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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Claude Sautet
Max et les Ferrailleurs (Claude Sautet, 1971)

Max (Michel Piccoli), c’est un inspecteur. Un de ces policiers qui en a un peu assez de ces truands qui s’en sortent toujours grâce à un bon avocat, malgré tout le mal qu’ils aient pu faire.

Un jour qu’il est sur un coup, il retrouve un ancien camarade de régiment Abel Maresco (Bernard Fresson), devenu petit truand depuis. A travers Lily Ackermann (Romy Schneider), prostituée, Max va amener  ce dernier à élaborer un grand coup : braquer une banque.

Pour un petit ferrailleur comme Abel, c’est inespéré. Sauf que la mort est au rendez-vous.

 

Voici un de ces films – très beau  par ailleurs – qui fleure bon les années1970 : De Gaulle a passé la main (un peu forcé d’ailleurs) à Pompidou, et la sécurité est toujours un élément prépondérant dans la politique française. Tellement qu’on en est à espérer des grands coups chez les gangsters, histoire de limiter le cheptel. Rappelez-vous, c’était déjà le cas chez Lautner dans son Pacha trois ans plus tôt (1). C’est bien sûr gênant cinquante ans plus tard, mais il faut se replacer dans le contexte : on comprend mieux pourquoi Jacques Mesrine n’a pas réchappé à l’embuscade qui lui a été tendue le 2 novembre 1979.

 

Mais nous sommes ici au cinéma, et foin de polémique. Nous avons droit avant tout à un de ces films français de l’époque, avec ces figures connues appartenant à des figurants plus ou moins habitués de l’époque – Dominique Zardi (le garagiste Barduch) en tête – et qu’on va retrouver dans cette décennie et même après. Et parmi cette brochette de gueules connues, on appréciera à sa juste valeur la prestation de Boby Lapointe, dans le premier d’une série de quatre films cette année-là (sa plus prolifique). Hélas, son rôle semble prémonitoire…

 

Mais c’est aussi la grande période de cette extraordinaire actrice qu’était Romy Schneider (Lily Ackermann), déjà aux côtés de Michel Piccoli qu’elle retrouve après Les Choses de la vie (1970), avec le même Claude Sautet à la réalisation. Même si son rôle est assez limité – elle n’apparaît pas tout de suite, l’accent étant mis sur l’enquête (le coup ?) de Max, elle interprète avec toujours le même talent cette jeune femme amoureuse, victime et instrument dans les mains e ce policier qui ne veut pas dire son nom (et surtout sa fonction), mais qui est amoureux d’elle (2).


Et au final, nous avons un film plutôt sombre – voire noir ? – où Max va tout maîtriser jusqu’au point de rupture qui le fera plonger par amour (non révélé) pour cette jeune prostituée rencontrée quelques semaines (jours ?) plus tôt.

 

ATTENTION, une grande partie de la résolution de l’intrigue va être révélée.

 

Bien sûr, Piccoli est formidable, tout en sobriété, face à d’autres pointures telles Georges Wilson (le commissaire) ou encore François Périer (Rosinsky, inspecteur à Nanterre où vivent les ferrailleurs). Mais ce qui fait la force – involontaire ? – de ce film, c’est le contraste, voire l’opposition de l’intrigue par rapport à l’objectif annoncé de ce même Max : certes, il v a amener ces petits truands à passer à l’acte, mais son geste final envers Rosinsky, mais surtout pour Lily, remet totalement en cause sa position initiale.

Qu’est-ce qu’on est idiot quand on est amoureux ? Je ne pense pas.

Max, de ce fait, donne les limites de cette politique sécuritaire qu’il appelle de ses vœux.

Rien n’est simple : le monde n’est ni blanc ni noir.

 

Un film à voir. Vraiment.

 

  1. « Moi, les peaux-rouges je vais plus les envoyer devant les jurés de la Seine, comme ça il n’y aura plus de non-lieu ni de remise de peine : je veux organiser la Saint Barthélémy du mitan ! » (Louis Josse)
  2. Qui ne le serait pas à sa place ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Peter Brook
Sa Majesté des mouches (Lord of the Flies - Peter Brook, 1963)

A Bernard Hamel, en souvenir de ses merveilleux cours de littérature anglaise.

 

Alors que le générique de présentation se déroule, des images d’avions succèdent à celles d’élèves dans quelque grande école anglaise (Eton ?), sous l’égide de l’inamovible Big Ben. Quand le nom de Peter Brook s’inscrit, l’avion s’est écrasé en mer, laissant comme seuls survivants de jeunes garçons, perdus sur une île déserte, mais pas tant que ça.

Rapidement, ils vont reproduire les codes sociaux de leur pays, désignant Ralph (James Aubrey) comme leur chef, soutenu par un autre « grand » : Jack Merridew (Tom Chapin).

