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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Matt Reeves
The Batman (Matt Reeves, 2022)

Le chevalier noir (comme on l’appelait dans la série des années 2000) est de retour. Et bien sûr, il n’est pas seul : Jim Gordon (Jeffrey Wright) et Alfred (Andy « Gollum » Serkis) bien sûr, mais aussi Catwoman (Zoë Kravitz) et le Pingouin (Colin Farrell absolument méconnaissable), sans oublier le grand méchant : Carmine Falcone (John « Jesus » Turturro). Enfin ce n’est pas vraiment le super méchant puisqu’en même temps que la corruption règne à Gotham City (comme de bien entendu), une espèce de faux justicier élimine tous les responsables de cette corruption (maire, commissaire, procureur…) : The Riddler (Paul Dano).

Batman (Robert Pattinson) a donc fort à faire dans cet énième épisode de ses aventures…

 

Un peu plus de deux ans après le formidable Joker de Todd Philips, voici donc la dernière mouture du héros de Bill Finger et Bob Kane. Alors autant le dire tout de suite (et ce fut une source de moquerie tout à fait justifiée, voir ci-dessous), c’est un film noir. Très noir. Et même trop noir. Et je ne parle pas de l’intrigue : ça manquer cruellement de lumière, même dans les séquences qui se déroulent en journée. En effet, c’est presque toujours en intérieur (chez Bruce Wayne ou dans une église) et quand on sort, c’est en fin de journée, quand la lumière commence à baisser. C’est très certainement là que le bât blesse dans ce film. On en arrive parfois à imaginer certains personnages sur l’écran. Ce qui est un comble pour un art qui se base sur le visage des interprètes.
 

Parce qu’autrement, on est dans la lignée du film de Philips (un cran en dessous tout de même), avec un Batman humain avant tout, rempli de doutes et même amoureux (de Catwoman, vous vous en doutiez). Et en plus de cette noirceur morale, on assiste à certains ratés qui montrent certaines limites (humaines) du personnage : son atterrissage après avoir survolé (forcé) la ville est magnifiquement raté.

Mais pour le reste, le spectacle est là, parfois un peu trop et cela devient difficilement supportable : la poursuite en voiture est fort difficile à apprécier. On a fait mieux avant (1).

De plus, on évite le rembobinage complet : quand le film commence, voilà déjà deux ans que le justicier masqué œuvre dans ce repaire de criminels.

 

En ce qui concerne l’interprétation, Pattinson s’en tire très bien dans ce rôle emblématique et si sa pâleur naturelle rappelle ses rôles précédents, elle contribue aussi à cet effet tourmenté qui étreint le personnage. Certes, le masque ne permet pas beaucoup d’expression faciale, mais on ne retrouve pas l’aspect artificiel de Christian Bale chez Christopher Nolan quand Batman s’exprime. De plus, le parti pris de faire de Batman le narrateur du film accentue cet aspect humain recherché.

Et bien sûr, la plus grande surprise vient de Colin Farrell : le travail de Michael Fontaine est époustouflant. Il a fallu que je lise son nom dans les crédits de fin pour me rendre compte que c’était lui qui interprétait le Pingouin (2).

 

Par contre, la musique de Michael Giacchino laisse à désirer. Si ses variations autour de l’Ave Maria de Schubert sont appréciables, le thème de Batman est beaucoup trop proche de celui de Darth Vador et a tendance à polluer ce que nous voyons. L’analogie vestimentaire peut faire sourire, mais à la longue, elle lasse.

 

Alors, The Batman, un film à voir ? Oui.

 

  1. Je ne dis pas que c’était mieux avant, je dis seulement que la poursuite n’est pas le moment le plus intéressant du film.
  2. Je consulte rarement les éléments d’un film que je vais voir car j’aime être surpris. Ce fut le cas ici !
The Batman (Matt Reeves, 2022)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #John Ford
Du Sang dans la prairie (Hell Bent - John Ford, 1918)

Un romancier reçoit une commande de son éditeur : raconter l’histoire d’un homme normal, ni bon ni mauvais, dans des situations ordinaires. Ce romancier va prendre comme base un tableau A Misdeal de Frederic Remington (1861-1909), immense peintre américain qui a su croquer sur le vif ce far West américain qui va émailler le cinéma de John Ford.

