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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Pedro Almodovar
Matador (Pedro Almodovar, 1986)

Le matador, c’est Diego Montez (Nacho Martinez), ancienne gloire des arènes, malheureusement (pour lui) encorné et infirme, seulement capable maintenant de dispenser des cours de tauromachie à de jeunes élèves. Parmi eux, Ángel Gimenez (Antonio Banderas), qui l’admire par-dessus tout. Il va même jusqu’à violer Eva (Eva Cobo), la petite amie de Diego, un soir d’orage.

Angel ne supporte pas ce qu’il a fait et va se dénoncer à la police. Il va alors tout avouer : le viol, mais aussi les assassinats d’anciens élèves de Diego : deux hommes et deux femmes. Emprisonné, il est défendu par Maria Cardenal (Assumpta Serna). Elle ne peut qu’être convaincue de l’innocence de son client : c’est elle qui a tué les deux jeunes hommes.

Quant aux deux femmes…

 

Tout commence par un homme qui se masturbe. Devant des images alliant le sexe à la violence. Le ton est donné : il en sera de même pendant tout le film. La violence et le sexe vont se mêler intimement pendant les 110 minutes que dure le film, avec un sens de l’esthétisme assez particulier qu’on retrouve toujours chez Almodovar. Et encore une fois, les femmes y ont un rôle prédominant, surtout bien sûr Maria Cardenal.

Mais elle n’est pas la seule femme forte du film : les deux mères (1) qu’on y croise – celle d’Ángel (Julieta Serrano) et celle d’Eva (Chus Lampreave) – ont-elles aussi, chacune à sa façon une grande force de caractère.

D’un côté on trouve une mère (très) religieuse – Berta –, n’hésitant pas à porter le cilice. Une mère castratrice pour ce pauvre Ángel, qui peut aussi expliquer le viol lamentable annoncé.  De l’autre, Pilar, en remontre aux policiers venus interroger sa fille, et continue jusqu’au commissariat où la jeune femme est confrontée à son violeur.

 

Et tout cela avec pour toile de fond la tauromachie : le rapport entre l’acte sexuel et l’acte meurtrier du matador prenant toute sa dimension dans cette intrigue sanglante. Et le rouge est omniprésent alors que l’intrigue s’enfonce de plus vers son issue fatale. Les lèvres, tout d’abord, rehaussés de rouge à lèvre qui n’aura jamais aussi bien porté son nom : c’est grâce à lui que Maria met en évidence là où aura lieu l’estocade sur son partenaire occasionnel. Doit-on voir dans la marque qu’il faut atteindre une réminiscence du vêtement de Siegfried ? Almodovar aimant tellement les références cinématographiques…

D’ailleurs, une autre référence s’expose franchement quand Maria et Diego (qui l’a suivie) se retrouvent au cinéma : Duel au Soleil. L’extrait proposé voit Luke et Pearl traqués jusqu’à la mort, séquence prémonitoire du propre sort de ce couple bien singulier. Déjà, là, le rouge était la couleur prédominante.

 

Bref, un film hallucinant et un tantinet halluciné, surtout le personnage d’Ángel, révélant le jeune Antonio Banderas qui fera un bout de chemin avec Almodovar (2). Son rôle de voyeur plus ou moins conscient – il zyeute sa voisine (Eva) avant de tenter de la violer et a des apparitions concernant les différents meurtres commis, ceux dont il s’accuse – donne au film une dimension particulière, amenant même un certain malaise chez le spectateur.
Alors ce n’est peut-être pas son meilleur film (personnellement, je préfère Tacones Lejanos), mais on y trouve cet univers visuel et moral, qu’il développera dans ses films suivants.

 

  1. Et la mère, chez Almodovar n’est jamais un petit rôle.
  2. Il était déjà présent dans Laberinto de pasiones quatre ans plus tôt.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Ernst Lubitsch
Les Yeux de la momie (Die Augen der Mumie Ma - Ernst Lubitsch, 1918)

Le Caire, 191…

Les riches Européens visitent les hauts lieux somptueux des pharaons. Un site parmi eux intrigue particulièrement : la tombe de la reine Ma. On dit que les yeux de la momie sont vivants : un homme en est revenu la raison irrémédiablement détraquée.

Le jeune artiste Albert Wendland (Harry Liedtke) se rend sur place et découvre la supercherie: c’est l’infâme Radu (Emil Jannings) qui exploite la jeune femme Ma (Pola Negri), la faisant passer pour une momie.

