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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Permis de tuer (License to kill - John Glen, 1989)

Après un épisode précédent un tantinet insipide, Timothy Dalton/James Bond revient deux ans plus tard dans une nouvelle aventure mêlant espionnage, jolies filles et scènes spectaculaires.

Fort des différentes critiques qui avaient pu émailler le film précédent, John Glen dirige pour la cinquième et dernière fois l’autre agent secret britannique le plus apprécié au monde (1).

On retrouve ici la marque James Bond dans une meilleure forme, avec un Timothy Dalton lui aussi aux taquets, donnant un visage plus réaliste de l’agent secret, et par conséquent beaucoup plus noir.

 

Ca commence plutôt bien puisque c’est le mariage de son vieux complice Felix Leiter (David Hedison qui avait déjà eu le rôle dans Live and let die en 1973). En plus, l’infâme trafiquant Franz Sanchez (Robert Davi) a été repéré alentour.

Après l’avoir arrêté et le mariage expédié, James retourne à son boulot. Sauf qu’entretemps le même  s’est évadé, qu’il a fait tuer la femme de Felix et que ce dernier est mutilé gravement.

C’est donc un combat à mort qui va se dérouler entre Bond et l’ignoble Sanchez.

 

Pour leurs adieux au personnage, John Glen et surtout Timothy Dalton nous offrent un spectacle de bonne facture, même si encore une fois, l’intrigue est prévisible.

Mais malgré tout, on s’amuse à voir toutes ces péripéties s’enchaîner sur un rythme soutenu sans être pour autant enivrant, et les deux James Bond Girls – le nombre a doublé depuis l’opus précédent – sont très jolies et pleines de ressources. Surtout Pam Bouvier/Kennedy (Carey Lowell qui a surtout tourné pour la télévision depuis), qui se pose en tenante du titre devant (la très belle aussi) Lupe (Talisa Soto), très habile de ses mains dans différentes situations…

 

Et puis il y a le méchant. Encore une fois, il doit être terrible pour assurer au film un  peu de succès : Robert Davi est ignoble à souhait, entouré de crapules loyales qui ne déparent pas auprès de lui. Bref, on a de quoi avoir un film intéressant, et il n’est pas question de bouder son plaisir.

Ca se bat donc dans les airs, sous la mer et même sur terre avec en prime une séquence de destruction finale – inévitable elle aussi – de haute qualité pyrotechnique.

Et comme c’est John Glen, on a droit à sa petite touche personnelle : ce sont à nouveau des pigeons qui sont sur le chemin de Bond. Où et comment, c’est à vous de le découvrir.

 

Bien sûr, on retrouve Q (Desmond Llewelyn), ainsi que Miss Moneypenny (Caroline Bliss) et M (Robert Brown qui fait lui aussi ses adieux à la série), bien que ces deux derniers soient plus là pour l’anecdote, leurs rôles étant limité au minimum et n’apportent pas grand-chose à l’intrigue.

Et une fois n’est pas coutume, Q se retrouve en première ligne, avec tout le plaisir (visible) que cela lui procure, sans oublier les jeunes femmes qu’il récupère dans le même temps…

 

Bref un épisode qui roule, où  tout le monde prend plaisir à participer et où finalement, on se dit que Timothy Dalton n’est pas si mal dans le rôle. Surtout qu’il est beaucoup plus jeune que son prédécesseur.

Seulement voilà, c’est son dernier épisode. Et le générique de fin a beau annoncer que Bond reviendra, il faudra attendre tout de même 6 ans !

 

Mais ceci est, bien sûr, une autre histoire.

 

(1) Le premier, c’est bien sûr Austin Powers… A moins que ce ne soit Johnny English !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #John Emerson, #Douglas Fairbanks
Douglas dans la Lune (Reaching for the Moon - John Emerson, 1917)

« Douglas dans la Lune ».

Vous imaginez bien ma déprime quand j’ai découvert le titre français de ce film de John Emerson, Reaching for the Moon (1).

Surtout qu’une séquence (brève) d’introduction nous montre Douglas Fairbanks sur un escabeau tenant d’attraper l’astre nocturne.

Je ne sais pas qui a dit pour la première fois Traduction=Trahison, mais il devait connaître les traducteurs du cinéma français…

 

Quoi qu’il en soit, nous retrouvons Douglas Fairbanks dans une comédie un tantinet absurde (comme d’habitude, j’aurais tendance à dire…), où il est Alexis César Napoléon Brown (2), fils d’une femme morte en couche qui avait quitté la Vulgarie (« Vulgaria » en VO), le laissant avec ses trois prénoms prestigieux (3).

Alexis travaille chez Mr. Bingham (Richard Cummings) qui fabrique des boutons. Mais cet emploi ne le satisfait pas : il aspire à de grandes choses.

Alors quand le premier ministre de Vulgarie, Sergius Badinoff (Eugene Ormonde) lui propose le trône vacant du pays, Alexis saisit sa chance et part pour cet état lointain.

Bien sûr, cet état n’est rien d’autre qu’un pays d’opérette où  les méchants sont facilement identifiables, et en particulier leur chef, Boris le Noir (Frank Campeau), qui ne rêve que d’une chose : la couronne pour lui, et ce malgré ses sollicitudes fausses.

 

Douglas Fairbanks, ici, est encore dans la construction de son personnage : ça ne bondit pas encore beaucoup, même si ça brette un peu.

Il est avant tout un idéaliste rêveur qui n’a besoin que d’une chose : garder les pieds sur terre. Mais on retrouve déjà la fougue qui ne le quittera plus. John Emerson est lui aussi au début d’une carrière prolixe (7 films) avec la future star, et comme avec Christy Cabanne ou encore Allan Dwan, on sent que le courant passe bien entre les deux hommes.

 

Evidemment, le scénario de John Emerson et Anita Loos – sur une histoire de Joseph Henabery (on est vraiment bien entouré !)– n’est absolument pas réaliste. Mais cela tombe bien : nous sommes au cinéma.

