Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lautner, #Michel Audiard, #Policier
Flic ou Voyou (Georges Lautner, 1979)

Avec une pensée pour mon ami Max : 10 ans déjà...

 

Antoine Cerutti (Jean-Paul Belmondo) est de retour à Nice et a l’intention de régler quelques comptes. Il faut dire que sa sœur Rita a été tuée récemment.

Alors il se permet de drôles de pratiques franchement illégales à l’encontre de deux truands notoires : Achille Volfoni (Claude Brosset) et Théo Musard (Georges Géret).

Sauf que Cerutti ne s’appelle pas Cerutti, il s’appelle Stanislas Borowitz et il est commissaire divisionnaire.

 

Belmondo-Lautner-Audiard : le trio gagnant.

Gagnant financièrement parlant, c’est le cas. Par contre, cinématographiquement, on est beaucoup plus loin du compte.

Certes, Belmondo est en pleine forme et enchaîne les bons mots et les cascades – indispensables, bien sûr – tout comme il le fit avec Verneuil dans Peur su la Ville. On y retrouve aussi un Volfoni, et même Venantino Venantini (Mario).

Mais force est de constater que la recette qui fit mouche en 1963 n’a pas été bien respectée : au final, on a une « belmonderie » mal servie par un Audiard qu’on a connu beaucoup plus inspiré.

Les prises de vue sont toujours bien soignées (on est chez Lautner, tout de même !), mais cela ne suffit pas.

Et l’idée de doter ce superflic et super voyou d’une parentèle ne fait qu’alourdir l’intrigue : il semble qu’un père soit tout de même moins vendeur qu’un oncle (1)… Quant aux autres références aux Tontons (2), si elles peuvent faire sourire, elles ne nous avancent pas beaucoup.

 

Et pourtant ça commençait bien :

Un double assassinat dans un motel tenu par Michel Beaune (M. Langlois) et Catherine Lachens (Madame Langlois) avec de drôles d’individus qui viennent nettoyer l’endroit et déplacer ce même assassinat un peu plus loin.

Et la première intervention de Belmondo auprès de ses braves gens (3) est dans la lignée des autres productions Lautner/Audiard. Mais c’est bien peu sur les 107 minutes que dure le film.

 

Sans oublier le couplet réactionnaire sur les criminels qu'on relâche une fois arrêtés : on attendait mieux de cette association. Ce n’est pourtant pas la première fois que Belmondo récite du Audiard, mais il manque ce petit quelque chose qui faisait basculer l’intrigue dans le comique comme ce fut le cas dans d’autres associations entre ces deux messieurs du cinéma français. Alors on me dira que c’était avec d’autres que Lautner, que Bébel clamait du Audiard. Mais ça ne suffit pas : le film ne trouve à aucun moment le ton juste, ne sachant s’il doit être considéré comme une comédie ou comme un polard. Et il ne peut être les deux à la fois.

C’est peut-être là qu’il faut y voir la faiblesse de ce film.

 

Pour le reste, c’est spectaculaire, c’est Belmondo, quoi. Ca détend.

Mais il me semble qu’on pouvait tout de même attendre autre chose de ce trio « gagnant »…

 

  1. Même si les deux se guillotinent aussi bien l’un que l’autre…
  2. Le Terminus des Prétentieux, le bourre-pif dans Venantini…
  3. Doit-on y voir une raison dans l’amitié qui liait Belmondo et Beaune ? Toujours est-il que les deux interventions de Stanislas chez le couple sont, à mon avis, les meilleurs moments du film.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Drame, #Todd Phillips
Joker (Todd Phillips, 2019)

On l’attendait, il est là !

Joker (Joaquin Phoenix), l’ennemi de Batman  (Bruce Wayne), est de retour sur les écrans !

Mais cette fois-ci sans Batman. En effet, l’intrigue se situe quelques temps avant la mort des parents de Bruce Wayne (Dante Pereira Olsen), alors Thomas (Brett Cullen) brigue le fauteuil de maire de Gotham City.

Nous allons donc voir comment Arthur Fleck (Phoenix, donc), qui vit avec sa mère, devient ce bandit hilare, pour qui le monde est une scène dont il est l’amuseur.

 

La gageure était de taille, et Todd Phillips s’en est sorti avec brio, soutenu par un Joaquin Phoenix extraordinaire.

Pourtant, nous avions tous en tête (sauf le professeur Allen John, mais je l’aime quand même) la performance de Heath Ledger (dont ce fut l’avant-dernier film, le dernier étant sorti après sa mort). Nous avions alors un truand des plus froids au visage caché par un maquillage qu’il ne quittait jamais.
Joaquin Phoenix réussit aussi à nous rendre cet homme sympathique, jusqu’à une demi-heure de la fin, quand le Joker se révèle tel qu’il va être dans les futures aventures de Batman.

Et comme on parle de Batman (qui n’apparaît à aucun moment, Bruce Wayne étant enfant), n’oublions pas que nous sommes ici chez DC Comics, concurrent direct et prestigieux de Marvel.

