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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Comédie dramatique, #Malin-Sarah Gozin
Clan (Malin-Sarah Gozin, 2012)

La Couille – de klote – est mort. Enfin se disent certains, et surtout certaines.

Parce que Jean-Claude Delcorps (Dirk Roofthooft) était une véritable ordure. Toujours prêt à réaliser un (très) mauvais coup, parce qu’il a de l’ambition et doit se débarrasser de rivaux, ou tout simplement parce qu’il s’ennuie.

Jean-Claude était marié à Goedele Goethals (Inge Paulussen), femme (plus que) soumise qui réalise ses moindres désirs : elle ne dit rien parce qu’elle ne travaille pas et que lui seul fait bouillir la marmite.

Mais Goedele a aussi quatre sœurs, et toutes les cinq forment le Clan annoncé : Eva (Barbara Sarafian), Veerle (Kristine van Pellicom), Birgit (Ruth Becquart) & (Re)Bekka (Maaike Neuville).

Et ces quatre sœurs vont tout tenter pour se débarrasser de ce personnage ignoble.

Mais l’assurance rechigne à payer l’assurance-vie, et pour deux raisons :

  • Sa mort est trop arrangeante pour être un accident ;
  • Suite aux magouilles du père (suicidé), les assureurs ne peuvent pas payer.

 

Voilà une (mini)série comme je les aime : une bonne dose d’humour noir, quelques éléments immoraux et surtout un méchant incroyable. Et qui en plus fait ses coups en douce, détruisant la vie des gens qu’il n’aime pas (ça fait beaucoup). Il y a une dose d’hypocrisie rarement atteinte chez ce personnage abject. Et tout le monde subit sa méchanceté : de ses belles-sœurs au restaurant chinois, en passant par son « ami » Roger (Stefaan Degand), ou son collègue Frederic Lint (Gert Winckelmans) qui a le tort (pour lui) d’être homosexuel, et surtout préféré par le patron.

Bref, Jean-Claude La Couille est une saloperie crasse.

Alors pas étonnant que ses belles-sœurs n’ont qu’un envie : le tuer.

 

La série en 10 épisodes se concentre sur les 10 derniers mois de la vie du malsain, un mois (à peu près) par épisode, avec des allers-retours constants entre le présent (novembre 2012, après sa mort) et la période depuis février de cette même année (le début des plans assassins).

Et bien sûr, à chaque fois,un tout petit détail vient contrecarrer ce qui avait été brillamment (?) échafaudé. Avec en prime des victimes collatérales : chien, détective, voisin impotent…

Mais le pire, c’est que ça nous fait rire ! On se réjouit à l’avance de la mort terrible qui va lui arriver (empoisonnement, strangulation…) tout en se disant que de toute façon, comme il reste plusieurs épisodes, ça ne va pas être le cas tout de suite. Alors on se concentre sur le grain de sable qui se glisse dans l’engrenage… Et là encore, on n’est pas déçu.

 

Si les sœurs sont formidables, n’oublions pas non plus les deux assureurs qui font vivre cette intrigue, relançant (harcelant) chacune des sœurs jusque chez elle afin de préciser telle ou telle chose. Ce sont avec leurs questions incessantes que nous retournons dans le passé, et surtout que nous prenons toute la mesure de l’ignominie de Jean-Claude.

Dirk Roofthooft a d’ailleurs reçu un prix de la télévision belge pour sa prestation : il faut dire qu’il fallait de la ressource pour interpréter un tel personnage.

Et progressivement, l’intrigue se dénoue, amenant la mort inéluctable de J-C. Certes, elle était amplement méritée, mais moralement, ça reste franchement léger.

 

Alors à vos écrans, et savourez comme il se doit la chute – lamentable – de cet homme mesquin, veule et lâche. Certes, ses petites combines fonctionnent (un temps). Mais la roue tourne (1)…

 

  1. C’est le cas de le dire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musique, #Stephen Frears
High Fidelity (Stephen Frears, 2000)

Rien ne va plus pour Rob Gordon (John Cusack).

Sa petite amie, Laura (Iben Hjejle) vient de le quitter et son commerce –il tient un magasin de disques – ne marche pas très fort.

Il faut dire que ses deux employés, Dick (Todd Louiso) et Barry (Jack Black) ne sont pas non plus des lumières.

Mais que Laura le quitte, ça, c’est trop. Il fait alors le point sur sa vie et surtout ses échecs amoureux, essayant, pourquoi pas, de renouer…

Evidemment, ça ne marche pas.

Heureusement, il lui reste la musique.

Vraiment ?

