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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Oliver Stone, #Kevin Costner
JFK (Oliver Stone, 1991)

Près de trente ans après les faits, Oliver Stone reprend à son compte l’enquête sur la mort de John F. Kennedy (d’où le titre), à travers la reconstitution de l’enquête menée par Jim Garrison (1), qui déboucha sur le procès de l’un des éventuels participant à un complot, Clay Shaw (Tommy Lee Jones).

Nous allons alors revivre cette journée du 22 novembre 1963, l’une des plus noires qu’ait connu les Etats-Unis.

 

Dès le début, Oliver Stone nous replonge dans cette journée fatale, vue à travers les différentes vidéos qui furent tournées , avec des plans de coupe reconstituées, : ces micro-événements qui seront utilisés par Garrison et son équipe pour mettre en lumière le côté complot de l’intrigue (2).

Nous revoyons ces images cent fois montrées qui voient l’accueil enthousiaste des gens de Dallas à ce président différent, jusqu’au premier coup de feu qui éclatera dans le noir, cet instant marquant le début de ce que Garrison va appeler et tenter de démontrer : un complot.

 

Impressionnant.

C’est le mot qui nous vient quand se termine le film, une fois les dernières précisions énoncées à propos des rares avancées dans l’enquête. Quant à la véracité de ce que nous montre Stone, il est difficile de se faire une idée, étant avant tout ici dans un cadre cinématographique.

Mais le montage est essentiel tout au long de ce film, mêlant avec habileté images d’archives et reconstitution narrative de cette journée décidément particulière, puisqu’elle a été déclarée « jour du souvenir du président John F. Kennedy » par le président Obama en 2013.

 

Parallèlement à cette reconstitution des événements, on assiste à celle de l’enquête de Garrison, tiraillé entre la quête de vérité et sa propre vie : marié et père de cinq enfants, il déserte peu à peu sa famille pour se lancer à corps perdu dans l’enquête de sa vie, dont il écrira le livre sur lequel se base Stone trois ans avant la sortie du film, avec le point d’orgue constitué par le procès de Shaw et la magnifique plaidoirie qui n’empêchera pas malgré tout l’acquittement de ce dernier, malgré les zones d’ombre soulevées par son enquête.

 

Et Stone n’a pas lésiné sur les moyens : plus de trois heures de film avec une distribution très riche – par le cachet mais surtout par le talent, parmi laquelle on peut trouver le duo de Billy Wilder Jack Lemmon – Walter Matthau, Donald Sutherland ou encore Sissy Spacek dans le rôle de l’épouse de Garrison, de plus en plus accablée par les proportions de l’enquête qui la prive de plus en plus de son mari.

Le casting est à mon avis l’un des éléments les plus importants de cette reconstitution : la présence de pointures du cinéma américain permet au spectateur de tenir bon et surtout de conserver intacte son attention, témoin cette longue séquence mettant en scène Garrison/Costner et Mr. X, interprété par le génial Donald Sutherland. Il s’agit très certainement de la partie la plus indigeste de l’enquête puisque nous recevons une grande masse d’informations, mais le ton pris par cet acteur, soutenu par les images réelles et/ou reconstituées nous permet de ne pas nous noyer dans les ramifications de ce qui ressemble à un « coup d’état », terme repris tel quel à différents moments du film par Garrison, surtout dans sa plaidoirie finale.

 

Cette plaidoirie, arrivant au terme du procès est magnifique, Costner étant éblouissant dans ce morceau de bravoure qui le voit disserter pendant de longues minutes et démontrant de manière plutôt convaincante les différentes responsabilités au plus haut niveau de l’enquête.

Cette plaidoirie s’inscrit dans la partie judiciaire qui se démarque un peu des films traitant habituellement de ce sujet : alors que Garrison nous livre ce qui fut peut-être la plaidoirie de sa vie, le verdict va totalement à l’encontre de l’issue recherchée, e cinéma ne pouvant pas toujours aller à l’encontre de la vérité historique. Vérité factuelle ne remettant aucunement en cause les conclusions de son enquête.

 

Encore une fois, Oliver Stone s’insurge, livrant ainsi un nouveau film militant, mais cette fois-ci, l’impact ne sera pas seulement ressenti par le public puisque le Congrès américain votera une loi en 1992 sur la divulgation des assassinats.

Mais plus de 25 ans après la sortie du film, le mystère reste entier et ce malgré toutes les théories et autres enquêtes menées.

 

Qu’importe, nous avons passé un bon moment nous replongeant dans cette période trouble où mourut un espoir, symbolisé par ce président atypique, et ce alors que le monde fut au plus près d’une guerre nucléaire…

 

 

  1. C’est Kevin Costner qui l’interprète bien qu’il apparaisse lui-même – ironiquement - dans le rôle du juge Warren qui présida à la commission devant faire la lumière sur l’assassinat, dont les conclusions seront battues en brèche par Garrison quelques années plus tard.
  2. Terme absolument pas usurpé pour cette affaire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pierre Salvadori, #Comédie
De vrais Mensonges (Pierre Salvadori, 2010)

Quelle bêtise de mentir : à un moment, tout se sait.