Et le film de Todd Phillips se place complètement à part des autres films de la franchise : à aucun moment n’intervient quelque super-héros aux pouvoirs et surtout actions très spectaculaire.

 

Et Joaquin Phoenix est pour beaucoup dans le succès du film. Il faut dire qu’il interprète avec beaucoup de talent ce personnage tout compte fait ordinaire avant de basculer du côté sombre. Il est ce qu’on peut appeler un pauvre type dont la vie est des plus ternes, voire malheureuse, coincé entre sa mère (Frances Conroy) et son métier de clown (1), ce dernier aspect expliquant son maquillage.

Phoenix amène même une empathie étonnante pour celui qui va devenir l’un des pires symboles du mal de Gotham City : son handicap (2) le plaçant régulièrement dans des situations difficiles qui se terminent bien souvent par une violence subie (passage à tabac) qui accentue son désespoir.

Et pas besoin d’être psychanalyste pour comprendre comment cet homme est devenu ce Joker.

 

L’autre élément qui tranche par rapport aux différentes versions antérieur montrant le Joker, c’est le traitement de la famille Wayne, et surtout du père : cet homme est un personnage très loin de ce qu’on a pu voir auparavant. Il est toujours aussi riche et souhaite le bien des habitants de Gotham City, mais son mode de pensée n’est pas aussi philanthropique qu’on eût pu le penser.

Le mépris qu’il porte au « petit peuple » n’a d’égale que l’immensité de sa fortune. Et le chaos que va mettre en place le Joker n’est pas sans rappeler les manifestations anti-gouvernementales qu’on peut voir aux informations télévisées : le masque de clown (plus ou moins inspiré du maquillage de Fleck, a remplacé celui de Guy Fawkes chez les Anonymous.

 

De plus, auprès de ces révoltés, Joker y tient un rôle qui n’est pas sans dimension messianique.

En effet, alors qu’il a été » arrêté pour meurtre (3), il est convoyé par la police mais la voiture est percutée par un van : ayant reconnu son « héros » quelques personnes vont le sortir du véhicule avec beaucoup d’attention et le déposer sur le capot, les bras en croix. Cette attention particulière pour Joker n’est pas sans rappeler la descente de croix, accentuée par la position de ses bras sur la voiture. Il est d’ailleurs porté en triomphe, devenant le symbole de la lutte contre les riches.

Bien sûr, cette adoration n’est pas raisonnable, mais une foule en colère est parfois peu raisonnable !

 

Dernière chose enfin, la narration. Todd Phillips, se basant sur le scénario qu’il a élaboré avec Scott Silver, prend quasiment pendant tout le film le point de vue de Joker, amenant parfois des ruptures surprenantes et surtout décrit avec beaucoup de réalisme le cheminement erratique de la pensée de cet antihéros. Et à de nombreux moments son esprit s’embrumant, nous n’entendons plus ce qui se dit autour de lui, son émotion prenant le pas sur sa raison : tout se tait alentour, et il reste isolé par le silence qui envahit tout.

Cet état d’esprit amenant irrémédiablement la mutation qui fera de lui un psychopathe dangereux. Pour preuve, les deux meurtres dans la dernière demi-heure du film sont d’une violence terrible, renforcée par une soudaineté surprenante, même si on s’attend à un moment ou à un autre ce passage à l’acte.

 

Bref, un film formidable, soutenu par un Joaquin Phoenix au meilleur de sa forme.

 

  1. Clown on ne peut plus triste qui égaie les enfants malades à l’hôpital, ou fait la promotion d’un magasin en faillite qui se débarrasse de ses marchandises.
  2. Il ne peut s’empêcher de rire quand il éprouve une grande émotion, surtout quand elle est à son désavantage.
  3. De sang-froid, renvoyant à l’image implacable de The dark Knight.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Biopic, #Bryan Singer
Bohemian Rhapsody (Bryan Singer, 2018)

Londres, 13 juillet 1985.

Freddie Mercury (Rami Malek) se prépare à entrer sur scène pour le monumental Live Aid instigué par Bob Geldof (Dermot Murphy).

Quinze ans plus tôt, le jeune Farrokh Bulsara travaille à Heathrow comme bagagiste passant certaines soirées au pub où il voit Brian May (Gwilym Lee) et Roger Taylor (Ben Hardy) que Tim Staffell abandonne pour d’autres cieux.

Grâce à sa voix, Freddie est engagé. Suivent alors quinze années de musique, de création, de démesure.

 

Quel film !

Je sais, la vie de Freddie a été malmenée par l’intrigue, mais on ne peut pas rester de marbre devant un tel monument.

Rami Malek est Freddie. Il ne lui ressemble pas exactement peut-être, mais on ne peut voir d’autre que le grand Mercury dans les différentes poses et autres prestations. Jusqu’au fameux concert de Wembley où chacun des gestes effectués sera reproduit à l’identique, amenant cette même émotion que celle qui submergea les (télé)spectateurs ce jour-là.

Alors qu’importe la vérité puisque nous sommes au cinéma : tout est possible, à partir du moment où nous avons un intrigue solide de belles images et une distribution adéquate.

