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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Jack Nelson
The Shamrock and the Rose (Jack Nelson, 1927)

New York, East Side.

Pendant que la famille Kelly tient le commerce de hot-dogs, la famille Cohen, elle, s’occupe de crèmes glacées pour les gens du quartier. Ces deux commerces sont mitoyens et ce voisinage n’engendre pas vraiment l’entente. Il faut dire aussi que leur différence de confession est un autre sujet de discorde comme l’exploite l’intrigue du film : alors que les Kelly sont des bons Irlandais catholiques, les Cohen sont juifs. Et surtout, Rose Cohen (Olive Hasbrouck) est amoureuse de Tom Kelly (Edmund Burns), au point que chacun des deux amants est prêt à abandonner sa religion pour épouser (celle de) l’autre.

 

Mack Swain (interprétant ici le rôle du père, Patrick Kelly) n’a pas toujours été le faire valoir de Chaplin (The gold Rush) ou de John Barrymore (The beloved Rogue), pour ne citer qu’eux. Il est ici en tête de la distribution et compose un père de famille américano-irlandaise truculent, et surtout au caractère (très) impulsif, source de comique inépuisable. Cet emportement régulier est soutenu par la stature (très) imposante de l’acteur. Et le comique est accentué par celle de son antagoniste récurrent, Abie Cohen (William H. Strauss), petit et malingre. Mais il ne faut pas croire que ce dernier est le souffre-douleur du premier : Cohen, malgré sa chétivité apparente ne se laisse pas faire par cette montagne.

Mais si les deux patriarches s’affrontent régulièrement, ce sont tout de même les deux épouses – Mrs. Kelly (Dot Farley) et Mrs Cohen (Rosa Rosanova) – qui portent la culotte et ne se gênent pas pour le montrer.

 

Mais ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher l’intérêt du film. En effet, ce film – sous couvert de la comédie – est un véritable manifeste pour la différence et surtout la tolérance. La véritable base de l’intrigue concerne les enfants  premiers-nés et surtout leur amour que les parents Cohen considèrent comme contre-nature : chacun a sa propre religion.

Bien sûr, on n’échappe pas aux stéréotypes parfois un tantinet antisémites qui baignaient les mentalités de l’époque : Abie Cohen ne pense qu’à l’argent (1), les différents membres de la famille juive parlent avec un accent yiddish retranscrit sur différents intertitres.

Mais malgré cela, Jack Nelson – obscur réalisateur qui a tout de même réalisé presque 60 films – réussit à aire passer son message, de manière comique sans pour autant tomber dans la caricature.

Et sans faire de prosélytisme ni de favoritisme (2) : les deux représentants des religions – le père O’Brien (Maurice Costello) et rabbi Naser (Otto Lederer) sont frère d’armes (ils se sont rencontrés dans les tranchées) et tous deux découragent les deux (grands) enfants de renoncer à leur foi.

 

Et ça marche ! On s’amuse des facéties des (petits) enfants – Sammy Cohen (Leon Holmes) et Mickey Kelly (Coy Watson) – comme des emportements des deux pères, et on applaudit l’audace des deux aînés qui s’unissent malgré les réticences.

Parce que c’est là qu’est le message du film (3) : c’est la jeune génération qui fait bouger les choses et d’une certaine manière fait entrer la société dans la modernité.

Mais surtout, elle justifie l’appellation de « creuset » (melting pot), chère aux Américains, dans lequel se fondent les différentes communautés pour ne former qu’une seule société.

Même si, comme l’indique le premier intertitre narratif : le bouillonnement du creuset a tendance à le faire déborder… (4)

 

PS : les Cohen et les Kelly ont aussi été les protagonistes d’une série de films initiés par Harry A. Pollard, dont le premier, sorti un an plus tôt, comportait – déjà – la belle Olive Hasbrouck.

 

  1. Intertitre : « With Abie Cohen, everything was cash – unless it was notes » (Avec Abie Cohen, tout n’était qu’argent – sauf quand il s’agissait de billets)
  2. Enfin presque : seuls les Cohen voient d’un mauvais œil l’union des deux amoureux.
  3. Inspiré de la pièce de théâtre d’Owen Davis
  4. « The East Side of New York, where the melting pot often boils over. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #D.W. Griffith, #Lillian Gish
Le Roman de la Vallée heureuse (A Romance of Happy Valley - D.W. Griffith, 1919)

Dans cette vallée heureuse (1), on trouve un jeune homme – John L. Logan Jr. (Robert « Bobby » Harron) –, une jeune femme – Jennie Timberlake (Lillian Gish) –, leurs familles et tout ce qui compose les petites villes rurales américaines du début du XXème siècle.

