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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Georges Méliès
Escamotage d'une Dame au théâtre Robert-Houdin (Georges Méliès, 1896)

Un illusionniste (Georges Méliès) présente son assistante (Jeanne D’Alcy) aux spectateurs et l’installe sur une chaise. Il la recouvre d’une pièce de tissus et quand il la retire la jeune femme a disparu. Il essaie de la faire réapparaître mais n’y arrive pas avant de replacer le tissus : la jeune femme revient. Ils saluent. C’est fini.

Il s’agit ici du premier film de Méliès en tant que tel. En effet, après avoir tourné Sauvetage en Rivière, qui se présente plus comme un documentaire, montré en mai de cette même année, il s’agit ici de la première utilisation (officielle) du trucage dans un film français (1) : Méliès, immobile et exactement au même endroit, va faire arrêter la caméra le temps que la jeune femme s’en aille, laissant la chaise vide. Puis il va la faire repartir, dévoilant la disparition. Il utilisera deux autres fois ce trucage pour mener à bien son expérience « magique ». Mais la nouveauté du film de Méliès tient plus au contexte, et surtout à la précision.

En effet, alors que Clark et Heise s’étaient contentés de substituer un mannequin à Marie Stuart (Robert Thomae), le plaçant à peu près où était la reine, Méliès use d’une précision des plus pertinentes, les différents personnages et accessoires restant exactement à la même place, accentuant l’illusion. Et l’effet est garanti, on a l’impression que le magicien a fait disparaître la femme. Mais là où Méliès va encore plus loin, c’est en introduisant un élément de comique lors de la première tentative de la faire revenir : un squelette apparaît brusquement à la place de la personne espérée.

C’est d’ailleurs cette apparition qui fait out le sel du trucage de Méliès. En effet, le reste du numéro d’illusionnisme est des plus classiques, de la préparation de la scène jusqu’à l’exécution, Méliès nous expose les usages habituels de présentation. Mais c’est quand le squelette apparaît que nous sommes réellement dans le trucage : c’est un élément (presque) incongru qui apparaît, sans artifice (le tissus) et comme venu de nulle part. Ce squelette qui apparaît, c’est le début d’une production prolifique qui perfectionnera ce premier trucage et en amènera d’autres, pour notre plus grand plaisir.

Alors quand vous regardez un film actuel avec effets spéciaux numériques (ou pas) absolument époustouflants (2), pensez à maître Georges qui passa une grande partie de sa vie de réalisateur à en mettre au point le principe !

 

  1. Méliès n’a rien inventé de ce côté-là, c’est Alfred Clark (réalisateur) et William Heise (opérateur) qui avaient eu les premiers l’idée dans L'Exécution de Marie, reine des Écossais (1895).
  2. Bluffants, étonnants, extraordinaires, prodigieux, stupéfiants, fabuleux, fantastiques, inattendus, incroyables, merveilleux, mirifiques, mirobolants, magnifiques, sensationnels, surpenants (etc.).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Georges Méliès
Le Déshabillage impossible (Georges Méliès, 1900)

C’est un homme (Georges Méliès) qui rentre chez lui et qui veut se coucher.

Il commence à se déshabiller, mais une fois le pantalon ôté, des habits lui apparaissent (chapeau, veste, gilet…) l’empêchant de se dévêtir totalement.

 

C’est un (très) court film que nous propose le grand Georges, que ce particulier qui a du mal à se mettre au lit.

En effet, c’est une accumulation double qui grandit pendant ces deux petites minutes : d’une part les habits qui se multiplient et prennent de plus en plus de place ; d’autre part un agacement qui tourne à l’énervement voire jusqu’à une certaine dose de folie du fait de ces vêtements récalcitrants.

Et comme si cela ne suffisait pas, le sort s’acharne sur ce pauvre homme : ulcéré de ces différents affiquets incongrus, notre homme se jette sur son lit, décidé à dormir coûte que coûte. Malheureusement pour lui, le lit disparaît, laissant notre individu par terre mais surtout à nouveau complètement habillé.

Et le film se termine brusquement, alors que notre homme lutte désespérément contre ses habits.

 

Nous sommes environ quatre ans après Escamotage d'une dame au théâtre Robert-Houdin, et Méliès pousse à son paroxysme le trucage dit « arrêt de la caméra ».

Que de chemin parcouru depuis ce film, d’ailleurs. Son personnage de vieil homme fatigué (dans plusieurs sens) n’a rien de l’illusionniste statique qui faisait apparaître des éléments. Non seulement il ne prend pas de pose grandiloquente, mais en plus il donne sans cesse une impression de mouvement, accentuant l’effet d’accumulation double.

