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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Julien Duvivier
Le Golem (Julien Duvivier, 1936)

Prague, 1610.

Le rabbin Loew est mort, mais les Juifs sont toujours victimes de répressions impériales dirigées par le chancelier Lang (Roger Karl), un converti, pendant que l’empereur Rodolphe (Harry Baur) lutine, surtout la comtesse Strada (Germaine Aussey).

Mais si le rabbin est mort, sa créature, le Golem (Ferdinand Hart), est toujours présente, à l’abri de tous, dans la synagogue.

Cette créature fait peur à ce même empereur qui veut la détruire. Mais la prophétie de Loew est claire : il doit revenir apporter la justice pour tous (et surtout les Juifs).

 

Si Julien Duvivier était un chroniqueur acerbe et juste de son époque, ses escapades temporelles n’ont pas la même sagacité. Ce Golem, sorte de fausse suite juive de son Golgotha où un nouveau personnage s’élève du peuple pour combattre les injustices. Bon, c’est un peu tiré par les cheveux, mais l’analogie est tout de même là.
Par contre, ce qui n’est pas là, c’est la dimension fantastique qui accompagne le personnage et dont j’ai déjà parlé ici avec le film de Paul Wegener (1).

 

Certes, Duvivier n’est plus un débutant au cinéma, et on trouve de ci de là des éléments réjouissants comme l’utilisation des ombres sur les murs, mais le grand Julien n’était pas un cinéaste allemand et ça se voit tout de suite. Si ses personnages n’ont pas la bassesse habituelle, ils n’en demeurent pas moins bien français, et Harry Baur, malgré tout le talent qu’il avait, passe difficilement pour un souverain tchèque, aussi fou soit-il. Par contre, sa prestation, un tantinet outrancière met bien en évidence la folie de son personnage, mais cela ne va pas plus loin.

 

Et puisqu’on en est à l’interprétation, on sent une atmosphère très empesée dans ces différents personnages qui déclament parfois plus qu’ils ne jouent. Et cette grandiloquence a tendance à émousser l’intérêt du spectateur (en tout cas, c’était comme ça pour moi).

Encore une fois je rejoins mon ami le professeur Allen John quand il regrette que le cinéma français n’était pas capable de développer un cinéma fantastique sérieux à cette époque (et depuis ?).

Et au final, on a un film qui se laisse regarder, mais sans plus, ce qui est décevant de la part de Julien Duvivier. Heureusement que cette même année, il a sorti La belle Equipe (2). Ca compense.

 

Un telle suite se justifiait-elle ? Bien sûr que non. (3)

 

  1. Celui de 1920, bicôze celui de 1915 n’est plus visible (il ne reste que la deuxième bobine, et encore…).
  2. Aimos qui y interprète Tintin est là aussi : il est Toussaint, le serviteur d’un camelot français (Roger Duchesne).
  3. C’est d’abord une pièce de théâtre créée en 1931. Cela n’empêche pas que ce n’était pas nécessaire…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Terry Gilliam
Le Théorème Zéro (The Zero Theorem - Terry Gilliam, 2013)

Le « Théorème Zéro », c’est celui qui explique tout et rien : le chaos. Mais le chaos a un prix, et c’est ce que veut prouver Management (Matt Damon), pour l’exploiter, bien entendu. Pour cela, il missionne Qohen Leth (Christoph Waltz), un misanthrope génial mathématiquement, mais inadapté socialement, qui attend LE coup de téléphone décisif, celui où on répond « oui » sans hésiter.

Mais le coup de téléphone ne vient pas, l’angoisse augmente avec le stress et le Théorème n’avance pas. Et ce malgré l’aide de Bob (Lucas Hedge), le fils de Management, de la belle Bainsley (Mélanie Thierry), ou de la psy virtuelle (Tilda Swinton, réjouissante)...

 

Magnifique.

Du pur Gilliam. A nouveau, le grand Terry nous emmène dans un monde imaginaire aux caractéristiques très réelles, véritable synthèse de mondes déjà proposés par cet immense medium qu’est le cinéma, mais avec la folie du réalisateur. On y retrouve les éléments de ses précédents films de science-fiction – Brazil ou L’Armée des 12 singes (1) – avec cette même lueur pessimiste.

Physiquement, Qohen ressemble à James Cole (L’Armée), et tout comme Sam Lowry (Brazil), il passe sa vie derrière un écran d’ordinateur. Mais ce n’est pas le Ministère du Recoupement qui règle la vie : plutôt un conglomérat avec à sa tête un philanthrope particulier de type Zuckerberg ou Gates, confirmant l’assertion/titre d’album de Frank Zappa : « we’re in it for the Money » (2).

Avec en prime un clin d’œil appuyé à Central Services (Brazil) : Mancom contrôle tout.