Et comme toujours à cette époque et dans les films, la Grande Ville est au cœur des préoccupations : elle attire les jeunes gens qui veulent s’enrichir plus rapidement que par le travail des champs, et elle effraie les aînés qui voient en elle une nouvelle Babylone ou pour reprendre un des intertitres, Sodome et Gomorrhe (2).

Et le jeune John va succomber à la tentation et quitter cette vallée si heureuse pour la grande ville corruptrice, laissant ses parents et sa jeune promise. Pour une année.

Mais il va y rester huit ans.

 

Si l’intrigue est un brin (euphémisme) convenue, c’est avant tout du côté technique qu’il faut se pencher pour apprécier ce film. Oui, le scénario est très simple et on ne peut plus prévisible : il va revenir riche de la grande ville et épouser celle qu’il aime (3).

Et l’intérêt réside essentiellement sur la façon de résoudre cette intrigue.

Comme nous sommes chez le premier grand maître du cinéma et qu’à ses côtés, on trouve l’un des plus grands chefs-opérateurs du moment (et depuis, d’ailleurs), on ne peut qu’apprécier les différentes techniques utilisées tout au long de ce film.

 

On peut lire un peu partout qu’il s’agit ici de l’une des première utilisations du flashback au cinéma, ce çà quoi je réponds que peut-être aux Etats-Unis, mais qu’on trouve déjà cette technique presque vingt ans auparavant chez Ferdinand Zecca dans Histoire d’un Crime.

Mais on ne cite pas assez les différents montages parallèles qu’on peut y trouver, l’utilisation pertinente des gros plans ou encore la mobilité de la caméra. Parce qu’il y a tout ça dans cette romance (4) de quat’ sous. Griffith et Bitzer nous gâtent tout au long de cette histoire qui ne se termine pas par un sauvetage de dernière minute comme on en a l’habitude chez le maître.

 

Et puis la distribution soutient admirablement le film, à commencer par le couple vedette du studio Biograph : Lillian Gish et Robert Harron. Certes, les personnages qu’ils interprètent sont calqués sur ceux qu’on a pu déjà voir dans ceux qu’ils ont interprétés chez Griffith, mais quand on a sous les yeux ces deux grands interprètes, on ne peut que savourer…

Parmi les personnages secondaires, on trouve le grand George Fawcett – ici dans le rôle du père de John – en homme torturé par sa mauvaise fortune, capable de tout (même du meurtre) pour éviter la misère.

Et bien sûr, nous avons droit au séducteur à moustaches, incontournable à cette époque, en la personne de Bertram Grassby, dont la ressemblance – grossière – avec Robert Harron sert la résolution de l’intrigue.

 

PS : on notera aussi la présence d’une autre (jeune) actrice griffithienne en la personne de Carol Dempster, une des filles de la Ville. Mais pas d’infidélité du héros cette fois-ci.

 

  1. Du Sud des Etats-Unis, semble-t-il.
  2. Rien que ça !
  3. Cette dernière assertion n’est pas montrée, mais on la devine aussi facilement que le reste.
  4. Autre traduction plus pertinente du titre original.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Julien Duvivier
Poil de Carotte (Julien Duvivier, 1925)

« Poil de Carotte », c’est François Lepic (André Heuzé), le fils de M. Lepic (Henry Krauss) et de Mme Lepic (Charlotte Barbier-Krauss, la véritable épouse du précédent), le frère de Félix (Fabien Haziza) est d’Ernestine (Renée Jean).

Mais il a deux handicaps dans cette famille : il est né le dernier, et surtout à un moment où  ses parents ne s’aimaient plus beaucoup.

Alors François est malheureux : souffre-douleur d’une mère tyrannique, malmené par un frère aîné bien-aimé, et délaissé par un père tout aussi malheureux.

Il reste une solution pour échapper à toute cette somme de malheur(s).

Définitive, certes, mais peut-il en être autrement ?

 

Heureusement, oui. Et même, ce qui ne va pas durer chez Duvivier comme on le verra dans ses films postérieurs, nous avons droit à une fin optimiste !

Il faut dire que la majeure partie du film est assez noire, surtout du fait du personnage de madame Lepic, une mégère mâtinée de rombière dotée d’une dose certaine de sadisme envers son fils qu’elle brime à chaque occasion. Et Charlotte Barbier-Krauss, que son mari n’avait pas « sentie » quand l’actrice initiale prévue pour jouer cet affreux personnage avait dû abandonner le rôle, est une madame Lepic formidable.