Après une partie de cartes qui tourne mal, Cheyenne Harry (Carey) qui a plus d’un atout dans sa manche (1), fuit et se réfugie à Rawhide, ville qui vit sous la coupe de Beau Ross (Joe Harris), un bandit notoire. Il y fait deux rencontres déterminantes : Cimmaron Bill (Duke R. Lee) et Bess (Neva Gerber). Le premier lui apportera une amitié indéfectible, la seconde un peu plus…

 

John Ford continue à installer son Far West, prenant déjà appui sur le travail pictural de Remington, s’appuyant sur le jeu – et l’écriture – de son interprète principal, Harry Carey. Il va rapidement sortir du cadre de l’artiste peintre pour installer son microcosme dans une bourgade proche du Rio Grande (2). Comme nous ne sommes qu’en 1918 quand sort le film, ce microcosme est très réduit et tourne autour d’un lieu emblématique : le saloon qui sert de salle de danse et d’hôtel. C’est d’ailleurs là que notre héros va rencontrer Bill, amenant une séquence comique (indispensable chez Ford) autour de la chanson traditionnelle Sweet Genoveve, qu’ils massacrent allègrement !

 

Bien sûr, le personnage de Harry est inspiré de ceux William S. Hart, et le titre original, même s’il n’exprime pas la même chose (3), fait écho à Hell’s Hinges, avec ce même cow-boy. Ici aussi, d’ailleurs, le héros débarrasse la ville de son parasite, sans pour autant la réduire en cendres.

Mais alors que Hart est un archétype de héros de western, Harry ici est beaucoup plus ordinaire : on retrouve écho de la commande initiale de l’intrigue. Cheyenne Harry est un homme fruste comme l’indique son comportement envers Bess au saloon.

 

Et cette même Bess annonce de son côté ces femmes fortes qui vont se développer tout au long du parcours cinématographique de Ford. Certes, on n’en est pas encore à la conduite de Mildred Natwick avec Victor McLaglen dans La Charge héroïque (4), mais le regard noir de Neva Gerber est très éloquent. Et si cela ne vous semble pas suffisant, j’ajouterai que c’est elle qui va prendre en main la destinée de sa famille, son frère Jack (Vester Pegg) n’assumant plus rien après avoir été renvoyé de la Wells Fargo : leur mère a besoin d’argent et Bess va se faire embaucher au saloon. Là encore, nous retrouvons un élément essentiel du monde fordien : la famille.

 

Je terminerai en regrettant l’état général de la copie disponible : certes, les images sont en bon état, mais comme il s’agit d’une édition retrouvée en République Tchèque, retravaillée lors de sa sortie. Les raccords du montage ne sont pas toujours ceux que les spectateurs américains de 1918 ont pu voir.

Mais comme c’est John Ford, ça ne gâche pas trop notre plaisir…

 

  1. Il en a dans plusieurs poches et ce sont essentiellement des as, indispensables pour gagner au poker, sauf quand cela tourne mal…
  2. C’est pratique pour se réfugier de l’autre côté quand on est recherché par la Justice…
  3. On pourrait traduire par acharné : Harry irait jusqu’en enfer pour réaliser son dessein (merci professeur Allen John). Encore une fois, le traducteur français s’est fait plaisir. C’est sûr que c’est plus vendeur…
  4. Là encore très influencé par le travail de Remington.
A Misdeal (Frederic Remington, 1897)

A Misdeal (Frederic Remington, 1897)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Espionnage, #Wesley Ruggles
The leopard Woman (Wesley Ruggles, 1920)

La « femme léopard » du titre, c’est Madame (Louise Glaum). Une mondaine de type femme fatale qui opère sur Le Caire européen. Parce que cela se passe en Egypte (1), du temps où les empires occidentaux régnaient sans partage sur l’Afrique.

Arrive le séduisant John Culbertson (House Peters), aventurier britannique, qui ne réagit pas à la présence de la jeune femme. De toute façon, il est happé par un membre de l’ambassade anglaise pour mener à bien des négociations auprès d’une peuplade reculée. Mais ces négociations ne font pas le jeu de tout le monde, et Madame est envoyée à son tour par son ambassadeur dans cette même région pour saboter ces mêmes négociations : ralentir Culbertson, voire le tuer si nécessaire.

Bien entendu, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre.

 

Le titre est alléchant, le lieu de l’intrigue prometteur, et les péripéties qui s’annoncent sont de bon augure. Mais, on reste sur sa faim.

Pourquoi avoir appelé cette femme ainsi ? Est-ce la présence de peaux de l’animal sur son lit ou le motif de sa robe qui la font surnommer ainsi ? Je cherche encore la réponse.