Wendland délivre la jeune femme et l’emmène en Europe. Radu, moribond, est secouru par le prince Hohenfels (Max Laurence), et le prend à son service, en Europe lui aussi. Dans la même ville que Wendland.

Mais Radu a juré qu’il tuerait Ma qui l’a trahi.

 

Rendez-vous compte : Lubitsch, Jannings & Negri sur une même affiche. Sauf que Lubitsch n’est pas encore Lubitsch (1), bien que Jannings est déjà celui que nous apprécions, même s’il a une certaine tendance (voire une tendance certaine) à en faire un peu trop. Mais on ne peut pas lui en vouloir, on concevait le cinéma un peu comme ça à l’époque.

Autre signe des temps : la part exotique de l’intrigue qui se passe en Egypte. Une Egypte de studio, cela va sans dire.

 

Certes, ce n’est pas du grand Lubitsch qui nous est proposé ici, et si Jannings est déjà un méchant patenté et formidable, on ne peut que voir les défauts de cette production : le maquillage noir (2) de Jannings s’arrête aux bord des épaules et aux poignets, révélant ses jambes blanches ; la dague de ce même Radu est frappée d’ubiquité…

Et je ne parle pas d’Osiris !

 

Mais malgré tout, on a plaisir à regarder cette histoire aussi noire que l’âme de Radu, même si elle ne se termine pas comme on aurait pu le croire : Lubitsch n’a pas encore été appelé à Hollywood, ni Jannings d’ailleurs. Mais le potentiel est là chez ces deux grands, et ce malgré le bricolage ambiant. Surtout que le titre (qui lui n’a pas été bricolé à la traduction) nous promettait une intrigue plus mystérieuse voire d’épouvante…

Mais non.

Il faudra attendre Karl Freund (encore un Allemand) pour savourer toute la dimension maléfique de la momie.

 

  1. Ce prince de la comédie que nous connaissons aussi pour sa fameuse « touche » (« the Lubitsch touch »).
  2. Radu est un personnage noir au propre comme au figuré

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #John Ford
La Maison du bourreau (Hangman's House - John Ford, 1928)

Le « citoyen Hogan » (Victor McLaglen, patriote irlandais doit rentrer en Irlande, malgré la récompense qui pend au-dessus de sa tête : sa sœur est morte, du fait de la conduite indigne de John D’Arcy (Earle Fox). Mais ce dernier n’en reste pas là : il épouse la belle Connaught O’Brien (June Collyer), qui aime le jeune et fringant Dermot McDermot (Larry Kent), tout ça parce que son père, le juge O’Brien (Hobart Bosworth) préfère un mariage de raison avec ce personnage prestigieux.

Donc D’Arcy épouse Connaught et Hogan revient en Irlande. Les jours de D’Arcy sont donc comptés.

 

Pour son dernier film muet, John Ford retourne en Irlande – moins traditionnelle que dans The shamrock Handicap (1926) – jetant de nouveaux éléments pour ce qui sera son film irlandais le plus abouti : The quiet Man (1952). On y trouve bien sûr l’esprit combatif qui caractérise cette île et ses habitants, mais surtout, on y retrouve un microcosme truculent, qui s’exprime autour du quatuor tête d’affiche : entre le portier qui reconnaît Hogan et les complices de ce dernier, sans oublier la domesticité des O’Brien, nous retrouvons un petit monde, certes moins riche que dans The iron Horse (1924), mais tout aussi intéressant et surtout très pertinent : leurs différentes interventions sont en rapport avec l’intrigue et ne sont pas juste là pour donner un cachet à cette même, intrigue.

 

Et surtout, on y trouve un Victor McLaglen qui se retrouve au plus haut de l’affiche, entamant et concluant le film, s’installant définitivement dans le monde fordien, avant de laisser la première place à celui qui n’est alors qu’un figurant (on le reconnaît surtout pendant la grande course) : John Wayne. Autre élément récurrent du monde fordien, la présence de Jack Pennick (1), autre complice de Hogan.

Bien sûr, il y a à nouveau une course de chevaux, qui voit l’emporter notre favori encore une fois, en attendant John Wayne…

 

Et comme nous sommes chez Ford, la famille a son importance : si le juge n’est pas en capacité d’ouvrir les yeux sur qui est réellement ce D’Arcy qu’il donne à sa fille, la partie concernant le passé d’Hogan est suffisante : la famille est une chose très importante. D’ailleurs, on retrouve dans l’équipe technique l’un des neveux de John Ford, Philip (fils de Francis) comme assistant réalisateur.

