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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Germaine Dulac
La Cigarette (Germaine Dulac, 1919)

Pierre Guérande (Gabriel Signoret) est conservateur du musée des arts d’Orient. Il est marié à la belle Denise (Andrée Brabant), qui a à peine la moitié de son âge (1). Et cette différence d’âge entraîne aussi des différences d’intérêt : plus jeune, elle pense à s’amuser alors que lui passe son temps à son musée.

Et puis il y a le jeune Maurice Herbert, dont les seuls occupations sont la danse (le tango est sa spécialité semble-t-il) et le golf. Tout naturellement, il va proposer une leçon de son sport préféré à madame Guérande pour lui faire passer le temps (2).

Dans le même temps, le musée a acquis la momie d’une jeune princesse égyptienne pour qui un prince lui aussi égyptien s’est suicidé par jalousie et parce que, à l’instar de Guérande, il était beaucoup plus avancé dans la vie.

Guérande a choisi une cigarette empoisonnée, cachée parmi d’autres, qui le tuera quand l’occasion viendra.

 

C’est un très beau drame de la jalousie que nous propose ici la grande Germaine Dulac, une des trop rares réalisatrices française du jeune cinéma (3). Rare parce que la production est essentiellement masculine, en France comme ailleurs : pas question de parité, surtout à cette époque. Mais qu’importe, Dulac nous offre un beau film jouant avec bonheur sur une tension dramatique mortifère : « quand va-t-il fumer la cigarette fatale ? » nous demandons-nous tout au long du film, une fois l’artifice prêt.

Et Germaine Dulac va jouer sur cette tension, ce suspense – on ne parle pas encore de ce terme – étant entretenu par diverses péripéties : un serviteur trop zélé qui vole une cigarette à l’insu de son patron ; le médecin qui veut fumer ; la jeune femme qui décide de s’en griller une petite… Tout est prétexte à fumer (4) !

 

Mais si cette cigarette donne avec justesse son titre au film, il ne faut pas non plus minimiser le drame de la jalousie qui est déclencheur de cette singulière tentative de suicide.

Dulac prend son temps pour mettre en place les fausses pistes dans lesquelles Guérande va s’engouffrer : certes Denise n’est pas toujours très honnête avec son mari, mais à aucun moment elle ne fait de mal. Pour Herbert, le cas est différent : c’est ce qu’on appelle alors un « séducteur », et les rares fois où Guérande aperçoit ce monsieur avec sa femme, l’équivoque est réelle. Ce monsieur est très intéressé par la femme de Guérande mais nous ne verrons jamais autre chose que quelques baisers passionnés sur la main de la jeune madame Guérande, plutôt embarrassée par cet amour inopiné.

 

Mais si Guérande gamberge, la faute revient surtout à sa façon de percevoir sa femme, surtout depuis l’acquisition par son musée de cette momie de princesse frivole. Et Dulac insiste : l’histoire est contée une première fois, nous avons droit au début d’une seconde, et pour souligner le tout, on nous parle d’un monarque persan à qui il était arrivé la même mésaventure, et lui aussi mettant fin à ses jours de façon presque aléatoire. Il s’identifie à ces deux monarques, au point de vouloir en finir de la même façon (plus moderne, on ne fumait que le narguilé en Perse).

Et là encore, le talent de Dulac, c’est de multiplier malentendus et non-dits, afin d’amener la tension de la seconde partie.

 

De plus, le jeu d’une grande sobriété des différents interprètes renforce son propos : pas de geste grandiloquents ni de bavardages inutiles : seule l’intrigue compte, servie par un montage impeccable mettant en valeur la caméra de Louis Chaix. Des plans fixes, mais entrecoupés de séquences pertinentes (5), ainsi que d’un mouvement latéral pour souligner l’irréversibilité du destin de Guérande : c’est la dernière cigarette – donc celle qui est empoisonnée – et il jette un dernier regard à ce qu’il aimait autour de lui.

Sans oublier non plus le rôle primordial de Denise Guérande dans l’intrigue : c’est Denise l’élément déclencheur de la résolution de l’intrigue, avec au passage l’insert de flashbacks, et qui va amener une fin (presque) inattendue. Denise est très belle certes, mais elle n’a rien d’une idiote !

Alors, pour une fois qu’une femme a un rôle de cette importance (en France, en 1919), il ne faut pas bouder.

 

Par contre, la copie disponible est tout de même très abîmée.