Et comme ils ont copié les codes sociaux de leurs aînés, des dissensions vont naître, entre Jack et son groupe de chasseurs et Ralph, garant du bon fonctionnement de cette microsociété infantile.

 

C’est vraiment une très belle adaptation du roman de William Golding que nous propose ici Peter Brook (qui a fêté ses 96 ans en mars dernier), fidèle sans toutefois l’adapter à la lettre, tributaire du jeu improvisé des enfants : seule la trame du récit est conservée ainsi que quelques répliques emblématiques (1), le reste étant improvisé par les enfants. Et comme tout fut tourné en bord de mer, le bruit de ressac obligea ces mêmes enfants à réenregistrer leurs dialogues après une journée de tournage afin de bien les comprendre. Cette dernière précision explique aussi la grande part prise par le silence dans le film, le son devenant alors d’une grande pertinence. Mais cela explique aussi la diction particulière de Hugh Edwards (Piggy) qui manque un tantinet de naturel.

 

Et puis il y a la bête. Elle n’est pas identifiée par les enfants qui vont la craindre et en même temps vouloir s’en débarrasser. Cette bête est tout à fait réelle même si elle n’a rien d’animal (comprenez « non humain »), mais la véritable, celle qu’on ne voit pas est celle qui donne son titre au film : le Diable. Pourtant la seule référence visuelle qu’on en a est la tête de cochon exposée sur une pique en offrande, grouillant de ces mouches affamées qui font bombance.

Pour tant le Mal est omniprésent dans cette intrigue, générée par Jack qui va faire basculer ce qui ressemble à une démocratie – réglée par la conque de parole – en société totalitaire violente dirigée d’une main de fer par Jack, ce chef vénéré et craint que progressivement les soutiens de Ralph vont rejoindre, par peur d’éventuelles représailles.


Il ne faut pas oublier que le roman a été publié neuf ans avant la sortie du film et que le souvenir de la deuxième guerre mondiale était encore vivant pour les lecteurs. Et cette bête devient le prétexte à l’instauration de ce régime autoritaire par Jack qui n’est pas sans rappeler celui qui s’étendit sur l’Europe la décennie précédente.

Et comme nous le disait le professeur à qui est dédié cet article, si le film avait été en couleurs, on aurait vu les couleurs rouge blanc et noir sur les corps de Jack et ses acolytes, ces mêmes couleurs qu’on retrouve sur le drapeau nazi.

 

AU final, c’est un film assez dur qu’a réalisé ici Peter Brook, aussi dru que l’est e roman, n’éludant pas les morts (il y en a) malgré la présence (presque) exclusive d’enfants. Ces enfants n’ont rien à envier aux adultes qu’ils ont copiés – presque trop bien – jusqu’à en reproduire les dérive mortifères. Mais ce sont tout de même ces adultes qui vont interrompre cette situation dégénérée, sonnant en quelque sorte la fin d’une récréation funeste.

Et comme le conflit pour mondial précédent, c’est l’armée qui y met un terme.

Pas très optimiste tout ça…

 

(1) « Kill the pig ! Slit her throat ! Bash her in ! » (Tuons le cochon ! Egorgeons-le ! Assommons-le !) ; « I’ll hunt and feast and have fun » (je vais chasser, faire la fête et m’amuser).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #William A. Wellman
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - William Wellman, 1935)Wi

Deuxième adaptation du roman de Jack London, il ne faut pas s’attendre à une grande exactitude. En effet, outre le chien et Jack Thornton, on ne retrouve pas grand-chose de ce roman devenu mythique.
Mais cela est tout à fait normal : nous sommes au cinéma. Et aussi, parce que le Code Hays qui sévit depuis presque un an à Hollywood (et sur toute la production hollywoodienne) n’aurait pas permis une plus grande fidélité à l’œuvre originale : il faut dire que la fin est plutôt tragique et violente, deux raisons d’en faire autre chose.

Mais si l’adaptation est loin d’être fidèle, le reste est fort appréciable, mais reprenons.

 

Jack Thornton (Clark « Rhett » Gable) retrouve son ami Shorty (Jack « Napaloni » Oakie) et decide de partir en expedition avec lui pour retrouver la mine d’or d’un certain John Blake (Frank Conroy) parti avec son épouse Claire (Loretta Young et ses beaux yeux tristes).

En chemin, ils rencontrent cette dernière que son mari a laissée pour chercher du secours. Les deux aventuriers emmènent Claire vers cette mine, à travers l’Alaska sauvage. Parmi les chiens qu’ils ont achetés pour ce périple se trouve Buck, un bâtard à moitié sauvage que ses racines ne cessent d’appeler.

Mais la mine de Blake fait beaucoup d’envieux, et pas toujours très recommandables…

 

Oui, nous sommes loin du roman, mais la présence de Clark Gable et Loretta Young vaut toutes les digressions, avec en prime un Jack Oakie formidable en faire valoir de Gable. Et comme en plus c’est Wellman qui dirige, il n’y a pas de quoi bouder son plaisir.

