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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Christopher Nolan
Tenet (Christopher Nolan, 2020)

Tenet (1) signifie principe.

Et ce film est un immense principe, résolument scientifique (maths & sciences ont la belle part) sans pour autant être un cours voire un pensum.

Nous sommes à nouveau dans le voyage dans le temps – thème classique et cher au cinéma, mais vu d’une nouvelle façon. Encore.

 

Protagonist (John David Washington, le fils de) est une espèce d’agent secret, spécialisé dans les interventions musclées. Suite à une opération dans laquelle il trouve la mort, il est « ressuscité » et envoyé à la recherche d’un élément indispensable dans une guerre totale qui doit avoir lieu.

Nucléaire ? Non. Temporelle. C’est du futur que vient la menace. Aidé de Neil (Robert « Cedric Diggory » Pattinson), il va combattre Andrei Santor (Kenneth Brannagh), celui que le futur a choisi dans le présent pour mener à bien ce conflit. Près de ce dernier, Protagonist peut compter sur Kat (Elizabeth Debicki), la propre femme du Russe.

 

Comme toujours chez Nolan, on joue avec les concepts (et les principes, évidemment), dans un film très singulier. Si le cinéma nous a habitués aux voyages dans le temps, celui-ci remet tout en cause. Mais surtout, il démontre une maîtrise narrative et technique impressionnante. Non seulement l’intrigue est complexe et difficile à mettre en place, mais les éléments techniques dus aux ruptures du continuum spatio-temporel sont extrêmement bien en place, avec en prime une montée progressive de la tension, élément indispensable dans ce genre de film.
Bref, c’est – à mon avis – réussi de bout en bout et comme les interprètes sont à la hauteur de l’événement, ce sont deux heures trente de plaisir cinématographique qui nous sont offertes.

 

Certes, l’entame est un tantinet confuse, malgré les explications de la belle Clémence Poésy (Barbara). Mais une fois ce cap passé, c’est une sorte de jeu de dupes qui nous est exposé, avec de nombreuses surprises et surtout des illustrations incroyables de ce qui nous a été (brièvement) expliqué.

Et surtout, il y a l’assaut final où Nolan mêle ceux qui avancent vers le futur – des gens (presque) comme nous – avec ceux qui en viennent – les autres. Mais si c’était si simple, ce ne serait pas drôle. Les éléments autour vont aussi dans un sens ou dans l’autre, en fonction du personnage principal (Protagonist) qui lui, va toujours vers l’avant, même quand il revient du futur (2).

 

Bref, le scénario exploite continuellement et complètement les possibilités du voyage dans le temps, enlevant tout élément comique (3), pour se concentrer sur l’aspect vraisemblable (4) de cette incroyable histoire.

Incroyable, bien sûr, mais tellement impressionnante !

 

PS : La bande originale contribue elle aussi à ce principe d'aller et retour puisqu’elle est passée à l’envers.

 

  1. Le fait que ce mot soit un palindrome n’est absolument pas fortuit.
  2. Je sens que je commence à perdre des lecteurs.
  3. Nous ne sommes absolument pas dans Retour vers le Futur, même si le paradoxe standard est là aussi évoqué.
  4. Difficile de le qualifier de « réaliste »...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Alfred L. Werker, #Anthony Mann
Il marchait la Nuit (He walked at Night - Alfred L. Werker & Anthony Mann, 1948)

« Il », c’est Roy Martin, alias Ray Morgan (Richard Basehart), un cambrioleur dérangé alors qu’il tentait d’entrer dans un magasin de radio-télévision. N’ayant pas de papier, il décide de tuer le policier qui l’appréhende.

Dès lors, la machine policière de Los Angeles se met en branle et va poursuivre jusqu’au bout ce criminel singulier, aidé par le département scientifique mené par Lee Whitey (Jack « Joe Friday » Webb).

Jusqu’au bout parce que Morgan-Martin n’en sortira pas vivant.

 

Evacuons tout de suite le fait qu’Anthony Mann a participé au tournage et effectué quelques séquences : il n’est absolument pas crédité. Mais concentrons-nous sur ce qui fait l’intérêt de ce film : le réalisme.

Comme je l’avais déjà écrit pour White Heat, les truands n’ont plus le vent en poupe. Et si Morgan semble un personnage très intelligent, il n’en demeure pas moins un meurtrier dangereux. Ce dernier point est d’ailleurs rappelé à chaque occasion : si n’importe qui semble admirer l’intelligence du tueur, il y a toujours quelqu’un pour rappeler qu’il a la gâchette facile.