Engoncée dans une tenue aussi stricte que noire, une allure hommasse soulignée par un duvet au-dessus de sa lèvre supérieure, elle est une mère Lepic qu’on a envie de haïr. Hypocrite et sournoise, autant que méchante, elle campe cet archétype de la marâtre avec brio, faisant vivre celle qui, avec Folcoche, est l’une des héroïnes les plus méprisables de la littérature française.

On sent que Duvivier s’est plu à faire évoluer ce personnage à l’âme aussi noire que sa tenue.

 

Et d’une manière générale, les différents plans traitant de la noirceur humaine sont les plus réussis : la rumeur qui se propage est accentuée par les gros plans de visages (pas vraiment jolis !) qui se fondent plus ou moins dans le décor de cette ville de province, au pied des montagnes.

Cette rumeur trouve son origine dans le personnage de Maria (Suzanne Talba), une chanteuse réaliste de cabaret que Félix fréquente. C’est d’ailleurs quand Félix, amoureux, la fait venir qu’a lieu le basculement de l’intrigue qui va ouvrir les yeux du père Lepic et amorcer sa résolution heureuse pour François. On retrouve là le thème de la femme de la ville corruptrice (1) alors très répandue dans les mentalités comme dans le cinéma (2).

 

Et puis il y a bien sûr le petit Poil de Carotte. L’interprétation du jeune André Heuzé  est à la hauteur de ce qu’on aurait pu attendre. Nous retrouvons le jeune garçon imaginé (à moitié) par Jules Renard : un mélange d’enthousiasme débridé – quand son père lui propose de l’accompagner à la chasse ou Annette (Lydia Zarena) pour une promenade – et de mélancolie extrême du fait de l’indifférence de son père et du rejet de sa mère.

Et le jeune garçon reste dans la bonne mesure sans jamais être excessif campant lui aussi le personnage attendu par ceux qui, comme moi, ont lu et apprécié l’œuvre de Renard.

 

Je terminerai en parlant des différentes techniques visuelles. Le film est rempli de surimpressions. On dirait que Duvivier vient de découvrir cette technique tant il l’utilise à l’envi pour illustrer les pensées de ses personnages ou les cauchemars du jeune garçon. Certes, les utilisations sont pertinentes, mais tout de même un tantinet trop nombreuses.

On appréciera alors d’autant mieux les plans récurrents de l’eau où s’exprime une sensation funeste prémonitoire qui se révélera avec l’épisode du seau.

Dernier élément remarquable : l’utilisation du gros plan. Duvivier accentue la noirceur des différentes situations par des plans (très) rapprochés des visages – et pas seulement pour illustrer la rumeur. Ces visages expriment plus surement le mal que n’importe quel intertitre : c’est ça, avant tout, le cinéma.

 

Sept ans plus tard, Duvivier proposera une nouvelle version de Poil de Carotte, parlante cette fois.

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.

 

  1. Corruptrice : la femme, la ville ou les deux ?
  2. Rappelez-vous l’extraordinaire Sunrise de Murnau.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Archie Mayo
L'Evadé de l'Enfer (Angel on my Shoulder - Archie Mayo, 1946)

Le caïd de St. Louis (Mo), Eddie Kagle (Paul Muni), sort de prison. Smiley (Hardie Albright), son complice et ami de toujours, l’accueille, l’emmène dans sa voiture… et le tue !

Du fait de son passé, Kagle se retrouve dans un endroit pavé de bonnes intentions. Après une tentative – vaine bien sûr – d’évasion, Nick (Claude Rains), un des « gardiens » du lieu, lui propose un marché : il peut le faire remonter pour se venger de Smiley contre un petit service.

Fou de rage contre son ancien partenaire, il accepte.

Il se retrouve alors dans le corps du vénérable juge Parker (Paul Muni), son sosie, doublement de l’autre côté.

 

 Bien sûr, il n’y a aucun « ange sur l’épaule » (1) de Kagle, mais bel et bien un démon. Et c’est un démon bien connu des cinéphiles puisqu’on le trouve déjà dans le sublime Faust de F.W. Murnau (2). Et Archie Mayo a fait le bon choix en proposant ce rôle à l’immense Claude Rains, à nouveau dans un rôle de méchant, mais pas tant que ça. En effet, malgré un début plutôt violent et une intrigue un tantinet noire, nous assistons à une comédie – dramatique, évidemment – où la dualité religieuse est aussi source de comédie : la meilleure illustration est le moment où Kagle/Parker entre chez le pasteur (Erskine Sanford) avec sa fiancée, la belle Barbara (Anne Baxter) : Nick/Méphisto prend le chemin opposé insistant sur le fait qu’il s’agit du « bon » alors que Kagle lui déclare que c’est le « mauvais. On pense alors aux nombreuses références à ce chemin qui mène vers le Salut dans la Bible, ouvrage honni s’il en est de ce même Nick.