 

Et là, c’est le cas. Les différents interprètes choisis retransmettent magnifiquement cette époque et surtout l’ébullition mercurienne lors de la création de la chanson qui donne au film son titre : Bohemian Rhapsody.

C’est un grand moment musical filmé comme tel : entre la ligne de piano qui obsède Freddie avant et les différentes prises de Roger Taylor et son Galileo, on voit se monter ce qui reste à ce jour comme très certainement le plus grand single du rock (1).

Et à nouveau, l’émotion est là.

Et encore, ce n’est rien à côté de la séquence finale lors de la prestation devenue depuis mythique à Wembley (on termine là où on a commencé).

Rami Malek s’efface alors et laisse place au grand Freddie qui envahit définitivement l’écran.

 

Certes, le tournage ne fut pas des plus faciles, l’entente entre les quatre du groupe n’étant pas la même avec Bryan Singer qui fut remercié avant la fin, remplacé au pied levé par Dexter Fletcher qui fut un temps pressenti pour la totalité du tournage dès sa mise en chantier en 2013.

Quoi qu’il en soit, cette tranche de vie – et malgré les entorses à la vérité – de Queen est passionnante, et même si l’accent est porté sur Mercury, on ne peut réduire l’influence des trois autres dans cette musique et cette formation qui continuera après la mort du chanteur.

Car si Freddie était d’une certaine façon la vitrine du groupe, la démesure qu’il développa était aussi liée à la musique créée.


Et pour le reste, je reprendrai la réplique célèbre de L’Homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende. »

Qu’importe la vérité vraie (existe-t-elle d’ailleurs ?), le plus important c’est très certainement l’émotion qui submerge le spectateur.

Et ici, c’est magnifiquement le cas.

 

 

(1) Et fort curieusement, lors du classement 100 45 tours de 1988 par le magazine Rolling Stone, ce titre n’apparaît pas, pas plus qu’un autre titre de Queen, grand absent de ce classement.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Histoire, #Christian-Jaque
François 1er (Christian-Jaque, 1937)

Honorin (Fernandel) est régisseur de théâtre et accessoirement doublure du jeune premier (Pierre Ferval).
Après quatre ans de patience, son heure est enfin venue : il sera le héros d’une comédie musicale sur François 1er et ses amours tumultueuses avec la Belle Ferronnière de son vrai nom Rolande des Meldeuses.

Mais Honorin a le trac. Cagliostro (Alexandre « Piquoiseau » Mihalesco) va, par l’hypnose l’envoyer dans le temps, à la cour de François 1Er (Aimé Simon-Gérard), où il rencontrera, bien sûr, la belle Ferronnière (Mona Goya).

 

Autant le dire tout de suite : cela n’a rien de sérieux, et en ce qui concerne la vérité historique, elle est distillé au compte-goutte, reprenant qui ça, qui là, quelques vérités, noyées dans cette comédie décalée, essentiellement dans le temps.

Et Christian-Jaque s’amuse autant que Fernandel et ses compagnons dans cette mise à jour de la Renaissance, par les bons soins d’Honorin, inventant coup sur coup l’emprunt d’état, la loterie nationale et le bal musette, même s’il n’y a pas d’accordéon.

 

Bien sûr, c’est surtout Fernandel qui retient notre attention, évoluant avec facilité dans cet univers prestigieux. Et surtout, lui faire jouer le rôle de jeune premier est une gageure  qu’il endosse avec aisance et ce, malgré son physique chevalin qui est même rappelé par sa partenaire dans le monde réel.

Il en use avec beaucoup de facilité, transformant ce qui eût été un désavantage en un atout comique irrésistible. Et d’une manière générale, il accentue le côté comique de chacune de ses interventions, en usant la plastique (distendue) de son visage et sa diction faussement hésitante.

De plus, on a l’impression que Fernandel a eu les coudées franches pour son jeu : improvisant dans certaines séquences. En effet la caméra suit jusqu’au bout ses moindres faits et gestes, comme on peut le voir quand il entre chez Ferron, son épée au côté qui l’empêche de pénétrer de suite à l’intérieur.

 

Ce qui nous frappe aussi, c’est le placement de la caméra au fur et à mesure que l’intrigue se développe.

A de très nombreux moments, Christian-Jaque pose sa caméra au plus près de l’action, n’hésitant pas à user de la  caméra subjective dans certains moments de tension : le combat entre Honorin et le cornard Ferron (Henri Bosc).

Cette proximité, à défaut de faire tout le temps de belles prises (1), amène une teinte d’authenticité en plus des costumes et autres accessoires.

Et bien entendu, les objets apportés par Honorin dans cette époque un tantinet reculée se trouvent être ceux qui le sauveront de Ferron et l’Inquisition (2), et feront sa (bonne) fortune : la lampe-torche et surtout son dictionnaire Larousse dans lequel il prédit l’avenir, succinctement, mais évidemment surement !

 

Bref, on s’amuse autant que Fernandel et les autres, dans ce film qui traite du voyage dans le temps, thème encore peu utilisé au cinéma en 1937.

Avant il y avait Angèle, dans lequel il interprétait un Saturnin tout en subtilité.