 

On retrouve donc l’univers un tantinet steampunk de ses autres films, avec des références visuelles nombreuses dont une magnifique Pietà quand Qohen dépose délicatement Bob sur un divan, enveloppé dans une serviette, sous un vitrail de l’ancienne chapelle où il vit.

Et puis il y a les couleurs : elles sont omniprésentes dans un monde d’une grande tristesse où très peu de choses sont autorisées : quand Bob et Q(ohen) sont assis sur un banc, derrière eux s’étale une collection incroyable et incommensurables de panneaux d’interdictions. On se demande ce qui reste autorisé : même sourire est interdit !

Ces couleurs sont une composante primordiale dans le film, mais cette profusion les détourne de leur but premier : habillé tout en noir, Qohen est le seul original dans ce monde où la norme est devenue bariolée, comme le remarque Bainsley. Et ces couleurs chatoyantes et agressives arrivent à nous mettre mal à l’aise en voyant ce monde proche de celui d’Orwell (1984).

 

Et puis il y a le rêve, le moteur de Gilliam. Il s’exprime ici à travers la réalité virtuelle de Bainsley : une combinaison connectée qui les emmène tous les deux dans une île paradisiaque au soleil couchant éternel. Là encore, les couleurs ont leur importance, mais dans le bon sens : elles rassurent et font du bien. Mais là encore, le pessimisme revient au galop, quand Qohen emmène sa compagne (virtuelle) dans son monde personnel : un immense trou noir tourbillonnant, véritable expression de ce que pourrait démontrer le fameux théorème.

Bref, nous sommes en plein dans l’univers de Gilliam qui n’a pu qu’aimer le scénario de Pat Rushin et toutes les possibilités visuelles qu’il propose.

La preuve…

 

PS : vous avez remarqué que Bainsley s’en va en camion ? Que l’ordinateur central explose amenant le chaos avec des images qui tombent en pluie comme des feuilles de papier ?

Ca vous rappelle Brazil ? Tiens, tiens…

 

  1. Je n’ai pas encore vu  The Imaginarium of Doctor Parnassus (3).
  2. Nous sommes là pour l’argent.
  3. Depuis, si (28-3-2024). Cliquez ici.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fantastique, #Paul Wegener, #Carl Boese, #Karl Freund
Le Golem (Der Golem, wie er in die Welt kam - Paul Wegener & Carl Boese, 1920)

Le rabbin Loew (Albert Steinrück) est aussi un mage. Ayant vu dans les étoiles que les Juifs allaient vivre des choses terribles, il décide de créer une défense contre ces malheurs à venir : une créature faite à partir de l’argile, le Golem (Paul Wegener).

Et l’empereur Ludwig (Otto Gebühr) lui donne raison, promulguant un décret anti-juif encore plus sévère, se basant sur les sempiternels reproches qu’on fait à ce peuple.

Loew décide alors de créer une défense contre ces malheurs à venir : une créature faite à partir de l’argile, le Golem (Paul Wegener).

Mais ce Golem est avant tout un serviteur pour son maître, jusqu’à ce que la fille de Loew, la belle Miriam (Lyda Salmonova) s’éprenne d’un des chevaliers du palais, le beau Florian (Lothar Müthel). Jaloux, rabbi Famulus (Ernst Deutsch) va lancer le Golem contre cet homme, mais la créature va lui échapper et semer la désolation sur son passage.

 

Je vous prie tout d’abord de m’excuser pour ce résumé un tantinet longuet mais surtout qui insiste essentiellement sur la fin du film : en effet, seules les dix dernières minutes voient le Golem semer le désordre : le reste du film nous montre essentiellement comment Rabbi Loew fabrique sa créature et ce qu’il en fait : un être docile cantonné aux travaux domestiques.

Mais le déséquilibre va venir de la jeune femme – l’une des rares du film mais surtout le seul rôle féminin important – qui enfreint la loi de la communauté pour coucher &avec l’étranger, celui quine vit pas dans le ghetto. Parce que tout reste dans le ghetto, à la différence de ce que fera Duvivier une quinzaine d’années plus tard. Et même une fois la menace éliminée, les portes de ce même ghetto se refermeront, laissant les Juifs dans leur isolement plus ou moins forcé.

 

Il me paraît évident que le film de Wegener a inspiré d’autres cinéastes. Duvivier, bien sûr puisque son Golem va reprendre en partie certains éléments du film, mais on retrouve aussi quelques aspects qui se retrouveront dans le Frankenstein de James Whale. En effet, ici aussi, il s’agit de créer la vie à partir de rien, mais alors que Frankenstein utilisait la science à sa disposition, Loew utilise la magie, et qu’on le veuille ou non, sa méthode est tout de même plus efficace.