Le film est donc tiré d’une histoire vraie, celle d’un criminel qui est resté une bonne vingtaine d’années en prison, évitant de justesse la peine de mort (1). Dès l’intertitre d’introduction, nous est présenté ce qui va suivre : tout est vrai (ou presque), de l’intrigue à la procédure policière. C’est d’ailleurs, d’une façon déguisée, un hommage au LAPD (2), montrant l’efficacité de cet organe municipal, et ce vingt ans (environ) avant Harry Callahan !

 

Il y a un véritable souci documentaire dans ce film, souligné par les commentaires du narrateur (Reed Hadley), et on s’attend à un docu-fiction sur mesure pour le LAPD. Mais c’est là que le cinéma reste cinéma : nous allons aussi suivre le parcours (chaotique) de Morgan, la plupart du temps de nuit (d’où le titre), avec utilisation – pertinente – du réseau souterrain de Los Angeles. Il faut croire que la fin des années 1940 était propice à cet environnement : le troisième Homme, l’année suivante, s’y termine aussi.

Et on ne peut que reconnaître l’habileté du tueur dans ses différentes entreprises : le rappel fréquent à son habitude mortifère s’adresse donc aussi au spectateur.

Mais on peut tout de même regretter la fin fatale de cet anti-héros : les policiers l’abattent (ils ripostaient) sans se poser de question ni même quelque consigne demandant de le prendre vivant. Ca ressemble tout de même à une exécution. Sans procès.

 

Quoi qu’il en soit, le ton du film et sa présentation vont être à l’origine d’une série qui perdurera une vingtaine d’années : Badge 714 connue aussi sous le nom de Dragnet, avec dans le rôle du policier principal le même Jack Webb. Son nom ? Joe Friday.

On y trouve aussi les quelques accords dramatiques qui ont fait le bonheur de Bill Elder et Harvey Kurtzman dans MAD : DOM DA DOM DOM ! DOM DA DOM DOM DOOOM ! (voir plus bas)

 

  1. Il a tout de même été condamné à la peine capitale.
  2. Los Angeles Police Department.
Il marchait la Nuit (He walked at Night - Alfred L. Werker & Anthony Mann, 1948)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
The Gentlemen (Guy Ritchie, 2019)

Le seul problème, avec Guy Ritchie, c’est qu’il est capable du mieux – Snatch, Sherlock Holmes – comme du pire – King Arthur: Legend of the Sword – et fort heureusement pour nous, The Gentlemen appartient à la première catégorie.

Rassemblant quelques noms du cinéma britannique (Hugh Grant, Colin Farrell, Eddie « Lestrade » Marsan), et les Américains Matthew McConaughey et Jeremy Strong, il nous propose une nouvelle histoire de gangsters dont le titre nie ouvertement les pratiques.

Parce que ces gens qui s’expriment avec beaucoup de facilité et un langage (presque) toujours châtié ne sont rien que des brigands, un tantinet meurtriers sur les bords.

 

Mike « Mickey » Fearson (McConaughey, donc) est un caïd des drogues douces (marijuana…) à opposer aux drogues dures (héroïne) qui sont plus le bizness de Lord George (Tom Wu). Il est secondé par une espèce de consigliere, Ray (Charlie « Arthur » Hunnam), qui s’occupe surtout de tout ce qui est intendance parallèle (1). Il est sur le point de revendre son affaire à un autre trafiquant notoire, Matthew (Jeremy Strong). Mais tout ne se passe pas comme prévu, et en plus un journaliste – Fletcher (Hugh Grant – décide de le faire chanter…

 

C’est encore une fois une comédie, même si elle l’est beaucoup moins ouvertement que Snatch. Certes, ce ne sont pas des enfants de chœur et on a là encore notre lot de cadavres. Mais bien sûr, c’est l’opposition entre ce que sont réellement ces hommes et le titre qui fait tout le sel du film, reprenant tout de même les différents éléments du genre : cadavres, donc, mais aussi armes diverses, fusillades, bagarres et langage de rue.

