So british !
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vu la série. Mais il est clair que le film donne furieusement envie de se plonger dans ce microcosme britannique avec délectation.
La famille Crawley, dans sa demeure séculaire s’apprête à accueillir le couple royal (Kate Philips & Simon Jones) qui est en tournée « populaire ». Deux repas et une nuit vont des dérouler avec le couple royal. Et la livrée qui va avec. C’est cette dernière exigence qui pose problème : les domestiques du lieu semblent – et sont – aussi compétents que ces Londoniens qui arrivent en territoire conquis !
Nous sommes en 1927, pendant que le cinéma connaissait son apogée. Mais bien entendu, cela n’a rien à voir avec cette intrigue ultra british où l’humour du même nom côtoie certains poncifs incontournables. On a plaisir à retrouver Dame Maggie Smith dans cette comédie brillante, retrouvant du même coup Penelope Wilton (Lady Isabelle) ou encore Imelda Staunton (Lady Maud Bagshaw) avec qui elle a déjà partagé l’affiche.
Et bien sûr, comme nous sommes dans un milieu ultra british (je l’ai déjà dit), le manque de sentiment est exacerbé, préférant laisser la part belle aux apparences, quitte à faire le malheur des autres. C’est presque ce qui arrive avec miss Smith (Tuppence Middleton), victime de cette sorte d’omerta sentimentale : elle n’est évidemment pas qui elle prétend (ou qu’on lui fait prétendre être).
Une des habiletés des scénaristes, c’est bien sûr de pondre une intrigue interpositionnable : la venue du couple royal, à partir du moment où elle n’interfère pas dans celle de la série peut se dérouler à n’importe quel moment, et même ne pas exister du tout (1). Et il paraît évident que c’est le cas ici. Même si certains éléments peuvent avoir une certaine influence sur ce que la série av devenir : la grossesse de Lady Edith (Laura Carmichael) ne peut pas être un élément anodin de ce qui va suivre !
L’autre habileté, c’est d’avoir conçu une sous-intrigue ancillaire : l’arrivée du couple royale va entraîner des bouleversements prévisibles (mais non anticipés) qui vont reléguer l’équipe domestique au second (voire plus) plan : l’équipe royale habituelle va tenter de mettre la main sur celle de cette demeure provinciale, pour ne pas dire campagnarde (2).
Et dans le même temps, on assiste à une sous-sous-intrigue mettant en scène le majordome en titre, Barrow (Rob-James Collier) un tantinet injustement écarté au profit de l’expérimenté Carson (Jim Carter). Ce majordome en titre apporte une dimension sociale non négligeable : homosexuel, il se retrouve pris dans une rafle, après avoir suivi un autre jeune homme séduisant dans ce qu’on pourrait appeler un speakeasy, bien que l’alcool ne soit pas prohibé en Grande-Bretagne à, la même époque.
Bref, une intrigue principale avec des ramifications multiples mais qui se tiennent, et un résultat des plus réjouissants, surtout quand, comme moi on raffole de cet esprit british.
Pas d’hésitation, donc…
- Certaines séries télévisées (comme D.A.) le font sans vergogne !
- Je n’ai pas d’adjectif se rapportant à « plouc ».
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