Si nous ne sommes pas spécialement en Egypte à mesure que l’intrigue se déroule, la savane africaine ne referme que très peu de mystère voire de danger : à part un rhinocéros en colère, pas de quoi frémir. Et même cet épisode est réglé en trois coups de cuiller à pot : Culbertson prend tranquillement son fusil et abat l’animal du premier coup, alors que l’homme de main de Madame, Chaké (Noble Johnson, acteur malheureusement oublié malgré sa filmographie exceptionnelle) a fait feu plusieurs fois de suite sans jamais le toucher…

Quant aux péripéties, elles ne sont pas légion : on s’ennuie fermement pendant la traversée du territoire supposé hostile. Il faut dire que l’intrigue amoureuse prend le dessus sur le reste et du coup, tout le reste devient accessoire.

 

On notera tout de même que nous n’avons pas droit ici aux « black faces » habituelles : les rôles des « autochtones » sont tenus par de véritables acteurs noirs, et en particulier Noble Johnson, acteur oublié malgré sa filmographie impressionnante. Mais ne nous y trompons pas, les Noirs ne sont pas dépeints de façon très positive : ils ne sont bons qu’à transporter le maté »riel et s’enfuient dès le moindre danger. Même le traitement qu’ils endurent avec Madame (elle les fait avancer à coups de fouet) fait peu réagir Culbertson, même si on sent qu’il n’est pas vraiment d’accord avec de telles pratiques.

Bref on ne sort pas de la vision blanche commune du cinéma de l’époque (et qui va perdurer encore quelques temps).

 

Comme on s’ennuie un peu en voyant ce film, on se concentre sur autre chose : les intertitres. Dès l’ouverture, on note qu’ils s’y sont mis à trois pour les concevoir : Leo H. Braun, Carl Schneider & F.J. van Halle. Trois, c’est peut-être un peu beaucoup pour une telle entreprise, non ? Et bien pas tant que ça : les intertitres sont travaillés et on a même droit à un poing armé d’un couteau en surimpression. Bref, des cartons très soignés. Enfin ceux qu’on peut bien voir parce que la qualité de la copie laisse à désirer et certains sont devenus surexposés avec le temps, et donc illisibles.

Au final, si le film de Ruggles « surfe » sur la tendance exotique de l’époque qui voyait une profusion de films se passer loin dans des endroits mystérieux, on a du mal à se passionner pour cette intrigue somme toute bien plate, et ce malgré des éléments propices à l’évasion : exotisme, espionnage...

Dommage.

 

  1. Si ce n’était pas précisé, outre un plan qui nous laisse entrevoir le site de Gizeh, peu d’éléments nous indiquent que nous sommes là-bas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Mack Sennett, #Mabel Normand, #Roscoe Arbuckle
Mabel's new Hero (Mack Sennett, 1913)

Mabel (Normand) va passer l’après-midi à la plage avec ses amies et leur présente à cette occasion son fiancé, l’imposant Fatty (Roscoe Arbuckle). Mais ce qui aurait dû être une après-midi agréable devient un calvaire après la rencontre de l’irrésistible (du moins le croit-il) Handsom Harry (Charles Inslee). Ce dernier va tout faire, par jalousie, pour séparer les amoureux, lâchant même un ballon (pas beaucoup dirigeable) dans l’air avec la jeune femme dedans.
Heureusement, Fatty va la sauver, avec l’aide (pas toujours très efficace) des Keystone Cops !

 

Nous sommes chez Mack Sennett, et comme d’habitude, tout va très vite : tout doit aller très vite. Et comme il a réuni deux des plus grandes vedettes de l’époque (1), le spectacle attendu est là et bien là. On retrouve la fraîcheur de Mabel, ainsi que sa force de caractère et dans le même temps, la carrure imposante d’Arbuckle qui ne l’empêche pas « tomber » les filles. Et cet embonpoint caractéristique est une source de gags : trop gros, il fait s’effondrer un guéridon sur lequel il comptait s’asseoir ; dans la séquence finale, il fait rebondir Mabel sur son ventre pour la remettre de face…

 

Bref, Arbuckle, s’il n’apparaît pas tout de suite sur l’écran, prend toute la place une fois qu’il s’est montré. Et le jeu tout en subtilité de Mabel Normand s’accorde parfaitement avec celui de cet immense acteur (au sens propre comme au figuré !).

Et bien sûr, cette intrigue maritime permet à Sennett de placer quelques jolies jeunes femmes, dont Mabel qui exhibe en ombres chinoises certaines de ses formes, pour le plus grand plaisir de ce voyeur de Handsome Harry.

