Sidney A. Franklin, 1922)

Un western comique ? Il n’y a pas que Keaton ou Lloyd pour en faire. La preuve : en 1922, Constance Talmadge nous amuse avec cette comédie amoureuse où une jeune femme se retrouve coincée entre deux hommes, chacun des deux amoureux d’elle (1).


Reprenons.

La belle Phyllis (Constance, donc) est mariée à Hector Tomley (Harrison Ford, celui d’avant), après que son fiancé Donald Wales (Kenneth Harlan) eut disparu pendant une expédition. Or c’était un coup publicitaire et Wales, écrivain à succès, revient réclamer son dû : la belle Phyllis.

Evidemment, cela pose certains problèmes moraux et physiques : Wales avait prévenu Hector de sa fausse disparition ; mais il semble que le brave Hector ait réellement cru à la disparition de son ami.

Quoi qu’il en soit, le divorce est prononcé et Donald emmène Phyllis au bout du monde pour y vivre un amour primitif, ce qui donne son nom au film.

Sauf que le bout du monde se trouve dans les Rocheuses, et que notre écrivain/aventurier n’est pas obligatoirement celui  qu’il prétendait…

 

Il n’y a pas à dire, les sœurs Talmadge ont beaucoup contribué à donner ses lettres d’or au cinéma. Après la superbe Norma, c’est Constance qui nous ravit à son tour, dans une nouvelle comédie où elle est capable d’alterner l’émotion (le plus facile) et la comédie (plus dur, déjà), pour notre plus grand plaisir.
A ses côtés, on retrouve Harrison Ford, jeune premier patenté dans un rôle un tantinet moins reluisant de prime abord, l’aventurier dur-à-cuire étant ici Kenneth Harlan, autre bellâtre de la période muette.

Et ça marche : on s’amuse beaucoup de ce trio amoureux improbable où chacun n’est pas obligatoirement celui – ou celle – qu’on croit.

 

Sidney Franklin est un habitué de la comédie et il nous le démontre à nouveau, dirigeant l’une des grandes stars américaines. Constance est toujours aussi formidable dans cette femme un tantinet tiraillée entre celui qu’elle a aimé – Donald – et celui qu’elle a épousé – Hector. Et si le retour de l’écrivain semble accabler Hector (le traître : il savait que la disparition de Donald était « un coup de com’ », comme on dit de nos jours), la pratique la fait revenir dans les bras de son compagnon légal (avec un petit coup de pouce du destin, toujours aussi farceur).

 

Si la deuxième partie tend vers le western, ne vous attendez pas tout de même à une ambiance fordienne, hawksienne voire leonienne : nous sommes plus dans le western ultra-traditionnel avec pour seul ennemi les éléments : la solitude de la maison de bois et la tempête qui fait rage, amenant de véritables cowboys (2) à se mêler à l’intrigue. Sans oublier l'Indien de service : John Bluebottle (l’immense et incontournable Chief John Big Tree !) Ce dernier a d’ailleurs une curieuse conception de la vie maritale, soit dit en passant…

Leur chef n’étant autre que Joe Roberts qu’on retrouvera l’année suivante chez Keaton dans Our Hospitality (3).

Mais rassurez-vous, si nous n’avons pas de duel final, nous avons tout de même un méchant identifié – Pedro (Charles Stevens) – qui est puni comme il se doit.

 

Alors suivez mon conseil : foncez et voyez ce film. Et si vous regardez bien, vous verrez que les intertitres sont estampillés CT. « CT » comme Constance Talmadge…

 

  1. Peut-on leur en vouloir ?
  2. Les fameux « garçons-vachers » de la traduction littérale.
  3.  « Big » Joe Roberts était un habitué des films de Keaton et décéda malheureusement peu après la sortie du film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Horreur, #Roger Corman
La petite Boutique des horreurs (The little Shop of horrors - Roger Corman, 1960)

Un fleuriste juif : Gravis Mushnick (Mel Welles).

Un commis idiot : Seymour Krelboyne (Jonathan Haze).

Une vendeuse candide : Audrey Fulquard (Jackie Joseph).

Un client qui se nourrit de fleurs : Burson Fouch (le fidèle Dick Miller)

Une femme qui perd les membres de sa famille tous les jours : Siddie Shiva (Leona Weldorf)

Un dentiste sadique : Phoebus Farb (John Herman Shaner).