Malgré tout, nous sommes dans un Irlande irréelle, seulement marquée par son désordre politique – c’est pour cela qu’Hogan est recherché – et surtout, on y retrouve un thème qui sera magnifiquement décrit quelques années plus tard avec le même McLaglen : la dénonciation.

 

Ici, c’est Hogan qui en est victime, dénoncé par l’abject D’Arcy, ce qui ne l’empêchera pas de voir la course, véritable moment-clé du film : cette course et son issue plus ou moins favorable va conditionner la suite du film et l’attitude des Irlandais envers D’Arcy : non seulement il dénonce Hogan, mais il fait une chose autrement plus inqualifiable qu’on va savoir lui rappeler (2).

On notera en outre que cette fois-ci, c’est le personnage interprété par McLaglen qui est la victime d’un mouchard, lui qui sera l’éternel sycophante du cinéma avec le même John Ford sept ans plus tard.

 

Je terminerai en vantant les mérites d’Earle Fox, formidable méchant dans cette histoire un tantinet patriotique. Son allure et ses attitudes en font un personnage qu’on a plaisir à haïr (3) : sans foi ni loi, sa fin horrible n’est que justice au vu de ce qu’il a pu nous montrer (et faire avant).

Mais la véritable fin du film, celle qui voit McLaglen regarder les amoureux nous laisse un impression mitigée : certes Hogan est heureux que ce jeune couple s’en aille vers un bonheur certain, mais comme la caméra (formidable) de l’incontournable (et talentueux) George Schneiderman s’arrête définitivement sur son visage, c’est une expression dubitative qui conclut ce film, tempérant la « happy end » attendue.

 

  1. C’est déjà son troisième film avec John M. Feeney.
  2. Je vous laisse découvrir laquelle.
  3. Comme quoi, il n’y a pas que Stroheim !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #John Emerson, #Douglas Fairbanks
L'Ile du salut (Down to Earth - John Emerson, 1917)

Le duo Fairbanks-Emerson est de retour, et en pleine forme (normal, vu l’intrigue).

Ensemble, ils ont concocté ce petit film (71 minutes) où les spectateurs se sentent (presque) aussi bien que les interprètes.
Mais reprenons.

 

Bill Gaynor (Douglas Fairbanks) et Ethel Forsythe (Eileen Percy) se connaissent depuis l’enfance. Ils ont grandi ensemble, et bien sûr, se sont chamaillés plus d’une fois. Mais maintenant qu’ils sont adultes, Bill a bien compris qu’Ethel était la femme de sa vie, et il voudrait bien l’épouser. Mais Eileen est une orgueilleuse et les chamailleries continuelles l’ont dissuadée d’épouser Bill. Elle préfèrerait passer sa vie avec Charlie Riddle (Charles K. Gerrard), une longue vie mondaine de réceptions et de fêtes sans lendemain.

Pendant que Bill parcourt le monde pour oublier Ethel, elle a un avant-goût de cette existence riche et oisive. Mais cette vie est usante et Ethel craque : elle est internée à la clinique du docteur Jollyem (Gustav von Seiffertitz), au milieu d’autres pensionnaires un tantinet trop écoutés plutôt que soignés. Qu’importe, Bill revient et achète la clinique et ses patients : il les emmène en croisière mais ils se retrouvent naufragés sur une île déserte…

 

Situé juste après Wild & Woolly, ce film est à nouveau l’occasion de démontrer les qualités athlétiques de Douglas Fairbanks. Mais sans pour autant y retrouver son côté bondissant (1). Mais on comprend vite qui est dans le vrai entre Eileen qui se laisse aller, fume et boit pour tenter (mollement) de sortir de sa dépression et Bill qui enchaîne les prouesses (escalade de glacier, expédition dans la jungle)…

Aussi la prise en main des différents pensionnaires de la clinique (sanatorium) ne peut-elle que s’accomplir dans l’exercice. Et l’exercice est aussi pour le spectateur qui va muscler avec plaisir ses zygomatiques. Le traitement du « docteur » Gaynor est profitable pour les patients et ceux qui les regardent.

 

Ces patients, d’ailleurs, ne sont pas épargnés par le scénario qui en plus les affubles de patronymes en rapport avec leur (pseudo) affection : Fuller-Jermes (Ruth Allen) une hypocondriaque), A.D. Speptic (Herbert Standing) ou encore Gorden Jinny (Fred Goodwins). Sans oublier le chef premier du sanatorium, Jollyem qui pourrait se traduire par « Réjouis-les ».Et on sent que tout le monde s’amuse dans cette comédie, Fairbanks le premier. Il faut dire que son traitement de gymnastique appliqué à cette bande de « Ladies & Gentlemen » (comme ils se nomment eux-mêmes) a de quoi réjouir : c’est foutraque, c’est ridicule, c’est tout ce que vous voulez, mais surtout, c’est très drôle.