 

  1. Ca se faisait beaucoup en ce temps-là…
  2. Et plus si affinités…
  3. Moins de 25 ans se sont écoulés depuis La Sortie de l’usine Lumière à Lyon (1895).
  4. Une hérésie depuis la loi Evin (1991).
  5. Parler de « plans de coupe » aurait alourdi la syntaxe de la phrase.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Guerre, #William Wyler
The stolen Ranch (William Wyler, 1926)

Tout commence bien loin des Etats-Unis, en 1918. Et pour cause : c’est la Première Guerre Mondiale. Breezy Hart (John Humes) et Frank Wilcox (Ralph McCullough) sont frères d’armes dans les plaines de Flandre.

Breezy est un soldat courageux, qui ne sait pas pourquoi il se bat mais le fait de bon cœur. De son côté, Wilcox craque : le tumulte sonore des bombardements a raison de sa santé, et seule l’intervention de son compagnon le sauve d’une mort certaine.

Démobilisés, ils s’en retournent au ranch de l’oncle de Frank. Mais l’oncle est mort et aurait légué le ranch à son homme de main, l’ignoble (1) Sam Hardy (William Bailey), grâce à un faux testament.

Mais le vrai existe toujours, et Breezy va à nouveau sauver la vie de son frère d’armes.

 

Ca chevauche beaucoup dans ce film du débutant William Wyler (2), et c’est d’ailleurs comme cela que Breezy va être engagé par Hardy sur le ranch… Comme aide-cuisinier ! Mais qu’on ne s’y fie pas : si Breezy n’a pas réussi son premier test (dompter un cheval sauvage sans avoir jamais fait d’équitation), il apprend vite et se montre un cavalier hors pair.

Et puis bien sûr, il y a les éléments féminins. Elles sont deux – une chacun – et vont, à leur façon, aider nos deux héros dans leur entreprise : Mary Jane (Louise Lorraine) et June Marston (Nita Cavalier). Qu’ils se marient avec elles à la fin, c’est plus que probable mais le film s’arrête avant.

 

William Wyler nous propose ici un western moderne : nous sommes en 1919 pour la plus grande partie du film, ce qui est moins de dix ans avant la sortie du film. Et le souvenir de la guerre reste fortement ancré dans les esprits : on a pu déjà voir de superbes films traitant de cette période, et d’autres vont venir. Mais comme nous sommes dans un ranch, que les occupants ont de grands chapeaux et sont de véritables cowboys – ils chevauchent sans répit, le six-coups dans son holster, sur le côté – et que les paysages sont vastes et grandioses (3), nous sommes complètement dans le domaine du western.

Donc, nous avons droit à quelques bagarres inévitables autant que pertinentes : celle qui voit Breezy se débarrasser d’un importun qui « veut du bien » à Mary Jane ; celle pour récupérer le vrai testament ; et bien évidemment, la lutte finale (4) à laquelle même Wilcox participe.

 

Si Wyler n’a pas encore atteint la plénitude de son art – ce qui ne tardera pas – on peut tout de même lui reconnaître une maîtrise certaine sur ce film, soutenue par un montage impeccable de Ray Curtiss, avec en point d’orgue la montée de la tension amenant l’explication (presque) finale, et surtout le sauvetage de Wilcox qui devient – enfin – acteur de sa vie.

Bref, une curiosité à (re)découvrir, par celui qui deviendra l’un des plus grands réalisateurs américains de sa génération.

 

  1. Le méchant à fines moustaches de l’intrigue.
  2. C’est alors son neuvième film et seulement son deuxième (plus) long métrage (56 minutes).
  3. Tellement grandioses qu’une jeune peintre est là pour les immortaliser
  4. Où tout le monde ou presque se regroupe…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Tim Burton
Batman (Tim Burton, 1989)

Un couple et leur fils s’est perdu dans les rues de Gotham City. Et à force de se perdre, ils se retrouvent out les trois dans une partie mal famée et sont inévitablement agressés : lui est frappé, elle volée et l’enfant assiste en témoin impuissant…

Mais ce n’était pas l’histoire de Bruce Wayne (Michael Keaton) : les aficionados du vengeur masqué le plus célèbre (après Zorro) en sont pour leurs frais !

Tim Burton donne le ton dès cette séquence d’ouverture : il faudra aller chercher ailleurs  Batman. Enfin pas tellement loin puisqu’il intervient et fait arrêter les deux agresseurs.

 

Si on pense de suite à la mort des parents de Wayne, ce n’est que dans le troisième tiers du film que Burton nous livre les origines de ce héros singulier : comment ses parents sont morts et pourquoi lui a réussi à survivre. Mais contrairement à Christopher Nolan treize ans plus tard, Burton ne base pas son film sur cet épisode traumatique : quand le film commence, Batman est déjà une menace pour les criminels de tous poils de Gotham City. Et bien sûr, parmi ceux-ci, il en existe des beaucoup plus redoutables que d’autres : Carl Grissom (Jack Palance) et son bras droit Jack Napier (Jack Nicholson). Tellement redoutables que l’un commence à faire de l’ombre à l’autre, mais surtout à lui piquer sa petite amie Alicia (Jerry Hall).