Dorénavant, il y a  François 1er et son Honorin des Meldeuses !

 

  1. On a de temps en temps droit à des personnages très flous.
  2. On ne rigolait pas beaucoup en ce temps-là des choses qu’on ne comprenait pas.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie musicale, #Norman Jewison
Un Violon sur le toit (Fiddler on the Roof - Norman Jewison, 1971)

Anatevka, Russie tsariste, début du vingtième siècle.

La vie dans le quartier juif de ce village ukrainien, où la tradition est sans cesse bousculée, par les jeunes gens qui s’éveillent à la vie et surtout à l’amour, quand ce ne sont pas les ordres antisémites de Moscou qui le font.

Au milieu de ce monde en mutation, Teviah (Chaim Topol), laitier et père de cinq filles, toutes, bien sûr, bonnes à marier.

 

Il s’agit de la première comédie musicale que met en scène Norman Jewison – la seconde sera Jesus Christ Superstar, tout un programme encore une fois ! – adaptée de la « comédie » musicale du même nom.

A ce propos, le vocabulaire français est des plus pauvres quand il s’agit de qualifier un film, reliant inexorablement son aspect musical à la comédie. Pourtant, si l’humour (juif) est bien présent, je ne vois pas en quoi ce film est une comédie.

Les Anglo-Saxons sont beaucoup moins partiaux, ils parlent d’un(e) « Musical ».

 

N’ayant pas assisté à une représentation sur scène, je me contenterai de ce film, de cette fresque devrais-je plutôt dire, dont les 173 minutes passent avec une vitesse incroyable, alternant les moments légers et graves comme le fait la vie, qu’on habite ici où là-bas, qu’on soit Juif ou Gentil.

Teviah est le narrateur de cette histoire, tragique cela va sans dire, où les choses bougent beaucoup trop vite pour lui, étant sans cesse en retard sur ses enfants qui ont anticipé ce vingtième siècle qui se déroule inexorablement et écrase sur son passage les certitudes et pis que cela, les traditions.

Dès la séquence d’ouverture, il nous décrit son village qui évolue au rythme de sa chanson, décrivant la partie juive sans pour autant négliger les autres, et en particulier le connétable (Louis Zorich), dont le rôle – subalterne certes – n’en demeure pas moins humain.

 

Mais bien sûr, une fois le postulat – la Tradition – énoncé, les différents protagonistes n’auront de cesse de le remettre en cause, outrepassant sa portée, ne laissant aux anciens – dont Teviah, évidemment – que la possibilité de s’indigner, mais sans rien y changer.

Les sorts des trois premières filles de Teviah et sa femme Golde (Norma Crane) allant de plus en plus loin dans ces bouleversements qui ne font malgré tout que faire évoluer la communauté et l’entraîner dans ce siècle des mutations.

La première – Tzeitel (Rosalind Harris) fait revenir son père sur la promesse qu’il avait faite à un ami de la marier (1) ; la seconde déclare qu’elle a pris seule sa décision avec celui qui sera son mari (2) ; Quant à la troisième, c’est encore pire : elle épouse un Gentil ! (3)

 

Mais malgré ces mutations abruptes, la communauté continue sa vie, malgré aussi les exactions antisémites de cette Russie tsariste (4) : un pogrom pendant le mariage de Tzeitel et Motel (Leonard Frey) ; la déportation finale qui les voit tous quitter ce qui était leurs foyers.

Mais malgré cette fatalité – tragique – qui pèse sur ce peuple et les différentes calamités, on n’est pas triste pour ces gens qui sont sans cesse en mouvement (« peut-être est-ce pour ça qu’on garde notre chapeau » déclare Teviah à l’aune de ce nouveau départ).

Il reste cet espoir d’un Messie qui doit venir, et qui viendra donc ailleurs, là où ils seront. Et quand on pense à ce que ce vingtième siècle leur réserve, on se dit qu’il leur faudra beaucoup d’espoir pour ne pas renier cette religion qui les présente comme le « peuple élu. »

Et les pensées de Teviah vont elles aussi dans ce sens, un tantinet blasphématoires, demandant à d’autres d’être ce peuple élu. Elu, mais tout de même bien malheureux.

 

Et le violon me direz-vous ? Ce n’est pas un violon (5) mais un violoniste (Tutte Lemkow) qui ouvre et ferme le film, partant lui aussi avec ses coreligionnaires vers des cieux espérés plus cléments…

 

Et quand le film se termine, on reste là avec une larme au coin de l’œil, et peut-être aussi un sourire…

 

  1. D’un autre côté, cet ex-futur – Lazar Wolf (Paul Mann) – est le boucher du village et a, à peu de choses près, le même âge que Teviah.
  2. Perchik (Michael « Starsky » Glaser, qui n’a pas encore ajouté Paul en tête de son prénom).
  3. Elle épouse Fyedka (Ray Lovelock) qui est chrétien (orthodoxe, donc).
  4. Rappel : Pogrom est avant tout un mot russe.
  5. Pourquoi cette traduction/translation/(trahison) originelle ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean Dréville
Copie conforme (Jean Dréville, 1947)

Tout commence avec la vente du château de Niolles par son propriétaire le duc (Louis Jouvet) à un couple de gogos.