On retrouve la tendance à l’exotisme des années 1910s qui déplace cette intrigue dans un pays méditerranéen qui n’est pas sans rappeler Venise du fait de son canal. De plus, les personnages stéréotypés amènent un aspect comique indispensable dans ce genre d’intrigue : à peine débarqué dans cet état, Alexis devient la cible de conspirateurs qui, heureusement, sont très maladroits : il se fait tirer dessus sans discontinuer, et sans jamais être touché ; agressé dans les souterrains, il se défait aisément de ses adversaires…

Sans oublier un décalage là aussi inévitable entre la fonction et l’homme : Alexis, malgré ses racines, est avant tout américain et règle ses problèmes à l’Américaine, bousculant alors l’étiquette, comme dans la scène du bal et surtout son after party.

 

Cette séquence est l’occasion d’un autre moment comique : l’arrivée de la princesse Valentina (malheureusement, je ne sais pas qui l’interprète).

Promise dès la naissance au futur roi, elle se découvre lors d’un bal en son honneur. Emerson joue jusqu’au bout sur l’anonymat de cette princesse, retardant le plus possible son apparition.

Et l’effet est là : elle apparaît accompagnée d’une suite de laiderons dont elle est – naturellement – la cheffe : grande, maigre et aux formes peu rebondies, c’est un cauchemar pour Alexis. Cette apparition sera le début de a déchéance qui le ramènera à New York.

Par contre, je ne vous dirai pas comment tout cela se passe. Gardons un peu de mystère, que diable !

 

Décrocher la Lune (désolé, mais je préfère ce titre) est une autre de ces curiosités dont recèle le cinéma muet et dont la (re)découverte apporte beaucoup de plaisir au spectateur, montrant que le cinéma muet, ce n’était pas que des tartes à la crème et des coups de pieds au cul (4), le tout dans un rythme effréné.

 

PS : à noter la présence derrière la caméra du jeune Victor Fleming, et aux côtés de Eugen Ormonde, un autre grand, Eric von Stroheim.

 

  1. Décrocher la Lune.
  2. Notez la grandeur des prénoms associée à un nom des plus communs.
  3. Si César et Napoléon sont facilement identifiables, Alexis est le prénom du roi de Vulgarie.
  4. Ces deux éléments comiques n’étant pas non plus à bannir : Keaton Chaplin ou encore Lloyd ayant usé de ces artifices pour faire rire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Fred Zinnemann
Le Train sifflera trois fois (High Noon - Fred Zinnemann, 1952)

Mythique.

 

Dimanche matin à Hadleyville. Pendant que certains vont à l’église, Will Kane (Gary Cooper) se marie avec la belle Amy (Grace Kelly).

C’est aussi ce matin-là qu’arrivent Jack Kolby (Lee van Cleef), Jim Pierce (Robert J. Wilke) et Ben Miller (Sheb Wooley), pour accueillir Frank (Ian MacDonald), le frère de ce dernier.

Frank revient après avoir été libéré. Il retourne à Hadleyville pour tuer celui qui l’a fait condamner : le marshal Kane.

 

Fred Zinnemann, servi par la musique inoubliable de Dimitri Tiomkin, signe ici l’un des plus grands westerns du cinéma, soutenu en outre par une distribution impeccable.

Gary Cooper est – encore une fois – extraordinaire, dans le rôle de ce shérif abandonné de tous, même de sa femme, alors qu’il sait que sa vie ne tient plus qu’à un fil.

Il exprime toute la douleur et toute la solitude humaine face à la mort dans ce rôle, à la croisée des chemins de l’honneur, du courage et du devoir.

Sa position – celle de Kane – n’est pas si simple que ça. Certes, Miller est revenu le tuer, et fuir eût été la solution pour un homme normal, mais Kane n’est pas cet homme-là.

Il ne peut fuir sans cesse son destin – celui d’affronter Miller – car s’il fuit maintenant, ce ne sera que pour déplacer le problème et gagner un léger sursis : l’affrontement doit avoir lieu, alors pourquoi attendre ?

 

En restant affronter Miller, c’est un dernier service qu’il rend à la ville qui l’a vu la protéger pendant de nombreuses années.

Mais qu’en est-il de la ville ? Si certains sont disposés à lui venir en aide, ils ne sont pas les plus nombreux, mais surtout c’est le fait de rester qui amène le danger sur cette même ville : en partant, il aurait déplacé son problème, mais surtout, les habitants auraient certainement été débarrassés de Miller, temporairement tout du moins.

C’est d’ailleurs ce que lui déclare le maire Henderson (Thomas Mitchell, pour une fois sobre dans un western) pendant le débat qui a lieu dans l’église alors que Kane est venu recruter des adjoints.

Il y a dans cette intervention comme dans toutes autres qui émaillent les différentes tentatives de Kane une façon élégante de décliner l’offre sans pour autant passer pour un lâche voire un traître. Mais si les arguments semblent légitimes, ils n’en reviennent pas moins à la même conclusion : Kane sera seul pour affronter les quatre bandits.

 

Mais c’est cet affrontement qui fait la force du film de Zinnemann. En effet, alors qu’on est habitué à des justiciers solitaires qui nettoient la ville sans aide ni hésitation, Zinnemann nous montre ici un justicier malgré lui, obligé de réparer une erreur judiciaire : la libération de Miller (1).

Et surtout, ce justicier se sent faible et abandonné de tous (normal, c’est le cas). Un plan résume formidablement cette idée : Kane sort de son bureau et se retrouve dans la rue, de plus en plus seul à mesure que la caméra prend de la hauteur et révèle cette rue absolument déserte, la hauteur le rendant plus petit et encore plus seul.

 

Mais ce qui ressort avant tout, c’est la gestion de la tension.

Zinnemann mène l’intrigue de main de maître en la graduant en fonction de la solitude grandissante de Kane. C’est à chaque fois un nouvel événement qui va le rendre plus seul et le décourager toujours plus.