 

Oui. Mais cela nous aurait évité un si beau film, plein de subtilité, de tendresse et de brio.

D’un côté Emilie, jeune coiffeuse-esthéticienne, belle comme le jour (1) ; de l’autre Jean (Sami Bouajila), ancien employé de l’Unesco avec un CV long comme au moins deux bras, qui se remet d’une « nervous breakdown » (2) en assurant la maintenance dans le salon d’Emilie, mais surtout amoureux éperdu de sa patronne ; et dans un autre côté, Maddy (Nathalie Baye), mère d’Emilie, muse éternelle, mais accrochée à des chimères, et surtout un amour défunt pour le père d’Emilie (Daniel Duval, méchant patenté du cinéma français depuis La Dérobade…) qui a refait sa vie ailleurs.

Et au milieu de tout ça, Paulette (Julie Chemla), employée un tantinet nunuche, tampon entre tout ce monde, ou plutôt entre Emilie et les autres…

 

Avec un tel titre, on ne pouvait attendre qu’une comédie enchaînant les mensonges les uns après les autres, arrivant au constat évident : que de temps perdu alors que tout aurait été si simple, avec dès le départ la vérité. Mais si la vie était simple, on n’aurait pas non plus un si beau film plein de subtilité et d’émotion, servi par des interprètes au diapason.

Et comme toujours, Pierre Salvadori est (partout) derrière cette histoire où la vérité, si simple, n’amènerait certainement pas cette émotion attendue à chaque nouveau film par les spectateurs.

 

Cette histoire de mensonges est d’autant plus réussie que chacun qui la voit se retrouve à un moment ou à un autre derrière ces faux-semblants qui s’égarent et amèneraient quelque drame s’il ne s’agissait ici de cinéma.

Combien de mensonges, assumés ou par omission, afin de protéger une autre ou soi-même et qui au final font souffrir, parce que c’est inéluctable, à un moment quelqu’un souffre, et souvent l’initiateur du mensonge, malgré ses bonnes intentions.

Et ici, la souffrance est pour tous : pour Emilie qui n’arrive pas à se situer par rapport à Jean, ni à percevoir à travers ses attitudes son profond amour qu’il éprouve, gêné, et timide de par sa situation, professionnelle (il est l’employé) tout comme personnelle (il a un parcours à mille lieux de celui d’Emilie), et qui finit par en souffrir.

La souffrance touche aussi Maddy, perdue dans ses souvenirs, touchée par cet amour inexistant (3), et qui se rend compte qu’elle a fait fausse route.

Et si le drame effleure l’intrigue, c’est pour être tout de suite remplacé par un élément de comédie qui, s’il ne remet pas les choses à leur place, tout du moins atténue l’effet désastreux attendu.

 

Et l’habileté de Pierre Salvadori – ici – c’est d’entrer directement dans le vif du sujet : il nous révèle l’élément déclencheur alors qu’on n’a pas eu le temps de s’habituer au cadre de l’intrigue. Mais de toute façon, ces mensonges promis par le titre sont les choses les plus importantes, alors autant faire le contraire de ce qui aurait été attendu : on entre dans le mensonge tout en distillant des éléments de vie, du quotidien des différentes protagonistes, puisque de toute façon, c’est ce que nous, spectateurs, sommes venus voir.

Et si les mensonges sont là, encore une fois le titre nous ramène à la vérité : ces mensonges sont vrais, puisqu’à chaque instant de leurs développements, les raisons invoqué »es vont le justifier jusqu’à le maquiller, amenant une autre vérité, à l’opposé de ce qui était attendu, par les différents personnages tout comme les spectateurs, avec une différence notable entre les uns et les autres : les spectateurs eux, gardent le sourire aux lèvres.

 

Et au final, nous ne sommes pas loin des Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris : la seule différence – malheureusement de taille – c’est que les émotifs ne disent rien.

Mais le résultat est le même : tout le monde passe à côté d’une occasion, celle d’une vie, pour une histoire d’apparences.

 

Et au final, on se dit : « que de temps perdu : c’est pourtant simple d’aimer ».

 

Non ?

 

 

PS : Et la vérité dans tout ça ? Quelle importance quand une histoire d’amour se développe et va jusqu’au bout. Mais tout de même, quand elle est révélée ici, elle n’est pas simple et crue. Elle se pare d’artifices (le scénario, bien sûr) mais à un niveau très haut puisqu’elle est multiple, de par ses protagonistes et ses niveaux : dans une scène de révélation impliquant un montage parallèle, tout aussi subtile que le reste du film, mais qui en plus est des plus pertinents.

 

PPS : Je vais en rester là, sinon nous y serons encore demain, et même après…

  1. C’est normal, c’est Audrey Tautou.
  2. Prononcer [nervus brεkdon] ou pour les ceusses qui ne lisent pas la phonétique : nervousse brèkdône.
  3. Il faut dire qu’Emilie lui a adressé sa lettre d’amour pour la sortir de sa dépression. Mauvaise idée, tout à fait, mais tellement belle…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Don Siegel, #Clint Eastwood
Sierra torride (Two Mules for Sister Sara - Don Siegel, 1970)

Hogan (Clint Eastwood est un cow-boy solitaire (1) qui surprend trois hommes alors qu’ils s’apprêtent à faire subir les derniers outrages à une jeune femme. Ni une ni deux, ils s’occupent (définitivement) d’eux et laisse la jeune femme se rhabiller.