Ensuite, c’est une armoire livrée par erreur par un déménageur (Louis Jouvet) : ce dernier et ses complices récupèrent l’armoire lestée des objets précieux de la maison.

Après, c’est un Norvégien (Louis Jouvet) qui dérobe des diamants à un joailler belge.

Vous l’avez compris, Louis Jouvet est Manuel Ismora, officiellement maître photographe et officieusement escroc de haut vol.

Mais il y a aussi Gabriel Dupon (1), employé modeste et insignifiant des Boutons Béton, qui se rend dans l’hôtel où Ismora a dérobé les diamants, et où il est arrêté et déferré au parquet Il faut dire que Gabriel Dupon est le sosie parfait de Manuel Ismora, jusqu’à sa propre voix.

Cette ressemblance va alors intéresser Ismora qui s’en servira d’alibi pour ses mauvais coups.

 

En marge de sa stature de grand comédien et metteur en scène, Louis Jouvet ne rechignait pas à la comédie, interprétant quelques rôles devenus fameux depuis grâce à lui (Knock, Mosca), et bien sûr ces deux personnages qui, s’ils se ressemblent sont tout de même très opposés.

Là où Ismora n’est que tromperie et malhonnêteté, Dupon est franchise et droiture ; où Ismora est entreprenant et dominateur, Dupon est timide et respectueux, surtout envers la maîtresse du premier, la belle Coraline (Suzy Delair qui va sur ses 102 ans le 31 décembre prochain).

 

Bien sûr, Louis Jouvet envahit l’écran, régalant le spectateur avec cette double composition, où l’un semble le négatif de l’autre (3), mais demeurant malgré tout les deux faces identiques d’une même pièce.

Et c’est vrai qu’on se régale de cette histoire on ne peut plus improbable au scénario complexe et habile de Jacques Companeez, mené avec brio par Jean Dréville, et servi par une distribution (prestigieuse, même si beaucoup de ces interprètes sont maintenant oubliés) qui se hisse au niveau du maître, donnant alors un film fort réjouissant.

On reconnaît entre autres Jane Marken, qui logeait Frédérick Lemaître/Pierre Brasseur dans Les Enfants du Paradis, et un petit jeune homme de 27 ans qui débute : Jean Carmet (un des complices d’Ismora).

Quant à la belle Suzy, toujours aussi énergique, elle pousse à nouveau la chansonnette : « L’Amour est une comédie » chante-t-elle, ce qui n’est pas sans rapport avec l’intrigue dans laquelle elle participe,

 

Bien sûr, nous avons droit à quelques scènes où Louis Jouvet donne la réplique à Jouvet Louis, le tout rédigé par le formidable Henri Jeanson, dont les dialogues n’ont rien à envier au grand Michel Audiard.

La preuve :

  • « S’aimer comme des pauvres, ça doit être chic, quand on sait qu’on a de l’argent » (Suzy Delair).
  • « Vous avez déjà lu le Larousse ? C’est un recueil de noms célèbres totalement inconnus. » (Louis Jouvet)

Bref, Copie conforme est une pépite du cinéma français d’après guerre, où Jouvet est comme toujours impérial, partageant la vedette avec la belle Suzy, avec qui il sera à nouveau à l’affiche trois mois plus tard, sous la direction de Clouzot, dans un rôle beaucoup moins comique.

 

  1. Ni d, ni t.
  2. Vous vous doutez bien qu’il est aussi interprété par Louis Jouvet.
  3. A moins que l’autre soit le positif de l’un…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Brett Ratner
X-Men : L'Affrontement final (X-Men: The last Stand - Brett Ratner, 2006)

Et de trois ! (1)

Nous en étions restés à la fuite du barrage, les flots entraînant Jean Grey (Famke Janssen), laissant ces compagnons X-Men désemparés.

Mais comme le suggérait le plan final du second opus, elle n’est pas morte.

Par contre, si elle n’est pas morte, elle n’en devient pas moins redoutable, devenue la mutante la plus puissante, reléguant notre ami Eric « Magneto » Lehnsherr (Sir Ian McKellen) à un statut de curiosité de foire.

Et comme ce dernier l’annonçait et le souhaitait dans les deux premiers épisodes, la guerre entre les mutants et les hommes va avoir lieu.

 

C’est un véritable festival d’effets spéciaux numériques et pyrotechniques qui nous est offert pour ce dernier opus (2). On y retrouve les mêmes protagonistes, avec bien sûr une nouvelle brochette de mutants étonnants et plus ou moins dangereux.

Mais il y en a un qui manque à l’appel : Bryan Singer a été remplacé par Brett Ratner pour conclure cette épopée. On n’y trouve donc pas les transitions subtiles que Singer a coutume d’utiliser pendant ses films, amenant une agréable fluidité dans la narration.

De même, la dimension humaine et humaniste a complètement disparu, l’intrigue se resserrant sur l’affrontement promis par le titre.