Comme l’indiquait le sous-titre du roman de Mary Shelley (1), il y a une part divine dans Loew tout comme dans Frankenstein : dans les deux cas, seul Dieu est autorisé à donner la vie et celui qui va à l’encontre de cette règle de base s’expose à des ennuis, et surtout la perte de contrôle de la créature. Mais le cas de Loew est plus du ressort théologique que celui du docteur : Loew est rabbin et, à l’instar de son Dieu, il crée à partir de l’argile, tout comme Dieu a créé Adam dans la Genèse.

Et l’analogie avec Whale s’exprime surtout par certaines séquences à la résolution différentes : la maison en feu annonce le moulin, et l’enfant qui arrête le monstre annonce la petite fille au bord de l’eau.

 

Mais surtout, on retrouve dans ce film le savoir faire allemand. Les décors sont torturés comme dans les films de la même époque : Le Cabinet du Dr. Caligari (Robert Wiene, 1919), bien sûr, mais en plus réalistes, et plutôt Les trois Lumières (Fritz Lang) qui sort la même année et dont l’intrigue est plus contemporaine de celle-ci.

Par contre, Wegener prend un peu trop son temps, délayant certaines séquences en n’allant pas directement à l’essentiel. Mais une fois le Golem créé et animé, le film prend toute sa dimension fantastique : Wegener, sous ses oripeaux sombres de statue est un Golem terrifiant, mélange de cruauté et de douceur. De douceur parce » que s’il traîne Miriam par les cheveux, c’est avec une certaine délicatesse qu’il la dépose indemne sur une pierre.

Et si Karl Freund collabore au film, sa caméra reste tout de même bien statique : mais avec Wegener et Guido Seeber  (l’autre opérateur) ils vont tout de même utiliser avec intelligence différents caches et autres surimpressions pour créer cette ambiance particulière d’épouvante.

 

A voir.

 

PS : une créature qui ne vit que par l’action d’une étoile au milieu de son torse ? Bon sang mais c’est bien sûr : c’est Ironman ! Tiens, non.

 

  1. Le Prométhée moderne

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Malcolm St. Clair, #Louise Brooks, #Ford Sterling
Moi ! (The Show-off - Malcolm St. Clair, 1926)

Un « show-off » est une espèce nuisible : un m’as-tu-vu de la pire espèce, créature hybride née du croisement d’un baratineur et d’un menteur, dont les agissements  n’apportent la plupart du temps que ruine et désolation.

C’est le cas d’Aubrey Piper (Ford Sterling), qui passe pour un des sous-directeurs de la compagnie de chemin de fer de Pennsylvanie avec 30 employés de bureau sous ordres, alors qu’il n’est lui-même qu’un de ces employés…

Si ce n’était que ça : il est amoureux d’une jeune femme de bonne famille, la belle Amy Fisher (Lois Wilson), qui gobe chaque mensonge qui sort de sa bouche.

Au grand dam de sa famille : ses parents Ma (Claire McDowell) et Pa Fisher (Charles Goodrich) et son frère Joe (Gregory Kelly). Sans oublier la petite amie de ce dernier, Clara (Louise Brooks).

 

Avoir traduit le titre original en moi n’est pas une si mauvaise chose au final tant ce personnage est imbu de lui-même et a une conduite égocentrique absolument insupportable. Et Ford Sterling est admirable dans ce rôle, augmentant à chaque occasion le degré d’antipathie du spectateur pour cette baudruche. On se dit à chaque fois qu’il ne peut pas aller plus loin dans la bêtise, et St. Clair nous rappelle constamment que ce domaine est infini : Piper va toujours plus loin, amenant la ruine et la désolation annoncée.

Mais heureusement, St. Clair a fait ses armes auprès d’Eddie Cline et Buster Keaton : nous restons constamment dans le registre comique. Et Ford Sterling excelle : son personnage est d’un niveau de ridicule rarement atteint, que ce soit dans sa personnalité ou dans son apparence : moi qui ne suis pas un esthète vestimentaire de référence, je sais tout de même qu’on évite des vêtements à carreaux de différentes tailles et couleurs. Lui, non.

 

Mais malgré tout, ce personnage va s’amender : je vous rappelle que nous sommes dans une comédie donc tout se termine bien, ainsi que dans un film américain où la Rédemption est indispensable. Et comme nous sommes dans une comédie, il faut que le point tragique soit atteint pour avoir une résolution heureuse. Et Aubrey Piper va réparer ses bêtises – plutôt graves puisque la maison Fisher doit être saisie suite à son escapade automobile – acculé par cette famille qui n’en peut plus de ses frasques.
Et c’est là qu’intervient celle qui fait qu’on se souvient de ce film : Louise Brooks. Comme dans la plupart des films américains dans lesquels elle a tourné, elle n’est qu’un personnage secondaire (1), à peine mise en valeur par son physique (irrésistible). Seul son regard noir est (magnifiquement) souligné par la caméra (inspirée) de Lee Garmes (s’il vous plaît).