Mais alors que tous les ingrédients sont là pour faire un film de gangsters sérieux, Ritchie introduit quelques personnages légèrement décalés dans cette intrigue de gros méchants : les boxeurs du « Coach » (Colin Farrell). Et ce dernier, véritable éducateur sportif qui veut les voir sortir de la galère prend sur lui les erreurs de ses protégés qui étaient allés s’attaquer à trop fort pour eux (Mickey). A son entrevue avec Ray ne manque qu’une parole : celle qu’on trouve à Luc, 23:34. (2)

 

Mais plus que ce film de gangsters pour de rire, c’est avant tout la façon de nous l’exposer qui est assez remarquable (3). Ritchie se joue de la narration avec beaucoup de bonheur, soutenu par la prestation elle aussi remarquable de Hugh Grant. De plus, il brouille les différents temps du récit, passant d’une situation présente (ou telle) qui n’a qu’une issue incertaine : Matthew se rend au pub, commande une pinte de bière et un œuf, appelle son épouse (Michelle Dockery) avant que la caméra sorte de son champ, pendant qu’un coup de feu fait gicler du sang sur et dans le verre de bière. Mais ce n’était pas le présent. C’était un passé récent, parce que le véritable présent, c’est le moment du récit de Fletcher, imaginé comme un scénario de film avec les éléments de langage qui vont avec quand ce ne sont pas des références très techniques. Bien sûr, Ritchie est maître de la narration, interrompant sans cesse ce que nous voyons et amenant progressivement l’intrigue proprement dite avec la résolution qui est amenée de manière assez admirable.

Bref, c’est du grand art.

 

Par contre, Ritchie a la bougeotte, et encore une fois, on a droit à des mouvements de caméra parois un peu trop vifs, voire étourdissants. Mais que voulez-vous, il faut bien que Ritchie impose sa patte à son œuvre.

Alors préparez-vous à cette histoire un tantinet improbable de gentlemen-gangsters bien loin de notre cambrioleur de l’Entre-deux guerres qui fut récemment remis au goût du jour.

Certes, ils ont des manières, mais ce sont des méchants !

 

  1. Disparition de cadavre, règlement (définitif) de situation, information en tout genre…
  2. Je vous laisse chercher.
  3. Digne d’être remarquée, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Dowse
Et (beaucoup) plus si Affinités (The F Word - Michael Dowse, 2013)

« Et si vous rencontriez la bonne personne au mauvais moment ? »

Cette accroche de l’affiche française résume à elle seule la situation – inextricable (?) – dans laquelle se trouvent les deux personnages principaux du film : Chantry (Zoe Kazan) et Wallace (Daniel « HP » Radcliffe).

Wallace sort d’une relation malheureuse avec Megan (Sarah Gadon) et rencontre Chantry à une soirée, chez son ami (son cousin à elle) Allan (Adam Driver).

Tout de suite, le contact (très bon) se fait et ils passent un formidable moment ensemble, jusqu’à leur séparation, inévitable : elle retourne chez elle retrouver son petit ami, Ben (Rafe Spall). Eh oui, c’était trop beau : elle n’est pas libre. Qu’importe, ils deviendront bons amis.

Si c’est possible…

 

Bien sûr, l’intrigue rappelle When Harry met Sally (1), et quoi qu’il puisse arriver, nous savons qu’ils finiront ensemble. Et encore une fois, c’est la façon d’y arriver qui nous intéresse. Et cette façon est des plus savoureuses. Non, la comédie américaine n’est pas morte, et ce film en est une preuve éclatante. Ce film est une très agréable découverte, maniant l’humour avec beaucoup de subtilité, reprenant d’une autre manière la relation homme-femme et surtout la question fondamentale : l’amitié est-t-elle possible entre personnes de sexe opposé ? Et surtout sans le sexe ?

Parce que le sexe est central à cette histoire (d’amour) singulière : entre Wallace qui a conclu sa relation parce qu’elle le trompait, Dalia (Megan Park) qui souhaite une transition sexuelle avant de passer à un autre partenaire, Allan et Nicol (Mackenzie Davis) qui ont une sexualité débridée, et Ben qui menace le même Wallace de ne pas toucher à Chantry, nous sommes servis !

Sans oublier la scène de nu (soft, rassurez-vous !) tout bonnement hilarante, et vous avez une petite idée de cette magnifique comédie qui réussit à faire rire autour du sexe sans tomber dans certains excès « de bon ton » (2) : nous sommes dans cette fameuse screwball comedy apparue aux Etats-Unis environ trente ans plus tôt : certes, les situations sont comiques mais il en va de même des échanges (verbaux, puisque le sexe, vous savez ce qu’il en est…), tout aussi comiques que le reste.

 

Mais cette comédie est avant tout portée par une interprétation elle aussi formidable. Zoe Kazan est toujours au meilleur niveau et à ses côtés, on (re)découvre un Daniel Radcliffe au diapason, montrant qu’il sait faire autre chose que des tours de magie et surtout délaissant l’aspect enfantin du personnage qui l’a fait connaître, s’intégrant pleinement dans le cinéma en général.