 

De son côté, Paul Muni est à son aise dans ce rôle double qui ne l’est pas vraiment : si Kagle et Parker sont deux personnes totalement opposées, c’est bien l’esprit (l’âme) de Kagle qui habite le corps de l’autre et va diriger sa vie pendant cet emprunt temporaire. Et là encore, la différence entre les deux personnages va s’exprimer dans les deux sens : le juge se met soudainement à parler comme un malfrat, a des manières des plus détestables voire inattendues (il se bat !), mais est rattrapé par ce corps qu’il ne maîtrise pas totalement : il vide d’un trait un verre de Bourbon en fumant un gros cigare, ce que son hôte n’a pas l’habitude de faire…

Muni retrouve en partie le rôle qui a fait sa renommée – Tony Camonte dans Scarface (1932) – mais augmenté des rôles positifs qu’il a pu interpréter dans les années qui ont suivi.

 

Parce que nous sommes bel et bien dans un film américain et la dualité religieuse déjà évoquée va se traduire en quête de Rédemption. Sauf qu’Eddie Kagle est damné. Il n’y a pas de Salut possible ! Et comme on ne pouvait pas le tuer à nouveau, il fallait une issue optimiste plausible sans être pour autant immorale. Et Roland Kibbee et Harry Segall ont fourni la fin idéale pour cette intrigue fantastique. D’une certaine façon, la morale est sauve et nous restons dans le domaine de la comédie : tout est bien qui finit bien pour Kagle !

 

Un film réjouissant donc, servi par une distribution à la hauteur. Ce fut en outre la dernière réalisation d’Archie Mayo et le dernier film (au cinéma) d’Hardie « Smiley » Albright.

 

PS : l’Enfer du titre français a ici été magnifiquement recréé par Bernard Herzbrun et son équipe. Du fait des différents éclairages et de l’opposition ombre et lumière, on pense bien sûr aux films muets allemands traitant de ce même enfer, qu’il soit spirituel (Faust, encore) ou humain (Metropolis).

 

  1. Le titre original. Mais Evadé de l’Enfer, c’est plus vendeur, non ?
  2. Ainsi que chez René Clair quatre ans plus tard, donc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Rob Reiner, #Kevin Costner
La Rumeur court... (Rumor has it... - Rob Reiner, 2005)

J’ai déjà parlé ici du Lauréat (Mike Nichols, 1967), et ça tombe bien parce que l’intrigue de ce film en découle directement. En effet, derrière la troublante Mrs. Robinson (Anne Bancroft) se cache une personne réelle : Katharine Richelieu (Shirley MacLaine). Cette Katharine Richelieu avait une fille, Jocelyne (Jennifer Bini Taylor), qui a elle-même une fille, Sarah (Jennifer Aniston). Cette même Jocelyne qui a fui avant son mariage avec le doublement Beau Burroughs (Kevin Costner) avant de revenir vers celui qui sera son mari, Earl Huttinger (Richard Jenkins).

Mais là où se base l’intrigue, c’est sur le délai entre le mariage de ses parents et la naissance de Sarah : et si, en fait, Beau Burroughs (1) était son vrai père ?

 

Cela semble bien compliqué tout ça, et c’est un fait : cette situation familiale singulière mêle habilement les intrigues des deux films auxquelles se gerffent quelques clins d’œil plus ou moins appuyés à d’autres films dont un du même Rob Reiner, le formidable When harry met Sally. En effet, on retrouve une jeune femme à la recherche du grand amour – même s’il semble être déjà là en la personne de son fiancé Jeff (Mark Ruffalo) – et de la référence à Casablanca dont l’intrigue elle-même n’est pas étrangère.

Comme dans le film de Curtiz, il y est question d’un trio amoureux avec la femme qui doit faire un choix entre deux hommes abandonnant celui qui représente la passion pour cour celui qui représente la raison. Mais avec tout de même de l’amour…

 

Si Sarah est le personnage central de l’intrigue, la présence de Katharine pimente judicieusement l’intrigue. Et Shirley MacLaine est à nouveau (2) une grand-mère particulière dont les caractéristiques sont rehaussées par l’aura de Mrs. Robinson : chacune de ses interventions sont attendues avec délectation, tant cette femme détone complètement avec l’environnement guindé de Pasadena.

De son côté, Jennifer Aniston est une Sarah adorable, complètement désorientée après avoir ouvert la boîte de Pandore, même si cette fois-ci, l’espoir en est sorti. On notera aussi la présence truculente de Kathy « Annie » Bates dans le rôle de la tante Mitzi, autre déclencheur de cette intrigue délicieusement embrouillée.