C’est Clara qui va précipiter les choses et donner son titre au film dans une harangue attendue par tous : la famille comme le spectateur.

 

Bref, une nouvelle pépite issue de cette mine d’or qu’est le cinéma muet (américain en l’occurrence) qui se regarde avec beaucoup de plaisir pour toutes ses qualités et, avouons-le, aussi parce qu’on y retrouve la belle Louise Brooks…

 

  1. C’est le réalisateur allemand G.W. Pabst qui fera d’elle le sex-symbol que nous connaissons.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Maïwenn
Polisse (Maïwenn, 2011)

 

L’affiche du film est claire : derrière chaque enfant se cache un policier qui, vigilant, s’assure que cet enfant vit normalement, sans abus. Ce policier, comme d’autres, travaille à la BPM : Brigade de Protection des Mineurs.

Nous sommes à Paris, pendant ce qui ressemble à une année scolaire, avec la vie de cette brigade particulière, entre ados égarés, frappés, et bien sûr abusés.

Alors évidemment, des fois, c’est trop dur. Pour les enfants bien sûr. Mais pour les policiers aussi.

 

Maïwenn, pour son troisième long métrage, frappe fort. C’est un film coup de poing qui nous atteint dès l’ouverture, et nous laisse scotchés à notre fauteuil. Pas de tabou ici : tout est exposé au grand jour, amenant même un malaise que les policiers vont tenter de masquer pendant tout le temps, avec des ratés : nous sommes tous faillibles et parfois c’est la faiblesse qui gagne.

Est-ce l’influence du président de l’époque, mais on notera deux  films-phare vantant les mérites de la police en 2011 : l’Assaut et celui-ci. Certes,  le film de Maïwenn est beaucoup moins spectaculaire : les rares séquences « d’action » sont relativement calmes, avec quelques coups de feu tout de même (1).

 

Parce que le travail de la BPM est ailleurs : loin des flingues et des actions d’éclat, c’est avant tout le côté sordide de l’humanité qui ressort, avec ces parents plus ou moins conscients de ce qu’ils font. C’est d’ailleurs la conscience du mal qui fait la différence entre les individus et rend un personnage plus abject qu’un autre : entre le bon père de famille, haut cadre distingué qui abuse sexuellement de sa fille et la mère paumée et toxico qui enlève son enfant, nous ne sommes pas à un même degré de responsabilité, ni d’abjection.

Et Maïwenn porte un œil attentif à la vie de ces enfants, et ce de deux façons :

  • C’est elle qui réalise ce film choc, dirigeant avec beaucoup de maîtrise des interprètes à un haut niveau ;
  • C’est elle qui interprète en outre la jeune Mélissa, photographe envoyée en observation à la BPM.

Et ses observations sont sans pitié : les enfants que nous voyons vivent des expériences terribles et traumatisantes. Et le début du film est assez déstabilisant : des enfants exposent crûment les sévices qu’ils ont vécus, qui avec son père, qui avec son oncle et même son grand-père. Ce début tonitruant (en mots) va donner le ton du film et justifier l’action de ces femmes et ces hommes qui n’auront de cesse de vouloir sauver tous les enfants. Volonté illusoire, nous le savons, mais un enfant sauvé, c’est déjà un progrès. Surtout que cette brigade n’est pas la plus valorisée de la Préfecture : nous apprenons qu’il y a une hiérarchie dans les brigades et que les mineurs, c’est moins important que la drogue. C’est d’ailleurs ce qui amène les dissensions dans ce groupe d’humains. Avec en point culminant la volonté d’étouffer une affaire de pédophilie dans la haute société (le cadre distingué évoqué plus tôt).

 

Maïwenn, qui voulait offrir un grand rôle à JoeyStarr (impeccable dans le rôle de Fred), s’est entourée d’autres interprètes eux aussi à la hauteur de l’événement. Karin Viard, encore une fois, est magnifique, mais c’est un tout : comme dans cette brigade, ça ne fonctionne que si tout le monde travaille ensemble. Et si certaines personnalités ressortent (2), c’est – comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois ici – parce que les autres font le travail nécessaire pour qu’on les remarque plus.

Bref, un très beau film, dur bien entendu, mais bien loin de cette police spectaculaire – en bien comme en mal – qu’on nous propose au cinéma (L’Assaut) ou à la télévision (manifestations).