Et quand le dénouement approchera, avec l’arrivée imminente de Miller, Zinneman nous renverra à tous ceux que Kane a démarchés et qui ont répondu non à son appel, certains espérant d’ailleurs qu’il n’en sortirait pas…

Cette revue de détail se fait alors que la caméra se rapproche de plus en plus des personnages filmés, pour finir sur le cadran de l’horloge indiquant qu’il est midi (2).

 

Autre composant originale pour un western de 1952 : les femmes.

Elles sont deux (3) et d’une certaine manière sont identiques, ou plutôt complémentaires. De par leur statut et leurs attitudes.

La première, c’est donc Amy que Kane vient d’épouser. C’est une quaker qui refuse les armes, ce qui est un paradoxe quand on connaît le métier de Kane : pourtant, il compte partir avec elle pour établir un commerce !

L’obstination de son mari tout neuf (le film commence à leur mariage, un peu après 10 heures 40) lui est incompréhensible : elle décide donc de partir sans lui.

L’autre, c’est Helen Ramirez (Katy Jurado), l’ancienne « fiancée » du même Kane. Elle fut même fiancée à Miller encore avant. Elle aussi veut partir, mais pour d’autres raisons. Quoi que.

D’un côté, elle craint le retour de Miller, présenté comme un homme détraqué : c’est le genre de personnage capable de tout, et surtout du pire. Mais d’un autre, elle est lasse de cette ville et des hommes qu’elle y a connus, dont le dernier en date Harvey Pell (Lloyd Bridges, le père du Dude) : ce dernier abandonne lui aussi Kane pour des motifs mesquins.

 

Il était indispensable que ces deux femmes se croisent, leurs vies (passée ou future) avec Kane étant leur dénominateur commun. Elles vont d’ailleurs aller ensemble prendre le train, ce qui sera l’occasion de deux éléments très importants de leur impact sur l’intrigue :

  • elles passent devant Kane désespérément seul : l’une regardant le chemin sans détourner la tête (Amy), l’autre fixant et suivant le regard de Kane jusqu’au bout avant de disparaître.
  • Le début de la fusillade qui voit Amy redescendre du train alors qu’Helen reste, imperturbable, ne tournant même pas la tête, qui reste dirigée vers son futur.

La première situation nous ferait presque croire que l’amour pour Kane a changé de camp. Mais la seconde remet les pendules à l’heure (4) : Helen a tiré un trait définitif sur Kane et laisse la place à la belle Amy. Peut-on voir dans ce départ le fait que Kane ne pouvait plus lui revenir, étant marié ?

 

Pour le reste, l’affrontement final tient ses promesses, et si Kane est seul, cela ne l’empêche pas d’être le meilleur mais c’est normal : c’est Gary Cooper.

Mais cet affrontement n’est pas pour autant l’élément le plus important du film Il a lieu, logiquement. Mais c’est tout ce qu’il y a autour qui fait de ce film l’un des plus grands westerns qui soit, par un réalisateur dont ce fut portant la seule incursion dans le genre.

 

PS : A noter la présence (anecdotique) d’un second rôle récurrent du western, Jack Elam…

 

  1. Autre habitude balayée : une erreur judiciaire a toujours lieu contre un innocent. Ici, l’erreur, c’est de ne pas garder un coupable en prison. Et sans toutefois que cela tourne en pamphlet contre une justice laxiste (etc. : refrain connu).
  2. Le titre original : « High Noon » signifie midi, zénith…
  3. Celles qui ont un vrai poids sur l’intrigue, je ne parle pas de celles qui sont les femmes de.
  4. C’est le cas de le dire ici. On remarque d’ailleurs beaucoup de références au temps dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #John Carpenter
Christine (John Carpenter, 1983)

Adapter un livre de Stephen King est souvent un atout pour le succès d’un film. Alors quand John Carpenter s’empare de Christine, avant même sa sortie, on pouvait espérer un thriller intéressant : Carpenter, depuis Halloween, a montré qu’il savait faire peur aux spectateurs, ce que ces derniers sont venus chercher ici.

Et ça marche plutôt pas mal, même si on aurait pu attendre un peu plus de tension autour de cette voiture possédée à plus d’un titre.

 

1957 : fabrication en série de la Plymouth Fury 1958 (1).

Parmi les modèles, une voiture rouge « capricieuse » : le capot avant se referme sur la main d’un technicien pendant ses vérifications. Pire que cela : un autre est retrouvé mort après être passé au volant du même véhicule et surtout avoir fait tomber de la cendre sur le fauteuil du passager.

Vous l’avez compris, Christine est une voiture maléfique et l’intrigue qui va suivre va nous le prouver : Arnold « Arnie » Cunningham (Keith Gordon), amoureux fou de cette voiture à l’abandon, l’achète malgré son passé mortifère (qu’il ne connaît pas).

Cet achat va transformer sa vie : il ne sera plus le même, gagnant en assurance et sortant même avec la « plus jolie fille du lycée », la belle Leigh (Alexandra Paul).

Mais dans le même temps, son attitude se détériore, ce qui désespère ses parents ainsi que son meilleur ami Dennis (John Stockwell).

 

Bien sûr, c’est l’intrigue qui fait le film, même si Carpenter est dans son élément : cette voiture maléfique fascine le spectateur autant qu’Arnie. Il faut dire que le parti pris de Carpenter, de considérer Christine comme un être vivant accentue cette fascination un tantinet morbide. D’autant plus qu’ayant vu ce dont est capable – dès la naissance – cette voiture, on veut savoir jusqu’où ira cette histoire inévitablement macabre.

Cette caméra subjective un tantinet particulière couplée à des effets spéciaux bluffants finit de nous conquérir.

Pas de numérique (nous sommes en 1983) ni de spectaculairement grandiose. Des plans resserrés des différentes parties de la voiture écrasées sous une presse hydraulique, le tout passé à l’envers et le tour est joué : la voiture s’auto-répare sous nos yeux ébahis (2).

