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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Russell Mulcahy
Ricochet (Russell Mulcahy, 1991)

Ricochet (n. m.) : (balistique) rebondissement sur le sol ou sur un obstacle quelconque d’un projectile de canon ou d’arme à feu. (Figuré) Conséquence, effet indirect, enchaînement.

 

1984.

Une transaction qui tourne mal : Earl T. Blake (John Lithgow) élimine tout le monde, mais est arrêté par Nick Styles (Denzel Washington), jeune policier, en attendant d’être diplômé en droit.

Quelques années plus tard, alors que la vie de Styles n’a fait qu’embellir, Abbott s’évade, et se faisant passer pour mort, il va pourrir – le mot est on ne peut plus pertinent – la vie de Styles, responsable de sa déchéance.

 

Encore une fois, Russell Mulcahy ne fait pas les choses à moitié. En effet, on retrouve dans ce film policier le même sens du spectaculaire, surtout dans les scènes de combat, qui avait fait le succès de Highlander. On trouve même certains éléments (cadrage, éclairage) qui en rappellent d’autre du précédent film.

Et bien sûr, on y trouve un super méchant, dans le style du Kurgan (Clancy Brown) mais où la force (surhumaine) physique est remplacée par un esprit des plus subtils, comme toujours chez les grands criminels.


Parce que ce monsieur Blake est un personnage des plus fascinants. Et nous assistons alors à un nouveau duel de champions où l’intelligence prime sur la force : l’opération de dénigrement échafaudée par Blake est d’un machiavélisme tordu rarement atteint par les grands criminels cinématographiques. Et de ce côté-là, c’est une véritable réussite : John Lithgow est formidable dans ce rôle de super criminel au regard froid qui ne cille (presque) jamais. Il faut dire qu’il porte une lentille à gauche puisque son personnage n’a qu’un œil valide (ça doit aider à le laisser ouvert).

 

Mais en face de lui, si nous trouvons Denzel Washington, il n’a pas encore la stature qu’on lui connaît aujourd’hui, malgré une très belle carrure, qu’il nous dévoile à plusieurs occasions dont une fois face à Super Jamie (Lindsay Wagner qui joue ici la procureure Priscilla Brimley). Mais on sent tout de même son potentiel à devenir un acteur aussi cool que pouvaient l’être Paul Newman ou encore Steve McQueen.

 

Pour le reste, les références et surtout la manière de tourner qui renvoient à Highlander font tout de même long feu : le spectacle est là certes, mais tout comme dans ce film antérieur, on reste un tantinet sur sa faim à la fin (1) : alors que le prix remporté par McLeod (C. Lambert) était impalpable et donc peu spectaculaire, ici c’est la fin qui est un tantinet bâclée, notre héros s’en tirant par une pirouette (presque réelle) et se retrouve blanchi (2) un peu trop facilement au vu de la tonne d’éléments contre lui dont une menace armée en public alors qu’il est (encore) en sous-vêtements et peignoir.

 

Bref, un film qu’on peut facilement oublier sauf tout de même la superbe prestation de John Lithgow.

 

PS : Ici, je parlerai de « vases communicants » plutôt que de « ricochet » : pendant que l’un monte professionnellement (et publiquement), l’autre se retrouve en prison et s’enfonce dans le désespoir et surtout la colère.

 

  1. Belle homophonie, non ? Non ? Bon, tant pis.
  2. Ce n’est peut-être pas le terme adéquat : disons lavé de tout soupçon.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Gary Fleder
Pas un Mot (Don't say a Word - Gary Fleder, 2001)

New York, 1991.

Patrick Koster (Sean « Ned » Bean) attaque une banque avec son équipe et ressort avec un tout petit sachet seulement. Mais dans ce sachet, un rubis estimé à 10.000.000 $ (1).

Même endroit, dix (2) ans plus tard.

Le psychiatre Conrad (Michael Douglas) examine en urgence Elizabeth Burrows (Brittany Murphy), une jeune fille psychotique qui a tué sauvagement un homme.

Deux anecdotes distinctes ? Non.

Le lendemain de la rencontre avec la jeune femme, la fille de Conrad est enlevée. Elle sera rendue contre un numéro que connaît cette même jeune fille.

 

Une nouvelle histoire de kidnapping avec échange de « bons procédés ». Oui. Rien de bien nouveau dans ce film, mais il nous tient en haleine et la rencontre entre Michael Douglas et le loser Sean Bean tient ses promesses. Pendant que Conrad travaille contre le temps (une limite horaire lui a été donnée), une jeune femme officier de police recoupe les deux anecdotes : Koster a été arrêté suite à la mort du père d’Elizabeth.

Bref, tout est dans tout, et vice versa.

 

Ce n’est pas un film qui a révolutionné le cinéma, loin de là mais son succès s’explique aisément par une intrigue menée sans un déluge d’effets spéciaux ni un rythme effréné comme on pouvait en voir en 2001 : Gary Fleder installe tranquillement ses personnages dans leurs décors avant de faire basculer la vie de Conrad. Mais malgré le temps qui passe – trop vite pour Conrad, pas assez pour Koster – Fleder n’en bâcle pas pour autant son intrigue, évitant le piège de la facilité.