C’est absolument génial et on ne peut que s’amuser de ce pauvre homme tourmenté par sers vêtements qui apparaissent de façon semble-t-il aléatoire. Avec en point d’orgue l’escamotage du lit qui ramènerait notre homme au début de la séance si les autres habits avaient disparu. Et l’effet comique ne peut être dissocié de l’état d’exaspération de l’homme face à sa malédiction.

 

Bref, nous ici encore dans l’expérimentation, ou plutôt dans le perfectionnement de cette technique d’arrêt de la caméra. C’est bien au point et cela pourra être utilisé dans les films plus ambitieux qui viendront ultérieurement.

 

Ceux de Méliès, bien sûr, mais aussi les autres…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Seth McFarlane
Ted (Seth McFarlane, 2012)

Ted (voix de Seth McFarlane), c’est un nounours merveilleux : il parle, et pas seulement quand on lui appuie sur le ventre.

Une nuit de noël, le petit John Bennett (Bretton Manley), un enfant solitaire fait un vœu : que l’ours qu’il vient de recevoir devienne vivant. Et comme c’est la nuit de noël, le miracle a lieu : c’est un événement mondial, rendez-vous compte : un ours qui parle.

27 ans plus tard, John (Mark Wahlberg) est devenu un adulte, il travaille dans une société de location de voitures, et il vit avec la (très) belle Lori (Mila Kunis).

Et aussi avec Ted qui, s’il n’a pas grandi en taille, a lui aussi mûri.

Quoique…

 

Décapant.

C’est le qualificatif qui vient en tête à la vision du film : McFarlane propose un film comique exclusivement adulte, où second degré et recul sont aussi présents que le bon vieux premier degré, avec flatulences inévitables.
Mark Wahlberg sort alors de ses rôles habituels un tantinet proprets qu’on lui connaît pour interpréter ce John Bennett qui est plus ou moins un raté : un gros nase qui n’a pas grandi et n’en a pas vraiment l’intention.

Mais la cohabitation (presque 30 ans) avec un nounours, même parlant, n’encourage pas à grandir.

C’est donc une vie d’insouciance, de bières et de joints qui commence à poser problème : John et Ted doivent se séparer.

 

Bien sûr, cette séparation se fera, non sans avoir auparavant décliné les différentes situations quotidiennes impliquant ce compagnon de plus en plus encombrant : défonce du matin, vie sexuelle débridée (sans pénis ce qui rend l’exploit encore plus intéressant…) avec des partenaires plus ou moins recommandables… Bref, c’est un fléau qui empêche toute relation adulte ainsi que toute évolution indispensable pour un personnage de fiction (1).

Mais cela va changer – heureusement pour nous et quand même aussi pour nos héros – avec l’intervention de personnages qui vont ajouter au délire général qu’est ce film.

Nous rencontrons un père (Giovanni Ribisi) et son fils (Aedin Mincks)  névrosés qui veulent adopter Ted, un fils à papa bien lourd (Joel McHale) qui veut coucher avec Lori, un responsable de supérette au raisonnement singulier, sans oublier la présence de Sam J. « Flash Gordon » Jones (dans son propre rôle, jusqu’à un certain point), John et Ted étant des admirateurs inconditionnels du film de Mike Hodges.

 

Bref, ça fume, ça boit, ça jure, ça copule et même ça pète : tout ce que la censure veille à éliminer dan notre société qui se veut aseptisée et « politiquement correcte » comme on disait autrefois.

Rien que pour ça, Ted est un film à voir !

 

PS : je vous passe les (très) nombreuses références distillée à longueur de film qu’elles soient télévisuelles, musicales ou bien sûr cinématographiques. Vous les trouverez facilement sur le net.

 

(1) Vladimir Propp appelle ça la « transfiguration » du héros (Morphologie du Conte, 1928)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Spielberg
Attrape-moi si tu peux (Catch me if you can - Steven Spielberg, 2002)

Frank Abagnale Jr. (Leonardo DiCaprio) est pilote de ligne.

Ou médecin.

A moins que ce soit avocat.

Toujours est-il qu’une chose est sure : Frank Abagnale Jr. est un escroc notoire aux Etats-Unis, après avoir usurpé plusieurs fausses identités (et les professions qui vont avec) et détourné quelques millions de dollars. Et tout ça avant l’âge de 20 ans…

 

« D’après une histoire vraie »…

Il y a toujours un côté jouissif quand on lit ces quelques mots d’introduction à un film : surtout quand les faits racontés sont d’aussi haute volée.

Certes, les choses ne se sont pas passées exactement comme ça, mais tout de même : quel numéro !

Il faut dire qu’il a de qui tenir : son père, Frank Abagnale Sr. (Christopher Walken) a lui aussi un côté embobineur très marqué mâtiné d’une propension au mensonge.

Pas étonnant alors que Frank Jr. tourne ainsi.

Tout commence avec l’usurpation d’un professeur remplaçant de français en 1963 (il a alors 15 ans) et se termine 6 ans plus tard, en France, avec son extradition.