 

Bref, c’est un film encore une fois bien léché où Carpenter utilise des acteurs peu connus voire carrément inconnus (John Stockwell, dont c’est le quatrième film est pour la première fois en haut de l’affiche) donnant alors un relief particulier à cette intrigue : l’anonymat virtuel de ces interprètes amène une dimension plus authentique à l’intrigue, la notoriété n’éclipsant pas le jeu des acteurs et actrices.

 

Alors oui, on aurait pu attendre autre chose, avoir plus de place encore pour cette voiture maléfique, mais on est tout de même obligé de saluer le talent de John Carpenter qui est un véritable artisan du cinéma, et qui maîtrise très bien le bricolage qu’étaient les effets spéciaux avant le numérique. De plus, il n’est pas seulement investi dans la réalisation : sa participation (ici) dans la musique originale avec Alan Howarth fait de lui l’un des réalisateurs les plus complets encore en vie.

 

  1. On annonçait l’année suivante pour les modèles afin de persuader le client potentiel qu’il serait en avance sur son temps en possédant un tel produit.
  2. Enfin n’exagérons pas non plus !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Road Movie, #Peter Weir, #Ed Harris
Les Chemins de la liberté (The Way back - Peter Weir, 2010)

Janusz (Jim Sturgess) est envoyé en Sibérie, convaincu (faussement, cela va sans dire) d’espionnage.

Là il rencontre d’autres hommes qui, comme lui ne sont pas là volontairement.

Avec une poignée d’entre eux, il va s’évader, traverser la Mongolie, pousser jusqu’au Tibet puis traverser l’Himalaya pour arriver en Inde.

Bien sûr, tous ceux qui sont partis avec lui n’arriveront pas au bout du voyage.

Qu’importe : ils sont morts libres.

 

Evacuons tout de suite le prétexte à polémique : l’intrigue s’appuie sur un roman de Slawomir Rawicz dans lequel il raconte son périple jusqu’en Inde. Sauf qu’il n’y est jamais allé.

Mais qu’est-ce que ça peut faire ? Comme le dit le journaliste dans L’Homme qui tua Liberty Valance : « publiez la légende ! »

Et là, comme c’est Peter Weir, le cinéaste du passage qui est aux commandes, le film devient plus beau que la légende.

 

C’est un road movie particulier (1) qui nous est proposé ici parce que les personnages ne se déplacent qu’à pieds, réalisant une marche de plusieurs milliers de kilomètres qui va les amener au bas des pentes de l’Himalaya, au milieu des plantations de thé.

Mais tout comme n’importe quel autre road movie, les personnages arriveront au terme de leur quête transformés voire transfigurés, sinon, c’est qu’ils ne sont pas arrivés au bout.

Et des huit qui partiront, seuls trois arriveront au bout, dont Janusz bien sûr, puisque c’est supposé être son récit qui est adapté.

 

Et quelle histoire ! C’est un voyage extraordinaire qui est ici raconté, où chacun à un moment ou à un autre aura son heure de gloire, ses espoirs et ses moments de découragement, s’accrochant au cap donné régulièrement par ce même Janusz, descendant toujours plus au sud, vers cette liberté qui n’est donc pas toujours au bout du fusil.

Forcément, les paysages sont grandioses, ce qui transcende l’aspect légendaire du film, accentuant l’aspect surhumain de l’exploit.

 

Mais ce sot tout de même les différents interprètes qui donnent une épaisseur au film, jouant des personnages très humains (voir plus haut).

Si Janusz se retrouve en meneur d’hommes, c’est avant tout parce qu’il est à l’origine du périple, mais aussi parce qu’il possède une qualité fort dispensable dans une telle expédition : la bonté.

C’est Mister Smith (Ed Harris, toujours aussi bon) qui le lui reproche, mais qui va tout de même céder à ce même penchant à mesure que les difficultés vont se multiplier, et surtout avec la venue de LA femme : Irena (Saoirse Ronan).

Smith est un solitaire qui s’st retrouvé dans le communisme par conviction et en est sorti dégoûté et malheureux (allez découvrir son histoire) : il n’accepte qu’à peine ses autres compagnons de route, alors quand Irena les rejoint, il ne peut que refuser sa compagnie.

Pourtant, c’est avec elle qu’il va s’ouvrir.

 

Irena n’est peut-être pas ce qu’elle prétend quand elle rejoint ces hommes, mais sa présence va transformer le groupe, ramener des valeurs humaines à ces hommes dont l’unique idée est d’arriver en Mongolie (2).

Il faut les voir se laver et se raser sur les bords du lac Baïkal (pas le vrai, nous sommes au cinéma) pour avoir le sourire qui apparaît sur nos lèvres, comme un sursaut d’humanité et un désir – naturel ? – de plaire.

 

Et immanquablement, il y a les passages. Ce sont des barrières plus ou moins physiques qui vont être franchies par nos héros dans leur voyage initiatique.

La première, c’est la frontière avec la Mongolie. C’est aussi là qu’un deuxième membre quitte le groupe, et pas des moindres puisqu’il s’agit de Valka (Colin Farrell), un criminel de droit commun très dangereux, mais aussi le seul qui possède un couteau.

Valka, ce sont les instincts primaires de l’homme, ce besoin de survivre à n’importe quel prix : s’il rejoint Janusz c’est avant tout pour éviter d’être tué au camp. A la différence des autres, il n’est pas un prisonnier politique : quand se dresse – moralement – la frontière mongole, Valka choisira de rester en URSS, n’ayant à se méfier que des autres criminels comme lui, la réflexion (politique) n’étant pas son fort.

Mais Valka n’est pas seulement une brute sanguinaire : mais son instinct primaire lui permet de voir qui sont réellement certains, et d’apprécier les qualités des autres.

Un personnage pas si simple que cela.