Mais le plus étonnant (pour lui comme pour nous) c’est que cette jeune femme est en réalité une nonne, et qui plus est impliquée dans la révolution juariste contre Maximilien – soutenu par les troupes de Napoléon III.

Cette nonne s’appelle Sara (Shirley McLaine).

 

Deux ans près Coogan’s Bluff, on Siegel retrouve Clint Eastwood pour un véritable western, situé au Mexique pendant l’indépendance de ce pays. Eastwood, révélé par la trilogie du Dollar retrouve un personnage assez proche de Joe, solitaire et motivé par l’argent, mais avec tout de même un tantinet plus de morale, ce qui lui vaut de prendre sous son aile cette bonne sœur bien solitaire dans ce pays en guerre (civile). Et pour souligner cet aspect leonien, Siegel a fait appel au complice du grand Sergio : Ennio Morricone.

 

Et ça fonctionne. Même très bien puisque Siegel et Eastwood vont se retrouver dans les années suivantes, dont un autre western : Les Proies.

Mais déjà Hogan annonce un peu Harry Callahan (deux ans plus tard) par ses moyens expéditifs pour sauver la jeune nonne.

Mais bien sûr, le film repose sur l’association improbable et antithétique de ces deux éléments : un homme sans beaucoup de principes et certainement athée, face à une nonne et toute la religion qu’elle porte avec elle, même si certaines de ses actions sont plutôt étonnantes pour une bonne sœur : elle boit sec le whisky (frelaté) et fume le cigare à l’occasion.

 

Et comme nous sommes dans western, Siegel, avec l’aide de son scénariste (Albert Maltz), aborde différents éléments propres au genre : grands espaces plus ou moins désertiques, Indiens peu amènes et résolution finale dans la violence. Il ne manque qu’un véritable méchant – un salaud patenté comme chez Leone – pour compléter le tableau, l’affrontement se faisant plus contre une entité – l’armée française – qu’une identité. Même Leone (encore lui), quand il tournera sa version d’une autre révolution mexicaine (Duck, you Sucker), aura un personnage dûment estampillé comme tel.

 

Il n’empêche que cet affrontement final est des plus spectaculaires : ça tire, ça mitraille, ça explose dans tous les coins, avec en prime quelques plans de coupe impressionnant – un soldat avec une machette dans le visage, un soldat qui perd un bras (…) – amenant un nombre incalculable de morts violentes.

 

Quant à la fin (prévisible ?), je vous laisse la (re)découvrir…

 

PS : un petit mot pour finir. Le titre français est bien loin de l’original mentionnant les « deux mules de sœur Sara ». Rapidement, le spectateur polyglotte comprend que Hogan est la deuxième – la première sert de moyen de transport pour Sara – puisqu’elle le qualifie ainsi peu après leur rencontre. Doit-on voir dans ce titre français (minable, vous vous en doutez) une forme de racolage, surtout en cette période de fin des années 1960s marquées par une libération sexuelle ? Parce que question sexe (ou érotisme, si vous préférez), mis à part Shirley McLaine protégeant son intimité avec sa robe, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Et d’ailleurs, pourquoi fouetter un chat ?

 

(1) Loin de son foyer ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Frankenheimer
The Train (John Frankenheimer, 1964)

2 août 1944.

Le colonel von Waldheim (Paul Scofield) visite le Musée du Jeu de Paume, y rencontrant la conservatrice Melle Villard (Suzanne Flon). Il est surtout là pour lui annoncer qu’il va repartir en Allemagne avant que les Alliés arrivent à Paris. Mais en outre qu’il emmène les chefs-d’œuvre de son musée.

Elle prévient alors le réseau de Paul Labiche (Burt Lancaster), à l’intérieur de la SNCF, lui demandant d’empêcher ce train d’arriver à destination.

C’est ce qu’il va faire, mais à quel prix…

 

Tourné entre Le Jour le plus long (1960) et Paris brûle-t-il (1966), l’intrigue du film se situe entre les deux événements décrits. Et si les noms ont été changés, l’histoire originale a bel et bien eu lieu, Melle Villard s’appelant en réalité Rose Valland (1898-1980), dont le livre a inspiré le scénario.

Et tout comme les deux autres films, il est tourné en France, mélangeant les acteurs de différentes nationalités et notoriétés.

 

Côté Américain, outre Lancaster, c’est surtout dans l’équipe qui a tourné qu’il faut trouver ces ressortissants : Arthur Penn qui commença le tournage fut même remplacé par un autre Américain crédité au générique, John Frankenheimer. Côtés britannique, peu de ressortissant, on trouve l’essentiel de la distribution venant de France et d’Allemagne, dans un souci de  réalisme. Sauf que…

Sauf que comme René Clément deux ans plus tard, Frankenheimer & C° ne laissent pas les acteurs s’exprimer dans leur propre langue, donnant une artificialité dommageable, les seules versions disponibles étant ou tout en Anglais ou tout en français et en allemand, ce qui semble presque préférable, malgré tout…

 

Quoi qu’il en soit, cette histoire étonnante de tableaux sauvés par des cheminots s’inscrit dans la grande épopée de la SNCF pendant la Seconde Guerre Mondiale, près de 20 ans après La Bataille du rail.