Deux policiers : Frank Stoolie (Jack Warford) et Joe Fink (Wally Campo), qui est aussi le narrateur.

Sans oublier un croque-mort masochiste : Wilbur Force (le jeune Jack Nicholson qui en est seulement à sa quatrième apparition au cinéma).

Et bien sûr Audrey Jr., la plante de Seymour.

 

Cet inventaire fait, je ne sais toujours pas quoi penser de ce film qui est depuis devenu cultissime, comme certains autres films de ce même Roger Corman (voir à ce sujet A Bucket of Blood l’année précédente).

On y retrouve d’ailleurs toute une bande d’habitué des films du réalisateur : outre l’indispensable Dick Miller, Jonathan Haze et Mel Welles ont répondu présent.

 

C’est absolument foutraque, irréaliste au possible et surtout franchement bâclé : les deux jours et demi que prit le tournage s’en ressentent fortement, sans parler des effets spéciaux franchement minables, à des années-lumière de ce qu’on peut trouver aujourd’hui, mais aussi fort loin de la technique de 1960.

C’est drôle, certes, mais on a fait mieux depuis.

Il est évident que tout le monde a dû malgré tout bien s’amuser, les différentes situations le permettant :

Seymour a donc « élevé » une plante qu’il nourrit avec du sang, la rendant plus grosse après chaque repas, tellement grosse qu’il lui faut des corps entiers comme nourriture. Cette plante particulière le rend célèbre et fait la fortune de Mushnick.

 

Si ce n’est le contexte qui passe du milieu de l’art à un magasin de fleurs, l’intrigue imaginée par Charles B. Griffith – aidé de Roger Corman – n’est pas bien différente du film susmentionné.

En effet, là encore un homme développe un talent reconnu mais malgré tout mortifère, faisant de lui encore une fois un criminel.

Même la fin est similaire : pourchassé à travers Skid Row (quartier de Los Angeles) par les policiers et Mushnick, Seymour n’a d’autre choix que de mourir, avalé par la plante qu’il a créée.

 

L’intérêt du film – puisqu’il y en a tout de même un, c’est la présence de Jack Nicholson, dans le rôle de ce croque-mort masochiste. L’acteur n’a alors que 23 ans (1) et déjà un penchant vers les rôles de personnages hors norme. Wilbur est complètement dingue, aussi maso que le dentiste est sadique, comme en atteste un exemplaire d’un magazine de la salle d’attente, Pain – qui signifie douleur – et que Wilbur dévore des yeux avec ravissement.

Nicholson tournera avec Corman trois autres films entre 1963 et 1967.

 

 

(1) Nicholson a beau n’avoir que 23 ans, il a déjà le front barré de cette ride oblique qui s’accentuera avec  le temps.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Otto Preminger, #Justice
Autopsie d'un Meurtre (Anatomy of a Murder - Otto Preminger, 1959)

Une nuit, le lieutenant Frederick Manion (Ben Gazzara) a tué Barney Quill parce qu’il avait violé sa femme Laura (Lee Remick).

Incarcéré, il est jugé, défendu par Paul Biegler (James Stewart), qui officie entre deux parties de pêche.

 

C’est bien sûr le procès qui occupe la plus grande partie du film (105 minutes sur les 160), disséquant le crime de Manion et son contexte, ce qui donne l’explication du titre.

Bien sûr, c’est avant tout un jeu d’acteurs, et James Stewart est toujours aussi extraordinaire, avocat maladroit dans les affaires de meurtre, ses méthodes de vieux briscard lui permettant de pallier les difficultés.

Il faut dire qu’en face de lui, à l’accusation, outre Brooks West (l’avocat général Lodwick), on retrouve le talentueux George C. Scott (Claude Dancer), dans un rôle encore une fois de personnage en demi-teinte : pas spécialement méchant, mais certainement pas gentil.

Mais il faut plus qu’un George C. Scott pour contrer la marée Stewart !

Et nous n’avons pas eu droit aux plaidoiries !

Et pour arbitrer ces joutes oratoires (sans effets de manche, aux Etats-Unis, il n’y a pas le décorum anglais ou français), Preminger a fait appel à Joseph N. Welch qui préside avec beaucoup de justesse ce procès : ceci est un peu normal puisque Welch était aussi avocat (1.