Bref, rien de très sérieux dans cela, si ce n’est l’amour de Bill pour Ethel. Parce que tout ça, c’était avant tout pour qu’ Ethel se rapproche de Bill. Et bien entendu, ça marche !

Que ne ferait-on pas par amour ?

 

  1. Il est tout de même grimpé à un grand arbre et s’y meut avec aisance. On est Douglas Fairbanks ou pas.
  2. Respectivement « Pleine de germes », « Dyspeptique » quant au troisième, on reconnaît une marque d'alcool de genièvre toujours d’actualité…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Victor Schertzinger, #Mabel Normand
La jolie Castillane (What happened to Rosa - Victor Schertzinger, 1920)

Mais qu’est-il arrivé à Rosa ?

Rosa, c’est la jolie castillane du titre en français, qui n’est autre que Mayme Ladd (Mabel Normand), une jeune vendeuse du rayon lingerie d’un grand magasin.

Un jour, une cliente – madame Yvette O’Donnell (Eugenie Besserer), voyante extralucide à ses heures perdues – lui propose une séance de spiritisme à laquelle elle répond présente. Madame O’Donnell lui annonce qu’elle est la réincarnation de Rosa Alvaro, une jeune femme irrésistible d’origine espagnole, et qu’elle va rencontrer un beau jeune homme ténébreux… Bref, que du classique.

Elle fait bel et bien la rencontre du docteur Drew (Hugh Thomson) qui est beau et ténébreux, mais dans le déguisement de la belle Rosa, à un bal costumé. Prête à être démasquée et redevenir la simple petite employée de magasin, elle s’enfuit à la nage, laissant les autres convives – et le docteur – inquiets, se demandant ce qui lui est arrivé…

 

Mabel Normand est au fait de sa gloire. Dans un an, elle va tomber de son piédestal avec la mort de William Desmond Taylor, qu’elle est la dernière à avoir vu vivant avant son assassinat. En attendant, voici une nouvelle comédie écrite sur mesure par Gerald C. Duffy. Elle y interprète une nouvelle fois une jeune femme un tantinet naïve à qui il arrive de drôles d’aventures. Et Schertzinger joue avec tous les ressorts de la comédie, ayant à sa dispoition l’une des plus talentueuses actrices comiques : on y retrouve les aspects burlesques qui ont fait la notoriété de l’actrice, mais il joue aussi avec les intertitres pour exprimer un accent espagnol de pacotille que Mayme emprunte pour se fondre dans son personnage de Rosa.

Ses différentes métamorphoses sont d’ailleurs autant d’occasions de s’amuser tant elle surjoue avec bonheur cette possession à laquelle il n’y a (presque) qu’elle qui croit.

 

Et avec ce personnage (doublement) fictif de Rosa Alvaro, Mabel nous montre qu’elle peut aussi interpréter une véritable femme, sensuelle, loin de la jeune femme vierge qu’on lui connaît. Mais elle est avant tout une comique et de nombreuses occasions nous sont offertes de rire en sa compagnie, reprenant, avec beaucoup d’à propos le gag des jambes de mannequin : non seulement le docteur Drew s’y laisse prendre, mais le spectateur aussi !

Bref, une de ces comédies qui faisaient la part belle à cette immense actrice, soutenue, et c’est indispensable par une distribution à la hauteur, dont quelques noms vont durer dans les nombreuses années qui vont suivre, alors que la grande Mabel va disparaître : outre Eugenie Besserer, on trouve l’incontournable Tully Marshall, affublé d’une magnifique moustache de morse et parmi les amis du docteur, le distingué Adolphe Menjou.

Du beau monde, je vous dis. (1)

 

  1. On y trouve même au département décor un jeune décorateur qui ira loin : Cedric Gibbons. Quand Goldwyn (qui produit le film) va s’associer à la Metro et Mayer, il deviendra le décorateur en chef de cette immense compagnie.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Edwin Carew, #Dolores del Rio
Ramona (Edwin Carewe, 1928)

La belle Ramona (Dolores del Rio) est la fille adoptive de l’austère señora Moreno (Vera Lewis) et a grandi avec le fils de celle-ci, Felipe (Roland Drew).