Mais alors que le premier film de René Clément reste au niveau humain et d’une certaine façon ordinaire, ici, c’est avant tout un film porté par Burt Lancaster, chef de réseau et de service(s), véritable poison pour son homologue ennemi, von Waldheim.

Mais malgré tout, il est assisté de quelques grands noms du cinéma français, spécialisés dans les seconds rôles : Jacques Marin, Albert Rémy, Charles Millot, ainsi que Jeanne Moreau, l’autre femme du film.

 

Alors c’est bien fait, on passe un petit peu plus de deux heures en bonne compagnie, Lancaster ayant demandé un peu plus d’action que dans son « grand » film précédent (1). Et Frankenheimer s’exécute, réalisant un film honnête dont l’intrigue avait tout de même un bon potentiel de réussite, ce qui fut bien sûr le cas. Et parmi les images qui restent du film, on repense à cette boucle que fait le train emportant les Allemands qui se voient déjà chez eux alors qu’ils reviennent à leur point de départ…

De plus, Frankenheimer utilise peu de trucages et a réellement envoyé des trains se télescoper, pendant que Burt Lancaster réalisait lui-même les différentes cascades ferroviaires.

 

Pour ma part, c’est un film que j’ai vu dans mon enfance et qui a gardé le même charme qu’au début, même si je sais très bien comment tout va se passer. Certes, la Résistance de la SNCF ici est moins authentique que dans le film de Clément. Et mon seul regret c’est de ne pas entendre les répliques de Michel Simon qu’il avait tournées en français : pour cela, il faut s’éloigner de la VO, ce que j’ai beaucoup de mal à faire…

(1) Le Guépard. C’est sûr, en mettre moins était plutôt difficile…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stephen Frears, #Comédie
Héros malgré lui (Hero - Stephen Frears, 1992)

Bernie LaPlante (Dustin Hoffman) est un minable escroc, pickpocket occasionnel et surtout receleur. Il a un fils – Joey (James Madio) – dont il n’est pas sûr de l’âge et une ex-femme (Joan Cusack) que son baratin exaspère.

Un raté, quoi.

Et puis un soir, un avion s’écrase juste devant lui. Un peu forcé par l’événement, il va aider tous les passagers à sortir avant l’explosion de l’appareil. Parmi eux se trouve Gale Galey (Geena Davis), qui va rechercher ce bienfaiteur anonyme dont on a retrouvé une chaussure.

John Babber (Andy Garcia), à qui LaPlante avait donné la chaussure restante, répond à l’appel de la journaliste : il va alors prendre la place de Bernie mais aussi le million de dollars qui va avec, pendant que ce dernier purge une peine de prison…

 

Il y a une constante chez Stephen Frears, c’est de traiter de sujet de société d’une façon plutôt grave. Mais ici, sans pour autant abandonner ce genre, il en fait une comédie grinçante, soutenu par Dustin Hoffman toujours aussi formidable, avec aussi Davis et Garcia, jouets d’un destin bien sûr capricieux, mais surtout embarqués dans une aventure qu’ils ne maîtrisent pas, depuis que Bernie, pour une fois, s’est porté au secours de gens qu’il ne connaissait pas.

Parce que c’est ce revirement qui amène cette intrigue de faux-semblants, où LaPlante se retrouve d’une certaine façon piégé par son attitude égoïste, ne voulant pas ajouter à sa situation compliquée de nouveaux éléments qui pourraient le desservir dans son parcours judiciaire.

 

Mais au-delà de cette intrigue, c’est à Frank Capra que nous pensons et plus particulièrement à Meet John Doe, mais dans une sorte de négatif du film de 1941. En effet, Ann Mitchell (Barbara Stanwick) crée un personnage sans-abri qui prend vie à l’apparition de Long John Willoughby (Gary Cooper). Mais Ici, Gale Galey part d’un personnage réel et a tendance à broder autour de sa vie. Et à chaque fois ce personnage est une espèce de SDF, accompagné par Le Colonel (Walter Brennan) en 1941 et LaPlante en 1992, le côté escroc en moins pour le Colonel. Et l’avant-dernière séquence où Bubber veut sauter du haut d’un immeuble rappelle la même séquence chez Capra, en haut du gratte-ciel d’où doit sauter Willoughby.

Mais alors qu’Ann Mitchell utilisait Willoughby pour faire passer des idées nobles, ici Gale Galey ne recherche qu’une chose : faire de l’audience.

 

Mais derrière cette comédie se cache une critique des médias où les journalistes ont parfois tendance à créer eux-mêmes l’information, s’asseyant parfois sur la déontologie : le personnage de Chucky (Kevin J. O’Connor) symbolisant tout ce que le journalisme sensationnel a de laid, ne filmant que pour créer le buzz comme on dit de nos jour. A ses côtés, Gale réussit à tempérer cette frénésie de l’image, et son intervention à la remise des prix des journalistes au début du film résume à elle seule ce que semble penser Frears et son scénariste (David Web Peoples).