 

Alors, même si ce n’est peut-être pas le meilleur film de Rob Reiner (je préfère celui déjà cité ou The Princess Bride), il n’y a aucune raison de bouder cette comédie servie par des interprètes dans le ton, où humour rime avec amour (3), et donnant une suite inattendue au film de Mike Nichols. Inattendue mais bienvenue, une fois la tension drainée par Mrs. Robinson évacuée dès les premières images : une introduction habile qui donne le ton au film.

 

Et puis de toute façon, je suis un inconditionnel de Rob Reiner, alors...

 

  1. Les initiales sont les mêmes que celle du personnage interprété par Dustin Hoffman.
  2. In her Shoes est sorti trois mois plus tôt.
  3. Peut-il en être autrement ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Alfred Hitchcock
La Main au collet (To catch a Thief - Alfred Hitchcock, 1955)

Côte d’Azur, 195…

Le Chat fait à nouveau parler de lui !

Le Chat, c’était John Robie (Cary Grant). Mais ça c’était avant. Avant quand il était un voleur prestigieux et habile. Mais une fois la guerre venue (la deuxième mondiale), il s’est engagé dans un réseau de résistance et s’est racheté.

Alors entendre qu’il aurait repris du service ne lui plaît pas beaucoup. C’est pourquoi il va mener sa propre enquête et essayer de savoir qui se cache derrière ce nouvel avatar.

 

Encore une fois, Hitchcock s’intéresse à un innocent qu’on poursuit pour un crime qu’il n’a pas commis. Mais si nous savons que Robie n’a rien fait, Hitchcock ne cesse de semer le doute dans l’esprit du spectateur, comme s’il voulait nous dire : « vous croyez qu’il n’a rien fait ? Pourtant tout prouve le contraire ! »

Mais ce qui nous empêche de tomber dans ce piège, c’est bien la présence de Cary Grant : depuis Soupçons, on sait qu’il est incapable d’être du côté obscur. Alors on savoure ces fausses pistes à leur juste valeur : nous savons que la vérité est ailleurs.

 

Alors on se régale en retrouvant quelques têtes déjà vues chez Hitch ces dernières années. Outre Cary Grant, on y croise la (très) belle Grace Kelly (Francie Stevens) et John Williams qui avaient déjà tourné ensemble dans Le Crime était presque parfait. Et pour compléter le tout, on retrouvera Jessie Royce Landis (Jessie Stevens, la mère de Francie) dans La Mort aux trousses avec le même Cary Grant.

Côté distribution, la présence d’un casting à moitié français donne une touche plus réaliste à l’intrigue et surtout, ce ne sont pas des acteurs américains qui essaient de contrefaire un accent français où baragouinent  la langue de Molière avec un accent tout aussi bizarre comme c’est souvent le cas.

 

Bien sûr, Cary Grant est tout à fait à l’aise dans le rôle de ce voleur repenti, et comme toujours chez Hitchcock, les personnages féminins ne sont pas ternes. Entre la cuisinière Germaine (Georgette Anys) et son rôle pendant la guerre, la jeune Danielle (Brigitte Auber, dernière survivante du film qui va sur 96 ans…) qui n’a pas froid aux yeux et la riche héritière Stevens, sans oublier la mère alcoolique mondaine de celle-ci, nous avons un large panel de femmes singulières. Sans oublier la sensualité récurrente chez Hitchcock : les décolletés de Grace Kelly et celui de la joueuse au casino en sont deux beaux exemples (le second surtout).

Et on sent chez Hitchcock une fascination pour Grace Kelly : chacune de ses apparitions est un enchantement pour les yeux. Elle est extraordinairement belle, portant avec distinction les superbes tenues d’Edith Head qui semble s’être surpassée.

 

Bref, Hitchcock déroule et nous admirons : nous sommes aux dernières étapes d’une série de films formidables qui s’arrêtera avec Mais qui a tué Harry ?, Hitch passant temporairement à la télévision.

Et si la légende (fausse) veut que Grace Kelly ait rencontré son futur mari lors du tournage, on ne peut s’empêcher de penser que la séquence qui la voit avec Cary Grant dans la voiture lancée à grande vitesse a un côté prémonitoire involontaire (1).

 

(1) Autre légende, elle n’a pas eu son accident au même endroit…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Guerre, #Gérard Oury, #Louis de Funès
La grande Vadrouille (Gérard Oury, 1966)

Après le succès (mérité) du Corniaud l’année précédente, Gérard Oury retrouve ses deux interprètes vedettes pour une nouvelle comédie (débridée ?) ayant pour cadre la seconde Guerre Mondiale.

