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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #DC Comics, #James Wan
Aquaman (James Wan, 2018)

Nouveau-venu dans l’univers DC, voici Aquaman (Jason « Drogo » Momoa), seigneur d’Atlantis, vous savez, la cité engloutie.

On l’avait déjà aperçu dans Batman Vs Superman (2016) où il faisait une apparition, et surtout dans Justice League (2017) où il avait un rôle plus important.
Il était temps d’ailleurs que les studios DC laissent leur chance à ce personnage aquatique, surtout avec l’aura grandissante de Jason Momoa, née de sa participation à la première saison de Game of Thrones (2011).

 

Aquaman, c’est le fils d’une Atlante – la reine Atlanna (Nicole Kidman) – et d’un homme de la surface – Tom Curry (Temuera Morrison) – que ce dernier a recueillie.

Mais pendant que leur fils Arthur (Kaan Guldur, Otis Dhanji & Kekoa Kekumano) grandissait, la vie sous l’eau continuait et une fois Atlanna rappelée dans son royaume, la dynastie pouvait continuer, amenant sur le trône le demi-frère d’Arthur, Orm Marius (Patrick Wilson), qu’on appelle aussi « Ocean Master » (le Maître de l’Océan).

Bien sûr, pour e dernier, Arthur est une menace, surtout que le royaume attend son véritable roi.

Et évidemment, ce dernier n’est autre qu’Arthur…

 

Ce nouvel avatar des héros des studios DC n’échappe pas à la tradition développée par les autres films de la série : le sérieux.

Pourtant, il y avait de quoi égayer un peu cette histoire (encore une fois) trop sérieuse.

Quand Arthur « Aquaman » est dans un bar et qu’il boit pinte de bière sur pinte de bière, il est abordé par une bande de type à la mine patibulaire. La résolution de cette rencontre pouvait amener cet élément comique qui manque cruellement à ce film : seuls quelques clichés nous témoignent de cette éventualité non exploitée.

Pas étonnant qu’alors la suite reste dans cette teinte sérieuse qui fait la marque des différents produits de ces studios.

Et c’est bien dommage quand on voit le succès que peut remporter Jason Momoa sur les réseaux sociaux, et surtout son aspect costaud mais sympa qui y est développée.

 

Certes, les séquences sous-marines sont magnifiques, sans pour autant éviter de révéler l’origine numérique des effets utilisés. Cela concerne les différents décors élaborés mais aussi certaines créatures dont les habitants de la fosse (the Trench) qui vont attaquer Arthur dans sa quête vers le pouvoir suprême.

Et le combat final (inévitable) est de toute beauté, avec l’intervention d’une super créature qui n’est pas sans rappeler le Léviathan (1), même si ici elle n’a qu’une seule tête.

Bref, DC pioche dans les mythologies (gréco-romaine, la Bible) pour nous offrir ce personnage hybride appelé à une grande destinée.

 

Et ça marche. Tant qu’on reste sous l’eau. Car une fois sur la terre ferme, on n’échappe pas aux poses « spécial » super-héros avec le temps d’immobilisation nécessaire pour récupérer tous les spectateurs, et surtout ceux que se seraient laissés emportés par l’action.

Pour le reste, ça fonctionne comme n’importe quel film de super-héros (l’humour en moins) avec ouverture finale vers une suite inévitable (2).

Alors, à voir. Ou pas.

 

  1. Psaumes, 74:14 & 104:26.
  2. Est-elle vraiment nécessaire ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #George Lucas, #Ron Howard
American Graffiti (George Lucas, 1973)

1962, Modesto (Californie).

L’année scolaire est terminée. C’est la nuit d’adieu avant la prochaine année scolaire : Curt Henderson (Richard Dreyfuss) doit partir le lendemain sur la côte Est pour étudier.

C’est une nuit d’errance qui s’ouvre, chacun au volant de sa voiture, dans l’espoir de faire la rencontre, de vivre la grande aventure.

Une dernière fois avant de se perdre…

 

Nous sommes donc aux Etats-Unis dans cette célèbre année 1962 qui vit quelques grands événements – la mort de Marilyn Monroe, Crise des missiles de Cuba (etc.) – et qui a beaucoup inspiré George Lucas pour son deuxième film : il a vécu cette période et certains de ces souvenirs viennent de sa propre expérience (il avait 18 ans en août 1962).

C’est un véritable concentré des débuts des années 1960s qui nous est proposé ici, ave une reconstitution qui est surtout soutenue par une collection incroyable de voitures de cette période.

Nous sommes dans la dernière décennie de ces Trente Glorieuses  comme on les appelle en France, ces années fastes qui suivirent la Deuxième Guerre Mondiale et qui sont synonyme d’essor économique et surtout de société de (sur)consommation, illustrée ici par une utilisation effrénée (1) de la voiture : l’intrigue se déroule pendant une nuit et ce ne sont que des véhicules qui circulent à longueur de temps, dont certains sans discontinuer.

 

Mais ce film, c’est surtout la fin d’une époque : pas celle de cette société mais plutôt celle de ces jeunes gens pour qui la vie va changer. Le lycée est terminé et il faut penser à l’avenir : Curt part donc à l’Est, malgré ses inévitables doutes : va-t-il partir ?

Presque tous ces jeunes gens sont à un tournant, et l’incertitude qui en naît s’exprime de différentes façon : le doute chez Curt, la peur chez son meilleur ami Steve (Ron « Richie » Howard). Peur parce que sa relation avec Laurie (Cindy Williams) pourrait en souffrir : c’est pour eux une nuit de doute et leur couple ne cesse d’être malmené.

Deux autres personnages importants gravitent autour des deux amis : Terry (Charles Martin Smith) et John (Paul Le Mat). Si Terry est l’archétype de l’adolescent intello – les lunettes y sont pour beaucoup – puceau et qui a tout à découvrir, John est ce qu’on pourrait appeler un mauvais garçon (2) : passionné de mécanique, il a bricolé sa propre voiture, en faisant un bolide que régulièrement on vient défier à la course.

Et nous n’y échappons pas : John sera défié par un « étranger », Bob Falfa (Harrison Ford) et nous suivrons leur course, fatale (en partie) pour l’un des deux.

 

Cette course nous ramène à la décennie précédente, tout comme certaines musiques qu’on entend à la radio, omniprésente dans le film, en voiture ou dans les boutiques. Le seul endroit qui lui échappe étant la grande salle du lycée où à lieu… Un bal avec un groupe reprenant les titres du moment.

Quand John et Bob s’élancent, on repense à Jim Stark (James Dean) et Buzz (Corey Allen) et leur « Chickie Run » dans Rebel without a Cause.

Les Pharaons (Pharaohs dans la VO), ces autres mauvais garçons que rencontre Curt, ne sont pas non plus sans rappeler les membres de la bande de Johnny Strabler (Marlon Brando) dans The wild One.

Et puis George Lucas ouvre le film avec Bill Haley qui chante l’incontournable Rock around the Clock.

 

La musique, d’ailleurs, a une place prépondérante dans le film : essentiellement américaine, on y trouve quelques titres qui sont devenus depuis des standards (Louie Louie ; Surfin’ Safari ; Johnnie B. Good…) mélangeant les titres des deux décennies concernées par le rock. On retrouve d’ailleurs chez John le point de vue de Don McLean (3) : le rock, ce n’est plus ça depuis la mort de Buddy Holly.

 

Bref, c’est un film très nostalgique que nous propose George Lucas, une errance nocturne qui, malgré la pléthore de voitures n’est en rien un road movie. A la fin, pas de transfiguration, et nos différents protagonistes restent les mêmes, et même l’un d’entre eux ne bougera jamais de Modesto (je vous laisse découvrir lequel).

 

PS : Deux ans plus tard, Bill L. Norton proposera une suite au film, mais c’est surtout l’année suivante (1974) qui verra la création de la série Happy Days, dans laquelle on retrouvera, outre Bill Haley, Ron Howard dans un des rôles principaux, Richie Cunningham.

 

  1. C’est le cas de le dire.
  2. John est un mauvais garçon surtout parce qu’il n’a pas pu aller au-delà du lycée, et aussi parce que ses contraventions ne sont jamais payées !
  3. American Pie (1971). Dedans y est fait référence au 3 février 1959, le jour où Buddy Holly, Richie Valens et J.P. Richardson Jr. sont morts dans un accident d’avion : McLean parle du jour où « la musique est morte » (« the day the music died »).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Spike Jonze
Dans la Peau de John Malkovitch (Being John Malkjovitch - Spike Jonze, 1999)

Craig Schwarz (John Cusack) est marionnettiste.

Mais dans le monde actuel (celui de 1999), il n’y a pas de place pour ce métier et Craig est obligé de travailler comme archiviste. En faisant du classement, il découvre une (toute) petite porte qu’il franchit, et longe un tunnel qui l’emmène : dans la tête de John Malkovitch !

Il en parle à une « collègue », Maxine (Catherine Keener) pour qui il a un faible, et à son épouse Lotte (Cameron Diaz).

Lotte va alors tenter l’expérience et se retrouver dans Malkovitch, alors qu’il sera entrepris par Maxine.

 

Jubilatoire (1).

Le film de Spike Jonze est magnifique, alliant une maîtrise cinématographique à un scénario des plus subtiles, mêlant vaudeville et fantastique avec beaucoup de bonheur.

En effet, la présence d’un trio amoureux – en plus de John Malkovitch – fait définitivement basculer cette comédie douce-amère dans le vaudeville, renouvelant le genre avec habileté.

En effet, si nous avons un homme avec deux femmes, il s’agit avant tout d’une infidélité féminine, mais surtout cette infidélité se fait à travers un quatrième personnage (2), rendant la situation des plus singulières.

Le tout nous emmène dans une situation amoureuse et surtout familiale finale qui aurait pu déchaîner les partisans de la famille traditionnelle… Mais heureusement, il n’en fut rien !

 

S’ajoute à cela une distribution à la hauteur : John Cusack bien sûr, mais surtout Cameron Diaz qui interprète pour une fois une femme absolument pas glamour ! En effet, Lotte qui gère une animalerie, peut être qualifiée de « domestique » tant son apparence reste celle d’une femme d’intérieur. Et pire que cela, d’une femme d’intérieur qui ne sort pas.

A tel point qu’elle débarqua dans sa tenue sur le plateau et qu’on la prit pour une étrangère !

 

Bien sûr, c’est le scénario de Charlie Kaufman qui retient l’attention, avec John Malkovitch qui n’a pourtant pas le premier rôle.

Il faut dire que l’imaginer en marionnette est tout de même très drôle, surtout avec la coupe de cheveux qui va avec. Chacune de ses interventions amène le sourire, surtout quand on sait qu’il est habité !

Mais surtout, c’est toute la ramification un tantinet existentialiste qui entoure le scénario qui force l’admiration. Est-on John Malkovitch (3) quand on pénètre son esprit ? Et à part Craig, personne ne peut répondre affirmativement.

 

Bref, c’est un film brillant où la comédie ne l’est pas tant que ça, même si avons droit à quelques moments franchement comiques. En particulier le moment inévitable et en même temps la mise en abyme absolue : John  Malkovitch dans la tête de John Malkovitch.

En plus d’être un moment formidable, c’est aussi une grande prouesse technique rendue possible à ce niveau grâce aux effets numériques (4).

Cette séquence est le point d’orgue du film, véritable scène surréaliste, déclinant John Malkovitch à l’infini et où le langage lui-même lui est dédié.

Sublime.

 

Il ne me reste plus qu’une chose à ajouter : « Malkovitch ! »

 

  1. « Jubilatoire » est un mot que je déteste, mais il n’en existe pas d’autre pour décrire ce que je pense de ce film.
  2. Oui : John Malkovitch.
  3. Le titre original.
  4. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur est démultiplié, certes, mais pas à ce point, ni dans de telles conditions. Inoubliable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Sofia Coppola
Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)

Seul.

Bob Harris (Bill « Phil Connors » Murray) est seul ? Désespérément seul. Seul dans sa vie – et pourtant il est marié – seul dans Tokyo où il est venu tourner un spot publicitaire pour un whisky japonais.

Il rencontre Charlotte (Scarlett « Black Widow » Johansson), autre solitaire dans cette (trop) grande ville, venue accompagner son mari (Giovanni Ribisi) photographe.

Petit à petit, une histoire d’amour – platonique – va se créer entre ces deux solitaires complètement perdus loin de chez eux.

 

Quatre ans après son premier long métrage, Sofia Coppola (la fille de) revient au long métrage avec cette longue errance de deux inadaptés à une société et une culture à laquelle ils sont totalement étrangers.

Cette inadaptation est la plus flagrante chez Bob, et s’exprime clairement dans l’une des premières séquences : Bob est dans l’ascenseur, entouré de Japonais aussi silencieux que lui (normal, nous sommes dans un ascenseur) qu’il dépasse d’une bonne tête. Charlotte elle-même d’ailleurs lui reprochera légèrement sa grande taille (1,87m).

Mais la véritable inadaptation se traduit surtout par une impossibilité de vivre normalement dans ce pays si différent. Tous deux ne se font pas au décalage horaire, passant une partie de la nuit au bar ou en fête, et la nourriture, comme ne témoigne leurs impressions du repas qu’ils partagent au restaurant.


Et bien sûr, il y a la langue.

C’est une barrière presque physique qu’elle va instaurer dans les relations entre ce couple malgré lui et les autres. Alors que dans le même temps nous croisons deux autres Américains qui semblent tout à fait s’adapter dans cette vi(ll)e : John, le mari de Charlotte, et Kelly (Anna Faris) actrice en tournée de promotion de son dernier film.

Heureusement, il existe tout de même des Japonais qui parlent leur langue, mais es derniers sont très rares, et nos deux amis se retrouvent complètement perdus dans ce flot de paroles qui parfois expriment très peu de chose : la séquence où le réalisateur (Diamond Yukai) donne ses indications e tournage à Bob est très caractéristique de cette errance verbale.

En effet, alors que les explications sont infinies et semblent d’une précision redoutable, Miss Kawasaki (Akiko Takeshita) les traduits de manière fort lapidaire, amenant le doute dans l’esprit de Bob qui ne peut croire qu’il en ait si peu dit.

Cette séquence illustre très bien ce sentiment d’être perdu dans la traduction comme on pourrait traduire le texte.

 

Mais cette barrière linguistique s’exprime aussi dans d’autres situations que va vivre Bob – et dans une moindre mesure Charlotte (à l’hôpital) – étant pris à partie dans des discussions – en fête, à l’hôpital – et essayant de s’accrocher désespérément à une quelconque sonorité familière.

Mais cette incompréhension s’accentue encore plus quand il est reçu par un animateur de télévision (Takashi Fujii) à succès, livrant alors une prestation des plus pathétiques, alors qu’il montre clairement qu’il regrette d’avoir prolongé son séjour pour ça…

 

Bref, c’est une magnifique errance de deux solitaires qui se trouvent dans une ville trop grande, perdus dans une société qu’ils ne comprennent pas où se côtoient le Japon classique (là où déambule Charlotte) et le moderne (l’environnement de Bob), mais avec toutefois cette étincelle de bonheur que représente leur rencontre.

Le tout magnifiquement cadré par Lance Acord, qui participera au film suivant de Sofia Coppola, Marie-Antoinette.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lewis Milestone, #Richard Rosson, #Gloria Swanson
Mondaine (Fine Manners - Richard Rosson & Lewis Milestone, 1926)

31 décembre 1925 (?).

D’un côté, la folie de Time Square où les New-Yorkais sont venus en masse fêter le nouvel an. De l’autre, les salons feutrés où la haute bourgeoisie de cette même ville célèbre avec réserve cette même nouvelle année à venir.

Parmi eux, Brian Alden (Eugene O’Brien), immensément riche, s’ennuie et décide d’aller voir le vrai monde.

Arrivé – et bloqué – à Time Square, il fait la connaissance de la belle Orchid (1) Murphy (Gloria Swanson) qui est venue avec son frère qui, malgré ses ascendances irlandaises a tout d’un Sicilien…

Brian est follement amoureux d’Orchid, mais comment faire accepter une fille si populaire (pour ne pas dire vulgaire) dans sa caste si à cheval sur les convenances ?

 

Nous sommes en plein chant du cygne du cinéma muet, et si Mondaine n’est pas un chef-d’œuvre absolu, il n’en possède pas moins quelque intérêt.

Tout d’abord, il y a Gloria Swanson, dans un rôle bien loin – en partie – de ceux qu’elle a pu tourner avec Cecil B. DeMille : c’est une « fille du peuple » (comme on dit), aux manières franchement frustes, mais comme le signifie Brian, elle est authentique (2).

Il est clair qu’un monde sépare ces deux êtres, mais comme toujours, l’amour passe par là et la magie du cinéma fait le reste.

Encore que.

En effet, afin de rendre Orchid plus présentable auprès de ses pairs, Brian la fait « éduquer » par sa tante Agatha (Helen Dunbar) dont les manières sont des plus raffinées (d’où le titre original). Un peu trop d’ailleurs, au goût du spectateur et du scénariste, comme l’explique un intertitre plein d’esprit.

L’autre intérêt du film, c’est la présence à la réalisation (3) de Lewis Milestone, qui réalisera l’incontournable, impérissable et indémodable A l’Ouest, rien de nouveau.

 

Et autrement ?

Eh bien pas grand-chose. Si Gloria Swanson est, encore une fois, magnifique, Eugene O’Brien et Helen Dunbar ne déméritent pas à ses côtés. Mais c’est plus dans l’intrigue qu’on a de quoi être déçu.

En effet, si ce n’est quelques éclats de la belle Gloria pendant sa période d’« éducation », la part de comédie du film a tendance à s’effacer à mesure que le personnage d’Orchid évolue.

On aurait aimé – enfin surtout  moi, mais je ne dois pas être le seul – que fût développée la période de la transformation d’Orchid. Un peu à l’instar de d’Eliza Doolittle (Audrey Hepburn) dans My fair Lady, les différents efforts d’Agatha pour arriver à faire de cette fille du peuple une lady auraient été prétexte à quelques envolées comiques évidentes.

En effet, le  pouvoir comique de la belle Gloria était grand : n’oublions pas qu’elle a commencé à bonne école chez Mack Sennett !

 

Alors oui, c’est un peu dommage que la deuxième partie – la transformation – ait pris le pas sur la comédie qui se dessinait dans la première, empesant alors le film comme une réception de bourgeois à tendance aristocratique (le monde d’Alden, quoi).

Et si la fin est heureuse, elle ne peut empêcher de penser qu’on est passé tout près d’une comédie de haute volée.

Dommage.

 

  1. Oui, son prénom signifie orchidée.
  2. Il la qualifie même de « realest », néologisme signifiant « la plus vraie ».
  3. En sous-main de Richard Rosson, obscur réalisateur qui réalisa une vingtaine de films, étant plus à l’aise semble-t-il devant que derrière la caméra : plus de 80 films à son palmarès comme acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Patrice Leconte
Mon meilleur Ami (Patrice Leconte, 2006)

Il y a dans le cinéma français – et je l’ai déjà dit ici, - une tradition du film de d’amis assez impressionnante, et ce depuis longtemps, l’un des plus beaux exemples – tragique – en étant La belle Equipe. Les années 1970 nous avaient amené d’autres groupes de copains, avec en point d’orgue Les Bronzés, réalisé par le même Patrice Leconte qui traite ici d’un nouveau versant de l’amitié.

Il n’est donc pas étonnant de le retrouver ici, suivant les pérégrinations de deux solitaires à la recherche d’une amitié chimérique.

 

François (Daniel Auteuil) est un marchand d’art assez imbuvable, intéressé par les beaux objets et l’argent –l’un ne va pas toujours sans l’autre – et qui se rend compte qu’il n’a pas d’ami. Des connaissances, des relations, il en a. Mais même son cercle le plus proche, il n’en connaît pas vraiment ses membres.

Piqué au vif et surtout découvert par ces derniers, il refuse d’avouer sa solitude et fait même un pari avec son associée Catherine (Julie Gayet), s’engageant à lui présenter son meilleur ami sous dizaine.

Qui va-t-il bien pouvoir présenter ?

 

Patrice Leconte, sur un scénario habile écrit en collaboration avec Jérôme Tonnerre, prend le thème à l’envers de ce que l’on connaît : pas de bande de copains déjà existante, deux hommes seuls, décalés de la réalité commune.

D’un côté François est un antiquaire fort désagréable, négligeant les gens qui l’entourent pour se concentrer sur une future acquisition ; de l’autre Bruno (Danny Boon), chauffeur de taxi et un tel puits de science qu’il barbe son entourage, excepté ses parents (1), mais c’est normal, non ?

 

A nouveau, Patrice Leconte utilise un duo, pas obligatoirement bien assorti à première vue, mais qui se révèle au final être celui qu’il fallait, les deux protagonistes étant complémentaires et après réflexion fort semblables. C’était déjà le cas dans Viens chez moi, j’habite chez une Copine ou Tandem (pour ne citer qu’eux) et il faut reconnaître que ça fonctionne à nouveau à merveille.

Le choix des deux protagonistes en quête d’amitié est aussi un des éléments qui assure la réussite du film.

Daniel Auteuil est à contre-emploi, lui qui fut – plus jeune – un personnage très souvent social, entouré de monde – dont des jolies filles, cela va de soi – et il se retrouve isolé de ne pas avoir pris conscience du monde qui l’entoure et surtout de ceux qui y vivent.

Quant à Danny Boon, son personnage semble le négatif de celui d’Auteuil : à force de se passionner pour tout ce qui l’entoure et d’avoir réponse (presque) à tout, Bruno n’a pas lui non plus pris conscience des gens qui faisaient son entourage : la meilleur preuve en est son mariage et surtout comment il a mal fini.

 

Bref, on a deux cœurs solitaires en quête de chaleur humaine. Bien sûr, ils vont se trouver, et même se retrouver, mais après quels affres.

Et le talent de Patrice Leconte réside dans sa manière de montrer cette quête, jouant avec bonheur des ressorts comiques sans jamais tomber dans l’excès. La relation entre les deux hommes devient progressivement la complicité recherchée, mais ces deux malheureux n’étant pas (plus ?) habitués à l’amitié, qu’ils n’arrivent pas à la distinguer quand elle leur arrive, amenant le déséquilibre inévitable avant la fin heureuse, ce coup de théâtre de dernière minute qui relance l’intrigue, prolongeant l’instant pour notre plus grand plaisir.

 

 

(1) Les parents de Bruno sont interprétés par Marie Pillet et Jacques Mathou, qui apparaissaient dans un autre film de Patrice Leconte dix ans plus tôt : Les grands Ducs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Justice, #Francis Ford Coppola, #Danny de Vito
L'Idéaliste (The Rainmaker - Francis Ford Coppola, 1997)

Rudy Baylor (Matt Damon) sort de la fac Droit, bien déterminé à passer l’examen final afin de se faire sa place dans le barreau de Memphis.

Sauf que le barreau est déjà bien chargé.

IL trouve tout de même une place chez « Bruiser » Stone (Mickey Rourke) avocat marron foncé, et se retrouve à travailler avec Deck Shifflet (Danny de Vito), un presque avocat qui n’a pas réussi l’examen final.

IL se retrouve dans deux affaires : l’une professionnelle, la défense d’un jeune homme – Donny Ray Black (Johnny Whitworth) – atteint de leucémie et que la compagnie d’assurance a refusé de couvrir ; l’autre personnelle, concernant une jeune femme – Kelly Riker (Claire Danes) – battue par son mari (Andrew Shue).

 

A son tour, Francis Ford Coppola se lance dans un film judiciaire, nous montrant qu’il n’y a pas de sujet dans lequel, lui non plus, il ne se sente pas à l’aise (1).

Pour incarner cet idéaliste, Matt Damon – qui va bientôt triompher dans Good Will Hunting (quelques semaines plus tard) – est à la hauteur, flanqué d’un partenaire dont la stature (1,47m) amène un élément comique certain, d’autant plus que ce drôle de personnage (c’est le cas de le dire) ne manque aucune occasion de placer sa carte à des victimes potentielles, qui deviendront alors des sources de revenus non négligeables (2).

Mais cet aspect comique fait long feu quand on entre dans le vif du sujet : les deux affaires.

 

Et ces deux affaires vont permettre à Rudy de gagner son titre (français) d’idéaliste : pour ces deux cas, c’est à plus qu’un avocat que nous avons affaire, tant son combat est juste sur les deux fronts.

Mais cet « idéalisme » a tout de même ses limites, à commencer par Shifflet qui ternit un tantinet l’action de son partenaire par ses pratiques peu orthodoxe (voire illégales).

Face à lui, on trouve un « méchant » bien particulier : Leo F. Drummond (Jon Voight).

Particulier parce qu’il n’est pas un criminel comme ceux qu’il défend : Drummond est un – brillant – avocat engagé par la compagnie d’assurance mise en cause dans le procès.

Et ce même procès nous permet d’admirer la virtuosité de ce défenseur de haut niveau.

Surtout que de son côté, Rudy est à ses débuts, prêtant serment au tout début de la procédure judiciaire (3).

Nous assistons alors à la joute verbale attendue, Rudy étant soutenu par un allié (presque) inattendu : Shifflet, qui n’est pas qu’un limier à la recherche d’argent.

 

Quant au sommet du procès, les plaidoiries, Coppola les évacue avec astuce, nous montrant seulement la fin de celle de Drummond – on s’en fiche un peu, on n’est pas de son côté, et si on doit écouter des arguments un brin outrageants, autant s’en passer – et réduisant celle de Rudy à sa plus simple expression.

Mais malgré tout, l’émotion attendue est là et ce qu’on attendait se produit (4).

Et cette fin heureuse (?) pose alors les limites du titre français : le monologue de Rudy – qui commente régulièrement les différents événements – atténue grandement cet idéalisme qu’on lui a collé à la peau.

 

Mais, et vous allez croire que je fais une fixation, nous avons tout de même notre bout de rédemption (c’est un film américain, ne l’oubliez pas !) : en intégrant la « firme » de Bruiser Stone, Rudy se rend d’une certaine façon complice des exactions de ce dernier.

Et réussir dans les deux affaires annoncées, n’est-ce pas d’une certaine façon se racheter et donc gagner son salut ?

 

  1. A part peut-être la science-fiction où il n’a rien réalisé à ce jour. Et à 80 ans, l’avenir à une certaine tendance à se réduire…

  2. Ils touchent un tiers des indemnités accordées aux plaignants.

  3. On ne peut pas faire plus frais émoulu.

  4. Vous imaginez facilement l’issue du procès…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Mike Nichols
Working Girl (Mike Nichols, 1988)

L’Amérique reaganienne dans toute sa splendeur (1), avec les coupes de cheveux qui vont avec : Working Girl est un produit américain très marqué, véritable témoignage de cette période où l’individualisme et surtout l’ultralibéralisme sont rois.

Alors que le film sort, c’est George Bush (Sr.) qui vient d’être élu et remplacera l’ancien acteur en janvier suivant, continuant le travail de ce prédécesseur si prestigieux (1).

 

Tess McGill (Melanie Griffith) est la secrétaire de Katherine Parker (Sigourney Weaver), une executive woman arrogante qui n’hésite pas à pomper les idées de sa secrétaire pour les faire siennes.

Mais voilà : alors qu’elle part skier dans les Alpes pour le weekend, elle se casse la jambe et se retrouve coincée pour deux semaines loin de New York.

Tess va en profiter pour monter son projet (celui que Katherine voulait lui voler) avec l’aide de Jack Trainer (Harrison Ford) pour une grande firme qui se lance dans la communication.

Bien sûr, Katherine rentrera un jour. Et même un jour très proche…

 

Ce qui marque le plus quand commence le film, ce sont les coiffures : ces brushings qu’on aurait tendance à trouver improbables aujourd’hui et qui furent à cette époque très tendance…

Mais derrière cette comédie un tantinet grinçante, c’est un état des lieux des carrières des femmes qui nous est ici décrit.

Et hormis Katherine, on se rend compte qu’il n’y a que très peu de femmes à des postes (très) importants, voire pas du tout.

Pour trouver une de ces filles au travail (« working girl »), il faut s’arrêter à la case secrétaire, même si ce statut est caché par le terme « assistante ». Et là encore, il n’y a pas d’assistant, ce métier n’étant apparemment pas prisé des hommes.

 

Mais si on suit avec plaisir les pérégrinations de Tess dans ce monde impitoyable, on ne peut que s’indigner de la grande part faite à l’apparence quand on parle d’une femme cadre ou sur un poste à responsabilité. Et la citation de Coco Chanel que Katherine lance à Tess est complètement dans cette tendance : « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe. Si elle est impeccablement vêtue, c’est elle qu’on remarque. »

Mais l’apparence ne se cantonne pas à la tenue vestimentaire : c’est une façon de parler et la coiffure qui font que cette femme sera acceptée pour ce qu’elle veut être, et surtout prise au sérieux.

Il est clair que le premier look de Tess ne la sert pas pour ressembler à une de ces executive women qu’elle veut devenir. Mais encore une fois, à force de persévérance (2) et d’entraînement, elle réussit le pari de paraître ce qu’elle n’est pas.

 

Aux côtés de Melanie Griffith, Harrison Ford est un partenaire fort intéressant, tiraillé entre deux femmes – devinez qui (3) – et surtout il résume bien la situation de ces cadres obligés de réussir leur(s) transaction(s) sous peine de disparaître (professionnellement).

Et leur rencontre fait partie des éléments de comédie qui émaillent cette histoire, au final, pas si drôle que ça.

 

PS : A noter la présence de Kevin Spacey dans un tout petit rôle qui prend une autre saveur quand on sait les soucis qu’il a connus depuis le début de la campagne #metoo…

 

  1. C’est une question de point de vue…
  2. Nous sommes en plein dans le sujet (voir plus haut).
  3. Tess et Katherine, vous aviez deviné, j’espère.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mélodrame, #Joseph Maxwell, #Rudolph Valentino
L'Amant (The married Virgin - Joseph Maxwell, 1918)

Mary McMillan (Vera Sisson) aime Douglas McKee (Frank Newburg) et doit l’épouser.

Mais le comte Roberto di San Fraccini (Rudolph Valentino), maître-chanteur, va la forcer à l’épouser pour sauver son père (Edward Jobson), à l’instigation de sa belle-mère (Kathleen Kirkham), qui a une relation avec le comte.

Mais heureusement, tout se terminera bien pour Mary : le comte s’enfuira, et elle pourra épouser – enfin ! – son amoureux original.

 

Autant le dire tout de suite, c’est bien évidemment la présence de Rudolph Valentino qui donne un intérêt à ce film. Il est encore peu connu et n’a pas encore adopté son nom de scène : il est crédité ici Rodolfo di Valentini, un de ses nombreux pseudonymes qui perdureront jusqu’à sa véritable révélation : Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Rex Ingram, 1921).

Son personnage ici est peu reluisant : un maître-chanteur est systématiquement méprisable par le public (et la jeune première en l’occurrence) et ce malgré son visage avenant qui n’est pas mis en avant comme ce sera le cas quelques années plus tard.

 

Quant à l’intrigue, nous sommes dans un de ces mélos habituels – à l’époque – avec secret de famille – du père surtout – et intrigue menée par la belle-mère infidèle qui a épousé son mari bien évidemment pour son argent.

Pour le reste, la morale est sauve et le titre original donne une indication sur sa résolution : La Mariée vierge (1). Cette notion de virginité permet l’annulation d’un mariage puisque non consommé.

 

Bref, un de ces films qu’on peut oublier dans cette année 1918 qui vit tout de même des films cent fois plus intéressants aux Etats-Unis et ailleurs.

Reste le beau Rudolph, à l’aube de sa courte et prestigieuse carrière, dans un rôle très convenu, mais avec tout de même les prémices de ce qui fera son succès.