Revenue de chez les sœurs qui ont pourvu à son éducation, elle fait la connaissance d’Alessandro (Warner « Cisco Kid » Baxter), le chef des Indiens qui viennent tondre les moutons des Moreno.
Bien entendu, elle tombe sous le charme du bel Indien au grand dam de sa mère adoptive qui refuse cette union contre nature. Mais la señora Moreno gardait aussi un secret sur les origines de Ramona : elle est la fille d’un homme blanc et d’une Indienne, ce qui explique le manque d’affection de cette femme envers la jeune fille.

Cet amour est aussi une grande déception pour Felipe qui saura s’effacer pour permettre aux amoureux de fuir.
Mariés, Ramona et Alessandro s’installent dans un village indien. Et là, les ennuis vont s’enchaîner.

 

Comme écrit précédemment, La Flèche brisée ne fut pas le premier western qui donnait le beau rôle aux Indiens. Et Ramona en est une très bonne illustration. Il faut dire que Le réalisateur est lui-même issu de la tribu des Chicachas (sud-est des Etats-Unis), qui font partie de ce qu’on appelle les « cinq tribus civilisées » : on les considère comme civilisées parce qu’elles ont adopté certaines coutumes des hommes blancs.

D’ailleurs Edwin Carewe, sur un scénario de son frère Finis Fox, décrivent le chef indien comme un Chicacha, ayant adopté le christianisme comme religion comme on le voit à différents moments du film : le mariage, la bénédiction répétée du père Salvierderra (John T. Prince), la prière matinale.

 

Mais comme (presque) toujours à cette époque, on ne trouve que très peu (voire pas du tout) de véritables Indiens dans la distribution, Warner Baxter en tête. Mais qu’importe, on va suivre les (désastreuses) aventures de ce couple marqué par le destin : perte de l’enfant, attaque (très) meurtrière d’une bande de « maraudeurs ». C’est une véritable surenchère !

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver une certaine ambiguïté à ce film (1) : certes, Carewe a des origines indiennes, mais la résolution de l’intrigue induit d’une certaine manière que la « civilisation » occidentale est la meilleure, puisque Ramona ne trouvera la paix qu’auprès de Felipe. Cette ambiguïté est d’ailleurs accentuée par la dernière réplique (intertitre) de Ramona, qui trouve le bonheur dans les bras de Felipe : « c’est comme si je n’étais jamais partie ». Avoir suivi Alessandro semble donc un mauvais choix qui s’annule à la fin et qui fut la cause de tous ses malheurs. (2)

 

Par contre, Carewe nous montre tout de même que la cohabitation entre les blancs et les Indiens est possible, comme l’illustrent les différentes séquences qui se déroulent dans le ranch Moreno : outre la prière matinale commune qui rassemble la maisonnée et l’Indien, on remarque que les serviteurs des Moreno ne sont pas vraiment blancs. On trouve ce qui ressemble à des Mexicain·e·s et des Indiennes au service de ces colons espagnols (3). Mais là encore, peu de véritables autochtones puisqu’on peut même reconnaître la (très) plantureuse Mathilde Comont.

 

Quoi qu’il en soit, Carewe signe ici un film très bien léché, grâce aussi à la caméra mobile de Robert Kurrle, et l’interprétation magnifique de la belle Dolores. De son côté, Baxter campe un Alessandro qui n’est pas sans rappeler l’allure de Douglas Fairbanks, et si la copie restaurée par la Library of Congress grâce à une copie retrouvée à la cinémathèque de Prague, est très belle, on peut regretter que ce ne soit pas celle qui fut sonorisée (3), le parlant ayant fait son apparition.

On ne peut pas tout avoir…

 

  1. Attention ! Révélation sur la fin du film.
  2. Comme je l’ai déjà écrit ici, les métis n’avaient pas le vent en poupe à l’époque.
    Nous sommes en Californie du temps de l’occupation espagnole, comme dans Zorro !
  3. Encore que…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Robert Carlyle
La Légende de Barney Thomson (The Legend of Barney Thomson - Robert Carlyle, 2015)

Barney Thomson (Robert « Franco » Carlyle) est coiffeur au salon Henderson. Mais ce n’est pas le plus recherché : taciturne, il ne parle jamais et s’emporte facilement. Lassé, Wullie Henderson (Stephen  McCole) décide, avec l’assentiment de son père (James « Old Bear » Cosmo) de se séparer de lui. Barney est effondré. Il s’accroche à cet homme, trébuche et Wullie tombe, mort, les ciseaux de Barney plantés dans le cœur.

C’est un accident. Mais c’est tout de même gênant et Barney décide de se débarrasser du corps, avec l’aide de sa mère (Emma Thompson). Hélas pour Barney, la police veille : il faut dire qu’un tueur en série poste des morceaux de ses victimes à leurs proches.