Quant au couple Adam Driver-Mackenzie Davis, c’est un duo indispensable qui va au-delà du « second rôle » habituel : ils nourrissent régulièrement cette comédie, amenant (plus ou moins délicatement et avec une réussite aléatoire) ces deux amoureux l’un vers l’autre.

 

Un régal !

 

PS : Non mais quel titre, encore une fois !

  1. Les deux protagonistes vont d’ailleurs au cinéma voir un autre film de Rob Reiner, le formidable (lui aussi) The Princess Bride.
  2. Cf. Ted. [NB : j’aime beaucoup quand même !]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bernard Toublanc-Michel
Le petit Bougnat (Bernard Toublanc-Michel, 1970)

Le petit Bougnat (Claude Amazan) est un jeune garçon qui habite Sarcelles et qui veut aller en colonie de vacances avec ses copains. Malheureusement pour lui, ses parents ont d’autres projets. Qu’à cela ne tienne, il se sauve de chez lui et réussit à se rendre sur le lieu de la colonie. Il retrouve, en plus des copains, la jeune Rose (Isabelle Adjani), qui n’a qu’une seule envie, c’est de rentrer à Sarcelles : « la caserne c’est pas pour les filles. »

J’oubliais un détail qui a son importance : le petit Bougnat, comme son nom ne l’indique pas, est noir. C’est comme ça.

 

Pour ceux qui s’en souviennent encore, je précise qu’il n’y a aucune relation entre ce petit Bougnat et les déclarations imbéciles d’un ancien ministre de l’Intérieur en 2009 (1). Si le jeune garçon est appelé Bougnat, c’est avant tout parce qu’il est né en Auvergne, à Clermont-Ferrand. Quant à se couleur de peau, elle n’est mentionnée qu’une seule fois, et de façon pertinente par la jeune Rose : à aucun moment les enfants ne se permettent quelque remarque désobligeante. C’est un paysan du crû qui, le croisant, fait référence à un slogan publicitaire pour une parque de petit déjeuner enfantin, dont le logo utilisait le portrait d’un homme noir, archétype de l’Africain dans la France colonialiste.

 

Mais pour le reste, Bernard Toublanc-Michel filme avec beaucoup de justesse l’univers des enfants de 1970, et surtout certains aspects des colonies de vacances qui ont perduré pendant toute la décennie, et même après. Comment je le sais ? J’ai participé enfant à ce genre de séjour pendant cette période.

Parce qu’en plus d’être un film avec des enfants, Toublanc-Michel capture l’esprit du temps, avec ces colos où tout les enfants portaient la même tenue (2), et faisaient tous la même chose au même moment ! Et comme disait mon ami Jiém (3), heureusement que les WC étaient individuels !

 

Mais Le petit Bougnat, c’est avant tout deux enfants qui vont se (re)trouver, malgré leurs oppositions : une fille et un garçon ; elle veut rester à Sarcelles, il veut s’enfuir ; il est débrouillard, elle est empotée… Et Toublanc-Michel évite le piège facile de l’histoire d’amour (impossible, ils n’ont pas le même âge) entre ses deux personnages attachants. C’est seulement (et c’est beaucoup déjà) une belle histoire d’amitié entre un garçon et une fille : deux individus qui ne savent pas ce qu’ils veulent, et qui se rencontrent pour finalement acquérir, chacun à sa façon, leur part de bonheur.

 

Alors n’hésitez pas, (re)plongez dans la France des Trente Glorieuses, avec ses cars qui s’ouvrent à l’arrière et n’ont pas de ceinture de sécurité, où on autorisait les enfants à fumer (Bougnat préfère le cigare), et où on découvrait alors une future grande actrice, Isabelle Adjani. Sa composition de Rose est très juste – normal, elle a l’âge, mais cela ne suffit pas – cette jeune personne qui ne sait pas où se situer entre le monde de l’enfance et celui des adultes, attirée tour à tour par les deux, mais surtout par le beau Roland, moniteur de cette colo (4), qui est tout de même bien embarrassé par cette jeunette qui se croit amoureuse de lui.

 

  1. Il sera d’ailleurs – justement – condamné pour ses propos racistes.
  2. Il ne fallait pas faire de différence.
  3. Je vous conseille son dernier livre, ZoneS à défendre (publicité gratuite), qui ne plaît pas à certains algorithmes plus ou moins « sociaux ».
  4. On ne disait pas encore « animateur ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Alex Schmidt
Forgotten (Du hast es versprochen - Alex Schmidt, 2012)

La petite fille aux grands yeux, sur l’affiche, c’est Maria (Mia Kasalo). C’est elle qui a été oubliée (1) par Hanna (Greta Oceana Dethlefs puis surtout Mina Tander). Il faut dire que le dernier été qu’Hanna et son amie Clarissa (Alina Sophie Antoniadis puis Laura de Boer) ont passé sur l’île de Maria fut riche en rebondissements. Mais ça, c’était avant.