Et quand vient l’explication finale – avec morts à la clé, ce qui est normal dans ce genre de film – Fleder montre qu’il sait filmer en proposant un montage dynamique intéressant, dont certaines transitions fort regardables.

 

Pour le reste, à partir du moment où nous savons que Sean Bean joue dedans, l’issue est assez facile à deviner : il ne s’en sort pas plus que Boromir ou Ned Stark.

Qu’importe, pendant près de 110 minutes on suit avec intérêt une intrigue bien ficelée avec quand même quelques réserves à propos du retournement – passager – de situation.

Quant à Brittany Murphy, elle campe une jeune fille traumatisée avec beaucoup de conviction, même si, encore une fois, on tombe un peu dans le pathos à la fin du film, mais ce n’est pas de son ressort à elle (4).

 

Donc vous pouvez aller voir, mais rassurez-vous : si vous n’en faites rien, je ne vous en voudrai pas…

 

PS : à noter la présence de Famke « Dark Phoenix » Janssen qui venait d’être (encore) révélée (5) dans X-Men l’année précédente. Son rôle dans le film est un tantinet effacé, puisqu’elle est plâtrée à la jambe droite, ce qui lui permet une liberté d’action fort limitée. Elle n’en demeure pas moins une experte de l’aiguille à tricoter.

 

 

  1. C’est toujours plus impressionnant écrit en chiffres.
  2. En lettres ou en chiffres, cela ne fait pas une grande différence.
  3. Encore un film où non seulement Sean Bean est du côté obscur, mais en plus, il y reçoit le même traitement que d’habitude : il ne gagne pas.
  4. Malheureusement pour nous, et surtout elle, elle mourut en 2009 dans des circonstances troublantes. De même, la jeune Skye McCole Bartusiak, qui interprète la fille de Koster, eut elle aussi un destin tragique puisqu'elle mourut en 2014 d'une overdose.
  5. La première fois, ce fut dans GoldenEye

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Tuer n'est pas jouer (The living Daylights - John Glen, 1987)

Et de 4 !

C’est au tour de Timothy Dalton d’endosser le rôle de l’agent secret le plus connu au monde (1) – après Austin Powers, cela va sans dire – pour une nouvelle aventure imaginée par Ian Fleming (2), se situant pour une grosse partie derrière le rideau de fer (Tchécoslovaquie, Afghanistan) et prend pour cadre la situation géopolitique faisant même référence aux mutations instaurées par Gorbatchev depuis son accession au à la tête du Soviet Suprême.

Pour le reste, on retrouve les personnages habituels – M (Robert Brown), Q (Desmond Llewelyn), le Ministre de l’Intérieur (Geoffrey Keen) et notre vieil ami Gogol (Walter Gotell).

James Bond n’est pas le seul à changer puisque Lois Maxwell, l’indéboulonnable (tiens, finalement, non) Moneypenny a été remplacée par la belle Caroline Bliss qui disparaîtra de la série en même temps que Dalton. Autre nouveau venu intérimaire, John Terry qui interprète le temps du film le célèbre (4) Felix Leiter de la CIA.

 

Adonc.

Après un épisode mouvementé en haut du Rocher (Gibraltar, pas Monaco), Bond se retrouve à Prague pour exfiltrer le général Koskov (Jeroen Krabbé) pour qui la vie en Union Soviétique devient de plus en plus risqué : notre ami James doit en plus le sauver d’un tireur isolé chargé de le tuer.

Sauf que ce tueur est une tueuse, qu’elle s’appelle Kara Milovy (Maryam D’Abo) et qu’elle est officiellement violoncelliste virtuose et accessoirement la petite amie de Koskov.

Bien sûr, James Bond ne va pas la tuer et elle finira avec lui…

 

Bien sûr, le battage autour du film concernait essentiellement le nouvel acteur pour interpréter 007. Pour mémoire, il est le prince Barin dans l’oubliable Flash Gordon (Mike Hodges, 1980), ou encore la voix du hérisson dans Toy Story 3 (Lee Unkrich, 2010).

Et on peut dire qu’il propose un Bond assez acceptable, toujours intéressé par les jolies femmes, le Martini-Vodka (3) et d’Aston Martin.

Son humour n’a pas beaucoup varié, même s’il est tout compte fait fort sage puisqu’il ne réussit pas à énerver Q : il écoute même sans triturer ce qui se trouve à portée de main.

 

Mais le grand changement de ton du film concerne l’une des occupations préférés de notre héros : les femmes (voir ci-dessus). Je devrai d’ailleurs dire la femme. EN effet, notre espion préféré, après une escapade au large de Gibraltar (dont on ne verra rien, comme de bien entendu, James se retrouve pendant tout le film avec la même jeune femme ! Certes, Maryam D’Abo est belle, mais on a tellement l’habitude de voir James sauter (5) sur tout ce qui porte cotillon (ou pas, d’ailleurs, un maillot de bain suffit souvent…), qu’on est étonné de ne le voir qu’avec une seule James Bond Girl. Même les deux jeunes femmes qui « l’enlèvent » en seront pour leurs frais puisqu’il décline – au final – leur invitation : de toute façon, il n’y avait rien de prévu dans le script pour elles, si ce n’est une (toute) petite intervention dans la séquence finale.