 

Et évidemment, nous retrouvons les inévitables policiers, véritable marque de fabrique du studio Keystone : ils sont cinq, toujours excités et peu efficaces. Il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour faire atterrir Mabel. Et chaque occasion offerte les voit sur leur fondement. S’ils n’aidaient pas (un peu) Fatty à redescendre la belle, on pourrait même douter de leur utilité !

Quoi qu’il en soit, on s’amuse beaucoup de cette aventure improbable mais on se dit tout de même qu’un peu de calme n’aurait pas nui au film, mais il n’y a qu’une bobine (10 minutes) et il faut s tenir à ce métrage.

Dommage, surtout que Roscoe Arbuckle avait une délicatesse aussi grande que son ventre, c’est dire !

 

Signe des temps : le titre original a plus tard été changé en Fatty & the bathing Beauties (Fatty et les jolies baigneuses). Roscoe Arbuckle avait pris une plus grande place auprès du public que Mabel, et devenait de ce fait plus vendeur…

 

  1. Chaplin et Keaton ne sont pas encore connus.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Charles Chaplin, #Henry Lehrman
Pour gagner sa Vie (Making a Living - Henry Lehrman, 1914)

Pour gagner sa vie, et d’une certaine façon épouser la femme qu’il aime (Virginia Kirtley), une espèce de vagabond (Charles Chaplin) va s’essayer à devenir reporter. Et comme en amour (comme à la guerre, hélas), tous les coups sont permis, il va voler le travail d’un véritable journaliste (Henry Lehrman), créant au passage de nombreux incidents impliquant entre autres un couple marié et les inévitables policiers de la Keystone (1).

 

Il a un chapeau, une redingote, une canne et des moustaches. Chaplin arrive sur les écrans en ce début de février 1914. Mais nous sommes encore loin du personnage de vagabond qui va lui apporter le succès (mérité) : son costume est plutôt clair et il est en outre affublé d’un monocle qui est plus une gêne qu’autre chose.

En effet, ce monocle lui donne un rictus assez désagréable qu’il abandonne immédiatement quand il l’enlève, permettant l’apparition de ce sourire (communicatif) que nous connaissons bien.

De plus, ses moustaches tombantes, de types cow-boy ajoutent à l’aspect artificiel engendré par le monocle.

 

Et ne négligeons pas l’intérêt le plus important de ce court film : il s’agit du premier Chaplin. Certes, il n’est qu’acteur (2), mais on voit pointer ce qui va faire le succès de ce personnage, une fois qu’il aura trouvé ses véritables attributs : outre le sourire, ce drôle de vagabond (3) n’a aucune véritable morale et fera tout pour arriver à ses fins.

Mais ce n’est pas encore lui qui dirige, c’est alors Henry Lehrman, un gagman-réalisateur de la Keystone qui, en plus de réaliser, apparaît dans ses films. Mais ce n’est pas un réalisateur très original ni innovateur, et outre un travelling arrière (à deux reprises), ce sont essentiellement des plans d’ensembles (4) qui s’enchaînent, avec les gags habituels de la compagnie de Sennett.

On notera tout de même la présence d’un acteur qui suivra longtemps Chaplin dans les années qui vont suivre : Chester Conklin (un policier).

 

Patience, encore quelques mois avant que Chaplin franchisse le pas et surtout mette au point ce personnage reconnaissable entre tous… Pour l’allure, il la trouvera dès le film suivant (Kid auto Races in Venice qui sort cinq jours plus tard), et pour la réalisation, il faudra attendre le 20 avril de cette même année pour en voir le résultat (Twenty Minutes of Love), quelques jours après son vingt-cinquième anniversaire.

 

  1. C’est normal, c’est la compagnie de Mack Sennett, producteur du film.
  2. Ce qui n’est déjà pas mal, reconnaissons-le !
  3. « a bum » (un clochard, un bon à rien…) l’appelle son adversaire.
  4. Pas toujours bien cadrés d’ailleurs, mais n’est-ce pas dû à la copie visionnée ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean-Pierre Mocky
La grande Frousse (Jean-Pierre Mocky, 1964)

Aussi appelé La Cité de l’indicible peur (tiré du roman éponyme de Jean Ray), le film raconte les aventures singulières de l’inspecteur Triquet (Bourvil), as malgré lui de la police judiciaire française. Envoyé en province pour mettre la main sur un faux-monnayeur – Mickey dit « Le Bénédictin » (Joe Davray) – Triquet va résoudre moult enquêtes plus ou moins délicates par hasard et même à sa plus grande tristesse.