Et comme c’est Wellman, on peut être sûr qu’il va tout faire pour donner une vision réaliste de ce que nous allons voir. Et c’est le cas. Ce Nord terrible est un vrai piège pour les humains et tout ne va pas se passer comme prévu. Surtout entre Jack et Claire, dont nous nous doutons rapidement qu’ils vont tomber amoureux l’un de l’autre. Mais ce n’est pas le coup de foudre habituel et cet amour va progressivement grandir avant le premier baiser attendu (1). Ce sont des regards, et des petits gestes qui motivent – ou sont motivés par – ces mêmes regards qui vont amener à cet amour naissant. Mais même cet amour ne sera pas si facile : Blake va revenir !

 

Bien sûr, il y a cet « appel du monde sauvage » (2) pour Buck, et ce dernier est un chien magnifique au passé trouble (3), mais il n’est lui aussi qu’un faire-valoir de Thornton, une sorte d’alibi pour le film.

Quoi qu’l en soit, on se délecte de ces grandes étendues et de cette intrigue presque aussi sauvage que le titre, où même la fin fut retournée afin d’éviter la mort de Shorty, pourtant annoncée par ses dés. Par contre, la mort frappe tout de même, une sorte d’instant karma pour le méchant du film (il y en a toujours un, rappelez-vous le précepte hitchcockien), l’infâme Smlith (Reginald Owen) et ses deux complices franchement patibulaires (4).

 

Quant à la fin, sans pour autant tout dévoiler, sachez qu’elle respecte le Code déjà cité, Clark Gable interprétant, comme d’habitude, un homme d’honneur et de grande dignité, même s’il nous montre qu’il tient bien l’alcool (le Volstead Act a été abrogé, ne l’oublions pas !).

 

  1. Bien sûr qu’il y en a un. Il n’était pas possible d’imaginer y couper !
  2. Plus proche du titre original que celui de la forêt.
  3. Que vous ne connaîtrez que si vous lisez le roman.
  4. Mais presque ?

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Charles Crichton
Un Poisson nommé Wanda (A Fish called Wanda - Charles Crichton, 1988)

Depuis 1982 et le Monty Python: Live at the Hollywood Ball, beaucoup de spectateurs, dont je fais partie, guettent avec intérêt les différentes sorties mettant en scène les différents membres de ce sextet extraordinaire. Bien sûr, Terry Gilliam nous a régalés plus d’une fois, mais quand il fut annoncé la sortie de ce film mettant en scène deux des plus fameux membres de ce groupe (les plus populaires, peut-être, mais après c’est plus une question de goût), ce fut la liesse !

John Cleese (le grand) et Michael Palin (l’autre) sont de retour ensemble – vraiment, même s’ils ne sont réunis qu’à la fin – pour notre plus grand plaisir !

 

Donc, une équipe de braqueurs – George Thomason (Tom Georgeson, notez l’interversion), Otto West (Kevin Kline), Ken Pile (Michael Palin) et Wanda Gerschwitz (Jamie Lee Curtis) - va mettre la main sur 13 millions de livres en diamants. Mais le goût du lucre et une bonne dose d’égoïsme vont décider Otto et Wanda à dénoncer George qui sera arrêté et en attente de jugement, défendu par un ténor du barreau, Archie Leach (John Cleese).

Si Wanda a la clef qui mène au coffre où est caché le butin, il lui manque l’emplacement du coffre. Elle va donc fréquenter Leach pour lui extorquer le renseignement nécessaire pour toucher le pactole.

 

Si Charles Crichton n’est pas le premier venu dans le cinéma britannique (il réalise depuis une bonne quarantaine d’années), il reçoit ici un secours inappréciable en la personne de John Cleese qui, outre son interprétation irrésistible dans ce rôle d’avocat ultra british, a contribué grandement au scénario : on retrouve d’ailleurs la patte remplie de nonsense de cet ancien Python, mêlant avec bonheur les différentes formes de comique classique : visuel, de mot et psychologique. La présence de son complice Michael Palin ne fait qu’accentuer l’aspect absolument absurde et foutraque qu’on aime chez les hommes du Cirque volant (1).

 

Mais malgré ces gages d’humour irrésistible, c’est un troisième homme qui l’emporte dans la loufoquerie débridée : Kevin Kline. Il y a chez cet acteur la marque des grands. J’ai déjà écrit sur certains films dans lesquels il tient des rôles prépondérants, et celui d’Otto West ici les surpasse tous. Il est un abruti absolu, mélangeant les références tout en se donnant des allures d’intellectuel : mais comme le lui dit Wanda, lire Nietzsche est à la portée de n’importe qui, le comprendre est une autre paire de manche.