Mais on aurait dû s’en douter dès le générique : disparues les jeunes femmes peu (voire dé-) vêtues sur lesquelles glissent les noms des participants au tournage, elles portent toutes maillots de bain et autres accessoires un tantinet (mais pas beaucoup plus) puritains.

La raison de ce sursaut de pudibonderie ? D’aucuns disent que l’essor du SIDA à la même période aurait encouragé cette fidélité qui ne s’est pas vue depuis le magnifique Her Majesty’s Secret Service (Peter Hunt, 1969) mais dans ce cas-là, c’était pleinement justifié.

 

Je terminerai en vous disant qu’il s’agit du pénultième James Bond pour le réalisateur John Glen, qui nous gratifie à nouveau d’une de ses marques de fabrique – un élément étranger qui surprend Bond et surtout le spectateur pendant un moment de tension. De plus, si la grande roue de Viennes nous rappelle inévitablement Le troisième Homme (Carol Reed, 1948), Glen pousse un peu plus loin l’hommage par l’intermédiaire de l’infâme Necros (Andreas Wisniewski), homme de main du non moins infâme Koskov.

 

 

PS : encore une fois, notre ami le traducteur inconnu a fait des siennes et laissé libre cours à son imagination pour traduire The living Daylights – littéralement par « Lumière du jour » - en « tuer n’est pas jouer ». Et en plus, ce titre n’a rien d’original puisqu’il fut déjà utilisé pour un autre film américain, avec le même souci der respect de la traduction : I saw what you did (William Castle, 1965), ou « j’ai vu ce que tu as fait ». Bref, peut-on parler de paresse » intellectuelle ? Je vous laisse seuls juges.

 

  1. En quoi est-il donc secret si le monde entier le connaît ?
  2. Une nouvelle éponyme intitulée (en français) Bons Baisers de Berlin
  3. Au shaker, pas à la cuiller, cela va sans dire.
  4. encore un agent célèbre ? Décidément, l’espionnage n’est plus ce qu’il était…
  5. Hum...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Thriller
L'Oiseau de nuit (The Bat - Roland West, 1926)

Traduire « L’Oiseau de nuit » pour « The Bat », deux erreurs d’entrée :

  • « Bat » se traduit par « chauvesouris » ;
  • Une chauvesouris n’est pas un oiseau.

Une fois cette précision réglée, entrons dans le vif du sujet : le film de Roland West.

Pour nous spectateurs du vingt et unième siècle, mentionner une chauve-souris au cinéma renvoie irrémédiablement à Batman, le héros de Bob Kane et Bill Finger. Sauf que nous sommes 13 ans avant l’apparition du justicier masqué et qu’ici, cette chauve-souris est à classer du côté obscur, ce personnage étant un voleur et un meurtrier de la pire espèce.

Par contre, on ne peut ignorer un détail qui sera repris par nos deux artistes (1) : la forme d’une chauve-souris dans un rond de lumière, puisque c’est ici qu’on peut le voir, dans ce qui semble être sa première utilisation. Et là aussi, c’est pour faire peur, mais certainement pas aux criminels.

 

Dans le manoir de Courtleigh Fleming, banquier, vivent Cornelia van Gorder (Emily Fitzroy) et sa nièce Dale Ogden (Jewel Carmen, madame West à la ville) depuis la mort de son propriétaire. Ce dernier a été tué et Brooks (Jack Pickford, le frère de), son secrétaire, s’est enfui avec l’argent de la banque.

Dans le même temps, the Bat (mais qui est-ce donc ?) rôde dans les parages, sur la piste, lui aussi de l’argent de la banque puisqu’il y est arrivé trop tard.

Mais pourquoi venir dans ce manoir ? On raconte qu’une pièce secrète sert de cache aux 200.000 $ dérobés…

 

A l’origine, c’est une pièce de théâtre écrite (2) quelques années plus tôt (jouée entre 1920 et 1922 à Broadway) par Mary Roberts Rinehart et Avery Hopwood. Et, mais ce n’est pas très bon signe, on sent énormément le côté théâtral dans la mise en scène.

Mais cela n’empêche tout de même pas qu’on est quand même au cinéma et que les différents interprètes ainsi que les séquences qui s’enchaînent donnent une dimension supérieure à l’intrigue, du fait des conditions de tournage – la plupart du temps la nuit – et des différents jeux d’éclairage ainsi que des effets spéciaux.

 

Mais ce qui est bien dommage dans ce film plutôt sympathique, c’est que Roland West n’arrive pas à s’arrêter sur le ton qu’il veut donner au film : on oscille sans cesse entre la comédie et le drame frôlant l’épouvante sans toutefois s’arrêter d’un côté ou de l’autre.

Ce sont alors une suite de scènes alternant le sérieux et le comique, desservant alors le traitement de l’intrigue.

Il faut dire que la présence de la pétulante Louise Fazenda – transfuge de chez Mack Sennett – amène le rire presque à chaque intervention : c’est aussi ça le talent. Il faut dire que son personnage de servante (hystérique ?) d’une dame comme il faut assure un équilibre entre ces deux femmes : là où l’une n’est que retenue et discrétion, l’autre ne cesse d’ouvrir sa grande bouche, la plupart du temps pour hurler.