 

Le deuxième passage, c’est un trou dans la Muraille de Chine qui leur permet de quitter la Mongolie. C’est un autre moment de joie surtout après la traversée difficile et meurtrière du désert de Gobi. Ce passage est le plus dur pour les organismes mais est aussi l’un des plus beaux d’un point de vue photographique.

 

[Attention, une partie de la résolution de l’intrigue va être discutée et donc révélée !]

 

C’est dans ce désert que va les quitter Irena, incapable de survivre dans cet enfer de chaleur. Sa fin a quelque chose de christique dans la forme : non, elle ne permet aucune rédemption, mais c’est son apparence qui va dans ce sens.

Pour se protéger du soleil, on lui a fait un chapeau à partir de végétaux. Ce chapeau sui sera placé délicatement sur la tête, comme une couronne. Mais d’aspect, cela ressemble plus à une couronne d’épines, ce qui annonce(rait) sa fin proche après un véritable calvaire (3).

 

Au final, un très beau film (encore un) de Peter Weir où il suit avec beaucoup de soin et d’attention ces évadés qui deviennent rapidement des vagabonds, fuyant un régime injuste (pour eux et les autres) et s’accrochant à une chimère qui devient leur raison de vivre : la liberté.

Mais cette liberté est au bout du voyage, au-delà de cet horizon qui ne cesse de reculer, la repoussant toujours plus loin, au-delà des limites physiques et humaines, supplice de Tantale auquel seule la moitié d’entre aux survivra.

 

  1. Encore un : ils le sont presque tous !
  2. Le premier objectif était ce pays, mais découvrant qu’il s’agit d’un autre état communiste, les marcheurs décident de descendre encore plus au sud.
  3. N’oublions pas que « passion » signifie aussi douleur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Ben Affleck
The Town (Ben Affleck, 2010)

La « Ville » du titre, c’est Charlestown, dans la banlieue de Boston (Ma.).

C’est une ville où la criminalité n’est pas seulement une idée, où à chaque fois qu’un crime est commis (braquage, cambriolage…) on ferme l’accès à cet endroit criminogène.

Doug McGray (Ben Affleck) a grandi à Charlestown, avec des amis et a évidemment embrassé la carrière de gangster, attaquant banques et fourgons pour le compte d’un chef redoutable parce que calme et froid : Fergie le Fleuriste (Pete Postlethwaite dont c’est l’avant-dernier film).

Parmi ses victimes, Claire Keesey (Rebecca Hall), directrice d’une banque, habite dans cette même « Ville ».
Afin de savoir quelle menace elle représente, Doug la surveille. Et tombe amoureux d’elle.

Pendant ce temps, le FBI essaie de coincer la bande de Doug qui semble la plus apte à avoir entrepris le braquage de la banque de Claire.

 

Deuxième long métrage de Ben Affleck, on y retrouve le côté film d’acteur, avec des personnages bien trempés afin d’assurer un spectacle indispensable dans un genre tout de même bien exploité : le film de gangsters.

D’ailleurs, le modus operandi des braqueurs n’est pas d’une grande originalité, reprenant les masques qui ont fait le succès de pas mal de braqueurs.
C’est donc une suite de braquages pas spécialement spectaculaires mais qui vaut au moins pour les masques du deuxième : des bonnes sœurs !

 

Bien sûr, l’intérêt est ailleurs : c’est ce qui fait la Ville en elle-même : ces jeunes gens prédéterminés à devenir des délinquants de haute volée, sniffant une drogue au rabais entre deux coups plus ou moins fumants.

Aux côté de Ben Affleck, on retrouve Jeremy « Hawkeye » Renner dans un rôle un tantinet inhabituel : Jem Coughlin est un braquer violent qui n’hésite pas à jouer de la gâchette pour imposer ses visions. Il faut dire qu’un séjour à l’ombre (9 ans) ne l’incite pas à vouloir y retourner : il ira donc jusqu’u bout si par malheur un braquage tournait mal.

 

C’est d’ailleurs le cas puisque le dernier braquage est celui de trop, remettant en cause les plans de Doug qui voulait vraiment changer et quitter cette Ville à l’influence néfaste.

Et Ben Affleck (1) réussit à nous donner une fin qui contente tout le monde : la morale est sauve – jusqu’à un certain point – et notre préféré (Doug) s’en sort, mais sans oublier de passer par une (petite) case expiation inévitable puisque nous sommes dans un film américain.

Mais ce n’est tout de même pas la rédemption habituelle, la dimension religieuse était réduite à la plus petite part possible.

 

Alors le film est peut-être convenu, mais il est tout de même bien ficelé et on suit avec beaucoup d’intérêt cette lutte pour se sortir de sa condition : une lutte qui se mord la queue puisque pour sortir de la délinquance, il faut user de ses pratiques.

Alors Doug en sortira.

Mais à quel prix.

 

  1. Avec l’aide de Peter Craig et Aaron Stockard au scénario

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Michael Gracey
The greatest Showman (Michael Gracey, 2017)

Phineas Taylor Barnum (Hugh Jackman) EST (enfin était) ce « maître du spectacle » comme l'ont traduit les Canadiens : c’est lui qui est à l’origine de ces immenses cirques (itinérants) proposant des spectacles à couper le souffle, où  se côtoyaient personnes normales et monstres pour le plus grand plaisir des spectateurs, avides de sensations fortes et de curiosités.

Mais reprenons.

 

Phineas est un garçon qui accompagne son père (Will Swenson) tailleur et malade auprès de clients fortunés. C’est là qu’il rencontre celle qui sera sa femme : Charity (Michelle Williams).

Seul après la mort de son père, Phineas s’engage dans le Chemin de fer et revient quelques années plus tard pour épouser Charity, malgré les sarcasmes de son père (Fredric Lehne).

Mais il faut vivre, surtout avec les naissances de deux filles.

Phineas a alors l’idée de créer un cabinet de curiosités. Mais cela ne marche pas.