Pendant une opération qui tourne mal – normal, Grissom avait prévenu les policiers – Jack (1) termine dans un bain d’acide. Opéré par un chirurgien plastique, il ne peut faire mieux que lui laisser un sourire éternel : il sera le Joker.

 

Il est clair que Batman devait rencontrer Tim Burton : un héros sombre, un tantinet misanthrope et qui vit dans une grande bâtisse isolée. Et Tim Burton, qui se régale – en même temps que ses spectateurs – des ombres fait se dérouler la plupart de son intrigue la nuit, jouant à l’envi avec la lumière, rehaussée par les différentes formes architecturales que possèdent les différents édifices de Gotham City.

Cette Gotham City, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler une autre grande ville moderne : Metropolis. Oui, celle de Fritz Lang. On y retrouve le même gigantisme ainsi qu’une teinte industrielle très prononcée. Ce ne sont que rivets et tuyaux dès que nous entrons quelque part (sauf chez Wayne : normal, sa famille n’est pas spécialement prolétaire !).

 

Et bien sûr, on retrouve une dimension fantastique dans le héros lui-même et surtout ses accessoires et autres gadgets qui le font apparaître majestueusement en battant des ailes (2).

Et comme toujours dans ce genre de film, il faut aller voir du côté du méchant : encore une fois, nous sommes servis !

Jack Napier-Nicholson est un méchant à l’allure pas fière du tout, qui bascule dans une folie criminelle (et onc meurtrière) suite à son bain forcé. On appréciera au passage le travail de maquillage de Nick Dudman qui a élaboré ce visage souriant à l’extrême. Jack Nicholson est dans son élément, un peu de cabotinage par ci, un peu de grandiloquence par là, et vous avez un psychopathe comme il faut, ou plutôt comme on pouvait l’attendre, même si à un moment son jeu outré a tendance à lasser.

 

Quoi qu’il en soit, Tim Burton réussit ici une belle adaptation des aventures du héros de Bob Kane et Bill Finger, jouant la carte du spectaculaire tout en restant dans ses thèmes de prédilection, avec une pointe d’humour qui manquera parfois aux adaptations du siècle suivant (Christopher Nolan ou surtout Zack Snyder). Par contre, le personnage du Joker sera autrement plus impressionnant sous les traits du regretté Heath Ledger (The black Knight, 2008) ou de l’extraordinaire Joaquin Phoenix (Joker, 2019).

Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir…

 

  1. Vous avez remarqué que Nicholson interprète souvent un personnage qui s’appelle Jack (Napier, Torrance…) ?
  2. Oui, ça donne parfois un effet un brin grotesque, mais que demander à un type qui se balade masqué et en collants noirs ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Peplum, #Giovanni Pastrone
Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914)

Si Quo Vadis a précédé Cabiria, ce n’est que dans le temps, tant ce film est d’une force phénoménale et surtout le premier vrai film à grand spectacle. Pensez donc, nous avons droit à une éruption volcanique, un combat naval avec la chine infernale d’Archimède (Enrico Gemelli), des sacrifices humains à Moloch et deux sièges de villes ! Et en plus, nous assistons à la naissance d’un héros mythique qui perdurera jusqu’en 1974, soit soixante ans après sa création : Maciste (Bartolomeo Pagano).

Mais Cabiria, c’est aussi la fin de la deuxième guerre punique qui voit à nouveau s’affronter Rome et Carthage, avec même le passage des Alpes par les éléphants (1) d’Hannibal (Emile Vardannes), ainsi que la victoire de Scipion l’Africain (Luigi Chellini) sur Syphax (Alex Bernard), grâce à Massinissa (Vitale di Stefano), et bien sûr la mort de Sophonisba (Italia Almirante-Mazzini).

 

Mais Cabiria (Carolina Cattena), c’est avant tout la fille de Batto, un riche Romain qui vit aux pieds de l’Etna. Quand ce dernier entre en éruption, Cabiria est emmenée par sa nourrice Croessa (Gina Marangoni) pour la protéger, avant d’être capturée par des pirates phéniciens puis vendue aux grand-prêtre de Carthage, Karthalo (Dante Testa), qui veut la sacrifier à Moloch. Elle sera sauvée par Fulvius Axilla (Umberto Mozzato) et surtout son esclave Maciste, avant d’être confiée à Sophonisba au service de qui elle restera une dizaine d’années. Cette dizaine d’année nous amènera à la fin de la guerre punique susmentionnée.