Autre élément comique du film, le détective Anderson (Eddie Gribbon) : sa première intervention nous le fait classer d’entrée dans les incapables, fort en gueule mais bien faible en faits, il possède deux immenses pistolets qu’il n’ose utiliser. De plus, son allure n’est pas sans rappeler celle de Mike Mac Adam, détective privé dans Tintin en Amérique : même allure et surtout même efficacité.

 

Pour le reste, l’intrigue rebondit de nombreuses fois avec intervention de personnages mystérieux dont on ne saisit pas le rôle tout de suite : l’anonymat de « The Bat » est maintenue jusqu’au dernier moment, une fois ce méchant personnage arrêté (oui, c’est un homme).

Par contre, ne comptez pas sur moi pour vous révéler son identité : un intertitre d’introduction nous recommande de ne rien révéler. Comme quoi Clouzot et Hitchcock n’ont rien inventé de ce côté-là, mais est-ce vraiment le plus important ?

 

  1. Kane déclarera d’ailleurs que ce film fut une source d’inspiration pour son personnage.
  2. Adaptée du roman (?) L’Escalier en colimaçon.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Moore
En territoire ennemi (Behind enemy Lines - John Moore, 2001)

Nous sommes en plein processus de paix en Bosnie (1995), quand le pilote Chris Burnett (Owen Wilson) et son coéquipier Stackhouse (Gabriel Marcht) sont envoyés en mission de reconnaissance : déviant un tantinet de leur mission, ils découvrent un charnier que tentent de cacher le commandant Lokar (Olek Krupa). Leur avion est alors abattu, Stackhouse exécuté par les hommes de Lokar et une chasse à l’homme a lieu dans la Bosnie dévastée par les années de conflit.

La procédure de paix empêchant l’intervention de l’armée américaine, Burnett se retrouve bien seul dans un environnement des plus hostiles.

 

Depuis le Vietnam et le traumatisme qu’il engendra aux Etats-Unis, les armées américaines interviennent de plus en plus en tant que justicier plutôt que belligérant. Ou disons plutôt que c’est cette position qui est adoptée par la production hollywoodienne, loin des superproductions musclées et meurtrières qui régna dans les années 1980s.

Ici, l’intrigue est basée sur des faits avérés : l’expérience de Burnett étant un mélange de deux événements qui eurent lieu en 1994 et 1995 dans cette partie de l’Europe de l’Est.

 

Autant le dire tout de suite, le film n’est pas des plus légers, même s’il prend pour prétexte une dimension humanitaire : la mission permet la mise en évidence d’un génocide perpétré par des criminels de guerre.

Mais c’est peut-être là qu’est la limite de ce film car cette découverte macabre n’est que fortuite, ce qui la justifie a posteriori, ainsi que le film.

Certes, la présence d’Owen Wilson et du vieux briscard Gene Hackman légitime un peu cette production, leur donnant somme un intérêt relatif. Mais les ficelles sont un peu grosses et le produit final possède une légère teinte de chauvinisme, justifiant une fois de plus l’interventionnisme américain en dépit des recommandations de l’Otan (ici) ou l’ONU (à d’autres endroits).

 

Mais le plus dommage dans cette histoire c’est que plusieurs suites ont depuis été  tournées reprenant un schéma plutôt identique, mais sans la même distribution (on comprend que Wilson et Hackman aient préféré en rester là).

Par contre, si le propos peut prêter à débat, les différents décors dans lesquels évolue Burnett sont vraiment intéressants. On y retrouve les stigmates d’une guerre civile qui ruina les différentes parties du pays, qu’elles soient urbaines ou rurales.

C’est un véritable voyage dans ce qui fut un enfer humain, et qui a laissé des traces. Le parti pris par John Moore de filmer caméra sur l’épaule accentue cet aspect : nous sommes au cœur de l’action, tels des reporters couvrant une guerre, ou à la place de Burnett, seul face à un ennemi proche mais pas toujours visible, une menace perpétuelle.

 

Au final, un film de guerre sans grande surprise, efficace et possédant tout de même quelques éléments réels. Wilson et Hackman usent tout de même du minimum de leur talent : il faut bien vivre…

On peut alors sans problème choisir de faire l’impasse sur ce film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel Coen, #Ethan Coen, #Comédie
A serious Man (Joel & Ethan Coen, 2009)

1967.

Jefferson Airplane sort le hit Somebody to love (1). C’est d’ailleurs ce titre qu’écoute Danny Gropnik (Aaron Wolff) pendant un cours en hébreu, avant de se voir confisqué sa radio et son écouteur auriculaire.

Danny est le fils de Larry (Michael Stuhlbarg), professeur de physique en attente de titularisation dont la vie est en train de partir en morceau : sa femme Judith (Sari Lennick) veut le quitter pour Sy Ableman (Fred Melamed), mais dans une procédure de divorce rituelle, et son frère Arthur (Richard Kind) est un inadapté social aux activités répréhensibles (dans certains états).