Des hommes et des femmes comme les autres, avec leurs propres problèmes, mais qui doivent, en plus côtoyer l’impensable. Pas étonnant alors que parfois ça coince, ça (s’en)gueule, ça rigole, ça dérape.

 

  1. C’est un film policier, ne l’oublions pas.
  2. Il y a toujours des premiers et des seconds rôles…

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Espace, #Damien Chazelle
First Man (Damien Chazelle, 2018)

 

Tout commence en 1961, quand Neil Armstrong (Ryan Gosling) effectue un vol supersonique hors de l’atmosphère, avec les difficultés inhérentes à son retour sur terre. Et si ce vol ne fut pas complètement une réussite, cela ne l’empêcha pas de participer aux programmes Gemini puis Apollo qui avaient comme objectif le premier alunissage : ces messieurs de la NASA en avaient assez d’être à la traîne derrière les Russes dans la course à l’espace…

Nous assistons alors aux différentes étapes de ce challenge incroyable. Incroyable à un tel point que des gens aujourd’hui encore, plus de 52 ans après qu’il se soit déroulé, pense que tout a été monté de toute pièce.

Ce « premier homme », c’est donc Neil Alden Armstrong, celui qui posa le premier le pied sur la Lune, énonçant l’une des citations les plus connues depuis. Je vous en fais grâce, rassurez-vous.

 

Mais ce premier homme, s’il fut le premier, reste avant tout un homme. Et c’est ce que montre le film de Damien Chazelle, qui retrouve l’interprète principal de son film précédent. Et cette association est encore une fois gagnante, Gosling étant un Armstrong fabuleux, homme avant héros, comme l’illustre bien la conférence de presse qui précède la mission Apollo 11. Et Chazelle insiste sur l’aspect humain de cet homme devenu depuis le 20 juillet 1969, une légende mondiale (1). Et aidé de Linus Sandgren (lui aussi sur son film précédent, il va prendre le parti de rester très proche de son personnage principal, usant (et abusant ?) de la caméra sur l’épaule. Ce parti pris accentue la dimension humaine du personnage et si la prouesse reste gigantesque pour l’humanité, elle ne prend que très peu cet état, seulement quand on voit que l’événement fut suivi partout dans le monde (ou presque).

 

Utiliser la caméra sur l’épaule pendant presque tout le film a un côté parfois agaçant (2), mais elle fait partie d’un tout et se justifie une fois l’espace atteint : le calme s’installe alors et la caméra se stabilise, accompagné d’un silence incroyable qui tranche abruptement avec les secousses éprouvées le reste du temps.

Mais ce calme s’explique de deux manières :

  1. Le module s’est posé sur la Mer de la Tranquillité ;
  2. Son escapade lunaire est l’occasion de faire totalement le deuil de sa fille Karen (Lucy Stafford).

Et quand il revient, la caméra a fini de bouger et surtout tressauter. Même le décollage de la Lune s’effectue sur un plan fixe, avec aucun retour dans la cabine : cela aurait été en outre plutôt redondant, voir lourd.

 

Bien sûr, on pense à Kubrick et son 2001, a space Odyssey pendant le projet Gemini, surtout avec l’arrimage des deux parties de la fusée. Et la musique de Justin Hurwitz a le bon goût de ne pas reprendre Le beau Danube bleu : les images suffisent. Autre référence, le film de Philip Kaufman, The right Stuff. D’ailleurs, on retrouve les mêmes personnages, à un niveau moindre cela va de soi : c’est une autre génération d’explorateur qui est arrivée, même si peu d’années les séparent et que leurs progrès ont été contemporains, et que les dirigeants sont les mêmes !

 

Bref, Chazelle réussit son pari en nous retraçant cette conquête spatiale américaine, et ce malgré les images cent fois vues à la télévision ou ailleurs : on y croit encore une fois, et on applaudit à cet exploit hors du commun. Mais à la différence de Kubrick et Kaufman, Chazelle reste au niveau humain et ne s’en éloigne que pour mieux y retourner : (très) gros plans, caméras subjectives, visages incomplets où ne se voient que les éléments les plus importants…

C’est beau. C’est grand.

C’est du cinéma.

 

  1. Un mythe, bien entendu, pour ceux qui n’y croient pas…
  2. L’image est rarement table, la mise au point pas toujours nette, et toute cette sorte de choses…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Bertrand Tavernier
Dans la Brume électrique (In the electric Mist - Bertrand Tavernier, 2009)

 

Nous sommes quelques temps après le passage de l’ouragan Katherine (2005) et la Louisiane porte encore les traces de cette tempête phénoménale et meurtrière. A New Iberia, le policier Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones) se retrouve à la poursuite d’un tueur de femmes particulièrement sadique, mutilant ses victimes.