 

Il n’est pas étonnant que D.W. Griffith ait voulu entreprendre sa première épopée – Naissance d’une Nation (1915) – après avoir vu le film de Giovanni Pastrone. En effet, il souffle un vent épique rarement exprimé auparavant, soutenu par une maîtrise technique remarquable, avec en prime des intertitres de l’écrivain Gabriele D’Annunzio (excusez du peu). Mais s’il fut le déclencheur de Naissance d’une Nation, Cabiria fut surtout l’inspiration du formidable Intolerance l’année suivante, surtout les différentes séquences concernant le siège et la chute de Babylone.

On y trouve déjà une démesure et un raffinement inconnu jusqu’alors. Les décors sont grandioses et superbes – le temple de Moloch est devenu lui aussi mythique -, et les costumes chatoyants (2), recréant la période de la république romaine sinon réaliste, tout du moins vraisemblable : nous sommes au cinéma et la vérité historique n’est pas obligatoire !

 

Et chose étonnante, si Cabiria donne son nom au film, elle n’est pas très souvent présente sur l’écran : c’est avant tout Maciste qu’on peut voir le plus. Bien sûr, Bartolomeo Pagano est entièrement grimé : il n’est pas noir alors que son personnage l’est, mais c’était une constante dans le cinéma italien (et d’ailleurs, au passage) de maquiller complètement les acteurs blancs en noir pour leur faire interpréter des personnages de couleur. C’est aussi le cas ici de Vitale di Stefano ou Croessa.

 

Et ce qui fait la force de Cabiria, ce sont les grands moments épiques et spectaculaires : dans la première demi-heure, nous avons déjà eu l’éruption de l’Etna avec les gens qui fuient au premier plan, et la destruction de la villa de Batto ainsi que les sacrifices à Moloch où l’éclairage prend une place très importante, surtout lors de l’invocation par le grand prêtre.

Et tout cet aspect spectaculaire et exaltant est renforcé par les caméras de Segundo de Chomón, Giovanni Tomatis, Augusto Battagliotti et Natale Chiusano. Ce sont surimpressions, gros plans (la main du grand prêtre sur fond noir), et autres travellings qui s’enchaînent pour donner à ce film le statut de fresque épique.

 

Malheureusement, si Cabiria est un sommet du cinéma italien, il en est surtout son chant du cygne : avec la guerre qui arrive, la production va péricliter pour se retrouver loin derrière celle des Etats-Unis, grands vainqueurs cinématographiques de cette guerre. Il faudra attendre une deuxième guerre mondiale pour que le cinéma italien renaisse et retrouve – partiellement – le niveau d’excellence qui fut le sien.

 

  1. Enfin juste un, et d’Asie.
  2. Je sais, le film est en noir et blanc, mais il est évident que les costumes n’étaient pas ternes !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Justice, #Henri Decoin
Abus de Confiance (Henri Decoin, 1937)

Ca commence par un enterrement. Ce n’est pas gai un enterrement. Surtout que celui est suivi par une seule personne. Une jeune femme tout de noir vêtue, Lydia (Danielle Darrieux). Lydia conduit à sa dernière demeure sa grand-mère, la seule famille qui lui restait. Déjà que la vie était difficile : étudiante en Droit, elle doit arrêter ses études et chercher du travail, la vie coûte cher. Et quel travail on lui propose : secrétaire… Particulière ! Tellement particulière que ce sont à chaque fois des salingues qui veulent l’embaucher.

Désespérée, sous les conseils (mal) avisés de son amie Alice (Yvette Lebon), elle se fait passer pour la fille (décédée) de maître Jacques Ferney (Charles Vanel), qu’il a eu (sans le savoir) avec une femme dans sa jeunesse. Cette femme étant morte depuis longtemps elle aussi, qui ira vérifier ?

 

Après une première partie qui nous expose la vie – miséreuse – de Lydia, Henri Decoin entre dans le vif du sujet avec cette usurpation d’identité qui constitue cet abus de confiance titulaire. Il est bien évident que l’existence de Lydia n’est pas reluisante, et d’une manière générale, le sort des femmes encore moins. Pare que, si elles n’apparaissent que dans la distribution, les femmes sont l’élément essentiel du film : à travers Lydia bien sûr, mais aussi celles qu’elle rencontre dans sa quête désespérée pour un travail, sa logeuse, sans oublier la femme de Ferney, Hélène (Valentine Tessier).

Bien sûr, les hommes sont présents mais dans des rôles pas toujours à leur avantage : un entretien d’embauche d’où sort une femme qui doit réajuster sa tenue ; un logeur (Lucien Dayle) qui veut bien faire crédit pourvu qu’on soit « gentil » avec lui ; ou encore un camarade de classe (Gilbert Gil) qui veut conclure la soirée à l’hôtel (1).