 

Cusack, encore une fois, donne le meilleur de lui-même. Il faut dire que derrière la caméra, il y a Stephen Frears. Alors évidemment, le résultat est au niveau de nos espérances. On déguste avec gourmandise cette friandise américano-anglaise, accompagnée d’une bande-son à la hauteur elle aussi et avec, cerise sur le gâteau, l’intervention d’un des interprètes (je vous laisse découvrir qui). L’errance de Rob, mâtinée aux divagations de Barry et au calme imperturbable de Dick, fait de ce film un élément à part.

 

Il faut dire que le trio masculin qui essaie de gérer le magasin de disques est assez gratiné, et si Rob semble être le plus raisonnable des trois, il n’en demeure pas moins un paumé comme les deux autres. Mais ce qui fait la force du film, c’est avant tout le (faux) dialogue de Rob  avec le spectateur. A chaque moment de sa vie – ou presque – il ne peut s’empêcher de se tourner vers nous et nous parler. Et ce même s’il y a du monde autour de lui (bus, obsèques…). D’ailleurs, on se demande presque pourquoi personne n’intervient : certes, cela ressemble à une voix intérieure, mais ce monologue donne une dimension irréelle à l’histoire (tragique ?) de Rob.

 

Mais surtout : si Rob en est là, c’est bien de sa faute. Et rappeler ses malheurs amoureux précédents pour se justifier, voire se dédouaner est totalement dans le personnage. Sauf que Laura, il semble que ce soit la bonne. Il va donc traîner jusqu’au bout sa mélancolie, accentuée par ses deux acolytes vendeurs. Pas de quoi s’en sortir. Qu’importe, il essaie d’y croire (il est bien le seul), torturé par la vision de Laura dans les bras d’un autre (sinon, pourquoi serait-elle partie ? Vous le saurez si vous voyez le film). Cet autre, c’est Ian Raymond, qu’on appelle Ray parce que Ian, ce n’est pas terrible. Et Ray, c’est le trop rare Tim Robbins (j’adore !). Il est, malgré tout, le personnage qui stimule le plus Rob, ou plutôt son imagination. Imagination qui atteint son paroxysme quand Ray va voir Rob dans son magasin.

 

Et la musique ?

En plus d’être en vente à presque chaque séquence, elle baigne admirablement le film, répondant à l’intrigue d’abord, mais aussi créant un univers tout aussi irréel que les déboires amoureux de Rob. De plus, les avis – on ne peut plus tranchés – de Barry sont contrebalancés par la réserve constante de Dick, donnant au trio un équilibre qui se construit jusqu’à se solidifier : et quand une « bonne » musique nouvelle se présente à eux, ils ne parlent plus mais écoutent.

De vrais mélomanes.

 

Donc, n’hésitez pas !

 

PS : on notera la présence – encore une fois chez Frears – de Joan Cusack (Liz), la sœur de… Un régal elle aussi.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Comédie, #Gustave Kervern
Je ne me laisserai plus faire (Gustave Kervern, 2024)

Alain est mort. Moitié dépressif et complètement cancéreux, il laisse deux enfants, une ex-femme (Marie Gillain) et sa mère, Emilie (Yolande Moreau). C’est pour cette dernière que c’est le plus dur : il payait les frais de l’EHPAD où elle résidait.

Emilie décide donc de partir. Elle loue une voiture et s’en va… Réparer quelques torts qui lui ont été faits.

En chemin, elle retrouve une des employées de l’EHPAD, Lynda (Laure Calamy), qui va l’accompagner dans sa vengeance. Et même y prendre sa part.

 

On connaît Gustave Kervern pour Groland, d’ailleurs parmi les interprètes on retrouve un de ses complices dans le rôle du commissaire « Et alors ? », Francis « Kafka » Kuntz. Mais ici, ce n’est pas le même ton. C’est un magnifique road movie qui nous est offert, porté par un duo d’actrices absolument fabuleuses. D’un côté la « vieille » Yolande Moreau qui n’a plus rien à perdre, de l’autre la (plus) jeune Laure Calamy qui est dans une situation assez similaire (virée par son compagnon parce qu’Emilie lui a offert ses boucles d’oreilles.

Et la voiture est l’élément central dans leur univers.

Mais ce road movie ne concerne pas qu’elles : en effet, les deux policiers à leurs trousses (Anna Mouglalis & Raphaël Quenard) sont eux aussi partie prenante. Etsi les deux femmes vont évoluer, il en sera de même pour les deux autres.