Mais les langues ne se délient pas beaucoup dans cet état au passé chargé. Et cette affaire rappelle à Robicheaux une autre qui s’est déroulé une quarantaine d’années auparavant : l’acteur Elrod Sykes (Peter Sarsgaard) a découvert le corps d’un homme enchaîné. Cet homme que le jeune Robicheaux avait vu se faire abattre, de l’autre côté du marais où il se trouvait.

A première vue, pas de lien entre ces deux affaires.

Et pourtant…

 

Bertrand Tavernier était un très grand réalisateur. Avec ce film américain, il nous démontre qu’il est à l’aise partout, menant de main de maître ce projet – contre l’avis des producteurs – et dirigeant avec brio Tommy Lee Jones, qui s’est investi personnellement dans ce film. Et ça fonctionne très bien, Tavernier réussissant un film totalement américain, avec son propre savoir faire. Alors que les superproductions s’enchaînent rivalisant d’effets spéciaux numériques et de montages au rythme effréné, il reste dans un cinéma plus traditionnel et prend le temps de placer sa caméra, der filmer ses interprètes. Le résultat est superbe : un film efficace, halluciné où la violence – inévitable – n’est pas pour autant gratuite et surtout jamais racoleuse.

 

Il y a une parenté évidente avec Coup de Torchon, dans le rythme  tout d’abord mais aussi dans le temps atmosphérique : si l’air n’est pas étouffant comme en Afrique, les intempéries restent très présentes et marquent le film de leur empreinte. Outre la tempête mentionnée ci-dessus, l’orage est un élément important de par sa violence (encore une) et le bruit qu’il amène, rappel des canons de la Guerre de Sécession. Parce que cette guerre qui vit le Sud (dont la Louisiane) et le Nord s’affronter, est très présente, surtout avec les soldats confédérés commandés par le général Hood (Levon Helm). Ce dernier est un personnage énigmatique (il est mort cent trente ans plus tôt environ) qui n’est pas visible par tous : outre Robicheaux, seul Sykes a pu lui parler. Et c’est là que le côté halluciné du film se développe : les deux personnages sont presque toujours sous l’emprise de substances – alcool la plupart du temps ou LSD – et dans un état (très) proche de l’inconscience voire carrément dedans (quand Robicheaux est assommé par la balle de baseball).

Et nous entrons en plein dans la psychanalyse puisque ces moments d’inconscience plus ou moins volontaire sont les moteurs de l’intrigue. C’est à ces moments-là que Robicheaux (toujours lui) &avance dans ses réflexions, aidés par ce général d’un autre âge qui l’assiste dans sa propre introspection : la solution est là, il « suffit » juste de bien regarder.

 

C’est un film un tantinet poisseux où se télescopent le passé et le présent, voire les passés : celui de 1965 et le lynchage en règle d’un homme noir ; celui de 1865 et avant et cette guerre fraternelle qui divisa un pays ; et celui encore avant, pendant l’occupation française, encore présente dans les différents patronymes des autochtones (Robicheaux, Doucet, Girard…) ou encore les enseignes Chez Narcisse et autres pancartes (Messieurs – Men).

 

Superbe.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #William C. De Mille
La Montée du passé (Conrad in quest of his Youth - William C. De Mille, 1920)

Conrad (Tom « Crichton » Meighan) revient de guerre (1). Seul son majordome, Dobson (Charles Ogle) l’attend. Pour le reste, personne. Pas de famille, à part quelques cousins plus ou moins éloignés (et pas seulement dans l’espace). Et Conrad gamberge : qu’est devenue sa jeunesse.

Il invite alors ceux avec qui il a passé son enfance, une vingtaine d’années avant. Mais c’est un fiasco. Il se tourne alors vers son premier amour, la belle Mary Page (Sylvia Ashton), qui est depuis devenue une grosse dondon mère de quatre enfants et surtout épouse d’un jaloux.

Reste son grand amour de jeunesse, la belle Mrs Adaile (Kathlyn William), qu’il aimait quand il avait dix-sept ans.

Là encore…

 

C’est une belle histoire d’amour que nous propose ici William C. De Mille (le frère de), dirigeant en outre le grand Thomas Meighan qui avait bien réussi à ce même frère. Et c’est une histoire qui part mal : comment peut-on retrouver sa jeunesse, une fois 35 ans passés (2) ?
Et Conrad va de déconvenue en déconvenue, jusqu’au coup de pouce du Destin qui va (enfin) le favoriser.

Mais c’est une belle histoire d’amour parce qu’elle se termine bine, malgré les différents signaux d’alarme qui nous sont montrés : le dernier indiquant que Conrad va visiter le cimetière de la ville où il est bloqué. Et comme nous sommes au cinéma, et que le Destin nous a été indiqué dans un intertitre (favorablement), nous savons que tout se terminera bien.