Otto est, malgré ses différentes menaces à ceux qui le considèrent ainsi, l’archétype du type stupide, possédant en outre quelques tics notables comme se respirer les dessous de bras avant de faire l’amour, ou respirer à travers la botte en cuir de sa partenaire… Mai surtout il est d’une jalousie maladive qui amène des situations des plus absurdes dont en général Archie Leach fait les frais.

 

Et dans l’ensemble, les quatre membres de ce quatuor ont des rôles bien définis et des plus complémentaires : de la séductrice prête à tout pour emporter le magot mais ne résistant pas à une langue étrangère, à l’avocat coincé qui se révèle au contact de la jeune femme, en passant par le tueur psychopathe (Otto) et l’autre qui bégaie (Ken), nous avons une belle brochette de dingos tous plus attachants les uns que les autres.

A cela s’ajoute les différentes situations amenant le comique sous les formes annoncées ci-dessus : Leach criant « Wanda » en plein tribunal avant de se rattraper avec un jeu de mot des plus bancales (assez plat en VF, d’ailleurs, mais que voulez-vous), Ken tentant désespérément de tuer une veille dame témoin du braquage, et Otto réservant un sort particulier au poisson du titre…

 

C’est un festival. Absolument improbable, mais qu’importe : au cinéma, tout est possible. Surtout quand un ancien des Monty Python est aux commandes, sinon derrière la caméra, du moins de bout en bout du scénario…

 

  1. Monty Python’s flying Circus était le nom de leur émission diffusée pour la première fois en 1969.
  2. « Don’t call me stupid » est la réplique qu’il répète le plus souvent (« ne me traitez pas de débile » dit la VF)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Barbet Schroeder
More (Barbet Schroeder, 1969)

Stefan (Klaus Grünberg) arrive de Lübeck (Schleswig-Holstein) à Paris, en transit vers le Maghreb : récemment diplômé en mathématiques, il entend bien étudier les mathématiciens arabes avant de se lancer dans la vie active. Dans la capitale, il rencontre Charlie (Michel Chanderli), un petit escroc sympathique qui lui donne accès à ses petites combines (il faut bien vivre) et une certaine vie parisienne un tantinet insouciante où la jouissance prônée en mai semble la règle.

Nous sommes en 1968, et le mouvement hippie vient de s’installer en Europe, avec ses idéaux pacifiques, son amour libre, mais aussi son usage pas vraiment raisonné de la drogue…

 

En France, nous en étions restés à Razzia sur la Schnouff, sorti quinze ans plus tôt et qui dressait un tableau du trafic de drogue dans Paris, du producteur jusqu’au consommateur, ce dernier n’étant pas le plus important de la filière. En effet, outre le jeune homme secoué de spasmes qui clôturait le film, Henri Decoin ne nous montrait pas spécialement les effets nocifs de la drogue auprès des consommateurs. Aux Etats-Unis, par contre, cela fait déjà plus de quatre décennies que les spectateurs ont été avertis de la dangerosité des drogues : la mort prématurée de Wallace Reid, ultra-dépendant à la morphine suite à un accident de travail (1), avait motivé Dorothy Davenport, sa veuve, à produire et coréaliser Human Wreckage (1923), un film-documentaire sur les méfaits de ces substances (2).

 

Alors quand sort le film, en octobre (3), c’est plutôt un choc pour les spectateurs, Barbet Schroeder dressant un portrait sans concession de l’usage des drogues. Et surtout, il montre la lente et progressive déchéance de ce jeune homme « bien sous tout rapport » qui met le doigt dans l’engrenage, et ce pour une bonne raison : il est amoureux. Il est amoureux de la belle Estelle (Mimsy Farmer) qui va progressivement l’initier à l’amour libre et surtout aux drogues de plus en plus dures, jusqu’à l’héroïne fatale.

Et le titre du film (more = plus) est extrêmement bien choisi, il illustre et annonce l’accoutumance inévitable à l’héroïne qui amène ses consommateurs à en vouloir toujours plus, à la recherche illusoire de leur premier voyage (trip) : illusoire parce que jamais on ne l’atteint une seconde fois.

 

Et Schroeder, pour bien souligner l’effet néfaste du produit, va faire monter son film par Rita Roland et Denise de Casabianca comme un immense trip. Cela commence doucement, avec introduction progressive des différentes substances jusqu’à la frénésie liée au manque qui va accélérer le montage à mesure que l’état de Stefan se détériore, à la recherche toujours plus forte et plus rapprochée de paradis artificiels. Cette frénésie cinématographique est à rapprocher de la chanson du Velvet Underground sorti deux ans avant le film et qui porte le titre emblématique d’Heroin, dans laquelle le rythme s’intensifie et s’accélère à mesure que la drogue pénètre l’esprit de celui qui raconte son expérience jusqu’à l’extase attendue.

Mais ici, l’extase attendue ne viendra plus.