Sur les conseils de ses filles, il décide de l’adapter à des curiosités vivantes : ce seront les premiers « monstres » qui seront la base de ce qui deviendra le Cirque Barnum.

 

Il était tout de même temps qu’Hollywood rende un hommage véritable à ce pionnier du spectacle, véritable visionnaire de ce qui allait devenir le « show à l’Américaine ».

Et il faut avouer que ce n’était pas gagné, les personnages qu’il présentait avaient tendance à rebuter les foules.

Mais son opiniâtreté se voit ici récompensée et on passe 104 minutes formidables avec ces personnages hors du commun (ses vedettes mais lui aussi !).

Depuis les années 2010s, on assiste à un retour en force de la comédie musicale avec des résultats fort réjouissants, comme ce film de Michael Gracey qui donne la vedette à un autre maître du spectacle : Hugh « Wolverine » Jackman. Ce dernier n’est pas seulement une bête assoiffée de sang et il a ,déjà su montrer – dans les Misérables- qu’il savait proposer autre chose qu’un mutant musclé à la force surhumaine, et qu’il savait aussi chanter et un tantinet danser. Certes, il ne chante pas toujours (son docteur le lui avait interdit), mais il n’en demeure pas moins un artiste complet dans la lignée de celui qu’il interprète.

 

De plus, avec le succès (mérité) de Lala Land, Gracey a fait appel à Benj Pasek & Justin Paul qui avaient écrit le livret (c’est comme ça que ça s’appelle, il me semble) de ce film, aidés de John Debney et Joseph Trapan qui signent une partition mêlant avec bonheur les sonorités modernes dans un film « en costumes » (nous sommes au milieu du 19ème siècle).

Bref, c’est une belle réussite où  en plus d’une reconstitution historique, on assiste à quelques réflexions philosophiques inévitables dès qu’on parle des vedettes de Barnum : ces « monstres » furent alors des stars, Phineas mettant au point les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui le « show business », et dont les répercussions n’en finiront pas d’émailler le 20ème siècle avec ce qui est – à mon avis, mais je ne crois pas être le seul à le penser – l’un des points d’orgue de l’apport de Barnum au Spectacle (notez la majuscule) : Freaks, de Tod Browning.

Ce film (dont j’ai déjà beaucoup parlé) est complètement dans la vision que Gracey présente de Barnum : Phineas a donné une forme de dignité à ceux qui étaient repoussés sinon chassés voire tués pour leur(s) différence(s). La communauté de Freaks n’est pas éloignée de celle de ce film, où Barnum, par son sens des affaires, sa vision et aussi ses convictions, va créer un statut différent pour ces parias : ils sont des êtres humains à part entière, et qui plus est, les véritables vedettes de ces spectacles gigantesques.

 

J’ai déjà douté ici de la possibilité de la sortie de Freaks de nos jours, le public n’étant pas prêt ni disponible pour voir des « monstres » mener des vies normales.

Ce film me fait penser que j’ai tort.

Et puis de toute façon, le public n’est jamais prêt à voir des choses qui dérangent, alors mainteant ou plus tard...

Mais heureusement Barnum est arrivé et a montré que même si le spectacle semble insoutenable, il y aura toujours des gens pour le voir : des voyeurs, des détraqués, ou plus simplement des humains, qui acceptent les autres pour ce qu’ils sont.

D’autres humains qui n’ont pas obligatoirement eu les mêmes chances au départ.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Star Wars, #J.J. Abrams, #George Lucas
Star Wars, Episode IX : L'Ascension de Skywalker (SW, Ep IX: The Rise of Skywalker - J.J. Abrams, 2019)

Ca y est.

L’équilibre est revenu. Définitivement.

Enfin j’espère.

Quoi qu’il en soit, J.J. Abrams a mit fin à une saga qui commença voilà plus de quarante ans, après un premier film qui se suffisait à lui-même, et dont les développements furent – et c’est le moins qu’on puisse dire – de très différentes factures.

Evidemment, don mon cœur (et dans beaucoup d’autres), la trilogie originale (1977-1983) reste la meilleure, celle qui fit la légende et qui nous (spectateurs d’aujourd’hui) sommes allés voir une dernière fois (j’espère) le combat entre le Bien et le Mal, entre les Jedi et les Sith, avant que le Côté Obscur nous recouvre de ses ténèbres.

 

Bref, c’est d’abord un soulagement de savoir que tout semble fini, mais c’est aussi une petite satisfaction d’être allé jusqu’au bout de cette histoire somme toute fort banale puisqu’elle remonte à la nuit des temps (1) : le Bien contre le Mal est le duel fondateur des civilisations et surtout des religions, ce qui n’est pas anodin quand on parle de la Force qui a une valeur mystique qui va bien au-delà de sa signification première.

Alors certains sont déçus de cette fin qui pourtant me semble des plus logiques, au-delà de l’enjeu manichéen de base.

 

Forte de l’enseignement de Luke Skywalker (Mark Hamill, notre vieux maître jedi à tous), Rey vient affronter une dernière fois le Côté Obscur de la Force, mené jusqu’alors par le terrible Kylo Ren (Adam Driver), qui vient de retrouver la source de son pouvoir : l’empereur Palpatine soi-même ! Et c’est une dernière fois (pour lui aussi) que nous retrouvons Ian McDiarmid pour le rôle d’un des plus grands méchants du cinéma avec Lord Voldemort (Ralph Fiennes) et bien sûr l’immense Sauron.

Rey est secondée par les fidèles Finn (John Boyega), celui qui fut un temps un stormtrooper, et Poe (Oscar Isaac), qui n’est pas pour sa part sans rappeler notre bien-aimé et regretté Han Solo (Harrison Ford).