 

Mais rassurez-vous, il ne s’agit pas de vengeances de sang. Ca pourrait presque s’apparenter à des petits tracas, des histoires de gosse. C’est d’ailleurs le cas avec Cédric (Philippe Duquesne) qui avait forcé Emilie à montrer ses seins quand elle était en sixième. Sa vengeance est d’ailleurs en rapport au préjudice subi initialement… Bref, Kervern restant Kervern, on a plus d’une fois l’occasion de rire de cette histoire singulière. Au passage, on retrouve quelques anciens compagnons de Yolande Moreau aux Deschiens : outre Duquesne, on reconnaît Olivier Broche (le concessionnaire qui l’a virée parce qu’elle était enceinte), ou encore Olivier Saladin tout en délicatesse avec elle, surtout qu’elle vient coucher avec lui…

 

Mais encore une fois, si le duo vedette est épatant, c’est aussi parce que le reste de la distribution est à la hauteur. On va trouver, outre ceux qui subissent la vengeance, quelques personnages assez gratinés, dont deux en particulier : Georges Leplanchu dit « Tony » (Jonathan Cohen) et la directrice de l’EHPAD (Alison Wheeler).

Le premier, outre le handicap de son patronyme est un abruti de haut vol, avec discours réac et bracelet à la cheville (qu’il a découpé, parce que ses mollets enflent avec le chauffage au sol…). Le genre de type qui se la joue mais n’impressionne personne : la gueulante du policier à son encontre en est un exemple parfait.

Quant à la seconde, elle est un véritable stéréotype de la tendance. Sa discussion on ne peut plus creuse avec Emilie qui s’en va est un véritable bijou de dialogue : aucune phrase ne se termine, et si Emilie en joue, elle, ne s’en rend pas compte.

Bref, c’est réjouissant !

 

Et Kervern déroule tranquillement son histoire, s’attardant avec bonheur sur ces deux femmes qui (re)découvrent la liberté et jouissent pleinement de la vie : c’est d’ailleurs la voiture qui permet cette liberté retrouvée qui les emmènera voir Sandro, (un Italien qui n’était pas joueur de football) pour une émotion incroyable exprimée par les regards émerveillés des deux femmes.

 

Ma-gn-fi-que.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pirates, #Comédie, #Mel Damski
Barbe d'or et les Pirates (Yellowbeard - Mel Damski, 1983)

Barbe d’or (Graham Chapman) – je préfère Barbe Blonde – est un terrible pirate qui porte très bien son nom.

Bien après s’être emparé du trésor du roi d’Espagne, il est arrêté et jeté en prison pour vingt ans, la perpétuité d’alors. Et pendant vingt ans, malgré les sollicitations diverses, il n’a jamais indiqué où était enterré son trésor. Sauf que vingt ans après, il est encore en vie. On va donc le laisser s’échapper et le suivre pour qu’il retrouve son trésor.

Alors oui, Barbe d’or va tout faire pour le récupérer. Mais à ses trousses, on trouve Moon (Peter Boyle), son ancien second, le commandant Clement (Eric Idle), et même le jeune Dan (Martin Hewitt) qui, si on en croit sa mère (Madelyne Kahn) est le propre fils du pirate…

Bien entendu, tout ce petit monde va se retrouver sur l’île du trésor, dirigée depuis par les anciens soldats espagnols (Cheech & Chong) à qui Barbe d’or av ait subtilisé les richesses tant convoitées.

 

C’est un film absolument foutraque que nous propose Mel Damski, avant tout spécialiste des productions télévisuelles. Mais la folie de ce film n’a rien d’étonnant : au scénario, on trouve Graham Chapman, qui a invité ses amis (entre autres) à participer. Pas étonnant alors d’y rencontre John Cleese (L’aveugle Pew), Eric Idle donc, mais aussi Marty Feldman (Gilbert) dont c’est hélas le dernier film : quand il sortira, cela fera déjà six mois qu’il aura disparu.

Cette ambiance déjantée est renforcée par la présence de spécialistes de l’humour plus ou moins british : outre les noms cités ci-dessus,on notera la présence – double – de Kenneth Mars ou encore Peter Cook…

 

C’est joliment absurde et Graham Chapman s’en donne à cœur joie : du sur mesure. On retrouve dans sa prestation les excès pythonesques attendus, jonglant avec les différents genres d’humour, visuel, de mot et psychologique mais avec surtout une bonne dose de nonsense bienvenue. D’ailleurs, Spike Milligan lui aussi est de la partie, ainsi qu’un chanteur connu que je vous laisse découvrir…Donc, tous les ingrédients sont là pour faire une comédie débridée ainsi qu’un film de pirates. Et le générique d’ouverture rappelle les (super)productions hollywoodiennes du genre. Mais là s’arrête la comparaison : Damski n’est pas Curtiz (par exemple).

 

Quoi qu’il en soit, je ne peux que reconnaître la justesse de l’avis de John Cleese traitant le scénario comme l’un des pires du cinéma mondial. Quoi qu’il en soit, lui – et d’autres – a beaucoup apprécié y tourner et si le succès n’était pas au rendez-vous (1), on ne peut s’empêcher de s’amuser autant que les interprètes dans cette parodie outrancière. On rit même parfois, ce qui n’est déjà pas mal.