L’inspecteur Holdall (Ray Winston), contre l’avis de sa supérieure (Ashley Jensen) est sur la piste de ce coiffeur bien particulier…

 

Quand un acteur passe derrière la caméra, on s’attend toujours à un grand spectacle de la part de ses interprètes. Et là encore, on n’est pas déçu. C’est un véritable festival. Carlyle lui-même est déjà formidable, mais on attend le sublime quand on voit apparaître Emma Thompson. Elle qui n’a que deux ans de plus que Carlyle interprète la mère de Barney. Et quelle mère ! Le maquillage est magnifique de deux façons : celui qui lui donne une vingtaine d’années de plus ainsi que celui que se met son personnage et qui lui donne un air des plus vulgaires. Ajoutez à cela un accent écossais ambiant à couper au couteau et vous avez déjà une première idée de cette comédie singulière.

 

Parce que malgré l’intrigue criminelle, on est en pleine comédie. Noire. Très noire même. Et cet humour de la même couleur est accentué par les trognes des différents personnages : pas ou peu de personnes au physique très avenant, comme si le maquilleur ne s’était occupé que de la grande Emma.

Et la force du film de Robert Carlyle, c’est son aspect atemporel. En effet, l’intrigue peut se dérouler à n’importe quel moment. Aucun élément technologique actuel, mais aucun véritable marqueur très ancien. Comme si le temps s’était arrêté entre 1960 et 2000, avec une petite préférence pour la fin de siècle du fait des véhicules. Et 1960 pour le salon de coiffure qui n’est pas de la première jeunesse (sa devanture, ses sièges vintage…). Entre les deux, Barney et sa coiffure elle aussi particulière : une coupe années 1980 avec une bonne couche de gel (de la gomina ?) comme vingt ou trente ans plus tôt.

Quant aux mémères qui entourent Cemolina (le prénom de la mère de Barney), elles peuvent très bien appartenir à n’importe quelle époque voire de nos jours tant elles sont stéréotypées.

 

Parce que c’est surtout cela qui rend le film irrésistible : des stéréotypes, voire des archétypes. Entre la vieille dame indigne (Cemolina), le flic borné qui se fie à son intuition (et son pif), et le célibataire qui se croit irrésistible dans son beau costume (Brian Pettifer), on n’a que l’embarras du choix question personnages ringards.

Et au milieu de tout cela, Barney, un autre pauvre type au mauvais endroit et au mauvais moment, et qui voit les cadavres s’accumuler malgré lui.

 

Réjouissant.

 

Mais, qu’ont donc fait les coiffeurs aux réalisateurs pour se retrouver dans des histoires de meurtres ? (1)

 

  1. The Barber (2001), Sweeney Todd (2006 & 2007)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Albert S. Rogell
Le Chat noir (The black Cat - ALbert S. Rogell, 1941)

Deuxième adaptation de la nouvelle (formidable) d’Edgar Allan Poe, à nouveau nous sommes bien loin  de l’histoire originale, même si les chats  et en particulier le noir – tiennent un plus grand rôle.

Henrietta Winslow (Cecilia Loftus dans son dernier rôle au cinéma) a réuni, malgré elle, ses héritiers : la sachant malade, ils ont tous accouru dans l’espoir de toucher – enfin – l’héritage convoité de cette vieille parente immensément riche.

Mais c’est une fausse alerte. Pourtant, l'un de ses héritiers a des impatiences et va tenter de la supprimer. Et comme la première fois ça ne fonctionne pas, la seconde sera la bonne. Un témoin a tout vu mais ne peut pas vraiment faire avancer l’enquête : le chat noir, symbole de mort comme on va s’en rendre compte.

 

Dix ans après Frankenstein, la Universal continue de produire des films d’horreur, puisant, à nouveau, dans l’œuvre de Poe, et surtout encore une fois avec l’incontournable Béla Lugosi (Eduardo Vigos). Bien que le début nous incite à penser que ce dernier va encore interpréter un personnage terrifiant et cruel – l’indispensable plan rapproché sur son regard d’acier – il n’est ici qu’un simple jardinier dans la maison gothique d’Henrietta. Mais peut-il vraiment n’être qu’un simple employé de maison ?

Outre Lugosi, on note la présence de Basil Rathbone (Montague Hartley) qui, s’il a commencé une série de Sherlock Holmes, rappelle qu’il a accédé à la notoriété en interprétant des personnages qui appartiennent au côté obscur.