 

Otto Preminger travaille avec méticulosité pour nous montrer les différents rouages de ce système judiciaire mais aussi les différents éléments amenant à un verdict : les références légales, le contexte des faits, la personnalité des différents partis en présence.

Et soixante ans après sa sortie, le film nous indique un point qui fut longuement dénoncé et débattu ces dernières années : le viol.

Il s’agit d’un acte qui est tout sauf innocent, et surtout des plus blâmables. Or, il se passe beaucoup de temps avant que le viol soit porté comme circonstance atténuante, la défense de Lodwick et Dancer le minimisant, nous sortant des arguments qu’on n’a que trop entendu : la provocation par la victime qui a longtemps eu pignon sur rue auprès de la population, minimisant – avec scandale, faut-il le préciser ? – les agissements de quelques hommes lubriques incapables de se contrôler et surtout d’avoir une conduite normale quand pointe un jupon ou quelque tenue que porte une femme (2).

 

Et le contre-interrogatoire de Dancer nous semble aujourd’hui impensable, alors que c’était très souvent le cas dans un milieu – la Justice – où la parité hommes-femmes (3) n’était pas de mise, que ce soit dans les postes occupés ou encore dans un jury : ici des femmes y sont présentes mais moins nombreuses que des hommes.

Mais d’un autre côté, le personnage de Laura Manion n’est pas présenté comme totalement innocente : nous savons qu’elle a la descente facile et Biegler la découvre alors qu’elle s’amuse et danse pendant que son mari est en prison. Son attitude envers l’avocat à différents moments est capable de semer un doute dans son esprit, renforcé par la froideur de ses rapports avec son mari à différents moments du film, et la plupart du temps devant Biegler. Et sa dernière intervention auprès de lui est un tantinet trop familière.

 

J’oubliais : Biegler la surprend à danser et s’amuser alors qu’il forme un duo dans le dancing avec un pianiste répondant au sobriquet de « Pie-Eye ». Je trouve cet instant est l’un des plus magiques du cinéma : James Stewart se retrouve devant le « Duke » du Jazz, le grand Ellington, qui a composé la musique du film. Et en plus, on l’entend parler !

Trois ans plus tard, il sera aux côtés d’un autre « Duke », celui du cinéma : John Wayne (The Man who shot Liberty Valance).

 

  1. Vous irez lire sa réplique à Joseph McCarthy (celui qui a donné son nom à la chasse aux sorcières des années 1950s) : elle aida à la déchéance de cet homme pas si admirable que ça.
  2. Nul besoin d’être habillée de façon « suggestive » (comme ils disent) pour se faire violer.
  3. D’ailleurs, pourquoi ne dit-on jamais « femmes-hommes » ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tersam Singh
The Fall (Tersam Singh, 2006)

Merveilleux.

Quatre ans de tournage, plusieurs dizaines de sites prestigieux (dans 28 pays), des images à couper le souffle sur un scénario mêlant rêve et réalité.

 

Nous sommes dans les années 1920s et Roy Walker (Lee Pace), cascadeur pour le cinéma, est à l’hôpital suite à une chute à cheval dans une rivière est à l’hôpital suite à une chute à cheval dans une rivière (séquence d’introduction).

Première chute (1).

Alexandria (Catinca Untaru), petite fille de cinq ans (2), est au même hôpital pour être tombée d’un oranger (3) : bras gauche immobilisé.

Deuxième chute.

C’est la rencontre fortuite entre ces deux personnages tombés qui donne la matière du film, Roy inventant au fur et à mesure une histoire merveilleuse, évoluant chaque jour et mettant en scène certains personnages de leur entourage proche, l’hôpital. Mais pas que.

 

Si l’histoire s’inspire du scénario du film Yo ho ho (1981), elle n’en demeure pas moins magnifiée par les différents sites de tournage choisis par Tersam (Singh), utilisant chaque monument comme dans un rêve, nous amenant à douter de l’existence de chaque endroit.

On y retrouve la qualité des images du superbe Life of Pi, les décors terrestres remplaçant ceux maritimes. Mais sans la dimension symbolique des personnages.