Depuis, Hanna est devenue infirmière, a épousé Johannes (Clemens Schick) et a une petite fille, Lea (Lina Köhlert). Un jour, elle retrouve Clarissa parmi les patients de son hôpital. Elles décident alors de retourner pour quelques vacances sur cette île de leur enfance.

Mais évidemment, le passé leur revient, et surtout le souvenir de la disparition de Maria, dont on n’a jamais retrouvé le corps…

 

Autant le dire tout de suite, Hanna avait de très bonnes raisons d’oublier. Et Alex Schmidt va nous le prouver en prenant son temps, installant progressivement ses personnages et surtout ramenant la mémoire à Hanna, usant avec pertinence de flash-back qui n’arrivent pas obligatoirement dans l’ordre : si la mémoire nous revenait linéairement, ce sera peut-être plus pratique, mais ça nous éviterait quelques films intéressants, dont celui-ci.

Parce qu’Alex Schmidt réussit à créer une ambiance particulière, angoissante, servi par deux actrices qui nous transportent dans cette histoire terrible qui remonte à l’enfance. Et l’affiche (encore une fois) originale nous prévient : « Sais-tu encore ce que tu as fait étant enfant ? »

Mais Hanna, elle, ne sait plus (et pour cause), alors que tout le monde autour semble savoir.

 

Et comme Hanna, le spectateur va voir les souvenirs revenir à la surface, provoqués par des situations, des objets, des lieux. Et cela va durer pendant les deux premiers tiers du film, jusqu’à l’emballement – inévitable – de l’intrigue et l’apparition du sang – un petit peu trop à mon goût, mais ne chipotons pas – et la résolution – encore plus terrible de cette histoire qui devient étouffante, malgré le peu d’enfermement physique qu’elle comporte : certes les portes sont présentes – celle de la cave et la trappe – mais pas autant qu’on aurait pu l’attendre, surtout quand le dénouement approche.

 

Et Schmidt filme avec beaucoup d’habileté avec les sentiments de ses personnages – surtout Hanna, bien sûr – et les nerfs de ses spectateurs, jouant sur l’état mental de cette dernière face à la tragédie passée : Maria a été enfermée dans un puits et personne n’est venue la chercher, alors que les deux autres petites filles quittaient l’île.

Schmidt va donc jouer avec le surnaturel, faisant apparaître la petite Maria à différents endroits, la faisant disparaître quand il faut pour qu’on puisse raisonnablement se demander s’il s’agit d’une véritable apparition ou d’un délire visuel, ou les deux.

 

Et Schmidt nous emmène jusqu’au bout de la nuit (2) de ces (ses) personnages, vers une révélation finale tout aussi terrible que ce qu’il s’est passé quand elles étaient petites filles.

 

A découvrir.

 

  1. D’où le titre international. Pour le titre original(« tu l'a[vai]s promis »), je vous laisse découvrir le rapport.
  2. Bien sûr, c’est plus angoissant quand il fait noir !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gérard Philipe, #Joris Ivens
Les aventures de Till l'Espiègle (Gérard Philipe & Joris Ivens, 1956)

Till (Gérard Philipe) est un jeune homme plein de ressources, bien entendu un tantinet oisif, pour qui toutes les femmes sont des fiancées.
Mais quand l’armée d’occupation (l’Espagne) brûle son père (Fernand Ledoux) pour rébellion, il décide de rejoindre la résistance.

Aidé de son fidèle Lamme (Jean Carmet), il va aider à soulever les Province pour aider le prince d’Orange (Wilhelm Koch-Hooge) à chasser les envahisseurs.

 

Plus jeune (beaucoup), Till était pour moi un personnage de comédie qui se régalait de son pain en humant l’odeur d’un poulet rôti. Avec Gérard Philippe (aidé de Joris Ivens),  ce jeune homme est plus une figure de la résistance flamande à l’occupation espagnole, bien loin de cette image un tantinet naïve. Et c’est tout de même Philipe qui est dans le vrai, reprenant l’adaptation flamande de Charles De Coster qui en fait un héros de cette résistance anti-espagnole (1).

Mais comme Gérard Philipe est (pour la seule fois de sa vie) aux commandes, on retrouve tout de même cette espièglerie qui a toujours qualifié son personnage.