 

Et Rogell va s’appuyer sur ces deux acteurs pour accentuer l’aspect angoissant de l’intrigue, l’installant dans un décor plusieurs fois utilisé dans les films de ce genre : une grande demeure sombre à l’aspect gothique, où bien entendu la quasi-totalité du scénario se passe de nuit. Avec en prime un orage violent et un vent de tempête qui va ouvrir les fenêtres et agiter les rideaux, comme de bien entendu.

Mais, et c’est peut-être là l’intérêt du film (1), Rogell nous envoie sur des fausses pistes – personnages qui s’épient, coup de téléphone qui peut être interprété – pour mieux amener la révélation finale… Que je me garderai bien de vous partager !

N’ayant pas (encore) vu la version 1934, je ne peux pas vous en parler ici, ni surtout la comparer avec celle-ci. Sachez toutefois que la référence à Poe ne s’arrête pas à la présence du chat noir : son intervention finale (en fait, c’est une voix humaine qui imite celle du chat) va permettre de confondre l’assassin.

 

Mais comme l’intrigue originale ne peut décemment pas être portée fidèlement à l’écran en 1941 (2), Rogell – et surtout ses scénaristes, Robert Lees, Robert Neville, Frederic I. Rinaldo, Eric Taylor (3) – va la transposer en un huis clos dans la lignée des intrigues d’Agatha Christie, avec tentatives plus ou moins réussies de meurtre(s). Au final nous dénombrons quatre morts pas vraiment naturelles voire carrément horribles.

Mais cette accumulation de cadavres s’accompagne tout de même d’une bonne dose d’humour (4), par l’intermédiaire d'un personnage (pas si) extérieur à l’intrigue principale : Mr. Penny (Hugh Herbert), un potentiel acheteur du manoir amené par A. Gilmore « Gil » Smith (Broderick Crawford), un habitué de la maison (il martyrisait les chats quand il était plus jeune !).

 

Au final, nous ne sommes pas déçu par le film de par son atmosphère et son interprétation – outre les deux stars énoncées plus haut, on notera la belle performance de Gale Sondergaard (Abigail Doone) en gouvernante aux allures froides et mystérieuses.

Mais tout le battage fait autour de la nouvelle initiale sur les différentes affiches de promotion est tout de même un tantinet racoleur.

 

  1. Avec les prises de vue de Stanley Cortez (excusez du peu).
  2. Ah, le code Hays…
  3. Oui, ils s’y sont mis à quatre !
  4. Le « soulagement comique » salutaire (comic relief, comme ils disent…)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Delmer Daves
La Flèche brisée (Broken arrow - Delmer Daves, 1950)

1870.
Tom Jeffords (James Stewart) est prospecteur en Arizona. Il rencontre un jeune apache blessé (Robert Foster Dover) qu’il va soigner. Cet acte miséricordieux va l’amener à rencontrer les Apaches et leur chef prestigieux Cochise (Jeff Chandler) avec qui il va développer une grande amitié, et qui va entraîner l’arrêt définitif de la guerre contre les Apaches.

Mais tout ceci ne se fera pas sans tragédie parce que tout le monde n’a pas envie de cette paix : certains Indiens, derrière Geronimo, ne veulent pas d’un traité à leur désavantage (sinon bafoué) ; et certains hommes blancs qui considèrent (toujours) qu’un bon Indien est un Indien mort.

 

Superbe.

Delmer Daves, avec ce film, entre de plain pied dans le cercle des grands réalisateurs de westerns, contribuant en outre à changer les esprits des spectateurs et surtout d’Hollywood : son western, pour une fois, n’est pas manichéen et donne une vision réaliste et surtout positive de la nation apache. Mieux, on ne peut que s’indigner devant le guet-apens organisé par les hommes blancs irréductibles et racistes.

De même, s’appuyant sur le roman d’Elliott Arnold (Blood Brother), il retrace cet épisode historique avec beaucoup de fidélité, donnant (enfin) le beau rôle à ces véritables Américains qui furent chassés par ces envahisseurs (1) qui n’avaient que deux arguments : la Bible et le fusil.

 

Qu’on ne se méprenne pas : ce n’est pas le premier film qui considère les Amérindiens comme, de véritables êtres humains, et non comme des sauvages : déjà, en 1916, Allan Dwan et Douglas Fairbanks prenaient le parti des Indiens dans le magnifique the Half-Breed.

Mais c’est celui qui ouvre la voie à ces grands films humanistes sur la nation indienne qui vont fleurir dans les décennies suivantes : de Cheyenne Autumn à Hostiles, en passant par Little big Man et A Man called Horse, sans oublier le superbe Dances with Wolves.