 

Tourné à la suite du Drôle de Paroissien, Mocky reprend une grande partie de ses interprètes pour une nouvelle comédie un tantinet foutraque, où la partie policière n’est qu’un prétexte pour s’amuser des travers d’une petite ville tranquille. Et comme toujours chez Mocky, les personnages sont beaucoup plus intéressants que l’intrigue.

A tout seigneur, tout honneur, Triquet est un archétype : policier (mal)chanceux qui est toujours au mauvais endroit au mauvais moment –  à son avis – il apparaît à tous comme un policier d’exception : « un homme » comme le qualifie le docteur Clabert (Victor Francen), praticien et alcoolique notoire, pour qui chaque mort est « naturelle » (1). Triquet est un policier hors norme et ses collègues parisiens ne s’y trompent pas : cantonné à des tâches subalternes et inutiles, c’est contraints qu’ils s’adressent à lui pour une démarche officielle. Sa parenté avec le chef de police (Fred Pasquali) est aussi un atout pour son maintien dans cette institution.

 

Et encore une fois, c’est le microcosme dans lequel évolue ce farfelu qui retient toute notre attention : du boucher (René-Louis Lafforgue, qui interprète aussi la chanson du film vantant les exploits de Triquet) au maire toujours souriant (Raymond Rouleau), en passant par la secrétaire de mairie Livina (Véronique Norday, qui deviendra bientôt madame Mocky), sans oublier le jardinier (Jacques Dufilho) ou encore le névrosé Franqui (Francis Blanche), tous s’amusent dans ce grand n’importe quoi. Avec en prime Jean-Claude Rémoleux, sous un imperméable transparent : sa présence n’a d’égale que sa diction. Et comme le disait Mocky lui-même, ce n’était pas un acteur. Et il n’était pas le seul, si on en juge les intonations de certains interprètes, à commencer par Joe Davray, qui était très certainement un meilleur cascadeur.

 

Deuxième des quatre films tourné avec Bourvil, il ne possède pas la même force corrosive des deux films qui l’entourent – Un drôle de Paroissien et La grande Lessive – voire la même rigueur (3), mais heureusement, l’interprétation sauve le tout, avec en prime des têtes connues dans de (tout) petits rôles, la musique allègre de Gérard Calvi, et des dialogues savoureux de Raymond Queneau (excusez du peu).

Bien entendu, ce n’est pas avec ce film qu’il faut entrer dans l’univers de Mocky.

 

Après si on a du mal avec son cinéma, il vaut mieux passer son chemin…

 

PS : Echec commercial, il fut « redécouvert » en 1972 en utilisant un nouveau titre (celui du roman), profitant encore des retombées de la disparition de Bourvil deux ans plus tôt.

 

  1. Le film sort un mois (environ) après la mort de l’écrivain.
  2. Mourir après avoir pris une balle dans le cœur est tout « naturel » : on en réchappe rarement…
  3. Peut-on parler de « rigueur » chez Mocky ? Oui. Quand même…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Jodie Foster, #Mel Gibson
Le Complexe du castor (The Beaver - Jodie Foster, 2011)

C’est un homme – Walter Black (Mel Gibson) – qui va mal. Très mal.

Il passe son temps à dormir, et quand il ne dort pas, il n’est pas à ce qu’il fait.

Il a une famille presque idéale, mais depuis qu’il est comme ça, rien ne va plus à la maison.

Walter est malade. Il a une maladie qui ne se voit pas : la dépression.

Alors il quitte sa famille, tirant un trait sur ce passé qui ne reviendra plus. Il se sépare du superflu, ou presque : il  va juste garder un castor – peluche et marionnette à la fois – qui va devenir un autre lui-même, véritable interlocuteur quand on a à lui parler.

Mais peut-on accepter de s’adresser à un tel interlocuteur quand celui qui le manipule a de telles responsabilités ?

 

La dépression est donc une maladie qui ne se voit pas. Même si ses symptômes semblent visibles, on a du mal à voir qu’une personne va mal. C’est une maladie lente et insidieuse, qui s’installe sans prévenir et s’en va de la même façon. C’est un état terrible pour celui ou celle qui en souffre, et surtout une grande incompréhension pour l’entourage. Sans parler de ceux qui ne savent pas ce que c’est et qui sont les plus difficiles à supporter pour le malade. Vous enverrez autour de vous, de ces donneurs de leçon qui vous diront que la personne malade ferait mieux de revenir travailler, de sortir de son environnement et toute cette sorte de choses.

 

En tournant ce film courageux, Jodie Foster semble transgresser un tabou tant ce thème est peu abordé au cinéma comme en littérature. Et Mel Gibson est un acteur-vecteur magnifique pour décrire ce qui est indicible.