 

Parce que, encore une fois, c’est un film d’acteur, où Gérard Philipe, grand patron, se fait plaisir dans un rôle sur mesure : non seulement Till est un personnage de son registre, mais en tant qu’homme de gauche, il ne pouvait que se reconnaître dans cet homme qui résiste à un envahisseur.

Et ça fonctionne. On passe  un bon moment à suivre cette série d’aventures où le burlesque a sa part et où la résistance est avant tout pour de rire, malgré les représailles terribles de l’armée d’occupation (roue, pendaison).

 

Mais Gérard Philipe n’était pas un réalisateur, et malgré tout, cela se ressent dans le film  et la générosité – inévitable quand un acteur passe derrière la caméra – a ses limites : le film est plaisant mais n’atteint pas des sommets.

Gérard Philipe se fait plaisir, le spectateur aussi, est c’est là qu’est le plus important : le cinéma est là (aussi) pour nous évader. Mais Till n’est pas Fanfan, et Gérard Philipe n’est pas Charles Laughton : son seul film, plaisant, reste un divertissement anecdotique.

Pas plus.

 

  1. Les pays limitrophes qui ont résisté contre l’Allemagne ne peuvent que souscrire à cette résistance contre un pays qui n’a même pas de frontière commune avec leur territoire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jacques de Baroncelli
L'Ami Fritz (Jacques de Baroncelli, 1933)

Fritz Kobus (Lucien Dubosq), « l’ami Fritz » est un (encore) jeune Alsacien, bon vivant, un tantinet versé dans l’oisiveté (1), et surtout célibataire convaincu et acharné, président de l’Amicale d’iceux qui réunit les réfractaires au mariage de son village. Et ce malgré les tentatives répétées du rabbin Sichel (Charles Lamy) de le marier à quelque belle jeune femme.

Fêtant – avec un repas plantureux – l’arrivée des cigognes, il reçoit au nom des enfants de la commune quelques bouquets de fleurs. Parmi ces enfants, il en est une qui ne l’est plus beaucoup : la belle Suzel (Simone Bourday).
Visitant sa ferme, tenue par les parents de cette dernière, il remarque (enfin) la jeune fille, développant malgré lui un sentiment très nouveau et contraire à ses principes : il est amoureux.

 

Il s’agit ici d’une de ces comédies tournées entre les deux guerres mondiales, où l’insouciance est de mise, personnifiée par ce personnage truculent, où les différences ont toutes été gommées, et où l’entente générale est de mise : les Alsaciens décrits ici sont tous joviaux et bons vivants, s’entendant toujours et se réunissant devant un bon verre de vin (ou d’autre chose). La preuve : le rabbin Sichel est un des personnages majeurs de cette intrigue, pleinement accepté par cette communauté, malgré son judaïsme (2). C’est d’ailleurs cette dernière caractéristique qui donne tout son intérêt à ce film tourné à une époque où l’antisémitisme est en plein essor, dans la foulée aussi de l’accession au pouvoir d’un chancelier qui fait [fyrœr] (3) outre-Rhin.

 

Mais là s’arrête cet intérêt, tant le film est empesé, et ce malgré une plastique indéniable. Baroncelli a été plus inspiré dans sa direction d’acteurs. Mais sa grande erreur fut peut-être de choisir Lucien Dubosq, de la Comédie Française (4). C’est lui qui porte le film, et son élocution rappelle beaucoup trop celle de la scène, dénaturant son jeu : on n’évolue pas de la même façon devant une caméra que sur une scène de théâtre. Et c’est bien dommage parce que son jeu a tendance à contaminer ses partenaires, diminuant de fait la truculence de l’intrigue. On remarque le même jeu empesé des figurants en tenues traditionnelle qui effectuent les danses traditionnelles, sorte de cachet d’authenticité du film tourné sur place.

Seuls quelques interprètes s’en sortent et composent des personnages véritablement attachants : ce même rabbin Sichel et la servante Catherine (la plantureuse Madeleine Guitty).

 

Pour le reste, on notera le soin particulier pris pour les prises de vue et les différents mouvements de caméra (Baroncelli savait tout de même faire des films, ne l’oublions pas !), mais ça ne va pas plus loin.

Dommage.