 

En effet, alors que la base de cet affrontement est un traitement contre les gènes facteurs de la mutation, le scénario de Zak Penn et Simon Kinberg ne s’étendent pas beaucoup sur ces deux concepts de base : d’un côté le traitement qui considère intrinsèquement que la mutation est une maladie ; de l’autre cette négation d’humanité que confère cette même mutation pour ceux qui n’en sont pas porteurs.

Bref, on remet les discussions philosophiques aux calendes grecques et on s’embarque pour un affrontement final qui devrait voire le triomphe de l’un ou l’autre des camps, reprenant alors le concept manichéen initial et un tantinet réducteur.

 

Question action, on est donc servi, mais est-ce vraiment la seule chose qui importe ? Pour ma part, je trouve bien dommage qu’on n’ait pas développé tout ce pan de réflexion que pouvait amener l’intrigue, la réduisant à cet affrontement spectaculaire certes mais peut-être pas si indispensable que ça.

Mais comme dans le même temps nous perdons quelques personnages-phares de la série, cet affrontement qui aurait pu être évité ne l’est pas : le grand diplomate Charles Xavier (Sir Patrick Stewart) ne pourra donc pas empêcher la guerre de Magneto.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que ce troisième opus n’était pas nécessaire, mais je le trouve franchement un ou deux crans en dessous des deux précédents. La durée est aussi un des facteurs expliquant ce resserrage de l’intrigue autour de l’affrontement : on perd 30 minutes entre les deux épisodes, peut-être celles qui auraient pu développer les implications théoriques énoncées ci-dessus.

De même le personnage de Magneto perd de sa superbe, passant d’un rôle de meneur qui n’est pas sans rappeler d’aucun dictateur passé célèbre (3), à une sorte de petit vieux pleurnichard devant les dégâts qu’il a pu créer, aveuglé par sa propre haine des autres humains.

 

Alors oui, ce film clôt la série. Enfin, clôt provisoirement cette série puisque nous savons que d’autres épisodes ont été tournés depuis, avec bien sûr notre ami Stan Lee qui, en plus de produire, apparaît dans ce film comme dans les autres. Ici, il est en train d’arroser son jardin…

 

  1. Vous avez remarqué que toutes les productions Marvel des différents super-héros vont par trois ?
  2. De cette histoire, d’autres épisodes seront tournés) pour raconter le avant et même le après de cette fresque.
  3. Le passé de Magneto (voir la séquence d’ouverture de X-Men, 2003) ne le destine pas vraiment à ce rôle de chef tout puissant.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks
Le Métis (The Half-Breed - Allan Dwan, 1916)

Lo Dorman (Douglas Fairbanks) est un parai : né d’une mère indienne et d’un père blanc (1), il est rejeté de tous pour son appartenance à l’ethnie ennemie dans chaque camp.

A la mort de son bienfaiteur, chassé de ce qui fut son foyer, il arrive en ville où il est à nouveau rejeté, surtout que la belle Nellie n’est pas insensible à son charme.

Mais le père de cette dernière, le révérend Wynn (Frank Brownlee), ne voit pas d’un si bon œil cette relation inintéressante.

Surtout que le shérif Dunn (Sam De Grasse) et le jeune Brace (George Beranger) ont des vues sur la jeune fille ;

Ajoute2 à cela que Dunn est le père biologique de Lo, et vous avez un western fort particulier,

 

Avant toute chose, il nous faut remercier la Cinémathèque française et le Festival du film muet de San Francisco qui ont permis la restauration de ce film qui fut longtemps incomplet. Si quelques fragments sont malheureusement irrémédiablement abimés, la copie présentée est de toute beauté et l’image très nette.

Bref, une petite perle comme Hollywood savait en faire, et surtout un duo gagnant Fairbanks-Dwan pour notre plus grand plaisir.

 

Alors qu’on connaît Fairbanks pour ses comédies menées à bâton rompu où ses aptitudes athlétiques sont mises en valeur, ce film est d’un tout autre genre, mêlant à ce qui aurait pu être une comédie endiablée une touche d’amertume due essentiellement au statut bancale de notre métis.

La toute première séquence donne tout de même le ton : la jeune squaw abusée par l’homme blanc confie son fils à un botaniste ermite avant de se suicider du fait de son exclusion du monde des hommes.

 

On retrouve dans cette intrigue un élément des plus importants de la culture américaine : le statut incommode de métis. En effet, la société américaine a tendance à mettre ses citoyens dans des classes plutôt définies, qu’elles soient physiques ou morales (religieuses surtout), tenant les métis dans un espace en marge de cette société, étant incapable de le ranger dans une de ces classes du fait de son identité physiologique.

Et dans le cinéma muet, on retrouve souvent les métis dans des rôles sournois ou/et mauvais, rappelant d’une certaine façon qu’il n’est qu’un bâtard, avec toute la morgue que cela comporte.