Donc, Paris, 1942.
Trois parachutistes anglais dont l’avion a été abattu au-dessus de Paris vont changer la vie d’Augustin Bouvet (Bourvil) et Stanislas Lefort (Louis de Funès), deux hommes que rien ne pouvait rassembler.

 

Inutile de présenter plus l’intrigue de ce film vu et revu surtout en période de fêtes de fin d’année à la télévision française. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de le voir sur grand écran et plus de quarante ans après, ça fonctionne toujours. Le duo Bourvil-de Funès est irrésistible et surtout bien plus utilisé que dans le film précédent. Parce que c’est bien l’association du grand benêt et du petit teigneux qui fait tout le sel du film, amenant le rire aussi facilement en 2021 qu’en 1966.

Il faut dire que le scénario de Danièle Thompson a fait de ce film un sommet de comédie cinématographique, variant à l’envi les différentes formes du comique, visuel, psychologique ou de mots.

 

Et Oury manie avec bonheur ces trois formes de comiques, alternant les éléments burlesques – l’officier allemand impeccable (Hans Meyer) victime d’une forme de tarte à la crème ; la séquence des citrouilles (etc.)  – et les répliques réjouissantes – « Il n’y a pas d’hélice, hélas. – C’est là qu’est l’os. »  – servi par le duo comique au meilleur de sa forme sans tomber dans l’excès. Certes de Funès est excité – il l’est toujours – mais il reste toujours dans les limites de son personnage, sans outrer son jeu comme on a pu le voir parfois.

Et Bourvil interprète encore une fois avec beaucoup de subtilité ce peintre en bâtiment pas si idiot que ça : il a beau avoir un accent anglais déplorable, il n’en comprend pas moins toutes les interventions des différents parachutistes, ce qui est loi d’être le cas de son partenaire de fortune. De plus, c’est vers lui que se tourne la belle Juliette (Marie Dubois, irrésistible), la fameuse « fille du Guignol ».

 

Et la guerre dans tout ça ?

Elle ne sert que de décor à la comédie et pimente certaines situations, dédramatisée au possible : comme le dit mon ami le professeur Allen John, on ne parle pas des choses qui fâchent, surtout avec la réélection du grand Charles l’année précédente. Pas de polémique !

On se moque alors gentiment des Allemands qui ne sont pas des nazis (sauf l’officier déjà mentionné) et on occulte donc les différentes exactions terribles de cette époque.

 

Mais qu’importe, nous sommes là pour rire, et j’avoue qu’après avoir vu le film mille fois (ou presque), je ris encore aux mêmes répliques (« comment ça merde alors ? but alors, you are French ? » ; « Ils peuvent me tuer, je ne parlerai pas. – Mais moi non plus, ils peuvent vous tuer, je ne parlerai pas ! »)  et pour la dernière fois – hélas – le duo Bourvil-de Funès est lui aussi irrésistible (1).

 

(1) Il était prévu de reformer le duo pour La Folie des grandeurs, mais la mort de Bourvil ne l’a pas permis. Dommage.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Capes et Epées, #Richard Lester
Le Retour des Mousquetaires (The Return of the Musketeers - Richard Lester, 1989)

Comme l’indique le titre, ils sont de retour. Les quatre mousquetaires reprennent du service, seize ans après le premier opus – vingt ans selon le roman de Dumas qui a servi (de loin) à l’écriture du scénario.

Nous retrouvons donc notre petit monde en 1649 : Mazarin (Philippe Noiret) a remplacé Richelieu (Charlton Heston) dans la fonction mais n’a pas la même envergure – il en va de même dans le roman de Dumas – et avec Milady trépassée, il était difficile de trouver une remplaçante de la même trempe. D’où une nouvelle entorse à l’intrigue originale et la présence de Justine de Winter (Kim Cattrall), fille de notre Milady qui, comme sa supposée mère va donner du fil à retordre à nos quatre héros. Quatre parce que malgré la défection d’Aramis (Richard Chamberlain), on trouve le jeune vicomte de Bragelonne (C. Thomas Howell), Raoul de on petit nom, pour le remplacer.

 

Le film de trop. Et je ne me base pas sur les écrits (formidables) de mon ami le professeur Allen John pour le dire : Richard Lester a fait le film qu’il n’aurait pas dû, terminant son cycle (sa trilogie) sur une note des plus médiocres une adaptation qui était placée sous les meilleurs auspices.

Lester termine sa trilogie dans la même progression que son deuxième film (une régression, donc) et bâcle ce qui aurait dû être une très belle adaptation de Dumas.

