Ricochet (n. m.) : (balistique) rebondissement sur le sol ou sur un obstacle quelconque d’un projectile de canon ou d’arme à feu. (Figuré) Conséquence, effet indirect, enchaînement.
1984.
Une transaction qui tourne mal : Earl T. Blake (John Lithgow) élimine tout le monde, mais est arrêté par Nick Styles (Denzel Washington), jeune policier, en attendant d’être diplômé en droit.
Quelques années plus tard, alors que la vie de Styles n’a fait qu’embellir, Abbott s’évade, et se faisant passer pour mort, il va pourrir – le mot est on ne peut plus pertinent – la vie de Styles, responsable de sa déchéance.
Encore une fois, Russell Mulcahy ne fait pas les choses à moitié. En effet, on retrouve dans ce film policier le même sens du spectaculaire, surtout dans les scènes de combat, qui avait fait le succès de Highlander. On trouve même certains éléments (cadrage, éclairage) qui en rappellent d’autre du précédent film.
Et bien sûr, on y trouve un super méchant, dans le style du Kurgan (Clancy Brown) mais où la force (surhumaine) physique est remplacée par un esprit des plus subtils, comme toujours chez les grands criminels.
Parce que ce monsieur Blake est un personnage des plus fascinants. Et nous assistons alors à un nouveau duel de champions où l’intelligence prime sur la force : l’opération de dénigrement échafaudée par Blake est d’un machiavélisme tordu rarement atteint par les grands criminels cinématographiques. Et de ce côté-là, c’est une véritable réussite : John Lithgow est formidable dans ce rôle de super criminel au regard froid qui ne cille (presque) jamais. Il faut dire qu’il porte une lentille à gauche puisque son personnage n’a qu’un œil valide (ça doit aider à le laisser ouvert).
Mais en face de lui, si nous trouvons Denzel Washington, il n’a pas encore la stature qu’on lui connaît aujourd’hui, malgré une très belle carrure, qu’il nous dévoile à plusieurs occasions dont une fois face à Super Jamie (Lindsay Wagner qui joue ici la procureure Priscilla Brimley). Mais on sent tout de même son potentiel à devenir un acteur aussi cool que pouvaient l’être Paul Newman ou encore Steve McQueen.
Pour le reste, les références et surtout la manière de tourner qui renvoient à Highlander font tout de même long feu : le spectacle est là certes, mais tout comme dans ce film antérieur, on reste un tantinet sur sa faim à la fin (1) : alors que le prix remporté par McLeod (C. Lambert) était impalpable et donc peu spectaculaire, ici c’est la fin qui est un tantinet bâclée, notre héros s’en tirant par une pirouette (presque réelle) et se retrouve blanchi (2) un peu trop facilement au vu de la tonne d’éléments contre lui dont une menace armée en public alors qu’il est (encore) en sous-vêtements et peignoir.
Bref, un film qu’on peut facilement oublier sauf tout de même la superbe prestation de John Lithgow.
PS : Ici, je parlerai de « vases communicants » plutôt que de « ricochet » : pendant que l’un monte professionnellement (et publiquement), l’autre se retrouve en prison et s’enfonce dans le désespoir et surtout la colère.
- Belle homophonie, non ? Non ? Bon, tant pis.
- Ce n’est peut-être pas le terme adéquat : disons lavé de tout soupçon.
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