 

Autant le dire tout se suite : à part Michael Stuhlbarg, qui est formidable comme beaucoup des interprètes, peu de personnalités connues des cinéphiles. Cet anonymat relatif amène d’ailleurs une plus grande force au propos du film : l’intrigue – confuse et absolument absurde – y gagne en réalisme, et Larry en désespoir !

Bref nous assistons encore une fois à une intrigue à l’humour noir et décalé des frères Coen, toujours en grande forme, et où chaque détail a son importance, le titre du J.A. (voir plus haut) en étant une des clés de voute.

 

Le film s’ouvre sur un épisode en yiddish qui voit un homme rentrer chez lui avec sa charrette : on imagine aisément un village de l’Europe de l’Est où les Juifs sont rassemblés et vivent en intelligence, partageant leurs joies et surtout leurs peines. Il y est question d’un rabbin qui est mort pais que notre homme a vu et invité chez lui…

Si cet épisode d’introduction rappelle Un Violon sur le toit, là encore, il ne faut pas en minimiser la portée : si l’intrigue moderne se situe aux Etats-Unis, le quartier où vivent Grobnik et sa famille est essentiellement constitué de familles juives, envoyant leurs enfants à l’école juive et se retrouvant régulièrement à la synagogue.

Seule tache dans ce quartier, le voisin de Gropnik, Brandt (Peter Breitmeyer), pur produit de la culture américaine : échange des passes de baseball avec son fils Mitch (Brent Braunschweig) ; emmène ce dernier à la chasse plutôt qu’à l’école et revient avec un renne sur son toit de voiture ; tond scrupuleusement sa pelouse, empiétant d’ailleurs sur celle des Gropnik (2).

 

Bref, c’est un véritable embrouillamini qui se développe aux dépens de Larry qui rencontre de nombreuses personnes censées l’aider mais qui ajoutent à la confusion et achèvent de le noyer dans ses ennuis qui vont du divorce à la corruption de fonctionnaire, avec en prime une campagne de calomnie pour empêcher sa titularisation.

Les différentes rencontres avec les tenants de la religion (3), celles qui sont censées être les plus à même d’aider Larry se soldant par trois échecs, le dernier d’entre eux refusant d’ailleurs de le recevoir, trop occupé à « penser » (4). Chacun d’eux a son domaine de prédilection et surtout ses propres références : le parking du rabbi Scott et les dents gravées de Nachtner amenant un humour des plus savoureux. 

 

De plus, Michael Stuhlbarg est formidable dans ce rôle d’homme qui doute, balloté de Charybde en Scylla, jouet du destin ou plutôt de « Hashem », et ce pour notre plus grand plaisir.

Et quand tout semble se résoudre, le destin frappe une nouvelle fois : mais c’est là que se termine le film…

 

PS : nous savons aussi pourquoi il est sur le toit et surtout ce qu’il regarde.

  1. Par contre, pour Abraxas de Santana, il faudra attendre 1970…
  2. Je vous laisse découvrir une autre intervention de ces deux « Américains », près de la frontière américano-canadienne.
  3. Ces trois rabbins représentant les trois âges de l’homme : rabbi Scott (Simon Helberg) la jeunesse ; rabbi Nachtner (George Wyner) la force de l’âge ; et le dernier rabbi Marshak (Alan Mandell) la vieillesse.
  4. Doit-on voir le fruit de ses réflexions dans sa rencontre avec Danny dans le cadre de sa Bar Mitzvah ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Espionnage, #McG
Target (This means War - McG, 2012)

Tuck (Tom Hardy) et FDR (Chris Pine) sont amis. Et en plus, ils sont collègues. Ils travaillent en grande intelligence pour une agence qui est spécialisée dans ce domaine (1). Ils sont forts, beaux et efficaces, ce dernier atout étant le plus important dans leur métier.

Mais du fait de ce même métier, une vie familiale leur est plutôt difficile : d'un côté FDR est célibataire endurci et jouisseur invétéré (2), de l'autre Tuck est divorcé d'avec sa femme et voit donc très peu son fils. Il faut dire qu’ils se présentent officiellement comme capitaine de croisière et agent de voyage, ce qui n’est pas si éloigné que ça : parfois, les voyages qu’ils proposent sont des allers simples définitifs, avec retour annoncé mais pas encore prouvé.

Alors quand la belle Lauren (Reese Witherspoon) cherche l’âme sœur sur le net, elle fait la connaissance de Tuck. Mais curieusement, elle rencontre dans la foulée FDR tous les deux immédiatement amoureux d’elle : lequel va-t-elle choisir des deux ?

 

Vous prenez Jules et Jim (F. Truffaut, 1962), vous le mixez avec La Totale (C. Zidi, 1991), vous enlevez la chanson et vous la remplacez par Smooth Operator de Sade, et vous faites appel à un spécialiste des comédies d’aventure (McG) : vous servez alors une comédie débridée avec un triangle amoureux mal assorti au premier regard mais qui fonctionne magnifiquement.

On y retrouve l’indécision du premier film et surtout la compétition inévitable ; et vous y retrouvez aussi les moyens mis en œuvre pour espionner cette femme, pour tout savoir d’elle et surtout voir les progrès que font chacun des deux hommes dans le duel – de gentlemen – qu’ils se livrent.