 

Il n’empêche : le sujet traité est plutôt lourd et triste : la fuite du temps. Et, cette fuite du temps est d’autant plus accentue que Conrad, sujet britannique revient de guerre (nous sommes donc en 1919) et qu’il a déjà environ 37 ans (voir plus haut). Et De Mille traite ce sujet avec le recul nécessaire, usant à bon escient des ressorts comiques voire tragiques : le premier amour, quand elle apparaît, même si cela est prévisible, ne peut nous empêcher le sourire (voire plus) : s’attendait-il à ce qu’elles l’aient toutes attendu ? Certes, Conrad est un beau parti (il ne travaille pas et a un majordome qui lui est resté fidèle malgré la guerre (3), mais malgré tout, il demeure seul, et l’éloignement guerrier n’est qu’un piètre argument.

 

Alors oui, William C. De Mille traite à son tour un sujet bourgeois voir un peu plus haut, mais il n’y a aucune ostentation et son sujet – la fuite du temps – est la chose la plus importante. Et ce traitement est très bien réussi : il oppose à merveille l’engouement de Conrad face à sa volonté de rattraper le temps perdu et l’impression de temps perdu des gens qu’il a invités (ses cousins). Et cette impression est d’autant plus justifiée que la maison qui les accueille a vieilli en même temps que ses anciens occupants…

 

Bref, une recherche du temps perdu très réjouissante et qui se conclut par une belle histoire d’amour : il faut dire que Margaret Loomis est irrésistible.

Alors on savoure de bout en bout, le sourire constamment aux lèvres. Le seul moment véritablement émouvant est le retour de Conrad et surtout ses retrouvailles avec Dobson. On pouvait même craindre un film un tantinet « guimauve » en se basant là-dessus.

Il n’en est rien. Tant mieux.

 

  1. Tout doux.
  2. Il retrouve lady Adaile et lui annonce qu’ils se sont connus quand il avait 17 ans, vingt ans auparavant.
  3. Au vu de son âge (avancé ?), il a certainement enduré les cinq années de cette guerre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #James Cruze
Le Capitaine Blake ! (The fighting Coward - James Cruze, 1924)

 

Le Sud traditionnel : les steamers qui remontent (et descendent) le Mississipi, les maisons à colonnades, les jeunes filles courtisées – dans les règles – par les jeunes garçons, les inévitables esclaves (hélas), le bourbon et l’honneur. Le général Rumford (Bruce Covington) possède tout cela, mise à part les grands bateaux à aubes. Et le jeune Tom (Cullen Landis), son fils est amoureux de sa jeune cousine Elvira (Phyllis Haver), pendant que sa jeune sœur (à elle), Lucy (Mary Astor), n’a d’yeux que pour ce jeune homme.

Seulement voilà : ce jeune homme – qui plus est élevé dans le Nord ! – n’a guère de courage et quand le Major Patterson (Noah Berry) sort de prison et revient réclamer Elvira qu’il courtisait avant son séjour, Tom refuse de se battre. Et pour cause : il ne sait pas. Il est alors chassé de chez lui et part de Magnolia – ça ne s’invente pas (ou plutôt si !).

Il se retrouve dans le tripot du Colonel Jackson (Ernest Torrence), homme fier et farouche (du Sud lui aussi)…

 

Ernest Torrance était un acteur phénoménal De par sa stature tout d’abord puisqu’il dépasse au moins d’une tête ses partenaires à l’écran, et aussi parce qu’il a tourné avec les plus grands, alternant des personnages différents, tous en rapport avec son physique, cela va de soi, mais surtout parce qu’il était capable d’interpréter n’importe quel genre d’homme : Jackson (déjà) dans The covered Wagon (déjà avec Cruze), un bougon ami du jeune premier ; le formidable Capitaine Crochet dans le Peter Pan de Brenon ; le père de William « Bill » Canfield (Buster Keaton) dans Steamboat Bill, Jr. ; Sans oublier l’affreux Luke Hatbum dans Tol’able David.

Ici, il est un formidable « colonel », alliant manières – c’est un homme du Sud, ne l’oublions pas – et rudesse : toujours tiré à quatre épingles, même s’il conserve la manie des marins de mettre son mouchoir dans sa manche, il n’hésite pas à abattre ceux qui lui cherchent querelle, ou plutôt qui essaient le voler.

Mais comme vous vous en doutez, c’est un dur de façade et on a facilement raison de lui : il suffit d’être réputé plus fort pour que cela marche !

Mais malgré tout, c’est un personnage attachant – et comique – qui va rapidement gagner l’affection des spectateurs et de notre héros singulier : un lâche patenté qui va retenir les leçons de ce faux dur pour se faire justice et arriver à ses fins.