C’est d’ailleurs cette extradition qui introduit ces six années, le reste n’est qu’un long flashback qui met aux prises Frank avec Carl Hanratty (Tom Hanks), agent du FBI.

 

Il est clair que Frank est un personnage de Spielberg à part entière : tout comme Roy Neary (Rencontres du 3ème Type) ou Ray Ferrier (La Guerre des mondes), Frank est un grand gamin. Mais à l’inverse de ses deux aînés, quand commencent ses exploits, il n’a que 15 ans ! Il est un grand ado sans cesse dans une fuite en avant : fuite de sa famille, fuite de sa condition, mais surtout fuite de ses responsabilités.

La fuite de sa famille s’explique surtout par un divorce qui le met pour la première fois face à ses responsabilités : il doit choisir entre ses deux parents celui qui l’accueillera. Ce choix lourd et d’une certaine manière inhumain va conditionner les six années qui vont suivre, cette fuite en avant perpétuelle et fatigante qui l’amènera dans une prison de Marseille, en décembre 1969.

La fuite de sa condition s’explique tout d’abord par le manque d’argent et l’audace : fauché il va commencer à usurper les fonctions lucratives avec un opportunisme qui force le respect, s’appuyant sur le personnel – essentiellement féminin – en reprenant la technique de séduction de son père (encore lui).

Mais cette fuite est avant tout une fuite de ses responsabilités, qui va culminer quand le FBI va se rapprocher un petit peu trop de lui. Frank se rend compte que ce qu’il a fait pendant toutes ces années a des conséquences : on ne peut narguer les autorités impunément.

 

Bien sûr, les acteurs sont impeccables – pouvait-on attendre autre chose ? – et le duel à distance entre Leonardo DiCaprio et Tom Hanks est très réjouissant, leurs différences de caractères et de fonctions auxquelles s’ajoutent le thème récurrent de la vérité est très savoureux.

Bref, si ce n’est peut-être pas le meilleur film de Spielberg, c’en est tout de même un bien sympathique qui nous est proposé ici. On s’amuse autant que Frank le fait au début et on prend vite fait et cause avec ce personnage tout de même haut en couleur dont la maxime dantonnienne (dantonnesque ?) semble faite pour lui : « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! »

 

Je ne terminerai pas sans mentionner le générique animé qui présente les différents participants du film : à l’instar d’une ouverture d’opéra, on y trouve un résumé de l’intrigue du film dans lequel on identifie clairement les deux principaux protagonistes : Frank et Carl. On assiste déjà à la poursuite de l’un par l’autre jusqu’à l’imminence de l’arrestation : là encore, on ne sait pas (encore) s’il sera arrêté. Ce qui est un peu normal aussi puisque le titre indique « si tu peux » !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Alfred E. Green, #Jack Pickford
The Man who had everything (Alfred E. Green, 1920)

Harry (Jack Pickford) est un riche héritier qui préfère la fête au travail, au grand dam de son père, l’autoritaire Mark Bullway (Lionel Belmore). Bref, c’est un bon à rien qui devient de plus en plus embarrassant pour son géniteur : que faire d’un tel énergumène ?

La réponse viendra d’un aveugle (Alec B. Francis), rencontré par hasard, et qui va lancer une malédiction contre ce jeune homme trop gâté et qui manque cruellement de savoir-vivre (1) : qu’il ait tout ce qu’il désire.

Le vieux Bullway le prend au mot : Harry aura tout ce qu’il désire.

 

Nous sommes dans la fin de la carrière cinématographique de Jack Pickford qui, tout comme Harry, préfère la fête au travail : il s’agit du premier de ses quinze derniers films (sur 137 qu’il a tourné depuis 1909 !) qui s’étaleront jusqu’en 1928.

Bien sûr, l’analogie s’arrête là, mais on peut regretter tout de même un tel gâchis de talent. Certes, il est difficile de s’appeler Pickford avec une sœur comme la sienne, mais tout de même… (2)

Quoi qu’il en soit, on suit avec plaisir les tribulations de ce jeune homme malgré tout sympathique, et les différents interprètes donnent une performance très honnête qui, additionnée à la maîtrise d’Alfred E. Green, font de ce film un produit de bonne facture, même si l’intrigue est un tantinet convenue : très morale et bien sûr, l’expérience va réussir.


Ce qui fait le succès du film, c’est bien sûr le jeu d’acteurs ainsi que le montage qui donne le rythme mais suit aussi le mode de pensée des différents protagonistes : on a plusieurs rappels de la malédiction de l’aveugle mais on assiste aussi au cheminement de pensée des deux Bullway, et surtout celui d’Harry : l’insert de plans de coupe rappelant ses derniers « avantages » obtenus mâtiné d’un rebondissement de l’intrigue (3) illustre très bien cet aspect.