 

C’est très drôle, parce qu’à cela se greffe une histoire d’espionnage et de vengeance – n’oublions pas qu’ils travaillent pour la CIA) – mais qui se retrouve rapidement reléguée au second plan, la compétition susmentionnée l’emportant allègrement.

D’ailleurs, l’intrigue d’espionnage sert d’ouverture et de fermeture, donnant alors la solution quant au dilemme auquel est confrontée la belle Lauren.

Et comme c’est McG, cette sous-intrigue est expédiée en deux temps trois mouvements : à un rythme un tantinet trop rapide (3) à mon sens, même si c’est sa façon d’expédier cette composante finalement accessoire du film.

 

Cette composante d’espionnage considérée comme la sous intrigue, McG laisse plus de place aux deux femmes du film : Lauren bien sûr, et son amie Trish (Chelsea Handler), dont la conversation tourne essentiellement autour du sexe, ce qui causa quelques petits problèmes dans l’exploitation commerciale du film aux Etats-Unis (4). La vie maritale et familiale de Trish amenant un décalage heureux dans ses conversations sur l’amour (5).

 

Bref, on s’amuse beaucoup – des deux côtés de l’écran – dans cette comédie enlevée menée (parfois trop) tambour battant, avec un trio amoureux irrésistible, le tout baignant dans un climat cinéphile en rapport avec le thème : la première rencontre entre Lauren et FDR se situe d’ailleurs dans un magasin de vidéo où on peut apercevoir Gene Tierney et Don Ameche se remémorer leur rencontre dans la bibliothèque (Heaven can Wait, 1943).

 

  1. Central Intelligence Agency (CIA).
  2. A moins que ce soit le contraire…
  3. 319 plans à la secondes… J’exagère à peine !
  4. Quelques coupures permirent d’abaisser l’âge légal pour voir le film à 13 ans.E
  5. A moins que ce soit sur le sexe…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #George Clooney
Confessions d'un Homme dangereux (Confessions of a dangerous Mind - George Clooney, 2002)

Chuck Barris (Sam Rockwell) était un homme de télévision qui imagina des émissions de télévision, surtout à partir de la fin des années 1960s, jusqu’au début des années 1980s. Parmi elles, certaines qui ont connu des adaptations dans d’autres pays comme The dating Game (1965) ou encore the Newly Wed Game (1966)…

Mais parallèlement à cette profession, il travaillait sous contrat pour la CIA, exécutant des indésirables, le tout bien sûr, pour la défense de l’Amérique et de son mode de vie…

 

Pour son premier film en tant que réalisateur, George Clooney fait déjà appel à un second rôle éternel et prestigieux : Sam Rockwell (1). Et déjà, c’est le monde de la télévision qui lui sert de cadre d’intrigue, même si de nombreuses séquences sont censées se passer dans quelques régions du globe où son personnage doit y exécuter de contrats.

Mais alors que dans Good Night, and good luck il rend hommage à une certaine forme de journalisme à l’éthique irréprochable, ici celle de Chuck Barris (1929-2017) peut présenter quelques lacunes voire être carrément remise en question.

Le titre original est, à ce propos, des plus intéressants : c’est d’un esprit dangereux qu’il est question, ce qui ne réduit pas Barris à un simple tueur à gages (2). Et si la mort fait partie de son mode de vie, il lui est d’un autre côté reproché d’abêtir les foules en proposant des émissions idiotes voire méprisantes (the Gong Show, 1976).

 

Encore une fois, le fait que le film soit réalisé par quelqu’un qui est avant tout un acteur amène un film où ceux et celles qui sont de la même catégorie vont avoir la part belle. Et Sam Rockwell est impeccable dans le rôle de ce personnage pas si lisse que ça, ou tout du moins de ce qu’il montrait au public. Et cette interprétation passe par une évolution de l’intrigue qui démarre comme n’importe quelle comédie mais va progressivement se muer en tragédie.

C’est Barris, tout comme dans son livre d’où est tirée cette histoire, qui raconte : debout, nu devant une télévision allumée, il fait un retour sur sa vie, de l’enfance jusqu’à ce moment de 1981 qui le voit au début devant le serment présidentiel de Ronald Reagan, autre acteur de cinéma.

 

Et cette longue narration va jouer sur les effets visuels, rapprochant les gens éloignés comme peut le faire le téléphone, mais sans franchement couper l’écran en deux comme on peut le voir habituellement : ici, le décor inclut la personne qui est au loin comme si elle était dans une pièce ouverte adjacente.

De même, nous allons assister à une détérioration du personnage principal, comme si cet esprit dangereux du titre original avait gangréné le corps de Barris : le niveau de ses émissions baisse à mesure qu’il avance dans son métier parallèle de tueur.

Sans oublier bien sûr l’utilisation de substances qui, sans être montrée, ont un impact sur le comportement de Barris (drogue ? Alcool ? Autre… ?).

 

De plus, tout comme le sera Ed Murrow dans le film suivant de George Clooney, Chuck Barris est seul. Il est seul aussi du fait de son travail supplémentaire pour la CIA : l’anonymat et la discrétion sont les deux principes de base d’un tueur efficace.