Alors n’hésitez pas (beaucoup) pour voir ce film : sa distribution et surtout le plaisir de revoir Graham Chapman entouré de quelques grands noms de l’humour, ça n’a pas de prix !

 

PS : pourquoi un titre français redondant ? Barbe d’or ou Barbe blonde, n’était-ce pas suffisant ?

 

  1. Absolument pas étonnant.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Drame, #Niccolò Ammaniti
Le Miracle (Il Miracolo - Niccolò Ammaniti, 2018)

 

Décidément, les ennuis s’accumulent autour de Fabrizio PietroMarchi (Guido Caprino), le Président du Conseil. Ca s’amoncelle, ou plutôt comme disait mon oncle Jean-René : « Ca s’accumoncelle. »

En effet, le pays (l’Italie, bien entendu) est à la croisée des chemins : va-t-il rester dans l’Europe ? Un referendum prochain (dans une semaine) doit répondre à cette question cruciale. Alors quand le général Votta (Sergio Albelli) requiert immédiatement sa présence, qu’il ne peut pas tout expliquer au téléphone, il s’inquiète.

Et il y a de quoi. Dans une piscine vide et abandonnée, on a trouvé une statue de ma Madone. Mais ce n’est pas tout. Elle a beau être en plastique, elle pleure, sans qu’on puisse expliquer pourquoi. Mais surtout, ce sont des larmes de sang !

Voilà déjà 600 litres qui ont été récupérés…

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est ce qu’a (peut-être) dû penser Niccolò Ammaniti, qui s’est entouré de quelques professionnels du genre pour créer ce Miracle télévisuel : création de l’histoire, co-scénario (avec  S. Bises, F. Manieri & F. Marciano) & co-réalisation (avec F. Munzi & L. Pellegrini), et un peu de production au début…

Le résultat : huit jours qui ébranlent l’Italie sur ses bases, mêlant politique, religion et un soupçon de truanderie.

Et en plus, c’est assez formidable !

Parce que Ammaniti a conçu la série comme un de ces romans qui mêlent plusieurs histoires semble-t-il disparates mais qui se rejoignent à un moment : le « cercle rouge » cher à Melville !

 

Pendant que Fabrizio désespère, Marcello (Tommaso Ragno) a une crise foi : prêtre, il abuse (lui aussi) des jeunes filles et s’adonne aux jeux d’argent. Mais Marcello a assisté le père Fabrizio quand ce dernier mourait, alors le Président fait appel à lui : c’est la Révélation, fini de vivre dans le pécher. Enfin presque.

De son côté, le fils ravi de Salvo (Alessio Praticò), Nicolino ramène la (très) jeune Beatrice, morte. Bien sûr, on pense que c’est le jeune garçon qui l’a tué.

Et puis il y a Sandra (Alba Rohrwacher) une chercheuse militaire dont la mère se meurt et qui se dit que le sang qui coule est peut-être vraiment miraculeux…

Bref, c’est assez compliqué, et en plus il faut ajouter les infidélités de Sole (Elena Lietti), la femme Fabrizio !

 

Mais il n’y a pas que les différents imbroglios (imbroglii ? c’est italien pourtant) de l’intrigue pour nous tenir en haleine. Le jeu des différents interprètes est à la hauteur de l’enjeu, et si la plupart sont des inconnus (pour moi), il est dommage qu’ils le restent. Tommaso Ragno est un prêtre indigne à souhait, et la façon dont Ammaniti (& C°) le présente rappelle ces courtes histoires qui basculent à la fin.

De même le jeu de la (très) jeune Sara Ciocca (Alma, la fille de Fabrizio), entre sincérité et fourberie, est d’une très grande justesse. Amenant un doute final sur son véritable rôle : maladresse ? Jalousie ?

Sans oublier Sergio Albelli, tenaillé entre le secret d’état et la volonté de révéler ce miracle peu extraordinaire. Parce que, le seul miracle qui compte, et c’est Marcello qui le dit, c’est celui de Lazare (1).

C’est d’ailleurs ce général qui aura le dernier mot, pendant le mariage de sa mère de 86 ans.

 

  1. Tous sauf Lazare est d’ailleurs le titre du second épisode.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Wim Wenders
Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin - Wim Wenders, 1987)

« Le ciel au-dessus de Berlin ».

Telle est une traduction possible du titre original. Et dans ce ciel berlinois, il y a des anges. Bien sûr, ils ont des ailes, mais on ne les voit pas vraiment. Ils ont une armure aussi, mais ça, c’est une autre (partie de l’) histoire.

Ils vivent en noir et blanc, véritables esprits visibles seulement par les enfants : normal, ils y croient, eux.

Parmi eux, Damiel (Bruno Ganz), en qui s’opère un changement : il veut vivre. Echanger son immortalité contre une tasse de café, ou croquer une pomme, et pourquoi pas l’amour…

Parce que l’immortalité est grise, sans goût, sans couleur. Et surtout, elle est solitaire.

 

C’est beau. Et même très beau. Ces anges sont la mémoire de Berlin, comme le montre la première de rencontre de Damiel avec Cassiel (Otto Sander). Mais ils sont aussi un soutien pour les humains qu’ils voient vivre. Et mourir. Un soutien et un réconfort subit, comme le confirment les voix intérieures de ceux sur lesquels ils se penchent.

Et Wim Wenders illustre magnifiquement leur présence par des images tournées en noir et blanc. C’est à travers les yeux de ces êtres surnaturels que nous voyons cette ville et ses habitants, avec quelques incursions colorées quand la caméra s’en éloigne ou qu’ils ne sont plus là.

Et progressivement, la couleur va envahir le film, prenant la place du noir et blanc à mesure que l’intrigue se dénoue. Le noir et blanc devenant alors sporadique, avec un Cassiel seul. Désespérément seul.

 

Et puis il y a Peter Falk. Dans (presque) son propre rôle. Bien sûr, tous les gens autour de lui l’identifient à Columbo. Mais il n’en a cure : il est ici pour tourner un film. Et quel film : on y trouve des soldats allemands (SS ?), des réfugiés juifs, un jeune hitlérien… Le tout dans Berlin ! Et encore une fois, ce n’est pas gratuit : en plus des anges, les images conservent la mémoire de la ville. Outre ce film en tournage, Wenders insère des images d’actualités (anciennes) de Berlin ravagé en mai et juin 1945, sans occulter les morts, même (surtout ?) les enfants.

Et Peter Falk, sorte de guest star sur ce film n’en est pas moins un personnage capital. Il est l’instrument du Destin, celui qui va permettre à Damiel de se jeter à l’eau. Son passage d’un monde à l’autre est d’ailleurs magnifiquement montré : il se situe dans le no man’s land entre les deux parties de Berlin. Mais un no man’s land étonnant : blanc. Il a bien sûr ses soldats, mais comme les anges sont invisibles…

 

[NB : Des éléments de résolution de l’intrigue vont suivre. Soit vous passez votre chemin jusqu’à ce que vous ayez vu le film, soit vous continuez.]

 

Sauf pour les enfants (voir plus haut).

Et les enfants sont un autre élément primordial dans cette intrigue un tantinet fantastique. Dès les premiers  plans, Wenders nous les montre. Certains vont même jusqu’à leur parler. On pense tout de suite à ces (très) jeunes enfants qui « sourient aux anges ». Ce sont aussi eux qui vont accueillir (malgré eux) Damiel une fois qu’il a renoncé au ciel.

Certains ont vu dans Damiel une allégorie concernant Lucifer, l’Ange déchu. Mais s’il y a un Lucifer dans cette histoire, c’est bel et bien Peter Falk qui l’incarne.

 

Ancien ange, c’est lui qui encourage Damiel à franchir le pas, lui vantant les mérites de la vraie vie et ses sensations. Mais une fois le choix entériné, Damiel se rend compte qu’il n’aura rien de plus que ce qu’il vit. Les (fausses) promesses de révélation qu’il lui a fait miroiter vont rester lettre morte : pour deux raisons : Peter Falk doit tourner une scène, et de toute façon il lui dit qu’il doit faire sa propre expérience. Damiel est tombé dans son piège. Mais heureusement, sa vie est belle.

La raison pour laquelle j’identifie aisément Falk à Satan, c’est surtout parce qu’il va sortir le même baratin à Cassiel, qui ne va pas rentrer dans son jeu.

 

Cassiel est l’autre ange pertinent de cette histoire. Alors que nous voyons souvent Damiel sourire quand les choses se passent bien, ou qu’un enfant le regarde, Cassiel, lui, ne soutit jamais. De plus, il a hérité de personnages peu comiques. Entre Homère (Curt Bois) et le jeune homme en haut de l’immeuble, peu d’occasion de se réjouir.

Mais surtout, c’est sa solitude qui frappe. Alors que Damiel est prêt (et passe à l’acte) à vivre, lui ne tombe pas dans le piège satanique. Mais On sent que cette solitude – assumée – lui pèse, comme montré pendant le concert de Nick Cave (Nick Cave).

 

Je terminerai en disant que c’est l’immense Henri Alekan qui assure les images – pas le premier venu – et qu’il donne même son nom au cirque dans lequel évolue la belle (et regrettée) Marion (Solveig Dommartin).Son travail est absolument admirable, comme souligné dans la version (restaurée) que j’ai visionnée.