Et puisqu’on parle de musique, le succès du film est aussi dû à la présence de Pink Floyd qui signe ici une bande originale en totale adéquation avec le sujet, des titres planants, « groovy » comme dit Estelle à propos du formidable Cymbaline, derniers soubresauts de cette ère psychédélique qui avait fait connaître le groupe.

 

Bref, ‘est un véritable témoignage d’une époque que nous présente ici Barbet Schroeder pour son premier long-métrage. Un témoignage d’une époque où l’usage de la drogue était encore normale, même si pas toujours très légal (4), et nombre des figurants hippies étaient de véritables membres de cette communauté naissante.

A voir, donc, et à écouter.

 

  1. Sur un tournage.
  2. Ce ne fut pas le seul film traitant de ce fléau.
  3. Il fut présenté à Cannes en mai.
  4. rarement d’ailleurs, et ce malgré l’espoir énoncé par Estelle que ce sera « légalisé dans cinq ans. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Frank Oz
In and out (Frank Oz, 1997)

Bienvenue à Greenleaf, une immense grande petite ville d’Indiana. Outre une communauté soudée, on y trouve un professeur de littérature anglaise hors du commun. D’ailleurs, le jeune acteur prodige Cameron Drake (Matt Dillon), qui vient d’être récompensé de l’Oscar suprême le lui a dédié : il fut l’inspiration de son personnage à l’écran, un soldat émérite mais qui avait le défaut (pour l’armée des Etats-Unis) d’être homosexuel.

C’est la consternation à Greenleaf : ce professeur, Howard Brackett (Kevin Kline), serait homosexuel! Pourtant, il doit se marier très prochainement avec Emily Montgomery (Joan Cusack) après trois années de « fiançailles »…

 

Bien sûr, c’est le discours de Tom Hanks lors de sa récompense pour son rôle dans Philadelphia qui est la base de l’intrigue, mais Frank « Yoda » Oz transforme cette situation en comédie un tantinet grinçante, où l’homophobie en prend pour son grade, sans toutefois ouvrir de polémique (1).

Et la réussite de cette comédie, c’est aussi de jouer sur les stéréotypes habituels concernant l’apparence ou certains penchants – puisque Howard nie catégoriquement être homosexuel – les tournant en ridicule : il n’y a que la dérision qui peut lutter efficacement contre les préjugés (2).

 

Outre cette situation, le jeu des différents interprètes est aussi un gage de réussite. Kevin Kline est magistral, lui qui fut cet incroyable amant de Jamie Lee Curtis dans A Fish called Wanda (3), d’une virilité décomplexée. Kline confirme, s’il en était besoin, l’étendue de son talent. Autre personnage qu’on n’attendait pas dans ce registre : Tom « Magnum » Selleck (Peter Malloy, le journaliste), qui a rasé sa mythique moustache pour l’occasion. Outre être un journaliste sensationnaliste, il est le deuxième élément déclencheur de l’intrigue, amenant le rebondissement (presque) inattendu qui va la relancer vers une résolution certes convenue, mais tout de même très réjouissante.

 

Bref, on s’amuse, on rit même beaucoup (enfin moi, en tout cas), mais on se dit que ce n’est tout de même pas gagné pour la communauté homosexuelle un peu partout dans le monde. Si Howard, « dénoncé » comme homosexuel, est accepté par sa famille, la position du directeur de son école (Bob Newhart) est malheureusement très répandue dans le monde et par conséquent aux Etats-Unis d’où vient le film, même près de vingt-cinq ans après sa sortie. Là encore l’actualité nous le rappelle régulièrement : de la Hongrie d’Orban à la Russie de Poutine (4), les homosexuels ne sont pas à la fête.

 

  1. Sauf toujours chez ceux qui en sont atteints : malheureusement, l’homophobie ne se soigne pas…
  2. Il suffit de voir les atteintes à la vie qui font régulièrement l’actualité : comiques et dessinateurs de presse sont toujours des cibles privilégiées chez les enragés de tous poils.
  3. C’est d’ailleurs la statuette qu’il remporta avec ce film qui est utilisée ici.
  4. La liste est longue qui comprend ces deux noms.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Guerre, #Jean-Pierre Melville
Léon Morin, Prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961)

Barny (Emmanuelle Riva) est la jeune veuve d’un juif communiste. Elle élève seule sa jeune fille (Marielle et Patricia Gozzi), qu’elle envoie à la campagne pendant qu’elle travaille à la ville. Nous sommes en 1940 et cette ville est occupée par les soldats italiens. Plus tard viendront les Allemands.

Par bravade, elle entre dans un confessionnal, ayant la volonté de choquer le prêtre qu’elle soupçonne d’origine paysanne, et donc peut-être un tantinet bourru. Au lieu de cela, c’et un beau jeune homme, Léon Morin (Jean-Paul Belmondo) qui va instaurer un dialogue avec cette jeune femme perdue (moralement), la ramenant à la fois, en même temps qu’il va développer (involontairement) des sentiments amoureux chez elle.