C’est donc du sur mesure pour Jack Pickford, mais on a plaisir à retrouver les vétérans Lionel Belmore et (surtout) Alec B. Francis dans le rôle indispensable du Destin : c’est lui qui va amener la quête de Harry qui va donc se réformer et devenir un type bien : vous avez dit « rédemption » ?

 

Par contre, question actrice, c’est un peu plus limité : deux femmes se partagent Harry, chacune étant l’antithèse de l’autre.

D’un côté la vertueuse Prue Winn (Priscilla Bonner), secrétaire de Mark Bullway et amoureuse transie de l’insouciant Harry ; de l’autre la méchante et calculatrice Leonore Pennell (Shannon Day), qui joue sur deux tableaux : elle a déjà un fiancé, mais l’argent des Bullway est tout de même bien attirant.

Ce dernier rôle est un tantinet outré mais la belle Shannon Day possède les qualités et le charisme pour interpréter cette tentatrice.

 

Bref, un « petit » film – quand on le compare à d’autres productions de cette même année 1920, mais qui possède tout de même son charme et on remarquera la présence dans le département des décors d’un jeune homme (27 ans quand le film sort) qui ira loin dans ce domaine : Cedric Gibbons. Il s’agit ici de son quatrième film, alors qu’il n’a commencé que l’année précédente.

 

  1. Alors qu’il s’apprête à traverser la rue, la voiture des Bullway manque de l’écraser : Harry reproche alors à ce piéton imprudent de ne pas regarder où il met les pieds.
  2. Autre facteur de sa déchéance ? Alors que le film sort (en octobre), son épouse, Olive Thomas vient de mourir le mois précédent.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Edward Zwick
Blood Diamond (Edward Zwick, 2006)

Alors que Bill Clinton tente de se dépêtrer du « Monica Gate » (1999), la Sierra Leone vit une guerre civile sanglante (1991-2002), où les armes des rebelles sont financées par les diamants extraits du sol, extraits par des travailleurs qui ressemblent plutôt à des esclaves, sur lesquels les gardiens ont droit de vie et de mort.

Solomon Vandy (Djimon « Cinqué » Hounsou, formidable) se retrouve dans une de ces « mines », suite au raid meurtrier des RUF (Revolutionnary United Front) sur son village : esseulé, il va chercher des diamants pendant que sa famille s’exile et que son fils Dia (Kagiso Kuypers) est enrôlé dans les soldats de la Révolution.

 

Les différents films d’Edward Zwick traitent tous de l’engagement, et ce film ne fait certainement pas exception. Pourtant, Solomon n’est pas quelqu’un d’engagé : au contraire, il vit à l’écart, dans un village de pêcheurs, et encourage son fils à devenir autre chose : docteur, par exemple. Mais comme expliqué plus haut, l’engagement va le rattraper, ou tout du moins son fils qui va devenir un de ces enfants-soldats, tueurs shootés aux drogues dures, victimes d’un lavage de cerveau indispensable pour effectuer la tâche mortelle qui leur est assignée.

Mais si son fils peut être considéré comme un « malgré lui », Solomon ne s’engagera à aucun moment dans ce conflit fratricide, subissant la violence tout comme la majorité de la population de Sierra Leone.

 

Autre personnage engagé un peu malgré lui : Danny Archer (Leonardo DiCaprio, toujours  aussi bon).

Mais si Solomon est un personnage monobloc, Archer est un protagoniste complexe de cette intrigue terrible. En effet, son engagement remonte à l’âge de 19 ans quand il rejoint le colonel Coetzee (Arnold Volsloo) et ses mercenaires qui « font le ménage » en Afrique, au gré des gouvernements et des révolutions. Cet engagement précoce va justifier l’aptitude à survivre d’Archer à travers le conflit sierraléonais, et surtout les différentes séquences de violence du film.

Mais c’est la rencontre avec la journaliste Maddy Bowen (Jennifer Connelly, impeccable elle aussi) qui va modifier peu à peu son état d’esprit, passant du soldat mercenaire à la recherche de diamants à celui de soldat engagé pour une cause : celle de Solomon et à travers lui celle de ce pays ensanglanté.

 

Il faut dire que le personnage de Maddy Bowen est l’un des éléments-clés de l’intrigue, montrant qu’une autre voie est possible : on peut arriver à un résultat encore plus significatif ans pour autant utiliser les armes conventionnelles. Un stylo (1) et un appareil photo peuvent faire au moins autant de dégâts sinon plus qu’une kalachnikov.

Mais le véritable révélateur, c’est l’instituteur (Basil Wallace) qu’ils rencontrent. Benjamin Kapanay est lui aussi un homme engagé de par sa fonction et aussi les élèves qu’il sauve et enseigne : les amputés de la vie (et par le RUF, qui reprend à son compte une pratique coloniale instituée par le roi des Belges Léopold II).