 

 

PS : on notera la présence de Laurent Petitgand dans le rôle du chef d’orchestre du cirque. C’est lui qui a composé la musique originale, très pertinente. Autre interprète inattendu : Chick « Facteur » Ortega, qui s’appelait alors Chico Rojo Ortega.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Cédric Jimenez
Novembre (Cédric Jimenez, 2022)

 

Vendredi 13 novembre 2015.

Une journée ordinaire se termine. Et pour certains, c’est même la fête : l’équipe de France de football joue au Stade de France, et les Eagles of Death Metal au Bataclan.

C’est au SDF que tout commence : trois terroristes se font exploser pendant que le match se poursuit.

Après, ce sera un commando qui va tuer des gens en terrasse de cafés, et un dernier pour les spectateurs du Bataclan.

Au total, 130 morts et 413 blessés. Il s’agit de l’une des rares fois où l’actualité m’a fait pleurer. Que voulez-vous, je suis sensible…

Le président (François Hollande) s’exprime, pendant qu’en coulisse la police anti-terroriste s’affaire, dirigée par Fred (Jean Dujardin) et Héloïse (Sandrine Kiberlain).

 

Encore une fois, Cédric Jimenez exploite un sujet d’actualité qui, 10 ans après, n’est pas près d’être oublié. Il faut dire que cette année 2015 a été marquée par les attentats islamistes : commencée le 7 janvier avec l’assassinat des membres de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher (je n’oublie pas Ahmed Merabet & Clarissa Jean-Philippe), elle se termine par une tuerie de masse.

Mais là où Jimenez est habile, c’est de ne rien montrer véritablement de l’horreur : seuls quelques victimes hospitalisées sont (à peine) montrées : juste de quoi donner quelques éléments pour l’intrigue.

 

Parce que nous sommes au cinéma, ne l’oublions pas. Dès l’ouverture, d’ailleurs, nous sommes prévenus : c’est une fiction. Inspirée de faits réels, certes, mais ce n’est pas la vérité. D’ailleurs, cela ne nous intéresse pas.

Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’à nouveau Jimenez rend hommage aux forces de l’ordre qui ont opéré pendant les cinq jours qui ont suivi, découpant son film avec l’intertitre « NOVEMBRE », suivi du numéro du jour.

Et si Fred& Héloïse sont identifiés comme « héros » du film, c’est avant tout le travail des gens de l’ombre qui est ici exposé : infiltrés, anonymes…

On découvre progressivement le filet tendu par cette brigade dans les milieux islamistes.

 

Mais ces héros de l’ombre restent tout de même humains. Ils doutent et surtout se trompent. C’est le cas ici d’Inès (Anaïs Demoustier, formidable elle aussi) qui fait fi de la procédure pour privilégier l’initiative personnelle, avec le risque d’annuler toute l’action. Et cette précipitation va aussi se retourner contre elle quand un témoin spontané va se présenter : la méfiance engendrée par sa première « intuition » n’est pas étrangère au temps perdu à prendre au sérieux la jeune femme (Lyna Khoudri).

 

Au final, on a un film, encore une fois très bien ficelé où les différents protagonistes ne sont pas des personnes extra-ordinaires mais bel et bien des humains, avec leurs forces, mais aussi, heureusement (?), leurs faiblesses.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Christopher Cain
Young Guns (Christopher Cain, 1988)

Ils sont six.

Ils sont jeunes.

Ils sont (presque tous) beaux.

Et ils savent manier le revolver.

Mais ces drôles de pistolets ont un autre point commun : John Tunstall (Terence Stamp).

John Tunstall (1953-1878) les a sortis de leur situation – misérable – et leur a proposé à tous de travailler sur son exploitation. En plus, il les a éduqués et leur propose donc une chose qu’ils pensaient ne jamais avoir : un avenir.

Malheureusement, Tunstall est seul face au « cartel » dirigé par Lawrence G. Murphy (Jack Palance) : ce dernier fait abattre Tunstall, déclenchant alors la guerre de Lincoln qui verra le cartel tenter d’éliminer cette bandes de jeunes pistoleros qui ne rêvent que de venger leur bienfaiteur.

 

Comme toujours, c’est alors qu’on croit le western agonisant qu’il revient en force (1). D’autant plus que Christopher Cain reprend l’un des personnages les plus mythiques du genre : William H. Bonney, plus connu sous le pseudonyme de Billy the Kid (Emilio Estevez). Mais Cain – nous sommes au cinéma, ne l’oubliez pas – reprend, avec l’aide de John Fusco (au scénario), cette histoire déjà bien adaptée au cinéma, les personnages – dont l’inévitable Pat Garrett (Patrick Wayne, le fils de) – et les lieux de cette histoire véridique, la modifiant juste assez pour en faire une nouvelle légende de l’Ouest.