Au début de sa nouvelle vie, on s’amuse à voir cette marionnette prendre la place de Walter, même si ce dernier ne cache pas qu’il parle : il ne s’agit pas d’un rôle de ventriloque. En utilisant ce castor – qui n’a d’ailleurs pas de nom – c’est une façon pour Walter de ne pas perdre pied dans la réalité, mais c’est aussi sa façon de la fuir : ces deux aspects contradictoires résumant bien l’état d’esprit du malade. Walter n’est plus encharge socialement, mais il reste tout de même celui qui manipule cette singulière marionnette. Et ses idées ne sont pas encore dépassées : le produit qu’il fait lancer (c’est le castor qui décide, ne l’oubliez pas) connaît un succès phénoménal !

 

La démarche de Walter permet que, de prime abord, ce castor soit plutôt bien accepté, mais progressivement il va s’imposer à Walter et son entourage jusqu’à devenir indispensable, voire tyrannique. Il est clair que l’état de Walter se détériore, et ce malgré la présence de ce vecteur de bien être qu’est le castor. Mais cela ne suffit pas et tout autour de lui aussi, les choses s’enveniment : son fils aîné – Porter (Anton Yelchin) – se détache de plus en plus de lui et la présence de la marionnette accentue la rupture. Et l’objectif de ce dernier – être le plus différent possible de son père – le voit prendre le même chemin, tout comme Walter l’avait fait avec son propre père.

 

Heureusement il y a les autres, ceux que la dépression ne touche pas, enfin pas directement, semble-t-il. Meredith (Jodie Foster) bien sûr, ou Henry (Riley Thomas Stewart), trop jeune pour bien comprendre ce qui arrive à son père. Mais c’est surtout la seule qui n’a rien de commun (d’un point de vue biologique) avec cette famille en plein désarroi qui va véritablement dénouer cette intrigue complexe : Norah (Jennifer Laurence). Elle aussi possède ses blessures, que Porter va mettre au jour, et de cette façon lui permettre d’avancer et de grandir. Elle a perdu son frère comme lui a perdu son père et cette rencontre (amoureuse) ne pourra être que profitable à tous : elle s’assumera comme lui assumera son père qui sortira (certainement pas indemne) de cette période nocive.

 

Un film indispensable pour commencer à essayer de comprendre ce qu’est cette maladie tellement méconnue mais que tous les ignorants croient connaître : la dépression.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Francis Ford Coppola
Twixt (Francis Ford Coppola, 2011)

Il y a toujours une raison. Toujours une raison pourquoi un jeune écrivain talentueux plein de promesses devient un écrivaillon de seconde zone alcoolique, faisant la tournée des petits patelins pour promouvoir un énième roman de sorcellerie. Et Hall Baltimore (Val Kilmer) en a une de raison.

Cette raison, c’est sa fille Vicky (Fiona Medaris), disparue dans un accident de bateau.

Quand Hall débarque à Swann Valley et qu’il rencontre le shérif LaGrange (Bruce Dern), ce dernier lui parle de deux éléments qui vont peut-être pouvoir relancer sa carrière : l’assassinat de plusieurs enfants cinquante ans plus tôt, ainsi qu’une jeune fille retrouvée avec un pieu dans le cœur comme un vulgaire vampire.

D’ailleurs, LaGrange lui propose une association pour en tirer un livre. Hall accepte.

 

On pourrait appeler ça un film Canada Dry : ça ressemble à du Stephen King, mais ce n’est pas du Stephen King. Et d’ailleurs, Coppola s’en joue à travers LaGrange qui compare Baltimore à un sous-produit du maître de l’épouvante. Et on peut confirmer que Coppola n’est pas King, même s’il en est un autre. Son final est un tantinet extrême et la dernière réplique, si elle provoque le sourire ne rattrape pas ce qu’on pourrait appeler une « faute de goût. » Oui, une faute de goût parce que tout ce sang qui dégouline dans un bouquet final aurait tendance à faire oublier les très beaux effets visuels précédents.

 

En effet, Baltimore, alcoolique, donc, a tendance à s’endormir (quand il ne prend pas une cabane à chauve-souris sur le crâne). Et dans ses rêves, l’hôtel qui a accueilli les meurtres d’enfants est ouvert et on rencontre un auteur d’histoires extraordinaires (1) qui tel Diogène se déplace avec une lanterne et accompagne l’autre écrivain dans son parcours onirique.