 

Zwick décrit donc le processus qui va amener les engagements successifs de ses personnages essentiellement adultes tout en menant en parallèle celui de Dia et de ses congénères enfants. Et si les différentes séquences qui voient le RUF investir les villages et tuer les populations sont d’une grande violence, le parcours de ces enfants soldats est encore plus insupportable : outre le lavage de cerveau, la première exécution que Dia va effectuer est des plus traumatiques : elle va expliquer la rencontre – inévitable – avec son père venu le chercher et l’enlever de cet environnement mortifère.

 

Encore une fois, Edward Zwick nous propose un film choc où la violence n’est aucunement édulcorée (2), et la réalité aucunement occultée : on y suit les différents rouages d’un trafic international qui prend ses racines dans la vie et surtout la mort de femmes et d’hommes. Cela va de l’extraction dans des conditions terribles jusqu’à l’hypocrisie de la maison Van de Kaap qui régule le marché mondial du diamant et qui finance en sous-main ce trafic qu’elle est censée dénoncer – ce qu’elle fait bien sûr.

 

Bref, un film choc où les personnages ne sont pas les seuls engagés : dénoncer ces pratiques est aussi un engagement.

 

  1. En anglais, prendre une photo se dit aussi shoot, comme tirer pour une arme.
  2. Même si nous sommes au cinéma, et que par conséquent ce que nous voyons n’est pas « pour de vrai ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Théâtre, #Société, #Artiflette
Les Copains d'en bas (Compagnie Artiflette, 2020)

Ils sont trois : Lakda, Casquette et Barbichette.

Ce sont ces voisins d’en bas, et pourtant, ce n’est pas vraiment là qu’ils habitent. Ils cohabitent.

Ils cohabitent avec Ben (Ignace Fabiani) et Charlotte (Claire Davienne) qui se sont installés depuis un an et demi dans une cité populaire, dans le cadre de la « mixité sociale ». Ben et Charlotte habitent tout en haut de la cage d’escaliers où évoluent ces trois voisins bien encombrants : ils se livrent à un trafic de haschisch et reçoivent leurs clients dans l’entrée, là où il y a plus de place.

Mais à l’arrivée de leur fille Léa se conjugue l’intensification du trafic amenant les interventions extérieures inévitables (police) : est-ce un environnement pour élever une fille ?

 

Magnifique. Brillant. Très juste.

 

C’est un spectacle formidable qui est proposé aux spectateurs. D’un point de vue esthétique d’une part, et de par son contenu d’autre part.

La mise en scène de Juan Antonio Martinez y Carrion est en parfaite adéquation avec le propos de la pièce. Le décor y est sobre, deux chaises, des plints et quelques accessoires rappelant un peu un intérieur mais qui servent tout de même dans les « scènes » extérieures. Bref, un décor aussi universel que le thème de la pièce : l’humain.

L’autre élément important dans la mise en scène est l’utilisation de la lumière qui rythme la succession des journées, jouant sur l’intensité du flot lumineux en fonction des circonstances plus que des moments de la journée. Et cet éclairage joue beaucoup avec des moments de silence, judicieusement aménagés pour permettre au spectateur d’intégrer pleinement ce qu’il vient de vivre à travers les deux interprètes.
Autre élément marquant de cette pièce-chronique : la place de la musique. Qu’elle soit réalisée en live par Charlotte/Claire ou utilisant des chansons enregistrées (rap), elle reste centrale au développement des différentes situations, empruntant, pour les parties au violoncelle des teintes exotiques qui ne sont pas sans rappeler certaines mélopées dites « orientales ». On peut toutefois objecter à la musique de prendre parfois un peu trop le pas sur le texte, empêchant alors la compréhension complète des paroles de Ben/Ignace (1).

 

Parce que le plus important, c’est ce qui est dit.

Les différents « petits » événements qui sont relatés – pour la plus grande partie – par Ben sont facilement identifiables mais surtout parlants pour les spectateurs, tant ce qu’il se passe peut être transposé partout ailleurs en France. Certes, en région parisienne il n’y a pas la mer – Wahid, le « grand cousin » aime aller regarder la mer, ça le détend – mais on y retrouve les mêmes gens avec les mêmes préoccupations et les mêmes problèmes.

Et la force du spectacle, c’est de ne pas occulter les différents aspects de la « mixité sociale » recherchée par le couple de narrateurs.

On ne tombe à aucun moment dans un quelconque misérabilisme mais pas non plus d’angélisme. Le fléau apporté par ces « voisins d’en bas » - le trafic de drogue – est une réalité incommode pour les habitants qui en deviennent alors les victimes collatérales : quelle attitude adopter ?