Certes, il a repris la plupart des protagonistes des épisodes précédents, et même Rochefort (Christopher «  Saruman » Lee) qu’il a ressuscité pour ses besoins scénaristiques (1). Mais non content de ce retour il en profite pour affubler Milady d’une fille – dans le roman, c’est un fils – sans doute pour conserver un même rapport entre Mazarin et son agent que celui de Richelieu, le grand absent de cette histoire (2).

 

Mais surtout, et cela précipita la fin de carrière de Lester, c’est la mort de Roy « Planchet » Kinnear qui illustre le mieux cette idée de film de trop. Kinnear est mort pendant le tournage, suite à une chute de cheval et les images en sont témoin : une séquence se déroule en présence de ce personnage qu’on ne va jamais voir de face : normal, le grand Roy avait déjà disparu. Et Lester, en plus de lui rendre hommage en ouverture,  a fait insérer une séquence d’introduction où on fait la connaissance de Raoul : Planchet essaye d’y glaner sa pitance dans une scène qui se termine dans la confusion totale avec bagarre à la clé. Mais cette fois-ci, il n’y a aucun mousquetaire pour relever le propos et on peut légitimement penser que cette séquence ne se justifiait pas.

 

Pour le reste, si les scénaristes ont essayé (de loin) de respecter Dumas, on adhère avec beaucoup de difficulté à cette intrigue poussive qui réduit au strict minimum le formidable roman du grand Alexandre (3). Même les différents assauts à l’épée semblent forcés et les différents éléments comiques – quand ils sont chez Justine – tombent à plat, comme plaqués sur une intrigue trop juste.

 

Bref, Lester s’en va sur un échec que ses acteurs ne peuvent éviter malgré leur bonne volonté – surtout Frank Finlay (Porthos) qui a enfin une occasion d’être mis en avant.

On notera aussi la présence de Jean-Pierre Cassel qui interprète Cyrano de Bergerac, Louis XIII n’ayant pas survécu au-delà de 1643, personnage qui aurait pu être truculent, mais seulement s'il est traité à part entière comme le fera Edmond Rostand.

Je vous encourage d’ailleurs à vous intéresser de plus près à ce dernier, en serait-ce que dans le formidable film d’Alexis Michalik.

 

  1. Dois-je rappeler que Rochefort ne meurt pas à la fin de Les trois Mousquetaires (1844) ?
  2. C’est aussi le cas dans le roman : on y regrette l’absence de ce grand homme.
  3. Si, si, lisez-le !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Sylvester Stallone, #George P. Cosmatos
Rambo II: La Mission (First Blood part II - George P. Cosmatos, 1985

Après les événements du premier film, il n’est pas étonnant de retrouver John Rambo (Sylvester Stallone) en train de casser des cailloux (« des rochers » serait plus adapté) dans un cadre pénitentiaire.

Heureusement, le colonel Trautmann (Richard Crenna) veille sur celui qui fut son protégé et lui propose une mission de rachat : repérer des prisonniers de guerre américains toujours détenus par les Vietnamiens.

Bien sûr, Rambo accepte et se retrouve parachuté dans la jungle, aidé d’une personne inattendue (pour ce genre de film) : Co Bao (Julia Nickson), une femme.

 

C’est donc le retour de ce guerrier complet, inadapté dans un pays qui ne semble plus vouloir de lui. Alors cette mission tombe bien puisqu’il va pouvoir retourner « chez lui » (1), au milieu des serpents et des sangsues (2). Evidemment, la part belle est faite à l’action et aux capacités athlétiques de Stallone qui ne cesse de nous montrer ses biscoteaux, faisant de chaque geste élémentaire une prouesse physique impressionnante.

 

Et à part ça ?

Eh bien pas grand-chose. On retrouve de méchants Russes sadiques (c’est toujours la guerre froide même si ça bouge à l’Est en 1985) dont l’inévitable méchant des années 1980s, Steven Berkoff (Lieutenant colonel Podovski), ainsi qu’un autre affreux qu’on avait déjà remarqué dans The Blues Brothers, Charles Napier (Marshal Murdock). C’est ce dernier le méchant le plus intéressant qui donne au film une dimension politique un rien facile et amène une longue tirade finale de Rambo, autre élément inattendu dans ce genre de film !

 

Si le premier film de Ted Kotcheff mettait en scène un personnage violent mais tout de même intéressant, ici, à part quelques allusions, on n’a gardé que l’aspect guerrier de l’extrême, dont le seul but dans la vie est de remplir sa mission. Sauf que ce n’est pas celle qui lui a été confiée : il devait seulement prendre des photos des prisonniers.

On se demande tout de même ce que James Cameron (scénario) est allé faire dans cette aventure lui qui nous proposera des films d’un niveau largement supérieur à celui-ci, au(x) scénario(s) eux aussi plus évolués…

 

Reste un film dont on peut se passer, maintes fois parodié (Gremlins 2 ou Hotshots, Part deux, pour ne citer que ces deux-là), mais surtout prétexte à un sketch formidable d’Albert Dupontel que je ne saurai que trop vous conseiller à la place.