Seuls Ferney et son secrétaire (Pierre Mingand) sont épargnés par cette dénonciation des turpitudes masculines considérées alors comme normales : aucune femme ne va se plaindre en police de ce qu’il faut appeler harcèlement.

 

Mais ce sont les femmes qui font avancer l’intrigue – un tantinet criminelle – et amènent une résolution presque morale :

  • La logeuse (Thérèse Dorny), qui amène la suspicion chez la femme de Ferney ;
  • Alice, qui confirme les soupçons ;
  • Hélène qui oriente l’intrigue une fois que Lydia s’est installée chez eux ;
  • Lydia par sa plaidoirie (sa première en tant qu’avocate) qui concerne une jeune fille (Svetlana Pitoëff) qui s’est fait passer pour ce qu’elle n’était pas…

 

Bien sûr, le dernier mot revient à Hélène qui conclut le film en demi-teinte, eu égard à la morale de des années 1930. (ATTENTION : révélation de la résolution de l’intrigue !)

Lydia ne sera pas dénoncée par Hélène, grâce à cette même plaidoirie qui ne peut que convaincre tant ce qu’elle plaide ressemble à ce qu’elle a pu vivre avant son propre « abus de confiance ».

 

Au final, un film comme on en faisait beaucoup dans cette période tourmentée de l’Entre-deux-guerres, véritable âge d’or du cinéma réaliste français : une histoire crédible, servie par une interprétation à la hauteur (2). Et puis Danielle Darrieux (3) est superbe.

Alors savourons.

 

  1. « Chambre à la journée, à l’heure »
  2. Seul bémol : le rôle un peu effacé de Charles Vanel, capable de beaucoup mieux quand il est plus utilisé.
  3. Madame Decoin à la ville.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Frank Borzage
Notre Héros (Lazybones - Frank Borzage, 1925)

Steve Tuttle (Buck Jones) est un paresseux (titre original). Il passe son temps allongé, les pieds au mur, pendant que rien ne se fait. Pourtant, la belle Agnes Fanning (Jane Novak) lui trouve énormément de charme, et si ce n’était sa mère (Emily Fitzroy), il y a longtemps qu’elle l’aurait épousé.

Mais voilà : il y a la mère Fanning. C’est une mégère à voilette qui ne voit pas d’un très bon œil ce bon à rien de Tuttle. Pire. Elle a une autre fille plus âgée, Ruth (Zasu Pitts), qu’elle veut marier au jeune Elmer Ballister (William Bailey) qui a réussi (normal, il travaille).

Seulement voilà, Ruth a déjà été mariée et en a même eu un enfant. Malheureusement, le mari est mort en mer. Alors ce nouveau mariage, avec un enfant déjà là, ce n’est pas bien possible. Alors qu’elle tente de se tuer, elle est sauvée par « notre héros » (Steve), qui veut bien s’occuper de l’enfant en attendant que la mégère soit prête à entendre la vérité.

Autant dire jamais.

 

C’est une intrigue un tantinet complexe qui est sortie de la plume de la grande Frances Marion – tout du moins à raconter – pour un film qui se présente de prime abord comme une comédie : Steve «  Lazybones » ne bouge tellement pas que les araignées ont le temps de tisser leur toile entre le mur et ses pieds !

Mais cette comédie n’est qu’apparente, le cœur du problème – la présence de la jeune Kit, la fille de Ruth Fanning – fait basculer l’intrigue et le film dans le drame. Et ce malgré quelques retours constants du comique dont la guerre de Steve (1917-18).

 

Encore une fois, nous retrouvons une intrigue familiale (comme souvent chez Borzage), et un héros solitaire – malgré la présence de sa mère (Edythe Chapman) – du fait ici de sa paresse notoire. Et cette intrigue, sur certains aspects annonce un grand film : L’Heure suprême. On y retrouve la guerre et le personnage sadique – Nana dans le film ultérieur – en la personne de Mrs. Fanning qui n’hésite pas à tâter du fouet les épaules de sa fille pour la faire taire et cacher la présence de l’enfant. Et la petite Kit (Madge Bellamy quand elle est grande), à l’instar de Diane (Janet Gaynor) chez Chico (Charles Farrell), se retrouve en sécurité chez Steve, loin de cette femme violente qui régente sa mère.

 

Mais là s’arrête le parallèle, et surtout les limites de l’intrigue. En effet, Borzage – par l’entremise de Marion – ne va pas jusqu’au bout de cette intrigue, oscillant constamment entre comédie et tragédie (avec une préférence pour cette dernière) sans aller franchement dans aucune des deux. Avec pour résultat un film malheureusement un peu bancale, heureusement filmé avec maîtrise par Glen McWilliams et Frank Schneiderman, alternant caméra fixe et mobile, dans des travellings qui soutiennent la tension du film.