 

Et si le propos autour du journalisme est bien là, on apprécie à sa juste mesure le jeu un tantinet épuré de Dustin Hoffman : Bernie est un minable certes, mais il n’en est pas moins attachant, comme le ressent son ex-femme, dans cette même avant-dernière séquence. Et Hoffman n’a pas besoin de forcer son talent pour le rendre crédible. Andy Garcia sort aussi momentanément des rôles de truands, montrant qu’il peut aussi jouer un homme (presque) honnête, et son association avec Hoffman fait mouche.
Quant à Geena Davis, c’est toujours pareil : elle est fabuleuse.

 

Une comédie donc, mais avec pour toile de fond un système où l’information est triturée et remaniée, arrangeant la vérité en fonction de ce que veulent voir et entendre les gens.

A (re)voir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean-Pierre Améris
Les Emotifs anonymes (Jean-Pierre Améris, 2010)

Angélique (Isabelle Carré) est une jeune femme dynamique, chocolatière de formation, qui postule pour un emploi dans une chocolaterie sur le déclin.

Tout va très bien pour elle puisqu’elle est embauchée au bout d’un entretien des plus courts.

Mais c’est en tant que représentante, et non comme créatrice, comme elle rêvait.

Et comment le dire à ce patron si distant, alors qu’elle est d’une émotivité sans borne, allant jusqu’à fréquenter un groupe (1) pour se trouver du soutien, et tenter de vaincre ce qui semble être une maladie incurable ?

Et comment peut-elle deviner que derrière son apparence de patron taciturne, Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde) n’est rien d’autre qu’un timide maladif, suivant une thérapie pour en sortir ?

 

C’est sur cette dichotomie que se base l’intrigue – subtile – de Jean-Pierre Améris et Philippe Blasband, mettant en scène ces gens qui n’osent jamais, de peur de, ou bien peut-être aussi, à moins que, enfin vous voyez ce que je veux dire, non ?

Cet état traumatisant est d’autant plus difficile à exprimer qu’il semble absolument contradictoire au métier d’acteur. Et qui plus est, réussir à en rire, voire en faire rire les autres (2).

Alors une fois le film terminé, on ne peut qu’applaudir le résultat, tant ces deux émotifs jouent juste un répertoire qui semble leur être étranger !

Et je dois en plus avouer, qu’en tant qu’ancien (?) timide, je ne peux que retrouver certaines situations vécues. Mais dans mon cas, vous vous en doutez bien, cela ne m’a pas beaucoup fait rire.

 

Quoi qu’il en soit, Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde sont absolument parfaits, avec tout de même un petit plus pour Benoît Poelvoorde, bien loin des rôles plutôt sûr de lui qu’on lui connaît (C’est arrivé près de chez vous, Les Randonneurs…). Parce que c’est bien lui la clé de voûte de l’intrigue.

Je ne veux absolument pas diminuer le talent d’Isabelle Carré, mais il faut avouer que Poelvoorde a une personnalité forte et qu’on se réjouit énormément de le trouver presque à contre-emploi. Avec ce film, il confirme qu’il n’est pas seulement un comique, mais alors un de ceux qui savent mettre de l’émotion dans leur jeu, amenant avec le sourire, parfois une larme, si vous voyez ce que je veux dire.

Et sa belle prestation dans Le grand Bain est à mi-chemin, ou plutôt un mélange bien dosé entre ce qu’il faisait avant (l’assurance) et ce qu’il montre ici (la réserve pudique).

 

Et le talent de Jean-Pierre Améris est de diriger ces deux interprètes de façon à ce qu’on croit qu’ils se dirigent eux-mêmes, ou bien que c’est le caractère très (trop ?) réservé de leur personnage qui les guide.

Et nous nous retrouvons – nous spectateurs – dans la situation de leur entourage : les employés de la chocolaterie ou le groupe de parole d’Angélique (1) qui assistent impuissants à cette histoire d’amour qui ne veut pas dire son nom, tout simplement parce que ses deux protagonistes ne savent pas vraiment lui donner ce nom. Et que quand elle s’ébauche, elle se termine aussitôt, chacun s’excusant maladroitement de cette soudaine audace tellement étrangère à leur zone de confort (3).

 

Et là réside le succès de cette belle comédie : deux interprètes de qualité soutenus par des seconds rôles au diapason (4), dans une mise en scène qui déroule d’un bout à l’autre, mettant rapidement le spectateur dans l’ambiance et du côté de ces deux malades, ne les lâchant qu’une fois le film terminé, un sourire inévitable aux lèvres.

 

  1. D’où le titre
  2. Certainement la chose la plus difficile à faire pour un comédien et /ou un acteur.
  3. Voilà que je me mets à parler comme les gens d’aujourd’hui… L’émotion sans doute…
  4. En anglais, on parle de « supporting actor/actress », pas besoin de vous traduire…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Steven Spielberg
Hook (Steven Spielberg, 1991)

Le capitaine Crochet (Dustin Hoffman) est de retour !

Il a kidnappé les enfants de Peter Pan (Robin Williams), et attend ce dernier pour un duel final sans merci.