 

  1. Il possède une ferme qui lui assure de confortables revenus.
  2. L’Alsace n’a pas toujours été une terre très accueillante pour les Juifs.
  3. Fureur ou/et Führer, comme vous voulez.
  4. Il en deviendra sociétaire quelques mois avant sa mort prématurée à 42 ans.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Nicholas Ray
La Fureur de vivre (Rebel without a Cause - Nicholas Ray, 1955)

Quand le film est présenté à New York, le 26 octobre 1955, James Dean est mort depuis presque un mois (30 septembre), tué dans un accident d’automobile. Cette mort va évidemment se rappeler au souvenir des spectateurs quand Jim Stark (James Dean, donc) et Buzz Gunderson (Corey Allen) s’élanceront vers la falaise, dans la très célèbre séquence de chickie-run qui verra la mort du même Buzz, incapable de sortir de la voiture.

Six mois après avoir été Trask, il est donc Stark (notez l’anagramme), le rôle qui le propulsera définitivement au firmament, faisant de lui un modèle pour de nombreuses générations de jeunes gens, tous se retrouvant dans ce personnage (encore une fois) tourmenté.

Mais reprenons.

 

Jim vient d’arriver à Los Angeles après de nombreux déménagements. Son père (Jim Backus) et sa mère (Ann Doran) espèrent que ce sera la dernière fois. Mais dès le premier jour d’école, il rencontre Buzz Gunderson avec qui il va se mesurer.

Mais il rencontre aussi deux autres jeunes gens : Judy  (Natalie Wood) et John « Plato » Crawford, aussi perdus et révoltés que lui.

Après la mort de Buzz, ils se retrouvent tous les trois dans une villa abandonnée ; seuls au monde. Libres. Heureux.

Mais pas longtemps.

 

Encore une fois, on peut se fâcher contre le(s) traducteur(s) : de « rebelle sans cause (1) » on passe à cette fureur de vivre. Or je ne suis pas beaucoup convaincu que ces différents personnages tiennent furieusement à la vie. Mais une chose est sûre : le titre français est tout de même beaucoup plus accrocheur.

Parce que ce qui semble plus attirer ces jeunes personnes, c’est plutôt la destruction, et bien sûr, la mort.

Et le trio vedette nous est présenté ainsi :

  • Jim (celui qu’on voit le premier) est ivre sur la voie publique, réconfortant un singe mécanique à cymbales ;
  • Plato a été arrêté pour avoir tué des chiots à coups de pistolet (celui dans le tiroir de la chambre de sa mère) ;
  • Judy est là pour vagabondage après avoir quitté sa maison, portant un grand manteau rouge (2).

Mais c’est surtout avec le rencontre (confrontation) de Buzz que l’intrigue se précise : il y aura un duel entre ces deux garçons. Le duel commence au couteau mais se termine au bord de la falaise (pour l’un)  et en bas (pour l’autre). Et cette course (ô combien stupide) est précédée par un court échange entre ces deux « ennemis » qui au final ne le sont pas : à l’écart des autres, ils échangent amicalement, et Buzz reconnaît même que Jim est sympathique. Mais sa dernière intervention scelle définitivement le destin mortifère de leur relation : alors que Jim lui demande pour faire ce défi stupide, il lui répond qu’il faut bien faire quelque chose.

Et mourir semble donc une de ces choses à faire.

Cette dernière assertion est surtout confirmée par l’attitude de Judy après la mort de Buzz, son petit ami jusqu’alors. Pas une seule fois elle ne pleure la disparition du jeune garçon, ni ne semble regretter sa disparition. Au contraire, elle part avec celui qui survit, espérant une nouvelle fois un peu de bonheur dans cette vie compliquée.

 

Et c’est justement cette vie compliquée qui fait tout le sel du film. Et les trois interprètes (entre autres) jouent avec justesse cette adolescence en constante opposition au monde des adultes, ne comprenant plus les changements qui se sont opérés : sur eux tout d’abord qui ont grandi et ont vu des modifications morphologiques importantes, et aussi sur l’attitude des adultes – leurs parents – par rapport à eux. Jim se rend compte et dénonce l’ascendant de sa mère sur son père, pendant que Judy regrette que son père (William Hopper) ne lui fasse plus un baiser quand il rentre. Quant à Plato, la seule adulte qui vit avec lui est une servante (Marietta Canty).

 

Et Nicholas Ray réussit surtout à brosser un tableau de l’adolescence qui, si elle se situe ici au cœur des années 1950, reste universelle. De tout temps (surtout depuis le XXème siècle) les adolescents ont eu du mal à se situer dans la société, regardant sans cesse vers le haut – devenir « grands », le monde des adultes – et vers le bas – l’enfance, l’innocence et l’absence de responsabilités. Et la séquence qui voit le trio investir la maison abandonnée en est une très belle illustration : arrivés là Jim & Judy se prêtent à imiter les adultes qui visitent une maison en vue de l’habiter, sous la conduite de Plato, agent immobilier, avant de jouer comme seuls savent jouer des enfants autour de la piscine (vide). Pour ensuite se retrouver tous les trois autour d’un divan, composant alors leur famille idéale, celle qu’on se choisit : Judy & Jim les parents, et Plato leur enfant.