Et si Murrow avait Friend pour l’épauler, ici, c’est Penny (Drew Barrymore) qui permet à Barris de ne pas sombrer dans la solitude absolue. Certes, elle n’a pas le même rôle : Friend était surtout un collègue pour Murrow, alors qu’il y a une dimension amoureuse dans la relation qu’entretient Barris avec la jeune femme.

 

Mais cette solitude s’arrête au moment où Barris va finir son autobiographie dans laquelle il reconnaît n’avoir pas été un homme de télévision irréprochable.

Je vis encore vous parler de rédemption, mais je n’y peux rien : c’est un film américain…

En effet, nous assistons alors à une nouvelle naissance – la nudité du personnage quand il raconte en est un élément important, (quand on naît, on est rarement habillé…) – provoquée  toutes ces confessions peu brillantes : c’est un nouveau départ pour lui car, comme toujours, l’absolution suit immanquablement la confession. C’est alors un être nouveau qui en sort, libéré de ses péchés ou/et ses travers, prêt à une nouvelle vie (3).

 

 

PS : le film, situé entre deux épisodes de la trilogie Ocean’s nous permet de retrouver quelques personnalités. Outre Steven Soderbergh qui produit, et Julia Roberts qui est un des contacts de Chuck pendant ses missions, Brad Pitt et Matt Damon font une apparition remarquée et savoureuse : je vous laisse la découvrir…

  1. Il en fera de même pour Good Night and good luck comme nous l’avons déjà vu ici même.
  2. Ses contrats sont assez lucratifs.
  3. Enfin, c’est ce qui doit se passer dans l’absolu…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #George Clooney
Good Night, and good luck (George Clooney, 2005)

Des visages de gens attablés, en noir et blanc, qui passent du bon temps ensemble (1). C’est ainsi que commence le film, lors d’une célébration du journaliste de télévision Edward R. Murrow (David Strathairn), pour son travail à CBS. Nous sommes en 1958, et Murrow revient sur son combat antérieur contre le célèbre sénateur Joseph McCarthy et son acharnement à trouver des agents soviétiques dans tous les corps de métier du pays.

 

« Bonne nuit, et bonne chance », c’est ce que répétait à la fin de chacune de ses émissions ce même Ed Murrow (1908-1965) sur la chaîne CBS dans les années 1950s. Quand le film commence, nous sommes en 1953, et il semble que McCarthy a fait un pas de trop dans sa croisade/chasse aux sorcières : un soldat a été mis à pied parce que son père, d’origine serbe, lisait un journal dans sa langue maternelle. Et comme le soulignait le discours de Fulton (par Churchill le 5 mars 1946), l’opposition Est-Ouest est des plus effectives, réduisant le monde en deux camps sans aucune nuance.

 

Trois ans après Confessions d’un homme dangereux, George « What else » Clooney retourne derrière la caméra et nous propose à nouveau comme cadre la télévision américaine. Mais cette fois-ci, l’intrigue reste essentiellement dans les studios de CBS, où on assiste à une forme de joute oratoire entre Murrow et McCarthy, amenant dans le même temps des dommages collatéraux (2). Sans oublier que cette campagne va fragiliser la chaîne, après le retrait d’un de ses sponsors le plus important, amenant une série de licenciements, semble-t-il inévitables.

 

Il était tout de même temps que David Strathairn, éternel second rôle du cinéma américain ait pour une fois la vedette dans un film de relative importance. Et qui d’autre est le mieux placé pour mettre en valeur un acteur qu’un autre acteur, en l’occurrence le beau George. De plus, l’utilisation du noir et blanc permet l’insertion d’archives de la commission – HUAC (3) – dirigée par « Big Joe ».

C’est donc un film d’acteur(s) où Strathairn campe un Murrow très fidèle à son modèle, proposant des émissions de qualité et surtout où on ne prend pas le spectateur pour un imbécile. Cela ne vaut bien sûr que pour les émissions elles-mêmes, la réclame (on appelait ça ainsi en France à la même période) qui y est diffusée ayant tendance à en prendre le contrepied (publicité pour les cigarettes). 

Et avec le développement de l’intrigue qui nous amène à la veille de la chute du sénateur, c’est toute une époque qui est retracée dans ces noirs et blancs superbes dus à la caméra de Robert Elswitt.

 

Certains diront que cette période est définitivement révolue et j’aurai du mal à objecter le contraire, tant le sérieux montré par Murrow/Strathairn est bien loin de la démonstration actuelle qu’on peut trouver sur certaines chaînes à grande audience, préférant se focaliser sur l’image au dépend de l’information.

De plus, la posture que prend le journaliste devant la caméra est des plus impensables aujourd’hui : la présence d’une cigarette qui plus est allumée dans sa main pendant les émissions en étant la première cause.

 

Mais surtout, ce qu’on peut aujourd’hui regretter en voyant ce film, c’est le professionnalisme  et l’éthique qui ont tendance à se galvauder de nos jours, les puissants interviouvés ou les journalistes qui le font ayant recours à ce qu’on appelle des « fake news », américanisme qui cache un terme beaucoup plus crû et définitif : le mensonge. Et cette éthique d’un autre âge est d’autant plus remarquable que les téléspectateurs de l’époque n’avaient pas la même possibilité de vérifier les informations qu’on leur apportait.