 

Enfin ce n’est pas exactement Peter Pan, puisqu’il s’appelle maintenant Peter Banning, et qu’il est un grand ponte de la finance, tendance voyou capitaliste. Quant à Peter Pan et tout ce qui concerne l’univers de James Barrie, il ne veut pas en entendre parler. Sauf que…

Sauf qu’il a trois jours pour rattraper le temps perdu s’il veut réellement sortir ses enfants du crochet du capitaine du même nom.

 

Après le plaisant intermède que constitue Always (1), Spielberg repart dans une féerie universelle, s’adressant – comme presque toujours – aux enfants, qu’ils soient petits ou/et grands. Et comme toujours (ou presque, voyez Duel), le personnage principal est un enfant, ici un qui a oublié qu’il ne voulait pas grandir.

Bien sûr, on retrouve les éléments de l’histoire imaginée par Barrie, mais ce qu’on appelle aujourd’hui une update, une mise à jour afin d’inscrire l’intrigue dans le présent des spectateurs : le début des années 1990s.

Et Peter Banning est un pur produit de ces années-là, quand le capitalisme sauvage était roi et quand on croisait une palanquée de yuppies avec leurs téléphones portables déjà greffés à leurs oreilles : eh oui, avoir un téléphone portable n’a pas toujours été bien considéré…

 

Mais il faut dire aussi que l’attitude de Peter Banning n’est pas présentée sous un bon jour : préoccupé exclusivement par son travail et surtout les sommes mises en jeu, il en délaisse ce qui est le plus important, sa famille.

Alors finalement, cet enlèvement est une bonne chose pour lui – et surtout le spectateur (2) – puisqu’il va, en même temps que ses enfants, se retrouver lui-même.

Et là encore, nous retrouvons cette idée de rédemption : Peter à travers sa quête pour sauver ses enfants se sauvera par la même occasion.

Pourtant ce n’est pas gagné quand commence son retour à Neverland : il a tout oublié, il a pris du ventre et surtout, il est vieux !

Mais grâce aux enfants perdus et à la fée Clochette (Julia Roberts), tout se terminera bien.

 

Si Spielberg joue avec bonheur de l’utilisation du temps qui passe, le film fonctionne beaucoup grâce à ses deux interprètes principaux : Robin Williams et Dustin Hoffman. En plus d’être la rencontre de deux monstres sacrés du cinéma, c’est aussi celle de deux acteurs éblouissants et capables de tout.

D’un côté Robin Williams à l’aise dans n’importe quel rôle, et encore plus quand il s’agit d’une comédie débridée : Williams arrive un instant à nous faire oublier ce sale individu qu’est Peter Banning, devenant un Pan des plus sympathiques, qui a grandi certes, mais est malgré tout resté le même au plus profond de lui. A mon avis, Williams était le meilleur choix que Spielberg puisse trouver pour interpréter un tel personnage.

De l’autre, c’est le caméléon hollywoodien, qui devient un Crochet plus vrai que nature, aussi roué que son modèle, et tout cela malgré sa petite taille (3). On retrouve la rouerie et la duplicité du personnage original, Hoffman étant – encore une fois – au niveau de sa réputation.

Certes, on peut constater une dose de surjeu chez ces deux acteurs, mais pouvait-il en être autrement pour ces deux acteurs dans une telle histoire ? Non. Si surjeu il y a, il est indispensable au bon fonctionnement de l’intrigue et donc du film.

 

Je terminerai  en vous faisant remarque qu’on trouve beaucoup de détails nous ramenant à l’histoire originale, que ce soit chez Wendy (Maggie Smith, toujours superbe) ou à Neverland.

De plus, en faisant attention on retrouvera deux personnalités musicales : Phil Collins et David Crosby.

Si Collins est rapidement identifiable (et identifié), il n’en va pas de même pour Crosby, caché ( ?) parmi les pirates truculents du Jolly Rogers : mais quand on sait qu’il est là, on ne peut pas le manquer…
Sans oublier l’humour, composante indispensable chez Spielberg dans ce genre de films, avec en prime une référence à un film – culte ? – où joue Robin Williams : et c’est – évidemment ? – Dustin Hoffman qui l’énonce.

 

PS : Tout de même, quel dommage que les effets spéciaux n’étaient pas aussi avancés à cette époque (on en était encore au fond bleu de l’incrustation). Quel film cela aurait été !

 

  1. Ne jamais bouder une occasion de (re)voir la belle Audrey Hepburn !
  2. Sinon, pas de film…
  3. Cette caractéristique est d’ailleurs expliquée pendant le duel final.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sidney Drew, #Muet
A Florida Enchantment (Sidney Drew, 1914)

Lillian Travers (Edith Storey) est une jeune héritière new-yorkaise qui découvre, alors qu’elle est en Floride, des graines qui ont la propriété de transformer les femmes en hommes et inversement.

Donc, elle essaie sur elle, et satisfaite du résultat, sur sa servante noire qui devient de ce fait valet. Puis c’est son fiancé qui en absorbe une, amenant cette comédie débridée vers la tragédie jusqu’au dénouement final… Que je vous laisse découvrir.