 

Le fait qu’on trouve Fairbanks dans ce rôle atypique est assez courageux de sa part ainsi que de celle d’Allan Dwan (sur un scénario de la grande Anita Loos). En effet, avec ce film, ils nous montrent l’injustice faite à tous ces métis qui ont de tout temps été rejetés du fait de leur naissance (2).
Et en plus de cette injustice, on retrouve une certaine hypocrisie de cette même société à travers le révérend Wynn, qui prêche la tolérance envers ceux qui sont différents sans pour autant accepter que sa fille puisse avoir une relation amoureuse avec cet Indien-là !

 

Il n’est donc pas étonnant que Lo soit montré comme un personnage des plus sympathiques, considéré par de nombreuses personnes comme un homme (de) bien, loin des clichés de l’époque (3), mais sans pour autant amener ce métis à être accepté par la bonne société de la ville d’Excelsior, à l’écart de laquelle notre métis vit, dans le renfoncement d’un de ces séquoias qu’on peut admirer en Californie.

Parce que de toute façon il ne sera jamais accepté, le film se termine sur une touche plutôt amère, Lo Dorman (4) se retrouvant forcé à l’exil, toujours en mouvement tant qu’il n’aura pas trouvé un lieu assez accueillant pour s’y installer.

Pas étonnant non plus qu’il trouve une alliée dans le personnage de Teresa (la belle Alma Rubens), qu’on imagine d’origine mexicaine, et par là-même ostracisée elle aussi.

 

Il est étonnant par contre, après avoir vu ce film tout compte fait fort humaniste, de retrouver l’année suivante Douglas Fairbanks dans Wild and Woolly : les Indiens y étant décrits de façon peu flatteuse.

 

  1. Non, ce n’est pas un missionnaire !
  2. Il est clair qu’on ne choisit pas la famille dans laquelle on arrive, encore plus quand il s’agit d’une relation considérée pour l’époque comme honteuse.
  3. J’en ai déjà parlé dans Wolfblood (1925).
  4. De son vrai nom « L’Eau Dormante » (« Sleeping Water » est-il appelé dans le film) : la prononciation française étant fort compliquée pour les anglophones, donne ce patronyme étrange.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men 2 (X2 - Bryan Singer, 2003)

X2.

Ca se présente comme une formule de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas comte de Champignac. Et si certains protagonistes ont une force surhumaine (comme avec le X1 du même savant), je vous rappelle que le X2 avait tendance à faire vieillir celui qui l’absorbait.

Et surtout, nous sommes bien loin de l’univers loufoque du grand André (1).

 

Ils sont donc de retour, mais avec quelques nouveaux venus : Pyro (Aaron Stanford) qui maîtrise le feu sans toutefois l’allumer (tout le monde n’est pas chanteur de rock) ; et l’étonnant Kurt Wagner, dit Nightcrawler (Alan Cumming), qui se téléporte à volonté.

Mais nous restons tout de même dans une dynamique manichéenne avec d’un côté les bons mutants – Logan/Wolverine (Hugh Jackman), Charles Xavier (Sir Patrick Stewart), Storm (Halle Berry), sans oublier Jean Grey (Famke Janssen), etc. – et de l’autre les Méchants – Magneto (Sir Ian McKellen) et sa fidèle Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

Mais entre ces deux forces vient se placer un troisième camp, en guerre ouverte contre les deux autres, dirigé par William Stryker (Brian Cox) et qui a l’intention de se débarrasser définitivement de tous ces mutants.

Nous assistons alors à une trêve puis une alliance afin de se débarrasser de cet importun.

 

On retrouve avec plaisir ces personnages hors du commun, trois ans après leur apparition au cinéma, et si Marie/Rogue (Anna Paquin) passe au second plan, Jean Gray va prendre sa place : sur l’écran et dans le cœur de Wolverine, réveillant un petit conflit entre ce dernier et le régulier de Jean, Cyclops (James Marsden).

Mais surtout, la situation va évoluer jusqu’à une sorte de cristallisation, les deux camps bien distincts, en marche route vers un affrontement inévitable.

 

On remarque dans la mise en scène de Bryan Singer une aisance qu’il n’y avait pas dans le premier opus. On sent qu’il cerne bien son sujet et de ce fait travaille beaucoup plus sur cette mise en scène et surtout a mise en image : les plans de transitions sont des plus soignés et surtout pertinents, j’en veux pour preuve la tête de loup qui se transforme en Wolverine, les yeux de l’un se plaçant au même endroit que ceux de l’autre.

On retrouve à nouveau, mais de façon moins appuyée la tentative d’ostracisation des mutants par les « normaux », les premiers étant essentiellement considérés comme des pestiférés, ou pire des dégénérés.

Si le premier film faisait référence au statut des Juifs, ici nous sommes dans une autre thématique : c’est Bobby/Ice Man (Shawn Ashmore) qui va annoncer à ses parents qu’il est un mutant, ce que ces derniers ignoraient, persuadés qu’ils étaient que leur enfant était dans une école pour surdoués ordinaire (2). L’annonce à la famille ressemble plus à un coming out : Sir Ian a d’ailleurs travaillé sur le scénario afin de donner à cette révélation cet aspect (3).

 

Pour le reste, on a droit encore à de superbes effets spéciaux numériques, donnant plus de poids à la narration, servant avec pertinence le scénario.