Ici, les différents protagonistes sont à eux seuls des stéréotypes assumés bien que puisés dans la culture populaire : Otta Benga (Marcus Wesley) est un guerrier africain au casque cornu et un archer hors pair ; Luigi (Robin Smith) un Italien spécialiste en explosifs dont l’apparence n’est pas sans rappeler celle de Christophe Colomb, Darwin (Leo Bill) un jeune naturaliste anglais dans un manteau animal, l’Indien (Jeetu Verma) semble être un Sikh du fait de son turban, sans oublier le bandit masqué, qui n’est autre que Roy lui-même, rappelant par son apparence un autre justicier masqué qu’on découvrit au cinéma en 1922 sous les trait de Douglas Fairbanks. (4)

 

N’ayant pas vu le film Yo ho ho, il m’est difficile de voir son influence sur celui-ci. Mais le parti pris par Tersam est pour illustrer cette histoire merveilleuse a une teinte surréaliste (on y voit l’influence de Dali jusque sur l’affiche), mêlant avec brio les personnages du monde réel et ceux de l’histoire ainsi que les dialogues entre la petite fille et le jeune homme.

De plus, on y retrouve dans les différents décors et accessoires de cette narration des éléments rappelant des séquences antérieures : la boîte d’Alexandria par exemple, ou le SPQR quand Luigi se promène (5), le papillon ou encore les oiseaux qui avaient disparu…

 

Bref c’est un film merveilleux, dans tous les sens du terme, où les références abondent sans pour autant influer sur l’intrigue.

La « chute » du titre en devient même réductrice tant on peut en trouver tout au long de ce film : outre Roy et Alexandria, plusieurs personnages du conte tombent eux aussi, qu’ils soient amis ou ennemis.

De plus, on peut aussi parler de « rechutes » pour nos deux personnages : physique pour Alexandria qui tombera à nouveau, amenant une séquence de rêve qui tranche beaucoup avec l’histoire de Roy ; morale pour ce dernier, dont l’accident n’en était peut-être pas un.

 

Sublime.

 


PS : en prime un hommage à tous ces cascadeurs du cinéma muet qui risquèrent leur vie – et certains en moururent – pour le cinéma, avec particulier l’immense Buster Keaton qui revient plusieurs fois.

[NB : voir à ce sujet l’épisode que Kevin Brownlow et David Gill leur consacrèrent dans leur fresque documentaire Hollywood, the Pioneers, l’épisode 5 intitulé Hazards of the Game (1980)]

 

  1. The Fall signifie La Chute.
  2. Quand le tournage commence, neuf quand le film sort.
  3. Les fameux orangers de Californie vers lesquels se dirige la famille Joad dans Grapes of Wrath.
  4. Pour l’anecdote : l’Indien est originaire de ce grand pays mais Roy utilise le vocabulaire des Indiens d’Amérique pour le décrire, appelant par exemple sa femme « squaw ». Autre anecdote : Darwin, une fois son manteau ôté, porte un habit qui n’est pas sans rappeler celui d’Alex dans A clockwork Orange.
  5. Senatus PopulusQue Romanus : « le sénat et le peuple romain », devise de l’empire antique.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Abel Ferrara, #Gangsters, #Steve Buscemi
King of New York (Abel Ferrara, 1990)

Une sonnerie.

Un homme qui arpente des couloirs de prison.

Une limousine qui l’attend et l’emmène.

Frank White (Christopher Walken) a été libéré.

Et bien sûr, avec l’aide de Jimmy Jump (Laurence Fishburne), il se remet aux affaires, au grand déplaisir des policiers Gilley (David Caruso), Flanigan (Wesley Snipes et surtout leur chef Bishop (Victor Argo).

 

Ce ne fut pas un grand succès immédiat, la projection à New-York ayant amené quelques complications : acteurs hués, interviews coup de poing. Bref, ce n’est pas un film qui est passé inaperçu.

Il faut dire que le scénario de Nicolas St. John ne fait pas dans la dentelle (quoi que…) : du sang, du sexe et de la violence, et un personnage principal qui se définit lui-même comme un homme d’affaire, bien embêté qu’il est par la police.

 

Et avoir choisi Christopher Walken pour interpréter ce truand flegmatique fut une très bonne inspiration. Walken est connu pour avoir interprété des personnages relevant souvent de l’hôpital psychiatrique : mais Frank White n’est pas le dingue qu’on peut trouver dans ses autres rôles.