 

Nous sommes en 1914, et cette comédie que nous propose Sidney Drew est fort éloignée des standards de la comédie américaine de l’époque (1).

En effet, cet inversement des rôles n’est pas très courant, et surtout la performance d’Edith Storey est absolument magnifique : elle ne se contente pas de s’habiller en homme, elle est un homme, avec son aspect brutal, ses manières pas toujours distinguées, et un côté entreprenant malgré son apparence qui reste féminine.

De plus, le patronyme Travers n’a certainement pas été donné par hasard à cette jeune femme si entreprenante.

 

C’est alors prétexte à des effusions et baisers sur la bouche avec connotation saphique plus qu’évidente.

Mais n’en concluez pas pour autant qu’il s’agit d’un film à message : nous sommes dans une comédie et les ressorts utilisés sont les mêmes – d’une certaine manière – que ceux utilisés chez Sennett par ce dernier où ses rejetons : Arbuckle, Chaplin…

Et Edith Storey interprète un jeune homme de la même manière que Roscoe Arbuckle pouvait interpréter une femme (3). La grâce d’Arbuckle contrebalançant la rudesse de Storey.

Et donc les péripéties engendrées par ce changement de sexe n’ont pour autre rôle que de faire rire.

 

De son côté, le fiancé – le docteur Fred Cassadene (Sidney Drew) – qui n’a pas compris le changement de Lillian continue de la poursuivre de ses assiduités, amenant malgré lui le comique du fait du refus systématique de cette drôle de fiancée. Alors que dans le même temps, les différentes femmes abordées par Lillian ne sont absolument pas dérangées de ses privautés offertes à tous les regards.

Et quand à son tour il est frappé de transsexualité (c’est comme ça qu’on dit ?), ce qui relevait d’un humour subtile s’alourdit. On n’échappe pas à la caricature homosexuelle largement répandue (4), même si Drew semble essayer de s’en démarquer.

La poursuite finale nous rappelle alors que cet artifice n’était pas la propriété exclusive de la Keystone.

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, quand Lillian doit accueillir la jeune femme qu’elle courtise dans sa chambre pour la nuit, la morale revient au triple galop : Lillian essaie d’enfermer la jeune femme dans une autre chambre, gênée de partager son lit sans être mariée.

Autre élément à charge du film, la présence d’acteurs et d’actrices grimés en Noirs, donnant une vision peu flatteuse de cette communauté américaine. La raison en est que la Floride (et les autres états ségrégationnistes du Sud) interdisait aux Noirs de se produire dans un film avec des Blancs (2).

 

Quoi qu’il en soit, on ne peut que saluer cette comédie en décalage avec son temps, et surtout la prestation d’Edith Storey, malheureusement oubliée aujourd’hui. Alors qu’elle mit un terme à sa carrière en 1921 (elle avait 29 ans), elle avait tout de même participé à 184 films…

 

  1. Et jusqu’à beaucoup plus tard !
  2. Merci professeur Allen John !
  3. Cf. Good Night, Nurse (1918)
  4. Jusqu’à aujourd’hui hélas, les préjugés homosexuels et donc homophobes ont la vie dure !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Walter Hill, #Policier
48 Hrs. (Walter Hill, 1982)

 

L’affiche était explicite : le doigt d’honneur d’Eddie Murphy annonçait un film plutôt destiné aux adultes.

Et Walter Hill ne va nous détromper : de la violence, des gros mots, des allusions sexuelles peu déguisées voire pas du tout, sans oublier des jeunes femmes dénudées et des morts sanguinolentes.

 

Le film s’ouvre sur des bagnards (« chain gang » en VO) qui travaillent à la réfection d’une voie ferrée. Parmi eux Ganz (James Remar) qui va s’évader à l’aide d’un complice fort peu délicat : Billy Bear (Sonny Landham).

Dès lors va avoir lieu dans San Francisco une course poursuite menée par le policier Jack Cates (Nick Nolte), aidé d’un détenu qu’il a fait sortir de prison pour l’affaire, Reggie Hammond (Eddie Murphy, donc), mais pour une période de 48 heures (d’où le titre), après laquelle il reviendra finir de purger sa peine.

 

Les duos improbables ont toujours bien fonctionné au cinéma, et d’autant plus dans les films policiers : les deux complices complémentaires (Leathal Weapon), les concurrents (Tango & Cash), voire le coéquipier mortifère (Dirty Harry & Co).

Alors cette différence de statut – un policier et un truand – ajoute une nouvelle ligne à ces duos improbables. Avec en plus une différence de taille : la couleur de peau d’Eddie Murphy qui est un autre élément pertinent du film. En effet, il en sera fait régulièrement référence et cela un prétexte pour désamorcer les éventuelles dérives racistes de certains personnages (surtout dans le club de country).

 

Mais la différence n’est pas seulement statutaire entre les deux hommes.

Cates est un vieux routard de la Force, il conduit une vieille Cadillac bleue, et a un certain penchant pour l’alcool – une flasque dans la poche – arborant en outre une tenue plutôt négligée, ce qui est normal pour lui, son métier ne consistant pas à défiler pour des maisons de couture.