S’ajoute à nouveau le talent des différents interprètes et on a alors une suite qui ne dépare pas avec le premier opus, comme on aurait pu le craindre.

Et quand le film se termine, cette fois-si tout est prêt pour une conclusion qui s’annonce des plus explosives.

Une mention spéciale pour Famke Janssen qui interprète ce personnage des plus subtile mais certainement la mutante la plus évoluée et donc la plus puissante. D’ailleurs, on pourrait presque donner à cet épisode le sous-titre suivant : Jean Grey face à son Destin.

 

Suite et fin trois ans plus tard…

 

  1. Franquin (1924-1997).
  2. Si ce genre d’école peut être considérée comme « ordinaire ».
  3. Ian McKellen est aussi un homme actif au sein des combats pour les droits des LGBT.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men (Bryan Singer, 2000)

Dans un futur proche, l’humanité a commencé une nouvelle mutation, amenant des personnes à devenir fortement différente : des mutants.

Et comme d’habitude, quand quelque chose est nouveau et surtout différent, les hommes sont méfiants voire agressifs sinon plus.

Alors ces mutants capables de traverser les murs, lire dans les esprits ou encore s’auto-régénérer sont montrés du doigt par les politiques – dont le sénateur Kelly (Bruce Davison) – affirmant qu’il devient urgent de légiférer à propos de ces nouveaux « dégénérés ».

Mais qui sont ces nouveaux mutants, Des amis ? Des ennemis ? Les deux ?

 

Malgré les différentes adaptations antérieures (jeux vidéo, dessins animés…) il s’agit réellement de la première au cinéma, reprenant les personnages de Stan Lee et Jack Kirby dans une histoire originale, nous présentant progressivement ces nouveaux super-héros, dont Logan/Wolverine (Hugh Jackman) est le principal.

Qui sont les X-Men ? Des mutants donc mais qui ont réussi à maîtrisé leur mutation pour la mettre au service du Bien (1) – Ororo Munroe/Storm (Halle Berry ; Scott Summers/Cyclops (James Marsden) ; Dr Jean Grey (Famke Janssen) – sous la direction du professeur Charles Xavier (Sir Patrick « Picard » Stewart).

Et s’il y a le Bien, c’est qu’il y a le Mal : certains de ces mutants n’ont pas tous des intentions honorables, et c’est le cas d’Eric Lehnsherr/Magneto (Sir Ian « Gandalf » McKellen), secondé par la troublante Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

 

On connaissait Brian Synger pour son mémorable Usual Suspects, et maintenant, on ne peut négliger l’impact qu’a eu ce film dans le développement de la franchise Marvel au cinéma. Certes, ce n’est pas encore la lourde machine Avengers & C°, mais là encore, on a de quoi se régaler dans cette histoire qui, à première vue nous raconte une énième rencontre entre le Bien et le Mal, mais avec une teinte particulière qui est exposée dès la séquence d’introduction.

En effet, alors que nous voyons des Juifs dans un camp de concentration allemand être « sélectionnés » par leurs bourreaux (2), nous découvrons en même temps un jeune garçon séparé de ses parents qui, tenaillé par le désespoir et la tristesse fera se plier les grilles de séparations par sa seule force mentale.

L’analogie est alors claire, et quand l’intrigue principale (presque contemporaine) s’ouvre sur une séance du Sénat à propos du statut des mutants, on se dit alors que le cauchemar va pouvoir recommencer.

Mais heureusement les X-Men veillent, et ce nouveau « statut » n’est pas encore au programme, mais pour combien de temps ?

 

Il y a dans ce X-Men un souffle frais qui s’étend sur le cinéma américain, utilisant à bon escient les effets spéciaux numériques pour donner à ces différents personnages hors du commun une touche réaliste bienvenue. De plus, si le manichéisme est très présent, les personnages n’en sont tout de même pas tous blancs ou noirs, et le Wolverine en est l’illustration la plus évidente : Logan n’est pas un être social et sociable, sa longévité (3) l’ayant peut-être contraint à ne pas trop s’attacher aux autres.

Et c’est sa différence par rapports aux « vrais » X-Men qui fait tout le charme de ce personnage.

Sans oublier que Hugh Jackman a profité de ce rôle pour se retrouver sur le devant de la scène, lui qui n’était pas très célèbre avant.

Et j’avoue que Logan est un de mes personnages préféré dans cette nouvelle saga.

 

Nouvelle saga ? Bien sûr, la fin ne laisse aucun doute là-dessus, tout comme l’affrontement qui est inévitable pour Magneto malgré les bons sentiments de Xavier.

Et la suite lui donnera raison. Mais nous n’en sommes pas encore là, et vous le savez bien : ceci est une autre histoire…

 

  1. Oui, le manichéisme est bien là.
  2. D’un côté ceux qui vont (sur)vivre, et de l’autre ceux qui vont mourir : l’ellipse est très habile, nous montrant une immense cheminée dont nous ne voyons pas le sommet. Nul besoin d’insister en montrant une fumée s’en échapper, il s’agit bien d’un four crématoire.
  3. Il est fait référence au fait qu’il pût être plus âgé que Xavier.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog