« Le plus grand spectacle sur terre. »
Tel est le spectacle que le cirque Barnum & C° (1) va nous offrir pendant plus de deux heures trente, sous la houlette de l’un des plus grands réalisateurs-dictateurs que Hollywood ait connu : Cecil B. DeMille.
Ce dernier ne fait pas que diriger tout son (grand) monde, il est aussi le narrateur de cette fresque spectaculaire, qui tient les promesses de son titre original.
On y trouve du spectacle, bien sûr, mais aussi de l’amour, du crime et un clown – Buttons (James Stewart) – qui ne quitte jamais son maquillage en quelque situation que ce soit.
Il s’agit de l’avant-dernier film de DeMille qui a espacé ses tournages – sa santé se détériore – et va terminer dans une apothéose de spectacle : son dernier film, qui sortira quatre ans plus tard, n’est rien moins que Les dix Commandements. On y retrouvera celui qui est ici le directeur de ce cirque grandiose : Charlton Heston.
Certes, DeMille n’a pas perdu la main question faste et spectacle, mais depuis la mort de Jeannie Macpherson, les scénarios ont tendance à perdre en qualité et ce film ne fait pas exception à la règle. Comme d’habitude, le film reste dans le cadre de la morale de son époque, et seule la sous-intrigue concernant Button et son passé trouble retient notre attention (2). Il faut dire que la présence de James Stewart y fait beaucoup : son interprétation y est comme toujours magistrale.
Et Stewart n’est pas le seul fleuron de ce film : DeMille a su s’entourer de quelques gloires cinématographiques dont Betty Hutton (Holly), Gloria Graham (Angel), Cornel Wilde (the great Sebastian), sans oublier la belle Dorothy Lamour (Phyllis), ma préférée.
Rythmé par la narration du réalisateur (3), il s’agit avant tout d’un vibrant hommage au cirque « à l’Américaine », avec ses trois pistes et ses parades somptueuses, où les différents artistes et animaux font de ce spectacle un moment unique et magique… Qui se reproduit à chaque représentation !
Mais malheureusement, cet hommage très appuyé a tendance à phagocyter l’intrigue et reléguer l’aspect cinématographique au second plan, l’intrigue, déjà peu consistante se perdant dans l’enchaînement des différents numéros interprétés par les véritables artistes du cirque qui ont participé au film, ainsi que par les différentes stars : DeMille a demandé à chacun de ses interprètes de savoir faire ce dont leur personnage était capable.
Mais même cette touche authentique ne fait pas oublier la trop grande part que prend le spectacle en lui-même, si ce n’est à la suite de l’accident ferroviaire, là encore une fois très spectaculaire. En bon amateur de DeMille, j’ai tout de suite pensé à The Road to yesterday (1925), le voyage dans le temps en moins. Par contre, si la collision ferroviaire peut sembler impressionnante, nous sommes bien loin de celle dans The General ! L’utilisation de maquette ne rend pas toujours un très bon effet. Et puisqu’on en est aux (petits) défauts, l’incrustation a tendance à laisser à désirer, surtout dans la parade finale.
Sous le plus grand Chapiteau du monde (4) a longtemps été programmé pendant les fêtes sur la télévision française. On comprend pourquoi : de bonnes intentions et du spectacle à l’envi. Un vrai divertissement familial. Et cet aspect se retrouve dans les spectateurs qui viennent se remplir les yeux de toute cette féérie. Par contre, on se dit que ces gens-là (ceux qui viennent voir) ne font que manger !
Quant au spectacle lui-même, on s’étonne de voir le nombre de nains présents dans le spectacle et les différents numéros animaliers qui sont aujourd’hui honnis.
Autre temps, autres mœurs…
Alors pour passer le temps, on essaie de reconnaître quelques figures connues qui émaillent ce même parterre de spectateurs. Bob Hope est difficile à rater (à côté de Bing Crosby). Par contre, les autres…
PS : parmi la distribution (un peu moins) prestigieuse, on peut retrouver quelques figures connues telle Daisy Earl ou encore Angelo Rossito, ainsi que Julia Faye (Birdie, la costumière) qui fut, un temps, l’une des actrices de premier plan de DeMille. Le temps a passé depuis The Road to yesterday …
- Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, pour être précis.
- La mienne, en tout cas…
- Serait-ce lui qui dirige les otaries ? Je n’ose le croire. Pourtant, ça lui ressemble fortement.
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