Encore une fois, nous avons droit à un titre français on ne peut plus racoleur. Cadavre est sûr de faire vendre, quant à désosseur, c’est tout un programme. Mais en est-ce vraiment le cas ici ?
Si ce « tingler » désossait les cadavres, je serai le premier d’accord. Sauf que ce n’est absolument pas le cas. Ce « tingler » est une espèce de crustacé cousin du homard (sans les pinces) dont la morsure est fatale, si on se tait. Et William Castle nous prévient en préambule ; si nous sommes victime de cette bête terrible, une seule chose peut nous sauver : crier. D’ailleurs, ce sont des visages hurlants qui ouvrent le film, histoire de rassurer ceux qui n’oseraient le faire par pudeur, fierté voire orgueil.
Warren Chapin (Vincent Price) est un médecin légiste. Avec David Morris (Darryl Hickman), ils étudient la peur. Physiquement. Ils manquent de matière pour démontrer que la peur aide à mourir : en effet, certains condamnés à mort meurent avec la colonne vertébrale brisée, ce qui n’est pas du ressort de la décharge électrique reçue.
En fait, il s’agit de ce tingler qui donne son titre (original) au film (voir plus haut) qui, quand on le laisse faire saisit le système vital jusqu’à la limite vitale : si on crie, il lâche sa prise.
Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que Mrs. Higgins (Judith Evelyn) est sourde et muette. De quoui développer cette créature fatale…
Voilà plus de 35 ans que je n‘avais pas vu ce film, et ce que je peux dire c’est que l’intérêt n’a pas faibli. Il faut dire que l’intrigue est formidable : une espèce de créature qui s’attaque à la première créature vivante qu’elle croise et la serre jusqu’à la mort. Et Castle en use (et abuse).
En effet, il n’hésite pas à interrompre le film (écran noir) en plein émoi pour prévenir les spectateurs que ce même tingler n’est pas seulement un phantasme cinématographique mais une réalité : il faut crier !
Et ce qui est remarquable, c’est que pour la première fois, un cinéaste nous montre une drogue qui aura son importance à la fin de la décennie suivante : le LSD. Et En plus de montrer les effets possibles de ce psychotrope, il en use pour nous guider sur une fausse piste : si Chapin a été capable d’essayer cette drogue sur lui-même, comment n’aurait-il pas pu le faire sur une de ses patientes (Mrs. Higgins) afin de corroborer ses conclusions. ?
Surtout que Price/Chapin nous a déjà menés en bateau (brillamment) avec son épouse (Patricia Cutts).
Mais cette fois-ci, c’est autrement dangereux parce que les victimes collatérales n’ont absolument rien à voir avec cette chose (2).
Et en plus, Castle avait mis en place un système pour électrifier les sièges : tout était là pour le succès du film. Alors quand il s’interrompt pour prévenir les spectateurs, encore une fois, on se dit que c’est vraiment bien joué.
Bref, nous sommes dans un de ces films d’épouvante de série B qui mérite (à mon avis) un A, avec un Vincent Price au top (sommet de son art, si vous préférez…).
Un film qui se laisse revoir avec toujours autant de plaisir.
- Acide Lysergique Diéthylamide, ce qui a aidé à la chute de Syd Barrett.
- Et en plus elles sont venues voir un film muet : Tol’able David (Henry King, 1921). Que des gens bien, quoi.
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