 

Et cette incertitude entre la comédie et la tragédie va durer jusqu’au bout, donnant, au final, un film au goût d’inachevé, faute d’avoir pu se résigner à choisir un camp. Avec une conclusion en queue de poisson, et pas seulement par ce qu’on y voit (1). Sans oublier la sous-intrigue concernant Agnes et Steve qui n’a pas de véritable résolution.

Et c’est bien dommage parce que l’interprétation est solide : de Buck Jones à Madge Bellamy, en passant de Zasu Pitts et Emily Fitzroy, chacun interprète son personnage avec conviction, jusqu’à Edythe Chapman, en vieille mère de Steve qui excuse tout de son petit.

Oui, dommage.

 

(1) C’est plus compréhensible quand on l’a vu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #David Fincher
Millenium : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes (The Girl with the dragon tattoo - David Fincher, 2011)

Michael Blomkvist (Daniel Craig) vient de perdre un procès. Celui de son magazine – Millenium – contre un homme d’affaires pourri (Ulf Friberg).

Pour se remettre, et se faire un peu oublier, il accepte de reprendre une enquête familiale : la disparition de la jeune Harriet Vanger (Moa Garpendal), que son oncle Henrik (Christopher Plummer) a recherché depuis sa disparition en 1966.

Dans le même temps, Lisbeth Salander (Rooney Mara), une marginale douée en informatique, voit son tuteur Palmgren (Bengt C.W. Carlsson) frappé d’un AVC. On lui en désigne un autre : Bjurman (Yorick van Wageningen), un pervers qui abuse de sa situation, et d’elle sexuellement.

Leur rencontre se fera (presque) naturellement : elle a enquêté sur Blomkvist pour le compte de Vanger qui voulait savoir qui il allait embaucher.

 

C’est un très long montage parallèle qui nous est ici proposé par le génial David Fincher. On va suivre les deux principaux protagonistes dans leur retour à la vie (normale) après les coups durs que la vie vient de leur donner. D’un côté Blomkvist qui va devoir se hisser à son plus haut niveau d’investigation et se montrer digne du périodique qu’il nourrit de ses articles pertinents ; de l’autre la jeune Lisbeth qui doit s’affranchir impérativement de ce tuteur abusif et toxique afin de gagner – enfin – une vie (à peu près) normale, c'est-à-dire où elle ne vit pas comme une marginale asociale.

Et si la rencontre inévitable a lieu, elle n’empêche pas la poursuite de cette narration parallèle, alternant sans cesse les points de vue de l’un et de l’autre, sans spécialement avantager l’un ou l’autre de ses deux héros : on commence avec Michel et on termine sur Lisbeth, qui repart à moto vers une nouvelle vie (?).

 

Oui, ce film est un remake, d’un film suédois – normal, le roman l’est aussi – sorti deux ans plus tôt. Et on peut légitimement se poser la question de l’utilité d’un remake. Pour ma part, en tant que grand amateur de Fincher, la réponse est évidente. Et le développement de l’intrigue jusqu’à sa résolution me conforte. Il s’agit d’une belle adaptation du roman de Larsson, sans édulcorant, en livrant au spectateur l’atmosphère un tantinet poisseuse sans tabou, faisant basculer le film dans la catégorie « public averti ».

 

Et si Daniel Craig est impeccable – comme d’habitude – et ce sans avoir le type suédois qu’on aurait pu imaginer (1), c’est tout de même Rooney Mara qui tire son épingle du jeu. Préférée à d’autres prestigieuses actrices, elle incarne une Lisbeth formidable, cette « fille au dragon tatoué » du titre original qui flirte sans cesse avec l’illégalité (et la pratique allègrement), découvrant avec Michael qu’il y a autre chose que cette existence de marginale que la vie lui a imposée.

Bref : à voir !

 

  1. Un grand Viking blond, évidemment !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Henri Verneuil, #Jean Gabin
Le Président (Henri Verneuil, 1961)

Le Président Beaufort (Jean Gabin) vit en retrait de la chose public, mais pendant quelques décennies, il a soutenu la France avec conviction et force, contre ses ennemis de l’extérieur comme de l’intérieur, faisant passer l’intérêt général avant le sien, assumant jusqu’au bout des engagements parfois douloureux, parfois impopulaires, mais toujours dans le même esprit.

Maintenant, c’est un retraité que certains viennent consulter quand ils sont de passage en France, ou quand la situation l’exige, comme Philippe Chalamont (Bernard Blier), pressenti pour occuper la place tant convoitée de Président du Conseil.

Alors le Président se souvient. Quand il dirigeait le pays, avec comme directeur de cabinet un certain Chalamont Philippe.