Et encore une fois, le spectateur se range (presque toujours) du côté de Billy, malgré certaines fêlures apparentes qui se développent. Parce que, qu’on le veuille ou non, Billy the Kid est un psychopathe notoire, et pour lui, tuer est une activité comme une autre, surtout qu’elle a une base sinon légale, tout du moins légitime. A ses côtés, Cain nous montre une bande de jeunes garçons perdus, et encore plus avec l’assassinat de leur mentor.

 

Et ces jeunes gens ne sont pas tous du calibre du Kid. De l’autre côté, nous trouvons Richard « Dick » Brewer (Charlie Sheen, le frère d’Emilio !) et Doc (Kiefer « Jack Bauer » Sutherland), plus raisonnables et modérés. Et au milieu, Charlie Bowdre (Casey Siemaszko) et « Dirty Steve » Stephens (Dermot Mulroney).

Si vous avez bien compté, nous en sommes à cinq. En effet, il reste Chavez (Lou Diamond « Ritchie Valens » Philips), métis indo-mexicain, dont la culture et les motivations sont autres. Son statut de métis est d’ailleurs (un peu) exploité, surtout dans ses rapports avec Stephens (un tantinet raciste), rappelant l’instabilité et surtout la méfiance vis-à-vis de ces personnes qu’on avait tendance à considérer comme « impures » (2).

Pourtant, même si Billy est le personnage central de l’intrigue, Chavez en est l’élément indispensable : c’est lui qui, à  chaque fois, va permettre à ces « jeunes gâchettes » (1), de s’en sortir, toujours de façon spectaculaire.

 

Bref, Cain dirige avec bonheur – et maîtrise – sa « bande de jeunes », et revisite à son tour cette histoire archiconnue. Et comme nous sommes au cinéma, il prend des libertés avec la vérité historique pour en faire une réalité spectaculaire.

Et comme nous sommes dans un vrai western, nous avons droit au duel final entre le héros (Billy) et son pendant méchant (Murphy).

Par contre, comme le western s’est modernisé, les règles ont évolué et ce duel est un petit peu différent.

Je ne vous donnerai pas l’issue de ce duel, mais sachez que Murphy est mort d’un cancer à Santa Fe. Quant à Billy, c’est toujours le 14 juillet 1881 qu’il a été tué. Mais ceci est une autre (véridique) histoire…

 

  1. Né avec lui, c’est avec le cinéma qu’il mourra. PAS AVANT !
  2. On retrouve cette même notion dans la saga Harry Potter.
  3. Traduction possible du titre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #François Truffaut
La Mariée était en noir (François Truffaut, 1968)

Julie Kohler (Jeanne Moreau) se déplace. Un jour à Cannes, un autre à Biviers, ou encore dans les Alpes, à Paris…

En fait, elle traque des hommes. Cinq hommes qui lui ont volé sa vie : alors qu’elle sortait de l’église Saint-Lambert de Vaugirard, un coup de feu retentit et David (Serge Rousseau), son mari, s’écroule, mort. Ces cinq hommes, un tantinet éméchés sont responsables de cette balle perdue.

Maintenant qu’elle les a trouvés, elle les élimine, froidement, obstinément.

 

Voici certainement l’un des meilleurs films de Truffaut. Il faut dire que déjà, il ne joue pas dedans… Toujours est-il qu’encouragé par son livre sorti l’année précédente, il se met à tourner à la façon de son maître cette histoire de vengeance dans le courant de 1967. Et il reprend Jeanne Moreau, l’une des égéries de cette « nouvelle vague », cinq ans après Jules et Jim pour interpréter cette tueuse envoûtante. Envoûtante certes, mais surtout froide. Un peu trop d’ailleurs ce qui se ressent sur son jeu : univoque et uniforme. On dirait (presque) qu’elle imite la diction du réalisateur !

 

Pourtant, tout le reste est impeccable, et comme chez Hitch, ce n’est pas la recherche du coupable qui nous intéresse – d’un côté, c’est elle, de l’autre ce sont eux - ni spécialement ses motivations qui arrivent lors du troisième meurtre – Morane (Michael Lonsdale) étouffé dans le cagibi sous l’escalier – mais bien son modus operandi, et surtout si elle arrivera au bout de son œuvre ! Parce que là, Truffaut glisse une difficulté imprévue dans son parcours : Delvaux (Daniel Boulanger), comme tout bon ferrailleur qui se respecte est un truand notoire arrêté par la police juste avant sa rencontre – fatale – avec Julie.

 

Quoi qu’il en soit, ça fonctionne plutôt bien pour elle – elle tue sans remords ni regret – et pour nous – la fascination mortifère est bien là. Mais il manque tout de même quelque chose. Il n’y a que très peu de suspense. En tout cas, beaucoup moins que chez Hitch, et surtout, la tension indispensable n’est pas assez élevée.