 

Jean-Paul Belmondo était – en 1961 – la star montante de la nouvelle génération, capable de tout jouer, bien loin de l’image qu’il donnera de lui une vingtaine d’années plus tard, quand il enchaînera les rôles musclés avec cascades dans des films de qualité fort inégale…

Ici, il est un jeune prêtre phénoménal, inconscient du charme qu’il dégage et dont il craint tout de même les effets, restant continuellement dans les canons de l’Eglise catholique, en ce qui concerne le célibat des prêtres, s’entend. Le choix du beau Jean-Paul est d’ailleurs une des conditions sine qua non du succès du film : Barny ne peut être attirée que par un beau jeune prêtre.

A ses côtés, Emmanuelle Riva est elle aussi extraordinaire, interprétant cette femme qui se transforme, narratrice objective de cette transformation spirituelle dans une époque on ne peut plus troublée. De prime abord décontenancée par ce jeune prêtre au discours inattendu – surtout en 1940 – elle va peu à peu s’élever (spirituellement, bien sûr) au contact de cet homme.

 

Cette élévation est, à mon avis, le centre de l’intrigue. Elle se traduit surtout par la fréquentation du jeune prêtre dans l’appartement qu’il occupe dans la cure. En effet, c’est tout en haut du bâtiment qu’il a ses quartiers, et Barny va devoir sans cesse monter (physiquement) pour s’élever (spirituellement) : une quête pas seulement symbolique d’un paradis possible, ou tout du moins d’une quelconque rédemption.

Cette élévation vers Dieu va d’ailleurs muer : Morin représente la figure divine et Barny n’aura de cesse de s’en rapprocher, et comme « Dieu est amour » (1), elle ne peut que tomber amoureuse de cette image.

 

Mais cette image divine de Léon Morin possède en elle-même un paradoxe. Dans les Ecritures, aller vers Dieu, c’est aller vers la lumière. Or à chaque rencontre qui voit les deux protagonistes éclairés par quelque lampe, c’est elle qui reflète le plus fortement cette lumière, lui étant toujours moins lumineux. On notera d’ailleurs une superbe utilisation du noir et blanc (encore une fois) et surtout le magnifique travail d’Henri Decaë (dont c’est la quatrième collaboration avec Melville) derrière la caméra.

De plus, les reflets abondent dans le film. C’est le reflet d’une vitrine qui montre l’arrestation de deux hommes par les Allemands, mais ce sont surtout les reflets de Barny dans différents miroirs qui émaillent sa quête spirituelle (et amoureuse). Les miroirs de son âme ?

 

Au final, c’est à nouveau un film magistral que nous propose ici Jean-Pierre Melville, servi par un duo à la hauteur de l’événement. On retrouve le savoir-faire de Melville dans le découpage précis et équilibré, ainsi que dans la progression de l’intrigue. Melville prend son temps mais sans pour autant faire durer les séquences, interrompant par un fondu au noir quand le propos est énoncé. On retrouvera d’ailleurs cette construction et cette sobriété dans L’Armée des ombres, autre film emblématique du réalisateur. Et par certains côtés – l’époque et le rythme – on retrouve l’atmosphère du Silence de la Mer, son premier grand film (dans tous les sens du terme). D’ailleurs, Howard Vernon, qui y interprétait l’Occupant (au sens large) fait ici une apparition remarquée.

 

Un beau film. Tout simplement.

 

PS : trois mois environ après la sortie du film (le 25 décembre), Jean XXIII convoquait le concile Vatican II qui se tiendrait l’année suivante. Bien sûr, il n’y a aucun lien entre les deux événements. Juste le reflet (encore une fois) d’une tendance vers l’évolution de l’Eglise catholique, très bien exprimée par ce Léon Morin, prêtre tout de même bien singulier.

 

(1) C’est bien connu.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Reginald Barker, #Thomas H. Ince, #Frank Borzage
La Colère des dieux (The Wrath of the gods - Reginald Barker, 1914)

Toya San (Tsuru Ayoki) est une belle jeune fille japonaise qui souffre de la malédiction familiale : alors que les hommes la trouvent désirable, il est toujours un prophète – le vieux Takeo (Kisaburô Kurihara) – pour le rappeler à ses concitoyens. Malheureuse, elle s’ouvre à son père Yamaki (Sessue Hayakawa) qui confirme cette ancienne malédiction annonçant la fin de sa lignée (personne ne doit épouser sa fille).