 

En effet, la position de Ben et Charlotte devient vite intolérable : alors qu’ils avaient choisi un « petit » immeuble (5 étages seulement) parce que le trafic, c’était dans les « grands » (15 ou plus), ils se retrouvent confrontés malgré tout à ce problème. Et si le trio infernal (Lakda-Casquette-Barbichette) est compréhensif, il n’en va pas toujours ainsi ailleurs. Et à l’instar de Ben et Charlotte, de nombreux habitants de ces cités déménagent, refusant de supporter la mainmise des dealers sur les cages d’escaliers et les halls d’entrée, menaçant les vrais habitants s’ils ne veulent pas s’en aller.

Et appeler la police n’est plus une solution : elle ne se déplace plus beaucoup, ou bien si elle le fait, les habitants se retrouvent avec une nouvelle menace née de la dénonciation. Et ça, c’est très difficile à vivre, même en essayant de discuter avec les principaux intéressés.

 

Et les pouvoirs publics dans tout cela ?

On assiste à un moment à la venue d’une élue dans ce quartier « mixte ». C’est normal, c’est une période d’élections (l’action se situe en 2014, année de Municipales) : sur un rythme soutenu, elle traverse la cité sans vraiment y faire attention, avec architectes et représentant du club de jeunes, suivie par une foule bigarrée plus ou moins conquise. La contestation exprimée par le rappeur Djamel est vite éteinte par un service d’ordre très présent (2).

Et ce cortège traverse le quartier comme une pluie d’été, rapidement évaporée, ne laissant aucune trace de son passage…

 

Pourtant, une (la ?) solution est bien là : la rencontre. Mais pas une rencontre éphémère, motivée par un enjeu électoral : il faut se rencontrer et se parler. Ouvrir au monde ce qui devient de plus en plus un ghetto que les pouvoirs publics abandonnent progressivement, laissant la place aux autres : la délinquance ou/et la religion.

Ne plus isoler ces ilots où cohabitent de très nombreuses personnes de plus en plus obligés de subir une situation intolérable et inacceptable.

Et en cette année électorale, la pièce de la compagnie Artiflette pose les vrais questions, donnant après le spectacle la possibilité aux spectateurs d’en discuter : avec ses voisins, mais aussi avec le public en entier, avant de poursuivre devant un verre, de manière plus informelle, mais pas obligatoirement moins importante.

 

Merci donc à vous trois, Claire, Ignace et Juan, pour ce spectacle subtil et intelligent. Merci de nous montrer que ce monde mixte est possible – même si je fais partie des convaincus – voire souhaitable.

Je continue à penser que c’est de la différence que naît la richesse et cette pièce en est une très belle illustration.

Je vous souhaite une grande tournée triomphale : elle serait amplement méritée !

 

  1. Ma voisine – malentendante – n’a pas tout entendu, ni donc compris, ce qu’il se disait.
  2. Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Simon Curtis, #Drame
La Femme au tableau (Woman in Gold - Simon Curtis, 2015)

Le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer de Gustav Klimt a été spolié à la famille en  1938.

Soixante ans plus tard, alors que l’Autriche décide de restituer les biens spoliés par les nazis aux familles juives.

Sauf que si c’était simple, Maria Altmann (Helen Mirren) n’aurait pas besoin d’un avocat – E. Randol Schönberg (Ryan Reynolds), mais surtout, le tableau lui reviendrait de droit et tout de suite.

Mais il y a une marge, voire un gouffre, entre les bonnes intentions et la réalité.

L’Autriche n’a certainement pas l’intention de rendre un tableau aussi emblématique, fleuron du Belvédère, le musée des Beaux-Arts de Vienne.

 

Ce n’est qu’à la toute fin qu’on nous précise qu’il s’agit d’une histoire vraie, celle de Maria Bloch-Bauer Altmann, rescapée d’une famille juive autrichienne. Tout commence à la mort de sa sœur Luise : Maria, héritière malgré elle des affaires de sa sœur, souhaite récupérer le portrait que Klimt a peint de sa tante Adèle (Antje Traue) en 1907.

Nous assistons alors aux différentes phases de cette entreprise qui devient juridique – l’Autriche ne veut pas se séparer de son fleuron – qui amène Maria et Randy (c’est plus court) jusqu’à la Cour Suprême, dirigée par un Jonathan Pryce bref mais savoureux.

 

Evidemment, cet aspect authentique nous engage à trouver le film sympathique, mais c’est sans compter sur le duo Helen Mirren/Ryan Reynolds. Ils sont tous les deux complètement dans le ton et offre un numéro de duettiste des plus convaincants. C’est un plaisir de les voir évoluer devant nous avec l’évolution inévitable : au début, Schönberg (petit-fils d’Arnold) n’a rie à faire de cette vieille dame qui le consulte pour des vieilleries. Et en cela, cette attitude résonne aujourd’hui quand on apprend que les jeunes générations (pas seulement aux Etats-Unis !) n’ont aucune véritable idée de ce que fut la Shoah.