Le seul reproche qu’on peut faire à Daves tient dans la distribution : si les mentalités vont changer, cela va prendre du temps. En effet, outre Jay Silverheels (Geronimo), peu de véritables descendants d’Indiens ont des rôles proéminents dans ce film. Et encore, le rôle de Geronimo est tient dans son prestige que dans a durée : on en le voit que très peu à l’écran et ses répliques sont minimales.

 

Il n’empêche, les mentalités vont évoluer et il n’est donc pas étonnant de trouver à l’écriture de ce scénario humaniste un pestiféré d’Hollywood : Albert Matz, sous le pseudonyme de Michael Blankfort. Ce dernier étant sur la Liste Noire héritée du maccarthysme, pas besoin d’aller chercher bien loin une telle intrigue qui prône l’entente et l’acceptation.

Et l’autre atout de ce film, c’est bien sûr la présence de James Stewart dans le rôle de ce négociateur prépondérant. Stewart, en plus de sa notoriété, amène de la conviction dans son interprétation. En effet, c’est à nouveau un grand personnage positif qu’il incarne ici, et qui soutient admirablement la thèse humaniste du film.

 

Et comme toujours, c’est aussi parce que ceux qui jouent avec lui sont à sa hauteur que le film dégage cette grande force. De Jeff Chandler (dans son premier rôle de Cochise, il y reviendra) à la jeune Debra « Lilia » Paget (Sonseeahray) qui porte des lentilles (2), tous apportent leur contribution pour faire de ce film une grande date du Western.

 

  1. Dirait-on « migrants » aujourd’hui pour les désigner ?
  2. Ses yeux bleus ne convenaient pas vraiment pour une Apache…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Casse, #Philip Martin
L'Affaire Monet (The Forger - Philip Martin, 2014)

Ray Cutter (John Travolta) est un faussaire génial. Mais comme cette activité n’est pas bien reconnue par la Loi, il est en prison. Et sa demande de liberté conditionnelle a (encore) été rejetée. Pourtant il doit sortir : son fils (Tye Sheridan) a un cancer du cerveau.
Il fait alors appel à Keegan (Anson Mount), qui n’a rien du footballeur de mon enfance (1) : c’est un truand très dangereux. Ce dernier va donc soudoyer un juge qui accordera cette conditionnelle tant attendue. Mais un service en vaut un autre, surtout dans ce « milieu ».

Keegan demande donc à Cutter de lui réaliser une copie (parfaite, évidemment) d’un tableau de Monet : La Promenade (1875), rien que ça !

Et comme ce n’est pas suffisant, il faudra aussi le substituer à l’original qui est de passage à Boston.

Une promenade de santé donc…

 

J’ai déjà dit plusieurs fois ici que des bonnes intentions (2) ne font pas toujours un grand film. Et c’est le cas ici. Non pas que ce film est un navet absolu, mais on était en droit d’attendre un peu plus de celui-ci. Certes, le scénario de Richard D'Ovidio est riche, mais c’est aussi là que le bât blesse : à force d’énumérer de nombreuses pistes, on ne fait que survoler celles-ci, laissant au final un goût d’inachevé pour les spectateurs.

Il faut dire que Philip %Martin a beaucoup de pain sur la planche traiter, en 91 minutes des sujets aussi différents que :

  • la maladie du fils ;
  • les relations entre Ray et ce même fils ;
  • l’intervention de certains membres de la famille : le père de Ray (Christopher Plummer) et la mère (Jennifer Ehle) de ce même fils que Ray ne fréquente plus depuis longtemps ;
  • la réalisation de la copie ;
  • la substitution.

Sans oublier les manœuvres policières par l’intermédiaire de la belle Catherine Paisley (Abigail Spencer). Vous comprenez bien que le format temporel ne convient pas vraiment.

 

Et comme tout est traité de la même façon, on ressort tout de même déçu : le cambriolage aurait mérité un plus grand développement, tout comme la réalisation (délicate) du tableau.

Et comme on sait que tout va (à peu près) bien se terminer (le fils n’est pas guéri, mais on s’en tamponne un peu), on reste vraiment sur sa faim.

Alors non, ce n’est pas un navet, mais ce n’est pas un film impérissable. C’est un de ces films dont l’unique visionnage est suffisant.

 

Un petit souci tout de même : une vieille marque de vidéo cassettes (années 1980s, donc) avait pour devise « tout film qui ne mérite pas d’être revu, ne mérite pas d’être vu. »

 

  1. Kevin Keegan, qui fit les beaux jours de Liverpool (entre autres).
  2. En général elles pavent très bien l’enfer.

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