Alors qu’elle renie ses dieux puissants, une tempête se lève qui va faire échouer un schooner sur lequel naviguait Tom Wilson (Frank Borzage). Seul rescapé, ce dernier est accueilli par Yamaki et sa fille. Rapidement, il va tomber amoureux d’elle et vouloir l’épouser. Seulement voilà, le vieux prophète ne l’entend pas de cette oreille-là et rameute les villageois…

 

Quelle distribution : Barker, Borzage et Hayakawa ! Sans oublier Ince, bien sûr à l’écriture et la production (1). Et comme c’est Barker qui réalise, nous pouvons être sûrs de l’honnêteté de cette dernière. Il y a un souci de réalisme et d’authenticité dans ses films qu’on va trouver dès la séquence d’ouverture qui voit les personnages se positionner progressivement. Cette honnêteté se traduit aussi par la présentation des différents interprètes du film qui, par un fondu enchaîné, nous apparaissent tels qu’ils sont dans le film. Ces interprètes saluent le public d’entrée, amenant une proximité entre le spectateur et ce qu’il se passe sur l’écran.

Autre élément de cette volonté d’authenticité : le choix des interprètes principaux. Outre les trois premiers Japonais cités précédemment, on trouve aussi dans un rôle secondaire mais important, Kuraichi « Henry » Kotani : ces quatre interprètes sont tous de véritables japonais, à l’opposé de Richard Barthelmess dans Broken Blossoms qui aura un rôle de « yellow face » (3).

 

Par contre, nous sommes en 1914, et la technique, déjà bien rôdée depuis près de 20 ans qu’existe le cinéma, a encore quelques progrès à faire, surtout pendant la séquence-catastrophe : enfin surtout les plans d’ensemble qui montrent les différentes explosions d’un volcan, parce que quand le cadrage se resserre sur des éléments particuliers des effets de ces explosions, le charme agit et on y croit ! (2)

Bien entendu, on n’échappe pas au caractère édifiant du film et ses rapports aux religions : bouddhiste et chrétienne. Et la norme sociale et morale de l’époque ne pouvait laisser le bouddhisme vaincre le christianisme, même à plusieurs milliers de kilomètres de Jérusalem (berceau des religions monothéistes)…

 

Par contre, ce qui est remarquable dans ce film, c’est le mariage mixte : une jeune femme d’origine asiatique et un jeune homme américain (ou le contraire) ne se mélangent pas beaucoup en 1914 aux Etats-Unis.

Et l’émeute provoquée par le prophète et qui se termine dans le sang ressemble beaucoup à ce qu’il se passait alors aux mêmes Etats-Unis quand il était question de mariage mixte (4).

Et encore une fois, Barker filme avec beaucoup de justesse cet épisode tragique, qui me fait dire que la bêtise et l’intolérance n’ont pas de frontière.


Et comme c’est Reginald Barker qui dirige, nous avons droit à un plan qui lui ressemble : celui qui conclut le film et montre Toya San et Tom Wilson, sains et saufs sur le bateau.

 

  1. C’est presque obligatoire dès qu’on parle de Reginald Barker.
  2. Les plans d’ensemble du volcan montrent vraiment trop qu’il s’agit d’une maquette. Patience, dans quelques décennies, nous aurons les effets spéciaux numériques…
  3. Puisqu’on parle de « black face » pour les acteurs blancs de l’époque qui interprétaient des personnages noirs, peut-on parler de « yellow faces » pour ceux qui interprètent des Asiatiques ?
  4. Entre deux personnes de couleurs différentes

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Mike Flanagan
Doctor Sleep (Stephen King's Doctor Sleep - Mike Flanagan, 2019)

40 ans après (enfin presque), Danny Torrance (Ewan McGregor) revient sur les écrans. Bien sûr, il a grandi et surtout vieilli. Mais son don est toujours là, il continue de briller (1), mais a plutôt tendance à vivoter. En 2011, alcoolique, il débarque à Frazier, une petite ville et est pris en main par Billy Freeman (Cliff Curtis). Il est même embauché à l’hôpital en tant qu’aide-soignant, et va accompagner les vieilles personnes dans la mort, les amenant à s’endormir en paix, d’où son surnom qui sert de titre au film : « Doctor Sleep » (2).

Un soir, alors qu’il rentre chez lui, il voit qu’on a écrit sur un des murs de sa chambre : c’est Abra Stone (Kiliegh Curran), une petite fille qui a comme lui le shining. Le temps passe (8 ans) et un groupe de marginaux se fait connaître : emmenés par Rosa The Hat (Rebecca Ferguson), ce sont des personnes qui comme Danny et Abra possèdent le shining, mais l’utilisent àa des fins inavouables. Ils vont bientôt s’en prendre à Abra, qui va appeler Danny à l’aide.

 

Le titre original pose les choses : Stephen King’s Doctor Sleep. En effet, après Anthony Burgess pour Orange mécanique  (1971), ce fut au tour de King de se brouiller avec Stanley Kubrick après l’adaptation de son livre. Alors cette fois-ci, il n’était pas question de laisser échapper la maîtrise de l’adaptation. Et dans l’ensemble, l’adaptation est bonne. Et c’est peut-être là que le bât blesse : à force de tout vouloir montrer (et expliquer), Mike Flanagan, qui signe ici un film honorable, n’atteint pas la qualité – immense – du film de Kubrick, qu’il admire par ailleurs.