Et je pense tout de même qu’il existe encore des journalistes de la trempe de Murrow ou Fred Friendly (George Clooney), son complice pendant toutes ces années, mais qu’il est toujours plus facile d’entendre un mensonge rassurant qu’une vérité dérangeante, sans oublier dans le même temps la paresse de ces mêmes spectateurs qui prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit.

 

Mais ce débat n’a pas sa place dans cette chronique, même si à travers Murrow & C°, George Clooney rend hommage à ce qu’était le journalisme d’investigation d’après-guerre, et son film s’inscrit dans la même lignée que d’autres traitant de ce même sujet – l’information : les inoubliables All the President’s Men ou encore The Post (4).

 

 

PS : A noter la présence de Grant Heslov qui joue et a coécrit le scénario avec Clooney. Heslov tournera avec ce dernier The Men who stare at goats.
PPS : Ainsi que celle – involontaire mais inévitable – de Joseph N. Welch dans son propre rôle, lui qui fut le juge dans le magnifique Anatomy of a Murder (Otto Preminger, 1959)

 

  1. On y reconnaît les différents interprètes sans pour autant deviner où nous ni quand sommes. Un élément pourtant permet de dater ce film dans les années 1950 : un appareil photo qui capture certains de ces instants plutôt festifs.
  2. Outre la déchéance de McCarthy après le blâme qu’il reçut du Sénat en décembre 1954, Don Hollenbeck (1909-1954) se suicidera, suite aux différents articles qui seront publiés pendant la même période, surtout ceux d’un journaliste des plus conservateurs du New York Journal American, soutien farouche du sénateur du Wisconsin.
  3. House Un-American Activities Committee.
  4. Pour ceux qui ont du mal avec la langue de Shakespeare (!) : Les Hommes du Président (Alan J. Pakula, 1976) et Pentagone Papers (Steven Spielberg, 2017)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Grant Heslov, #George Clooney, #Guerre
Les Chèvres du Pentagone (The Men who stare at goats - Grant Heslov, 2009)

Robert Wilton (Ewan McGregor) est un obscur journaliste d’un quotidien local qui interviouve un jour Gus Lacey (Steven Root). Celui lui dévoile l’existence d’un bataillon parapsychologique à l’intérieur de l’armée américaine, dirigé par un allumé de première, Bill Django (Jeff « el Duderino » Bridges).

En Irak pour oublier sa femme qui l’a quittée, il rencontre alors le mythique Lyn « Skip » Cassady (George « What else » Clooney) qui fut un membre très actif de ce corps d’armée.

Ce bataillon très « peace and love » avait pour mission de faire la guerre de façon pacifique : bref, beaucoup d’argent dépensé pour des résultats on ne peut douteux…

 

La première séquence donne le ton :

Nous voyons le visage d’un homme (le général de brigade Hopgood/Stephen Lang) concentré sur un élément (le mur en face de lui) avant de se décider : il va sortir de son bureau. Il prend son élan, se concentrant une dernière fois et il s’élance… Contre le mur !

Et bien sûr, il n’arrive pas à passer à travers…

 

On n’a plus beaucoup l’habitude des films comiques prenant pour cadre la guerre. De plus, le film évite – facilement – l’écueil des films de bidasses à l’humour lourdingue et de mauvais goût.

Or, il se trouve que ce bataillon a réellement existé, comme cela est annoncé au début du film et rappelé à la fin (1).

Mais le traitement qui en est fait se met en place très rapidement, baignant le spectateur dans une atmosphère un tantinet déjantée que même l’arrivée du maléfique Larry Hooper (Kevin Spacey) n’arrive pas à complètement détruire.

Il faut dire que le titre original – Les Hommes qui fixent les chèvres – a de quoi dérouter : c’est d’abord le hamster de Lacey puis une chèvre qui tombent raides morts suite à un regard fixe appuyé.

Sans oublier le regard brillant qui permet à Lyn de dissiper les nuages…

 

Il n’est pas étonnant que ce film ait reçu un accueil des plus mitigés, surtout qu’à la même époque, les soldats américains étaient toujours en guerre en Irak suite aux annonces (fausses) de présence d’armes de destruction massive (2).

Mais c’est surtout la distribution qui fait de ce film qu’on s’y amuse beaucoup : le quatuor (Clooney-McGregor-Bridges-Spacey) est à la hauteur (3), amenant une dimension antimilitariste inévitable, due surtout à l’utilisation de LSD dans la nourriture. Quant à Jeff Bridges en gourou lebovskien, on en redemande !

 

Bref, c’est un film foutraque où le sérieux ne l’est pas beaucoup et où les références abondent. Celle aux guerriers « Jedi » pour les différents membres de ce bataillon (4) est d’autant plus savoureuse que Ewan McGregor avait interprété Obi-Wan Kenobi par trois fois entre 1999 et 2005…

 

  1. Il faut d’ailleurs rester jusqu’au bout du générique de fin pour découvrir une annonce qui n’est pas piquée des vers, dernier avatar comique de ce film.
  2. La guerre se finira officiellement le 18 décembre 2011.
  3. Avec une mention spéciale pour George Clooney
  4. La création a eu lieu en 1978, un an après le film de l’autre George (Lucas)

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