Parce que la grande différence avec le monde de King, c’est que tout ça, c’est du rêve (2). L’ambiance un brin mortifère ne va se dérouler qu’une fois Baltimore endormi, mêlant les époques et les faits divers, la jeune Virginia (Elle Fanning, toujours aussi formidable) étant le fil rouge de tout cela.

 

C’est d’ailleurs son apparition qui fait basculer le film dans le fantastique, avec un travail sur les images qui, à lui seul, vaut le déplacement. Le travail de Mihai Malaimare Jr. Est magnifique, donnant aux images un faux aspect en noir et blanc toujours trahi par quelques teintes en couleurs (3) qui vont aussi contribuer à teinter l’intrigue.

De plus, l’éclairage blanc qui se reflète sur les différents personnages ressurgis du passé accentue l’aspect irréel du rêve de Baltimore sans en affecter l’effet, créant l’atmosphère d’épouvante nécessaire recherchée.

 

Bref, Coppola retourne à ses premières amours (Dementia 13, 1963), avec son expérience accumulée en près de 50 ans de carrière, donnant un effet plus saisissant à son film, tournant avec autrement pus de moyens, mais sans toutefois arriver au sommet du genre que fut son Dracula vingt ans plus tôt.

Dommage.

 

  1. Oui, c’est Edgar Poe (Ben Chaplin).
  2. Vraiment ?
  3. Etant daltonien, je ne parlerai pas de cette teinte qui m’apparaît entre le vert et l’orange mais doit plus appartenir au rouge du fait du contexte…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Clint Eastwood
Gran Torino (Clint Eastwood, 2008)

Walter «  Walt » Kowalski (Clint Eastwood) est un vieil homme qui vient de perdre sa femme. Seul, il l’est d’autant plus que son quartier est de plus en plus fréquenté par les Hmongs, une peuplade d’Asie. Et ça, pour Walt, c’est assez insupportable : jeune, il a participé à la Guerre de Corée, avec les souvenirs qu’il en a gardés et qui le hantent depuis.

Mais quand une bande de jeunes voyous commencent à embêter ses voisins, il ne réfléchit pas longtemps et passe à l’action.

Dès lors, ce sera à la vie et à la mort entre ses nouveaux amis et lui : à leur vie et à sa mort.

 

La première vision qu’on a de Walter n’est certainement pas à son avantage. Et comme le remarque sa belle-fille Karen (Geraldine Hughes), il aurait pu faire un effort pour la mort de sa femme. Mais comme beaucoup de personnages de Clint Eastwood, Walt est un homme entier. Il ne fait pas toujours dans la discrétion ni la subtilité, mais reste malgré tout un personnage encore une fois très attachant. Mais ce n’était pas gagné.
On retrouve quelques ingrédients « déjà vus » et qui reviennent fréquemment chez ses personnages : Walt est raciste et réactionnaire et vit dans le passé. Il y a une part de Tom Highway (Heartbreak Ridge) dans cet homme qui ne vit que par le conflit qu’il a enduré près de soixante ans plus tôt ; mais aussi il annonce Earl Stone (The Mule) dans sa vie solitaire. On se demande même comment pouvait bien se passer la vie pour cette épouse qu’il vient d’enterrer aux côtés d’un tel personnage.

 

Et encore une fois, avec la famille, ce n’est pas vraiment ça. Et la réplique qui résume le mieux sa vie, il la prononce alors qu’il a été invité par sa voisine Sue (Abney Her) à manger chez elle : « j’ai plus de choses en commun avec ces niakoués (1) qu’avec ma propre famille de gâtés. »

Et bien, sûr, encore une fois, il va essayer de rattraper ce qu’il a fait ou ce qu’il n’a pas fait. Parce que, vous deviez vous en douter, la rédemption est là ! L’emménagement de ces Hmongs près de chez lui est de prime abord – et surtout pour lui – une mauvaise chose : il habite ici depuis toujours, dans un quartier catholique dominé par des Américains d’origine polonaise. Mais la vie a fait que tous ceux qu’il a connus ont déménagé ou sont morts et que son quartier a perdu de sa valeur, devenant un lieu d’accueil pour des gens moins fortunés : la maison habitée par les Lor est en piteux état et les appareils ménagers sont en fin de vie.

Et du fait de son passé (auquel il se réfère à tout bout de champ), cet emménagement est tout de même une bonne chose : il va pouvoir, à travers ses nouveaux voisins, se racheter.


Et ce rachat prend deux aspects : dans un premier temps, il va apprendre à connaître ses voisins et à les apprécier, ce qui amènera la réplique susmentionnée. Mais cela ne s’arrêtera pas là : c’est aussi pour eux qu’il va entreprendre la véritable démarche de rédemption, mettant ses affaires en ordre avant la confrontation finale avec le gang. Parce qu’il ne fait aucun doute qu’il ne reviendra pas de cette confrontation inévitable.