 

Gabin est donc entré dans sa dernière période, celle des anciens, et des patriarches. Certes, le Président Beaufort n’a pas d’enfant, mais il reste tout de même, une quinzaine d’années après son retrait, le père de la République, marié à cette France qu’il a tenté de servir du mieux qu’il put tout au long de sa prestigieuse carrière. Et s’il entre dans ce qu’on n’appelle pas encore le troisième âge, il n’en demeure pas moins ce grand acteur, donnant à son personnage des allures de Clémenceau et d’Aristide Briand (tous les deux pas seulement pour la moustache !), avec d’admirables envolées verbales : normal, c’est Michel Audiard qui sert les dialogues.

Et encore une fois, pour qu’un acteur soit grand, il faut qu’il soit bien entouré : c’est le cas ici avec la présence d’un autre monstre sacré – Blier – ainsi que quelques figures secondaires du cinéma français dont une belle brochette d’interprètes du Corbeau (1) : Louis Seigner, Antoine Balpêtré, Pierre Larquey ou encore Héléna Manson.

 

Avec ce film, Verneuil montre que malgré la Nouvelle Vague (2), le cinéma traditionnel se porte bien, et surtout qu’on peut aussi traiter des sujets graves et politiques. Certes, le personnage de Beaufort soutient le film, mais Verneuil réussit à créer une tension dans cette intrigue de Simenon, et surtout retranscrire la politique de la première moitié du XXème siècle en France (3), où le Parlement avait une très grande importance, faisant et défaisant les gouvernements sur des sujets plus ou moins polémiques.

Pas étonnant qu’on trouve ici une magnifique séquence où Gabin s’épanouit : acculé à cause d’un projet de loi controversé à propos des tarifs douaniers, il quitte la scène politique sur un baroud d’honneur de grande classe, réjouissant jusqu’aux journalistes dont le directeur d’un grand titre (Jacques Monod) qui n’attendait que cela.

 

Bref, nous sommes en de bonnes mains et la qualité des interprètes alliée à celle des dialogues font de ce Président un grand moment du cinéma politique français. Bien sûr, il n’y a pas de polémique soulevée ici – ce n’est pas du cinéma engagé, n’anticipons pas – mais on remarque que le discours de Beaufort est toujours d’actualité et surtout qu’on y trouve, trente ans avant la ratification du Traité de Maastricht, les mêmes arguments anti-européens qu’on a pu entendre voilà près de trente ans. Quant aux dénonciations du même Beaufort pendant sa dernière diatribe, on y sent un parfum de « déjà entendu », mais qui malheureusement s’applique très fortement aujourd’hui encore.

L’universalité des dialogues d’Audiard, sans doute…

 

  1. On en reconnaîtra beaucoup d’autres… Ou pas !
  2. Hum…
  3. Et même un peu après, la Vème République n’intervient qu’en 1958.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Policier, #Rian Johnson
A Couteaux tirés (Knives out - Rian Johnson, 2019)

Vous prenez une belle propriété avec un immense parc. Vous mettez dedans un auteur de polar à succès, Harlan Thrombey (Christopher Plummer). Autour de cet auteur, vous disposez une famille venue fêter son 85ème anniversaire. A ces invités, vous n’oubliez pas d’ajouter une infirmière à domicile qui s’occupe du traitement de l’auteur, Marta Cabrera (Ana de Armas).

Et bien sûr, quand la maison s’éveille le lendemain, vous retrouvez l’auteur baignant dans son sang, la gorge tranchée.

 

Qui a tué Thrombey ? Sa fille Linda (Jamie Lee Curtis) ou son autre Joni (Toni Collette) ? Son fils Walt (Michael Shannon) ? A moins que ce ne soit Ransom (Chris « Captain America » Evans), son petit-fils turbulent ? Et si c’était l’infirmière, en pratiquant accidentellement une overdose…
Benoît Blanc (Daniel Craig), détective privé, est venu aider la police à démêler cette situation un tantinet confuse.

 

Réjouissant.

Rian Johnson connaît ses classiques et signe ici un très beau whodunit (1), servi par une distribution prestigieuse et talentueuse. Bien sûr, on pense à Agatha Christie : le décor, la situation familiale et l’atmosphère feutrée de ces grandes demeures familiales sont là, et ce monsieur Blanc (2) a un côté Hercule Poirot prononcé, les moustaches et l’embonpoint en moins.

Mais voilà, nous ne sommes pas dans le Devon – loin de là – et Blanc n’est certainement pas belge. Par contre, il est aussi doué que son aîné européen, et tout aussi exaspérant pour ceux qui le côtoient, comme le confirme Ransom.

 

Johnson dit s’être inspiré des aventures du détective belge et on ne peut que le confirmer. Mais une centaine d’années s’est écoulée depuis les débuts de Poirot (3), et les techniques ont évolué. Par contre, on tue toujours pour la même raison : l’argent.