Le combat de Maria devient alors autant un combat de mémoire que de justice. Mais le film n’insiste pas sur cet aspect, le reste étant – à mon avis aussi – suffisamment important.

 

Quand le film sort, le tableau a été rendu à Maria depuis un moment déjà, mais surtout il orne les murs de la Neue Gallery (New York) depuis 2006.

L’enjeu devient alors subalterne, même s’il est important de préciser au monde – la plupart des spectateurs ne sont pas obligatoirement des spécialistes de l’art pictural (1) – que l’Autriche fut contrainte de restituer ce bien spolié par les nazis.

Et c’est la force du film : le rôle joué par l’état autrichien dans le nazisme.

 

A l’instar des films sur le nazisme, il est rare de voir un point de vue qui met en cause un autre état que l’Allemagne dan la responsabilité du nazisme et surtout de ses crimes.

Et Simon Curtis prend son temps pour faire éclater la vérité : ce sont tout d’abord ,des flashes en noir et blanc qui émaillent la narration, quand Maria repense à sa jeunesse à Vienne, avant que ces flashes deviennent un souvenir à part entière qui la voit, avec son mari Fritz Altmann (Max Irons, le fils de Jeremy) contrainte de quitter ce pays qui fut le sien.

Simon Curtis (encore lui), prend le parti du noir et blanc pour les souvenirs (essentiellement douloureux) mais ne s’interdit pas quelques incursions en couleur dans le temps présent.

 

Ces sont surtout les souvenirs de Maria qui lui viennent en mémoire à mesure qu’elle évolue dans les différents quartiers de Vienne : la couleur prend possession de l’écran, mêlant avec beaucoup de bonheur le passé et le présent. On retrouve alors le sentiment des gens qui se souviennent : ce n’est pas la réalité mais malgré tout ça y ressemble terriblement. Et cela inscrit cette tante dans un présent universel, celui des souvenirs.

Et on peut saluer le travail de casting qui fit choisir Antje Traue dans le rôle d’Adèle : certes, on ne pourra jamais retrouver l’exacte réplique d’une personne, mais elle est une Adèle des plus crédibles, véritable modèle – en moins triste – de Klimt (2).

Et puis soulignons-le ici : Helen Mirren est une très grande actrice !

 

  1. C’est mon cas, ce film m’a appris cette histoire.
  2. La ressemblance en devient « époustouflante », comme le dit Marc Isaïe.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Rob Cohen
Hurricane (The hurricane Heist - Rob Cohen, 2018)

Un braquage pendant un ouragan.

En voilà une bonne idée !

On ajoute à la panique un aspect opportuniste franchement immoral très prometteur.

Mais, là encore, les limites sont atteintes et ce qui aurait pu être une vraie bonne idée se transforme en baudruche, se dégonflant progressivement alors que le cyclone lui, gagne en intensité.

Mais reprenons.

 

Tout commence en 1991, pendant le cyclone Andrew. Les enfants Rutledge voient leur père écrasé par un réservoir au plus fort de la tempête.

Vingt-cinq ans plus tard, on retrouve ces mêmes enfants – adultes, bien sûr – à l’approche d’une nouvelle tempête exceptionnelle (1).

Dans le même temps, un convoi de billets usagers arrive au centre de destruction de Gulfport (Alabama).

Alors que la ville se vide du fait de l’imminence de la catastrophe annoncé&e, une bande de voleurs termine les derniers préparatifs d’un coup exceptionnel (lui aussi) : voler les centaines de millions de dollars qui attendent la remise en marche de la déchiqueteuse.

Et les enfants du début (adultes maintenant) ? Ils aident.

 

Dommage.

C’est le mot qui me vient naturellement pour exprimer ce que je ressens sur ce film.

Dommage parce qu’il y a de bonnes intentions, et on pourrait presque y croire s’il n’y avait certaines incohérences. Tout d’abord le fait que Will (Toby Kebbell), le cadet des deux frères, malgré l’expérience traumatisante initiale soit météorologue, mais ça, c’est le moins important.

Le plus incohérent, à mon avis, c’est de voir des voitures s’envoler et dans le même temps des humains réussir à avancer sans dévier de leur trajectoire.

Même Keaton ne l’a pas fait (Steamboat Bill Jr.) !

Et le problème avec ce genre d’incohérence, c’est qu’à partir du moment où on l’a identifiée, on ne peut plus la chasser de son esprit, revenant sans cesse polluer l’action qui continue son cours.

 

Côté catastrophe, nous sommes servis. Si on met de côté ce dont je parlais précédemment, le reste des effets de la tempête (2) est plutôt bien rendu. Outre les voitures volantes, ce sont les maisons qui s’envolent (quand elles ne sont pas réduites en poussières…) sans aucune comparaison avec celle de Dorothy dans The Wizard of Oz.