Certes, les séquences dans l’hôtel Overlook sont un vibrant hommage au maître disparu vingt ans plus tôt, mais rendre hommage ne suffit pas pour faire un grand film.


Et d’une manière générale, Flanagan pêche par excès. Plus ou moins influencé par l’écrivain, il fait un film beaucoup trop démonstratif : la suggestion, le mystère disparaissent pour laisser place à des certitudes (visuelles) : on ne retrouve à aucun moment l’atmosphère lourde et malsaine du film de Kubrick, véritable attrait du film : pas de cadrage singulier ni de véritable montée de la tension accentuée par ces mêmes cadrages. Seuls restent les personnages du premier opus, remplacés par de nouvelles têtes – normal, ceux qui ne sont pas morts n’ont plus vraiment le même âge.

Et si on reconnaît certains plans empruntés au film de 1980, ils n’engagent qu’à sourire, plutôt qu’à amener une véritable tension, voire un sentiment de malaise et d’épouvante comme ce fut le cas.

 

Restent tout de même le trio d’interprètes principaux, qui s’en sortent très honorablement, et en particulier les deux rôles féminins, mais on ne peut que tiquer devant une intrigue tout compte fait prévisible et trop peu mystérieuse.

Dommage.

 

  1. En VO : to shine = briller
  2. Docteur Sommeil

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dessin animé, #Comédie, #Astérix, #Alexandre Astier, #Louis Clichy
Astérix : Le Domaine des dieux (Alexandre Astier & Louis Clichy, 2014)

Il est très difficile d’adapter une bande-dessinée au cinéma. Et encore plus quand il s’agit d’un classique par mi les classiques. Ici : Le Domaine des dieux. (Goscinny & Uderzo, 1971)

Il s’agit d’une bande-dessinée phare des aventures du petit Gaulois (et de son énorme complice) où les baffes aux Romains sont enveloppées dans des considérations anti-esclavagistes voire des négociations en rapport avec la copropriété : les Romains – dans le livre – gèrent le Domaine des dieux abandonné par les civils, comme des petits propriétaires sûrs de leur bon droit. Bref, des réjouissances en perspective !

Et à la différence des diverses adaptations de la décennie, précédente, le film d’Alexandre Astier (et Louis Clichy) fonctionne parce qu’il utilise avec brio les images de synthèse : au lieu de recréer un environnement réaliste à une histoire difficilement adaptable (1), Astier et son équipe vont recréer numériquement le décor du guerrier le plus connu (après Vercingétorix, cela va de soi).

 

Donc Astérix (voix de Roger Carel – encore lui, mais c’est aussi sa dernière contribution) va se battre contre l’urbanisation galopante, et ce malgré les artifices du druide Panoramix (voix de Bernard Alane) qui s’efforce de contrer les efforts de l’architecte Anglaigus (voix de Lorànt Deusch), qui a été mandaté par César (voix de Philippe Morier-Genoud) pour construire un domaine ,moderne censé anéantir le village gaulois ou au mieux (pire ?) le transformer en amphore-ville (2).

Bien entendu, nos Gaulois ne sont pas d’accord même si l’appât du gain va presque réussir à changer les mentalités.

 

Alexandre Astier, à qui nous devons la formidable série Kaamelot, ne s’est pas trompé en adaptant – graphiquement – les aventures de notre petit Gaulois préféré. En effet, outre Alain Chabat, personne n’a réussi à mettre en scène d’une manière réaliste les aventures du petit Gaulois avec succès (1). En utilisant exclusivement des images de synthèse, ce que les autres auraient dû faire, il n’a pas de problème de vraisemblance voire de réalisme : nous sommes dans le domaine du dessin animé, et donc, comme disait Tex Avery, « tout est possible ». Même des Romains qui sautent hors de leurs caligæ, pour notre plus grand plaisir.

 

Mais ce qui nous ravit, c’est cette adaptation à l’intrigue initiale qui est respectée sans toutefois la suivre à la lettre : la partie syndic de copropriété, un tantinet complexe est abandonnée pour une histoire plus abordable avec, bien entendu, force baffes et bourre-pifs pour les Romains : mais n’est-ce pas ce que nous attendions ?

 

Une très belle adaptation qui fait passer même celles des créateurs originaux pour de simples anecdotes…  En aurait-il été de même si Goscinny avait survécu à cet exercice cardiaque fatal (4) ? Très certainement : Goscinny et Uderzo auraient su évoluer avec leur époque.

 

  1. Sauf pour Alain Chabat.
  2. Les amphores servaient alors de bidon (Goscinny).
  3. D’ailleurs, le même a  lai Chabat a participé au film : il double le sénateur Prospectus, avatar du personnage Volfgangamadeus (tout un programme) qu’on trouve normalement dans Astérix chez les Belges.
  4. 5 novembre 1977.

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