Et je pense que c’est là que le bât blesse : le jeu froid et invariable de Jeanne Moreau freine l’intrigue et peut lasser le spectateur – j’en connais !

 

Pour ma part, j’aurais aimé qu’il s’appesantisse plus sur ces cinq hommes qui deviennent meurtriers – et complices parce qu’un seul presse la détente – par accident : que ce soit après leur fuite (1) ou au moment de mourir. Le seul qui a la possibilité de s’exprimer – et qui nous explique donc la raison des voyages de Julie – c’est encore une fois Morane, véritable personnage pivot du film. Et celui qui aurait véritablement mérité un développement plus conséquent, c’est Fergus (Charles Denner) : si Morane exprime des regrets – tardifs – sincères, Fergus a été rongé par cette épreuve au point de ne pas reconnaître cette femme dont il a – involontairement – brisé la vie.

Tant pis.

 

Au final, c’est film de très bonne facture, mais malgré tout, un Canada Dry : ça ressemble à du Hitchcock, ça a la couleur du Hitchcock, mais c’est du Truffaut (2)…

 

  1. Qui est d’ailleurs très bien rendue.
  2. Comme disait mon ami le professeur  Allen John : « un Truffal, des Truffaut. »

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #W.W. Young
Alice au Pays des Merveilles (Alice in Wonderland - W.W. Young, 1915)

Alice (Viola Savoy), est une (grande) petite fille. Elle va se promener avec sa grande sœur et s’endort quand elles font une pause. Arrive alors un lapin blanc (Herbert Rice) qui l’encourage à l’accompagner au Pays des Merveilles.

Une fois au fond de son gîte, elle va vivre une aventure extraordinaire, avec des animaux, un chat qui sourit, un chapelier fou (William Tilden), une chenille et bien sûr la Reine de Cœur qui n’a qu’un seul mot d’ordre : « Qu’on lui coupe la tête ! ».

 

W.W. Young n’était pas un cinéaste mais un psychologue pour enfants, et son film, s’il ne s’illustre pas par ses prouesses techniques, n’en demeure pas moins une belle adaptation du formidable roman de Lewis Carroll. Certes, Viola Savoy a presque 10 ans de plus que son personnage (15 ans), mais cela importe peu : le rêve attendu est là.

Comme Young n’est pas cinéaste, les plans s’enchaînent avec un montage qui n’est pas toujours précis, mais surtout, ce sont toujours des plans d’ensemble qui nous sont proposés (1).

 

Qu’importe, parce qu’avant tout, Young veut un film pour les enfants, son public de prédilection. Et son adaptation du roman va suivre (à peu près) les différentes péripéties ainsi que les illustrations originales de Sir John Tenniel (2), utilisant des costumes – supervisés par Charles R. Macauley qui a aussi beaucoup travaillé sur les décors… Sans oublier la production ! Et le résultat est très beau (en ce qui le concerne).

Malheureusement pour nous, si les images sont quasiment toutes en très bon état (le film a été restauré en 2015), il en manque !

Les transformations d’Alice et des éléments de la suite (À travers le Miroir), ont été irrémédiablement perdus. Alors il ne reste pas beaucoup de trucages : une surimpression quand Alice quitte sa sœur pour retrouver le lapin blanc, et les différentes apparitions/disparitions du chat de Cheshire.

On regrette vraiment la perte de ces séquences (annoncées par certains intertitres), et surtout Humpty Dumpty qui est sur l’affiche originale mais se fait bougrement désirer !

 

La seule liberté prise par Young par rapport à l’intrigue originale, c’est le contexte qui précède l’endormissement d’Alice.

En effet, sa maman (Lotta Savoy, la mère de Viola, je suppose) a préparé des tartes (3), nous faisons la connaissance de Dinah (son chat, qui n’est d’ailleurs pas nommé), et en chemin, les deux sœurs rencontrent un lapin blanc.

Et là, c’est Young en tant que spécialiste qui s’adresse au public (4) : ces différents éléments vont être des éléments déclencheurs du rêve « merveilleux » d’Alice.

 

Malgré les séquences manquantes, il nous reste une adaptation très propre et très fidèle : ça arrive aussi au cinéma.

 

Comme quoi, tout est possible !

 

  1. Nous sommes bien loin de Griffith !
  2. Jack Davis (1922-2016) sur un scénario d’Harvey Kurtzman (1924-1993) a lui aussi illustré une autre adaptation… Pour Mad !
  3. Celles qu’on va retrouver dans l’épisode avec la Reine de Cœur.
  4. Rassurez-vous, on ne le voit pas !
Sir John Tenniel (1820-1914)

Sir John Tenniel (1820-1914)

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