Fort de ses deux précédents succès avec la vedette, Gérard Oury retrouve Bourvil (Anatole) pour une nouvelle comédie, lui associant la révélation de la Nouvelle Vague (1), Jean-Paul Belmondo (Arthur).
Ils interprètent tous les deux des braqueurs miteux qui ont dans l’idée de renouveler l’attaque du train de Glasgow qui avait été perpétrée par Le Cerveau (David Niven). L’objectif : les fonds secrets de l’OTAN qui seront transférés de Paris à Bruxelles.
Mais ils ne sont pas les seuls sur le coup : épaulé par le mafieux Frankie Scannapieco (Eli Wallach), le Cerveau soi-même a prévu de réitérer son exploit écossais.
Nous sommes à la fin des trente glorieuses et mai 68 vient de pointer le bout de son nez : le tournage fut retardé du fait des « événements ». Et le film commence d’ailleurs à Londres, en plein dans Carnaby Street, où David Niven se balade, étonné de l’habillement des jeunes gens qu’il rencontre. Même les Beatles sont cités puisqu’on peut voir quelques images de Yellow Submarine dans une vitrine (2).
Mais c’est avant tout en France que le film se déroule, ce qui permet aussi de mettre en valeur l’un des derniers joyaux de l’architecture française : le pont de Tancarville, mis en circulation dix ans plus tôt. Bref, la France gaullienne dans toute sa splendeur,
Mais voilà : les deux précédents films d’Oury ont eu un tel succès qu’on pouvait attendre un troisième volet au moins aussi comique que les autres. Mais est-ce le temps qui a passé ou la fraîcheur qui s’est émoussée, toujours est-il que ce nouveau film ne fonctionne pas aussi bien. Certes, l’association Bourvil–Belmondo tient la route, mais on ne retrouve pas ce qui faisait le succès du duo précédent (Bourvil–De Funès). La différence d’âge entre les deux interprètes y est peut-être pour quelque chose : 16 ans séparent Bourvil de Belmondo, alors que la différence n’était que de trois avec De Funès. Les différentes séquences qui montrent le duo n’ont alors pas la même force. On sent d’ailleurs que Bourvil n’est pas à son meilleur niveau. Les gags eux-mêmes n’ont pas la même portée, même si Oury varie avec toujours le même sens de la mesure ses différents ressorts comiques.
Mais ça ne marche pas. Enfin pas autant qu’espéré. On a l’impression que tout est forcé, et que l’intrigue – intéressante – ne se prête pas à la comédie. Et les différents éléments comiques sont parfois un tantinet exagérés ce qui diminue leur effet.
Reste la distribution qui est tout de même de qualité, mais là encore, le doublage – indispensable au cinéma français (hum !) – diminue l’intérêt du spectateur pour le film.
Dommage.
- Rien à voir avec une déferlante, n’est-ce pas professeur Allen John ?
- Le film est sorti l’année précédente.
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