 

  1. Référence multiple du film.
  2. Autres interprètes du film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #John M. Stahl, #Joseph L. Mankiewicz
Les Clefs du Royaume (The Keys of the Kingdom - John M. Stahl, 1944)

 

« Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu, 16:19)

 

Les clefs du royaume… A priori, ce n’est pas au père Francis Chisholm (Gregory Peck) que l’évêque Sleeth (Cedric Hardwicke) va les donner, tant son apostolat semble rempli d’échecs et de désillusion.

Mais à y bien regarder, pouvait-il en être autrement ?

Un prêtre contrarié par l’amour de sa vie (elle a eu un enfant hors mariage, et en 1878, ça ne se pardonne pas) et qui se retrouve en Chine (païenne, bien sûr) dans la fleur de l’âge et qui en plus ne contraint pas ses « fidèles » à se convertir peut-il avoir un « tableau de chasse » flatteur ?

Et pourtant…

 

Ce film de John M. Stahl est très édifiant, mais il n’en demeure pas moins un très beau film, et si on peut se risquer à le taxer de prosélytisme, il faut avant tout s’en garder.

En effet, il a beau traiter de religion et de personnes de Dieu, il n’en demeure pas moins très humain et l’attitude de ce drôle de prêtre devrait être un peu pus répandue auprès de ses collègues, chrétiens ou non. En effet, si le rôle de Chisholm est l’évangélisation, à aucun moment nous ne le voyons brandir son crucifix pour convertir les païens chez qui il est venu s’installer. Au contraire même, quand M. Chia (Leonard Strong) lui propose sa conversion en remerciement de ce qu’il a fait pour son fils, il s’empresse de refuser ce geste qui n’a rien de religieux. Mais quand il quitte – après de très nombreuses années sa mission, nous nous rendons compte du travail qu’il a pu effectuer pendant ces quelques décennies.

 

Mais ceci posé, le film n'en demeure pas moins le récit d’une vie, religieuse certes, mais avant tout humaine. Chisholm n’est pas un de ces prédicateurs exaltés comme on peut en trouver dans le cinéma américain (et d’ailleurs), tel Alfred Davidson (Sadie Thompson, 1928), et qui n’auront de cesse de revenir à la charge tant que leur cible ne sera pas venue à des sentiments chrétiens (sans avoir vraiment fait preuve d’en posséder soi-même).

Le père Chisholm est avant tout un homme, faible par définition et qui se contente de ce que la vie lui donne, sans aucune certitude ni intervention extra-ordinaire (1).

Et cette humanité n’a pas de limite : il se comporte également avec les gens qu’il aime et ceux qu’il rencontre, acceptant chacun tel qu’il est, sans montrer quelque visée prosélyte tellement naturelle chez ses autres collègues. La rencontre avec le pasteur Fiske (James Gleason) et son épouse (Anne Revere) est un magnifique exemple de tolérance œcuménique, tolérance dont on voit d’ailleurs les fruits lors du départ de Chisholm.

 

Oui, Les Clefs du royaume est un film religieux. Mais à la différence du modèle américain, il s’agit de religion catholique – c’est avant tout le protestantisme qui est la religion la plus représentée – mais sans pour autant être une hagiographie ou quelque allégorie voire bondieuserie qui nous est proposée ici. Comme je l’ai déjà dit, c’est l’humanité de Chisholm qui est le sel de l’intrigue et du film. Et c’est aussi le plaisir de voir Gregory Peck dans un de ses premiers grands rôles (le deuxième) : à peine sorti du Jour de Gloire de Tourneur (Jacques), il enchaîne sur le rôle inoubliable de ce prêtre œcuménique. Et son allure fait beaucoup pour le succès de ce rôle : je l’ai déjà écrit ci mais il possède à la fois une carrure impressionnante (1,90 m) et une faiblesse touchante qui le rendent immédiatement sympathique et humain. Il est on ne peut pus crédible dans les habits sacerdotaux de ce prélat fort singulier dont le meilleur ami est un athée (Thomas Mitchell) !

 

Et pus de 75 ans après la sortie du film, il fait bon voir un religieux qui n’essaie pas de convertir de force ses contemporains (2). Un exemple (un modèle) pour certains exaltés qui nous sont contemporains et qui feraient bien de (re)voir ce film de toute urgence !

 

  1. Divine, si vous préférez…
  2. Encore moins à coups de bible et de fusil comme il fut un temps la coutume américaine…

 

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