 

Et à ses côtés, le jeune premier n’est pas terne voire insipide : il est dans la lignée de Bannion (J. Warren Kerrigan dans The covered Wagon) et sait gagner sa revanche et surtout le cœur de celle qu’il aime (Lucy, puisque Elvira est mariée). Et cette victoire est des plus réjouissantes, s’appuyant sur des apparences, mais pas que : le fameux Colonel Blake qui donne son titre à la version française, n’est pas qu’un fier-à-bras comme Jackson, comme le montre l’explication qu’il a avec ceux qui l’ont déshonoré (les frères Patterson). Et cette vengeance est à la mesure du personnage : sans violence excessive.

 

Bref, James Cruze signe ici un western atypique où on y retrouve certains ingrédients, enveloppés dans ce milieu aristocratique sudiste pour qui l’honneur est la plus haute des valeurs. Mais ce Sud si traditionnel n’est guère reluisant : Noah Berry n’est pas ce qu’on peut considérer une jeune premier svelte et délicat, et surtout les frères Patterson – « Pattuhson » dans les intertitres) – ne sont rien d’autres que des criminels à la gâchette facile : ils tuent ici un homme qui les avait dénoncé parce qu’ils avaient tué son frère.

Et Cruze pousse la satire le plus possible en truffant les intertitres de mots prononcés à la Sudiste : « Majoh » pour Major ; « Mistah » pour Mister… Des intertitres qui s’inscrivent sur une carte à jouer marquée : un as de pique, bien entendu.

 

Un film superbe qui se déguste – encore une fois – comme une friandise : c’est tellement bon, alors on en redemande !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Brad Bird
Le Géant de fer (The iron Giant - Brad Bird, 1999)

1957.

Nous sommes en pleine Guerre froide. C’est ce moment que choisissent des extraterrestres pour envoyer sur terre un géant de fer (voix de Vin Diesel). Mais c’est Hogarth (voix d’Eli Marienthal) qui le découvre. Aidé de Dean McCoppin (voix de Harry Connick Jr.), il va survivre à l’ombre de l’armée et surtout de Kent Mansley (voix de Christopher McDonald), agent de renseignement du gouvernement qui ne voit en ce robot qu’une menace plus ou moins envoyée par les Rouges (URSS, Chine) dans un but de destruction du « Monde libre ».

Bien évidemment, il n’en est rien : ce géant de fer est bon, comme essaie de le prouver Hogarth.

 

C’est beau comme du Disney, comme le confirme le style, mais avec une dimension réaliste – et surtout sérieuse – qu’on ne trouve que très rarement chez le studio créé par le descendant des soldats normands d’Isigny. Le trait rappelle sans hésitation celui de l’époque dorée des studios, mais le propos est réaliste, et surtout : on n’y chante pas ! (1)

Et Brad Bird réussit à nous proposer une magnifique fable antimilitariste avec, encore une fois, un éloge de la différence : ce géant n’est pas la menace que Kent veut faire croire, gonflé qu’il est des résidus du maccarthysme qui régna au début des années 1950.

Parce que le véritable méchant de cette histoire, c’est Kent. Il est l’archétype de l’agent « spécial » du gouvernement qui traque ceux qui ne sont pas comme lui (ou/et qui ne pensent pas comme lui).

 

On suit alors avec plaisir cette relation entre cet enfant un tantinet seul et ce robot qui l’est encore plus, débarqué dans un monde entièrement différent de ce qu’il peut (a pu ?) connaître. Et cette relation nous ramène au monde de Disney : ces deux extrêmes s’attirent comme Peter et Elliott (film homonyme), ou encore Rox et Rouky (The Fox & the hound). Parce que malgré tout, c’est de la différence que naît la richesse, et le film de Brad Bird n’y fait pas exception.

Et comme l’intrigue se situe en pleine guerre froide, on n’hésite pas à utiliser ce que les acteurs de l’époque n’ont jamais voulu utiliser : la bombe H. Comme nous sommes au cinéma, je rappelle que tout est possible. Mais cette utilisation extrême (voire extrémiste) se retourne bien entendu contre son instigateur, et c’est tant mieux.

Certes tout est possible, mais il faut aussi savoir rester raisonnable.

 

Au final, un très beau film d’animation (2), avec un message d’espoir (nous sommes au Etats-Unis, ne l’oublions pas). On peut juste relever que le personnage de Dean, dans son apparence, n’a pas grand-chose à voir avec les gens qu’on croisait à cette époque.

Mais là encore : au cinéma, tout est possible…

 

  1. Si je suis un grand amateur des films du studio, les chansons inhérentes ont une certaine tendance à m’irriter.
  2. J’ai toujours eu du mal avec cette désignation : comme si un film était statique…

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