Hammond, pour sa part, est tiré à quatre épingles, dans un costume qu’on qualifie rapidement « de mac », et possède une voiture des plus somptueuses (1). Et si Cates l’a fit sortir pour retrouver Ganz, Hammond a un autre objectif en tête des plus sociaux : après quasiment trois ans de prison, un présence féminine lui agréerait totalement (2).

 

Bien sûr, ça fonctionne et on s’amuse beaucoup à ces différences qui malgré tout rapprochent les deux hommes, amenant la complémentarité indispensable à l’intrigue.

De plus, avoir confié le rôle du grand méchant à James Remar fut aussi une bonne idée : on le retrouvera de nombreuses fois dans un rôle similaire, le meilleur – à mon avis – restant Dutch Schulz dans le magnifique The Cotton Club.

A ses côtés, on retrouve Sonny Landham, un véritable Amérindien qui avait en outre un passé criminel, ce qui le cantonna à des rôles de méchants ou/et de types violents.

A noter aussi la présence de Frank McRae dans le rôle de Haden le chef de la police, rôle qui lui restera collé à la peau (tout comme dans Last Action Hero) alors qu’il n’a interprété ce genre de personnages que 4 fois, sur une soixantaine de films.

 

Un petit détail pour terminer : le mot de 4 lettres (« the F-word ») et ses différentes formes grammaticales est employé 48 fois, et il semblerait que cette correspondance avec le titre soit fortuite.

Quoi qu’il en soit, le film fut l’un des plus gros succès de l’année (3), propulsant en haut de l’affiche un jeune acteur dont c’est le premier film : Eddie Murphy.

Et déjà, on peut entendre son rire si caractéristique.

 

  1. Intermeccanica 356 A Speedster (CMC), pour les connaisseurs
  2. Bien entendu, ce souhait n’est pas exprimé d’une façon aussi poétique…
  3. Et amènera donc une suite 7 ans plus tard…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Octopussy (John Glen, 1983)

Et de 13 !

Pendant que dans le même temps sortait une resucée de Thunderball – dont je vous laisse le plaisir de lire l’article très intéressant de mon ami le professeur Allen John ici – Salzman Broccoli et consort proposait ce énième épisode de l’agent secret le plus célèbre du cinéma, à nouveau avec Roger Moore pour l’incarner et John Glen – encore lui – pour la réalisation.

Et puisqu’on en est aux répétitions, on remarquera le retour de la belle Maud Adams qui interprète le rôle-titre, devenant à ce jour la seule James Bond Girl à l’être deux fois.

 

Après une séquence d’introduction toujours aussi haletante et spectaculaire, nous entrons dans le vif du sujet : Octopussy s’inscrit dans le temps en faisant référence aux diverses négociations entre les USA et l’URSS afin de désarmer un peu la planète.

Ce désarmement est alors le prétexte pour un général russe un tantinet paranoïaque – Orlov (Steven Berkoff) – de déclencher une guerre nucléaire afin d’imposer le modèle soviétique.

Mais James Bond veille et comme de bien entendu, il n’en sera rien.

S’ajoute à cela un personnage trouble et bassement mercantile, Kemal Khan (Louis Jourdan), véritable méchant du film.

 

Si le film se laisse voir avec beaucoup de plaisir, malgré la marque inévitable du temps (1), on sent tout de même que la fin du chemin est proche pour Roger Moore. Il a 55 ans quand le film sort, et sa première apparition ne lui fait pas honneur : habillé en gentleman farmer avec casquette, il ressemble plus à un papy à casquette qu’à un irrésistible agent secret, fût-il 007.

Mais une fois ce détail passé, John Glen nous installe dans une intrigue aussi haletante que l’introduction, avec nombre de méchants fort dangereux (2), et surtout une myriade de jolies filles (outre Maud Adams) dont Magda (Kristina Wayborn) est une représentante fort pertinente.


Bref, c’est du James Bond, de bonne facture, surtout avec la présence de Steve Berkoff, méchant patenté de la décennie. Et surtout, on retrouve le marivaudage entre Bond et Moneypenny (Lois Maxwell, toujours là !), les prises de bec avec Q (Desmond Llewelyn) ainsi que les répliques ironiques teintées d’humour noir.

A noter la présence du joueur de tennis Vijay Amritraj, dans le rôle de Vijay (ça ne s’invente pas), factotum de Bond à Agra, l’aidant à s’en sortir après une attaque d’enturbannés fort peu civils. Sa façon de se défendre est elle aussi pertinente, vous en jugerez par vous-même (si ce n’est déjà fait).

 

Que dire de plus ?

Rien. On s’installe, on ouvre les yeux, et on savoure…
Qui a dit que le 13 portait malheur ?

 

PS : la marque de John Glen (ce n’est que son deuxième film complet) s’installe durablement dans ses films. Ici, c’est dans le palais de l’infâme Kemal Khan.

  1. Placer une intrigue dans un contexte proche du temps de tournage implique une forme de vieillissement anticipé par rapport aux intrigues mettant en scène le SPECTRE, organisme autonome et donc rattaché à aucune puissance.
  2. Le tueur au yoyo/scie circulaire est vraiment bien trouvé !

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