Egypte, 192…
Nicholas Ainsworth (Edmund Burns), assisté de Lady Diana Trent (Ethel Wales) procède à des fouilles dans la Vallée des Rois. Sa fiancée Joan Whipple (Leatrice Joy) l’a accompagné mais est reléguée au second plan du fait des différentes reliques exhumées. Pour se consoler, elle a trois prétendants qui s’entêtent à la rendre heureuse.
Alors que Nicholas est sur le point de découvrir la tombe d’Aziru (Edmund Burns) et Herath (Leatrice Joy), entre en scène le prince Mahmoud Bey (Bertram Grassby), pilleur de tombe patenté, que la belle Joan ne laisse pas insensible.
Si la tombe fut ensorcelée par le pharaon (Brandon Hurst) lors de sa fermeture, le prince a l’intention de donner un coup de pouce à Isis quand Ainsworth y pénétrera.
Avec de la dynamite…
L’idée qui vient à l’esprit en voyant ce film, c’est « recyclage ». En effet, on a une impression de déjà vu dans ce film présenté par ni plus ni moins que Cecil B. DeMille. Et c’est certainement de là que vient cette idée. En effet, l’insertion d’un épisode égyptien antique dans l’intrigue n’est pas sans rappeler Les 10 Commandements sortis trois ans plus tôt, avec la même Leatrice Joy. Mais là s’arrête la comparaison, Sloane n’étant pas le grand Cecil B.
On y trouve aussi une autre influence à travers le personnage de Mahmoud Bey, Le Cheik (1921). Mais si Ahmed ben Assad (Rudolph Valentino) était surtout un jeune homme un tantinet mal dégrossi, Mahmoud est, au contraire, le méchant identifié.
Et surtout, Bertram Grassby ne possède pas le charme du beau Rudolph.
Encore une fois, le problème du film vient du fait que le réalisateur n’arrive à se positionner entre le drame et la comédie. D’un côté, nous avons cette intrigue égyptienne prétexte à une reconstitution en costumes, avec un méchant et son homme de main (1), et une occasion de faire monter la tension quand le couple se retrouve enfermé dans la tombe ; de l’autre, Sloane utilise deux types de personnages pour relâcher la tension (pas si forte que ça) : le trio de prétendant qui fonctionne avec bonheur en synchronicité ; lady Diana Trent dont la réplique d’introduction à chacune de ses interventions est un très bon exemple de comique de répétition.
Mais malgré la maîtrise technique due en grande partie à la caméra d’Arthur C. Miller, Sloane n’arrive pas au niveau de son maître : il manque un souffle plus ou moins épique ainsi que le savoir faire de DeMille pour les drames (hauts) bourgeois dont Joan est une représentante caractéristique, tout comme cet aspect comique que Cecil B. sait utiliser à bon escient.
Bref, sans être pour autant un navet, ce film n’atteint pas le niveau attendu dans cette intrigue exotique dont les ingrédients prometteurs auraient pu contribuer à faire un grand film.
Juste un petit divertissement, perdu dans la masse des grands films de la période (2).
- Edward Snitz interprète Selim, âme damnée de Mahmoud : malheureusement, il n’est pas employé à sa juste valeur. Edwards était avant tout un acteur comique comme on a pu le constater dans sa filmographie prestigieuse, même dans ses films catalogués de « sérieux ».
- Je l’ai déjà écrit ici : quand le film sort, le cinéma (muet) est à son apogée et les chefs-d’œuvre s’enchaînent.
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