Certes, ce n’est pas un enfant de chœur, et s’il annonce que la prison l’a réformé, il ne faut en rien y croire. Mais alors que les cadavres s’empilent autour de lui, Ferrara n’en fait pas un sale type comme pouvaient l’être Rico Bandello (Little Caesar), Tom Powers (Public Enemy) ou encore Tony Camonte (Scarface), archétypes des gangsters hollywoodiens.

Les différentes exécutions commandées par White une fois sorti de prison ne sont pas gratuites : ce sont des gens qui lui ont tous fait du tort d’une façon ou d’une autre, que ce soit en actes ou en paroles. Avec en prime le mafioso (enfin l’Italien) qui est un raciste de première, et qui mourra aussi pour ça.

 

White est un enfant de New-York et agit pour sa ville : sa participation pour le sauvetage de l’hôpital public n’est pas seulement une façade. Et même si Vespasien a parfois raison, l’argent de White a certainement des relents nauséabonds. Et on peut comprendre le ras-le-bol des policiers qui le voient s’étaler auprès des personnalités publiques alors qu’eux triment sans grand résultat, les lois étant à l’avantage de la truande (1).

Si on ne peut pas complètement donner tort aux policiers, on ne peut tout de même pas leur donner complètement raison non plus.

 

En effet, les méthodes radicales employées par Gilley et Flanigan ne sont pas des plus orthodoxes. Et il faut peut-être voir cet aspect dans le tollé soulevé pendant la projection citée plus haut. Ces policiers vont employer les mêmes méthodes que White dans leur lutte contre cette délinquance. C’est peut être (un peu) efficace, mais du point de vue moral indéfendable : quelle légitimité peut avoir la police à employer des méthodes de gangsters ?


Quoi qu’il en soit, la morale finale est sauve, et White n’échappe pas plus à son destin fatal que ses aînés des années 1930s.

Mais, et c’est dans le ton utilisé par Ferrara tout au long du film, sa fin ne fait pas dire au spectateur « bien fait ! » tant ce personnage n’est pas monolithique, et peut attirer la sympathie du public. Ceci expliquant aussi ce déchaînement contre le film après cette fameuse projection.

 


PS : Outre Fishburne et Snipes qui vont percer dans les années suivantes, on notera la présence de Steve « Shut the fuck up, Donnie » Buscemi, dans le rôle du testeur de drogue.

 

(1) Vieux refrain policier des films de gangsters.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Levinson, #Comédie dramatique, #Guerre
Good Morning, Vietnam (Barry Levinson, 1987)

« Goooooooooooood Morning, Vietnam ! »

Tel est le cri de ralliement que pousse tous les matins Adrian Cronauer (Robin Williams) sur la fréquence de l’armée américaine de Saïgon.

Nus sommes en 1965, et Adrian, après avoir quitté la Crète, se retrouve en plein théâtre des opérations : si Saïgon est une zone démilitarisée, la guerre est tout de même présente, avec ses « attentats » du Viêt-Cong, qui tuent sans discernements les Américains et les autochtones.

Mais pas question de parler de ces nouvelles bien tristes sur les ondes…

 

Ce fut un événement à sa sortie : le film de Barry Levinson, qui traite lui aussi du Vietnam, propulse en avant Robin Williams comme star reconnue dans le monde (1). Il faut dire que sa prestation du D-J Cronauer (2) est absolument époustouflante. Williams s’en donne à cœur joie, improvisant des consultants imaginaires en modifiant sa voix, traitant de sujets peu rencontrés pour l’époque et encore plus dans l’armée – en 1965, les Américains (et d’autres) étaient beaucoup plus prudes que maintenant – tels que la drogue ou l’homosexualité, le tout avec un humour dévastateur.

Cronauer est un véritable cataclysme, s’attirant la (très grande) sympathie des GI, mais les foudres de ses supérieurs : le sergent-major Dickerson (J.T. Walsh) et le lieutenant Hauk (Bruno Kirby, mince et surtout sans moustache !), ce dernier grand spécialiste de la polka, qui n’apprécient pas du tout son ton...

 

Bien sûr, Cronauer est renvoyé au pays, son style étant un tantinet trop en avance sur son époque, mais surtout dans un tel contexte.