Et cette dernière rencontre a un côté duel final de western, quand le héros s’en va nettoyer la ville de ses desperados : seul devant les voyous, il prend la dernière cigarette avant l’explication finale.

Et si l’issue n’a rien à voir avec la trilogie de l’Homme sans nom, Eastwood nous gratifie tout de même du héros qui s’en va vers le soleil couchant (ou presque). Sauf que ce n’est pas celui qui était attendu. Et il n’est pas à cheval.

Il conduit une Ford Gran Torino 1972.

 

  1. « I got more in common with these gooks than I do my own spoilt family. » J’avais annoncé qu’il était raciste.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #William C. de Mille
The secret Game (William C. de Mille, 1917)

La grande différence entre William C. de Mille et son frère Cecil B., outre le prénom et l’orthographe du patronyme, c’est avant tout le milieu dans lequel évoluent les personnages de leurs films. D’un côté Cecil B. se complaît dans les milieux grands bourgeois voire aristocratiques, pendant que William C. reste à un niveau plus accessible pour les spectateurs, des gens tout à fait normaux dans des vies tout à fait ordinaires.

Encore que…

Si leurs vies étaient si ordinaires, on n’en ferait pas des films !

 

C’est le cas de Kitty Little (Florence Vidor, la femme de) qui travaille sous les ordres du major Northfield (Jack Holt), dans une agence de renseignements (1). Mais ne vous y trompez pas, c’est une espionne allemande dont le frère se bat sur le front. Elle est sous les ordres du bon docteur Smith (Charles Ogle) dont le vrai nom est Schmidt. Mais un personnage étranger veille sur cette agence : Nara-Nara (Sessue Hayakawa), en mission pour l’Empire du Soleil Levant qui doit aider les Etats-Unis en transportant les unités vers l’Ouest (l’Est pour nous Européens).

Mais devant la tournure prise par les événements, la motivation de Kitty s’étiole, tandis que le docteur redouble de ferveur, menaçant la jeune femme qu’il sent flancher.

 

Bien sûr, c’est un film de propagande, mais beaucoup plus subtil que celui dont j’ai parlé récemment (Mères françaises), et surtout avec des interprètes de haute volée. ON retrouve bien sûr quelques habitués de Cecil B. - Raymond Hatton (Mr./Mrs. Harris), Jack Holt donc ou encore Mayme Kelso (Mrs. Loring) – mais c’est avant tout la présence de l’immense Sessue Hayakawa qui donne toute la dimension au film. Encore une fois, il est phénoménal dans un rôle sur mesure de Japonais honorable, sabre de samouraï inclus. Bien sûr, on pense à The Cheat (2) quand on le voit apparaître, mais son personnage ici n’a pas la dimension maléfique ni sadique de Hishuru Tori. C’est même Nara-Nara le véritable personnage principal de cette histoire, beaucoup plus consistant que Northfield qui n’aura la fille que pour une seule raison : il est américain.

 

En effet, les positions sociales sont bien claires en 1917 : il n’est pas question de mélanger les ethnies. Et Hayakawa aura beau avoir la prestance, la distinction et le prestige (la classe, quoi), il n’aura jamais la fille. Et il suffit pour s’en convaincre de voir sa réaction (à elle) quand Smith/Schmidt lui demande d’être gentille avec cet honorable étranger pour s’en convaincre : là encore, c’est par devoir qu’elle va s’y prêter.

Et William C. grâce à Marion Fairfax (au scénario) va contourner cette impossibilité en le tournant à l’avantage de ce personnage fascinant (pour moi en tout cas : j’en suis fasciné) par une résolution de l’intrigue un tantinet convenue mais qui laisse la morale (de l’époque) sauve et joue aussi un (petit) peu sur la sempiternelle rédemption.

Cette rédemption sera soulignée par quelques surimpressions pertinentes possibles aussi grâce au savoir faire d’un caméraman d’exception : le talentueux Charles Rosher (excusez du peu).

 

Bref, une intrigue presque ordinaire, avec des gens presque ordinaires et surtout un Sessue Hayakawa extraordinaire.

 

  1. Les Etats-Unis sont entrés en guerre comme le souligne la première séquence qui voit des enfants défiler.
  2. De Cecil B. Tiens, tiens… On notera aussi la réminiscence de ce film dans la séquence qui voit Nara-Nara prêter serment.

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