Bien sûr, le jeu des trois interprètes est d’une très grande justesse, avec une mention spéciale pour James Dean qui, lui, a déjà passé la vingtaine quand les deux autres sont de l’âge de leur personnage.

 

Un mot (3) encore sur les différents aspects techniques du film : le jeu des éclairages est d’une grande importance, ainsi que certains cadrages qui accompagnent avec beaucoup de justesse (encore une fois) l’intrigue : à certains moments de déséquilibre, la caméra se penche, accentuant le moment tragique (évidemment) qui arrive.

Je terminerai enfin par la prémonition du film, celle qu’on recherche toujours un peu dans cette tragédie annoncée. Après la séance au planétarium, Plato, impressionné demande à Jim si la fin du monde aura lieu la nuit. Il répond alors qu’elle se déroulera à l’aube.

Et quand Plato est emmené par les ambulanciers après avoir été abattu par un policier, l’aube se lève : c’est sa fin du monde.

 

  1. Motif, motivation.
  2. D’où une confusion des policiers, personnages peu enclins à l’imagination…
  3. Rapide, rassurez-vous.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Scott Hicks
Shine (Scott Hicks, 1996)

David Helfgott (Alex Rafalowicz, Noah Taylor puis Geoffrey Rush) est un pianiste de génie. Enfant, il présentait la Polonaise de Chopin à un concours. Adulescent, c’est le concerto pour piano n° 3 de Rachmaninov qu’il présente au prestigieux Royal College of Music, ce qui lui vaut le premier prix (mérité).

Mais cette ascension fulgurante a un pendant : David est un être inadapté, rendu malade par une relation compliquée avec son père (Armin Mueller-Stahl), musicien frustré lui-même par un père autoritaire.

Libéré après de nombreuses années en institution psychiatrique, il échoue dans un bar où trône un piano. Une nouvelle vie s’ouvre à lui.

 

Un an avant le superbe Good Will Hunting, le cinéma australien nous gratifie déjà d’un biopic tout aussi spectaculaire, où à nouveau quelqu’un de basse extraction atteint un sommet dans son domaine. Mais alors que Will Hunting ne devait son choix de réussite qu’à lui-même (arrêter les sorties du samedi soir…), pour David, c’est plus complexe.

Certes, il est malade, mais il l’est à cause d’un autre plus malade que lui encore, son père. Et Armin Mueller-Stahl est encore une fois époustouflant dans ce rôle sans cesse situé entre le Bien et le Mal : c’est par amour qu’il a cette attitude autocratique et castratrice. Et question amour, il est exclusif, reportant tout son capital sur ce fils qu’il aurait voulu être, vivant à travers lui les occasions manquées du fait de son propre père. Et comme ce père est mort dans les camps (ils sont originaires de Pologne), il n’a pas pu s’expliquer « d’homme à homme » avec lui.

 

Si Armin Mueller-Stahl est époustouflant, que dire de Geoffrey Rush ? Phénoménal, bien sûr, mais éblouissant serait un terme qui rappellerait le titre (1), voire extraordinaire. Son interprétation de David, torturé par ces années de conflit larvé (puis ouvert) avec son père, est formidable de justesse. Son flot ininterrompu de paroles plus ou moins oiseuses cache – mal – un immense besoin d’amour : rejeté par son père pour être allé à Londres étudier, il n’a de cesse de se rapprocher des autres, de les toucher (plus ou moins délicatement), de trouver cet amour qu’il a perdu avec son exil.


Et puis il y a la musique. Et là, David se métamorphose. S’il est penché sur son clavier, comme s’il était en train de lire le nom de chaque touche, c’est avant tout pour être au plus près de sa musique, se rapprochant au plus près de cet instrument volumineux qu’il est difficile de prendre dans ses bras. Et son toucher semble léger au spectateur, comme s’il ne faisait qu’effleurer les touches, leur donnant la couleur aérienne qu’il veut : à chaque performance il s’envole et ressent tout ce qu’il y a à ressentir, laissant son corps se débrouiller avec les aspects techniques de l’exécution.

 

La musique des sphères, enfin audible.

 

  1. To shine : briller.
  2. La performance lors du concours du Royal College of Music en est une très belle illustration.

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