Parce que le contexte guerrier est l’autre élément important du film : malgré les délires et autres simagrées que Cronauer débite à flux tendu, alternant avec des standard du rock (qui le sont devenus depuis) pas toujours « politiquement corrects » comme on dit de nos jours, la guerre est là à chaque coin de rue, illustrant aussi certains tubes que passe Adrian, donnant une autre teinte aux plans de coupe mettant en scène les soldats, au combat ou non.

En particulier la chanson de Louis « Satchmo » Armstrong, What a wonderful World.

 

Mais alors que Cronauer est suspendu pour avoir révélé quelques informations avant qu’elles aient été vérifiées par la censure (3), ce sont ces mêmes soldats, auditeurs et surtout fans de notre héros qui vont le remettre en scène : alors qu’il est bloqué par la circulation au milieu de camions militaires, l’assistant de Cronauer, Garlick (Forest Whitaker), leur révèle sa présence. C’est alors une séquence bourrée d’humour ainsi que d’émotion, Adrian se rendant compte que beaucoup d’entre eux ne reviendront pas d’où ils vont, sauf dans un sac noir. Leur départ conclut superbement la séquence, alors que Cronauer les voit partir pendant qu’ils lui front de grands signes amicaux.

 

Je l’ai écrit plus tôt, Cronauer sera renvoyé au pays. Ses adieux sont une nouvelle séquence émouvante, le voyant jouer au base-ball avec des Vietnamiens à qui il a appris la langue américaine, pas obligatoirement selon les standards de Harvard…

Son message d’adieu, lui aussi, complète ce personnage trop libre dans sa tête pour rester dans une telle institution.

Et puisque je parle de liberté et d’institution, on peut retrouver quelque chose de Cronauer dans un autre rôle de Robin Williams : Keating, ce drôle de professeur dans l’école on ne peut plus stricte de Welton.

Les sorts qui sont réservés à ces deux personnages ont tout de même comme un air de parenté, non ?

 

  1. Robin était déjà un acteur très populaire aux Etats-Unis avant ce film.
  2. Adrian Joseph Cronauer (1938-2018) a réellement existé et animé la radio militaire de Saïgon…
  3. On ne raconte pas n’importe quoi sur la radio militaire. LA censure est représentée par les deux jumeaux célèbres Dan et Don Stanton - que Cronauer appelle « Tweedle Dee et Tweedle Dum ». Les amateurs de Lewis Carroll voient la référence. Par contre, savoir lequel est l’un et lequel est l’autre n’est pas de ma compétence. A mon avis, eux seuls le savent !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Dangereusement vôtre (A View to a kill - John Glen, 1985)

Une nouvelle page se tourne, un troisième James Bond – Roger Moore – jette l’éponge, atteint essentiellement par la limite d’âge, de plus en plus visible… En effet, quand sort le film, Sir Roger a déjà 57 ans et peut difficilement passer pour un jeune premier.

Quoi qu’il en soit, il sort ainsi de ce personnage, ne remettant pas le couvert comme un certain autre avant lui…

 

Cette fois-ci, Bond est aux prises avec Max Zorin (Christopher Walken, encore une fois dans un rôle de dingo), psychopathe brillant qui ne se soucie que de lui-même, disposant de la vie des autres avec un très grand détachement, ce qui explique le nombre très élevé de morts violentes dans ce film.

Zorin a l’intention de diriger le monde, tout comme l’avait fait avant lui notre ami Goldfinger (Gert Fröbe) : par l’argent.

Et si ici, il n’arrive pas à ses fins – normal, c’est James Bond qu’il a en face de lui – on pourrait presque dire que ceux qui l’ont suivi dans la vraie vie y sont arrivés autrement plus subtilement, et à partir de cette même Silicone Valley. Quoique.

 

C’est encore John Glen qui dirige les opérations (1), malgré ce que peut penser M (Robert Brown), et on y retrouve sa patte habituelle, même si ce ne sont pas des oiseaux qui doivent nous faire sursauter. Mais comme on s’y attend, on est de moins en moins surpris.

Si ce n’est pas le meilleur de la série, ce film recèle tout de même quelques stars appréciables, dont Patrick McNee semble le fleuron : il rejoint par là même trois anciennes de ses partenaires de la série The Avengers (2) : Honor Blackman (Cathy Gale), Diana Rigg (Emma Peel) et Joanna Lumley (Purdey).