 

C’est donc, final oblige, une règlement de compte définitif qui nous attend en même temps que Rey, et on a pour cela un grand rappel de ce que fut cette saga pendant plus de quarante ans : outre Leia (Carrie Fisher), Chewbacca (Joonas Suotamo, puisque Peter Mayhew a rejoint Carrie Fisher), C3-PO (Anhony Daniels, toujours fidèle au poste) et R2-D2, c’est Han et Luke qui reviennent, derniers avatars de la trilogie première pour une conclusion où d’une certaine façon, c’est leur monde qui va se terminer. L’avenir est à Rey, débarrassée de tous les oripeaux et des vieilles croyances qui ont tout de même montré leurs limites. Et en prime – en guest star – personne d’autre que Lando Calrissian (Billy Dee Williams, encore en forme malgré le temps passé), qui se retrouve, une fois n’est pas coutume, derrière les commandes de la Faucon Millenium (3).

 

Certes, comme le dit mon ami Farid, c’est un peu téléphoné tout ça et il manque un côté surprenant qui aurait peut-être fait de ce film un grand moment de la saga, surtout quand se trouve à son dénouement.

C’est vrai qu’on se fait un peu balader dans cette histoire aux ficelles parfois un peu grossières.

Par contre, Abrams fait régulièrement référence à l’épisode VI – le Retour du Jedi – allant jusqu’à reprendre l’affrontement final double Rey se retrouve devant Palpatine pendant que l’Alliance (doit-on encore l’appeler ainsi ?) subit de sévères pertes du fait des destroyers qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom (2). Et si Vader n’est plus là pour l’aider, à mon avis, elle trouvera bien un de ses descendants pour lui donner un ultime coup de main.

 

Mais malgré tout, le spectacle est là, et moi qui suis bon public, je me régale. Ca explose de partout, et puis c’est l’ultime occasion de faire un dernier adieu à notre princesse Leia, sa disparition (inévitable elle aussi) prend toute sa dimension quand on se dit que voilà déjà 3 ans que la belle Carrie nous a quittés…

 

Alors faites comme moi, savourez ces derniers instants, ou allez voir ailleurs : l’herbe y est certainement plus verte que sur Tattooine, et il faut en profiter tant qu’il en reste…

 

  1. N’oubliez pas que tout se passe il y a très, très longtemps, dans une galaxie très, très lointaine…
  2. To destroy = détruire.
  3. Ship (vaisseau, en anglais) est féminin…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #DC Comics, #Zack Snyder, #Ben Affleck
Justice League (Zack Snyder, 2017)

Deux ans avant Sophie « Sansa » Turner, c’est un autre interprète de Game of Thrones qui s’illustre (longuement) dans un film de superhéros : Jason « Khal Drogo » Momoa.

Il est ici Aquaman, être hybride moitié Atlante et moitié terrien, que le richissime Bruce Wayne (Ben Affleck) veut recruter pour mettre en place une équipe de justicier, sorte d’Avengers des studios DC.

Parce que nous sommes chez les concurrents de Marvel !

 

Nous retrouvons donc notre ami Batman et la (très) belle Wonder Woman (Gal Gadot), à qui Chris Terrion et Josh Whedon (les deux scénaristes) ont associé deux autres êtres extraordinaires (euphémisme) : Barry « Flash » Allen (Ezra Miller), vif comme l’éclair, et Victor « Cyborg » Stone (Ray Fisher) qui se transforme progressivement en robot de type Iron Man.

Mais malgré cela, il manque tout de même quelqu’un, et pas des moindres : Superman (Henry Cavill) qui, ne l’oubliez pas, est mort dans l’épisode précédent.

Mais comme dans le même temps, un drôle de paroissien vient faire une apparition remarquée, il serait judicieux de trouver un moyen de ramener notre super héros préféré à la vie.

En effet, vient d’apparaître un nouveau super-méchant en la personne (entité ? divinité ? autre ?) de Steppenwolf (voix de Ciarán Hinds), qui n’a rien à voir avec le groupe qui chanta l’inoubliable Born to be wild, sauf peut-être cette sauvagerie (wild) assumée.

Ce dernier n’a que pour ambition de détruire notre monde pour lui substituer un âge des ténèbres (refrain connu).

 

Si les ressorts sont toujours les mêmes, les films Marvel et DC n’ont malgré tout pas les mêmes façons de fonctionner.

Alors que Marvel assume un humour plus ou moins subtil, DC a toujours une facture plus sérieuse dans sa façon d’aborder des thèmes et des personnages qui n’ont rien d’original comparés à ceux de Marvel.

Et les parallèles sont évidents : un riche philanthrope qui rassemble une équipe de superhéros (BruceWayne/Tony Stark) et des associés aux pouvoirs incommensurables et aux attributs plus ou moins communs : le bouclier (Wonder Woman/Captain America) ; un robot à l’intelligence prodigieuse (Iron Man/Cyborg) ; une force surhumaine (Hulk/Superman)…

 

Alors qu’amène ce nouvel opus surhumain ?

De nouveaux affrontements spectaculaires, mâtinés de réflexions – légères – sur la condition humaine, mais surtout la résurrection de Superman qui n’a rien de christique sauf si on le considère comme le Sauveur, ce qui est tout de même son rôle ici !

Mais malgré tout, le pan sérieux l’emporte sur le reste, et on peut alors lui préférer le côté dérision chez Marvel : il faut dire aussi que Tony Stark possède en lui un grain de folie qui fait cruellement défaut à la Chauve-Souris.

L’humour, parce qu’il y en a tout de même, vient des nouveaux venus, Aquaman et surtout Flash qui, sur certains aspects n’est pas sans rappeler le côté naïf et immature de Spiderman.

 

Là aussi, les décors sont somptueux mais ne masquent pas la redondance de l’intrigue : il faut sauver le monde. Fini les petits truands arrêtés quotidiennement dans les rues de Gotham ou Metropolis : La Ligue des Justiciers prend une dimension planétaire pour sauver l’humanité !