Bref, du très grand spectacle !

Mais si le film ne fonctionne pas comme on aurait pu le prévoir, c’est aussi dû au scénario qui oublie un élément primordial du film de braquage : la préparation.

Certes, ici les voleurs ne sont pas les gentils (3), mais tout de même, un peu plus de complicité avec le spectateur aurait certainement amené un peu plus de clarté dans l’intrigue.

 

Autre élément à charge, les méchants, en plus de l’être sont tout de même un tantinet caricaturaux : entre les hackers obsédés et les hommes de main psychopathes, on se demande comment un tel coup a pu être mis en œuvre !

Quant au chef des méchants, Perkins (Ralph Ineson), son revirement ajoute à l’incohérence du scénario : alors qu’il se targue d’avoir pris possession des lieux sans effusion de sang,  il abat froidement deux hommes sans grande pertinence.

 

Au final, un petit film catastrophe, servi par des acteurs dans le ton certes, mais qui ne peuvent pas rattraper les faiblesses du scénario.

De plus, la présence d’une star incontournable aurait certainement été un plus, mais qui aurait voulu s’engager là-dedans ?

 

  1. Un peu trop d’ailleurs : les ouragans sur Jupiter ont cette même force…
  2. Tammy de son petit nom…
  3. Tout le monde ne peut pas s’appeler Danny Ocean.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peplum, #Alex Proyas
Gods of Egypt (Alex Proyas, 2016)

Du beau, du grand, du merveilleux.

Mais… Ca tombe à plat.

Ca aurait pu bien marcher, l’intrigue autour de la mythologie égyptienne (1) développant un aspect culturel mondial peu exploité au cinéma : habituellement, quand on parle mythologie au cinéma, c’est essentiellement la Grecque qui est concernée. Quant à l’Egypte ancienne, c’est autour de Moïse que se concentre la majeure partie de la production, Cléopâtre mise à part.

Alors quand on lit Isis, Osiris, Horus et Set dans l’intrigue et Nikolaj « Jaime » Coster-Waldau dans la distribution, on se dit qu’on va passer un moment agréable.

Mais non.

 

Pourtant ça brille de partout, les décors sont somptueux, les costumes magnifiques et on n’a pas lésiné sur les effets numériques.

Peut être est-ce d’ailleurs trop : à force de développer des effets tendant vers le superlatif, on en arrive à un trop plein qui a tendance à desservir le film.

Les effets numériques qui permettent des décors extraordinaires ainsi que leur destruction ont tendance ici à accentuer le côté artificiel du film.

Certes, étant dans un univers merveilleux, on peut s’attendre à trouver des décors très stylisés et un tantinet artificiel.

Mais cela ne suffit pas : Kenneth Branagh, dans son Thor, nous montre un royaume d’Asgard merveilleux sans pour autant tomber dans l’artificialité.

 

Et ce parallèle avec cette franchise Marvel n’est pas anodine.

En effet, ces dieux d’Egypte (le titre original, pour celles et ceux qui ne parlent pas toujours bien la langue de Shakespeare) sont les super-héros de l’Antiquité. Et Alex Proyas joue là-dessus, leur donnant certaines attitudes et surtout positions qui ne sont pas sans rappeler celles des Marvel.

Mais là encore, ça lasse : à force de trop en faire, on arrive à l’effet inverse.

On se retrouve alors avec un film qui s’apparente plus à du théâtre filmé, hormis les quelques séquences d’action et de combat. Le jeu devient alors ampoulé et on a tendance à décrocher face à cette accumulation pompeuse.

Je me suis même surpris à penser à Blake et Mortimer et Olrik, m’attendant à ce que quelqu’un s’exclame : « Par Horus, demeure ! » Mais cela n’est pas arrivé.

 

Avec tout ça, je me rends compte que je n’ai même pas parlé de l’intrigue principale : alors qu’Osiris (Bryan Brown) va couronner son fils Horus (Jaime Lannister, donc), arrive son frère Seth (Gerard Butler) qui le poignarde et prend la couronne.

Horus va alors tenter de regagner son titre (2), aidé par un petit voleur plein de ressources, Bek (Brenton Thwaites) qui aime la (très) belle Zaya (Courtney Eaton).

S’ensuit des péripéties plus ou moins ésotériques pour se finir dans une résolution malheureusement trop convenue, où la porte de sortie inhabituelle est finalement refermée : la fin absolument heureuse restant privilégiée.

Hélas.

 

 

  1. L’Egypte a toujours fasciné : ses monuments, sa cosmogonie et sa magnificence étant parmi les plus remarquables.
  2. Le parallèle sportif n’est pas si anodin que cela, encore une fois.

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