On notera aussi la présence de Grace Jones, dans un rôle de James Bond girl fort particulière, alliant à l’élégance une force herculéenne et des coiffures là encore particulières. Mais tout comme Pussy Gallore (Honor Blackman, encore elle, dans Goldfinger), elle termine du côté de Bond jusqu’à un final plutôt explosif.

 

Et à part ça ? Et bien c’est tout.

Je pourrais ajouter qu’on retrouve un vieil habitué de la franchise en la présence du général Gogol (Walter Gothell), qui semble être là pour l’anecdote – rappeler que la Guerre Froide n’est pas encore terminée, même si ça commence à bouger à l’Est (3) – et s’il n’eut pas apparu, ça n’aurait pas changé grand-chose.
Quant à Tania « Sheena » Roberts (Stacey Sutton), elle est très belle mais un tantinet diaphane.

 

Par contre, il faudra m’expliquer comment James Bond fait pour tomber sur une pièce montée sans avoir de crème sur ses vêtements…

A moins que ce soit ça, la magie du cinéma !

 

 

  1. Le troisième film sur les cinq de la franchise qu’il a réalisés.
  2. Rien à voir avec Marvel, bien entendu !
  3. Le 10 mars de cette année-là, Konstantin Tchernenko (73ans) meurt et est remplacé par un jeune cadre du parti (54 ans) qui fera beaucoup parler de lui dans les années suivantes : Mikhaïl Gorbatchev.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton, #Comédie
Sportif par Amour (College - James W. Horn & Buster Keaton, 1927)

Ronald (Buster Keaton) a terminé le lycée (« high school ») avec les félicitations et la médaille d’honneur. Malheureusement pour lui, celle pour qui il soupire – Mary Haines (Anne Cornwall) – aime surtout les garçons baraqués et sportifs, tel Jeff Brown (Harold Goodwin), populaire essentiellement pour ses aptitudes physiques, loin devant ses capacités intellectuelles. Par amour pour elle – d’où le titre français – il va s’inscrire à l’université de Clayton et tenter de se hisser au niveau des autres athlètes, sans beaucoup de réussite.

 

Coincé entre The General et Steamboat Bill Jr., ce film-récréation pâtit grandement de la comparaison avec les deux autres. On a beaucoup de mal à voir ici un film de Buster Keaton tant le comique développé ici est des plus systématiques, voire frisant le mauvais goût (1).

Il faut dire que son nom n’apparaît que dans la distribution, étant qualifié « un fils » (2).

Doit-on voir dans cette absence à la mise en scène une forme de reniement de cette œuvre ? Même pas : si James W. Horne apparaît c’est essentiellement par obligation comme Keaton le confiera à un autre maître en son genre, Kevin Brownlow.

 

Si la (longue) première partie qui le voit s’essayer aux différents sports proposés par l’université est à mon avis, bien que comique, plutôt poussive, celle de la course d’aviron et sa suite est dans la droite lignée des films précédents (et des deux suivants : Keaton perdant sa liberté après Spite Marriage) : c’est bondissant et mené sur un rythme endiablé comme on en a l’habitude, les gags s’enchaînant à un rythme effréné jusqu’à la conclusion heureuse.

C’est une magnifique exploitation des différents sports vus précédemment, dans une suite de péripéties qui les requiert tous, amenant cette fin inévitable : il finit avec la jeune femme. Et cette fin est absolument définitive comme le montre les trois plans suivants, concluant le film sur une fin douce-amère, comme annonciateur du tournant que va prendre la carrière de cet immense comique.

 

Nous rions bien sûr – et je suis le premier à le faire, ou le second (comme vous voulez) – mais pas autant que prévu, tant les différents gags sont convenus (je me répète).

Dommage. Il y avait de quoi faire quelque chose de plus grand.

 

 

PS : pour plus de précisions et éviter toute redondance, je vous renvoie à la critique qu’en fit mon grand ami le professeur Allen John : cliquez ici vous ne le regretterez pas.

 

  1. Les études coûtant cher, Ronald se maquille en serveur noir (« colored waiter »), allant jusqu’à en imiter une démarche (la vision raciste d’une époque ?) mais est trahi par ce même maquillage qu’il frotte involontairement, laissant paraître son teint naturel.
  2. Les autres interprètes sont tous désignés par leur fonction plus que par leur nom.

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