 

Bien sûr, ils y arriveront, mais tout comme le film, était-ce bien nécessaire ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Simon Kingberg
X-Men : Dark Phoenix (Simon Kinberg, 2019)

Vingt ans après Famke Janssen, c’est au tour de Sophie « Sansa » Turner d’interpréter le rôle terrible de Jean Grey, surnommée « Dark Phoenix », surtout après les terribles événements du X-Men III (2006), dont d’ailleurs on retrouve certains échos, ce qui me semble tout à fait normal.

On y retrouve aussi un mélange des personnages de la trilogie précédente (avec Xavier (James McAvoy) et Erik « Magneto » Lehnsherr (Michael Fassbender), mais aussi quelques vieilles connaissances de la trilogie « originale » entamée par Bryan Singer.

 

Mais c’est peut-être ce mélange qui mine ce film, confirmé par un succès des plus mitigés lors de son exploitation en salle (1).

En effet, on ne sait pas comment se positionner par rapport à ce  film et surtout par rapport à la place qu’il doit prendre dans la saga qui va fêter ses 20 ans.

En effet, si on retrouve certains personnages et ce malgré les décalages déjà visibles dans l’épisode précédent – X-Men : Apocalypse (2016) – un élément de l’intrigue chamboule tout ce que l’on sait : la mort de Raven/Mystique (Jennifer Lawrence).

Mais surtout, on a du mal à retrouver celle qui fut notre Jean Grey pendant les premières années : certes, elle a mal terminé, mais du fait des ses (trop) grands pouvoirs, c’était un mal nécessaire qu’elle-même reconnaissait.

 

Certes, Sophie Turner est une Jean Grey très appréciable et son expérience en tant que Sansa Stark dans Game of Thrones la prédisposait à un nouveau rôle de femme (très) forte, et de ce côté-là, pas de souci.

C’est plus dans l’intrigue que le malaise s’installe qui va d’une certaine façon déséquilibrer le film et l’emmener loin des préoccupations premières des X-Men et d’une certaine façon ce qui était leur raison d’être : la coexistence pacifique avec les non-mutants et la reconnaissance des mutants comme des citoyens à part entière dans la société (américaine, cela va de soi).

 

Et Simon Kinberg, qui réalise ici cet épisode, occulte cet aspect relationnel humain/mutant au profit du spectacle, tout comme l’avait fait en son temps Brett Ratner en tournant X-Men III, sur un scénario du même Simon Kinberg (tiens, tiens…).

Alors oui, des éléments se répondent entre ces deux films, mais là encore le visuel l’emporte sur le fond, la menace devenant ici des créatures venues d’ailleurs, menées par la belle et dangereuse Vuk (Jessica Chastain), en quête du pouvoir incommensurable de Jean Grey/Phoenix.

 

En effet, si la différence humains/mutants reparaît à un moment, ce  n’est pas vraiment cela qui intéresse Kinberg. Et on pourrait le comprendre au vu des très belles images qui nous sont proposées : l’affrontement final (il y en a toujours un, qu’on le veuille ou non) est époustouflant, le montage très (trop ?) dynamique accentuant la vitesse déjà présente du fait du train qui sert de décor à cette péripétie.

Bref, on en a plein les yeux, mais il manque tout de même cette dimension humaine qui était l’une des bases de films de Bryan Singer.

 

Alors, que X-Men : Apocalypse ait redistribué les cartes du fait du « paradoxe temporel » (2) passe encore, mais qu’on passe à la trappe la notion de différence plus ou moins assumée par les différents personnages a une petite tendance à me gêner.

Même notre ami Magneto a perdu de ses convictions un tantinet extrêmes – convictions qu’on retrouve grandissantes chez Raven/Mystique avant sa disparition, d’ailleurs – et perd par là-même un peu de sa consistance. Il est toujours aussi puissant, mais il lui manque ce qui faisait son identité propre : son engagement (physique et moral) un tantinet extrémiste comparé aux valeurs plus tolérantes de Charles.

 

Je terminerai en parlant de deux éléments qui font écho au fameux X-Men III et qui me semblent – au moins pour le premier – très pertinents quand on les ramène au niveau général de la saga :

 

[NB : si vous ne voulez pas connaître la fin du film, arrêtez tout de suite et revenez demain ; Les autres, suivez-moi !]

 

  • Alors que Jean et Vuk s’affrontent dans un combat qui verra avec la vainqueure la fin de notre monde (si c’est Vuk) ou la continuation (si c’est l’autre, donc), c’est l’amour qui va sauver le monde (3) : Jean va s’éloigner avec son adversaire afin de protéger (et sauver) ses amis, ou plus justement sa « famille ». C’était déjà ce qu’il s’était passé lors de XMen III : Wolverine fut le seul capable de résister à Dark Phoenix et donc la tuer. Et déjà là, c’était une histoire d’amour : la tuer, c’était avant tout la libérer d’une force qui la dépassait et la faisait souffrir, ne pouvant plus aimer les deux hommes de sa vie (Logan et Scott).
  • La fin (finale, après il n’y a plus rien) voit Charles et Erik commencer une partie d’échecs, à la terrasse d’un café parisien (4), tout comme Erik/Magneto s’était retrouvé seul devant un échiquier à la fin du film de 2006.

 

  1. 50 petits millions de bénéfices sur les 220 attendus…
  2. De plus, cela permet un « reboot » sans avoir à justifier quelque incohérence apparente de l’intrigue au vu de la saga dans son entier : « oui, Mystique ne mourait pas en 1992 (année de l’intrigue de ce film), mais comme Apocalypse a modifié le continuum espace-temps, tout devient  possible. » Même que Charles (Patrick Stewart) et Erik (Ian McKellen) n’aillent plus chercher Jean Grey, pendant qu’un des voisins arrose son jardin (Stan Lee dans X-Men III).
  3. Je sais, c’est un cliché on ne peut plus rebattu…
  4. Clin d’œil un tantinet mielleux pour les francophones et autres francophiles : le café est celui des « vieux amis », à l’angle de la Rue de la Paix. On ne peut pas faire plus clair, non ?

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