 

(1) La traduction littérale serait « la Vierge mariée », mais elle ne serait peut-être pas aussi précise quant au rapport à l’intrigue. Je sais, je pinaille, mais la traduction inclut parfois des nuances très subtiles. De plus, en 1918, une mariée américaine ne pouvait qu’être vierge… Au moins jusqu’à la nuit de noces !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Policier, #Alfred Hitchcock
Le Crime était presque parfait (Dial M for Murder - Alfred Hitchcock, 1954)

Pourquoi tuer sa femme ?

Parce qu’elle est riche. C’est la première raison et très certainement la plus importante. La seconde, elle a une relation avec un autre homme. Bref, deux raisons solides pour s’en débarrasser.

Comment tuer sa femme ?

Faire appel à une vieille connaissance, un tantinet truand afin de se couvrir et de détourner les soupçons. Ensuite, il suffit de motiver cette personne – en la faisant chanter un brin – afin qu’elle vienne vous débarrasser de cet importun fardeau pendant que vous n’êtes pas là.

C’est ce que décide Tony Wendice (Ray Milland) à propos de sa femme Margot (Grace Kelly) qui a en outre une relation avec Mark Halliday (Robert Cummings).

Le quidam pour la basse besogne ? Charles Swann (Anthony Dawson), ancien camarade de promotion. Sauf que…

Sauf que c’est Swann qui est tué. Par Margot.

 

Nous sommes ici à un tournant dans l’œuvre d’Hitchcock, l’un de ses plus grands films policier par la même occasion. En effet, cette fois-ci, il prend comme base le point de vue du tueur – Tony Wendice – et articule son intrigue autour de sa « volonté » de se débarrasser de sa femme pour les raisons évoquées ci-dessus.

Et si le titre original fait référence au coup de téléphone passé par ce même Wendice (il commence par un 6 correspondant à la lettre M), le titre français est plus explicite quant à la démarche de Wendice.

Mais bien sûr, c’est le « presque » qui est le plus intéressant : tout d’abord parce que la victime n’est pas celle escomptée, et aussi parce que sa démarche est au moins aussi intéressante – pour le réalisateur comme pour le spectateur – que le résultat attendu.

 

Tourné en pleine vogue 3D, on pouvait, à sa sortie, muni de lunettes spéciales, apprécier certains éléments du film avec un effet de relief saisissant, accentuant les effets, et surtout la main de Grave Kelly cherchant un moyen de se défendre de son agresseur : la paire de ciseaux.

Cette arme inopinée amène l’une des morts les plus crues filmées par son réalisateur, essentiellement parce qu’on voit comment la blessure devient létale, tuant assurément cet assassin occasionnel.

 

Mais avec ce film, c’est un personnage et surtout un concept de série qui vont germer pendant près de 14 ans : Columbo. N’en déplaise à Wikipédia, l’inspecteur Hubbard (John Williams) est l’archétype du policier qui donnera naissance au policier interprété par le grand Peter Falk. Tout comme lui, il possède un imperméable, mais surtout, il veut passer pour plus idiot qu’il n’est auprès d’un criminel sûr de lui et un tantinet arrogant, afin de mieux le confondre.

La grande différence entre Hubbard et Columbo réside tout de même dans leur origine : Hubbard est définitivement anglais, comme le prouve le dernier plan du film.

Pour le reste, les différents épisodes de la série fonctionnent à peu près comme ce film : on sait qui a fait le coup et l’intérêt réside dans la faculté de déduction du policier à débrouiller l’intrigue.

 

Mais à la différence de la série, nous sommes ici chez Hitchcock (il apparaît, bien sûr) et il vient de découvrir une interprète qui, si elle ne va tourner que trois films avec lui, n’en gardera pas moins une certaine auréole, devenant l’une des actrices fétiches de ce réalisateur : Grace Kelly.

On la connaît surtout pour son rôle aux côté de Gary Cooper dans High Noon (1952), mais sa rencontre avec le grand Hitch va donner un autre – et final – tournant à sa carrière : suite à To catch a Thief (1955), elle épousera Rainer de Monaco et tirera un trait sur le cinéma après seulement 11 films.

 

Quoi qu’il en soit, ici elle interprète une femme abusée avec beaucoup de conviction, même si on peut lui préférer les rôles suivants que lui proposera Hitchcock.

Bien sûr, Ray Milland est – encore une fois – extraordinaire, assassin par procuration d’une habileté diabolique et John Williams fait partie de ces policiers du cinéma qui ne laissent pas indifférent, interprétant un personnage beaucoup plus sagace qu’on ne pouvait l’imaginer, véritable ascendant du petit inspecteur « imaginé » par Richard Levinson et William Link (voir plus haut).

 

Inoubliable.

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