Et Johnson ressuscite le genre un peu tombé en désuétude au cinéma – pas à la télévision au vu des innombrables séries policières qu’on peut y contempler – avec ce qu’il faut d’humour pour faire passer cette intrigue sordide et brillante. Parce que non seulement Johnson a dirigé le film, mais il en a signé en outre le scénario (ce qu’il fait pour chacun de ses films) et participé à la production. Bref, il maîtrise le film de bout en bout pour notre plus grand plaisir.

 

Bref, un film brillant, dirigé de main de maître et soutenu par des prises de vue pertinentes, débarrassées des effets faciles du type « plan de la tranche de jambon », assurées par son chef-opérateur et complice Steve Yedlin (ils travaillent ensemble depuis les débuts de Johnson en 1997 !).

On annonce un deuxième opus des aventures de Benoît Blanc. Doit-on se réjouir ?

Réponse bientôt, mais peut-être pas dans vos salles obscures…

 

  1. « Qui a fait le coup ? »
  2. On prononce le C final dans la VO.
  3. La première aventure avec Hercule Poirot se situe pendant la Première Guerre Mondiale (The mysterious Affair at Styles, 1920).
  4. Contrechamp qui vient de l’intérieur du frigo.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Jake Kasdan, #Danny DeVito
Jumanji: The next Level (Jake Kasdan, 2019)

Et de trois.
Enfin plutôt deux. Si le film de Johnston (1995) fut le premier, on ne peut le relier à ce film que par le jeu commun. Il s’agit ici essentiellement de la suite de Jumanji : Welcome to the Jungle, sorti il y a deux ans. On y retrouve les mêmes personnages – quatre ados envoyés dans un monde parallèle qui fonctionne comme un jeu vidéo (1) – mais avec quelques variantes : un nouveau niveau de jeu, quoi.

Nouveau niveau, nouveaux personnages : outre Spencer (Alex Wolff), Fridge (Ser’Darius Blain), Martha (Morgan Turner) et Bethany (Madison Iseman), on fait la connaissance d’un duo singulier : Milo (Danny Glover) et Eddie (Danny DeVito). Ces deux derniers ne sont plus des ados depuis longtemps puisque Eddie est le grand-père de Spencer. Milo, pour sa part, était son associé et son ami.

Tout ce beau monde est donc en route pour une nouvelle aventure et sauver Jumanji du chaos apporté par Jurgen the Brutal (Rory « Hound » McCann).

Et bien sûr, ils y parviennent en faisant la promesse que c’était la dernière fois qu’ils jouaient.

 

Encore une fois, il faut se méfier des séries, surtout d’un deuxième épisode. Malgré tout, Jake Kasdan (le fils de Lawrence), s’en sort avec les honneurs, réussissant une suite certes convenue – c’est un jeu vidéo et à la fin les protagonistes principaux doivent gagner – mais rafraîchie par la présence de deux nouveaux personnages et surtout des interversions dans les avatars : Dr. Bravestone (Dwayne Johnson), le héros absolu au regard de tombeur, est repris par Eddie, Finbar (Kevin Hart), le zoologiste est celui de Milo et le cartographe Oberon (Jack Black) est l’avatar de Fridge, bien déçu d’être ce patapouf barbu non endurant. Quant à Martha, elle est à nouveau l’irrésistible Ruby (Karen Gillan), aussi létale de sexy.

Bien sûr, les deux nouveaux joueurs amènent, de par leur décalage un élément comique nouveau pendant les deux tiers du film avant que ne sonne la fin de la récréation : chacun retrouvera son avatar de prédilection et nous pourrons alors assister à la dernière partie qui verra le triomphe inévitable de nos héros.

 

Alors en attendant l’issue inéluctable, on s’amuse de ses péripéties pour de rire, dans de somptueux décors dont un désert de dunes à perte de vue qui permet à Henry Jackman, le compositeur de la BO, de rendre hommage à David Lean (2).

On s’amuse, mais on se pose légitimement la question d’une suite, aussi drôle soit-elle. Surtout quand les choses se remettent en ordre (voir plus haut) afin de préparer à la fin : la rupture est un tantinet brutale et on peut regretter l’aspect un brin sérieux que prend l’intrigue.

Quant à la promesse finale de ne plus toucher au jeu Jumanji, il faut croire qu’elle n’engage que ceux qui y croient (3) : les producteurs ne semblent pas faire partie de ces derniers puisque on annonce une troisième aventure.

Hélas ?

 

  1. Normal, c’en est un.
  2. Vous devinerez facilement la musique originale…
  3. Comme disait Charles Pasqua.

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